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jeudi 20 septembre 2018

RDC: Felix Tshisekedi Tshilombo, sa photo officielle sur Twitter!

Felix Tshisekedi Tshilombo Président ?

Lorsqu'on est épris de la politique française, on ne peut se laisser berner par une imposture gravissime et se taire. Entre Nicolas Sarkozy et Felix Tshisekedi Tshilombo y-a-t-il photo ? On ne joue pas impunément avec des symboles dans la République. Felix Tshisekedi Tshilombo a-t-il singé la photo officielle de Nicolas Sarkozy de 2007 ? La différence entre Nicolas Sarkozy et Felix Tshisekedi Tshilombo, est que le premier a été élu en 2007 pour un quinquennat, Président de la République Française. Et en tant que Chef de l'Etat, il a eu droit au portrait officiel qui a été placée dans tous les bâtiments publics en France notamment des mairies ou hôtels de ville et à l'étranger dans des ambassades. Or Felix Tshisekedi Tshilombo a été élu comme à la Douma soviétique à main levée nuitamment, président de l'Udps pour remplacer son père. Felix Tshisekedi Tshilombo n'a jamais été élu Président de la République démocratique du Congo. Il n'est pas le Président de la RDC. Il le sera peut être un jour. Il a déposé sa candidature, à la présidence de la République pour les élections du 23 décembre prochain, qui a été retenue par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Mais la campagne électorale n'a pas encore eu lieu et l'élection présidentielle non plus. Sa photo officielle, que Felix Tshisekedi Tshilombo affiche fièrement sur son profil twitter, frise l'imposture.

Nicolas Sarkozy, portrait officiel de 2007

Felix Tshisekedi Tshilombo a-t-il des conseillers en communication qui maîtrisent les codes communicationnelles modernes ? Faire de l’auto-proclamation, en biaisant avec une photo officielle, cela est gravissime. Que Felix Tshisekedi Tshilombo ne soit pas pressé. S'il est élu au Congo, il aura droit à un portrait officiel. Il précipite trop des choses: tantôt on voit l'image d'un boeing faisant le taxi dans un aéroport avec un slogan "candidat unique de l'opposition Felix Fatshi" ce qui est faux. Felix Tshisekedi Tshilombo demande l'aumône aux congolais de lui verser un dollar pour soutenir sa campagne avec quoi peut-il s'acheter un avion ? Tantôt le tweet envoyé au Président Américain Donald Trump est un faux, il ne vient pas de lui. Maintenant il se fait un portrait officiel tout seul...C'est la République qui te fait une photo officielle-avec ton accord-lorsque tu es officiellement élu mais pas toi-même ! Il y a une différence fondamentale entre la photo officielle du candidat à la présidence de la République et son portrait officiel que l'Etat lui confectionne. Felix Tshisekedi Tshilombo ignore le deux. Il va vite en besogne. Son portrait officiel ne peux être l'affiche de sa campagne.

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mercredi 19 septembre 2018

OIF: Louise Mushikiwabo-Michaëlle Jean, vers un crash France-Canada ?

Le président Emmanuel Macron et Michaëlle Jean, SG de l'OIF

Candidate au poste du Secrétaire Général de l'Organisation International de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo la plus Kagamiste des ministres rwandais, sillonne le monde à bord d'un jet privé, pour récolter les soutiens. Elle s’est déjà rendue dans dix-huit pays-dix en Afrique, quatre en Europe, trois en Asie et un au Proche-Orient...Paul Kagamé le dictateur rwandais vient de libérer ses prisonniers politiques personnels au Rwanda, dont l'opposante Victoire Ingabire. Ne faut-il pas que l'autocrate Paul Kagamé vide ses prisons ? Les droits de l'homme sont des épines pour ce pays qui veut diriger 84 Etats et gouvernements. Le Rwanda est un pays agresseur par sa soldatesque et pilleur des ressources de la République démocratique du Congo, premier pays francophone au monde. Bilan plusieurs millions de morts. Le Rwanda n'a pas du coltan dans son son sous-sol mais il en est le premier producteur. Le boum économique tant vanté du Rwanda n'est qu'une chimère. Il est le produit de la rapine, du recel et diverses guerres de pillages orchestrés dans l'objectif de faire miroiter un semblant de développement économique.

Michaëlle Jean, Secrétaire Général de l'OIF

Louise Mushikiwaba, la plus Kagamiste des ministres rwandais va-t-elle remplacer la canadienne, Michaëlle Jean, l'actuelle Secrétaire Général de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ? Pas si sûr. Fondeuse contre la Francophonie qui maintenant veut en occuper le poste tant convoité, Louise Mushikiwabo n’a pas une vision claire de ce qu’elle voudrait faire, tant pour le rayonnement de la langue française dans le monde, que pour la promotion des valeurs communes fondées sur le respect des droits de la personne, les principes démocratiques, les libertés fondamentaux et l’État de droit, tels que décrit dans la Déclaration de Bamako. Pas plus qu’elle n’a des projets spécifiques et novateurs pour la Francophonie. Désignée, Louise Mushikiwabo va-t-elle exiger de son pays le Rwanda de poser l'acte de Zachée en restituant les ressources pillées de la République démocratique du Congo, pays membre ?

Les loups ne se mangent pas entre eux !

La France et le Canada sont deux pays amis dont les relations diplomatiques sont privilégiées. Ils sont deux plus importants pays contributeurs de la Francophonie à hauteur de 50 millions chacun. Le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Justin Trudeau, se sont déjà rencontrés, en tête-à-tête, d’abord à Paris, puis à Ottawa. Au menu de leurs discussions, il était question, entre autres, de la Francophonie. Emmanuel Macron et Justin Trudeau ont des positions divergentes sur la Francophonie,chacun est resté campé sur sa position et ils ne se sont pas entendus sur le choix du prochain secrétaire général. On ne sait pas encore de quel côté vont se pencher les autres contributeurs majeurs de l’Organisation, notamment la Suisse, la Belgique – Wallonie-Bruxelles, le Luxembourg et la Principauté de Monaco. Leurs voix pourront être déterminantes pour concilier les points de vue diamétralement opposés entre le président Macron et le premier ministre Trudeau. Avec sa diplomatie silencieuse, sans trompettes ni tintamarres et non pétaradantes, le Canada déploie ses réseaux et soutient le renouvellement de la candidature de Michaëlle Jean à l'OIF. Le Canada est puisant, puis qu'avec ses trois provinces, il contribue à plus de 50 millions de dollars annuellement, soit environ un tiers du budget total de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Le Canada ne se laissera donc pas humilier, par la non réélection de Michaëlle Jean et sans conséquences. A Erevan, la France et le Canada sont contraint de s'entendre pour éviter un crash ! La France n'a pas besoin ni intérêt à faire affront au Canada et vice-versa. La réélection ou non de Michaëlle Jean à son poste est une affaire hautement stratégique et politique entre la France et le Canada.

Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères

Il y a cinq mois, le 23 mai dernier, c' était un coup de tonnerre à Paris. Au Palais de l'Elysée, le président de la République, Emmanuel Macron, annonce que la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, sera candidate pour diriger l’OIF. La France lui donne son appui ! Tollé dans des capitales africaines, la France peut-elle seule se choisir la Secrétaire Général de l'OIF ? La France soutient la candidature de Louise Mushikiwabo, mais c'est au Rwanda, pays membre du Commonwealth, de présenter officiellement sa candidature. Si la Kagamiste candidate à l'OIF n'arrive pas à se faire élire, ce ne sera aucunement considéré comme un échec de la France. Début juillet, au fameux sommet de l’UA à Nouakchott, c'est à la manière forte du style Paul Kagamé, que Louise Mushikiwabo, maîtresse de céans et candidate au poste de Secrétaire Général de l'OIF aurait exigé et fait inscrire à l'ordre du jour que l'Afrique vote d'une seule et même voix au Sommet de la Francophonie d'Erevan ! Le malaise était perceptible. Les membres africains de l'OIF sont : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap Vert, Centrafrique, Congo, RDC, Djibouti, Égypte, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Guinée Équatoriale, Mali, Maroc, Mauritanie, île Maurice, Niger, Rwanda, Sao Tomé, Sénégal, Seychelles, Tchad, Togo et Tunisie. Le Mozambique est observateur. Madagascar, qui a accueilli le dernier sommet de la Francophonie en 2016, avait été suspendu de l'organisation le 2 avril 2009.

A eux seuls, les Chefs d'Etat africains, même comme des moutons de Panurge ne peuvent pas faire élire Louise Mushikiwabo, ils doivent composer avec d'autres chefs d'Etat. Les Africains choisiront en fonction de leurs intérêts nationaux. Qu'apporte le Rwanda aux autres pays africains ? La culture de la Kalachnikov, d'emprisonnement de ses opposants et journalistes, du pillage des ressources des autres ? En plus, tous les États membres doivent s’acquitter, en temps opportun, de l’obligation qui leur incombe d’apporter leur contribution financière au budget de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Sur ce point, le Rwanda n’est pas non plus un élève modèle. En effet, depuis quelques années, il ne s’est pas acquitté, dans les temps requis, de ses obligations financières envers l’OIF, lui qui a préféré le Commonwealth, et ce, pour une modique somme renégociée.

Michaëlle Jean a été journaliste, puis gouverneure générale du Canada et enfin secrétaire générale de la Francophonie, poste qu'elle souhaite conserver pour encore quatre ans. Pour ce faire, elle doit défendre son bilan, sa gouvernance et ses dépenses.

Michaëlle Jean est restée fidèle à ses engagements d’il y a quatre ans et n’a cessé de se référer, dans son action quotidienne, aux fondamentaux de la Francophonie et d’appliquer, au pied de la lettre, les recommandations de la feuille de route ambitieuse qui lui a été assignée à Dakar. Les Chefs d'Etat africains se plaignent que Michaëlle Jean n'est pas proche d'eux comme le fut Abdou Diouf. Premier ministre puis successeur de Léopold Sédar Senghor à la présidence de la République de 1981 à 2000, Abdou Diouf a été Secrétaire Général de la Francophonie de 2003 à 2015. C'est bien, les Chefs d'Etat africains allaient au 19-21 avenue Bosquet à Paris, rencontrer un aîné, une icône et un homme écouté de l'Elysée. Malgré tout le respect on lui doit, Abdou Diouf en tant que Secrétaire Général de l'OIF a organisé le sommet de Kinshasa en 2012, au grand mépris de la charte de la Francophonie, légitimant une dictature et un régime sanguinaire d'imposture. Cette arrête n'est jamais passée dans la gorge de nombreux congolais de la diaspora.

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mardi 18 septembre 2018

Réforme santé: Emmanuel Macron détaille ses remèdes!

Emmanuel Macron, Président de la République

Le président français Emmanuel Macron a présenté mardi sa réforme du système de santé. Elle est appelée à transformer un secteur dépassé et des hôpitaux au bord de "l'implosion" en "piliers de l'Etat providence du XXIe siècle" centrés sur le patient.

"Mon ambition est claire: je veux que ce qu'on appelle le système de santé soit l'un des piliers de l'Etat providence du XXIe siècle qui prévient et protège et puisse accompagner les parcours de vie", a déclaré le chef de l'Etat devant des responsables de la santé réunis à l'Elysée. "Nous devons restructurer notre organisation pour les 50 années à venir", a-t-il ajouté. Face à une souffrance "réelle et tangible" de certains services, il a invité le système à transformation collective en profondeur, et réfuté qu'"il suffirait de dépenser plus pour que tout aille mieux".

La stratégie de transformation du système de santé sera toutefois dotée d'un budget de 3,4 milliards d'euros (3,8 milliards de francs) d'ici 2022, dont quelque 920 millions pour l'investissement hospitalier. Dès 2019, l'objectif national de dépenses de la Sécurité sociale (ondam) sera porté à 2,5%, soit une rallonge de 400 millions par rapport aux prévisions budgétaires initiales.

"L'hôpital est au bout de ce qu'il peut faire pour pallier notre désorganisation collective et c'est particulièrement vrai pour nos services d'urgence", a souligné le chef de l'Etat. Face à ce constat, le plan "Ma Santé 2022" doit permettre de désengorger des hôpitaux à bout de souffle, d'améliorer l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire et d'adapter le système au vieillissement et aux maladies chroniques, en 54 mesures.

Discours d'Emmanuel Macron

Mes chers amis,

Merci d’être là aujourd'hui dans cette salle de l’Elysée et je crois qu’il y a bien longtemps que vos professions n’avaient pas été réunies à l’Elysée. J’ai souhaité le faire, certains diront du fait de mon long compagnonnage avec cette profession, mais surtout et avant tout pour vous témoigner ma gratitude à vous tous, étudiants, soignants, médecins hospitaliers, libéraux, chercheurs, universitaires, directeurs d’établissement ou d’organisme.

Votre travail, je le sais est aujourd'hui parfois malmené par des injonctions contradictoires, des réformes vécues comme permanente et je le sais aussi ce sont des impatiences, parfois des doutes qui peuvent vous animer.

Pourtant, et c’est une première réalité que je veux ici rappeler, grâce à vous et à vos efforts, notre système de santé reste notre force et notre fierté. C’est grâce à votre dévouement extrême que le système tient encore. D’ailleurs les Français, vos patients, vous le reconnaissent. Ils portent une très haute considération à l’ensemble des professionnels de santé. Et permettez-moi, ici, aujourd’hui, en leur nom, de vous remercier et de vous témoigner solennellement de notre reconnaissance républicaine.

Personne ne souhaite se faire soigner ailleurs qu’en France, beaucoup de nos voisins nous envient l’excellence de notre système de soins. Nous sommes attachés à notre modèle qui associe une médecine hospitalière, publique et privée, et une médecine libérale.

Grâce à ce modèle original, la France est ce pays où arrivé à l’âge de 60 ans, l’espérance de vie des Françaises et des Français se situe au 2ème rang des pays du monde. C’est en France que le reste à charge des ménages pour leur santé est le plus faible des pays du monde. Il atteint moins de 8 % en 2017. Et cela tient d’abord à un haut niveau de couverture par la Sécurité sociale et l’ensemble de celles et ceux qui couvrent ces risques qui constitue un acquis que j’entends préserver.

Mais, et c’est une seconde réalité, même si la satisfaction de soigner et de sauver est toujours présente au quotidien chez les soignants, le mal-être s’est désormais installé profondément. Evolution des conditions d’exercice des métiers, relation au malade souvent présentée comme « empêchée », sentiment de n’avoir pas le temps de faire l’essentiel, manque de perspectives d’évolution lorsque l’on est soignant en particulier à l’hôpital public. Tout cela, sont aussi des réalités.

Mon ambition est claire, je veux que ce qu’on appelle le système de santé soit l’un des piliers de l’Etat-providence du XXIème siècle, un système de santé qui prévienne et protège contre les risques de santé d’aujourd’hui et de demain, mais aussi un système de santé qui puisse accompagner les parcours de vie de chacun de nos concitoyens.

1958 a été un tournant car l’organisation des centres hospitaliers universitaires a permis de faire revenir l’excellence médicale du soin et de la recherche à l’hôpital, jusque-là surtout considéré comme un dispensaire. C’était un vrai changement d’approche. Aujourd’hui, c’est à nouveau à un changement de paradigme que nous devons œuvrer. Il sera d’ampleur équivalente pour s’adapter aux évolutions de la science et de notre société, aux nouvelles pathologies et besoins de soins des patients, aux enjeux de la recherche et de l’innovation, pour s’adapter à vos aspirations de soignants et recentrer notre système autour du patient.

Je voudrais vous dire aujourd’hui ma confiance dans notre capacité à réussir collectivement. Cela ne se fera pas en un jour mais, nous devons commencer dès maintenant et travailler ardemment même si cela doit durer 2 à 3 ans. Nous devons restructurer notre organisation pour les cinquante années à venir.

Pour ce faire quels constats partageons-nous ? Je le disais notre système de santé a des forces, mais il s’est considérablement fragilisé ces dernières décennies. Pourquoi ? Parce qu’il a été conçu pour une société où on ne vivait pas aussi vieux qu’aujourd'hui, il a été conçu pour traiter des pathologies aiguës et il a été conçu à une époque avec une offre de soins qui correspondait aux besoins de la société.

Et progressivement ces dernières années, plusieurs évolutions, certaines de notre fait, d’autres liées à l’évolution plus large de notre société, l’ont mis en tension.

D’abord nous avons pensé, et ça a été un dogme pendant plusieurs années, relativement œcuménique sur le plan politique qu'on pouvait réduire la dépense de santé en la régulant par l'offre. Donc on a pensé que raréfier le nombre de médecins, le nombre d'équipements, allait réduire le nombre de malades, ça n'a pas marché et les effets de décalage étant ce qu'ils sont, les décisions prises il y a parfois 20 ou 30 ans nous en vivons les pleines conséquences aujourd'hui. Et les corrections que, j'y reviendrai, nous pourrions apporter nous n'en aurons les pleins effets que dans 10 à 15 ans.

Ensuite la société a changé, précisément parce que notre système de santé a été efficace et donc on vit plus longtemps, plus longtemps en bonne santé et les pathologies que notre système a à traiter ne sont plus les mêmes. Ce sont de plus en plus des pathologies chroniques, c'est de plus en plus des pathologies liées au vieillissement d'une population et donc ce système de soins ainsi organisés n'est plus adapté à ces quelques évolutions que j'évoquais. Ce qui crée une tension en termes d'accès aux soins et on la voit chaque jour quand on est confronté aux difficultés de trouver un médecin traitant ou d'obtenir un rendez-vous dans des délais raisonnables qui est lié au fait que le nombre de consultations disponibles de médecins généralistes a baissé de 15 % en 15 ans, alors même que la population vieillissait, que l'accès aux spécialistes est devenu de plus en plus difficile, les spécialités ayant une grande hétérogénéité des unes entre les autres. Les cabinets médicaux comme les services d'urgence ou les établissements médico-sociaux sont à cet égard saturés.

Tensions ensuite en termes de conditions d'exercice des professionnels de santé dont beaucoup ont le sentiment de perdre le sens même de leur métier, de leur vocation en raison des contraintes administratives et financières qu'ils subissent. Et aussi parce que les nouvelles générations de médecins aspirent à des pratiques différentes et c'est une réalité que nous constatons chaque jour pour mieux concilier vie personnelle et professionnelle, ce qui peut conduire à créer là aussi des tensions d'offres sur les territoires.

Tension financière enfin liée aux défis du vieillissement, du développement des pathologies chroniques, aux coûts des innovations thérapeutiques qui mettent à l'épreuve notre capacité à préserver dans la durée notre modèle de santé solidaire auquel nos concitoyens sont fondamentalement attachés.

Toutes ces tensions n'ont pour autant rien d'inéluctable, rien, chez nos voisins, chez nous dans certains territoires des initiatives, des expérimentations locales parviennent à enclencher de nouvelles organisations et peuvent nous inspirer dès aujourd'hui.

Dans de nombreux territoires de notre pays on a déjà commencé à bouger, fort de ces constats et je regarde autour de nous plusieurs pays ont conduit des évolutions profondes qui ont permis de répondre à ces défis, sans drame, sans crise et sans renoncement aux valeurs de solidarité et aux exigences de qualité.

Ils n'y ont pas non plus répondu en dépensant plus mais, en s'organisant mieux, parce que notre système de santé ne souffre pas d'abord d'un problème de sous-financement, il pêche par un vrai handicap d'organisation, le modèle d'organisation n'est plus adapté ni à la demande, ni à l'offre de soins.

La France, quand je regarde les chiffres, consacre aujourd'hui à ses dépenses de santé une part considérable de sa richesse nationale, à peu près 11,5 % de son produit intérieur brut, ce qui nous situe au 3ème rang des pays de l'OCDE après les Etats-Unis et la Suisse et devant l'Allemagne, la Suède ou le Japon. Il n'est pas question de faire moins et j'y reviendrai là aussi, mais il n'est pas question non plus par facilité de dire, il suffirait de dépenser plus pour que tout aille mieux, ce serait faux.

Le vieillissement, la demande légitime de notre population, les innovations aussi bien en termes de médicaments que de dispositifs médicaux, créent de fait une dynamique de dépenses et c'est donc bien par une réorganisation collective que nous pouvons répondre aux défis que j'évoquais.

Soyons clairs si le budget global que nous consacrons à la santé est élevé, mais que tout le monde considère qu'il est insuffisant dans son quotidien, c'est définitivement que nos organisations de soins, nos modes d'allocation des ressources ne sont pas les bons. Ils ne sont pas adaptés en effet à l'évolution des pathologies plus complexes, plus chroniques qui nécessitent plus de coordinations entre professionnels et plus de prévention.

En effet notre système prévient mal et le constat est aujourd'hui établi. En France on soigne bien, mais on n'est pas forcément en meilleure santé que chez nos voisins, parce qu'on prévient moins bien que chez nombre de nos voisins, en particulier européens. Et ce faisant des pathologies plus lourdes et donc plus coûteuse s'installent et en miroir notre système souffre d'un trop grand nombre d'actes inutiles, d'une sur-médication parce que l'on arrive trop tard ou dans un système trop aveugle qui fait trop d'actes.

Notre système ensuite reste atomisé, cloisonné, déséquilibré, avec de trop nombreux professionnels de ville qui exercent encore de manière trop isolée, des établissements de santé trop souvent en concurrence les uns avec les autres, des secteurs de la ville et de l'hôpital qui ne se parlent pas assez, un virage ambulatoire devant conduire à soigner plus sans recours à l'hospitalisation qui peine encore à se concrétiser et des modes de rémunération qui incitent à la course à l'activité et à l'acte.

L'hôpital concentre ses dysfonctionnements et risque l'implosion sans transformation d'ensemble, car l'hôpital redevient dans les zones les plus tendues ou les plus en difficultés, un dispensaire accueillant toutes les urgences sanitaire et sociale, développant toujours plus d'activités pour survivre financièrement, alors qu'on lui demande au même moment de réaliser plus d'interventions de pointe, d'accentuer l'excellence de sa recherche clinique, de poursuivre les efforts en matière de formation et de faciliter les parcours de soins de ville.

L'hôpital s'est modernisé avec de nouvelles organisations, de nouveaux modes de financement mais aujourd'hui l'hôpital est au bout de ce qu'il peut faire pour pallier notre désorganisation collective et c'est particulièrement vrai pour ses services d'urgences.

Cette course à l'activité est devenue folle - or tout dans notre système y incite - parce qu'elle fait perdre le cap de la qualité. Et la situation est à cet égard absurde, on fait toujours plus dans certaines activités, dont la pertinence n'est pas toujours avérée, 30 % selon les évaluations d'actes coûteux ne servent à rien et on ne parvient pas à satisfaire la demande de soins de base en proximité. Et à force de faire de l'acte, on s'expose à faire toujours plus mais parfois mal. Par exemple pour tous les patients souffrant d'insuffisance cardiaque, on ré-hospitalise deux fois plus en France qu'au Royaume-Uni, 30 % de plus qu'en Suisse. Les patients comme les soignants subissent ce système que je viens de décrire et ses aberrations.

Nous leur devons, nous vous devons donc de casser ce cercle vicieux dans lequel nous nous sommes enfermés pour retrouver l'esprit qui a présidé à la construction de notre système de santé, avec un engagement de tous, pas l'hôpital d'un côté, les libéraux de l'autre et des patients qu'on oublierait au passage, non, en essayant de replacer l'ensemble des acteurs de ce système dans une approche de coopération qui permettra de répondre à ces défis.

Alors face à ce constat, quel est, quel doit être à mes yeux, la vision d'arrivée de ce système de santé ? C'est un système qui doit mieux prévenir, être centré sur le patient et sur la qualité du soin.

Mieux prévenir d'abord, je l'évoquais en citant en quelque sorte ce paradoxe français où on soigne très bien mais, on n'est pas en meilleure santé que chez les voisins parce qu'on prévient résolument moins bien. Dès les engagements que j'avais pu prendre devant nos concitoyens, j'avais appelé à une révolution de la prévention, qui ferait résolument passer notre système et vos pratiques d'une approche curative à une approche préventive.

La ministre, dont je salue ici l’engagement et le travail, chère Agnès BUZYN, mène ce combat depuis les premiers jours et au quotidien, avec des vaccins rendus obligatoires, qui n’ont pas manqué de lever certains débats, la lutte contre le tabac, le dépistage des cancers, la prise en charge à 100 % pour ne plus renoncer aux soins optiques, dentaires, auditifs, essentiels pour que notre état de santé ne se dégrade pas encore plus. Et la mise en place dès cette rentrée du service sanitaire.

40.000 étudiants en premier cycle de santé vont effectuer cette année leur service sanitaire pour enseigner les bonnes pratiques en matière de prévention, en priorité, en milieu scolaire, auprès des enfants et des jeunes qui en ont le plus besoin, dans les zones rurales ou dans les quartiers défavorisés, mais parce qu’aussi mieux formés à la prévention dès le départ, ils seront des professionnels de santé différents, et auront contribué à déployer plus d'actions de prévention dans ces territoires prioritaires.

Toutes les politiques publiques d'ailleurs sont concernées et tout le gouvernement doit être engagé derrière ce Plan priorité prévention adopté en mars dernier. Lorsque, il y a quelques jours, le Premier ministre et le ministre d'Etat présentent un Plan vélo, c'est dans le cadre aussi d’une politique de prévention et d'une amélioration de la santé de nos concitoyens. Lorsque le Parlement vote en deuxième lecture un texte de loi en matière d'alimentation et d'agriculture, c’est une politique de prévention qui vise à développer le bio, la qualité de l'alimentation, en particulier dans les cantines et la restauration collective.

Lorsqu'on interdit les néonicotinoïdes, c'est une politique de prévention et de santé, la tarification sociale dans les cantines ou le petit-déjeuner dans les écoles défavorisées présentés la semaine dernière dans le cadre du Plan pauvreté, c'est une stratégie de prévention en matière de santé. Et donc c'est cet esprit qui doit irriguer l'action du gouvernement comme des parlementaires dans les mois à venir pour poursuivre ce travail indispensable.

Le deuxième axe, c'est la qualité du système de soins au service du patient. Il faut en effet passer d'une approche quantitative et budgétaire d'offres de soins à une approche tournée vers le patient, par pragmatisme, si je puis dire, parce que nous l’avons constaté durant toutes ces dernières années, celui qui décide dans nos systèmes de santé, c’est le patient. Ça n’est ni le gouvernement ni celui qui rembourse ni même le médecin, c’est le patient qui choisit, ce qui, parfois, nous a conduits d’ailleurs à essayer de décider d’en haut des mesures ou des réorganisations, si le patient ne le décide pas lui-même, ne le comprend pas, ne le porte pas, elles ne sont pas efficaces.

Ce n’est pas à lui d’ailleurs de s’adapter au système, mais bien au système de s’adapter à ses besoins. Et c’est autour du patient que doit se construire la réponse des soignants, en proximité, et coordonnée en réseau. Aussi, la structuration des soins de proximité est la priorité des priorités. Car c’est de ce levier essentiel que dépendent beaucoup des réponses aux tensions que nous connaissons. La réponse à la demande de soins de la population, l’accélération du virage ambulatoire, l’allègement de la pression sur l’hôpital, l’amélioration des conditions d’exercice des professionnels de santé de la ville, tout cela tient, repose sur une meilleure structuration des soins de proximité.

Le système de santé demain, c’est un réseau de soins de proximité, dont font partie tous les professionnels de santé d’un territoire, quel que soit leur statut, et qui garantit à la population l’accès permanent à des soins programmés ou non programmés. Les soignants de ce réseau pourront être des hospitaliers, des libéraux, des médecins, des infirmiers, des sages-femmes, des pharmaciens, ce qui importe, c’est que chacun, à sa place avec son expertise, sa compétence, puisse intervenir au bon moment, de manière coordonnée avec ses collègues et en équipe.

Le patient, lui, doit toujours pouvoir accéder à un médecin traitant, à une réponse en urgence, à une expertise médicale spécialisée quand elle est nécessaire. Cette approche exige précisément d’arrêter d’opposer les hospitaliers et les libéraux, les généralistes et les spécialistes, les médecins aux autres professionnels de santé, et de construire un fonctionnement enfin collectif.

Demain, les soignants travailleront de plus en plus en ville, et en même temps, à l’hôpital. Et cette priorité aux soins de proximité doit se coordonner avec l’excellence de la recherche clinique, de l'innovation, de la formation et des technologies de pointe, la cible à mes yeux, c'est cet exercice collectif, décloisonné, coordonné.

Alors la stratégie de transformation à laquelle vous avez travaillé depuis le lancement des travaux par le Premier ministre, en février dernier, doit nous emmener vers cette cible, la ministre Agnès BUZYN aura l'occasion de détailler l'ensemble des mesures envisagées pour accompagner cette transformation. Elles sont nombreuses, car l'ensemble des professionnels est impliqué, mais je voudrais, ici, insister tout particulièrement sur trois orientations et séries de mesures qui jalonneront ce chemin de transformation.

La première orientation, c'est de construire le système autour du patient, et d'abord, tout simplement, de lui permettre d'avoir accès aux soins dont il a besoin. C'est la priorité des priorités, comme je l'évoquais en parlant de la cible que nous devons poursuivre. Et à ce titre, la priorité absolue, c'est de regagner du temps médical et soignant, disponible pour nos concitoyens. Pour commencer, il faut pouvoir être sûr qu'on forme bien et suffisamment de médecins, pour cela, on ne peut pas se satisfaire du système actuel, il a une absurdité qui est un problème pour nous toutes et tous, parce qu'elle est lisible pour tous nos concitoyens.

Aujourd'hui, c'est un gâchis qui concerne chaque année 25.000 étudiants, 25.000 étudiants qui, du jour au lendemain, passent d'excellents lycéens à celui ou celle qui échoue pour la première, deuxième ou troisième fois à la première année, au même moment où nos concitoyens souffrent de difficultés d'accès aux soins, au même moment où quand ils vont dans leur hôpital de proximité, ils s'aperçoivent bien que celui-ci ne fonctionne que parce qu'on a recours à des médecins vacataires, dont les modes de rémunération grèvent le même budget de l'hôpital, dans ce cercle vicieux que nous connaissons, et où on a 10 % de médecins diplômés à l'étranger.

Le système est absurde, et il nous faut donc le regarder en face. Au même moment, nos entreprises cherchent des talents en biotechnologie, dans les laboratoires de recherche et cherchent ces mêmes compétences, j’ai exprimé sur ce point ma conviction de longue date, et les ministres m'ont proposé une rénovation complète des études de santé, et notamment médicales. Le numerus clausus sera donc supprimé pour cesser d'entretenir une rareté artificielle, et pour nous permettre de former plus de médecins avec un mode de sélection rénové, et de renforcer la dimension qualitative et le niveau de formation des études de santé.

C’est ce travail que les ministres conduiront dans les prochains mois pour repenser, après les concertations indispensables, les études de médecine. Mais ne nous leurrons pas sur l'efficacité immédiate d'un tel dispositif, nous subissons aujourd'hui les conséquences de décisions prises, il y a plusieurs décennies, comme je l'évoquais, et nos décisions sur le numerus clausus auront un impact symétriquement dans 10 à 15 ans ; nous devons donc actionner tous les leviers aujourd'hui pour aller plus vite.

Il y a dès aujourd'hui des étudiants qui souhaitent rejoindre des études de médecine ou des études médicales après quelques années passées dans d'autres filières universitaires, en sciences, en biologie, où ils ont acquis des compétences similaires et complémentaires, on exige aujourd'hui trop souvent qu'ils s'inscrivent en première année et repassent par les fourches caudines du bachotage et des concours, ce qui, là aussi, est absurde.

Dès la rentrée 2020, il n'y aura plus de concours à la fin de la première année, c'est-à-dire plus de PACES, cet acronyme, synonyme d'échec pour tant de jeunes. Demain, tous les étudiants inscrits en licence, quelle que soit leur spécialité, pourront rejoindre en deuxième, troisième ou quatrième année le cursus de médecine, et les ministres détailleront justement toutes les formations aux métiers de la santé qui seront ainsi rénovés, pour favoriser les passerelles entre les métiers, les enseignements communs, la possibilité de poursuivre ou de reprendre une formation et de participer à des activités de recherche.

En valorisant et en évaluant aussi pleinement les compétences dont on a besoin en médecine, des compétences qui ont une dimension relationnelle parfois rédactionnelle, là où, il faut bien le dire, le système actuel, essentiellement à base de QCM, ne permet pas totalement de bien identifier ces compétences, qu'on identifie que bien plus tard dans le cursus, avec, là aussi, un gâchis certain.

A tous ceux qui pourraient voir dans cette réforme un renoncement à l'excellence tirée aujourd'hui du concours de fin de première année, je leur dis que ce parcours de formation restera sélectif, sera plus ouvert, plus vivant, attirera des profils plus variés et tout aussi excellents, et sera aussi fondé sur les principes que j'évoquais qui correspondent mieux à la réalité de la pratique médicale quotidienne.

Mais pour libérer du temps médical, pour avoir plus de consultations, plus de patients accueillis, les plus forts gains à court terme viennent donc d'une autre répartition des tâches, nous avons déjà permis que les vaccinations puissent se faire par les pharmaciens, nous devons continuer à décharger les médecins d'actes qui peuvent être faits par d'autres, un peu comme les orthoptistes ont permis de décharger des ophtalmologistes de certaines tâches ou les infirmières qui épaulent les généralistes pour les aider dans le dépistage, le suivi, l'éducation thérapeutique de leur maladie chronique.

Sur ce sujet, il y a une meilleure répartition des tâches et du temps entre les différents professionnels de santé. Et ce qui sera plus valorisant pour l'ensemble de ces dernières. Pour libérer davantage encore de temps médical et faire que les médecins puissent soigner plus et mieux, nous devons leur permettre d'être accompagnés par des professionnels qui effectuent pour eux des gestes simples, comme une prise de tension ou de température, qui préparent à la consultation, qui conseillent et suivent le parcours de patients, qui assument une partie des tâches administratives de gestion et de coordination ; cela va de pair avec une revalorisation de toutes les professions de santé – (Bruit de verre cassé)

J’'espère qu'il n'y a pas de blessés – et du concours que chacun peut apporter dans le suivi médical du patient, sinon, c'est le bon moment et la bonne journée pour avoir un accident du travail. Tout va bien.

C'est dans cet esprit, et pour ce faire, que nous créerons des assistants médicaux, c'est-à-dire des professionnels qui assisteront les médecins, installés de longue date dans les pratiques médicales de nos voisins, ces personnels de santé accompagneront et déchargeront le médecin d'actes simples, concourant justement à la prise en charge du patient, ces postes seront financés auprès de tous les médecins, d'abord, les généralistes et les spécialistes, pour lesquels des difficultés d'accès aux soins sont identifiés, dès lors qu'ils exerceront de manière regroupée et s'engageront sur des objectifs et des résultats. Prise en charge de nouveaux patients, raccourcissement des délais d'attente, actions de prévention, consultations non programmées.

Alors combien financerons-nous d'assistants médicaux, de ces professionnels qui aideront nos médecins dans les prochaines années ? Autant qu'il en faudra pour accompagner ce mouvement dans tous les territoires, les premiers arriveront dans les quartiers prioritaires pour l'accès aux soins et dans les zones sous-denses, dès 2019. Les professionnels estiment qu'on pourrait gagner entre 15 et 20 % de temps médical avec une telle organisation, l'objectif du quinquennat doit être au moins d'en déployer 4.000. Ce qui représenterait un gain de temps médical équivalant à près de 2.000 médecins supplémentaires compte tenu de l'organisation actuelle, mais si le mouvement est là, si le besoin est là, nous en financerons autant que de besoin. Car c'est au cœur de la réorganisation de l'ensemble de ces professions, et c'est une évolution indispensable.

Nous devons enfin avoir une attention particulière pour les territoires les plus démunis, là où nous ne parvenons pas à remplacer nos médecins qui partent à la retraite, ces fameux déserts médicaux qui sont aujourd'hui une source d'anxiété pour nombre de nos concitoyens, pour leurs élus, de manière légitime, ces déserts médicaux ne sont pas que dans les campagnes, sur ce sujet, ne nous trompons pas, ils sont bien souvent dans les périphéries proches des grandes villes, dans les quartiers les plus difficiles, dans les zones en effet très rurales.

Et donc c'est une France multiple, mais c'est la France qui décroche démographiquement, c'est la France qui aujourd'hui ne parvient plus à attirer d'entreprises, qui ne parvient plus suffisamment à attirer de nouveaux médecins, cette partie de la France où la population vieillit, et où donc les besoins sont nouveaux, et avec le vieillissement de la population, le vieillissement de la démographie médicale, et où en même temps que les besoins continuent de croître, les médecins partent à la retraite et ne sont pas remplacés.

Le nombre de médecins retraités a doublé ces dix dernières années, les départs non remplacés se concentrent justement dans ces territoires les plus ruraux et dans les quartiers urbains difficiles.

Nous avons aujourd'hui près de 20 % de la population qui se situe dans ces territoires prioritaires pour l’accès aux soins que l’on appelle les zones sous-denses. Alors ce que je viens d’évoquer est une première réponse et c’est dans ces zones que nous allons favoriser la réorganisation des professionnels de santé et l’investissement dans ces assistants médicaux pour dégager du temps médical utile, les accompagner et aussi encourager ces pratiques, une forme d’organisation que les jeunes professionnels de santé plébiscitent. Mais nous devons aussi constater que l’impatience légitime est là.

Alors, nous connaissons tous par cœur ici le débat. Faut-il contraindre ? Ne faut-il pas contraindre ? Je l’ai déjà dit de longue date et ce long compagnonnage avec les professionnels de santé m’a instruit en la matière. La contrainte unilatérale venant d’en haut peut faire plaisir – je le conçois très bien – aux élus qui sont sur ces territoires et être une réponse immédiate qu’on propose à ses concitoyens : elle ne marchera pas. Elle ne marchera pas. L’un des problèmes aujourd'hui dans notre démographie médicale, c’est que de plus en plus de jeunes médecins ou moins jeunes qui ont été formés par le système arrêtent la pratique compte tenu de ces contraintes. C’est une réalité. Et donc, si on se met aujourd'hui à dire : « Nous allons totalement contraindre la cartographie en sortie des études de médecine », je pense que nous aurons énormément de mal à répondre à ce défi. En tout cas, ce serait une réponse fallacieuse, de tribune, donc je n'y crois pas.

Mais nous devons là aussi, et je demande à ce que les ministres s'en saisissent dans le cadre de la re-conception des études médicales et des études de santé, quand même réussir à traiter quelques aberrations où la territorialisation et les contraintes que nous posons au long du parcours des études ne correspond pas aux besoins que nous avons ensuite. Et je pense que sur ce sujet, nous avons collectivement beaucoup de progrès à faire et je pense qu'on peut améliorer le système sans parler de contraintes, en permettant plus de mobilité des étudiants, en évitant de concentrer les étudiants sur toutes les mêmes zones, en s'étonnant après que les étudiants qui ont été dans ces zones les plus métropolitaines n'aient pas forcément envie d'aller dans les zones les plus rurales ou les plus difficiles. Je ferme cette parenthèse.

Néanmoins, si nous ne parvenons pas à un moment à avoir un système qui collectivement organise mieux la répartition sur le territoire, il est évident que ces débats relatifs à la contrainte, à l’obligation d’installation, continueront de monter. Mais à court terme, je pense par cet esprit de confiance, d’action collective que nous pouvons avoir une réponse plus adaptée. D’abord en continuant à orienter et favoriser l’installation dans ces zones des professionnels de santé, en développant les structures – maison de santé, installation collective et l’accompagnement que j’évoquais à l’instant – mais également en finançant des postes sur un mode un peu innovant et correspondant, je pense, à ce que nous pouvons offrir.

Aussi, je souhaite que dès 2019, 400 postes supplémentaires de médecins généralistes à exercice partagés ville/hôpital puissent être financés et envoyés dans les territoires prioritaires, salariés par le centre hospitalier de proximité ou un centre de santé pour y proposer des consultations. Je fais le pari que cette mesure exceptionnelle sera attractive parce que nous constatons que les jeunes générations sont en demande d’un exercice collectif, parfois salarié plus important que précédemment. La Ministre conduira sous deux mois une négociation pour calibrer avec vous la dimension incitative de cette mesure qui doit être réelle pour être efficace et pour répondre à cette ambition et ce dispositif sera concentré sur les territoires les plus critiques.

C’est à la fois accompagner et accélérer le mouvement des maisons de santé mais c’est aussi commencer par la preuve à montrer cette porosité que nous devons organiser entre le système hospitalier et le système libéral en proposant des rémunérations attractives, un cadre d’organisation sur le terrain pour ces professionnels de santé plus adapté au choix contemporain. C’est donc le premier axe de cette transformation que je souhaitais ici rappeler et défendre : celui de permettre un meilleur accès aux soins dont le patient a besoin.

La deuxième orientation sur laquelle je veux aujourd'hui devant vous insister, c’est celle qui consiste à construire un système autour du patient en lui permettant d’être pris en charge dans un parcours de soins fluide et coordonné. Cette idée n’est pas nouvelle. Cela fait des années, pour ne pas dire des décennies, que nous en parlons. C’est celle qui a conduit à mettre en œuvre le médecin référent, le parcours de soins, à changer grâce à la coopération de l’ensemble des sociétés savante les modes d’organisation et de remboursement. Mais alors que les pathologies chroniques se développent, la coordination des différents spécialistes devient aujourd'hui incontournable de manière encore plus criante qu’hier et l’exercice coordonné doit devenir une référence.

On le sait très bien : un patient qui souffre de diabète doit avoir autour de lui une petite équipe avec son généraliste, son endocrinologue, son diététicien, son infirmière, son podologue, son ophtalmologue… C’est cette équipe qui doit partager l’information en temps réel, permettre l’optimisation du soin pour pouvoir l’accompagner et vivre dans les meilleures conditions. Ceci suppose d’abord et avant tout le déploiement de nouveaux outils numériques. Là aussi, j’ai le sentiment de parler devant vous d’une arlésienne. Ces outils, nous le savons, sont aujourd'hui insuffisants. Ils sont cloisonnés, ils laissent de côté les patients qui sont pourtant les premiers intéressés. J’irai même plus loin : rien ne sera possible sans une mise à jour radicale de l’architecture numérique. Elle est impérative pour coordonner les acteurs, pour personnaliser les soins, pour décharger les soignants de leurs tâches administratives, pour développer aussi l’intelligence artificielle et déployer de nouveaux traitements.

Nous devrons nous doter dans les trois prochaines années d’une véritable offre de services numériques qui permettent aux patients et aux professionnels de santé, justement qui les prennent en charge, de partager l’information médicale et de communiquer entre eux de manière totalement sécure, respectueuse évidemment à la fois du secret professionnel et de la confidentialité que chacun souhaite pour soi. Cela partira du dossier médical partagé que nous allons déployer au plan national en novembre prochain. Enfin. Mais cela doit aller beaucoup plus loin en dotant tous les assurés d’un espace numérique patient plus large, enrichi d’informations utiles et d’un bouquet de services et d’applications en santé. Il s’agira aussi de développer avec et pour les professionnels de santé des outils numériques territoriaux indispensables à la bonne coordination.

A l’heure de l’intelligence artificielle, ce que nous devons déployer-là c’est le système numérique qui permet à l’ensemble des professionnels de santé comme aux patients, les uns d’exercer leurs fonctions comme il se doit aujourd'hui et les autres de bénéficier de cette médecine personnalisée qui est en train d’advenir. Et ça n’est pas une mode, une lubie ou simplement un changement technique. Ce qui est en train d’advenir, c’est une révolution profonde de la pratique médicale. Nous devons donc la mettre au cœur du système et de sa re-conception en sachant, là aussi, que cette transformation permettra une meilleure répartition des tâches et permettra aux professionnels de santé de se concentrer sur les actes à valeur ajoutée bien davantage. Et je souhaite que dans le cadre de ces réorganisations et de cette stratégie, cet objectif d’une médecine personnalisée et de ces innovations soit placé au cœur pour l’intérêt précisément du patient.

La meilleure organisation passe aussi par une plus grande responsabilité des professionnels de santé dans l'organisation de la réponse aux besoins de santé de la population dans leurs territoires. Ces besoins, nous les connaissons. C'est la prise en charge de tout patient par un médecin traitant. C'est la réponse aux soins non programmés dans le cadre de la permanence des soins en journée. C'est le développement d'une offre structurée de télémédecine. C'est le suivi et la coordination des interventions autour des patients les plus complexes, notamment en sortie d'hospitalisation ou pour prévenir une hospitalisation, ou pour garantir le maintien à domicile de personnes fragiles et âgées. C'est le développement de programmes de prévention.

Nous connaissons tous ses besoins. Et pour répondre à ces vrais défis sur lesquels nous avons une obligation de résultat, il faut que tous les professionnels d'un territoire s'engagent, travaillent ensemble et portent une responsabilité collective vis-à-vis des patients et de la population. Le cadre de cet engagement sera la constitution de communautés professionnelles territoriales de santé qui doivent aussi faire le pont entre les établissements de santé, notamment les hôpitaux de proximité et avec le secteur médico-social. C’est permettre, inciter l'ensemble des professionnels d'un territoire à travailler ensemble et à s'organiser ensemble parce que c'est leur intérêt, là où nous voyons aujourd'hui sur le terrain dans trop de situations des stratégies en quelque sorte non coopératives, si je devais employer un terme pudique, qui sont corrigées comment ? Par des services qui sont mis en place et qui permettent de traiter, dans les zones les plus urbaines, les services d'urgences de nuit. Mais est-ce totalement satisfaisant ? Pas toujours. Ou qui conduisent à reporter la charge sur un acteur du système : l'hôpital et ses urgences avec les conditions et les risques que nous connaissons et la charge sur les établissements hospitaliers, et donc, un système où tout le monde, au fond, devient perdant.

Moi, je souhaite que nous puissions aujourd'hui, sur ces territoires pertinents, avoir une vraie coopération de l'ensemble des professionnels de santé au-delà des frontières de statut, de positionnement, et que l'ensemble de celles et ceux qui portent la bonne santé d'une population en soient coresponsables. Nous devrons faire que ces communautés professionnelles couvrent tous les territoires d'ici au 1er juillet 2021. Je fais confiance aux initiatives de terrain pour qu’elles se déploient en très grand nombre. Je ne veux pas faire de ces communautés professionnelles une espèce de système plaqué d'en haut qui devrait être du même modèle partout sur le territoire. Il y a plusieurs initiatives qui aujourd'hui ont déjà émergé. Il faut les encourager, il faut les développer. Elles n'auront sans doute pas la même forme selon les territoires. Ce qui est sûr, c'est que les gens doivent se parler, s'organiser ensemble autour du patient. Pour encourager chacune et chacun est pour faire que nous ayons ces communautés qui devront couvrir entre 20 000 et 100 000 patients d'ici à 2022, je veux précisément que l'exercice isolé devienne progressivement marginal, devienne l'aberration et puisse disparaître à l'horizon de janvier 2022.

Alors, je sais ce que ce type de propos peut nourrir comme réactions chez des professionnels de santé libéraux. Je sais aussi ce que sont les enjeux et les attentes et je vois aussi ce que sont les aspirations de la nouvelle génération. Je ne viens pas ici poser une obligation qu'il faudrait dire comme une contrainte assortie de je ne sais quelle sanction, mais je pose en revanche un principe que la loi devra affirmer, un objectif qui doit devenir une réalité et, pour cela, il faut s'en donner les moyens. Et à la contrainte, je veux privilégier l'incitation. Une incitation exigeante, orientée sur le résultat à atteindre. Nous nous engagerons ainsi à aider financièrement dans la durée sur 10 ans toutes les communautés professionnelles qui seront créées d'ici 18 mois.

Par ailleurs, pour les professionnels, certains éléments de rémunérations existantes et à venir devront être demain réservés à ceux qui s'inscrivent dans ce nouveau modèle de coopération. Je souhaite également proposer aux professionnels volontaires d'aller plus loin, plus vite, d'opter pour une rémunération qui passe complètement de l'acte à un forfait de prise en charge des populations sur leur territoire. C'est la logique dans laquelle nous devons nous engager et, plutôt que de contraindre, je veux que nous puissions fortement encourager ceux qui se mettront dans cette dynamique de manière proactive.

C’est donc sur cette base que je souhaite laisser se déployer les initiatives sur le territoire. Il appartiendra ensuite de définir, dans les futures négociations conventionnelles avec les professionnels de santé, les termes de ce nouveau pacte et je souhaite qu'ils y parviennent car une telle réforme est toujours plus forte quand elle procède d'un accord plutôt que d'une loi. Et je pense que c'est l'esprit de ce qui a été travaillé depuis le mois de février dernier et de la philosophie que je porte ici devant vous. Nous avons tous intérêt à œuvrer pour mettre en mouvement notre système de santé dans cette direction. A cet égard, il n'est plus possible non plus qu'en situation d'urgence le patient ne sache pas à qui s'adresser et que l'on finisse toujours, comme je le disais, à l'hôpital surchargeant des services qui devraient se concentrer sur les difficultés vitales.

Nous avons ici l'exemple le plus emblématique de nos dysfonctionnements et de la nécessité de repositionner l'hôpital à sa juste place. Nous devons inverser à cet égard cette spirale d'engorgement des services d'urgence hospitaliers qui accueillent nuit et jour des urgences vitales, mais aussi beaucoup de patients qui pourraient être pris en charge en consultation. On estime qu'au moins un passage aux urgences sur cinq relèverait d'une consultation de médecine générale ou parfois, d'ailleurs, ces mêmes actes pourraient être faits dans une structure plus légère : un plateau technique de radiologie, de suture ou d'analyses médicales, on le sait bien aussi. Mais pourquoi aujourd'hui se rend-on aux urgences quand on pourrait se rendre aux consultations ? Ça n’est pas par plaisir évidemment, mais presque par réflexe, comme une évidence que nous avons laissée s'installer ces dernières années et le plus souvent aussi pour une raison de disponibilité. C’est qu’on ne trouve plus de médecins hors de l'hôpital en fin de journée ou tôt le matin et parfois pour une raison financière : c'est qu'on n'a pas besoin de faire l'avance de frais.

Les urgences non vitales doivent donc pouvoir être prises en charge en ville par les professionnels organisés dans leur communauté professionnelle, en lien avec leur hôpital de proximité, ils devront s’organiser collectivement pour assurer une permanence de soins non programmés de jour, tous les jours jusqu’à 20h00.

Initialement, moi j’étais pour dire jusqu’à 22h00, mais on m’a dit que j’ouvrais une guerre absolument impossible si on disait jusqu’à 22h00, donc je suis raisonnable et j’ai dit 20h00, mais ce serait formidable si on pouvait trouver un accord jusqu’à 22h00 sincèrement. Parce que quand on regarde les chiffres des urgences, il y en a énormément entre 20h00 et 22h00, donc j’ai fait confiance à la ministre, au directeur de la CNAM, à l'ensemble des professionnels qui auront cette négociation à conduire, je suis persuadé qu'on peut trouver une solution intelligente jusqu'à 22h00. Mais j'ai dit jusqu'à 20h00 aujourd'hui.

Alors il est évident que les médecins seront rémunérés pour cela et qu'il faudra également organiser, comme à l'hôpital, l'avance de frais pour les patients donc il faut changer le système, je ne suis pas en train de dire qu’il faut pousser les gens à avoir avec la même organisation, les mêmes contraintes, cette permanence de soins. Je suis en train de vous dire que justement on va pousser les gens à mieux s'organiser, on va les accompagner financièrement, les aider à ce qu’ils soient mieux rémunérés quand ils s'organisent, qu’ils aient les assistants médicaux et pour ceux qui font la permanence de soins, qu’il y ait une vraie incitation et donc qu'on les aide là aussi dans leurs équipements et la rémunération.

Dans les territoires où la situation des urgences hospitalières est la plus critique, je souhaite vraiment que cette organisation des soins non programmés, comme on dit, et donc des urgences de villes, soit mise en œuvre au plus tard en 2020. En parallèle nous devons rendre les services d'urgence beaucoup plus réactifs aux urgences vitales. Notre système, on l'a vu, n'est pas toujours aussi efficient qu'il devrait l'être et ne garantit ni la qualité, ni la rapidité de prise en charge en tous points du territoire. Et là-dessus je veux avoir un mot pour toutes celles et ceux qui font tourner nos systèmes d'urgences, si nous avons eu des cas qui ont parfois défrayé la chronique, ça n'est pas leur faute, c'est la faute de notre organisation. S'ils n'étaient pas là jour et nuit pour déjà faire tourner le système, pour déjà assurer chaque jour l'excellence d'un système tel qu'il existe et le fait de pouvoir subir à la fois le stress extrême de celles et ceux qui se présentent aux urgences comme la qualité de ces soins, nous n'aurions même pas le luxe d'en parler.

Et donc ils sont les premières victimes de cette organisation aujourd'hui insatisfaisante, dont je veux avoir un mot pour toutes celles et ceux qui sont ou régulateurs, ou personnels soignant dans nos urgences, on les a parfois stigmatisé dans les débats récents, il appartiendra de définir des responsabilités, mais s'il y a une première responsabilité, c'est la nôtre, il ne faut pas se défausser sur tel ou tel.

Alors ce sujet est éminemment complexe, je sais que plusieurs travaux sont en cours sur en particulier le numéro unique d'appel d'urgences notamment, des propositions ont été faites par les représentants des urgentistes, des pompiers, des parlementaires et d'ici à la fin de l'année la décision sera prise sur la base des propositions qui seront faites dans les prochaines semaines par les ministres de la Santé et de l'Intérieur. Mais je suis bien conscient de l'importance de ce sujet et de la réorganisation à laquelle nous devons procéder sur ce point.

Enfin la troisième orientation que je voulais partager avec vous pour construire ce système autour du patient, c'est de lui garantir la qualité des soins, quel que soit l'endroit où il vit sur le territoire. Nous devons là-dessus sans tabou nous attaquer à la question de cette qualité des soins parce que c'est une hypocrisie de dire quelle est la même sur tout le territoire français. Une hypocrisie, on le sait bien, elle est liée à l'endroit où l'on vit, aux accidents qu'il y a pu avoir dans l'organisation de l'offre de soins, au réseau dont on dispose, aux passe-droits qu'on peut activer pour avoir accès le plus vite possible ou aux meilleurs professionnels et donc nous avons une manière bien française de traiter la problématique des files d'attente, c'est que nous avons organisé des passe-droits et des systèmes parallèles qui fonctionnent bien et pour celles et ceux qui sont les mieux placés dans le système, le rend viable mais qui pour le moins ne règle pas la situation d'une très large majorité de nos concitoyens.

Et là-dessus nous devons remettre les choses à l'endroit. Les hôpitaux et les cliniques de proximité doivent faire bien davantage de soins de proximité. Les établissements de pointe doivent se concentrer sur les soins de pointe et je sais d'ailleurs qu'une réflexion est engagée au sein de vos conférences sur l'avenir du modèle hospitalo-universitaire, la performance de la recherche et l'innovation en santé pour aboutir à des propositions d'ici vos assises de décembre qui coïncideront avec l'anniversaire des 60 ans de l'acte constitutif des CHU par les ordonnances dites Debré de décembre 1958. Mais pour le dire de manière concrète, je préfère qu'un patient subissent une opération lourde à 50 kms de chez lui, avec le plus haut niveau de qualité, s'il peut ensuite faire sa rééducation, son suivi postopératoire au plus près de chez, entouré de ses proches dans un établissement de proximité. Lui faire croire qu'il pourra avoir cette chirurgie de pointe dans son établissement de proximité est faux, faire croire que cet établissement de proximité parce qu'il est de proximité doit être fermé est aussi faux, parce qu'on en a besoin pour organiser justement cette offre au plus près du terrain.

Et donc à ce titre chaque hôpital devra se concentrer sur les soins pour lequel il est le plus pertinent. L'organisation des activités des établissements s'adaptera donc selon trois niveaux redéfinis, le soin de proximité avec la médecine, la gériatrie, la réadaptation, les soins non programmés ; les soins spécialisés avec la chirurgie, la maternité, la médecine spécialisée et les soins ultra spécialisés ou les plateaux techniques de pointe.

Pour les établissements publics cette gradation des activités continuera de s'organiser autour des groupements hospitaliers de territoires qu'il faut continuer à développer mais, je souhaite que cette répartition des activités de la proximité à l'ultra spécialité concerne aussi le secteur privé et que les établissements publics comme privés puissent ainsi développer des plateaux techniques partagés, s'associer dans le cadre d'un projet de santé de territoires pour répondre aux besoins des patients sans concurrence inutile et néfaste.

On a encore aujourd'hui trop de territoires où on bloque des projets d'installation d'équipements de pointe parce qu'il y a des jeux de concurrence entre le secteur public et le secteur privé, où on ne répond pas aux besoins, où on n'a pas la bonne organisation on pense qu'on va tout faire à tous les niveaux jusqu'au moment où ça casse et où on ferme totalement la structure de proximité.

Je crois que si on arrive à réorganiser les choses autour de cette gradation, de ces trois niveaux, et qu’on acte ce principe, nous pouvons utilement avancer dans une meilleure qualité de l’offre de soins. Ainsi, certaines activités médicales devront être renforcées en proximité quand d’autres devront se concentrer dans les établissements experts. Certaines activités devront fermer à certains endroits quand des plateaux techniques sous-utilisés deviennent dangereux ou que l’absence de médecin qualifié ne permet pas de les sécuriser. Mais ces structures-là pourront être réutilisées soit pour des services de proximité ou de premier niveau, soit pour du suivi postopératoire au plus près de la famille et pour décharger aussi des structures de pointe de la période postopératoire. Je ne souhaite pas qu’on ferme un service, un établissement pour des raisons financières mais je ne laisserai pas non plus ouvert un service dans lequel aucun d’entre vous n’enverrai ses enfants.

Je demande ainsi à la Ministre de la Santé, mais je sais que les concertations ont déjà commencé sur ce sujet, de définir un statut moderne et attractif pour les hôpitaux de proximité, ce qui doit être une priorité des prochains mois. Tous les établissements auront à se repositionner et seront concernés par cette transformation de l’offre, du plus petit hôpital local à la grande AP-HP, et ces travaux devront évidemment associer l’ensemble des acteurs, l’ensemble de l’offre de soins – médecine libérale, privée, secteurs associés au service public – et évidemment les élus locaux.

L’accès à la qualité des soins, c’est aussi s’attaquer plus fortement aux actes non pertinents et faire évoluer le mode de financement pour valoriser la qualité des parcours des patients. Je l'ai déjà dit, je veux que nous sortions d’une espèce de système qui a montré toutes ses limites, qui favorise la course à l'acte et l'activité, qu'incarne aujourd'hui la fameuse T2A, au profit d'un financement qui favorise la prévention, qui soutient la coopération entre les professionnels et qui remette la qualité comme premier objectif des prises en charge. Comme je m'y étais engagé, dès 2019 l'incitation financière à la qualité sera nettement augmentée dans les établissements hospitaliers. Elle passera d'une enveloppe de 60 millions d'euros aujourd'hui à 300 millions d'euros. De plus, dès 2019, nous amorcerons la bascule vers une proportion plus importante de financement à la qualité en créant un financement au forfait pour deux pathologies chroniques : le diabète et l'insuffisance rénale chronique en lieu et place de la tarification à l'activité.

D’ici à 2022, ce système de tarification plus incitative au parcours et à la qualité des soins sera devenu la composante principale du financement de la ville et de l'hôpital et nous en aurons fini avec la tarification uniquement centrée sur l'activité qu'il s'agisse de la T2A d'une part ou l'exclusivité du paiement à l'acte. Cet accès à la qualité des soins, c'est aussi enfin et surtout permettre au personnel soignant de retrouver un environnement de travail apaisé et une juste revalorisation de leur travail singulièrement à l'hôpital.

Le chemin sera long pour inverser le cercle vicieux que j'évoquais tout à l'heure. Cette transformation doit être accompagnée au plus près des équipes soignantes. L'hôpital, je l'ai dit à plusieurs reprises, est en première ligne des transformations du système de santé et a connu une pression budgétaire très forte ces dernières années.

Dans ce contexte il faut s'interroger de façon plus spécifique sur les conditions d'exercice des professionnels hospitaliers pour redonner du sens à leur mission, des perspectives à leur carrière. L'accompagnement des parcours des soignants, de leur projet professionnel doit devenir une réalité dans tous les hôpitaux. La gestion en particulier des deuxièmes parties de carrière doit devenir un moment privilégié. C'est vrai dans tous les univers professionnels, cela l'est encore plus pour les soignants.

Cela suppose de réinvestir le dialogue social sur les organisations du travail et le développement des compétences. Il s'agira aussi de mieux former les personnes qui acceptent des responsabilités, de reconnaître par des mesures d'intéressement les fonctions d'encadrement, de management qu'il soit médical ou soignant, qu'il concerne le président de la commission médicale d'établissement ou les cadres de santé de proximité.

Les professionnels de santé sur le terrain attendent un encadrement plus souple, plus aidant et attendent que nous donnions les moyens à cet encadrement de faire ce travail. A l'hôpital on peut former de bons médecins, de bons gestionnaires, on peut aussi former des managers et je sais que les représentants des directeurs et des médecins et de l'ensemble des cadres en sont convaincus. Des décisions seront ainsi prises pour valoriser et rémunérer de nouvelles pratiques dites avancées pour les infirmières, maillon essentiel de nos équipes soignantes. Cette forme moderne d'exercice permettant à des professionnels paramédicaux de se voir reconnaître des compétences relevant réglementairement des médecins, souhaitée depuis plus de 10 ans est enfin possible.

Une attention particulière sera réservée aux aides soignantes, dont le cadre de compétences et de formation sera actualisé, afin de mieux répondre aux réalités de leur exercice. Les conditions d'emploi en seconde partie de carrière feront l'objet d'une réflexion spécifique et je confirme qu'un effort indemnitaire sera mis en œuvre en particulier pour les aides soignantes qui exercent dans les EHPAD.

En termes d'organisation de l'hôpital les choses doivent aussi être plus claires, je veux redonner toute sa place au service, car c'est l'espace de référence des soignants et le lieu de la prise en charge des patients. Non pas pour restaurer des bastions cloisonnés, je ne veux surtout pas rentrer dans le débat beaucoup trop complexe pour moi entre les services et les pôles, dont j'ai compris que je ne parviendrais pas à en saisir la substantifique moelle, mais il s'agit au contraire de promouvoir un cadre favorisant le sentiment d'appartenance à un collectif organisé dont les missions, les objectifs, les procédures sont connues et partagée.

Au fond en écoutant beaucoup de personnels soignants à l'hôpital j'ai été frappé d'une chose, c'est qu’ils ont eu le sentiment d'être un peu dessaisis de l'évolution de l'hôpital durant ces dernières années et les dernières réformes. Dessaisis parce qu'on a peut-être regroupées en voulant créer des complémentarités entre services et éloigner les décisions au niveau le plus proche des patients, éloigner parce qu’on a créé une administration de gestion qui a parfois aussi éloigné ou déresponsabilisé des personnels de santé. Et puis parfois les personnels de santé se sont peut-être installés aussi dans cet esprit-là en considérant que si c'était comme ça, ils n’avaient plus à être les co-acteurs de l'évolution de l'hôpital. Et on a peut-être affaibli collectivement la force qui est que c'est un collectif soignant à qui on doit donner toute la reconnaissance et les responsabilités qui vont avec.

Et donc pour cela je veux remettre le médecin au cœur de la gouvernance. Il faut renforcer la participation des médecins au pilotage stratégique en associant mieux la CME aux décisions médicales, la CME doit peser dans les décisions à l'hôpital et pouvoir d'ailleurs prendre une part de décision propre. Responsabiliser les praticiens dans la mise en œuvre des décisions implique qu'ils s'en sentent partie prenante et à ce titre des représentants des communautés professionnelles de territoire intégreront le conseil de surveillance de leur centre hospitalier de proximité partenaires. Les groupements hospitaliers territoires seront dotés d'une véritable commission médicale d'établissement dont les compétences seront élargies, mais je souhaite aussi que les médecins et leurs représentants puissent prendre une part plus active dans les décisions directes des hôpitaux. Et je souhaite que la possibilité déjà ouverte aux praticiens hospitaliers et au PU-PH de diriger des hôpitaux se réalise pleinement à l'occasion des prochaines nominations et puisse être plus massive.

Il faudra aussi moderniser le statut de praticien hospitalier pour donner plus de souplesse dans l'évolution de carrière et dans la diversité des modes d'exercice. Là aussi il faut faire tomber les cloisons, un médecin doit pouvoir facilement passer d'un exercice en ville à un exercice à l'hôpital et réciproquement et surtout combiner les deux par un exercice mixte qui devrait devenir de plus en plus fréquent.

Au fond beaucoup de barrières qu'on a installées ces dernières décennies doivent tomber, on a progressivement installé la barrière consistant à limiter la pratique non directement hospitalière des praticiens hospitaliers ou des PU-PH. Le résultat des courses est là, que les directeurs d'hôpitaux ou chefs de service présent cette salle disent combien de postes sont à pourvoir. Il y a 30 ans, c'était inenvisageable, inenvisageable, des postes les plus prestigieux ne sont plus pourvus à l'hôpital parce que la capacité de s'organiser librement, de peser dans la décision, d'être justement rémunéré quand on regarde les compétiteurs du secteur privé, n'est plus là et donc nous devons y répondre par ces réorganisations, en termes de capacité à décider et participer à la décision, en termes de capacité à s'organiser en faisant aussi tomber la frontière avec l'organisation, avec la ville et le libéral.

A ce titre la diversité de l'existence de l'exercice médical n’est la plupart du temps ni valorisée, ni reconnue et il faut que l'ensemble des missions du praticien hospitalier, clinique, non clinique, managérial, institutionnel, recherche, enseignement, innovation soit reconnu statutairement et intégré dans les obligations de service. C'est le meilleur gage d'une implication durable dans le fonctionnement de l'institution hospitalière.

Et cette réorganisation autour de la qualité pour la qualité est d'autant plus indispensable qu'il s'agisse de l'hôpital comme des structures privées, que nous avons aujourd'hui une vraie révolution en termes d'innovation à conduire. Et que nous allons conduire là aussi dans nos choix budgétaires et industriels. Les prochaines années se feront en ayant une stratégie claire du médicament, qui a été annoncée en juillet dernier aux professionnels. Il faut leur donner de la visibilité, axer nos financements sur l'innovation mais nous pouvons devenir ou plutôt redevenir une grande terre d'innovation en médicaments. Si nous nous en donnons les moyens et nous pouvons là aussi le faire, nous avons tous les moyens de devenir un des champions de l'intelligence artificielle en médecine, des dispositifs médicaux à l'organisation du système de soins. Nous avons un avantage notre jacobinisme, la concentration dans les mêmes structures de toutes les informations de santé dans un cadre régulé, protecteur des intérêts individuels est une chance incomparable, seuls les Chinois qui sont moins respectueux des libertés individuelles ont une telle organisation centralisée. Quasiment aucun autre pays n'a cette capacité de croiser les données de santé des concitoyens à des fins thérapeutiques et dans un cadre totalement surveiller, c'est inédit. Nous avons de l'excellence de recherche dans les organismes CNRS, INSERM, dans nos CHU, dans les structures de recherche privée, dans les start-up de la biotechnologie, cette révolution nous devons aujourd'hui la saisir. Et elle rend encore plus impérieuse la transformation que j'évoquais de notre système autour de la qualité parce que c'est ce qui permettra à nos professionnels de santé aussi bien à l'hôpital que dans les structures privées et par ce partenariat que je veux refonder, de travailler ensemble et d'être les acteurs, aussi les coproducteurs de cette innovation collective.

Ça n'est pas d'un discours misérabiliste dont notre santé a besoin, c'est un discours d'ambition. Nous n'allons pas à revenir à 1958, nous avons à inventer les 50 prochaines années notre système de soins, avec des vraies forces que j'ai rappelées, des défis qu'il nous faut relever par l'intelligence collective et quelques décisions, mais nous avons à inventer un système de santé qui advient. Nous pouvons le faire si nous nous donnons ces moyens.

Alors certains sceptiques douteront peut-être et je terminerai sur ce point pour conclure, pourquoi réussirions-nous aujourd'hui ? D'abord parce qu’on est plus fort de ce qu'on n'a pas réussi et beaucoup de choses ont été tentées, peut-être de manière parcellaire, ont parfois bloqués, mais je crois qu'aujourd'hui nous sommes à un niveau de maturité du constat qui est évident. Nous sommes à un niveau de souffrance dans certains services, dans certaines parts de notre pays qui est réel et tangible. Et comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, moi je ne crois pas aux réponses uniquement curatives ou symptomatiques, je ne crois pas que la réponse à ce que nous vivons dans nombre de nos territoires soit simplement de dire, remettez de l'argent en plus, ne changez rien au système, il faut simplement de l'argent public, c'est le seul problème. C'est faux, c'est tout ce qu'on vient de se dire et je crois que la maturité de tous les acteurs, notre maturité collective, fait que nous pouvons aujourd'hui le faire et que c'est d'ailleurs un peu cette dynamique qui a toujours animé notre pays.

Je l'ai souvent dit, on me l'a parfois reproché, la France n'est pas un pays qui se reforme par petits pas, ce n'est pas sa culture politique sociale profonde. C'est un pays qui fait des grandes transformations, qui font de notre pays un pionnier, un leader dans tel ou tel secteur et qui ensuite quand les difficultés adviennent, s'enferme dans la certitude que la grande transformation fait 30 ans plus tôt était la bonne et qu'il a toujours raison, jusqu'à ce que l'évidence advienne. L'évidence est là.

Donc il ne s'agit pas de faire un énième petit pas et c'est bien pour ça que je pense que nous pouvons le faire et le réussir. Il s'agit de construire une transformation en profondeur qui va nous amener les uns et les autres à changer les réflexes, les habitudes et je crois que c'est ce que vous attendez de nous et au fond de vous-mêmes.

Nous savons où nous voulons aller et nous irons en investissant parce que nous pensons que cet horizon permettra justement de mieux prévenir, d'avoir une meilleure qualité de soins, d'avoir un système centré autour du patient.

Alors je m'étais engagé à un ONDAM, comme on dit, de 2,3 % pour le quinquennat, ce qui était un véritable effort, mais au prorata de ce qui est demandé aux collectivités territoriales et l'Etat, légitime, mais j'ai conscience que compte tenu de la transformation que nous évoquons, il nous faut investir aujourd'hui pour répondre à des problématiques de court terme que nous connaissons, qu'il s'agisse de la situation des hôpitaux en Outre-mer, de l'AP-HP, de l’AP-HM ou des établissements psychiatriques où nous savons, nous avons des situations d'urgence qui appelleront de toute façon là des mesures d'urgence. Mais nous avons aussi à financer dès l'année prochaine le recrutement des assistants médicaux, la constitution de ces communautés professionnelles, la rémunération des nouvelles infirmières de pratiques avancées et tout ce que je viens d'évoquer.

C’est pourquoi nous concentrerons une part supplémentaire du plan d’investissements d’avenir sur les sujets de santé et d’investissements de transformation et que nous avons décidé de pousser l’ONDAM à 2,5 % et donc d’investir 400 millions d’euros supplémentaires sur ces priorités pour l’année prochaine.

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lundi 17 septembre 2018

RDC: Felix Tshisekedi et ses boulets: Talibans, Kulunas et ethno-tribalistes !

Felix Tshisekedi Tshilombo, président de l'Udps

Un Président de la République (PR) doit être un Rassembleur et Fédérateur. Le fils à papa Etienne Tshisekedi ne s’assoira jamais sur le trône du Congo, uniquement élu par des membres de sa tribu. C'est ce que n'a pas compris encore Felix Tshisekedi Tshilombo, il est congolais et doit se faire élire pour tous les congolais. Etre candidat Président de la République, c'est être demandeur d'emploi auprès de son peuple, en occurrence du peuple congolais. Pour y accéder, il y a des critères opposables à tous édictés par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), pour le cas de la République démocratique du Congo, qu'il faut remplir. Et être leader politique, c'est savoir canaliser et orienter ses partisans et courtisans. Or Felix Tshisekedi Tshilombo élu président de l'Udps, à main levée nuitamment comme à la Douma soviétique, ne contrôle rien et se donne même pas la peine. Ses Talibans, Kulunas et ethno-tribalistes envahissent les réseaux sociaux pour invectiver avec violences, lancer des pics et Fatwa, injurier nuits et jours, insulter à longueur des journées, tous ceux qui tentent de critiquer l'inaction et la vision alambiquée du fils à papa. Pire, des journalistes et activistes politiques sont menacés de mort !

Les Congolais avaient adopté l'Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) parce qu'elle a toujours parlé de démocratie et d'Etat de droit. En 32 ans, beaucoup d'eau est passé sous le pont, de 13 parlementaires, Etienne Tshisekedi était demeuré le seul icône vivant de ce parti. Le virage à 8000 ° du parti vers le tribalisme décomplexée, affichée et assumée a fait perdre à ce parti son aura d'antan. D'un parti national regroupant tous les Congolais, l'Udps s'est recroquevillé, il devenu au fil des ans, un parti familio- tribalo ethnique. Le comble est que des extrémistes ont pris en otage ce parti. Ils œuvrent à l'imbéciliation des masses populaires. Il ne faut pas émettre une seule critique sur l'Udps ou de Felix Tshisekedi Tshilombo sous peine des menaces, fatwa ! Ceux qui invectivent les autres compatriotes ne sont jamais interpellés.

Comment prendre que des Kulunas du net puissent menacer de mort le patriarche Julien Ciakudia ? Comment des extrémistes Kasaïens peuvent-ils oser s'attaquer à d'autres Kasaïens ? Faut-il que des Kasaïens se tuent pour l'Udps ? Tout celui qui critique Felix Tshisekedi est affublé des injures et qualificatifs: haineux, jaloux, orgueilleux... Ces médiocres Talibans écervelés n'ont que des injures. Pourquoi Felix Tshisekedi ne lève pas son doigt pour calmer ses chiens enragés ?

Contrairement à Felix Tshisekedi Thilombo vrai fils du pays, l'imposteur et usurpateur Alias n'a jamais parlé de son diplôme universitaire, ni de son baccalauréat, ni de son certificat d'étude primaire, ni où il a été en maternelle ! Avec sa barbe du génocidaire Léopold II roi des Belges, le barbu de Kingakati trône par défi. Catapulté par la mafia internationale pour piller les ressources du Congo, Alias Joseph Kabila ne dit rien sauf qu'il a sa kalachnikov en bandoulière et de plus en plus il se met en tenue militaire comme Fidel Castro. Dire qu'Alias Joseph Kabila n'a jamais été à l'école est un fait. En 17 ans de règne, Alias Joseph Kabila a entraîné le Congo dans un trou noir sans fin. Mais le fait qu'Alias Joseph Kabila n'a jamais étudié obligé-t-il Felix Tshisekedi à présenter un faux diplôme ? C'est ça l'Etat de droit de l'Udps ?

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vendredi 14 septembre 2018

Funérailles de Kofi Annan, Antonio Guterres rend hommage à un dirigeant exceptionnel

Aux funérailles de l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, ce jeudi à Accra, au Ghana, son pays d'origine, son successeur actuel, António Guterres, a rendu hommage à un "dirigeant exceptionnel".

"Kofi Annan était à la fois unique et l'un des nôtres", a dit M. Guterres dans un discours.

"C'était un dirigeant mondial exceptionnel - et c'était aussi une personne dans laquelle presque tout le monde pouvait se reconnaître (...) Comme peu de nos jours, Kofi Annan pouvait rassembler les gens, les mettre à l'aise et les réunir vers un objectif commun pour notre humanité commune".

"Il avait cette voix douce, cette cadence qui faisait sourire et penser à de la musique. Mais ses mots étaient fermes et sages. Et parfois, plus la situation était grave, plus cette voix était douce", a ajouté l'actuel chef de l'ONU.

Décédé samedi 18 août 2018, à l'âge de 80 ans, Kofi Annan a été à la tête de l'ONU de janvier 1997 à décembre 2006.

Premier secrétaire général issu des rangs des fonctionnaires de l'organisation mondiale, il a débuté sa carrière onusienne en 1962. Il a notamment été en poste à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Genève, à la Commission économique pour l'Afrique (CEA) à Addis Abeba et a dirigé le Département des opérations de maintien de la paix à New York.

Sa veuve, Nane Annan, a parlé avec éloquence des liens étroits de son mari avec le Ghana et de la façon dont "il était toujours excité de rentrer chez lui". "Lorsqu'il arrivait, il aspirait l'air" et "semblait si heureux et satisfait", a-t-elle raconté lors des funérailles, soulignant la "force intérieure" de son défunt mari.

"Puisses-tu reposer en paix et que ta sagesse et ta compassion continuent à nous inspirer et à nous guider", a-t-elle conclu.

"Kofi Annan était courageux", a déclaré M. Guterres. "Et comme son prédécesseur Dag Hammarskjold, il avait un sens presque mystique du rôle des Nations Unies en tant que force du bien".

Selon le secrétaire général, cela s'est traduit par "un bilan remarquable", prenant pour l'exemple l'initiative des Objectifs du millénaire pour le développement. "Il a ouvert les portes des Nations Unies, rapprochant l'Organisation des gens du monde entier et nouant des contacts avec de nouveaux partenaires pour protéger l'environnement, défendre les droits de l'homme et lutter contre le VIH/sida et d'autres maladies mortelles", a-t-il souligné.

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jeudi 13 septembre 2018

Heineken, corruptive, prédatrice et dépravante en Afrique

Le journaliste d’investigation Olivier van Beemen revient sur les compromissions et dérives du groupe néerlandais en Afrique. Un livre qui dévoile la corruption, prédation et dépravation des mœurs d'Heineken en Afrique. La bière qui enivre, soûle de peuples africains pour mieux contribuer à détruire le continent. Réveil FM International l'interview du Monde à l'auteur de l'ouvrage.

Les Africains raffolent de la bière, qu’elle soit brune ou blonde et même s’ils en boivent proportionnellement moins qu’ailleurs dans le monde. Les sociétés brassicoles, qui comptent sur le développement de la fameuse classe moyenne africaine, le savent et se frottent les mains. Car grâce à des coûts de production plus faibles que sur d’autres continents, la bière rapporte en Afrique près de 50 % de plus qu’ailleurs. Certains marchés, comme le Nigeria, sont parmi les plus lucratifs du monde.

Heineken, deuxième brasseur mondial, est présent sur le sol africain depuis plus d’un siècle et dispose aujourd’hui d’une cinquantaine de brasseries réparties dans seize pays. Après un premier ouvrage sur le groupe néerlandais en 2015, le journaliste d’investigation Olivier van Beemen, collaborateur du Monde Afrique, publie Heineken en Afrique, une multinationale décomplexée (éd. Rue de l’Echiquier). Son enquête montre des pratiques immorales et douteuses en termes de management, de marketing et de développement.

La République démocratique du Congo, est l’un des pays les plus pauvres et les moins stables de la planète, elle est un marché important et souvent lucratif pour Heineken. Lors de la guerre civile de 1998-2003, le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale, Bukavu, au Sud-Kivu, fut occupée par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), un mouvement rebelle soutenu par le Rwanda qui avait pris le contrôle d’une grande partie du nord et de l’est du pays.

La ville connut de nombreux pillages, mais la brasserie Bralima, filiale congolaise de Heineken, fut épargnée. « Les rebelles savaient que la bière devait continuer de couler. Ils voulaient montrer que la vie suivait son cours, et la bière en fait partie », souffle un cadre présent au moment des événements. En RDC, on entend parfois qu’on peut bombarder un hôpital, mais pas une brasserie.

Heineken fit preuve de pragmatisme : la multinationale traita les rebelles comme s’ils étaient les dirigeants légaux et continua de payer ses impôts. Par ailleurs, l’entreprise prit prétexte de la guerre pour réaliser d’importantes économies de personnel même si les chiffres des ventes restaient excellents, selon des sources internes. Dans le droit congolais, les licenciements collectifs doivent recevoir le feu vert des autorités. Entre 1999 et 2002, Heineken l’a obtenu à plusieurs reprises des autorités sous contrôle des rebelles. D’autres employés ont été forcés à prendre une retraite « volontaire ».

Ces licenciements massifs d’au moins 150 employés (un tiers de ses effectifs à Bukavu) sont en contradiction flagrante avec les principes affichés par Heineken : le brasseur justifie habituellement son maintien dans une zone de conflit pour s’occuper avant tout de son personnel, qu’il n’entend pas abandonner dans de telles circonstances. Or dans Bukavu occupée par les rebelles, la multinationale a remplacé une partie de son personnel qualifié par des travailleurs journaliers, moins coûteux.

Vous avez enquêté dans douze pays d’Afrique. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?

Olivier van Beemen: J’ai été marqué par l’immense écart qu’il y a entre ce que Heineken prétend être et ce qu’elle est réellement. Cette société prétend participer au développement économique du continent, mais elle y réalise des profits qui sont largement supérieurs à la moyenne. Depuis plus d’un siècle, elle y gagne des milliards. Heineken fait savoir que l’Afrique est un continent difficile, qu’y faire du business est compliqué à cause de l’instabilité politique, du manque de main-d’œuvre et d’infrastructures. Mais tout ce qui est présenté comme un obstacle est en réalité un avantage pour une multinationale. Cela lui permet d’augmenter ses marges et d’influencer plus facilement les gens. En Afrique, Heineken a une politique très cynique.

Vous expliquez que la multinationale a prospéré sur fond de corruption et de soutien à certains régimes, notamment au Rwanda pendant le génocide des Tutsi en 1994…

Olivier van Beemen:La multinationale a continué de produire de la bière pendant les massacres. La Primus, la marque produite par Heineken au Rwanda, permettait aux Interahamwe, les milices hutu, d’être ivres. Il suffit de lire Une saison de machettes, de Jean Hatzfeld, pour comprendre à quel point cette bière servait de motivation pendant les tueries et de récompense après. Par ailleurs, Heineken a continué de payer des taxes au régime génocidaire.

Mais la firme était-elle en mesure de stopper sa production ?

Olivier van Beemen: Un porte-parole de Heineken a répondu dans un journal néerlandais de l’époque que cette offre de production répondait à une demande. Plusieurs sources, dont un technicien, m’ont assuré que si Heineken avait réellement essayé de cesser la production au printemps 1994, elle aurait sans doute pu le faire. Mais elle n’a jamais essayé. Jean Louis Homé, directeur Afrique de la société à cette date, a indiqué dans son ouvrage Le Businessman et le Conflit des Grands Lacs qu’il y avait un contact quotidien entre les techniciens rwandais et la direction de la société, alors basée à Goma [en République démocratique du Congo, RDC]. La brasserie n’était pas autonome, livrée à elle-même, comme le prétend aujourd’hui Heineken. Des Rwandais seuls n’auraient pas pu faire tourner la production.

En RDC, vous expliquez que des vendeuses ont été contraintes à des actes sexuels avec des responsables de la société. Sur quelles bases vous appuyez-vous ?

Olivier van Beemen: J’ai rencontré plusieurs de ces femmes et même des responsables de l’époque. Par d’autres sources, j’ai également obtenu des documents confidentiels. Il y est écrit que la firme était au courant de ces dérives sexuelles, mais rien n’a été entrepris pour y mettre un terme.

Vous écrivez aussi qu’au Nigeria des milliers de prostituées ont été formées pour inciter leurs clients à boire des bières de marque Legend…

Olivier van Beemen: Festus Odimegwu, le directeur général de la filiale de Heineken au Nigeria dans les années 2000, m’a raconté cette histoire et il en était très fier. Il a en effet boosté les ventes de la marque Legend, alors moribondes, en mettant en place des formations pour les prostituées. Celles-ci devaient expliquer à leurs clients qu’ils seraient sexuellement plus performants en buvant de la Legend plutôt que de la Guinness, sa principale concurrente. Près de 2 500 travailleuses du sexe ont ainsi été formées. Le système était très efficace puisque les barmans percevaient aussi des commissions en fonction du nombre de capsules de Legend qu’ils rapportaient. Cette politique commerciale est toutefois assez répandue en Afrique.

Vous décrivez les liaisons dangereuses qui existent parfois entre Heineken et certains gouvernements. Peut-on dire qu’elles sont fréquentes ?

Olivier van Beemen: Heineken préfère rester en dehors des affaires politiques. C’est risqué en termes d’image et en cas d’alternance du pouvoir, les affaires peuvent se compliquer. Mais il peut y avoir des cas particuliers. L’exemple le plus flagrant est celui du Burundi. Dans ce pays, Heineken possède 59 % du capital de la brasserie locale Brarudi et l’Etat détient le reste. En 2015, le président Pierre Nkurunziza a remis son sort entre les mains de la Cour constitutionnelle pour obtenir le droit de se présenter à un troisième mandat. Il a alors nommé Charles Ndagijimana, le président de la Cour, au sein du conseil d’administration de la brasserie. Puis, lorsque la Cour a rendu un avis positif concernant le troisième mandat, M. Ndagijimana a été propulsé président du conseil d’administration de Brarudi, où il perçoit environ 30 000 euros pour quatre réunions annuelles. Quand j’ai interrogé Roland Pirmez, directeur Afrique de Heineken, sur cette affaire, il m’a répondu : « Nous avons émis des réserves mais nous n’avons rien pu faire de plus. »

Des millions de litres de bière sont consommés chaque soir dans les bars et les maquis. L’économie africaine en profite-t-elle ?

Olivier van Beemen: Oui, mais pas à la hauteur de ce qu’elle devrait. Heineken pratique l’optimisation fiscale grâce à une agence basée en Belgique et uniquement destinée au continent. Cette société nommée Ibecor [pour International Beverages Corporation] est un prestataire logistique. D’anciens employés m’ont expliqué qu’elle facturait parfois dix fois plus cher certains services. Cette surfacturation permet de rapatrier des bénéfices en Belgique afin qu’ils ne soient pas taxés en Afrique.

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jeudi 6 septembre 2018

RDC: Bemba contraint d'accepter l'inacceptable pour la seconde fois !

Jean-Pierre Bemba Gombo

Jean-Pierre Bemba n'a jamais compris que son seul vrai allié c'est le peuple congolais qui est le souverain primaire. Il n' a pas d'alliés politiques. La plupart ne sont que des politicailleurs ventristes et concurrents qui sont à la mangeoire du régime. Et ce n'est pas avec une élite congolaise corrompue qu'il arrivera un jour sur le trône. Il est désormais clair que le vrai dauphin d'Alias Joseph Kabila c'est Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi du UNC. Emmanuel Ramazani Shadary n'est qu'un fretin putatif ! Tant que les politicailleurs congolais vont légitimer le régime d'imposture et d'occupation par des élections "boutiquées", ils n'auront que leurs yeux pour pleurer. Tant que les politiciens congolais ne comprendront pas que la diaspora constitue l'une des provinces de la République démocratique du Congo et qu'elle droit au vote à l'instar des autres diasporas dans le monde, ils ne seront que le dindon de la farce d'un régime dictatorial qui sévit et exclu.

L'inique décision de la Cour Constitutionnelle est un coup de massue sur Jean-Pierre Bemba ! Tient-il toujours debout ou est-il déjà KO ? Le président du MLC, Jean-Pierre Bemba Gombo est-il malchanceux et homme seul ? Pourquoi son invalidation pose-t-elle plus problème que les autres candidats ? L'ancien vice-président du gouvernement de transition 1+4=0, est un poids lourd de la politique congolaise mais qui est malmené par un Kadogo-imposteur-sans papiers, qui est arrivé avec des bottes de jardinier et une kalachnikov en bandoulière. Le MLC est-il une coquille vide, sans penseurs ni stratèges ? A qui profite l'éjection de Jean Pierre Bemba par la Cour constitutionnelle ? Quels sont les plans B, C, D...Z depuis l'invalidation de la candidature de Bemba à la Corrompue Commission Électorale Nationale puis par l'inféodée Cour Constitutionnelle ? Que doit faire Bemba, soutenir un candidat commun de l'opposition ou boycotter les élections "boutiquées" d'Alias Joseph Kabila ? Jean-Pierre Bemba est mis KO par la Cour Constitutionnelle. A qui faire le recours ? Au peuple congolais souverain. C'est véritable lui qui peut le porter sur le trône. Mais pas dans une République démocratique du Congo occupée où des mafieux, imposteurs, criminels et autres bandits de grand chemin ont pris en otage toutes les institutions de la République.

Jean-Pierre Bemba n'est pas chanceux. La majorité des cadres de son parti le MLC ont traversé la rue et sont à la mangeoire du régime. Le MLC actuel, vivote, végète, tangue...sans vraiment du répondant face aux entourloupes du régime d'imposture. Où sont donc tous ces Kinois qui sont sortis dans la capitale congolaise pour accueillir Jean-Pierre Bemba à son retour à Kinshasa après dix ans à La Haye ? Pourquoi Eve Bazaïba et Edouard Mokolo ont-ils convaincu Jean-Pierre Bemba d'aller au sénat illégitime, sans mandat, pour qu'il récupère son siège de sénateur ? Comment le MLC avec Eve Bazaïba pouvait-il espérer gagner à la Cour Constitutionnelle pour Bemba ?

Jean-Pierre Bemba est victime de trop d'injustices à lui de savoir y répondre. Lors de l'élection Louis Michel 2006, le débat démocratique qui devrait l'opposer à Alias Joseph Kabila, a été annulé par "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi, président de la fameuse Haute Autorité des Médias (HAM). En récompense de cette infamie, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi a été nommé Rapporteur au Sénat...C'est d'ailleurs ce fourbe et roublard, qui a initié une loi d'impunité qui fera du barbu de Kingakati, le sénateur à vie, après 17 ans sur le trône du Congo. Après 10 ans de prison à La Haye, Jean-Pierre Bemba est rentré à Kinshasa le mercredi 1 Août 2018, accueilli par des kinois, il a passé la nuit à la belle étoile sur une chaise au GB, le régime l'a interdit d'accéder à la villa familiale car proche de la résidence présidentielle du barbu.

Le peuple congolais sans armes est le souverain primaire. Allez aux élections "boutiquées" avec des machines à voter et 10 millions d'électeurs fictifs constituant une réserve pour Emmanuel Ramazani Shadary, c'est déjà perdu d'avance.

Encourager un candidat de l'opposition avec des machines à voter et 10 millions de faux électeurs pour Emmanuel Ramazni Shadary, c'est plié d'avance.

Ne pas aller aux élections, c'est accepter que des imposteurs illégitimes continuent à diriger le pays par défi. Quoi faire ? Il faut que le peuple congolais puisse refuser d'être considéré comme des "Moutons de Panurge" qui vont à l'abattoir sans crier. Le peuple congolais doit s'assumer et se prendre en charge.

Jean-Pierre Bemba n'a pas une équipe solide. Les libéraux Belges qui le soutiennent, ce sont les mêmes libéraux avec Louis Michel qui ont placé l'imposteur Alias Joseph Kabila sur le trône du Congo. Jean-Pierre Bemba doit trouver les clés du pouvoir seul. Il descend à Kinshasa, ne prend même pas la peine lui un fils du pays de rencontrer les chefs Téké Humbu. Et pourtant, l'imposteur-usurpateur Alias Joseph a sa ferme à Kingakati sur le plateau de Bateke. Lui-même et Olive Lembe sont des habitués de Kamba dans les terres de Simon Kimbangu. Ils y vont avec des présents pour être acceptés. Jean-Pierre Bemba est allé à Gemena pour s'incliner devant la tombe de son père Jeannot Bemba et membres de sa famille. Pas un mot sur des milliers de Congolais qui sont morts pendant les dix ans de son incarcération à La Haye, ni même une minute de silence pour eux et en leur mémoire ! Comment veut-on diriger le Congo si on n'a aucune considération pour ses compatriotes ?

Jean-Pierre Bemba devrait réécouter nos deux hymnes nationaux: Debout congolais et la Zaïroise, les deux ont été écrits écrient par le Révérend Père Simon-Pierre Boka, composé par Joseph Lutumba. Debout Congolais a été adopté l'année de l'indépendance du pays en 1960, tandis que la Zaïroise en 1971.

Dans les deux hymnes, le Révérend Père Simon-Père Boka nous parle de "Nos aïeux " !

Debout Congolais,

Unis par le sort

Unis dans l'effort pour l'indépendance.

Dressons nos fronts

Longtemps courbés

Et pour de bon

Prenons le plus bel élan,

Dans la paix

Ô peuple ardent

Par le labeur

Nous bâtirons Un pays plus beau qu'avant

Dans la paix

Citoyens

Entonnez

L'hymne sacré

De notre solidarité

Fièrement

Saluez

L'emblème d'or de notre souveraineté

Congo!

Don béni, Congo!

Des aïeux, Congo!

Ô pays, Congo!

Bien aimé, Congo!

Nous peuplerons ton sol

et nous assurerons ta grandeur

Trente juin, ô doux soleil

Trente juin, du trente juin

Jour sacré, soit le témoin,

Jour sacré, de l'immortel

Serment de liberté

Que nous léguons

À notre postérité

Pour toujours

La Zaïroise a été l’hymne national du Zaïre sous Mobutu. Il a été écrit par le prêtre jésuite Simon-Pierre Boka et composé par Joseph Lutumba en 1971.

Zaïrois dans la paix retrouvée,

Peuple uni, nous sommes Zaïrois

En avant fier et plein de dignité

Peuple grand, peuple libre à jamais

Tricolore, enflamme nous du feu sacré

Pour bâtir notre pays toujours plus beau

Autour d'un fleuve Majesté (2 X)

Tricolore au vent, ravive l'idéal

Qui nous relie aux aïeux, à nos enfants

Paix, justice et travail. (2 X)

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mardi 4 septembre 2018

RDC: Des imposteurs veulent-ils "Palestiniser" les Congolais ?

Passeports congolais !

La diaspora congolaise est la seule au monde que le régime de Kinshasa lui refuse le droit de vote. Alias Joseph Kabila et sa bande voudraient-ils rendre des Congolais des apatrides ? Alias Joseph Kabila et ses Joséphistes veulent-ils "Palestiniser" les Congolais ? A voir la manière dont ils traitent la nationalité congolaise, il y a risque que les vrais congolais soient mis à la porte et les occupants prédateurs puissent s'arroger tous les droits y compris celui de dire qui est congolais et qui ne l'est pas. Les Azarias Ruberwa, Moïse Nyarugabo, Bizima Karahamueto, Bisengimana...sont-ils plus congolais que les congolais ?

L'imposteur et usurpateur Alias Joseph Kabila est coupable de haute trahison, de forfaiture, d’usurpation de titre de Président de la République, exerçant par défi le pouvoir du peuple congolais, illégitimement et illégalement! En 17 ans d'imposture, les Congolais n'ont toujours pas de "Carte nationale d'identité" ! Après avoir été sacrifié par la dictature Mobutu durant 32 ans, bis repetita avec celle atroce et sanguinaire actuelle. Or Une génération, c'est 25 ans. Et le dernier recensement de la population congolaise date de 1984, sous Mobutu.

Aucun congolais ne dispose d’une carte nationale d’identité, comment distinguer un tanzanien, un rwandais, un burundais, un Ougandais, un chinois d’un congolais…en République démocratique du Congo ? Un Ngombe, un Mulubakat, un Songye, un Muyanzi, un Mukusu, un Muluba, un Mongo, un Tetela, un Munianga, un Rega, un Rund, un Mufulero, etc… perd totalement sa congolité d’origine en République démocratique du Congo, avec l'imposteur et usurpateur Joseph Kabila, lors qu’il détient en plus une nationalité étrangère. Mais Alias Joseph Kabila est arrivé au Congo en 1996, avec des bottes de jardinier et une kalachnikov en bandoulière comme un kadogo. Il a été placé par la mafia international sur le trône du Congo pour mieux piller ses ressources. Aujourd'hui, il est multi-milliardaire, lui qui n'avait même pas un caillou dans ses poches et quémandait une cigarette. Et c'est Alias Joseph Kabila qui décide qui est Congolais et qui ne l'est pas ? Ne voyez vous pas que l’on cherche à "Palestiniser des Congolais" ?

Bosco Ntangana, criminel rwandais, un pseudo-congolais et général rwandais infiltré dans les Fardc, qui répond aux juges de la Cour Pénale Internationale (CPI) en Kinyarwanda, langue non parlée en République démocratique du Congo, qui s'offusque de cette imposture ? La nationalité des faux dirigeants politiciens venus du néant devient le point central du nœud identitaire qui sévit en République démocratique du Congo, seul un recensement général en bonne et due forme résoudra cette problématique pour séparer le Blé (Vrais Kongolais) de l’Ivraie (faux Kongolais infiltrés avec de carte d’électeur ou Kongorais) ! Il nous semble qu'en République démocratique du Congo, on confond citoyenneté et nationalité.

Jean-Kalama Ilunga, vaillant Résistant-Patriote, de son vivant avait éclairé nos compatriotes à plusieurs reprises sur la question de citoyenneté et nationalité, dans une interview qu'il nous avait accordé et publié, le 11 avril 2013 .

Réveil FM International: Quel regard portes-tu sur le fait de l’exfiltration du criminel Bosco Ntangada pour l’ambassade des USA à Kigali après s’être replié au Rwanda, pour être ensuite livré à la Cour pénale internationale où il est présentement et, en attendant le 23 septembre 2013, il a pris connaissance des charges portées contre lui ce mardi 26 mars 2013?

Jean Kalama Ilunga: Avant de parler du criminel rwandais Bosco Ntangada, qui vient de terminer sa cavale à la CPI au Pays Bas, je signale que c’est une nécessité absolue de dévoiler à l’attention des opinions la manipulation sur la fausse nationalité congolaise dont ont abusé et abusent les rwandais en vue d’installer la confusion et l’amalgame sur les identités culturelles congolaises! L’histoire nous renseigne qu’en 1998, Mzée Laurent-Désiré Kabila avait proposé un débat national dont parmi les 3 thèmes, le débat national sur la nationalité ! Il eut une levée de bouclier des rwandais pour en empêcher l’organisation. Alors que tout était mis en place pour la tenue de ce forum, les rwandais et leurs complices avaient joué pour imposer en lieu et place du débat national, le dialogue dit inter-congolais que j’avais d’ailleurs combattu à l’époque !

A la fin du dialogue dit inter-congolais, il s’était opéré une infiltration massive de ces rwandais tutsi dans toutes les institutions de la RDC! Pour justifier leur présence dans les institutions publiques de la RDC, par la manipulation sémantique, on nous avait imposé, avec la complicité de certains médias, des absurdités comme ’’tutsi congolais’’ ou ’’hutu congolais’’ voire ’’congolais d’expression kinyarwanda’’, pour soutenir mon propos, j’ai deux observations:

Première observation : La désignation «Tutsi ou hutu», est une dualité, sous forme de castes typiquement et strictement rwandaise et burundaise !

Pour justifier la présence en RDC de ceux rwandais (tutsi et hutu), par exemple, qui y ont immigré pour une raison ou une autre, les manipulateurs ont tenté de leur fabriquer une identité culturelle congolaise factice (tribu, ethnie) à savoir ’’tutsi congolais’’, une absurdité pour désigner ces gens venus du Rwanda ou du Burundi et vivant en RDC illégalement! Certains médias se sont révélés complices de cette volonté délibérée des manipulateurs d’installer et de faire passer pour vraie cette absurdité :’’tutsi congolais’’ voire ’’hutu congolais’’.

Deuxième observation : Pris en flagrant délit de mensonge ’’tutsi congolais’’ ou ’’hutu congolais’’ et de distorsion de la réalité pour tromper les opinions, ces médias à la solde des manipulateurs, ont sorti une autre bourde ridicule à savoir ’’congolais d’expression kinyarwanda’’!

En effet, Le kinyarwanda est et reste une langue strictement rwandaise et elle est parlée par tous les rwandais tutsi comme hutu au Rwanda et n’a aucune base nulle part à ailleurs! Tous ceux en RDC qui n’ont pas d’autre dialecte tribale que le kinyarwanda, sont des immigrés ou réfugiés rwandais tant que, individuellement, ils n’ont pas sollicité la citoyenneté congolaise de la RDC!

Pour information: La Nation congolaise étant la somme d’identités culturelles à savoir tribus, ethnies, établies dans l’espace géographique dénommé République Démocratique du Congo, pour être congolais ou congolaise d’origine, il faut justifier de son appartenance à une des identités culturelles (tribu ou ethnie) qui forme la Nation congolaise par l’ascendance paternelle ou maternelle!

Le kinyarwanda n’est pas compté comme dialecte correspondant à une identité culturelle congolaise disposant d’un espace territorial propre inclus dans l’espace géographique dénommé République Démocratique du Congo! A moins qu’il y ait l’annexion de l’espace géographique de l’identité culturelle Benyarwanda c-à-d le Rwanda annexé à la RDC pour que le kinyarwanda dialecte commune des castes hutu et tutsi devienne une tribu ou ethnie congolaise!

En attendant, il va de soi que tout congolais ou toute congolaise, pour se prévaloir de la nationalité congolaise, doit avoir une tribu ou ethnie dont la dénomination correspond au dialecte! Par exemple: un mulobo a comme dialecte, le kilobo, un muntandu, le kintandu, un lokele, kilokele, un mongo kimongo, un kaonde, kikaonde, un murega kirega, un nande kinande, un muboa, kiboa, un mutabua, kitabua, un musakata, kisakata, …etc

A la lumière de cet éclairage, les congolais doivent savoir, désormais, que les tutsi, hutus ne sont pas congolais et que ceux qui occupent les fonctions stratégiques dans les institutions publiques de la RDC: armée, police et autres sont des infiltrés rwandais!

Le Front Civil de Résistance Populaire a donné un ultimatum à ces infiltrés rwandais en vue de leur cessation immédiate d’activité dans les institutions publiques de la défense et de la sécurité de la RDC et cet ultimatum a déjà atteint son terme! De gré ou de force et par tous les moyens, ils y seront contraints! Que celui ou celle qui a des oreilles pour entendre, entende!

Tous ces infiltrés rwandais exerçant dans l’armée ou la police en RDC agissent en RDC sous les ordres du criminel rwandais James Kabarebe, ministre de la défense du Rwanda qui pilote le système de la défense de la RDC à sa guise pour le fragiliser et à qui ils rendent, exclusivement, compte!

Comme tous les autres infiltrés criminels rwandais en RDC, contrairement aux déclarations obscurantistes du traître Lambert Mende sur sa nationalité, Bosco Ntangada est bien rwandais de père et de mère et il a toujours obéi aux ordres de James Kabarebe!

Lors de sa 1ère comparution à la CPI, il a choisi sa langue maternelle qu’il maîtrise parfaitement le kinyarwanda comme langue d’expression! Il a menti aux magistrats de la CPI sur sa nationalité lorsqu’il déclare qu’il est congolais né au Rwanda!

Bien que parcellaire, les accointances perverses et la complicité active entre les infiltrés rwandais et Hyppolite Joseph Kabila sont une preuve de haute trahison et de l’anti-constitutionnalité des actes posés! C’est lui qui avait signé les ordonnances de nomination du criminel rwandais Bosco Ntangada au grade de général dans les FARDC et d’autres infiltrés rwandais à des fonctions stratégiques!

’’L’ordonnance n°13 portant révocation de certains officiers de l’Armée’’, apparemment tricotée dans la précipitation pour le besoin de la cause, et la liste d’infiltrés rwandais dont le criminel alias ’’Sultani Makenga’’de son vrai nom rwandais Nziramakenga Ruzandiza, font foi et sont une preuve de l’infiltration délibérée des rwandais dans les FARDC et de la complicité active d’Hyppolite Joseph Kabila qui avait toujours abusé et abuse, chaque jour, de la fonction usurpée de président de la république pour humilier et trahir le peuple congolais.

Pour ces raisons, Hyppolite Joseph Kabila est coupable de haute trahison!

Réveil FM International: Quel regard portez-vous sur la polémique concernant la double nationalité pour les congolais?

Jean Kalama Ilunga: A mon sens, "double nationalité" n’est qu’une tautologie du terme "nationalité"! Parce que la nationalité est intimement liée à l’identité culturelle, en conséquence et logiquement, elle ne peut être qu’une et inaliénable! Parce que la Nation est définie comme étant la somme d’identités culturelles incluses dans l’espace géographique de la République Démocratique du Congo, tout congolais ou congolaise dit d’origine est sensé disposer d’une identité culturelle c'est-à-dire d’une appartenance ethnique qui lui confère cette qualité d’être congolais. En ce sens, aucune loi n’est susceptible d’ôter à tout congolais ou congolaise d’origine son identité culturelle autrement dit sa nationalité qui est inaliénable.

La disposition constitutionnelle sur la nationalité en l’article 10 est à la base de l’amalgame et la confusion entretenue pour soutenir l’exclusion des congolais vivant à l’étranger.

Réveil FM International: L’article 10 de la Constitution stipule que la nationalité congolaise est une et exclusive. Cette disposition provenant de la 2ème république est reprise telle quelle dans la nouvelle Constitution. D’après vous, un congolais résidant à l’étranger et naturalisé français par exemple, n’a pas perdu sa nationalité congolaise ?

Jean Kalama Ilunga: Tout à fait, la nationalité congolaise étant liée à l’identité culturelle ne peut pas disparaître pour cause de ’’double nationalité’’ soit disant! Lorsqu’un congolais vivant à l’étranger se naturalise comme citoyen du pays de sa résidence, il s’agit de la citoyenneté et non de la nationalité parce qu’en fait, la citoyenneté qui est liée à la résidence, ne peut pas être et n’est pas la nationalité qui, elle, est liée à l’identité culturelle. A cet égard, il est juste et logique de dire qu’on est, par exemple, citoyen belge, français ou américain…de nationalité congolaise. Exclure les congolais de leur droit fondamental, celui d’être congolais, a toujours été et est l’objet de l’article 10 de la Constitution! C’est inacceptable parce qu’une loi fondamentale qui a pour vocation d’organiser notre société, ne peut pas promouvoir l’exclusion! En France, par exemple, on parle de « naturalisation » pour les étrangers y résidant depuis quelques années et qui souhaitent en acquérir la citoyenneté! Pourquoi parle-t-on de « naturalisation » au lieu de « nationalité » ? Parce qu’effectivement, la « naturalisation » n’est pas synonyme de « nationalité »! « Jeter l’eau de bain avec le bébé dedans » est d’une certaine façon l’analogie qui caractérise l’article 10 de la Constitution qui n’est qu’une loi scélérate imposée et entretenue pour effectivement effacer d’autres congolais du tableau de notre société! C’est une violation flagrante du droit de l’homme du fait de priver aux congolais leurs identités culturelles! Les exceptions comme l’exclusivité de l’article 10 peuvent avoir leurs places dans les lois organiques pour compléter la loi fondamentale et non pour en tenir lieu! Il faut impérativement la changer! Sinon, nous serons obligés de proposer aux nombreux congolais lésés dans leur droit fondamental d’être congolais, c'est-à-dire ntandu, mongo, luba, lokele, rega, lunda, sakata, lomotwa, kuba, tetela, mbala, yaka, ngbaka, teke-humbu, yanzi, shi, ngbandi, kaonde…etc. de mener une action en justice auprès de la cour internationale des droits de l’homme contre cette disposition constitutionnelle de la République Démocratique du Congo sur la nationalité qui prive délibérément aux congolais et congolaises d’origine leurs identités culturelles, leur nationalité!

Le projet politique de l’UCDP préconise le "primat de la nationalité congolaise" en lieu et place de "l’exclusivité" inscrite par l’article 10. C'est-à-dire que tout congolais d’origine est d’abord congolais et le reste quelles que soient les citoyennetés des pays étrangers de résidence acquises.

Mzee Laurent Désiré Kabila avait proposé l’organisation du débat national sur la nationalité afin d’endiguer les exclusions! Mais les manipulateurs avaient réussi à détourner et à occulter cette question de nationalité pour imposer le controversé dialogue inter-congolais!

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vendredi 31 août 2018

Suisse:Daniel Mbala sort du lot avec "L'Article défini" !

Droit dans ses bottes, avec sa tête bien faite, ses idées bien en place, Daniel Mbala est un jeune Congolais engagé qui ne s'en cache pas, qui assume ses engagements. Le théâtre et l'écriture lui permettent de mieux exprimer son désarroi face à la République démocratique du Congo, un Etat failli. Cela sans désespérance absolu, avec l'espoir que le Congo peut se relever, c'est une question de bonne gouvernance et le respect des droits humains. En Suisse, il y a ceux qui par des zizanies divisent la diaspora congolaise par leurs accointances avec le régime de Kinshasa, il y a ceux aussi comme le jeune Daniel Mbala, sans trop des bruits, élèvent le nom de la République démocratique du Congo.

1. Réveil FM International: Monsieur Daniel Mbala dans votre récit:"L'Article défini", contenant 326 pages, vous avez adapté la situation macabre et chaotique d'alias "Joseph Kabila" Kanambe Kazemberembe Mtuale au Congo, avez-vous l'impression que les Suisses ont saisi le message? Je rappelle que selon votre résumé, tout part d'une pièce de théâtre:"N'dongo revient" du metteur en scène Dominique Ziegler.

Daniel Mbala: Le public suisse à mon avis avait bien compris mon message et si vous voulez bien mon cri d'alarme, l'alerte que j'avais fait ce soir-là de l'été 2016 au théâtre du Grütli à Genève. La preuve, ce que j'ai reçu plusieurs invitations et orientations venant du même public. C'est-à-dire les gens qui ont payé pour la représentation et qui ont accordé un peu du temps pour m'écouter aussi. Le but de notre démarche, donc Dominique et moi était le fait de témoigner en Live pour apporter la part de la réalité politique quoique malheureuse que l'Afrique affectionne. Ceci est le premier volet de ma réponse, quant au second:

- Je dirai que c'est depuis un bon bout de temps que nous faisons savoir notre vision auprès des autorités suisses à Berne, pour ce qui concerne le règne du mensonge politique au Congo depuis le 17 mai 1997, mais comme il n'y a pas de cœur dans la politique internationale, on y voit que les intérêts, sur ce point les helvétiques aussi ne font pas exception.

Pour la Suisse, la République démocratique du Congo est un état failli, quoi faire pour que le Congo retrouve le chemin de la bonne gouvernance? Il nous faut une troisième indépendance. Cela nous permettra de construire une République digne de ce nom. il nous faut éradiquer l'aliénation au profit d'une bonne éducation.

2. Réveil FM International: La Suisse est un pays fédéral où la votation fait partie de son ADN. pourquoi les Congolais qui vivent en Suisse où la démocratie participative est effective sont "des collabos" au régime d'imposture, d'occupation et de prédation d'alias "Joseph Kabila" Kanambe Kazemberembe Mtuale?

Daniel Mbala: Effectivement, les cas de She Okitundu et de l'actuel directeur adjoint du cabinet de l'imposteur, répondant au nom de Kambilwa attestent vos propos. vous savez comme moi comment la vie est difficile en Europe. Tout se mérite. Monsieur Kambilwa en avait eu marre de vendre tout au long de l'année dans leur boutique exotique et familiale, située sur la rue de Berne, où les filles de Genève se défendent. Mais, le plus dur reste à démasquer "les collabos" qui se cachent encore et qui sont prêts à causer du mal dans notre lutte. Une fois par exemple, lors d'une importante réunion convoquée à Genève par la convention des congolais de l'étranger en 2017, j'ai personnellement surpris un certain Monsieur, Bafwa Mubengay Lwakale, lui-même cadre ou initiateur de ladite convention;- ce monsieur était entrain de photographier les gens en dehors de la salle. Il le faisait promptement, de manière cachée. Je lui avais fait savoir mon étonnement, et surtout ma colère, ce monsieur s'excusa et se camoufla à l’intérieur de la salle. Je parle de ce monsieur car il entretient de bonnes relations avec "les collabos" suisses qui sont actuellement avec Alias Joseph Kabila Kanambe Kazemberembe. Notre combat exige la prudence. C'est la "PHRONESIS", selon Aristote;- l'excellence de la raison pratique.

3. Réveil FM International: Que dites-vous de la réception de votre récit, auprès de nos compatriotes? Y a-t-il eu un engouement en rapport avec votre récit autobiographique engagé?

Daniel Mbala: Nos compatriotes ne lisent pas. Il y a maintenant un réseau des amoureux des livres qui doit se mettre en place, ici dans la diaspora pour promouvoir la vraie culture, pour ce qui concerne l'aspect engouement cela dépandra de la promotion. Je profite de cette occasion pour livrer en peu de mots l'esquisse de "L'Article défini". Il s'agit d'un récit engagé qui s'oriente vers l'avenir mais sans pour autant oublier les causes de cette traversée du désert dans l'actuel Congo. "Les médiocres doivent dégager".

L'auteur débute son récit dans cet espace de scandale géologique d'où Monsieur Augustin Dokolo s'inspira dans son Essai intitulé: TELEMA CONGO, au cours de la deuxième république sous Mobutu. "L'Article défini" prend fin à l'Uni Dufour, à Genève avec le message que l'auteur passe au président de la République sénégalaise, Monsieur Macky Sall.

4. Réveil FM International: Qu'est-ce que la Suisse vous a appris qui peut-être utile à la République démocratique du Congo?

Deux choses, en plus de ma formation en tant que théologien:

-Une nation sans la moindre notion de l'éthique est vouée à l'échec.

-Le processus d'identification des ressortissants du pays. (J'insiste le terme processus, ce qui revient à dire une identification continuelle.)

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mardi 28 août 2018

RDC: Il faut invalider Corneille Naanga et la foutue CENI!

En République démocratique du Congo, nous allons droit vers les fraudes électorales ! Le désenchantement et grincement de dents sont profonds, chez des Congolais qui s'étaient réjouis trop vite, après qu'Alias Joseph Kabila ait sorti de sa poche Emmanuel Ramazani Shadary, le boucher du Kasaï, comme son dauphin, n'ont que leurs yeux pour pleurer. Quant à la communauté internationale, elle a félicité trop vite celui qui à la réunion de la SADC a préféré dire "A bientôt" au lieu d'"Adieux". Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale ne veut pas partir et ne partira jamais.

Il nous faut revenir à l'ordre constitutionnel d'un pays normal. C'est le Ministère de l’intérieur qui organise les élections. Hold-up électoral 2006=2011=2018 ? Les brontosaures du joséphisme y travaillent, les caciques de la Françafrique y veuillent, les lobbyistes affairo-mafieux continuent à faire mains basses aux ressources de la République démocratique du Congo. Et le peuple congolais ? Il continue depuis 2006 à vivre dans un régime d'imposture, d'occupation et de prédation, il continue de réclamer la "Vérité des urnes", le respect des droits humains, dénoncer l'impunité des imposteurs. Sa voix est étouffée, ignorée, raillée...Plusieurs Congolais sont morts, assassinés, empoisonnés pour avoir réclamé cette vérité là, celle des urnes. Les élections ne sont pas une panacées dans une démocratie mais elles sont essentielles pour légitimer ceux qui aspirent à parler au nom du peuple.

1. Apollinaire Malu Malu, abbé tricheur !

Apollinaire Malu Malu, abbé tricheur !

Nous avons connu des élections Louis Michel 2006, avec Apollinaire Malu Malu, abbé tricheur, président de la Commission Électorale Indépendante (CEI). C'est à bord d'un char de la Monuc, avec casque et gilet pare-balles, que Malu Malu a pu proclamé les frauduleux résultats de l'élection 2006. C'est avec Malu Malu que la formule fut consacrée: l'Est a voté Alias Joseph Kabila et l'Ouest Jean-Pierre Bemba. Or c'est l'Est de la République qui avait connu les affres de la guerre avec des populations décimées. Pour faire gagner Alias Joseph Kabila, Malu Malu abbé tricheur avait pris un malin plaisir de faire voter des Interahamwe, des rwandais, Ougandais et Burundais. Le jour de la proclamation de faux résultats par Malu Malu interamwe Comment le contrées.

Apollinaire Malu Malu, abbé tricheur après avoir proclamé Alias Joseph Kabila vainqueur !

Les élections Louis Michel 2006 étaient "boutiquées" pour faire gagner Alias Joseph Kabila ! Réveil FM International revient sur la brouille Cardinal Frédéric Etsou-abbé Malu Malu lors des élections Louis Michel 2006. L'arrogance de l'abbé Apollinaire Malu Malu de Butembo face à la demande du Cardinal Frédéric Etsou de dire la vérité au peuple, avait déjanté plus d'un.

Incompris par certains, applaudis par d'autres, le cardinal Frédéric Etsou a marqué son époque. L'homme aimait dire à haute voix son attachement à la vérité, à la paix et à la compassion. Dimanche 23 avril 2006, recevant des journalistes kinois à l'issue d'un séminaire, l'homme a dit tout haut ce que la majorité de ses concitoyens murmuraient tout bas : "Vous avez laissé ce pays entre les mains des étrangers qui sont en train de le diviser." C'est le tollé général. Chaque acteur donna à cette phrase sa propre interprétation. Certains n'ont pas hésité à y voir un hymne à la xénophobie. "Xénophobe", "mobutiste invétéré", autant de qualificatifs lancés à la face de l'outrecuidant prêtre accusé, plus à tort qu'à raison.

Après le second tour de l'élection présidentielle, le Cardinal Etsou est revenu à la charge en jetant un immense pavé dans la marre. Il accuse l'abbé Malu Malu, le président de la CEI (Commission électorale indépendante) de s'être livré au tripatouillage des résultats électoraux.

Le Cardinal Frédéric Etsou est mort pour avoir dit la vérité aux congolais

Dans une intervention faite le 13 novembre 2006 sur radio France internationale (RFI), qui prend désormais le relief d'un testament politique, le cardinal Etsou tonne : "Moi, personnellement, comme pasteur, je n'accepte pas ce mensonge. Il faut la vérité. L'abbé Malu Malu doit se conformer au verdict des urnes. Il ne peut pas se permettre qu'on falsifie le verdict des urnes". Et d'ajouter : "Je dis non à toute tentative d'imposer au peuple congolais un candidat devant juste satisfaire les appétits gloutons et prédateurs de ses commanditaires étrangers."

Cueilli à froid, Apollinaire Malu Malu de réagir : "Je suis étonné par cette déclaration, d'autant plus que le Cardinal n'a pas participé aux élections. Je trouve que c'est une déclaration dangereuse qui ne reflète pas la réalité." Dans une missive adressée à la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) en date du 30 novembre dernier, le cardinal note en liminaire qu'il est retenu à Bruxelles "pour raisons de santé". Commentant sa déclaration sur RFI, il écrit : "Nous pasteurs du peuple de Dieu, avons une mission délicate et difficile : celle d'être serviteurs de la vérité et non du mensonge. Et cela avec courage. (…). Notre prise de position en tout moment doit être en faveur du peuple de Dieu. Ouvrons nos yeux dans nos diocèses pour voir la misère de notre peuple, ouvrons nos cœurs devant plus de 4 millions de Congolais tués par la guerre inutile d'occupation, guerre qui a généré et continue de générer la faim et les maladies et la division des familles, pendant qu'elle a servi à tous les belligérants pour s'enrichir et vendre le pays aux étrangers."

Et de poursuivre : "Comme tout le monde, nous disposons des informations sur les vrais résultats électoraux du 30 octobre dernier. (…). Ces résultats diffèrent de loin de la mascarade politique que nous venons de vivre le mercredi 15 novembre par la déclaration de la CEI et du verdict de la Cour suprême de Justice du lundi 27 novembre 2006. (…)".

Pour le Cardinal Etsou, les Congolais doivent "fermement condamner la logique dans laquelle la communauté internationale avec la complicité de quelques Congolais nous a enfermés, logique selon laquelle l'Est appartiendrait à Joseph Kabila et l'Ouest à Jean-Pierre Bemba ! Un gros mensonge à rejeter en bloc".

Pour lui, les Congolais doivent, de même, affirmer "avec sérénité l'unité nationale et l'intégrité du territoire congolais".

Il souligne que "malgré les astuces de certains, moi, je continuerai à parler au nom des 8 millions d'habitants qui constituent l'Archidiocèse de Kinshasa !" Et de conclure : "Je plaide pour la libération de Me Marie-Thérèse Nlandu et d'autres innocents injustement retenus en prison. Et je désire tant la paix, la justice pour mon peuple. (…)."

Déclaration du cardinal Etsou

« Je dis fermement non, et non à toute manœuvre qui mettrait en cause le libre choix, transparent et démocratique du peuple congolais. Nous savons que le président sortant, dans beaucoup de coins, n’a pas les résultats qu’on essaie de faire sortir comme on a fait au premier tour. Je demande également à la communauté internationale de s’abstenir de toute tentative d’imposer au peuple congolais celui qu’il n’a pas choisi comme son président. Toute tentative de ce genre serait un acte grave d’irresponsabilité et pourrait entamer et hypothéquer tout ce qui fait le prestige et la fierté de l’Occident. Je dis non à toute tentative d’imposer au peuple congolais un candidat devant juste satisfaire les appétits gloutons et prédateurs de ces commanditaires étrangers». « Je suis très inquiet, parce que je vois que les choses ne se déroulent pas comme elles devraient se dérouler. La chose la plus importante, la publication des résultats des élections. Mais il me semble qu’il y a déjà des manœuvres. Des résultats que nous connaissons de plusieurs coins de la République ne sont pas les résultats qu’on semble essayer de publier. Nous savons que le président sortant, dans beaucoup de coins, n’a pas les résultats qu’on essaie de faire sortir cette fois, comme on l’a fait au premier tour. Alors que nous avions dit que nous voulons des élections libres, transparentes et démocratiques. Et ce n’est pas cela qui se manifeste. Moi, personnellement comme pasteur, je n’accepte pas le mensonge. Il faut la vérité, la vérité des urnes. L’abbé Malu Malu doit se conformer au verdict des urnes. Il ne peut pas se permettre qu’on falsifie le verdict des urnes. Après la publication du premier tour, il y a eu des bagarres, des affrontements, il y a eu des morts. Et c’est cela que je refuse. Je ne veux pas des morts inutiles dans mon pays. Ce que nous voulons, c’est la paix».

Quelques jours plus tard, le Cardinal Etsou mourrait, sans que sa mort ne soulève de l'émoi au sein de la population congolaise. Choc, tristesse, consternation, révolte, les mots ne sont pas suffisamment forts pour exprimer l’état d’âme des innombrables Congolaises et Congolais de Belgique et de l'espace Schengen partis à l’hôpital universitaire de Louvain au matin de ce dimanche 7 janvier 2007, rendre un dernier hommage au Cardinal Frédéric Etsou, archevêque de Kinshasa.

Dans son homélie du dimanche 7 janvier 2007 à 8 heures, le Cardinal Théodore Edgar Mc Carrick l'Archevêque de Washington annonce le décès de son grand ami le Cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi l'Archevêque de Kinshasa à l'âge de 77 ans. Le décès est survenu samedi le 6 janvier 2007 à 20h50' à l'Hôpital Universitaire (UZ) Gasthuis à Louvain en Belgique.

Selon les proches du Cardinal Théodore Edgar Mc Carrick, le Cardinal Frédéric Etsou souffrait d'un diabète instable mais son état de santé n'inspirait aucune inquiétude jusqu'à sa fameuse déclaration fracassante sur Radio France Internationale, dénonçant les irrégularités constatées par les témoins de l'église Catholique présents dans tous les bureaux de vote et, l'inexactitude des résultats officiels, du deuxième tour de l'élection présidentielle, publiés par la Commission Electorale Indépendante (CEI) au profit de Joseph Kabila. Le Cardinal Frédéric Etsou n'a pas hésité à mettre en doute publiquement la probité morale de l'Abbé Apollinaire Muholongu Malumalu Président de la CEI et son rôle très actif dans le hold-up électoral en RDCongo. Le Cardinal a eu le courage politique d'appeler les Congolais à ne pas laisser leur pays sous la coupe des étrangers…

Le Cardinal Frédéric Etsou, 77 ans, est décédé samedi 6 janvier à la Clinique universitaire de Louvain (KUL), en Belgique. Officiellement, il souffrait de diabète et d'un œdème pulmonaire qui l'aurait emporté. Les spéculations vont bon train tant sur les causes "réelles" de la "dégradation brutale" de sa santé ayant conduit à l'issue fatale que sur le nom du probable successeur. "On ne peut rien exclure !". C'est la déclaration faite sous l'anonymat par l'un des proches du défunt citant un des médecins traitants.

Depuis une semaine, confie cette source, "les organes vitaux du patient Etsou — à savoir les reins, les poumons et le foie — se sont détériorés en un temps record à la stupéfaction du corps médical". Selon certains témoignages, depuis quelques mois, le visage du cardinal était sujet à une "éruption cutanée" d'origine inconnue.

Des internautes ont affirmé le plus sérieusement du monde que le visage de Frédéric Etsou ressemblait de plus en plus à celui du président ukrainien Viktor Iouchtchenko, victime d'un empoisonnement à la dioxine. L'information n'a pas été démentie par les visiteurs qui ont eu accès au malade.

L'archevêque de Kinshasa, présentait, selon eux, les signes de quelqu'un qui a ingurgité des substances nocives. C'est un euphémisme. Certaines sources assurent que l'examen du sang aurait révélé "des traces de dioxine". D'autres sources parlent de "traces de cyanure". Qui dit vrai ? Spéculations ?

Vendredi 5 janvier, on apprenait dans la soirée que le prélat était placé sous assistance respiratoire. Un prêtre lui aurait même administré le "dernier sacrement". A l'évidence, la situation était aussi grave que désespérée. "Le Cardinal Frédéric Etsou-Nzabi-Bamungwabi est mort". Cette nouvelle s'est répandue le lendemain soir à Bruxelles et Paris comme une traînée de poudre. Contactés, certains membres de l'entourage du regretté cardinal dissimulaient à peine un certain sentiment de révolte. De quoi souffrait Frédéric Etsou ? Selon une source médicale congolaise, l'homme était sujet à des problèmes "diabétiques" depuis la fin des années 90. "Le diabète peut générer des complications cardiaques", ajoute-t-elle. Œdème pulmonaire Selon certains témoignages, les médecins de la KUL ont constaté, ces derniers jours, la présence d'une assez importante quantité "d'eau " dans les poumons du patient. Selon un expert, "c'est un indice certifiant que le cœur ne pompe plus de manière optimale".

2. Daniel Ngoy Mulunda, pasteur fraudeur !

Nous avons connu des élections du 28 novembre 2011, avec Daniel Ngoy Mulunda, pasteur fraudeur, président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Arrogant, il avait eu des mots durs à l'égard du peuple congolais: "Bokolela na munoko ya maman na bino" ! Pagaille à Limeté où des bulletins de vote étaient à ramasser à la pelle. Un désordre incommensurable ! Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale fut proclamé au Katanga avec 110 % de vote, comme si aucun Katangais n'avait voté pour Etienne Tshisekedi.

Lors du dépouillement des élections du 28 novembre 2011, beaucoup de témoins ne peuvent pas témoigner. "Au Katanga, dans le Sud-Kivu, dans la Province-Orientale, à Kinshasa, les observateurs et les témoins des partis politiques ont été empêchés d’observer l’ensemble des étapes de la compilation des résultats" avait affirme la mission de l’Union européenne. Membre fondateur du PPRD-Parti-Etat , Daniel Ngoy Mulunda avait fait campagne pour Alias Joseph Kabila lors de l'élection Louis Michel 2006, il se présentait comme son conseiller spirituel. Très vite cependant, il s'est e détaché du PPRD-Parti-Etat pour se consacrer à son Église et à son ONG, le Programme œcuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation (Parec).

Daniel Ngoy Mulunda lance l'opération "100 dollars contre arme" !

Controversée, cette ONG a lancé en 2005 un premier programme de récupération des armes dans le Nord-­Katanga. Elle offrait alors des vélos et a reçu en échange environ 10 000 armes et matériels militaires divers.

L'opération, baptisée "Triangle de la mort", de Daniel Ngoy Mulunda devrait permettre de récupérer des armes à Manono, se poursuivre à Mitwaba, Pweto et Moba, des localités situées à entre 400 et 600 km au nord et nord-est de Lubumbashi, dans le katanga. Le pasteur Ngoy Mulunda, président de l'ONG Parec, affirmait oeuvrer "pour la paix, la transformation de conflits et la réconciliation nationale". Parec prévoyait la distribution en un mois d'environ 4.000 vélos, acheminés par avion de Lubumbashi.

Cette opération, d'un coût estimé à 70.000 dollars, était "financée à 100% par Joseph Kabila", affirmait le pasteur Daniel Ngoy Mulunda. Fin avril 2005, cinq journalistes congolais, qui accompagnaient le pasteur Mulunda, avaient été pris en otage pendant plusieurs jours dans le Haut Lomami (Nord-Katanga) par des miliciens locaux Maï Maï qui réclamaient plus de vélos contre leurs armes. Alors que nous étions présents à Lubumbashi pour une réunion du Pool sud-Est des radios communautaires, notre déclaration contre cette prise d'otage a été largement diffusée sur RFI.

Quant au pasteur Daniel Mulunda, interrogé après sa libération, sur les risques de cette opération qui court-circuitait le programme national de désarmement, le pasteur avait estimé que la Monuc et la Conader avaient "échoué" et affirmait que sa "seule préoccupation" était de contribuer "à la paix".

"Ce sont les Maï Maï eux-mêmes qui ont fait appel à moi, avait-t-il affirmé. Le problème de la démobilisation n'est pas mon affaire. Ce qui me préoccupe, c'est la récupération des armes distribuées pendant la guerre" de 1996-97, au cours de laquelle des milices locales Maï Maï avaient été armées par le gouvernement. Qu'est-ce que Daniel Ngoy Mulunda avait promis à Gédéon Kyungu Mutanga ? L'opinion a droit de savoir.

On se souvient encore en mai 2006, Daniel Ngoy Mulunda, accordait 4 jours à la responsable de la Monuc au Katanga, Mme Magda Gonzales, pour quitter la province. Il l’avait fait savoir au cours d’une conférence de presse qu’il avait animée à son domicile de Lubumbashi.

Au cas où l’intéressée ne quittait pas la province, le pasteur aurait pris des dispositions pour se charger d’elle. Parlant du dispositif de sécurité qui avait été renforcé autour de Mme Gonzales, le président de l’Ong Programme oecuménique de paix, Transformation des Conflits et réconciliation (Parec), indiquait que tant qu’elle était au Katanga, elle n’était pas en sécurité. « La véritable sécurité pour elle est de la faire partir du Katanga ». Personne ne s'était offusquée contre les menaces sur Mme Gonzales. C’était la troisième fois que le pasteur Mulunda réclamait le départ de Mme Gonzales du Katanga. Daniel Ngoy Mulunda récidive en 2009 à Kinshasa et, cette fois, c’est 100 dollars pour un fusil. Il revendique la récupération de 12 000 armes. L’opération suivante est lancée dans l’Est de la RDC en 2010, avec une récompense de 50 dollars. Où le pasteur trouve-t-il cet argent ? D’abord dans la poche du ­président Kabila, qui lui a octroyé un don de 100 000 dollars.

Soupçons de trafic: Les opérations du Parec, qui se déroulent en marge du programme national de désarmement, sont très médiatisées et suscitent de nombreuses critiques. Des soupçons pèsent sur les trafics qui permettraient à des militaires de vendre leurs armes contre 100 dollars puis de les récupérer ensuite.

Plus polémique encore, le sort de quelques centaines de soldats des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Selon l’ONU, une partie des hommes rapatriés par le Parec au Rwanda se sont révélés être des Congolais. Quant aux quelque 300 Congolais regroupés dans un camp du Katanga, ils n’ont reçu aucun soutien et auraient fini par retourner dans le Nord-Kivu. L’ONG n’en continue pas moins ses opérations dans l’Est, avec la protection de la garde républicaine.

3. Corneille Naanga, l'homme de Marini Bodho

André Mpungwe, l’ancien Président intérimaire de la CENI, a été contraint de démissionner, parce que l'ancien Premier ministre Matata Ponyo et l'ex- Secrétaire général du PPRD Henri Mova Sakanyi n’arrivaient pas à le contrôler au motif que c’était l’homme d’Aubin Minaku, le Président de l’Assemblée nationale. Pour bien jouer leur jeu, Marini Bodo va entrer en jeu pour proposer Corneille Naanga comme le remplaçant de l’Abbé Malu Malu qui était malade et mourant aux Etats-Unis. Avec Joseph Kabila, la messe était déjà dite, il ne manquait seulement que de la célébrer. Le fameux ex-Évêque et président de l'ECC à la retraite est bras séculier d'Alias Joseph Kabila. Corneille Nangaa est un Marini Boy, soutien d'Alias Joseph Kabila. La sœur de Mgr. Milenge Mwenelwata, 2è Vice-président de l'Eglise du Christ au Congo (ECC) est l'épouse légitime de Corneille Naanga, Président de la CENI. Son Vice-président Norbert Basengezi est un apparatchik Joséphiste de la première heure.

Et portant, on peut lire sur le site de la radio Okapi du 21 octobre 2015: "Les confessions religieuses ont désigné Corneille Nangaa mercredi 21 octobre pour succéder à l’abbé Apollinaire Malu Malu à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Corneille Nangaa occupait jusque-là les fonctions de secrétaire exécutif adjoint de la commission électorale. Mgr Milenge Mwenelwata, évêque de l’Eglise du Christ au Congo, a déclaré à Radio Okapi que les tractations s’étaient déroulées dans la convivialité. Parmi les critères pris en compte pour désigner le successeur de Malu Malu, il a notamment cité la loi, « la technicité » et « la probité morale ». Nulle part Milenge Mwenelwata, le sicaire de Marini Bodho, ne dit qu'il est le beau-frère de Corneille Nangaa. Le cynisme et la volonté d'abrutir notre peuple sont omniprésentes. Quel rôle l'ECC aile Marini a donné à Corneille Nangaa ? Les Congolais ont-il tort de dénoncer l'arrogance et la suffisance, de celui que l'on qualifie d'"Agent tricheur" d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere ? Corneille Nangaa est un protestant-collabo et traître à la Nation congolaise. Les élections dans un pays contribuent à la démocratie. Les hold-up électoraux sont une source de chaos dans un pays.

Corneille Nangaa enfarine les électeurs congolais. Sans appel d'offres. L’achat auprès de l’entreprise sud-coréenne Miru Systems de machines à voter aura coûté une somme avoisinant 150 millions de dollars. Cela pose problème! Est-ce que ces machines sont-elles fiables ? Quels sont pays qui ont déjà utilisé des machines à voter dans un pays sans infrastructures et les élections se sont bien déroulées ?

Avec 105 000 machines pour 90000 bureaux et 46 millions de votants dont 10 millions sont fictifs, pays sans électricité, certains compatriotes n’ont jamais vu un ordinateur, chaque électeur disposera 1 minute pour choisir parmi une multitude de candidats son président, son député national et député provincial ?

MLC-France coquille vide ! Mama Koko Anastasie Mutoka incapacitaire, sournoise et intrigante !

Plusieurs dizaines de militants du MLC ont accompagné ce Lundi 27/08 les avocats de Jean-Pierre Bemba qui ont été déposer un recours à la cour constitutionnelle contre la décision de la CENI, cette dernière ayant jugé sa candidature à la présidence irrecevable.

L’invalidation de la candidature de Jean-Pierre Bemba par la CENI a suscité de nombreuses réactions. Mais à Paris, le MLC-France est silencieux et affiche un silence assourdissant, l'ectoplasme est plat ! Mama Koko Anastasie Mutoka, autoproclamée "Refoulée du Katanga" et représentante du MLC-France est inactive. L'agent d'Accueil de Mairie de Paris est incapable de prendre des initiatives. L'incapacitaire est incapable d'écrire un communiqué de soutien à Jean-Pierre Bemba. Elle agit de la même manière que François Mwamba, Secrétaire Général du MLC lors de l'arrestation de Jean-Pierre Bemba à Bruxelles pour La Haye ! Le Traître et Collabo était déjà à la mangeoire d'Alias Joseph Kabila et était incapable d'organiser une seule manifestation de soutien pour Jean-Pierre Bemba. Mama Koko Anastasie Mutoka collabore avec le gouvernement de son frère Bruno Tshibala. L'ethno-tribaliste patentée n'hésite d'aller accueillir son frère Bruno Tshibala à l'aéroport à Paris, mais elle est incapable de soutenir Jean-Pierre Bemba.

Notre compatriote Patrick Mwamba Musoka n'y va pas de main morte, il enfonce le clou: Anastasie Mutoka Koko est une tribaliste, membre du groupe des Talibans sorciers qui ont disqualifie l'UDPS. Et ce sont les mêmes qui se faufilent dans le MLC pour détruire les qualités fédératrices de Muana Mboka Jean-Pierre Bemba. Une chose est certaine, le future président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba n'est pas influençable. En ce moment, il est entrain de se ressourcer et de s'informer en profondeur sur tous et sur tout pour éviter toute erreur. Il va bientôt se mettre à la disposition de tous ses compatriotes Résistant(e)s avant de lancer le dernier assaut contre les bourreaux du peuple congolais. Nous devons tous être vigilants et aider ce nouveau et véritable président des Congolais de s'entourer de personnes dignes, patriotes convaincus, compétentes et fédératrices. Car l'union fait la force. Les traîtres et tribalistes endémiques doivent être écartés de toutes responsabilités publiques dans le Congo nouveau. Merci beaucoup Freddy Mulongo, rassure l'AJPBA que le président Jean-Pierre Bemba est avec eux. La plume d'or est à toi Freddy Mulongo et à Roger Bongos, combattants de la liberté et de la libération de notre cher pays, le Congo. Vous deux avez redoré l'image et la qualité de la Presse congolaise dans la lutte contre les anti-valeurs. Merci beaucoup. Soutenons le Président Jean-Pierre Bemba et aidons-le à avoir un très bon entourage pour sortir notre pays du bas fond. Chapeau! Que Vive le Congo! Que vive la Presse congolaise libératrice !

L’invalidation de JP Bemba arrange bien de gens au sein de l’opposition congolaise. Même si son acquittement par la CPI et son retour au pays ont été unanimement salués par les leaders de l’opposition, il n’en demeure pas moins que ce retour a dérangé certains d’entre eux.

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Démission de Nicolas Hulot, ministre d'Etat, des réactions !

Nicolas Hulot, Ministre d'Etat a démissionné

Le ministre de la Transition écologique a jeté l'éponge et pris tout le monde de court en annonçant sa décision à l'antenne de France Inter mardi matin. Faute d’obtenir des avancées suffisantes en matière d’environnement, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a annoncé mardi sur France Inter qu’il avait pris la décision de quitter le gouvernement, sans avoir prévenu au préalable ni l’Elysée ni Matignon.

La démission de Nicolas Hulot révèle qu'à la tête de l'Etat le pouvoir de l'argent l'a emporté sur l'environnement.

Génération.s prend acte de la décision courageuse de Nicolas Hulot de quitter le gouvernement après le constat glaçant de l’impuissance qui était la sienne pour engager les transformations écologiques nécessaires.

Cette démission inédite sous la Vème République révèle l'ampleur du pouvoir de l'argent à la tête de l'Etat. Elle constitue une affaire sans précédent impliquant un lobby. Cela montre leur omniprésence au coeur du pouvoir. La démission courageuse de Nicolas Hulot prouve qu'entre le pouvoir de l'argent et l'environnement, Emmanuel Macron a choisi dès le premier jour de son quinquennat. Cette décision montre la nécessité de constituer et de mettre en dynamique un vaste mouvement politique et citoyen pour hisser l’écologie politique à la hauteur des enjeux de l’avenir et des urgences du présent. Benoît Hamon, Génération.s

Démission de Nicolas Hulot : "la transition écologique n'est pas soluble dans le libéralisme débridé" La décision lucide de Nicolas Hulot de quitter le gouvernement est la bienvenue : le pouvoir en place ne bénéficie plus de figure reconnue pour masquer la réalité d'une politique sacrifiant l'avenir de l'humanité au profit de quelques privilégiés. Il en tire enfin l'amer constat : la transition écologique n'est pas soluble dans le libéralisme débridé. Notre responsabilité est historique : l'urgence climatique appelle la mobilisation de tous pour réaliser la mutation indispensable du système économique. Guillaume Balas, député européen, Génération.s

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lundi 27 août 2018

Elysée: Discours d'Emmanuel Macron devant les Ambassadeurs !

Emmanuel Macron, Président de la République

Syrie, Turquie, Europe, multilatéralisme, Donald Trump… Le président de la République a défendu devant le corps diplomatique ses orientations géostratégiques pour les prochains mois. Avec deux priorités : le multilatéralisme et la réforme de l’Europe.

Chaque année depuis 1993, tous les chefs de missions diplomatiques français se retrouvent à Paris à la fin août. Ce rendez-vous offre l’occasion aux plus hautes autorités de l’État et au ministre des Affaires étrangères de donner les orientations annuelles qui guideront le travail des représentants de la France à l’étranger et auprès des organisations internationales. Occasion aussi donc pour le chef de l’État de donner ses grandes lignes géostratégiques. Le président de la République a annoncé qu’il y aura une réforme de l’enseignement du français à l’étranger proposée à l’automne par le gouvernement. Il demande également une mobilisation en faveur d’une diplomatie économique pour réduire le déficit commercial, ainsi qu’une diplomatie soit plus dans l’anticipation, prenant en exemple la grave crise politique et économique au Venezuela. « Les extrêmes ont progressé et les nationalismes se sont réveillés », reconnaît Emmanuel Macron. « Est-ce une raison pour abandonner ? Nous payons là une Europe qui s’est affadie. Il faut en réalité redoubler nos efforts », a-t-il déclaré dans un discours devant 250 ambassadeurs.

DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE A LA CONFÉRENCE DES AMBASSADEURS

Elysée – Lundi 27 août 2018

Messieurs les Présidents,

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux de vous retrouver aujourd'hui pour ouvrir cette conférence des Ambassadeurs et des Ambassadrices. Heureux parce que c’est toujours l’occasion unique de partager quelques convictions et une lecture du monde tel qu’il va, dans lequel chaque jour la France agit, est attendue, porte sa voix.

Dans quelques jours, vous rejoindrez vos équipes sur le terrain et vous porterez avec exigence, détermination, une très grande responsabilité.

Votre première responsabilité, ce sera de représenter notre pays, notre histoire, nos idéaux républicains, nos géographies de métropole et d’outre-mer, nos intérêts. Et en représentant la France vous représentez l’histoire, la force, le rôle de notre peuple dans le concert des nations et avez à y conduire une diplomatie que je veux fiable et innovante.

Votre deuxième responsabilité, avec votre équipe, avec l'appui de tous les relais dont vous disposez sur place, sera de mettre en œuvre une politique ambitieuse pour notre pays. Cette ambition, soyez assurés qu'elle se traduira par un rythme de réformes en France qui ne changera pas d'allure, bien au contraire. Le Premier ministre vous en précisera les orientations. Plusieurs ministres auront aussi à s’exprimer sur ce point. Sous la conduite de votre Ministre Jean-Yves Le DRIAN, que je tiens à remercier pour son implication constante, vous nous aiderez à soutenir ces réformes à l'international.

En effet, vous êtes à mes yeux parties prenantes de la stratégie que j’ai demandé au gouvernement de mettre en œuvre pour le pays. D’abord, en associant pleinement nos communautés françaises à l’étranger. Elles sont une richesse, une force. Nos réformes doivent leur être expliquées et elles doivent aussi être portées par elles. Les Françaises et les Français de l’étranger sont un atout pour notre pays. Ils doivent participer pleinement de ce nouveau rayonnement de la France.

C’est pour cela que j’ai souhaité une réflexion en profondeur sur l’enseignement français à l’étranger qui, sur la base du rapport que j’ai demandé au gouvernement, donnera lieu à l’annonce d’une réforme cet automne. C’est aussi pour cela que je veux aller au bout des simplifications attendues par nos concitoyens, en termes de démarches administratives et de vote en ligne.

Ensuite, vous contribuez à la compétitivité de la France. Vous devez expliquer aux gouvernements, aux acteurs économiques dans les pays où vous êtes en poste, la cohérence et l’ampleur de notre agenda de transformation. Notre attractivité s’améliore, mais il nous faut nous mobiliser bien davantage pour nos exportations. Votre mobilisation en faveur d’une diplomatie économique est un élément important de cette stratégie. Nous devons notamment axer notre action collective sur une stratégie export pour les entreprises de taille intermédiaire comme les petites et moyennes entreprises qui seule réduira notre déficit commercial.

Mais j’attends de vous encore davantage. De Ouagadougou à Xi’an, de Sydney à New York ou la Sorbonne, j’ai durant l’année qui s’achève pu, à travers plusieurs discours, renouveler nos approches géographiques ou stratégiques. Il faut que celles-ci soient désormais déclinées avec précision. Cela suppose de choisir des objectifs clairs et donc limités, et de prendre de nouvelles mesures afin d’en assurer le suivi. Nous avons encore trop tendance à considérer que tout est prioritaire et ne pas suffisamment avoir une culture du résultat. Même en diplomatie, le succès se mesure – certes pas en un jour et même sans doute jamais en un jour – à la capacité néanmoins d’infléchir des attitudes, de construire des amitiés et des alliances, de remporter des marchés. En un mot, de faire avancer les intérêts de la France et des Français et de faire partager un peu de notre vision et conception du monde.

C’est l’attente de nos concitoyens, qui veulent légitimement voir les retombées de la politique que nous conduisons. Cela suppose enfin une capacité d’anticipation renforcée. Nous suivons les situations de nombre de pays ou de régions, du Venezuela à la Birmanie en passant par l’Ukraine ou la République démocratique du Congo. Mais nous devons davantage les anticiper, faire parfois des paris, proposer des initiatives. J’en appelle à votre esprit de prospective, d’analyse, d’action. N’hésitez jamais à proposer librement, c’est le meilleur moyen de ne pas subir.

Vous l’avez compris, j’attends beaucoup de vous. Nous avançons dans un contexte qu’il faut appréhender avec calme et lucidité. Calme, car il ne s’agit pas de changer de stratégie dès qu’un événement extérieur apparaît. Lucidité, car il ne s’agit pas pour autant de sous-estimer les crises du monde. Or, durant l’année qui vient de s’écouler, que s’est-il passé ?

La France a réaffirmé sa volonté européenne, sa vision, son projet. La France a proposé une Europe qui protège, plus souveraine, unie et démocratique mais, dans le même temps, les extrêmes ont progressé et les nationalismes se sont réveillés. Est-ce une raison pour abandonner ? Certainement pas. Serait-ce une raison pour dire que nous avons tort ? Tout le contraire. Nous payons là plusieurs décennies d’une Europe qui, il faut le regarder en face, s’est parfois affadie, affaiblie, qui n’a peut-être pas toujours suffisamment proposé. Il faut en réalité redoubler nos efforts. J’y reviendrai.

La France s’est aussi faite le chantre d’un multilatéralisme fort. Or, le système multilatéral hérité du siècle passé est remis en cause par des acteurs majeurs et des puissances autoritaires qui parfois fascinent de plus en plus. Devons-nous rendre les armes ? Est-ce la responsabilité de la France si tel ou tel pays choisit telle sensibilité, si une autre puissance souveraine décide différemment de ce que nous pensons ? La responsabilité de la France est de faire entendre sa voix, de la défendre. Pas de se substituer à la parole des autres. Il nous faudra donc prendre de nouvelles initiatives, construire de nouvelles alliances, porter les débats au bon niveau si nous souhaitons appréhender tous les défis contemporains et le bon niveau est bien celui d’un débat de civilisation pour nos valeurs et la défense de nos intérêts.

L’année dernière, j’avais devant vous exposé les quatre objectifs de notre action diplomatique, au nom de la politique que je mène pour la nation : la sécurité de nos compatriotes, la promotion des biens communs, l'influence et l’attractivité de notre pays et, enfin, une nouvelle ambition européenne.

Ces objectifs sont toujours valides mais les circonstances testent la robustesse de nos principes et la constance de notre action. Je veux aujourd’hui rappeler ce que nous avons fait dans ce cadre, et le Ministre y reviendra plus longuement devant vous, mais aussi vous dire comment j’envisage notre réponse à cette double crise du multilatéralisme et de l’Europe. Car oui, plus qu’il y a un an, nous sommes aujourd’hui à un moment de vérité.

Sur la sécurité des Français tout d’abord.

C'est bien évidemment notre priorité et, tout particulièrement, la lutte contre le terrorisme au premier chef. Pour lutter contre le terrorisme islamiste, nous nous sommes dotés d’une nouvelle loi pour la France. Nous avons réalisé l’initiative annoncée ici même il y a un an d’une conférence contre le financement du terrorisme qui s’est tenue à l’OCDE au printemps dernier et l’Australie a accepté de présider une deuxième conférence sur ce sujet, et je vous demande de contribuer à un suivi très attentif de la mise en œuvre de l’Agenda de Paris avec l’ensemble de nos partenaires. Nous avons d’ores et déjà obtenu des premiers résultats. Le suivi de transactions qui jusque-là était opaque et qui touchait directement notre pays. Il nous faut poursuivre inlassablement ce travail.

Mais évoquer la lutte contre le terrorisme, c’est bien entendu revenir sur notre politique au Sahel et au Moyen-Orient où sévissent les groupements terroristes qui menacent la stabilité de ces régions mais qui nous ont aussi directement frappés d’où ont été organisées les attaques qui ont touché notre pays.

Au Sahel, nous avons maintenu notre engagement militaire au travers de l’opération Barkhane. Je veux ici saluer tous nos soldats qui, depuis 2013, sont avec courage engagés sur ce difficile théâtre d’opérations. C’est cette présence et celle de la MINUSMA qui ont évité le pire dans la région et ont permis en particulier que les élections se tiennent ce mois-ci au Mali. Nous avons dans cette région obtenu des victoires importantes ces derniers mois contre la présence terroriste, mais cette action doit se poursuivre avec la même intensité mais en complétant la présence la force Barkhane de plusieurs axes commencés dès juillet 2017.

Premièrement, nous avons appuyé et accéléré la création des forces conjointes du G5 Sahel. Je suis convaincu que notre action militaire sera, en effet, plus efficace encore si elle s’articule mieux avec l’implication des cinq pays du Sahel concernés. Nous avons levé des financements, encouragé les premières opérations des forces. A plusieurs reprises, je me suis déplacé pour constater les avancées et avec l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement impliqués nous avons amélioré notre organisation.

Cette organisation est la seule qui, dans la durée, permettra la stabilité parce qu’elle implique pleinement les cinq pays du Sahel concernés à leur propre sécurité. Il nous faut veiller à sa mise en œuvre et dans les prochaines semaines et les prochains mois, nous aurons à conduire de nouvelles opérations conjointes avec ces forces du G5. Il nous faut aussi renforcer la coopération avec l’Algérie, exposée au même risque terroriste, ainsi qu’avec le Nigéria et le Cameroun, engagés contre Boko HARAM.

Deuxièmement, nous avons encouragé la montée en puissance de l’Union Africaine. C’est ce que j’ai plaidé en juillet dernier au Sommet de Nouakchott devant l’Union Africaine et c’est ce que j’aurai l’occasion d’aborder prochainement avec le président TRUMP et le président KAGAME, actuel président en exercice de l’Union africaine. Nous devons travailler à la création d’opérations africaines de paix crédibles, leur assurer un financement stable et prévisible, en particulier entre les Nations Unies, l’Union Africaine et les organisations sous-régionales.

Troisièmement, nous avons complété notre action militaire par le renforcement et la simplification de notre action en matière de développement, en créant avec l’Allemagne et plusieurs autres bailleurs internationaux l’Alliance pour le Sahel. Ce sont les complémentaires "3D" que j’évoquais l’année dernière : Diplomatie, Développement et Défense, et nous avons commencé à déployer les premières opérations en matière d’éducation, en matière agricole, plus largement économique, dans plusieurs pays de la région où à chaque fois le terrain repris à l’ennemi doit s’accompagner de nouveaux projets qui permettent de donner des perspectives économiques, éducatives, des perspectives de vie aux populations qui, à un moment donné, avaient pu être séduites.

Je veux ici saluer l’action et les résultats obtenus en Mauritanie, au Niger, au Tchad. Il nous faut dans les prochains mois apporter toute notre aide à la stabilité et à la reconquête de certaines régions au Mali et au Burkina Faso.

Quatrièmement, la question du Sahel ne se réglera pas véritablement tant que la stabilité de la Libye ne sera pas assurée. L’anomie qui règne en Libye depuis 2011 a conduit à structurer des routes organisées de trafic de drogue, d’êtres humains et d’armes. Toute la bande sahelo-saharienne a toujours été une région de commerce et de trafic mais ces routes sont aujourd'hui celles de la misère et du terrorisme. Tant que nous n’aurons pas stabilisé la Libye, il sera impossible de stabiliser durablement le Sahel. Ce sont ces routes qui font vivre aujourd'hui les terroristes et qui les financent.

Nous avons pris plusieurs initiatives pour répondre à cette situation. D’abord en luttant contre ces trafics et réseaux de passeurs en lien avec l’Union Africaine et l’Organisation internationale pour les migrations.

Ensuite, en réunissant en France Messieurs SARRAJ et HAFTAR en juillet 2017 puis, pour la première fois, les quatre principaux dirigeants libyens en mai dernier, entourés de la communauté internationale, pour s’engager dans un processus politique commun.

Je crois très profondément à la restauration de la souveraineté libyenne et à l’unité du pays. C’est une composante essentielle de la stabilisation de la région et donc de la lutte contre les terroristes et les trafiquants. Les prochains mois seront à cet égard décisifs, ils nécessiteront notre mobilisation pour soutenir le remarquable travail du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Ghassan SALAME, pour éviter toutes les tentations de divisions, puisque ce pays est devenu au fond le théâtre de toutes les influences, de tous les intérêts extérieurs. Notre rôle pour notre sécurité et celle de la région, est de réussir à faire cheminer l’accord de Paris des quatre parties prenantes, décidé en mai dernier.

L’autre théâtre d’opération de notre lutte contre le terrorisme est bien entendu la Syrie. En Syrie, la situation reste extrêmement grave et préoccupante. La France a été très active sur le plan diplomatique, de New York à Genève, en passant par toutes les capitales concernées. Nous avons augmenté significativement notre aide humanitaire. Un cessez-le-feu est aujourd'hui indispensable, mais la solution durable à ce conflit sera politique, nous le savons est politique.

La France a été la première à proposer le rapprochement des positions des Etats occidentaux et arabes d’un côté, et des trois pays dits garants d’Astana de l’autre. Nous avons intégré l’Allemagne et l’Egypte au « Small group » qui tiendra en septembre une nouvelle réunion ministérielle avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Nous avons renforcé notre dialogue avec la Turquie sur la Syrie à un niveau jamais atteint, malgré nos divergences de fond sur la région du Nord-est. Le mécanisme de coordination créé à Saint Petersburg avec la Russie a produit ses premiers effets, en particulier sur le plan humanitaire, en ne cédant rien à nos principes et en agissant par le truchement des organisations non gouvernementales présentes sur le terrain pour mener des opérations humanitaires à destination des populations civiles.

Et je tiens à cet égard à saluer ici le travail remarquable et courageux de toutes les ONG sur le terrain.

Beaucoup de choses ont donc évolué, nous avons, je crois, réussi à reconstruire une voie européenne essentielle dans la crise syrienne, mais ne nous trompons pas, nous sommes sur ce sujet aussi à l’heure de vérité. Nous abordons sans doute les derniers mois du conflit avec un défit humanitaire essentiel dans la région d’Idleb. Et nous sommes à la croisée des chemins pour réussir à mener justement cette solution politique inclusive à laquelle nous croyons, qui seule permettra aux églises d’Orient, mais aussi aux kurdes, aux Yésidis, à l’ensemble des minorités ethniques et religieuses d’avoir une place dans la Syrie de demain.

Nos lignes sur le conflit syrien sont claires : la lutte contre Daesh et les groupes terroristes qui menacent la sécurité de l’Europe, le soutien aux populations civiles et la promotion d’une feuille de route diplomatique inclusive, en lien avec les Nations Unies.

J’ai confié à mon Envoyé personnel sur la Syrie, l’Ambassadeur François SENEMAUD, la mission de faire avancer ces objectifs en lien avec l’ensemble des ministères concernés. Mais la situation est aujourd'hui alarmante, car le régime menace de créer une nouvelle tragédie humanitaire dans la région d’Idleb et ne montre jusqu’à présent aucune volonté pour négocier la moindre transition politique. Cela implique de renforcer encore la pression sur le régime et ses alliés et j’attends à cet égard beaucoup de la Russie et de la Turquie, compte tenu de leur rôle et des engagements pris.

Nous voyons bien ceux qui voudraient, une fois la guerre contre Daesh achevée, faciliter ce que d’aucun appelle un retour à la normale. Bachar El-ASSAD resterait au pouvoir, les réfugiés de Jordanie, du Liban, de Turquie, retourneraient chez eux, et l’Europe et quelques autres reconstruiraient.

Si je considère depuis le premier jour que notre premier ennemi est Daesh et que je n’ai jamais fait de la destitution de Bachar El-ASSAD une condition préalable à notre action diplomatique ou humanitaire, je pense qu’un tel scénario serait néanmoins une erreur funeste. Qui a provoqué ces millions de réfugiés ? Qui a massacré son propre peuple ? Il n’appartient pas à la France de désigner les futurs dirigeants de la Syrie, pas plus qu’à un autre pays. Mais c’est notre devoir et notre intérêt que de nous assurer que le peuple syrien sera bien en situation de le faire.

C’est pourquoi la condition de l’unité, de la stabilité de la Syrie et donc de l’éradication durable du terrorisme islamiste, est bien la construction de cette solution politique inclusive qui passe par une réforme constitutionnelle et la mise en place d’un processus électoral, qui permettra à tous les Syriens, y compris ceux et surtout ceux qui ont fui le régime de Bassar El-ASSAD, de choisir leur propre dirigeant. Cette action et ces principes sont à mes yeux déterminants pour notre sécurité, même aujourd'hui et demain, car qu’est-ce qui a permis depuis plus de 15 ans de faire prospérer les groupements terroristes, qu’il s’agisse d’Al Qaida, de Daesh ou d’Al-Nosra ?

La misère économique, les régimes autoritaires ne protégeant plus les peuples, la corruption généralisée, mais aussi le non-respect de la souveraineté de ces pays par les puissances étrangères, c'est ce qui a nourri le discours même des islamistes, qui a nourri l’exploitation de toutes les frustrations et du discours antioccidental. Ne reproduisons donc pas ces erreurs. Respectons la souveraineté de la Syrie, mais respectons-la vraiment, en permettant au peuple de s’exprimer et de l’incarner. C’est le sens du combat diplomatique et politique que nous devons mener avec le représentant du secrétaire général des Nations Unies Staffan de MISTURA, pour faire converger les Syriens, le Small Group, Astana, les Etats de la région autour d’une même feuille de route inclusive, dont seule la mise en œuvre permettra une paix durable.

Bien entendu, la stabilité de la région dépendra aussi de notre capacité à traiter des sujets iraniens, je viens à l’instant d’échanger à nouveau avec le président ROHANI de la crise dans le Golfe, du conflit au Yémen et de la question israélo-palestinienne, qui reste absolument centrale et préoccupante.

Sur ces points essentiels, je ne veux pas ici être trop long et j’aurai à m’exprimer dans les prochaines semaines en prenant avec vous des initiatives concrètes.

Avec toujours le même fil rouge : notre sécurité comme notre vision du monde imposent la stabilité du Proche et du Moyen-Orient ; cette stabilité ne peut se construire que dans le pluralisme ethnique, religieux, politique et le travail avec toutes les parties prenantes. Elle impose donc tout à la fois notre implication et notre exigence quant au respect de la dignité de chacun et des droits humains, mais aussi notre humilité car à aucun moment nous ne saurions nous substituer à la souveraineté des Etats en question. C’est le sens de notre travail avec le Liban, la Jordanie ou l’Egypte ces derniers mois. C’est ce qui fait que nous serons écoutés et que nous pourrons continuer à être efficaces.

Évoquer dans l’environnement contemporain notre action pour la sécurité des Français, c’est aussi poursuivre notre engagement à lutter contre les armes chimiques et la prolifération nucléaire.

Nous avons créé un partenariat international contre l’impunité en matière d’armes chimiques, nous avons entraîné la solidarité de l’Union européenne avec le Royaume-Uni après l’attaque de Salisbury. Nous avons en juin permis la création d’un nouveau mécanisme d’attribution de telles attaques au sein de l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques, au siège de laquelle je m’étais rendu quelques mois plus tôt. Ces actions étaient nécessaires car nous savons combien le rôle, la surveillance de cette organisation est contestée par certains et avait pu être fragilisé par des réformes récentes.

La parole de la France a aussi été tenue et nos lignes ont été respectées. Quand le régime syrien a bombardé sa population avec des armes chimiques, nous avons frappé plusieurs de ses installations dans la nuit du 13 au 14 avril dernier avec nos alliés britanniques et américains, et nous continuerons à agir ainsi en cas d’utilisation avérée de ces armes.

Nous avons lutté contre la prolifération nucléaire, en accompagnant par une politique de vigilance l’ouverture entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, et en nous engageant, contre la décision américaine, pour le maintien de l’accord nucléaire avec l’Iran.

C’est la France, lors de notre rencontre ici-même il y a un an, qui proposait le chemin d’une négociation élargie avec l’Iran portant sur les quatre piliers que vous connaissez et que je vous avais alors exposé.

Cette approche progresse aujourd’hui, c’est une boussole que de nouveaux partenaires suivent, et nous ferons tout pour qu’elle contribue à éviter une grave crise dans les mois qui viennent. Un important effort diplomatique sera le moment venu nécessaire pour établir un nouveau cadre de stabilité. Notre action étroitement coordonnée, en particulier avec le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne consiste aujourd'hui à préserver ce que l’accord nucléaire de 2015 avait permis et à le consolider par l’ouverture de nouvelles négociations, plus exigeantes encore.

La France saura prendre ses responsabilités sur le sujet iranien, sans complaisance ou naïveté, en maintenant un dialogue étroit avec nos partenaires, parmi lesquels les Etats du Golfe.

Parler de notre sécurité, c’est aussi parler de la sécurité de l’Europe au regard des risques extérieurs. A cet égard, durant l’année qui vient de s’écouler, nous avons progressé à un rythme inégalé durant les soixante dernières années. Le renforcement de notre politique commune de défense depuis l’été 2017, la création d’un fonds de défense afin de financer des initiatives concrètes, la conclusion de deux accords stratégiques pour les chars et les avions de combat entre l’Allemagne et la France, la conclusion avec huit autres Etats membres de l’initiative européenne d’intervention que j’avais proposée en septembre 2017 pour favoriser un esprit de défense entre Européens, sont des avancées aujourd'hui actées et inédites. Jamais l’Europe n’avait avancé aussi vite en matière de défense.

L’Europe a pris conscience qu’elle devait se protéger et la France a dans ce cadre pris toutes ses responsabilités, à travers la loi de programmation militaire promulguée le 14 juillet dernier qui redonne une vision stratégique actualisée face à ces nouvelles menaces à notre pays et des moyens cohérents pour répondre à celles-ci.

La France et l’Europe ont en quelque sorte pris acte des nouvelles menaces contemporaines et du fait que nous avions besoin d’une autonomie stratégique et de défense pour répondre à ces dernières.

Je porterai dans les prochains mois un projet de renforcement de la solidarité européenne en matière de sécurité. Nous devons en effet donner plus de substance à l’article 42-7 du Traité sur l’Union européenne, invoqué pour la première fois par la France en 2015, après les attentats. La France est prête à entrer dans une discussion concrète entre Etats européens sur la nature des liens réciproques de solidarité et de défense mutuelle qu’impliquent nos engagements aux termes du traité. L’Europe ne peut plus remettre sa sécurité aux seuls Etats-Unis. C’est à nous aujourd’hui de prendre nos responsabilités et de garantir la sécurité et donc la souveraineté européenne.

Nous devons tirer toutes les conséquences de la fin de la guerre froide. Des alliances ont aujourd’hui encore toute leur pertinence, mais les équilibres, parfois, les automatismes sur lesquels elles s’étaient bâties sont à revisiter. Et cela suppose aussi pour l’Europe d’en tirer toutes les conséquences. Cette solidarité renforcée impliquera de revisiter l’architecture européenne de défense et de sécurité. D’une part, en initiant un dialogue rénové sur la cyber-sécurité, les armes chimiques, les armements classiques, les conflits territoriaux, la sécurité spatiale ou la protection des zones polaires tout particulièrement avec la Russie.

Je souhaite que nous lancions une réflexion exhaustive sur ces sujets avec l’ensemble de nos partenaires européens au sens large, et donc avec la Russie. Des progrès substantiels vers la résolution de la crise ukrainienne, tout comme le respect du cadre de l’OSCE – je pense en particulier à la situation des observateurs dans le Donbass – seront bien entendu des conditions préalables à des avancées réelles avec Moscou. Mais cela ne doit pas nous empêcher de travailler dès maintenant entre Européens. Je compte sur vous pour cela.

D’autre part, nous revisiterons cette architecture européenne en réaffirmant la pertinence du Conseil de l’Europe, dont la France présidera en 2019 le comité des ministres, et de nos valeurs démocratiques. Nous n’avons pas, sur ce sujet, à céder à quelque fascination que ce soit, et que nous voyons poindre un peu partout à travers l’Union européenne ; ces fascinations pour les démocraties libérales ou pour une forme d’efficacité qui passeraient par la renonciation à tous nos principes. Non. Notre sécurité passe par la réaffirmation de nos valeurs, des Droits de L’Homme qui sont au fondement même, non seulement du Conseil de l’Europe, mais de l’Union européenne, et la défense de toutes celles et ceux qui les portent chaque jour, je pense aux organisations non gouvernementales, aux intellectuels, aux artistes, aux militants, aux journalistes. Et sur ce sujet aussi, nous aurons à prendre, en particulier, en marge de l’assemblée générale des Nations Unies plusieurs initiatives.

Le deuxième objectif que j’avais assigné, il y a un an, à notre diplomatie, c’est la promotion des biens communs, la protection de la planète, la culture, l’éducation de nos enfants, la santé des populations, les échanges commerciaux ou encore l’espace numérique sont les éléments du patrimoine mondial que nous devons défendre. Mais pour cela, il faut d’abord des règles collectives, acceptées par tous, indispensables pour permettre la bonne coopération, et donc les progrès en matière de défense de ces biens communs. Or, la première menace qui pèse sur nos biens communs, c’est bien la crise du multilatéralisme lui-même.

Le multilatéralisme traverse en effet une crise majeure qui vient percuter toutes nos actions diplomatiques, avant tout, en raison de la politique américaine. Le doute sur l’OTAN, la politique commerciale unilatérale et agressive conduisant à une quasi-guerre commerciale avec la Chine, l’Europe et quelques autres, le retrait de l’accord de Paris, la sortie de l’accord nucléaire iranien en sont autant de marques. Le partenaire avec lequel l’Europe avait bâti l’ordre multilatéral d’après-guerre semble tourner le dos à cette histoire commune. La France, chaque fois, a été la première et la plus claire dans son opposition à ces décisions, mais tout en cherchant, chaque fois, à convaincre avant que ces décisions ne soient prises, et à maintenir l’indispensable dialogue de qualité entre nos deux pays. Et je revendique pleinement cela.

La Chine, tout en participant activement au jeu multilatéral classique, promeut de son côté sa propre vision du monde, sa propre vision d’un multilatéralisme réinventé, plus hégémonique. D’autres puissances ne jouent pas véritablement le jeu de la coopération multilatérale, et l’effondrement de cet ordre supposé occidental ne leur poserait pas tant de difficultés.

Dans ce contexte, on reproche parfois à la France de poursuivre le dialogue, les efforts avec les Etats-Unis, alors qu’il est évident, même dans les circonstances actuelles, que le dialogue avec Washington reste essentiel. Et je dois vous dire que la situation est à mes yeux très différente de ce qu’on décrit la plupart du temps. D’abord parce que le mouvement d’isolationnisme ou d’unilatéralisme, devrais-je dire, que les Etats-Unis vivent n’est pas totalement nouveau, il a déjà existé par le passé lointain, si on se réfère à JACKSON, mais il avait déjà commencé avec l’administration précédente sur certains théâtres d’opérations et dans certaines régions.

Cette position américaine, bien entendu, affaiblit le multilatéralisme contemporain, parce qu’elle entrave l’efficacité et peut conduire à faire émerger des modèles alternatifs plus hégémoniques et irrespectueux de nos valeurs. Mais à mes yeux, elle doit être plutôt vue comme un symptôme davantage qu’une cause, le symptôme de la crise de la mondialisation capitaliste contemporaine et du modèle libéral westphalien multilatéral qui l’accompagne.

Cette mondialisation et ce multilatéralisme ont eu des effets positifs qu’il ne faut pas sous-estimer : ils ont sorti de la pauvreté des centaines de millions d’habitants de la planète, ils ont mis fin à une conflictualité idéologique qui divisait le monde, ils ont permis une phase de prospérité et de liberté inédites, d’expansion pacifique du commerce international, qui est une réalité des dernières décennies. Cependant, cet ordre économique, social et politique est en crise. D’abord, parce qu’il n’a pas su réguler les dérives qui lui sont propres : déséquilibres commerciaux qui ont profondément touché certaines régions, perdantes de la mondialisation, catastrophes environnementales longtemps oubliées, inégalités considérables au sein de nos sociétés et entre nos sociétés.

Et du Brexit à la position contemporaine américaine, c’est bien ce malaise avec la mondialisation contemporaine qui s’exprime. Simplement, la réponse à mes yeux ne passe pas par l’unilatéralisme, mais par une réinvention, une nouvelle conception de la mondialisation contemporaine. Ensuite, cette mondialisation capitaliste a généré une accélération des flux financiers, une hyper-concentration des techniques, des talents, mais aussi des profits qui ont fait émerger des acteurs qui bousculent et affaiblissent nos règles collectives, et des grands gagnants comme des grands perdants.

Enfin, parce que, partout dans le monde, les identités profondes des peuples ont resurgi, avec leurs imaginaires historiques. C’est un fait. Ceux qui croyaient à l’avènement d’un peuple mondialisé, protégé des morsures de l’histoire, se sont profondément trompés. Partout dans le monde, la psyché profonde est revenue à chacun de nos peuples, et c’est vrai, de l’Inde à la Hongrie, en passant par la Grèce, jusqu’aux Etats-Unis. Regardez-y de plus près, elle est parfois détournée, parfois exacerbée, mais c’est un fait qui dit quelque chose du retour des peuples. C’est une bonne chose sans doute, en tout cas, je le crois.

C’est le signe que cette mondialisation indifférenciée ne permettait pas de répondre à tout, qu’elle a même échoué de répondre à quelques points, et qu’il nous faut donc en repenser les règles et les usages compte tenu justement de ces échecs, de ces transformations. Ainsi, la véritable question n’est pas tant de savoir si je vais prendre Donald TRUMP par le bras au prochain sommet, mais bien comment nous allons collectivement appréhender ce moment de grandes transformations que nous vivons, et auxquelles nos sociétés sont toutes confrontées.

La grande transformation démographique, qui bouscule aujourd’hui l’Afrique comme l’Europe, et tous les continents, il faut bien le dire. La grande transformation écologique et environnementale, plus criante que jamais. La grande transformation des inégalités et la grande transformation technologique. Le rôle de la France est de proposer une voie humaniste pour relever ces défis, et avec l’Europe précisément, de proposer une nouvelle organisation collective.

Cela suppose avant tout, et c’est le préalable, si je puis dire, de changer quelque peu notre approche diplomatique. On ne peut plus se contenter de suivre les évolutions politiques ou les déclarations des acteurs traditionnels sans essayer de mieux décrypter les identités profondes, les forces qui sont à l’œuvre et déterminent le cours des choses dans de nombreux pays. Nous avons trop constaté, en quelque sorte, ce que nous ne voulions pas voir, d’événements politiques, ces derniers semestres, sans nous interroger sur nous-mêmes, sans regarder assez les identités profondes, les imaginaires collectifs des peuples que j’évoquais à l’instant. Je pense qu’il faut davantage le faire et réinventer nos propres méthodes.

Et parfois, ce que nous ne voulons pas voir advient, parce qu’il y a une logique profonde, propre aux peuples. Il faut sans doute en comprendre davantage l’intimité, pour mieux anticiper ce cours des choses. Mais il nous faut aussi saisir ce qu’il y a de progressiste et d’humaniste dans ces visions du monde, et partant, les voies et les moyens d’initiatives nouvelles, et chercher dans chacun de ces pays nos alliés, les voies de passage, les moyens pour construire de nouvelles coopérations et alliances.

Nous devons accepter de le faire avec des alliances de circonstance, plutôt des alliances tactiques, concrètes selon les sujets, et sur le fondement de principes et d’objectifs clairs, avec toujours le respect de la souveraineté populaire nationale. Je l’ai déjà évoqué. Cela limite l’interventionnisme militaire ou, plus exactement, cela nécessite de toujours inscrire notre action dans une dynamique et un projet politique portés au plus près des peuples. Mais cela signifie aussi que nous devons, à chaque fois, œuvrer pour que tous les acteurs non étatiques contribuent à cette nouvelle régulation du monde, en respectent les règles, et ne puissent en être en quelque sorte les passagers clandestins ou les arbitres cachés.

La réponse ne passe donc pas par l’unilatéralisme, mais bien par une réorganisation de notre action autour de quelques biens communs stratégiques, et par la construction de nouvelles alliances. En premier lieu, c’est en matière de lutte contre le changement climatique, d’abord, l’accord de Paris sur le climat doit continuer à être défendu. Nous voyons tous les jours, avec l’intensification des extrêmes climatiques et des catastrophes naturelles, la confirmation de l’urgence de ce combat. Et nous continuons à le mener, et nous continuerons avec des actions concrètes.

Le Sommet One Planet, dont la France a pris l’initiative avec l’ONU et la Banque mondiale, le 12 décembre dernier à Paris, a permis d’adopter des engagements financiers nouveaux, substantiels. Un nouveau sommet international de suivi sera organisé le 26 septembre prochain à New York. Nous devons continuer à mobiliser tous les acteurs engagés dans cette lutte : entreprises, organisations non gouvernementales, collectivités locales, grandes fondations internationales.

Ce combat pour la planète restera au cœur de notre politique étrangère, comme l’a montré la place prise par ce thème dans les visites que j’ai pu faire au Saint—Siège, en Chine ou en Inde, en particulier avec le premier sommet de l’Alliance solaire internationale que nous avons organisé avec l’Inde. Il doit se traduire aussi par la négociation et l’adoption d’un nouveau pacte mondial pour l’environnement qui est à mes yeux un objectif prioritaire, et qui impliquera la mobilisation de l’ensemble de notre diplomatie, mais également par la préparation active des grandes échéances de négociations sur la biodiversité en 2019 et 2020. Et une mobilisation sur le sujet des océans comme des pôles qui impliquera, là aussi, la mobilisation de nombreux postes.

Cette diplomatie environnementale est majeure pour répondre à ce grand bouleversement du monde. Elle est majeure parce qu’elle caractérise l’engagement français et européen en la matière, parce qu’elle permet de nouer de nouvelles alliances, en particulier avec la Chine et plusieurs autres puissances, et donc construire, là aussi, nouvelle forme de coopération internationale, et parce qu’elle permet très profondément de répondre à nos intérêts, sur le court, moyen et long terme.

Le deuxième bien universel que nous avons replacé au cœur de notre politique de coopération internationale, c’est l’éducation, la culture, le savoir. La France, en effet, a montré son engagement en organisant avec le Sénégal la conférence de reconstitution du Partenariat mondial pour l’éducation à Dakar, il y a quelques mois, qui a permis de lever plus de deux milliards d’euros pour l’éducation dans le monde, en particulier l’éducation des jeunes filles, et pour laquelle, La France a multiplié sa contribution par 10.

C’est à mes yeux tout à la fois notre rôle universaliste et humaniste, mais aussi la contribution la plus essentielle que nous pouvons apporter à la crise démographique que j’évoquais tout à l’heure. Partout où la démographie flambe de manière inconsidérée, c’est parce que l’éducation a reculé, et en particulier, l’éducation des jeunes filles. Et c’est un discours que la France doit savoir porter. Combien ai-je été attaqué lorsqu’il y a un peu plus d’un an, j’ai porté ce discours à Hambourg, mais des dirigeants africains l’ont eux-mêmes repris, porté, et l’appliquent avec courage.

Mais partout où la démographie s’est mise à flamber avec sept ou huit enfants par femme, c’est là où les mariages forcés ont repris, c’est là où l’éducation des jeunes filles a reculé. Et qu’on me présente les pays où toutes les jeunes femmes ont choisi d’avoir huit ou neuf enfants, qu’on me les présente, avant de dire que ce serait une forme de néo-impérialisme que de tenir ces discours à Paris, non, il faut surtout aider ceux qui les tiennent dans chacune de leur capitale.

La lutte pour l’éducation est la meilleure réponse à tous les obscurantismes et les totalitarismes. L’éducation, la culture, l’intelligence sont au cœur de ce combat que nous devons mener partout. C’est la seule réponse durable au défi démographique mondial. Et c’est ainsi que nous lutterons en profondeur contre les inégalités, en particulier entre les femmes et les hommes. Et c’est pourquoi j’ai fait, dans notre pays comme à l’international, de l’éducation une priorité absolue.

Et je crois profondément que sur ce sujet, la France a un rôle inédit à jouer, d’abord, parce que c’est son histoire, sa tradition, depuis un an, nous avons construit une stratégie éducation ambitieuse, de la maternelle à l’université, qui, je crois, donne une crédibilité toute particulière à notre pays en la matière. Mais considérons aussi de plus près ce que nous sommes, et les atouts que nous avons, nous avons à Paris le siège de trois organisations internationales essentielles dans ces domaines : l’UNESCO, dont la nouvelle directrice générale a commencé à mener une action résolue que nous appuyons avec force, l’OCDE, qui a acquis une crédibilité incontestée en matière d’évaluation des performances éducatives, l’Organisation internationale de la Francophonie, dont c’est aussi une ambition forte et une des priorités.

Et nous avons lancé ces dernières années plusieurs projets, l’initiative ALIPH – pour protéger le patrimoine culturel menacé et plusieurs autres – qui accroît encore cette force. Ajouter à cela notre rôle accru au sein du Partenariat Mondial pour l’éducation que je souhaite encore plus actif et présent à Paris, nous avons tout pour faire de la France un écosystème mondial du savoir, de l’intelligence et de la culture, que vous devez faire rayonner à travers le monde, à travers la coopération universitaire, scientifique et de recherche.

Je crois que c‘est à la fois un bien commun essentiel que nous devons défendre, mais je crois que c’est aussi un levier formidable d’influence pour notre pays.

Troisième bien commun, c’est la santé. Sur ce sujet, la France reprendra le fil de ses engagements en réunissant le 10 octobre 2019, à Lyon, la conférence de reconstitution du Fonds mondial contre le SIDA, du paludisme et la tuberculose. Mais d’ici là, je souhaite que nous reprenions avec force l’important combat mené contre les faux médicaments, que la France avait initié, et que nous intensifions notre implication dans la lutte contre les grandes pandémies, je pense en particulier à la lutte contre Ebola en Afrique centrale.

Le quatrième bien commun fondamental, c’est l’espace numérique. Nous devons à la fois accompagner son essor, investir pour la promotion de nos intérêts stratégiques et économiques et encadrer pour qu’il puisse être accessible à tous et protecteur de nos droits fondamentaux. Ce grand bouleversement, c’est exactement le sens du sommet Tech For Good, organisé à Paris au printemps dernier, et que nous renouvellerons chaque année, pour encourager la réflexion sur les régulations indispensables dans ces nouveaux secteurs, avec l’ensemble des acteurs internationaux, et pour prendre aussi des mesures et des engagements concrets. Qu’il s’agisse de fiscalité, de respect de la vie privée, de droits sociaux, d’éthique, nous devons forger des réponses respectueuses de la souveraineté des pays, en n’acceptant jamais que tel ou tel acteur économique, tel ou tel espace de l’activité humaine, puissent échapper à notre souveraineté et à notre vigilance.

C’est le sens de l’engagement que nous avons pris, en particulier avec le Royaume-Uni, au niveau européen comme au niveau international, pour lutter contre la diffusion des messages terroristes, ou des contenus à caractère terroriste. C’est le travail de régulation que nous continuerons à mener au niveau européen et international, pour précisément accroître les bonnes pratiques dans le domaine. Le 12 novembre prochain, à Paris, se tiendront en même temps l’Internet Governance Forum et le CivicTech Forum, qui permettront des avancées sur ces sujets. Je veux faire de la France un centre majeur d’attractivité, mais aussi de réflexion et de construction de ces règles nouvelles, parler des biens communs et de cette nouvelle grammaire de la mondialisation.

C’est également parler de notre organisation collective en matière de commerce. Le commerce international n’est définitivement pas équitable, l’organisation collective que nous avons aujourd’hui n’est pas des plus efficaces, mais y répondre par l’unilatéralisme absolu et la guerre commerciale est la moins bonne des réponses. La réponse doit passer par une refondation en profondeur de notre ordre mondial international. C’est pourquoi j’ai invité dès mai dernier à l’OCDE à lancer un groupe de travail conjoint entre les Etats-Unis, l’Union européenne, la Chine et le Japon.

Nous devons clarifier les règles existantes, améliorer le règlement des différends, adopter une régulation plus efficace sur le plan international et intégrer dans notre politique commerciale nos propres exigences sociales et environnementales. On ne peut pas avoir une politique commerciale qui, en quelque sorte, serait pensée à part de tout.

J’invite ainsi les représentants de ces puissances en marge du 11 novembre prochain à Paris à tenir une première conférence sur ce sujet. Je pense que nous pourrons en quelques mois bâtir un système plus efficace et plus équitable, et que nous pouvons ne pas céder en effet, là aussi, à l’hégémonie de l’un et à la division de tous.

Je crois en effet également qu’en matière sociale, notre ordre mondial peut être bien mieux régulé. Et je pense que les 100 ans de l’OIT en 2019 doivent nous permettre d’aller plus loin et de marquer une nouvelle ambition. Partout où la mondialisation est critiquée, ce qu’on critique, ce sont ces aberrations sociales, ce que critiquent les classes populaires et moyennes, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, comme dans notre pays, c’est le fait qu’elles ne s’y retrouvent plus, que cet ordre a construit des inégalités que j’évoquais tout à l’heure, qui ne sont plus soutenables.

Il nous faut donc les penser, non pas les uns contre les autres, mais construire, comme nous avons su le faire dans d’autres domaines, les voies et moyens d’une coopération internationale, qui puisse nous aider à définir des standards communs, et donc penser, là aussi, la convergence de ceux qui le veulent, la coopération de tous. C’est pourquoi je veux faire de la question des inégalités le sujet majeur de l’engagement français durant l’année qui s’ouvre, notamment au G7, que nous présiderons en 2019.

C’est, au total, cette refondation de l’ordre mondial qui est notre cap. La France et l’Europe y ont un rôle historique à jouer. Je ne crois pas que l’avenir du monde se bâtira sur des hégémonies, ni sur des théocraties, ni sur de nouveaux totalitarismes. Mais cela suppose un sursaut immédiat de notre démocratie. Nous ne gagnerons pas cette bataille en disant simplement que les démocraties ont par définition raison, quand nous voyons partout les extrêmes monter, et cet ordre international se désagréger. Quand je parle d’un multilatéralisme fort, cela suppose de regarder ce qui, pour nos concitoyens, constitue des défis essentiels, et de savoir y apporter une réponse internationale.

C’est bien sur les failles de la gouvernance mondiale et l’affaiblissement des démocraties que la paix chèrement acquise de 1918 s’est brisée au cours des années 30. C’est pourquoi j’ai pris l’initiative d’inviter à Paris, pour les cérémonies du 11 novembre, plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement qui inaugureront le premier Forum de Paris sur la Paix. Ce Forum vise à renforcer notre action collective en associant Etats et organisations internationales, au premier rang desquels l’ONU, avec la société civile : les ONG, les entreprises, les syndicats, les experts, les intellectuels, les groupes religieux. La gouvernance internationale doit se décliner concrètement, et chaque citoyen peut y prendre part.

Cette refondation suppose précisément ce temps de réflexion, et ce sursaut commun, c’est celui, j’espère, que nous saurons faire vivre le 11 novembre prochain à Paris. Cette refondation suppose aussi que nous reconcevions nos organisations, nos instruments de concertation et nos coalitions.

En 2019, la France présidera donc le G7. Je souhaite que nous puissions en renouveler les formats et les ambitions. Nous devons, en restant un groupe cohérent porté par des niveaux de développement et d’exigences démocratiques communs, nouer un dialogue constant plus fort, avec la Chine sur le climat et le commerce, avec l’Inde sur le numérique, avec l’Afrique sur la jeunesse. En tout cas, nous ne devons pas reproduire ce théâtre d’ombres et de divisions qui, je crois, nous a davantage affaibli qu’il ne nous a fait avancer. Je proposerai donc d’ici à la fin de l’année aux autres pays membres une réforme, en lien d’ailleurs avec les Etats-Unis, qui prendront après nous la présidence du G7 en 2020.

Dans le monde entier, en Asie, en Amérique latine, en Afrique, ce sont ainsi de nouveaux équilibres, de nouvelles relations qu’il nous faut repenser sur la base du travail en profondeur que je vous ai demandé. Ainsi, en mars et en mai dernier, j’ai proposé à New-Delhi puis à Sydney de travailler à un nouvel axe indo-pacifique stratégique, qui ne doit pas être dirigé contre quiconque et peut être une contribution essentielle à la stabilité internationale. Nous sommes une puissance indo-pacifique avec plus de huit mille hommes dans la région et plus d’un million de nos concitoyens. Nous devons en tirer toutes les conséquences et je souhaite que vous puissiez décliner cet axe de l’océan indien à l’océan pacifique, en passant par l’Asie du Sud Est, de manière résolue, ambitieuse et précise.

Nous devons en effet construire une nouvelle relation à l’Asie. Elle se bâtira notamment autour de notre dialogue essentiel et fructueux avec la Chine. J’ai dit que je m’y rendrai chaque année et j’ai jeté les bases de ce dialogue il y a quelques mois à X’ian. La Chine a posé l’un des concepts géopolitiques les plus importants des dernières décennies avec ses nouvelles routes de la soie. Nous ne pouvons pas faire comme si cela n’existait pas. Nous ne devons céder à aucune fascination coupable ou court-termiste : c’est une vision de la mondialisation qui a des vertus de stabilisation de certaines régions mais qui est hégémonique. Et je souhaite donc que la France puisse porter une voix d’équilibre et de préservation à la fois de nos intérêts et de notre vision du monde dans ce dialogue constructif, exigeant et confiant avec la Chine.

Notre relation avec le Japon est aussi essentielle, qui présidera le G20 en même temps que nous le G7, et qui fut notre dernier invité du 14 juillet avec Singapour et dont l’actuelle saison culturelle en France montre la profondeur de nos liens. Les relations avec l’Inde, la plus grande démocratie du monde, et avec l’Australie, dans le cadre de la stratégie indo-pacifique sont essentielles. Mais c'est plus particulièrement avec l’Afrique que nous devons refonder ces coalitions contemporaines que j’évoquais à l’instant et notre capacité précisément à influer sur le cours du monde.

La leçon que nous donnent l’Ethiopie, le Liberia ou la Sierra Leone est qu’il n’y a pas de fatalité dans l’instabilité africaine, qu’il s’agisse des conflits internes ou des conflits entre voisins. L’Afrique n’est pas seulement notre interlocuteur pour parler des crises qui l’affectent, elle est d’abord notre alliée pour inventer les grands équilibres du monde de demain. C’est pourquoi je vous demande à tous d’être les acteurs de ce dialogue : la relation avec l’Afrique, et c’est un message essentiel que je veux ici vous faire passer, n’est pas que l’affaire de nos Ambassadeurs en Afrique. Quand je parle de l’Afrique, je parle de l’ensemble du continent africain dans sa diversité et ses richesses, comme je l’ai expliqué dans mon discours à Ouagadougou, en invitant tous les talents de nos deux continents, et notamment les jeunes européens et africains, à dialoguer sur leur avenir commun.

L’importance de l’Afrique pour la France, c’est non seulement celle du voisin le plus proche mais aussi une partie de notre identité, à travers notre histoire commune, à travers les diasporas que j’ai prévu de rencontrer cet automne et c’est pour nous la nécessité de mieux impliquer dans le renouveau de notre relation avec le continent ces dernières. Je compte également sur la contribution des membres du Conseil présidentiel pour l’Afrique, que je salue pour leur engagement à mes côtés.

Jamais nous ne remporterons la bataille que j’évoquais sur les biens communs, jamais nous ne parviendrons à construire ces nouvelles coopérations et alliances pour l’ordre international qui est le nôtre sans l’Afrique. Jamais nous ne remporterons la bataille pour la biodiversité ou contre le dérèglement climatique sans une participation active des pays africains. Je me rendrai au printemps prochain à Nairobi, au siège du PNUE, pour poursuivre la dynamique du Sommet One Planet en Afrique, sur le terrain.

L’Afrique est également le continent où se joue l’avenir de la Francophonie et, dans une large mesure, celui de notre langue, de notre influence culturelle. C’est la raison pour laquelle j’ai apporté le soutien de la France à la candidature endossée par l’Union africaine au poste de secrétaire générale de l’organisation internationale de la francophonie, dans la perspective du Sommet d’Erevan le 12 octobre prochain.

Nous avons lancé, à Lagos en juillet dernier, la saison des cultures africaines, qui sera organisée en France en 2020 et qui permettra, pour la première fois, à l’Afrique de se raconter elle-même, en France, dans tous les lieux de culture. N’Goné FALL sera la commissaire générale de cette saison culturelle. Je recevrai également cet automne le rapport de Bénédicte SAVOY et de Felwine SARR sur la restitution temporaire ou définitive à l’Afrique de son patrimoine culturel. Ce que nous construisons ce faisant, touche par touche et je ne peux détailler tous les axes de cette politique, c’est en quelque sorte la conversion d’un regard réciproque. Celle qui va permettre à la France de regarder différemment l’Afrique mais à l’Afrique également de se dire différemment, de raconter son propre passé, son propre présent différemment à la face du monde et de construire un nouvel imaginaire entre la France et le continent africain.

Je crois que c’est un élément essentiel de notre diplomatie car c’est l’une des clés des réponses à l’instabilité qui existe dans plusieurs régions de l’Afrique et c’est l’une des clés au rééquilibrage de notre relation sur tous les plans. L’Afrique est bien entendu aussi notre voisin méditerranéen. Nous sommes attentifs aux relations privilégiées que nous avons avec le Maroc, l’Algérie, la Tunisie où je me suis déjà rendu. J’aurai aussi l’occasion de faire une visite au Caire dans les prochains mois, au moment où l’Egypte prendra la Présidence de l’Union africaine. Et j’ai annoncé en début d’année à Tunis l’organisation d’un Sommet des deux rives, qui serait construit sur la base de l’actuel dialogue 5+5 mais de manière encore plus inclusive, avec une forte contribution des sociétés civiles. Dix ans après l’Union pour la Méditerranée, il nous faut retrouver le fil d’une politique méditerranéenne différente en tirant tous les enseignements de ce que nous avons réussi et de ce que parfois nous ne sommes pas parvenus à faire en impliquant toutes les sociétés civiles, mais en refondant une politique méditerranéenne plus inclusive qui est aussi sans doute l’une des conditions à la reconsolidation du Maghreb. Pour parler de la jeunesse, de la mobilité, de l’énergie, des échanges universitaires, cette politique est indispensable et nous allons, dans les prochains mois, préparer ce Sommet qui se tiendra à Marseille au début de l’été 2019.

Notre troisième objectif, Mesdames et Messieurs, est de renforcer l’influence de la France dans ce contexte. Je l’évoquais au début de mon propos en parlant de l’importance de la diplomatie économique. Notre pays a certes attiré cette année davantage d’investissements, de tourisme, de talents mais nous avons encore de nombreux défis. La France gagne aussi dans le domaine sportif avec l’attribution des Jeux Olympiques de 2024 ou la victoire des Bleus qui ont fait vibrer tout le peuple français en rapportant la Coupe du monde. Et cette victoire, la manière dont nos joueurs et nos concitoyens l’ont célébrée, ne font qu’augmenter les attentes vis-à-vis de la France.

Ce renforcement de l’attractivité dans tous les domaines, vos efforts y ont activement contribué. Ils ont été appuyés par les manifestations inédites que nous avons organisées depuis le début de l’année à Versailles, à Paris, ou ailleurs sur l’investissement avec le sommet Choose France, sur les nouvelles technologies avec Vivatech ou sur l’Intelligence Artificielle avec la présentation de la stratégie française devant de nombreux spécialistes internationaux à la fin de l’hiver. J’attends votre mobilisation quant au suivi de ces rencontres que nous répliquerons chaque année, et qui nécessitent nombre d’actions concrètes.

Des annonces importantes ont d’ores et déjà été faites à ces occasions par plusieurs grands groupes étrangers, montrant qu’il est possible de les faire travailler chez nous, en approfondissant avec eux un dialogue exigeant sur les aspects les plus complexes : la sécurité, la fiscalité, l’économie numérique. Et c’est dans ce même esprit que j’ai souhaité que la France puisse accueillir en 2023 les Olympiades des métiers et je voudrais que toutes nos ambassades se mobilisent pour accompagner notre candidature, car cela contribue aussi de ce rayonnement économique indispensable.

Dans le même temps, nous devons plus que jamais faire rayonner notre culture et notre langue. Je l’ai déjà évoqué à plusieurs reprises. Nous sommes sortis d’une vision défensive de la langue pour promouvoir enfin une politique offensive et décomplexée de la promotion du français et du plurilinguisme, qui accorde précisément toute leur importance aux langues régionales, qui reconnaît pleinement la place des auteurs africains et du monde entier dans la création littéraire francophone.

Je remercie à ce titre ma représentante personnelle pour la Francophonie, Leïla SLIMANI, pour son action dans ce domaine. Nous savions depuis des années, grâce à nos actions de coopération sur le terrain, qu’un changement de paradigme était indispensable. C’est aussi pour cela que j’ai décidé de stabiliser, pour la deuxième année consécutive, le budget de notre coopération culturelle en 2019.

D’ores et déjà, nous avons augmenté de 50 % le nombre d’heures de français proposées aux réfugiés, accru de 20 % le nombre d’écoles bilingues à l’étranger labellisés France Education, réuni tous les opérateurs concernés dans un consortium chargé de la formation des enseignements en Afrique francophone. Je salue également la création d’une Chaire francophone au Collège de France. Ces avancées sont considérables. Elles sont également favorisées par le dynamisme des journalistes de France Médias Monde et j’entends bien poursuivre avec vous et vous demander de redoubler d’efforts en ce sens, en lien avec l’Organisation internationale de la Francophonie comme en lien avec l’ensemble des opérateurs, dont TV5 Monde et l’Agence universitaire de la Francophonie.

Toutes ces actions d’influence ne seront possibles et efficaces en complément de la diplomatie économique que j’évoquais, que si nous redonnons à notre politique d’aide au développement une ambition nouvelle et en faisant une véritable politique d’investissement solidaire. La France, en effet, inscrit sa politique de partenariat et de solidarité internationale dans la poursuite des Objectifs du développement durable des Nations unies. Pour être à la hauteur de ces objectifs, j’ai décidé que notre nouvelle politique bénéficierait de moyens accrus, après une longue période de baisse, pour atteindre 0,55 % du revenu national brut en 2022. D’ores et déjà, pour garantir cette montée en puissance, le budget 2019 comptera un milliard d’euros en autorisations d’engagement supplémentaires.

Mais, je vous l’avais dit il y a un an, les moyens financiers à eux seuls ne sont pas suffisants. C’est une nouvelle méthode qui est nécessaire, à la fois en France et chez nos partenaires. D’ores et déjà, une nouvelle gouvernance a été mise en place avec la création d’un conseil national du développement. Le Premier ministre a reçu vendredi dernier le rapport qu’il avait demandé au Député Hervé BERVILLE et je remercie ce dernier pour le travail qu’il a mené et la large consultation ainsi conduite. Comme il le propose, une nouvelle dimension partenariale sera mise en place pour mieux associer la société civile, la jeunesse, les entreprises, les diasporas.

Cela implique d’agir au plus près du terrain. Je soutiens à cet égard la proposition de rehausser les moyens mis à disposition directement de nos Ambassades pour encourager les initiatives locales. Sur l’égalité femmes/hommes, sur le soutien à l’innovation, vous devez être les premiers acteurs et les premiers relais de la volonté politique que j’ai exprimée. Je soutiens également l’idée d’une nouvelle loi d’orientation et de programmation pour entériner notre trajectoire d’aide et rénover le cadre de notre politique de coopération internationale.

Une politique ambitieuse d’évaluation sera mise en œuvre pour suivre les résultats de cette aide en toute transparence et des réorganisations profondes seront conduites autour de l’AFD. Je vous demande également de bien veiller dans le monde entier à ce qu’une grande cohérence et une grande complémentarité soit respectée entre nos priorités nationales et les programmes européens de coopération et de développement. C’est, je crois, un gage de cohérence et d’efficacité pour nous tous.

Je finirai mon propos par le quatrième axe développé l’année dernière, sans doute encore plus d’actualité aujourd'hui, qui est notre priorité européenne. J’ai, au fond, tout au long de mon discours rappelé l’importance de l’Europe, qu’il s’agisse de notre sécurité, de notre capacité à refonder l’ordre international ou de promouvoir notre propre intérêt. Le faire seul est la plupart du temps, si ce n’est voué à l’échec, beaucoup moins efficace. Le faire avec une voix européenne forte, cohérente est, je crois, le gage de notre réussite. Depuis un an et notre dernier échange, nous avons proposé, nous avons avancé, nous avons d’ores et déjà construit des alliances. Lors du discours de la Sorbonne en septembre dernier, j’ai proposé une vision complète, ambitieuse d’une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique. Sur cette voie, nous avons déjà obtenu de premiers résultats en matière de défense – je les évoquais tout à l'heure -, en matière de travail détaché, en matière de convergence sociale et fiscale, de politique commerciale. Nous aurons dans les prochains mois à continuer le travail en matière de migration ou de numérique.

Nous avons, sur cette base et compte tenu du contexte politique que notre premier partenaire allemand a eu à connaître, mené un travail durant plusieurs mois qui a permis à Meseberg en juin dernier de sceller une étape historique entre la France et l’Allemagne et de construire un document stratégique qui, sur tous ces points, y compris celui d’un budget de la zone euro, nous fixe un agenda commun d’ici à 2021 qui permettra, je crois, de développer de manière cohérente cette vision d’une Europe souveraine, unie et solidaire qui doit être la nôtre.

Culture et éducation ; climat et énergie ; santé et alimentation ; numérique et innovation : dans chacun de ces domaines, nous avons avancé et proposé une initiative commune. Nous avons aussi adopté une méthode ambitieuse, celle de parler à tout le monde, là aussi en Europe. J’ai visité en un an plus de la moitié des pays de l’Union européenne. J’ai évidemment échangé avec l’intégralité, de manière bilatérale, des chefs d’Etat et de gouvernement. J’ai souhaité marquer le premier été par une tournée en Europe centrale et orientale et je serai demain au Danemark où aucune visite d’Etat n’a eu lieu depuis trente-six ans puis en Finlande.

Nous avons parfois oublié certains pays de l’Europe sous prétexte que nous les voyons à chaque conseil européen. Mais il y a à convaincre, à comprendre aussi la dynamique profonde de nombre de peuples européens à construire une relation bilatérale forte qui serve notre politique européenne. L’Europe ne se fait ni à Bruxelles, ni à Paris, ni à Berlin : elle se construit dans la diffusion inlassable de nos idées, de nos projets, de manière non hégémonique.

Je vous le dis aujourd'hui avec gravité et humilité : ce combat européen ne fait que commencer. Il sera long, il sera difficile. Il sera au centre de l’action de la France tout au long de mon mandat et en particulier dans l’année qui s’ouvre, car nous sommes au milieu d’une crise européenne.

Partout en Europe, les doutes sont là. Le Brexit en est un symptôme. La montée des extrêmes est presqu’une règle générale et la France fait figure d’exception. Les divisions entre le nord et le sud sur le plan économique, entre l’est et l’ouest sur les sujets migratoires fracturent encore trop souvent notre Union européenne et nous vivons aujourd'hui une crise politique sur les migrations à laquelle nous devons faire face.

Alors face à cela, quelle réponse apporter ? Ne rien renoncer de l’ambition exprimée il y a un an. Rien. Au contraire, apporter davantage de clarté et quelques angles que je veux ici, pour conclure mon propos, partager avec vous. D'abord, de quelle Europe parlons-nous ? Quand nous parlons à l’Afrique, quand nous parlons de nous-mêmes, quand nous parlons de tous ces grands défis, le périmètre, le contour de cette Europe ne doit pas non plus faire l’objet d’une forme de confort intellectuel. L’Union européenne n’est pas écrite de tout temps et les modifications de son périmètre ne sont ni un drame ni forcément un mouvement qu’on devrait subir. Il y a bien évidemment d’abord le Brexit mais j’attire l’attention collective : n’y a-t-il pas quelque chose d’absurde dans une Union européenne qui aujourd'hui va consacrer une énergie colossale à discuter du Brexit et, en même temps, voudrait discuter du début d’une négociation d’adhésion de l’Albanie ou de tel ou tel autre pays des Balkans occidentaux ? Tous ces pays ont quelque chose à voir avec notre histoire et notre stratégie mais est-ce que nous sommes là, dans ce cercle initié et lucide, est-ce que nous pouvons être satisfaits de ce cours des choses ? Est-ce que nous pensons que c’est la meilleure manière de répondre à nos défis ? Est-ce que nous pensons que les choses vont comme elles vont, quand il s’agit du périmètre de l’Europe, de quelle Europe nous voulons ? Résolument pas.

Alors pour ce qui est du Brexit, je souhaite que l’accord se fasse d’ici à la fin de l’année en fixant le cadre de nos relations futures. Mais je le répète, le Brexit, c’est un choix souverain qu’il faut respecter, mais c’est un choix qui ne saurait se faire aux dépens de l’intégrité de l’Union européenne. C’est le choix du peuple britannique pour lui-même, mais pas pour les autres et la France souhaite maintenir une relation forte, privilégiée avec Londres, mais pas au prix de la dissolution de l’Union européenne. Et que l’intégrité soit défendue par la capitale dont c’est la cause, dans son propre pays, est une chose, mais nous avons à défendre l’intégrité de nos valeurs, de notre socle et de l’Union européenne. Et donc nous aurons sur ce point un dialogue exigeant, indispensable, mais il nous faudra, quoi qu’il en soit penser la relation de l’Union européenne après le Brexit avec Londres, c’est indispensable. Et le penser consistera justement à définir à tout le moins un partenariat stratégique à construire.

C’est la même exigence que je veux à nos frontières, j’ai déjà évoqué le cas de la Russie tout à l’heure, le cadre d’une architecture européenne de sécurité et de défense, mais nous ne pouvons durablement construire l’Europe sans penser notre relation à la Russie et la Turquie. La penser sans complaisance et sans naïveté. Est-ce que nous pensons aujourd'hui là aussi de manière lucide et sincère que nous pouvons continuer une négociation d’adhésion à l’Union européenne de la Turquie, quand le projet chaque jour réaffirmé du président turc avec lequel j’ai eu une intensité de contacts inédite depuis un peu plus d’un an, est un projet panislamique régulièrement présenté comme antieuropéen, dont les mesures régulières vont plutôt à l’encontre de nos principes ? Résolument pas. Et là aussi nous devons sortir de l’hypocrisie pour construire une solution me semble-t-il plus efficace, plus cohérente pour nous. Il nous faut donc construire un partenariat stratégique qui n’est pas l’adhésion à l’Union européenne, mais un partenariat stratégique avec la Russie et avec la Turquie, parce que ce sont deux puissances importantes pour notre sécurité collective, parce qu’il faut les arrimer à l’Europe, parce que l’histoire de ces peuples s’est fait avec l’Europe et que nous devons ensemble construire notre avenir. Et donc sur tous ces plans il faut une relation que nous avons à réinventer, sur un plan exigeant, mais sans céder à l’espèce de tâtonnement bureaucratique auquel nous nous sommes habitués sur ces sujets.

Nous sommes sortis de la guerre froide et la Turquie du président ERDOGAN n’est pas la Turquie du président KEMAL. Ces deux réalités sont là et il nous faut en tirer toutes les conséquences.

Ensuite il faut assumer, accepter, porter le fait que cette Europe sera une Europe de plusieurs cercles, parce que c’est déjà le cas et donc il faut accepter qu’il y ait une Europe large, peut-être plus large que l’Union européenne, le Conseil de l’Europe étant d’ailleurs cette base la plus large, fondée sur nos principes, qui parfois sont remis en cause au sein même de l’Union. Mais il y a donc la place pour une Europe large, la place pour un marché commun et en ce cœur la place pour des coopérations renforcées, une intégration plus forte. Et cela suppose d’avoir un peu d’audace et d’accepter de revisiter des tabous de part et d’autres, des tabous de transfert d’un côté du Rhin, des tabous de changement de traité de l’autre côté du Rhin. Et sur ce point la vision que porte la France aujourd'hui, celle que nous porterons dans le cadre des échéances à venir, suppose une révision des traités qu’il s’agisse de la réforme de l’Union européenne comme de la zone euro, je la souhaite et je souhaite que nous puissions la construire sur la base des consultations démocratiques en cours, sur la base des résultats des élections européennes à venir et d’un travail intergouvernemental qui s’imposera dans les semestres qui viennent. Parce que nous avons besoin de repenser notre organisation collective, nous avons besoin d’une Commission plus efficace et moins nombreuse et nous avons besoin de repenser les axes stratégiques de cette Europe.

Enfin, nous serons et nous sommes aujourd'hui collectivement testés parce que cette Europe, je l’ai dit à plusieurs reprises et je viens de parler de son périmètre, de son étendue, a à faire face à tous les défis contemporains dont je vous parle depuis tout à l’heure. Et nous n’avons qu’une réponse européenne crédible : celle de notre autonomie stratégique. La question n’est pas de savoir si nous arrivons à convaincre les Etats-Unis d’Amérique, c’est un grand peuple et un grand pays, la question est de savoir si les Etats-Unis d’Amérique nous regarde comme une puissance avec une autonomie stratégique, c’est ça la vraie question qui est posée pour l’Europe aujourd'hui. Et force est de constater qu’aujourd'hui ce n’est pas le cas, nous devons nous regarder avec lucidité, quand bien même celle-ci est cruelle, je ne crois pas très sincèrement aujourd'hui que la Chine ou les Etats-Unis d’Amérique pensent que l’Europe est une puissance avec une autonomie stratégique comparable à la leur. Je ne le crois pas.

Et je crois que si nous ne parvenons pas à construire cela, nous nous préparons des lendemains moroses. Et donc comment construire cette véritable souveraineté européenne ? Eh bien en répondant aux défis dont j’ai parlé depuis tout à l’heure, en faisant de l’Europe, le modèle de cette refondation humaniste de la mondialisation. C’est ça le défi qui est le notre et c’est ça exactement le débat qui est posé aujourd'hui au peuple européen dans le cadre des élections qui adviennent.

Il y a le choix clair d’un côté, l’Europe n’est pas efficace, elle ne répond plus à ces défis de la mondialisation, ce n’est pas totalement faux. Elle n’a pas d’autonomie stratégique, il faut donc la désagréger.

Alors les plus sophistiqués vous diront : nous sommes pour la désagréger, sauf lorsqu’elle nous apporte quelque chose, parce que l’Italie est contre l’Europe qui n’est pas solidaire sur le plan migratoire, mais elle est pour l’Europe des fonds structurels lorsque j’écoute certains ministres ; le président du conseil italien le sait bien d’ailleurs, il est sur une ligne beaucoup plus structurée. La Hongrie de Viktor ORBAN, elle n’a jamais été contre l’Europe des fonds structurels, de la politique agricole commune, mais elle est contre l’Europe quand il s’agit de tenir de grands discours sur la chrétienté. Et donc il y a une voie claire de l’opportunisme européen, mais du nationalisme revendiqué, désagrégeons cette structure bureaucratique, elle ne nous apporte plus rien, faisons semblant d’oublier ce qu’elle nous apporte et assumons une ligne claire.

De l’autre côté, il nous faut porter une ligne, là aussi claire, celle d’une volonté de souveraineté européenne, en quoi et comment l’Europe peut apporter seule une réponse à nombre de nos défis ? Et je crois que c’est le cas, et je crois que c’est tout particulièrement le cas pour ce qui est de la crise politique aujourd'hui qui sévit en Europe. Je parle de crise politique, parce que les sujets dont nous avons parlé tout l’été en matière de migration, sont avant tout une crise politique. L’Europe a eu à subir en 2015 une vraie crise migratoire, quand des millions d’Afghans, de Syriens sont venus en raison des conflits. L’Europe a eu à subir, il y a un peu plus d’un an une vraie crise migratoire venant de Libye mais ces flux ont été divisés par dix ces dernières semaines, ce n’est pas une crise migratoire, c’est une crise politique, celle de la capacité justement à répondre à ce défi.

Sur ce sujet, il faut regarder les choses en face, pourquoi avons-nous cette crise politique européenne et en particulier italienne ? Parce qu’il n’y a pas eu de solidarité européenne. Pourquoi avons-nous eu une crise politique en Grèce naguère ? Parce qu’il n’y avait pas eu de solidarité européenne. C’est pour ça que j’ai toujours lié la solidarité européenne avec une vraie politique de souveraineté et donc ce qui arrive en Italie, nous l’avons produit politiquement par notre absence de solidarité. Est-ce que cela excuse les discours xénophobes, les facilités ? Je ne le crois pas et je crois que d’ailleurs ces mêmes xénophobes n’apportent aucune solution au mal qu’ils dénoncent. Parce que, qu’ils aillent chercher la solidarité de ceux dont ils veulent se séparer, grand bien leur fasse, ça ne marche pas souvent, et d’ailleurs tous ceux qui portent une voix nationaliste ou unilatérale s’entendent très bien pour dénoncer l’Europe, s’entendent rarement pour trouver les solutions communes, y compris pour eux-mêmes. Les axes dont on nous parle n’apportent aucune solution, aucune.

Et donc sur ce sujet, je crois que la France, avec les partenaires constructifs et la Commission européenne, doit mettre en place, contribuer à mettre en place un dispositif pérenne, respectueux des principes humanitaires et du droit solidaire et efficace. Ce qui veut dire que nous ne devons, ni ne pouvons sortir du droit d’asile tel que nous l’avons pensé. J’écoute chaque jour les discours qui disent « ne prenez pas les gens, ne les acceptez pas, c’est de la faiblesse, de la bonne volonté », la France, et je m’en félicite, fait partie des pays qui durant la crise politique de cet été a accueilli le plus de réfugiés, 250, je vous invite à garder en mémoire la proportion de ces chiffres, parce que sur la base des cinq missions de l’OFPRA que nous avons organisées, nous les avons identifié comme relevant du droit d’asile. Mais qui sont les responsables politiques, responsables fondamentalement, lucides, qui peuvent nous expliquer qu’on devrait renoncer au respect du droit d’asile en France et en Europe ? Mais ce droit d’asile, il est dans notre constitution, nous Français, il est dans tous nos textes européens. La clé simplement, c’est d’accepter cette différenciation. Il y a ceux qui relèvent du droit d’asile qu’il faut accueillir de manière inconditionnelle en ayant la bonne organisation, avec l’autre rive de la Méditerranée et avec le reste de l’Afrique et il y a ensuite une politique de migration à construire au niveau européen avec l’Afrique pour éviter, réduire, maitrise les flux migratoires liés à des migrations économiques et organiser un retour beaucoup plus efficace à ces derniers.

C’est le sens même de la loi qui sera promulguée dans quelques jours et que nous avons prise pour la France, c’est le sens même de l’action que nous portons en Europe, et du partenariat que nous voulons construire, avec l’ensemble des Etats africains, comme nous avons commencé à le faire, à Abidjan, à la fin de l’année dernière, dans le dialogue entre l’Union européenne et l’Union africaine, à Paris, il y a un an jour pour jour, avec l’Union africaine et nombre de pays d’origine et de transit, et avec nombre de nos partenaires, c’est cela la bonne réponse à la crise migratoire.

C’est donc une politique européenne, exigeante, qui respectent nos valeurs, mais qui, parce que nous aurons trouvé les règles communes d’une protection aux frontières, et d’une solidarité interne, sera enfin efficace. La France a un défi migratoire, nous sommes le pays qui a eu à recevoir quasiment le plus de demandes l’année dernière, le deuxième pays de demandes d’asile, un peu plus de 100 000, mais aucun n’est arrivé par des routes dites primaires. C’est l’incapacité de l’Europe à gérer le sujet migratoire qui fait que nous avons eu autant de demandes d’asile. Et donc j’invite toutes celles et ceux qui tiennent des discours sur ce sujet à regarder la réalité des faits. Si nous avons une organisation plus efficace au niveau de l’Europe, alors, nous avons une partie de la réponse à nos propres défis, et parfois à nos propres craintes.

Il faut le construire, de manière durable, exigeante, avec l’ensemble des partenaires concernés. Mais plus largement, vous l’avez compris, sur chacun de ces sujets, je plaiderai pour que l’Europe puisse être cette puissance qui, comme je viens de le dire, pour le sujet des migrations, et bien, construira les solutions auxquelles nous croyons dans la mondialisation. Une puissance économique et commerciale à travers une zone euro plus forte, une défense de nos intérêts stratégiques et commerciaux, une indépendance financière avec des mécanismes que nous devons proposer, et c’est la demande que nous avons faite à la Commission, pour asseoir l’autonomie financière de l’Europe, et mettre enfin fin à l’extraterritorialité de certaines décisions financières et monétaires.

Une puissance économique et commerciale qui construira la convergence fiscale et sociale en son sein. Je veux une Europe qui soit puissance numérique, et de l’intelligence artificielle, à travers les initiatives que nous avons commencé à prendre, d’un fonds pour les innovations de rupture, d’un vrai marché unique du digital, d’une taxation juste des acteurs du numérique. Une Europe puissance écologique, alimentaire, et sanitaire, qui permette partout en Europe de garantir les mêmes droits d’accès à une nourriture saine et à un environnement plus sain.

Cette vision-là, nous la portons ; la mener seuls au milieu d’autres acteurs européens qui ne la suivent pas est impossible, c’est au niveau européen que nous devons mener, et que nous mènerons jusqu’à son terme le combat pour la fin du glyphosate, que la France a initié, je le rappelle, et sans la France, c’était quinze ans d’autorisation qui étaient à nouveau octroyés au glyphosate partout en Europe, mais également pour un prix unique du carbone, pour une vraie souveraineté énergétique, pour une vraie stratégie du renouvelable.

Je crois à cette vision d’une Europe où à l’heure des choix qui est le nôtre, il y a la possibilité pour un humanisme progressiste, en Europe, je crois qu’il y a la possibilité pour un chemin qui permettra de faire pleinement percevoir à nos concitoyens que l’Europe, sur nombre de sujets qui les inquiètent n’est pas simplement une partie de la réponse, mais le cœur de notre autonomie stratégique, le cœur de la réponse que nous pouvons apporter à nos peuples, et vis-à-vis de nos partenaires.

Nous devons écrire et raconter l’histoire de l’Europe que nous voulons, en démontrer les résultats concrets, afin de convaincre nos concitoyens que la voie de la coopération en Europe, dans le monde, est la seule qui puisse conduire à des relations de confiance mutuelle dans l’intérêt de la France.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, je vous ai présenté nos priorités pour l’année à venir autour de ces quatre piliers que j’avais définis l’année dernière. Vous les mettrez en œuvre sous la conduite du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves LE DRIAN, que je remercie à nouveau du travail sans relâche qu’il effectue, à Paris et autour du monde, efficacement épaulé par Nathalie LOISEAU et Jean-Baptiste LEMOYNE et par tous les agents du Quai d’Orsay, au service de notre pays. Je souhaite ici leur exprimer, vous exprimer à tous ma gratitude pour le dévouement, les compétences, l’intelligence, l’engagement et le courage.

Sur chacun des enjeux que je viens de décrire, la bataille n’est pas gagnée, et la France, parfois, semble avoir une voix solitaire, en tout cas, c’est ce que certains dénoncent ou voudraient railler. Je ne crois pas que cette voix soit solitaire, je crois qu’elle est attendue, je crois qu’elle est souhaitée, et je crois qu’elle est fidèle à ce qu’est notre histoire, je crois qu’elle doit rompre aussi avec des habitudes ou des automatismes, et qu’elle doit chercher partout cette exigence qui nous est imposée.

Il y a 40 ans, quasiment jour pour jour, SOLJENITSYNE prononçait à Harvard un très grand discours qu’on a appelé après le Déclin du courage, et il disait déjà à peu près tout de ce que je viens de décrire, sur la fragilité du monde occidental qu’il avait pourtant découvert et qui était perçu comme le lieu de toutes les promesses. Ce que nous devons enrayer aujourd’hui, c‘est précisément le déclin du courage.

Et donc pour y faire face, notre vocation est partout, et c’est ce que j’attends de vous, d’être une puissance médiatrice, une puissance diplomatique, militaire, culturelle, éducative, nationale et européenne, et d’être toujours médiatrice, médiatrice, ça veut dire que la France ne renonce jamais à porter sa voix, mais qu’elle cherche toujours à construire des alliances sur cette base, ça n’est pas une puissance de compromis, ça n’est pas une puissance médiane, c’est une puissance de médiation, celle qui justement cherche à bâtir cet ordre international qui, seul, je le crois très profondément, nous permettra de rendre un peu plus humaine et humaniste, la mondialisation qui est la nôtre.

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vendredi 24 août 2018

RDC: Le Dr. Fweley Diangitukwa remet Léonbitch Kengo à sa place !

Dr. Fweley Diangitukwa

Acteur politique dans la diaspora congolaise, le professeur Fweley Diangitukwa est l'un des nos meilleurs analystes politiques. Personne n'a écrit autant que lui sur la République démocratique du Congo. Les Congolais lisent-ils ? Prennent-ils le temps de lire Fweley Diangitukwa ? A Réveil FM International, nous rigolons à chaudes larmes. En effet en hommage à l'ancien secrétaire Général de l'ONU, nous avions volontairement titré: RDC, Kofi Annan n'a jamais teint ses cheveux ! Dans l'article, nous avions mis en exergue le cas de Léonbitch Kengo wa Dondo, édenté de la Gare du Nord et président illégitime depuis 2012 du sénat godillot de la République démocratique du Congo, plus âgé que Kofi Annan, qui se teint les cheveux. Cela n'a pas tardé, des lobbyistes patentés l'ont fait passer sur RFI, le lendemain. Lui qui était silencieux depuis des lustres, comment Léonbitch Kengo, a-t-il pu sans gène s'exprimer sur RFI, avec un raisonnement biaisé et alambiqué? Et les Congolais envoûtés scandent sans rire: "Kengo Alobi ehh" ! Léonbitch Kengo en tant que juriste ne sait-il pas que demander l'amnistie à un imposteur-usurpateur et illégitime de Chef d'Etat, c'est reconnaître sa culpabilité et reconnaître aussi la légitimité d'un illégitime ? Voilà un individu Léonbitch Kengo qui a occupé des hautes fonctions dans notre pays, qui réfléchit comme un primairien. Sur RFI, Léonbitch Kengo dévoile le macabre complot contre le peuple congolais, Emmanuel Ramazani Shadary n'est qu'un potiche, Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale n'est pas disposé à lâcher les manettes de la RDC, il s'accroche !

Léonbitch Kengo 83 ans se teint les cheveux !

Avant la lecture de l'appel de Fweley aux leaders et compatriotes de l'opposition, relisons-ceci: "Notre pays est arrivé à un tournant de son histoire qui nécessite l’union de notre intelligence collective. À trois reprises, notre pays a été dominé et sauvagement pillé : d’abord par le roi des Belges, Léopold II, qui avait donné la forme actuelle de notre pays et qui en avait fait sa propriété privée en s’appuyant sur les hommes qu’il envoyait dans sa colonie pour l’exploiter à son compte. Ces derniers en avaient profité pour s’enrichir eux aussi. À partir de 1908, l’État belge avait poursuivi l’œuvre macabre de son Roi ; ensuite, le 24 novembre 1965, le colonel Joseph-Désiré Mobutu avait fait un coup d’État en s’appuyant sur ses « compagnons de la révolution ». L’enrichissement rapide et illicite était la seule préoccupation de différents dirigeants du Mouvement populaire de la Révolution (MPR) ; enfin, depuis 1997, le Congo est tombé entre les mains d’un conglomérat d’aventuriers venus du Rwanda et de l’Ouganda épaulés par des Congolais qui ont vendu leur âme au diable. Tous, sous la conduite de Joseph Kabila, poursuivent les mêmes ambitions que les colons de Léopold II et les « compagnons de la révolution » de Joseph-Désiré Mobutu. À présent, notre aujourd’hui est bloqué et notre avenir commun est incertain."Appel à tous les intellectuels congolais de souche : l’avenir du Congo est notre responsabilité commune. Agissons ensemble. 21 avril 2018, www.fweley.wordpress.com

Nous n'aimons pas lire et nous ne voulons pas lire. Ceux qui s'époumonent pour écrire

Aux leaders et Compatriotes de l’opposition,

En date du mercredi 8 août 2018 à 21:52, j’ai largué un très court message qui a suscité le courroux de l’un de nos compatriotes qui l’a vite qualifié de « piètre sortie pour un professeur ». Plusieurs échanges ont suivi que vous pouvez lire ci-dessous. Le président du Sénat, sans mandat depuis 2012, M. Léon Kendo wa Dongo, vient de me donner raison en vendant publiquement la mèche du plan minutieusement concocté par le PPRD en accord avec la CENI. Celui qui s’est attaqué à moi peut boire sa honte en cachette et mesurer la longueur d’avance que je n’ai cessé de prendre dans l’analyse de la politique de notre pays. Sans prétention aucune, j’ai un avantage sur beaucoup de compatriotes puisque je réfléchis à l’intérieur de ma discipline de prédilection qui est la science politique, contrairement à celui qui a qualifié mes propos de « piètre sortie pour un professeur » qui n’est pas un expert dans ce domaine. Le professeur que je suis a vu juste sur la stratégie conçue par le PPRD pour le court et long terme.

Dans ce papier, je reprends d’abord ce que j’ai dit le 8 août qui a suscité colère, injure publique et multiples commentaires de mes compatriotes. Ensuite, je reprends les propos du président Joseph Kabila sans mandat depuis décembre 2016 puis les propos du président du Sénat, M. Kengo – lui aussi sans mandat depuis 2012 –, qui confirment les propos que j’ai jetés précocement comme un poisson dans la mare. Je conclus par un unième appel aux leaders de l’opposition et aux compatriotes. Je précise que je ne suis candidat à rien, sinon à l’unité de l’opposition.

Voici ce que j’ai écrit le 8 août 2018 :

"Désormais, la mort dans l’âme, les laudateurs doivent apprendre à intégrer, à prononcer et à écrire un autre nom pour poursuivre leur culte de la personnalité... Ils doivent faire le deuil de l’ancien pour porter les habits neufs de l’autre, à moins qu’ils acceptent de disparaître avec leur ancien maître. Après combien de temps vont-ils réapparaître sur la toile et quel sera leur nouveau discours, eux qui ne juraient jusqu’à hier que sur le nom de leur Raïs ?

La roue de l’histoire commence à tourner.

Dans la République à démocratiser du Congo (RDC), le scénario de la Russie (Poutine - Medvedev - Poutine) vient d’être planté. Il appartient maintenant aux Congolais d’empêcher sa réalisation".

Voici ce qu’a dit, au sommet de la SADC en Namibie, M. Joseph Kabila, président sans mandat depuis décembre 2016 :

"Depuis hier je réfléchis sur un discours d’adieu (rires dans la salle). Ce sacrifice n’est pas vain parce qu’il a consolidé un processus de démocratie irréversible. Nous allons continuer de l’avant avec les prochaines élections à la fin de cette année. Il est clair qu’en dehors de la démocratie et des élections, la stabilité économique et sécuritaire demeurent nos préoccupations. Je conclus par des mots de remerciements. A tous les anciens chefs d’État de la SADC. Certains sont dans la salle. Merci de m’avoir partagé de votre expérience pendant 17ans. A mes collègues merci de m’avoir aidé à rendre ma vie un peu facile. A notre organisation, notre famille je dis simplement soyez forts, n’oubliez jamais le passé de notre région. Je suis très ému. Ma préférence n’est pas de dire adieu mais à nous revoir bientôt". Très lourd de sens pour un président qui prétend quitter ses fonctions.

Voici ce qu’a dit M. Léon Kengo wa Dongo, président du Sénat sans mandat depuis 2012 :

Au cours d’une interview accordée à Radio France Internationale (RFI), le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo estime que Joseph Kabila a toutes les chances de revenir aux affaires au cas où son dauphin remportait la présidentielle du 23 décembre. Kengo wa Dondo essaie de justifier son idée par le scénario russe entre Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, qui se partagent les postes de président de la République et du chef du gouvernement, depuis près de 20 ans. Pour lui, la désignation d’Emmanuel Shadary pourrait permettre à Joseph Kabila de revenir aux affaires plus tard sans obstacle. « Le président est le garant de la Constitution. Il a respecté cette Constitution, personne ne peut émettre des critiques. Analysons tout, il fait passer Ramazani, Ramazani peut être élu une fois, lui peut revenir. Moi, je crois qu’il a bien joué. S’il revient après, il peut rester autant qu’il veut », a-t-il déclaré. Signataire de la charte du FCC (Front Commun pour le Congo), Léon Kengo wa Dondo a, lors de cet entretien, plaidé pour le retour de Moïse Katumbi en vue de participer au scrutin. Il a également promis de choisir librement le candidat président qu’il soutiendra pour la présidentielle. Sé/Fonseca Mansianga, in e-mail/Internet envoyé le 22 août 2018 par Mwalimu Kadari M. Mwene-Kabyana (Canada).

Le président du Sénat, sans mandat depuis 2012, a dit (je ne reprends pas ses idées mot à mot mais je les résume), plaidant pour le retour de M. Moïse Katumbi au Congo, que celui-ci peut revenir et déposer sa candidature. [Il a vite ajouté, je le cite :] « Il n’est pas dit qu’il va gagner. S’il gagne, bon c’est un fils du pays ». Il faut noter que, dans sa plaidoirie, il a commencé par la négation ou le refus : « il n’est pas dit qu’il va gagner ». Par ces mots, il a informé le président sans mandat, que tout a été préparé pour que M. Moïse Katumbi ne gagne pas l’élection présidentielle. La phrase qui a suivi – à l’affirmative – n’est qu’une formalité qui complète sa pensée négative. L’emploi du conditionnel n’est qu’une volonté de voiler son plan. Notez que M. Kengo n’accorde aucune chance à M. Shadary de briguer un second mandat (quelles que soient ses performances au cas où il gagnerait), exactement comme dans le cas de la Russie. Ceci signifie en clair qu’après l’élection présidentielle de décembre 2018 – si l’opposition et le peuple congolais ne font rien pour la sortie définitive du PPRD du pouvoir –, le Parlement et le Sénat feront sauter les articles verrouillés de la Constitution pour permettre le retour et la permanence de M. Joseph Kabila au pouvoir. Un avenir très sombre !!!!

Mon unième appel à l’opposition

Ce qui précède montre clairement le choix cynique du camp au pouvoir qui cherche par tous les moyens à conserver le pouvoir en organisant des élections de formalité pour montrer à l’opinion internationale que l’État à démocratiser du Congo (RDC) a organisé des élections « prétendument transparentes ». Il faut croire que certaines puissances appuient les dirigeants actuels dans cette voie.

Pendant ce temps, on apprend qu’« en attendant la liste provisoire de la présidentielle au prochain scrutin qui sera publiée ce 24 août 2018 (c’est-à-dire demain), les questions ne cessent de se poser concernant la candidature commune de l’opposition. Alors qu’au sein de l’UDPS, tout est bien clair. Au cas où leur candidat sera éligible à la présidentielle, pas question de céder la candidature commune à un autre parti de l’opposition. Peut-être dans le cas d’une inéligibilité de Félix Tshisekedi que les choses pourront se négocier autour de cette affaire ». Que se passera-t-il si chaque parti de l’opposition suit l’exemple de l’UDPS ? N’est-ce pas que M. Nangaa et le PPRD applaudiront ?

Alors que les gestionnaires de deux derniers mandants 2001-2011 et 2012-2016 (plus deux ans sans mandat électif, 2017-2018) n’ont pas été jugés par le peuple congolais pour établir ce qu’ils ont fait et n’ont pas fait.

Alors que M. Nangaa et sa CENI s’entêtent à ne pas prendre en considération toutes les accusations : machine à voler les voix des électeurs, 10 millions d’électeurs sans empreinte digital, mineurs sur les listes électorales, bureaux fictifs, électeurs de la diaspora non recensés, lieu réel du Serveur non indiqué, etc., l’opposition accepte d’aller aveuglément aux élections comme un mouton qu’on amène à l’abattoir pour être égorgé. À la différence que le mouton ne sait pas ce qui lui arrivera, en revanche, pour les candidats à l’élection présidentielle dans la République à démocratiser du Congo (RDC), par la voir du président du Sénat sans mandat depuis 2012, M. Léon Kengo, vient de leur dire clairement ce qui va se passer pour que le PPRD conserve le pouvoir qu’il chérit bien depuis 2001.

Malgré la cruauté des aveux de M. Léon Kengo wa Dondo sous forme de « révélations qui ne disent pas leur nom », l’opposition commence à refuser l’idée de la candidature commune. À la place de l’Union qui fait la force (devise belge), c’est l’égoïsme partisan qui prend le dessus. M. Jean-Marc Kabund-a-Kabund, Secrétaire Général de l’Union pour la Démocratie et le progrès social (UDPS), s’est déjà exprimé sans mâcher les mots, en disant que « la seule candidature que l’UDPS soutiendra, pour briguer la magistrature suprême est celle de Félix Tshisekedi, pas une autre ». Cette prise de position s’expliquerait si notre pays était un État normal, or nous sommes un pays sans État (dixit pasteur Ekofo). Dans un tel contexte, l’incitation à ne voter que pour le candidat de son parti est un choix qui facilite le travail de Corneille Nangaa, du PPRD et Congolais corrompus de la FCC qui travaillent en commun pour l’échec de l’opposition. Le dernier voyage de M. Corneille Nangaa en Namibie avec M. Kabila est lourd de conséquence.

Chers Compatriotes de l’opposition Qu’est-ce qui est mieux : gagner l’élection présidentielle en se mettant ensemble ou échouer ensemble à cause de l’égoïsme de chaque parti ? La réponse à cette question permettra à notre pays de retrouver la stabilité et le développement à défaut il sombrera dans l’anarchie. Je m’adresse à la conscience de chaque leader de l’opposition et de chaque Congolais qui aspire à un changement de paradigme après tant de morts inutiles et d’années perdues.

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jeudi 23 août 2018

Haut-de-France: Relais de la Marcotte sur Macquigny !

Friha Malika et Marc Dewez, propriétaires de la Marcotte

C'est notre coup de cœur. Sur la route départementale D1029, entre Origny-Sainte Benoite et Guise, le Relais de la Marcotte Hameau est visible et imposant sur le Lieudit La Marcotte, 02120 Macquigny ! Marc Dewez (66 ans) et Friha Malika (60 ans) vivent ensemble depuis 36 ans, ils ont trois adultes. Ils sont propriétaires de La Marcotte. Marc Dewez et Friha Malika, deux anciens parisiens qui ont décidé de se poser en Haut-de-France. Ils ont acquis la Marcotte le 21 décembre 2012. Qui n'a pas ressenti un léger frisson le 21 décembre 2012? A cette date aurait dû survenir le cataclysme mondial annoncé par les Mayas. La Marcotte a ouvert officiellement ses portes, le 18 mars 2013. Marc et Malika ont gardé le nom Marcotte qui existait déjà. Ils se posent la question s'ils avaient bien fait de garder le même nom. Il faut dire que le marcottage est un méthode de multiplication facile à exécuter, qui consiste à enterrer la branche d’un végétal afin d’en produire un nouveau. Cela permet ainsi produire de nouvelles racines sans couper de rameaux tout en garantissant les chances de reprise de votre végétal. Marcotte signifie branche, attachée à une plante mère, que l'on met en terre pour qu'elle prenne racine à son tour.

Ils font tous les deux s'occuper de leur Marcotte, lui au bar et elle à la cuisine 100% fait maison. Marc et Malika portent leur affaire, ils en sont fiers et passionnés. Mais les recettes ne suivent pas. Macquigny qui n'a ni café ni brasserie, les clients sont rarissime ! C'est grâce à la retraite d'ancien directeur en informatique de Marc que la Marcotte tient encore debout ! Des mauvaises langues veulent qu'ils vendent et qu'ils partent. Une mauvaise publicité est faite contre la Marcotte pour que Marc et Malika puissent abandonner ! On sait comment cela se passe, on vous pousse à bout et on ramasse votre affaire contre une bouchée de pain. Marc et Malika sont des résistants. Ils résistent encore et encore, mais combien de temps.

Cadre idéal pour des réceptions, manifestations, anniversaires...tel que nous l'avons découvert. Au delà du coup de cœur, c'est une démarche de solidarité pour Marc et Malika pour qu'ils gardent leur affaire: La Marcotte. Comment les soutenir: automobilistes, routiers, touristes, baroudeurs, curieux en empruntant la D1029, arrêtez-vous au hameau Marcotte pour boire et manger.

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SADC: Thabo Mbeki récusé par le régime de Kinshasa !

Thabo Mbeki, ex-président Sudafricain et L'envoyé spécial de la SADC

Dans une maison, lorsque le père de famille tape souvent sur son épouse, affame et maltraite ses propres enfants, il est normal que le voisin intervienne et appelle la police. Des faux Lumumbistes, faux nationalistes et faux souverainistes ont pris en otage 80 millions d'habitants, ils s'enrichissent comme Crésus, ils tuent, pillent, assassinent impunément et ils s'étonnent que des voisins s'interfèrent. Au delà du problème de bonne gouvernance, du respect des droits de l'homme, la République démocratique du Congo a un grave problème insoluble de légitimité. Alias Joseph Kabila est illégitime, mais il fait comme si rien n'était ! Les députés et sénateurs n'ont plus de légitimité depuis 2012, mais ils continuent à siéger, percevoir des émoluments comme si de rien n'était, les ministres sont nommés par un président illégitime...Quelle légitimité à le Vuvuzélateur Lambert Mende Omalanga pour parler au nom du peuple congolais ? Fieffé menteur, Pinocchio du régime dictatorial, le tchaku national fait son théâtre: il a oublié son passé de galérien et qu'en 1997, il avait traversé le fleuve Congo à pied ! Lorsque la politique devient un moyen pour enrichissement rapide et illicite, des politicailleurs affairistes s'en a pare, ils profitent des institutions pour engrager plus d'argent, ils se fouettent de la Constitution et des lois...mais surtout ils considèrent le peuple comme leur paillasson. Convictions et valeurs républicaines ne font pas bon ménage avec la classe politique congolaise qui est corrompue et toxique. La République démocratique du Congo a connu dès son accession à la souveraineté nationale et internationale, jusqu'à nos jours, des régimes politiques variés. Ces régimes ont été confrontés aux multiples crises de contestation de la légitimité de ses animateurs d'une part et d'autre part à l'instabilité politique chronique.

Thabo Mbeki n'est pas n'importe qui ! Le régime dictatorial et d'imposture de Kinshasa souffre d'amnésie. Il est étonnant que le Vuvuzélateur et ex-rebelle RCD-Goma, Lambert Mende Omalanga puisse réfuter Thabo Mbeki, ex-président de l'Afrique du Sud, que la nation arc-en-ciel a décidé d'envoyer pour jouer les observateurs en République démocratique du Congo, où le processus de l'après Kabila vient d'être engagé après qu'il a désigné Emmanuel Ramazani Shadari, comme son dauphin à l'élection présidentielle. Pourquoi récuser Thabo Mbeki en tant qu'envoyé spécial de la SADC, alors même que c'est lui, le même Thabo Mbeki qui organisa le dialogua inter-congolais à Sun-City en Afrique du Sud ? L'histoire de la République démocratique du Congo est un perpétuel recommencement.

C'est Thabo Mbeki alors Président de l'Afrique du Sud qui offrit gîtes et couverts aux seigneurs de guerre, rebelles, gangsters, bandits de grand chemin, troubadours ensanglantés et policailleurs ventriotes qui ont participé Dialogue intercongolais du 25 février 2002 au 19 avril 2002. Foulant aux pieds le principe de l'impunité, des seigneurs de guerre qui avaient fait couler le sang de leurs compatriotes congolais furent introduits dans les institutions républicaines. Le gouvernement 1+4=0 de Sun City avait montré ses tares et limites. Le dialogue intercongolais ne fut qu'une blanchisserie qui lave plus blanc des criminels, assassins, violeurs et voleurs qui n'ont aucun respect de rien. Lorsque des pseudo-nationalistes feintent de hausser le ton sur la souveraineté inviolable de la République démocratique du Congo, nous à Réveil FM International rigolons à chaudes larmes.

Souvenons-nous ! Dimanche, 5 Mai 1997-Ce jour-là, le maréchal Mobutu Sese Seko rencontre Laurent Désiré Kabila (alors président de l’AFDL), sur “Outeniqua”, navire de guerre sud-africain, ancré au large de Pointe-Noire/Congo-Brazzaville. Pour ce tête-à-tête, chaque camp refusait le lieu proposé par l’autre. Les Etats-Unis d’Amérique avaient finalement apporté leur appui aux négociateurs sud-africains en proposant que la rencontre se tienne en mer.

La réunion de quatre-vingt-dix minutes s'est tenue dans un conteneur aménagé pour la circonstance, en présence de Nelson Mandela, de son vice-président, Thabo Mbeki, et du médiateur de l'ONU et de l'Organisation de l'unité africaine, Mohammed Sahnoun.

Pour la première fois, Mobutu a annoncé qu'il avait l'intention de quitter le pouvoir. Il a proposé la mise en place d'un processus de transition suivi d'élections, auxquelles il ne se présenterait pas. D'autres sources, citées par le «Washington Post», ont confirmé que le vieux dictateur serait prêt à se retirer «pour soigner son cancer». D'autre part, Mohammed Sahnoun a annoncé à l'issue de la rencontre que, en «signe de bonne volonté», Kabila a ordonné à ses troupes d'arrêter leur progression, mais ce dernier «n'a pas utilisé le terme de cessez-le-feu. Il veut que les négociations conduisent à la fin des hostilités».

Le processus de dialogue a donc été entamé, ouvrant enfin un espoir de paix pour le peuple zaïrois, même si on est encore éloigné du but. Kabila, qui a pour lui l'avantage des armes - ses troupes seraient à 65 kilomètres de l'aéroport de Kinshasa -, a confirmé: «Mobutu m'a demandé de lui donner huit jours pour examiner notre demande de démission. J'ai accédé à cette requête et nous nous reverrons sur ce bateau d'ici à huit jours. Mais je lui ai dit, ainsi qu'aux médiateurs, qu'il n'y aurait pas de cessez-le-feu pendant qu'il examine nos demandes.» Et le chef de l'Alliance rebelle a insisté pour que le régime de transition chargé de préparer des élections soit placé sous sa propre autorité. Ce que Mobutu rejette pour le moment puisqu'il a affirmé ne vouloir remettre «le pouvoir» qu'il «détient» qu'à un «successeur élu».

Il aura fallu tout le poids du président sud-africain, Nelson Mandela, présent à bord du vaisseau de la marine sud-africaine «SAS Outeniqua» depuis trois jours pour que ce premier face-à-face entre Mobutu et Kabila se tienne avec les résultats annoncés. Alors qu'officiellement Mobutu attendait depuis vendredi de monter à bord, Kabila, resté dans la capitale angolaise Luanda, a plusieurs fois menacé de retourner à son quartier général zaïrois. Nelson Mandela aurait alors sommé ce dernier de ne plus tergiverser. De son côté, le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Aziz Pahad, a souligné samedi soir que Nelson Mandela «ne disposait pas d'un temps illimité. Le président a un pays à diriger», a-t-il déclaré, en ajoutant à l'intention des protagonistes zaïrois: «Nous espérons qu'ils vont commencer à résoudre leurs problèmes.» Le chef de l'Alliance rebelle est finalement arrivé à bord samedi soir en compagnie du vice-président sud-africain Thabo Mbeki.

Une nouvelle rencontre est prévue dans une dizaines de jours. A l'issue de la réunion de dimanche, Mohammed Sahnoun a conclu en ces termes: «Nous n'allons pas résoudre les problèmes du Zaïre aujourd'hui. Ce que nous faisons ici, c'est créer un espace propice au dialogue.» Que se passera-t-il sur le terrain durant ce délai? les deux protagonistes ne seront-ils pas tentés, l'un d'accroître son avantage militaire, l'autre de contourner sa promesse? Mobutu n'en est d'ailleurs pas, rappelons-le, à son premier engagement de processus démocratique non tenu.

Le partage équitable et équilibré a toujours été l'objectif de politicailleurs ventriotes congolais. D'ailleurs, une vieille tradition inaugurée en 1960, avec la Table Ronde de Bruxelles (janvier-févier 1960) veut que chaque fois que les Congolais sont appelés à résoudre une crise qui menace la survie de notre patrie, ils finissent par le partage des potes de responsabilités à divers : niveaux : gouvernement, parlement, entreprises publiques, diplomatie, magistrature, territoriale, armée, police, services de renseignements, etc. Les archives nationales renseignent que ce fut le cas avec les « pères de l’indépendance » à leur retour de Bruxelles, des « frères ennemis » congolais après la Conférence de Lovanium en 1961, de la Conférence Nationale Souveraine en 1992, du Conclave des Mobutistes et leurs alliés débauchés de l’Opposition en 1993, de l’association momentanée entre Mobutistes et dissidents de l’Union Sacrée en 1994 (3me Voie), du Dialogue Intercongolais en 2002 et, dernièrement, les Concertations nationales en septembre-octobre 2013.

S’il y a en République démocratique du Congo, un forum qui n’avait rien à envier à une « tombola nationale », c’est bel et bien le Dialogue Intercongolais, organisé de février à décembre 2002 à Sun City, en Afrique du Sud. Le partage du « gâteau national » entre belligérants, seigneurs de guerre,criminels patentés, opposants girouettes-tourneurs de casaque et société civile corrompue, avait donné, au sommet de l’Etat, un monstre dénommé 1+4 (un Président et quatre vice-Présidents)=0, une soixantaine de ministres et vice-ministres, un Parlement (Sénat et Assemblée Nationale) composé de tous les participants au Dialogue Intercongolais, quatre institutions d’appui à la Démocratie (Haute Autorité des Médias, Observatoire National des Droits de l’Homme, Commission Électorale Indépendante, Commission Vérité et Réconciliation) qui se sont fouvoyées, des quotas de mandataires publics, de gouverneurs de provinces, d’ambassadeurs, d’officiers de l’armée et de la police, de responsables des services de renseignements, etc.

Malgré la signature de l’accord de Sun City, beaucoup de recommandations n’ont pas été exécutées malgré la tenue des élections Louis Michel 2006 en République démocratique du Congo. La réconciliation nationale a été un raté et beaucoup d’anti-valeurs gangrènent la gestion de l’Etat !

Le dialogue inter- congolais tenu à Sun-City en Afrique du Sud, du 25 février 2002 au 19 avril 2002, fut une grande blanchisserie qui a lavé des criminels de tous leurs crimes et les a introduit dans les institutions républicaines. Le gouvernement 1+4=0 est le fruit de Sun-City. Qui se souvient des résolutions du dialogue inter-congolais ?

Préambule

Nous, Composantes et Entités du Dialogue intercongolais, Parties au présent Accord : le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), le Mouvement de Libération du Congo (MLC), l'Opposition politique, les Forces vives, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie/Mouvement de Libération (RCD/ML), le Rassemblement Congolais pour la Démocratie/ National (RCD/N), les Mai-Mai;

Conscients de nos responsabilités devant le Peuple Congolais, l'Afrique et la Communauté internationale;

Considérant l'Accord pour un cessez-le-feu en République Démocratique du Congo signé à LUSAKA les l0, 30 et 31 juillet 1999;

Considérant les Résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives au conflit en République Démocratique du Congo, Considérant les Résolutions du Dialogue intercongolais tenu à Sun-City (Afrique du Sud) du 25 février 2002 au 19 avril 2002;

Prenant à témoin son Excellence Monsieur Ketumile MASIRE, Facilitateur neutre du Dialogue intercongolais; Son Excellence Monsieur Kofi ANNAN, Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies, représenté par Son Excellence Monsieur Moustapha NIASSE, Envoyé Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Dialogue inter-congolais, Son Excellence Monsieur Thabo MBEKI, Président de la République d'Afrique du Sud et, Président en exercice de l'Union Africaine;

Concluons le présent Accord global et inclusif sur la transition en République Démocratique du Congo, en convenant de ce qui suit :

I. De la cessation des hostilités

1. Les Parties au présent Accord et ayant des forces combattantes, à savoir le Gouvernement de la RDC, le RCD, le MLC, le RCD-ML, le RCD-N, et les Maï-Maï renouvellent leur engagement, conformément à l'accord de Lusaka, au plan de désengagement de Kampala et au sous-plan de Harare, et aux Résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, de cesser les hostilités et de rechercher une solution pacifique et équitable à la crise que traverse le pays.

2. Les parties au présent accord et ayant des forces combattantes acceptent de s’engager dans le processus de formation d’une armée nationale, restructurée et intégrée conformément à la Résolution adoptée le 10 avril 2002 par la Plénière du Dialogue inter-congolais (DIC) de Sun-City.

3. Les Composantes et Entités au DIC Parties au présent Accord (les Parties), à savoir le Gouvernement de la RDC, le RCD, le MLC, l'Opposition politique, les Forces Vives, le RCD-ML, le RCD-N et les Maï-Maï, acceptent de conjuguer leurs efforts dans la mise en application des Résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le retrait de toutes les troupes étrangères du territoire de la RDC et du désarmement des groupes armés et des milices, et de sauvegarder la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RDC.

4. Les Parties acceptent de conjuguer leurs efforts en vue d'aboutir à la réconciliation nationale, A cet effet, elles décident de mettre en place un gouvernement d'union nationale qui permettra d'organiser des élections libres et démocratiques dans les meilleurs délais.

5. Les Parties acceptent de prendre toutes les mesures nécessaires à la sécurisation des populations et des dirigeants de la transition tant à Kinshasa que sur l'ensemble du territoire national, A cet effet seront arrêtées des dispositions visant à garantir la sécurité des populations, des Institutions, de leurs animateurs et des principaux cadres dirigeants des Parties au présent Accord et ayant des forces combattantes.

Il. Des objectifs de la transition

Les objectifs principaux de la transition sont :

1. la réunification, la pacification, la reconstruction du Pays, la restauration de l'intégrité territoriale, et le rétablissement de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national;

2. la réconciliation nationale;

3. la formation d'une armée nationale, restructurée et intégrée;

4. l'organisation d'élections libres et transparentes à tous les niveaux permettant la mise en place d'un régime constitutionnel démocratique;

5. la mise en place des structures devant aboutir à un nouvel ordre politique.

III. Des principes de la transition

1. Pour garantir une transition pacifique, les Parties participent à la gestion politique durant la transition. Les institutions qu'elles mettront en place durant la transition doivent assurer une représentation appropriée des onze Provinces du pays, des différentes sensibilités au sein des forces politiques et sociales. En particulier, il faudrait prévoir une représentation appropriée des femmes à tous les niveaux de responsabilité.

2. En vue d'assurer la stabilité des Institutions de la transition, le Président, les Vice-Présidents, le Président de l'Assemblée nationale, le Président du Sénat restent en fonction pendant toute la durée de la transition, sauf en cas de démission, décès, empêchement définitif, condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion, ou corruption.

3. Les Parties réaffirment leur adhésion à la Déclaration universelle des droits de l'homme, au Pacte international des droits civils et politiques de 1966, au Pacte international des droits économiques et socioculturels de 1966, à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples de l98l et aux conventions internationales dûment ratifiées. Dans cette perspective, elles prennent l'engagement de lutter pendant la période de la transition pour un système respectueux des valeurs de la démocratie, des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. Les institutions de la transition reposeront sur le principe de la séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire.

5. Les institutions de la transition fonctionneront selon les principes de la consensualité, de l'inclusivité et de la non-conflictualité,

6. La répartition des responsabilités au sein des institutions de la transition et à tous les niveaux de l'Etat se fait sur la base du principe de l'inclusivité et du partage équitable entre les composantes et entités au Dialogue intercongolais selon des critères de compétence de crédibilité, d'honorabilité et dans un esprit de réconciliation nationale. Les modalités de mise en application du principe de l'inclusivité sont prévues à l'Annexe du présent Accord inclusif.

7. La répartition entre les différentes parties des postes au sein du Gouvernement de la transition, et en particulier au sein des commissions gouvernementales, devra être aussi juste que possible en termes de nombre, de poids des ministères et des postes gouvernementaux. Un équilibre devra être recherché entre les commissions elles-mêmes. La répartition des postes au sein de chaque commission se fera par les parties signataires dans un ordre de priorité garantissant un équilibre général entre les parties.

8. Afin de réaliser la réconciliation nationale, l'amnistie sera accordée pour les faits de guerre, les infractions politiques et d'opinion, à l'exception des crimes de guerre, des crimes de génocide et des crimes contre l'humanité, À cet effet, l'Assemblée nationale de transition adoptera une loi d'amnistie conformément aux principes universels et à la législation internationale. A titre provisoire, et jusqu'à l'adoption et la promulgation de la loi d'amnistie, l'amnistie sera promulguée par Décret-loi présidentiel. Le principe de l'amnistie sera consacré dans la Constitution de la transition.

IV. De la durée de la transition

La période de transition prend effet à compter de l'investiture du Gouvernement de la transition. L'élection du nouveau Président marque la fin de la période de transition. L'élection du Président a lieu après les élections législatives. Les élections se tiennent dans les 24 mois qui suivent le début de la période de transition. En raison des problèmes spécifiquement liés à l'organisation des élections, cette période peut être prolongée de 6 mois, renouvelable une seule fois pour une durée de 6 mois, si les circonstances l'exigent, sur proposition de la Commission électorale indépendante et par une décision conjointe et dûment motivée de l'Assemblée nationale et du Sénat.

V. Des institutions de la transition

Pendant la période de la transition, il est créé un Exécutif de la transition, un Parlement de la transition composé d'une Assemblée nationale et d'un Sénat, un pouvoir judiciaire constitué notamment des cours et tribunaux existants, et des Institutions d'appui à la démocratie, dans les conditions déterminées dans la Constitution de la transition.

Les institutions de la transition sont :

- La Présidence,

- Le Gouvernement,

- L'Assemblée nationale,

- Le Sénat,

- Les cours et les tribunaux.

En plus de toutes les Institutions ci-dessus, sont créées les institutions d'appui à la démocratie suivantes;

- La Commission électorale indépendante,

- L’Observatoire national des droits de l’homme,

- La Haute autorité des médias,

- La Commission vérité et réconciliation,

- La Commission de l’éthique et de la lutte contre la corruption.

1 - Le Pouvoir Exécutif

A. Le Président

a. Le Président de la République est le Chef de l'Etat, Il représente la Nation. Il veille au respect de la Constitution de la transition. Le Président de la République est le Commandant suprême des forces armées. Il préside le Conseil supérieur de la Défense. Il convoque et préside le Conseil des Ministres une fois tous les quinze jours. Le Président de la République en exercice sera reconduit dans ses fonctions pour toute la durée de la transition.

b. Le Président de la République exerce les fonctions et pouvoirs suivants:

b/l. Il promulgue les lois,

b/2. Il nomme et révoque, sur proposition des Composantes et Entités, les Ministres et les Vice-Ministres.

b/3. Il accrédite les Ambassadeurs et les Envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères et des organisations internationales. Les Ambassadeurs et les Envoyés extraordinaires sont accrédités auprès de lui.

b/4. Conformément aux dispositions du présent Accord et de ses Annexes, il nomme :

(i) Les hauts fonctionnaires de l'Etat;

(ii) Les officiers de l'armée et de la police après délibération en Conseil Supérieur de la Défense;

(iii) Les gouverneurs et vice-gouverneurs de Province;

(iv) Le gouverneur et le vice-gouverneur de la Banque centrale;

(v) Les Ambassadeurs et les Envoyés extraordinaires,

(vi) Les membres du Conseil supérieur de la magistrature;

(vii) Les mandataires de l'Etat dans les entreprises publiques et paraétatiques.

b/5. Sur proposition du nouveau Conseil supérieur de la magistrature, il nomme et révoque les magistrats du siège et du parquet après en avoir informé le Gouvernement.

b/6. Il contrôle les grades des ordres nationaux et les décorations conformément à la loi.

b/7. Il a le droit de grâce et peut remettre, commuer et réduire les peines après en avoir informé le Gouvernement.

b/8. Il déclare la guerre, l'état de siège et d'urgence sur décision du Conseil des Ministres après avis conforme des deux Chambres du Parlement.

c. Les fonctions de Président de la République prennent fin par démission, décès, empêchement définitif et condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion ou corruption. En cas de cessation des fonctions, la Composante à laquelle appartient le Président de la République présente son remplaçant à l'Assemblée nationale pour entérinement, endéans sept jours. Le Vice-Président qui relève de la Composante Gouvernement assurera l'intérim, Les conditions de mise en oeuvre de cette disposition seront déterminées dans la Constitution de la transition.

B. La Présidence

d. La Présidence est composée du Président et des quatre Vice-Présidents.

e. Le Président assure, avec les vice-présidents, un leadership nécessaire et exemplaire dans l'intérêt de l'unité nationale en RDC.

f. Le Président de la République traite avec le concours des Vice-Présidents de toutes les matières relatives à la gestion du Gouvernement, ainsi que des matières mentionnées aux points A/b/b4 (i) et (v),

g. Les réunions entre le Président et les Vice-Présidents se tiennent régulièrement, au moins une fois toutes les deux semaines et dans tous les cas avant chaque Conseil des Ministres. Les réunions entre le Président et les Vice-Présidents peuvent aussi être convoquées par le Président de la République à la demande d'un Vice-Président. En cas d'absence du Président de la République, celui-ci désigne à tour de rôle le Vice-Président qui présidera les réunions.

C. Les Vice-présidents

h. Il est créé quatre postes de Vice-Présidents. Les Vice-Présidents seront issus des Composantes Gouvemement, RCD, MLC et Opposition politique. Chaque Vice-Président sera chargé d'une des quatre commissions gouvernementales suivantes:

- Commission politique (Composante RCD);

- Commission économique et financière (Composante MLC);

- Commission pour la reconstruction et le développement, (Composante Gouvernement);

- Commission sociale et culturelle (Composante Opposition politique).

i. Les Vice-présidents exercent les fonctions et pouvoirs suivants :

i/1. Ils convoquent et président les réunions de leur Commission.

i/2. Ils présentent les rapports de leur commission au Conseil des Ministres.

i/3. Ils coordonnent et supervisent la mise en application des décisions du Conseil des Ministres en rapport avec leur commission respective.

i/4. ils proposent au Président de la République les grades dans les ordres nationaux et les décorations conformément à la loi.

j. Les fonctions de Vice-Président prennent fin par démission, décès, empêchement définitif et condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion ou corruption. En cas de cessation des fonctions, la Composante dont est issu le Vice-Président présente son remplaçant à l'Assemblée nationale pour entérinement. L'intérim ainsi que les conditions de mise en application de cette disposition seront déterminés dans la Constitution de la transition.

D. Le Gouvernement

k. Le Gouvernement est composé du Président de la République, des Vice-Présidents, des Ministres et Vice-ministres, Les portefeuilles ministériels sont répartis entre les Composantes et Entités du DIC dans les conditions et selon les critères déterminés dans le document annexé à l'Accord inclusif (Annexe 1).

1. Le Gouvernement définit et conduit la politique de la Nation conformément aux Résolutions du DIC.

m. Le Gouvernement est pleinement responsable de la gestion de l'Etat et répond de celle-ci devant l'Assemblée nationale dans les conditions définies par la Constitution de la transition. Toutefois, pendant toute la durée de la transition, l'Assemblée nationale ne peut voter une motion de censure contre l'ensemble du Gouvernement.

n. Les réunions du Gouvernement, ou Conseil des Ministres, seront présidées par le Président de la République, et en son absence, ou s'il en décide ainsi, par un des Vice-Président et ce à tour de rôle.

o. Le Gouvernement doit être consulté par le Président de la République sur les matières mentionnées aux points A/b/b4 (i) et (v) ci-dessus. p. Durant leurs fonctions, les membres du Gouvernement ne peuvent, ni par eux-mêmes ni par personne interposée, rien acheter ou louer qui appartienne au domaine de l’Etat. Ils sont tenus, dès le jour de leur entrée en fonction et à l’expiration de celle-ci, de faire sur l’honneur une déclaration écrite de tous leurs biens à l’Assemblée nationale.

q. Les fonctions des Ministres et Vice-ministres prennent fin par démission, révocation, décès, empêchement définitif, condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion ou corruption. En cas de vacance, la Composante ou l'Entité du DIC dont est issu le Ministre ou Vice-ministre concerné présente son remplaçant au Président de la République. Les conditions de mise en application de cette disposition seront déterminées dans la Constitution de la transition.

r. Un Secrétariat général du Gouvernement assiste le Président et les Vice-Présidents dans la coordination de l'action gouvernementale. Il prépare les réunions, travaux et tous les dossiers devant faire l'objet des discussions entre le Président et les Vice-Présidents, et au niveau du Conseil des Ministres.

s. L'exécutif de la transition fonctionne d'une manière solidaire, conformément à l'esprit d'un gouvernement d'union nationale et sur la base d'un programme commun du Gouvernement fondé sur les Résolutions adoptées au DIC à Sun City.

2 - Le Pouvoir législatif

Le Parlement de la transition est composé de deux Chambres: L’Assemblée nationale et le Sénat.

a. L'Assemblée nationale est l'institution législative pendant la période de la transition. Elle exerce les pouvoirs et fonctions déterminés dans la Constitution de la transition annexée au présent Accord inclusif sur la transition en RDC.

b. L'Assemblée nationale comprend 500 membres. Les membres de l'Assemblée nationale portent le titre de "Député", l'âge minimal pour être député est de 25 ans révolus à la date de désignation. Les députés ont droit à une indemnité mensuelle et équitable qui leur assure l'indépendance et une sortie honorable.

c. Les députés seront désignés par leurs Composantes et Entités du DIC dans les conditions déterminées dans le document annexé au présent Accord inclusif. Toutes les Composantes et Entités doivent assurer une représentation provinciale équilibrée dans leur groupe.

d. Le Bureau de l'Assemblée nationale sera composé d'un Président, de deux Vice-Présidents, d'un Rapporteur et d'un Rapporteur-adjoint. Chacun d'eux sera issu d'une Composante ou d'une Entité différente.

e. Le Sénat jouera le rôle de médiateur en cas de conflit entre les institutions. Il élaborera l’avant-projet de Constitution devant régir le pays après la transition. Il exercera la fonction législative concomitamment avec l’Assemblée nationale en matière de nationalité, de décentralisation, de processus électoral, et en matière d’institution d’appui à la démocratie.

f. Le Sénat comprend 120 membres. Les membres du Sénat portent le titre de "Sénateur". L'âge minimal pour être Sénateur est de 40 ans révolus à la date de désignation. Les Sénateurs ont droit à une indemnité mensuelle et équitable qui leur assure l'indépendance et une sortie honorable.

g. Les Sénateurs sont désignés par leurs Composantes et Entités du DIC dans les conditions déterminées dans le document annexé au présent Accord inclusif. Le Sénat est constitué de manière à assurer la représentation de toutes les Provinces.

h. Le Bureau du Sénat sera composé d'un Président, de deux Vice-Présidents, d'un Rapporteur et d'un Rapporteur adjoint, comme prévu dans le présent Accord. Chacun d'eux sera issu d'une Composante ou d'une Entité différente.

i. Les fonctions de Président de l'Assemblée nationale et de Président du Sénat prennent fin par démission, décès, empêchement définitif, et condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion ou corruption,

3 - Le Pouvoir judiciaire

a. Les Parties réaffirment la nécessité d'avoir un pouvoir judiciaire indépendant, Le Conseil supérieur de la magistrature est la juridiction disciplinaire des magistrats. Il véille sur la carrière des magistrats et la sauvegarde de leur indépendance.

b. L'organisation du pouvoir judiciaire sera déterminée dans la Constitution de la transition et dans une loi.

c. Le premier Président de la Cour suprême de justice, le Procureur général de la République et l'Auditeur général des Forces armées seront désignés et mis en place aussitôt après la signature du présent Accord global et inclusif, dans le respect des équilibres nationaux, selon un mécanisme qui sera défini par les Parties.

4. Les Institutions d’appui à la démocratie

a. - Il est créé les Institutions d'appui à la démocratie suivantes:

- La Commission électorale indépendante;

- La Haute autorité des médias;

- La Commission vérité et réconciliation;

- L’Observatoire national des droits de l’homme;

- La Commission de l’éthique et de la lutte contre la corruption.

b. L'organisation, le fonctionnement et les pouvoirs des institutions d'appui à la démocratie seront déterminés par la loi.

c. La Présidence des Institutions d'appui à la démocratie revient à la Composante Forces vives. Les Présidents des Institutions d'appui à la démocratie ont rang de Ministre. Les Institutions d'appui à la démocratie fonctionnent indépendamment du Gouvernement de la transition. Les fonctions de Présidents des Institutions d'appui à la démocratie prennent fin par démission, décès, empêchement définitif et condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion ou corruption.. En cas de cessation des fonctions, la Composante à laquelle appartient un Président de l'une des Institutions présente son remplaçant à l'Assemblée nationale pour entérinement, endéans sept jours.

VI - De l'armée

Il est créé un mécanisme chargé de la formation - d'une armée nationale, restructurée et intégrée, conformément à la Résolution adoptée le 10 avril 2002 par la Plénière du Dialogue intercongolais (DIC) de Sun-City, sur recommandation de la Commission Défense et Sécurité. Le Chef d'Etat-Major Général de l'armée et ses deux adjoints ne peuvent provenir d'une même Composante. De même, les Chefs d'Etat-Major des Forces terrestres, navales et aériennes ne peuvent provenir d'une même Composante. Ces postes seront répartis entre les Composantes ayant des forces combattantes signataires de l'Accord de Lusaka.

b. L'armée nationale, restructurée et intégrée comprendra les forces combattantes armées du Gouvernement de la RDC, du RCD, du MLC. Les forces du RCD-N, du RCD-ML et des Mai-Mai doivent également intégrer l’armée nationale,

c. Il devra être créé immédiatement un mécanisme intérimaire pour procéder à l'identification physique des militaires, à la détermination de leurs origines, leur date d'enrôlement et l'unité à laquelle ils appartiennent.

d. Il est créé un Conseil supérieur de la Défense. Il est présidé par le Président de la République, et, en cas d'absence, par le Vice-Président ayant la Défense dans ses attributions.

e. Le Conseil Supérieur de la Défense est composé comme suit :

- Le Président de la République;

- Les quatre Vice-Présidents;

- Le ministre de la Défense;

- Le ministre de l’intérieur, de la Décentralisation et de la Sécurité;

- Le ministre des Affaires étrangères;

- Le Chef d'Ftat-Major Général de l’Armée (ses adjoints peuvent y être invités);

- Le Chef d'Etat-Major des Forces aériennes, le Chef d'Etat-Major des Forces terrestres et le Chef d'Etat-Major des Forces navales.

f. Le Conseil supérieur de la Défense donne un avis conforme sur la proclamation de l'état de siège, la proclamation de l'état d'urgence, et la déclaration de guerre.

g. La loi sur l’armée et la Défense nationale détermine les attributions et le fonctionnement du Conseil supérieur de la Défense.

h. Le Conseil supérieur de la Défense donne un avis notamment sur les matières suivantes :

- La formation d'une armée nationale, restructurée et intégrée;

- Le désarmement des groupes armés;

- La supervision du retrait des troupes étrangères;

- L'élaboration de la politique de défense.

i. Les conditions de mise en application des dispositions relatives à l'armée seront déterminées par la loi.

VII - Dispositions finales

a. La Constitution de la transition est élaborée sur la base du présent Accord inclusif sur la transition en RDC et en fait partie intégrante. b. Les Parties acceptent comme ayant force obligatoire les Annexes ci-après, qui font partie intégrante du présent Accord inclusif sur la transition en RDC.

c. Les Parties s'accordent à élaborer un mécanisme de mise en oeuvre du présent Accord.

d. Le présent Accord inclusif et la Constitution de la transition entrent en vigueur à la date de leur adoption par le DIC.

e. Les Parties s'engagent à exécuter le présent Accord de bonne foi, à respecter ses dispositions, à prendre part à toutes les Institutions, structures et commissions qui seront créées conformément à sa teneur. Elles s'engagent à tout mettre en oeuvre pour veiller au respect et à l’application du présent Accord.

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mardi 21 août 2018

RDC: Pourquoi Bemba zappe-t-il l'AJPBA ?

Jean-Pierre Bemba à son arrivée à Kinshasa

Fidèle à sa ligne éditoriale, Réveil FM International a toujours sans se lasser dénoncer l'annulation du débat démocratique inscrit dans la Constitution de Transition qui devait opposer Jean-Pierre Bemba à Alias Joseph Kabila lors de l'élection Louis Michel 2006. "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi qui avait eu l'outrecuidance d'annuler ce débat a été nommé Rapporteur au Sénat par Alias Joseph Kabila , en récompense pour le boulot de sape et le musellement des journalistes, médias et opposants par la fameuse et étouffoir des libertés: la Haute Autorité des Médias (HAM). Il est étonnant qu'à sa sortie de la CPI que Jean-Pierre Bemba en allant à Kinshasa ait accepté de retrouver sa place au Sénat godillot et illégitime aux côtés de "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi.

Jean-Pierre Bemba est-il devenu amnésique ? En tout cas, en France, des membres de l’Association « les Amis de Jean-Pierre Bemba et Alliés» (AJPBA) s'offusquent du zapping de Jean-Pierre Bemba à l'égard de leur association. Depuis sa sortie de la CPI, Jean-Pierre Bemba n'a pas pris le peine d'appeler ni d'inviter les membres de l'AJPBA, il s'est éloigné de ce dernier, au profit de Génération Jean-Pierre Bemba, dynamique Bemba et autres, qui sont nés à deux mois de sa libération, sont soignés aux petits oignons. Et pourtant, à Réveil FM International nous nous souvenons comme si cela était hier.

Le 1 septembre 2008, la salle Carnavalet de l’hôtel Holiday Inn à Paris, métro République, de ce cadre prestigieux vibrait, au rythme des divers chants congolais dédiés à «Igwe», à l’occasion de la sortie officielle des « Amis de Jean-Pierre Bemba » en France. Au cours de cette rencontre, la vice-présidente nationale, Fyfy Osambia venue de la République démocratique du Congo et le coordinateur–Europe, Dieudonné Wabi qui réside en Belgique avaient tenu en haleine le Tout Paris associatif, pendant plus de quatre heures, du bien fondé de l’association à ses motivations en passant par les révélations inédites, rien n’avait été laissé au hasard.

Prenant la parole avant les autres intervenants, le coordinateur-Europe de l’AJPBA avait annoncé les couleurs en indiquant que « Jean-Pierre Bemba est en prison parce qu’il constitue un obstacle pour ceux qui veulent faire main basse sur les richesses du Congo. Nous sommes capables de démontrer que l’arrestation du leader du MLC a été précipitée afin de l’empêcher de prendre la tête de l’opposition en qualité de porte-parole de l’opposition ».

- Nous dénonçons la politisation de la Cour Pénale Internationale et aussi l'Union Européenne qui tendent à maintenir l'Afrique et particulièrement la RDC dans le statu quo.

- A chaque fois qu'il y a lueur d'espoir par un digne fils du pays à l'instar de Patrice Emery Lumumba, Kasa-Vubu, c'est à ce moment que les ennemis de la RDC profitent pour plonger tout un pays dans le désarroi. Et aujourd'hui Jean Pierre Bemba.

- Nous dénonçons également le comportement du procureur Près la CPI qui, à travers ses propos, tend à incriminer par des astuces judiciaires coûte que coûte, notre espoir, alors que Lui et la CPI laissent les principaux acteurs en l'occurrence Monsieur Ange Félix Patassé et son Général des Forces armées vaquer à leurs occupations.

- Nous nous posons la question de savoir que font les services de renseignements belges dans une affaire qu'ils prétendent eux-mêmes être purement juridique!

En France, Les Amis de Jean-Pierre Bemba et alliés "AJPBA" a été officiellement déclarée à la préfecture le 23 avril 2009 et a pour siège social au 39 rue du haut de la noue, 92390 Villeneuve-la-Garenne, France.

Mama Lilianne Bemba lors du conclave de l'AJPBA à Gennevilliers. Photo Réveil FM International

C'est l'AJPBA qui invita Mama Liliane Bemba à Gennevilliers à son conclave, en avril 2011. Réveil FM international y a été. C'est avec notre confrère Roger Bongos que nous avons interviewé Mama Liliane Bemba à deux jours du départ de François qui officiait comme Secrétaire Général du MLC qui n'a jamais organisé une seule manifestation pour Jean-Pierre Bemba. Si 100.000 kinois, sur les deux millions ayant "voté" à l’élection Louis Michel 2006 pour le Mwana Mboka Jean Pierre Bemba, étaient mobilisés en continu pendant une semaine à Kinshasa pour un imposant sit-in devant le Palais du Peuple, et au moins 5.000 sur les 40.000 congolais que comptent la Belgique et les Pays-Bas, la CPI et la communauté internationale allaient traité différemment le dossier Jean-Pierre Bemba.

L'AJPBA est négligé aujourd'hui par Jean-Pierre Bemba, alors que cette association a toujours mobilisé pour Jean-Pierre Bemba ! Plusieurs profito-situationnistes qui se tapent la poitrine aujourd'hui, n'ont pas fait le boulot comme l'AJPBA. Il est dommage que Jean-Pierre Bemba ne reconnaisse pas le travail abattu par l'AJPBA! A Réveil FM International et Afrique Rédaction, nos archives parlent !

Paris 2011, Roger Bongos-Afrique Rédaction, Mama Liliane Bemba et Freddy Mulongo, Réveil FM International

Le vrai problème, c'est la MLC ! Un parti politique, pépinière dont les membres sont des traverseurs de rue et vont facilement à la mangeoire du régime. Est-ce que c'est la faute de Thomas Luhaka, François Mwamba, José Makila et autres pseudo-classiques du MLC qui ont rejoint la mangeoire d'Alias Joseph Kabila ? Que fait donc Jean-Pierre Bemba tous ceux qui se mobilisent par leurs propres moyens pour lui ? Aujourd'hui, ce sont des membres de l'AJPBA qui durant des années se sont mobilisés, avec leurs propres moyens, au prix de nombreux sacrifices, pour Jean-Pierre Bemba lorsqu'il était en prison de la CPI, une fois dehors pas un mot ni un coup de fil d'encouragement.

En France, le MLC n'a pas beaucoup de crédibilité. Avec Mama Koko Anastasie Mutoka, agent d'accueil à la Mairie de Paris et chef de fil du MLC, on n'est pas sorti de l'auberge. Comment une ethno-tribaliste comme Anastasie Mutoka peut-elle fédérer au sein du MLC-France ? C'est la catastrophe ! Anastasie Mutoka est tshisekediste pur sucre. D'ailleurs lors que Bruno Tshibala est venu à Paris, c'est elle la représentante du MLC qui est allée à l'aéroport avec tous les ethno-tribalistes pour accueillir le "Collabo et "traître" Bruno Tshibala ainsi que des troubadours qui l'accompagnaient en vadrouille à Paris. Comment une diffamatrice et médisante Mama Koko Anastasie Mutoka, qui collabore avec le régime d'imposture de Kinshasa peut-être placée à la tête du MLC-France ?

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Genève: Le patriarche Anatole Malu étrille Elikia Mbokolo !

Le patriarche Anatole Malu à Genève

Le vieux Norbert Takizala n'étant plus, le patriarche Anatole Malu, ancien fonctionnaire au Bureau International du Travail (BIT) à Genève, est le plus écouté et respecté dans la diaspora congolaise. Chez lui à Meyrin, livres, statuettes et tableaux africains font partie de son environnement. Anatole Malu qui est le Président de l'Universitaire Populaire Africaine a bondi sur son grand fauteuil rouge, en écoutant les énormités débitées par Elikia M'Bokolo depuis qu'il a rejoint la mangeoire du régime finissant d'Alias Joseph Kabila. Elikia M'Bokolo que l'on prenait pour une lumière pour éclairer l'intelligentsia congolaise n'était autre qu'une bougie qui n'éclairer rien du tout. Se jeter dans les bras d'une dictature sanguinaire en République démocratique du Congo est un acte de suicide intellectuel, que M'Bokolo n'a pas mesurer toutes les conséquences. Le patriarche Anatole Malu connait bien Elikia M'Bokolo qui a été parachuté comme Président à la Fédération des Congolais de l'Etranger (FCE), alors qu'il était Coordinateur élu par le Comité d'initiative et d'organisation mis sur pied le 24 février 2001, avec pour tâches de sensibiliser les compatriotes et leurs associations sur la nécessité et l'urgence de créer une organisation centrale des Congolais de l'étranger et de recueillir leurs suggestions; de piloter le projet jusqu'à l'organisation d'une assemblée générale qui créera la Fédération des Congolais de l'Etranger (FCE). Voici la réponse du patriarche Anatole Malu à l’article d'Elikia Mbokolo publié dans Jeune Afrique n° 3003 du 29 juillet au 4 août 2018.

Monsieur Mbokolo,

Avec ce plaidoyer pour votre adhésion au FCC vous ne faites pas honneur au titre de Professeur que vous aimez porter en bandoulière. C’est une réaction d’humeur plutôt qu’un plaidoyer pour des convictions sincères car les arguments que vous déployez n’en sont pas.

Vous prétendez être un homme libre et déniez à quiconque le droit de vous dicter votre pensée, vos opinions, vos choix, vos actes. Sauf que vous vous exprimez dans l’espace public sur des questions qui concernent la vie des autres. Souffrez alors que les autres puissent éventuellement vous interpeller, voire vous juger, d’autant plus que vous vous permettez, vous, de juger les autres.

Les gens vous voient ramper, pour reprendre votre expression, sous la table du prince aux côtés d’autres individus sans foi ni loi, peut-être gratuitement, et vous prétendez interdire aux gens de le constater, alors même que ces gens sont avec tout le peuple congolais victimes de ce prince. Même si vous le faites de bonne foi, vous ne pouvez empêcher les gens de porter un jugement sur ce comportement, ne serait-ce que sur le plan moral.

Je ne suis pas non plus de ceux qui pensent qu’en tous lieux et en tout temps savants et intellectuels doivent se placer au-dessus de la mêlée. Mais lorsqu’on s’engage dans une mêlée on choisit un camp en fonction de certains critères et du rôle qu’on entend y jouer. Que dirait-on d’un pompier qui irait éteindre un incendie en se mettant aux côtés de l’incendiaire qui continue à alimenter l’incendie ?

Vous dites que c’est votre droit absolu ? C’est une étrange conception du droit ! Le droit dans son sens le plus noble est fondé sur le principe moral. Ce n’est pas à quelqu’un qui ne se prive jamais de clamer haut et fort sa qualité de savant et de professeur qu’on devrait rappeler cette notion élémentaire.

Le régime auquel vous adhérez est celui-là même qui est responsable du bourbier dans lequel se débat le peuple congolais. On ne conteste pas votre droit, mais on juge votre posture morale, et pour le coup on a le droit de le faire.

Vous évoquez - avec quelle légèreté ! - ceux que vous appelez vos trois champions, Kimpa Vita, Simon Kimbangu et Patrice Lumumba en oubliant qu’ils se sont affranchis du droit qui les opprimait pour payer de leur vie leur posture morale. C’est cette même posture morale qui est probablement à la base des positions de ceux que vous qualifiez avec mépris de porteurs de croix et de goupillons.

Pour vous les citoyens qui osent dénoncer l’ordre injuste qui détruit notre Nation et qui acceptent de payer le prix du sang ne sont que des spectateurs criards manipulables à souhait, tandis que vous seriez, vous qui soutenez leur bourreau, un parangon de vertu.

Vous vous targuez même d’avoir plaidé en faveur de Bemba auprès de celui-là même qui s’est livré à des manœuvres qui ne sont un secret pour personne pour le livrer à la CPI.

Quel historien êtes-vous donc M.Mbokolo et quelle Histoire du Congo écrivez-vous en vous acoquinant avec un régime qui a réduit le Congo et le peuple congolais à l’état qui est le leur aujourd’hui. Est-ce un hasard si votre adhésion à la confrérie des criminels qui détruisent notre pays et notre peuple et qui entendent poursuivre dans cette voie suscite tant de réactions violentes ?

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dimanche 19 août 2018

RDC: Kofi Annan n'a jamais teint ses cheveux blancs !

Kofi Annan est mort

Ils sont nombreux des hommes politiques africains qui teignent leurs cheveux pour tricher avec leur âge. En République démocratique du Congo le système "Yombo" est à la mode. Contrairement à Léonbitch Kengo Wa Dondo, 83 ans, président du Sénat illégitime, ancien dinosaure Mobutiste, né le 22 mai 1935, qui triche avec ses cheveux, en se teignant du "Yombo", Kofi Annan, l'ancien Secrétaire Général de l'ONU et prix Nobel de la paix, qui est mort samedi à 80 ans, n'a jamais teint ses cheveux blancs. Kofi Annan transpirait une autorité naturelle, il était reconnaissable par ses cheveux blancs qui en Afrique symbolise la sagesse.

Diplomate de carrière, Kofi Annan a contribué à rendre l'ONU plus présente sur la scène internationale pendant ses deux mandats, de 1997 à 2007. Le drapeau de l'ONU, la bannière bleu des Nations Unies, a été abaissée au siège de l'ONU à New York en hommage à Koffi Annan, le 7e Secrétaire général de l'Organisation décédé samedi 18 août 2018.

L'actuel secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a salué en son prédécesseur «une force qui guidait vers le bien» et il a présenté ses sincères condoléances « à tous ceux qui pleurent la perte de ce fier fils d’Afrique qui est devenu un champion mondial de la paix et de l’humanité tout entière ».

Emmanuel Macron, le Président français a twitté: "Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la Paix, a quitté ce monde pendant la nuit. La France lui rend hommage. Nous n’oublierons jamais son regard calme et résolu, ni la force de ses combats."

C'est avec une immense tristesse que la famille Annan et la Fondation Kofi Annan annoncent que Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies et lauréat du Nobel de la paix, est décédé paisiblement samedi 18 août après une courte maladie", a annoncé sa fondation dans un communiqué à Genève.

Léonbitch Kengo Wa Dondo à son âge se teint toujours les cheveux, quel exemple pour la jeunesse ?

Seuls des amnésiques croient en l'individu Kengo. Le sénat des applaudisseurs godillots qu'il préside au palais du peuple, est illégitime depuis 2011. Nulle n'ignore que lors des élections Louis Michel 2006, des individus ont corrompu des députés provinciaux avec de l'argent, vélos, motos, groupes électrogènes...pour devenir des sénateurs. Qui ignore que Léon Lobitch Kengo wa dondo faux candidat président de la République à l'élection président de 2011, n'avait obtenu que 4% ! Il est retourné au perchoir du Sénat comme si de rien n'était.

L'édenté de la Gare du Nord à Paris, Monsieur 4% préside encore et toujours le Sénat dont aucun congolais n'est mesure de citer ne fut-ce qu'une seule loi qui touche à son bien être.

Politicailleur, repu sans vergogne, Léobitch Kengo wa Dondo est un Dinosaure mobutiste, opportuniste et mangeur à tous les râteliers, qui est actuellement un Mammouth du joséphisme. Après la chute du Maréchal Mobutu, lui qui a tout obtenu du Zaïre ne s'était pas privé d'arguer qu'il était au service d'un ami c'est-à-dire Mobutu Sese Seko et qu'il n'était pas Zaïrois.

Il ne suffit pas de colorer ses cheveux et d'occuper des hautes fonctions, que retiendrons un jour de Léonbitch Kengo Wa Dondo ? Pas grand chose, il est passé de la dictature Mobutu à l'imposture d'Alias Joseph Kabila sans ménagement. Il a été le président du sénat illégitime, homme impavide aux souffrances du peuple congolais, qui adorait les arcanes du pouvoir et les ors de la dictature.

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samedi 18 août 2018

ONU: Antonio Guterres, son message la journée mondiale de l'aide humanitaire !

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

Chaque année, le 19 août, nous célébrons la Journée mondiale de l’aide humanitaire pour exprimer notre solidarité avec les personnes touchées par les crises humanitaires et pour rendre hommage aux travailleurs humanitaires qui leur viennent en aide.

La célébration de cette année marque le quinzième anniversaire de l’attaque dirigée contre le quartier général de l’ONU à Bagdad, qui a coûté la vie à 22 de nos collègues. Depuis cette tragédie, qui est à l’origine de la proclamation du 19 août en tant que Journée mondiale de l’aide humanitaire, plus de 4 000 travailleurs humanitaires ont été tués, blessés, détenus ou enlevés. En moyenne, 300 agents d’organisations humanitaires ont donc été tués, détenus ou blessés chaque année.

Dans les zones de conflit, les civils continuent également d’être tués et mutilés, victimes d’attaques délibérées ou aveugles. L’an dernier, l’ONU a recensé plus de 26 000 civils tués ou blessés lors d’attaques dans seulement six pays : l’Afghanistan, l’Iraq, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Somalie et le Yémen.

Dans le monde entier, les conflits forcent un nombre record de personnes à quitter leur foyer, plus de 65 millions de personnes étant actuellement déplacées. Les enfants sont recrutés par des groupes armés et utilisés comme soldats. Les femmes sont victimes de violences et d’humiliations. En raison de leur aide et de leur secours aux personnes dans le besoin, les travailleurs humanitaires et médicaux sont trop souvent pris pour cibles et considérés comme des menaces.

En cette Journée mondiale de l’aide humanitaire, j’appelle les dirigeants du monde à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les personnes en proie à des conflits.

Et j’appelle toutes les parties concernées à participer à notre campagne #NotATarget sur le site Web worldhumanitarianday.org pour montrer que les civils ne sont pas une cible.

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UNICEF: Les enfants touchés par l'épidémie d'Ebola en RDC

Les enfants représentent une proportion élevée des personnes touchées par l'épidémie d'Ebola en cours dans l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC), a déclaré aujourd’hui l'UNICEF.

Deux enfants sont déjà décédés de la maladie. Les centres de traitement Ebola à Beni et Mangina prennent actuellement en charge six enfants infectés par la maladie ou suspectés de l'être. L'UNICEF a identifié à ce jour 53 enfants orphelins d’Ebola.

« Les enfants affectés par l’épidémie d'Ebola ont besoin d’une attention et d’une assistance particulière », a déclaré le Dr Gianfranco Rotigliano, Représentant de l'UNICEF en RDC. « Ce sont généralement les femmes qui s’occupent des enfants, et quand elles sont infectées par la maladie, il y a un grand risque que leurs enfants et leurs familles deviennent vulnérables. »

L’UNICEF et ses partenaires ont également formé 88 travailleurs psychosociaux pour aider et réconforter les enfants dans les centres de traitement, et pour soutenir les enfants qui sont déchargés des centres et déclarés libres d'Ebola, mais risquent d'être stigmatisés au sein de la communauté. Les travailleurs psychosociaux organisent des activités de sensibilisation afin de faciliter le retour de ces enfants dans leurs communautés.

« L'impact de la maladie sur les enfants ne se limite pas à ceux qui ont été infectés ou suspectés de l’être », a déclaré le Dr. Rotigliano. « De nombreux enfants sont confrontés à la maladie ou au décès de leurs parents et de leurs proches. Certains ont perdu un grand nombre de membres de leur famille et se retrouvent seuls. Ces orphelins ont un besoin urgent de notre soutien. »

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ONU: Antonio Guterres nomme une Suissesse au PNUD

Ambassadrice suisse Mirjana Spoljaric Egger

Antonio Guterres secrétaire général de l'ONU a nommé l'ambassadrice suisse Mirjana Spoljaric Egger au poste d'administratrice assistante du Programme des Nations Unies pour le développement.

La nomination de l'ambassadrice suisse Mirjana Spoljaric Egger par le secrétaire général de l'ONU au poste d'administratrice assistante du PNUD équivaut à un poste de sous-secrétaire général de l'ONU.

Elle dirigera le Bureau régional du PNUD pour l'Europe et la Communauté des Etats indépendants, a indiqué vendredi soir le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) qui salue cette décision. Le PNUD travaille dans plus de 170 pays et territoires, contribuant ainsi à l'éradication de la pauvreté et à la réduction des inégalités et de l'exclusion.

Il aide ces pays à élaborer des directives, à développer leurs capacités institutionnelles et à renforcer leur résilience, afin de préserver durablement les résultats obtenus en matière de développement.

Cette nomination à un poste important sur le plan politique et stratégique renforce la présence de la Suisse aux échelons les plus élevés de l'ONU, souligne le DFAE. L'Agenda 2030 pour le développement durable, adopté en septembre 2015 par les chefs d'Etat et de gouvernement, a instauré un cadre global pour éradiquer la pauvreté, protéger la planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité. Le PNUD apporte son soutien aux Etats pour qu'ils puissent atteindre ces objectifs.

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mercredi 15 août 2018

RDC: Selon OMS, Ebola a déjà fait 41 victimes !

Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS à Genève. Photo Freddy Mulongo-Réveil FM International

Le directeur général de l'OMS est encore «plus inquiet» après sa visite de deux jours pour évaluer la nouvelle épidémie d'Ebola dans l'est de la RDC. Alors que le bilan a augmenté à 41 victimes, il a appelé mardi à Genève les parties en conflit à une trêve.

«Le virus est dangereux pour tout le monde», a dit devant la presse Tedros Adhanom Ghebreyesus qui s'est rendu de jeudi à samedi en République démocratique du Congo (RDC). «Il ne choisit pas entre tel ou tel groupe», a-t-il dit.

Or, l'accès aux zones rouges où le conflit est actif est difficile. Plus de 100 groupes armés combattent et plus de 120 incidents violents ont été observés depuis janvier.

Une nouvelle épidémie d'Ebola a encore fait des dizaines de morts, dans l'est de la République démocratique du Congo.

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'a pour le moment pas décidé de convoquer un Comité d'urgence du Réglement sanitaire international pour établir si l'épidémie constitue une urgence sanitaire de portée internationale. Facteurs aggravants, celle-ci a lieu dans une zone «très densément peuplée» et où se trouvent plus d'un million de déplacés.

Dizaines de cas

Par ailleurs, les quelque 70 travailleurs de santé sur place, dont sept ont été affectés à Mangina, ont dû rejoindre leurs habitations et être remplacés en raison de leurs contacts avec certaines des plus de 600 personnes déjà identifiées.

Selon les chiffres donnés mardi sur la situation jusqu'à lundi, l'épidémie a fait 41 victimes. Près d'une soixantaine de cas ont été observés depuis début août, dont 30 ont été confirmés. Pour le moment, les raisons de l'épidémie ne sont pas établies. Contrairement aux précédentes, les hommes sont moins touchés.

Au total, près de 200 travailleurs de santé et une vingtaine de civils ont été vaccinés. «Nous allons accélérer cela», a affirmé M. Tedros, alors que 3000 doses sont déjà disponibles sur place après la récente épidémie. Mais des centaines de milliers d'autres peuvent être activées rapidement.

Le directeur général s'est dit «optimiste» sur la possibilité d'éradiquer cette dixième épidémie en RDC avant la présidentielle prévue en fin d'année. Il a dit avoir constaté le même «niveau de partenariat» et d'activité que celui qui a permis d'éliminer Ebola dans le nord-ouest du pays fin juillet. Cette épidémie avait fait plus de 30 victimes.

Ouganda et d'autres pays

Autres soins, 5 patients utilisent pour la première fois une nouvelle molécule thérapeutique. Et ils se portent bien, selon M. Tedros qui souligne le besoin d'oeuvrer auprès de la population pour la convaincre des bienfaits de ces dispositifs.

L'OMS établit actuellement un centre de santé pour 15 patients à Beni et Médecins sans frontières (MSF) prévoit 50 lits. De son côté, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a annoncé l'envoi de 90 tonnes supplémentaires de matériel de santé et pour l'assainissement de l'eau. Un chargement ajouté à près de 15 tonnes déjà acheminées.

Cette assistance rassemble notamment 10 millions d'unités de purification de l'eau, un dispositif de stockage de 325 m3 ou des équipements d'hygiène pour des milliers de familles à Beni ou Mangina.

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mardi 14 août 2018

ONU: Maurice, Cuba et Japon auditionnés par le Comité contre la discrimination raciale !

Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale a auditionné, ce matin, des représentants de la société civile au sujet de la mise en œuvre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale à Maurice, à Cuba et au Japon, les trois pays dont les rapports seront examinés cette semaine.

S’agissant de Maurice, une organisation non gouvernementale a regretté que le système politique favorise la prépondérance de la communauté ethnique Vaish. L’ONG a recommandé que Maurice adopte une réforme électorale complète, afin que les Créoles puissent jouir de conditions propices à l’exercice de leurs droits et vivre dans la dignité.

Plusieurs organisations non gouvernementales ont déploré la persistance au Japon de diverses formes de discrimination raciale ou ethnique, au détriment en particulier des Coréens, des burakumin, des Aïnous et des habitants des îles Ryükyü / Okinawa. Les intervenants ont recommandé l’interdiction explicite, dans la loi japonaise, de tous les discours de haine; une meilleure reconnaissance des droits des résidents étrangers au Japon; et l’organisation, pour les représentants du Gouvernement, de formations aux droits de l’homme.

Enfin, s’agissant de Cuba, une organisation non gouvernementale a relevé que si le cadre social et juridique cubain est propice à la non-discrimination raciale, tous les préjugés et le racisme n’ont pas pour autant été éliminés des consciences. Il a été recommandé que Cuba applique des politiques multisectorielles pour éliminer toutes les formes de discrimination et favorise le débat public sur la discrimination raciale.

Cet après-midi, à 15 heures, le Comité entamera l'examen du rapport de Maurice, qu'il achèvera demain matin.

Audition de la société civile

S’agissant de Maurice

Affirmative Action a déclaré que Maurice devait encore faire face aux répercussions de l’esclavage et du travail servile. L’ONG a observé que les Créoles n’étaient pas les seules victimes de la discrimination raciale: en effet, les Hindous subissent eux aussi une « pénalité ethnique » imputable aux règles non écrites du système de castes. L’organisation a déploré le système électoral mauricien, qui est organisé sur des bases ethniques et incite à un « profilage ethnique » des candidats, favorisant finalement la prépondérance de la communauté ethnique Vaish. Elle a recommandé que Maurice adopte une réforme électorale complète, afin que les Créoles puissent jouir de conditions propices à l’exercice de leurs droits et vivre dans la dignité.

Dans le cadre du dialogue qui a suivi cette présentation, une experte du Comité a prié l’ONG de dire comment se maintenait le système de castes à Maurice et a souhaité savoir si les populations d’ascendance africaine étaient solidaires entre elles. Un autre expert a demandé des renseignements sur la situation des Chagossiens installés à Maurice après leur expulsion de leurs terres par le Royaume-Uni. Un expert s’est quant à lui interrogé sur le profilage racial des candidats aux élections.

Affirmative Action a précisé que les anciens colonisateurs avaient conçu un système électoral destiné à intégrer toutes les minorités ethniques. Le pays a été divisé en circonscriptions selon des lignes ethniques favorisant les ethnies majoritaires au détriment des ethnies minoritaires. La compétence n’entre ainsi pour rien dans la sélection des candidats. Les Mauriciens ne sont pas racistes, a ajouté l’ONG, le problème se situant au niveau politique: depuis l’indépendance, tous les premiers ministres sont issus de la communauté Vaish – et même de deux familles en particulier. L’ONG a dénoncé la position inférieure des Créoles dans la vie professionnelle.

S’agissant du Japon

Japan Federation of Bar Associations a regretté que le Japon n’ait pas créé d’institution nationale de droits de l’homme indépendante conforme aux Principes de Paris et n’ait pas reconnu la compétence du Comité pour recevoir des plaintes de particuliers. L’ONG a en outre recommandé de renforcer la loi sur les discours de haine, qui est encore loin de correspondre à la loi complète d’interdiction de la discrimination raciale que le Comité avait appelé de ses vœux dans ses précédentes observations finales.

Japan Network towards Human Rights Legislation for Non-Japanese Nationals and Ethnic Minorities a souhaité que le Comité engage le Gouvernement japonais à condamner explicitement les crimes de haine et à créer un groupe de travail chargé d’appliquer des mesures concrètes et complètes contre les crimes de haine, y compris la réalisation d’enquêtes régulières. L’ONG a en outre recommandé que le Gouvernement japonais interdise explicitement, dans la loi, les discours de haine – y compris ceux prononcés contre des « groupes non spécifiés ».

ERD Net a attiré l’attention du Comité sur le problème des propos racistes tenus par des fonctionnaires et des policiers japonais. L’ONG a dénoncé en particulier des propos tenus contre les Coréens par le Vice-Premier Ministre actuel et par un ancien Premier Ministre, ainsi que les commentaires faits par des policiers lors de manifestations contre la construction d’installations militaires par les États-Unis à Okinawa. L’ONG a fait observer que le refus du Gouvernement japonais d’identifier et de sanctionner les auteurs de tels discours contrevenait à l’article 4 de la Convention. Les représentants du Gouvernement doivent recevoir des formations aux droits de l’homme, a en outre recommandé ERD Net.

Human Rights Association for Korean Residents in Japan a prié le Comité de recommander au Gouvernement du Japon de maintenir les financements destinés aux écoles coréennes au Japon. L’ONG a regretté que le droit des minorités de suivre un enseignement dans leurs langues ne soit pas respecté dans ce pays. Elle a en outre recommandé que le Gouvernement japonais abroge la loi exigeant que les Coréens qui résident de manière permanente au Japon obtiennent un permis de « réentrée au Japon » s’ils absentent du pays.

Korean Residents Union in Japan (Mindan) a demandé que le Japon reconnaisse les droits des résidents permanents coréens, notamment leur droit de vote aux élections locales. L’ONG a ensuite déploré le déni ou la minimisation du massacre de Coréens et de Chinois commis par la police japonaise après le tremblement de terre de 1923.

Women’s Active Museum on War and Peace a condamné le fait que le Gouvernement du Japon continue de nier que les « femmes de réconfort » aient été, en réalité, des esclaves sexuelles.

Solidarity Network with Migrants in Japan a fait observer que de nombreuses femmes étrangères mariées à des Japonais refusent de dénoncer les violences domestiques dont elles peuvent être victimes, de peur de perdre leur permis de résidence. L’ONG a en outre recommandé que les ressortissants étrangers bénéficient des prestations sociales au même titre que les citoyens japonais.

Le Mouvement international contre toutes les formes de discrimination et de racisme a dénoncé la discrimination systématique dont sont victimes les burakumin, les Aïnous et les habitants des îles Ryükyü / Okinawa et a plaidé pour le droit à l’autodétermination et les autres droits fondamentaux du peuple des îles Ryükyü / Okinawa, des droits qui sont menacés du fait de la présence des bases militaires américaines d’Okinawa.

Japan Committee for Citizen’s Rights and Honors s’est dit choqué par la contradiction entre l’histoire réelle des Aïnous et la version qu’en donnent certaines organisations non gouvernementales. L’ONG a nié en particulier que les Aïnous constituent une population autochtone au sens de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Academics’ Alliance for Correcting Groundless Criticism of Japan a insisté sur le rôle joué par le Japon dans la lutte contre la discrimination raciale depuis 1919 déjà, soit soixante ans avant l’adoption de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

Suite à ces interventions, un expert du Comité a relevé que le Comité était saisi de plusieurs rapports d’ONG faisant état de violations présumées de la Convention par le Japon. De manière plus étonnante, a ajouté l’expert, le Comité est aussi saisi de documents émanant d’autres ONG qui réfutent les rapports précités ou exposent des vues paradoxales. L’expert a voulu savoir pourquoi les crimes de haine avaient augmenté depuis la promulgation de la loi réprimant la discrimination raciale. Il a demandé si les écoles étrangères autres que coréennes recevaient des subventions.

Dans leurs réponses, les organisations non gouvernementales ont notamment précisé que la loi contre les discours de haine ne protégeait que les personnes d’origine étrangère. Elles ont ajouté qu’en vertu du droit actuel, une attaque contre une école coréenne – exemple cité par une experte du Comité – peut faire l’objet de poursuites car il s’agit d’une agression visant une entité spécifique; en revanche, une affirmation telle que « tous les Coréens doivent mourir » n’est pas punissable, a-t-il été précisé.

L’État subventionne 52 écoles secondaires étrangères, y compris sud-coréennes, à l’exclusion des écoles en lien avec la République populaire démocratique de Corée, ont précisé les ONG.

S’agissant de Cuba

L’Union nationale des juristes cubains a assuré que le principe de non-discrimination raciale était ancré dans la société et dans la loi de Cuba, y compris dans le Code pénal et dans le droit du travail. Plusieurs volets de la loi ont été amendés pour éliminer la conduite discriminatoire dans la vie économique, laquelle subit des mutations depuis 2011, a ajouté l’ONG. Si le cadre social et juridique cubain est propice à la non-discrimination raciale, tous les préjugés et le racisme n’ont pas été éliminés des consciences, a nuancé l’Union.

L’Association cubaine de l’Organisation des Nations Unies a estimé que, pour devenir une société plus juste et plus inclusive, Cuba devrait continuer de garantir l’égalité des chances entre Noirs, Blancs et métis; appliquer des politiques multisectorielles pour éliminer toutes les formes de discrimination; et favoriser le débat public sur la discrimination raciale. L’embargo est le principal facteur d’inégalités à Cuba, a ajouté l’ONG.

Suite à ces interventions, un expert du Comité s’est réjoui à l’idée de pouvoir dialoguer, demain, avec la délégation officielle de Cuba. Il a regretté que d’autres organisations non gouvernementales ne soient pas, elles aussi, venues présenter la situation à Cuba. L’expert a cependant remercié les deux ONG présentes ce matin. Un autre expert a fait savoir que plusieurs ONG qui auraient dû venir à Genève pour participer à l’examen de Cuba se sont vu interdire de le faire.

Une experte a voulu savoir si l’embargo des États-Unis contre Cuba avait des répercussions disproportionnées sur la communauté noire à Cuba et s’il était vrai, comme cela se dit à l’étranger, que cette communauté est la plus exposée à la discrimination sur l’île. Un autre expert a prié les ONG de donner des informations sur les discriminations multiples sont victimes les femmes indigènes.

L’Association cubaine de l’Organisation des Nations Unies a affirmé qu’il était difficile de dire si l’embargo affectait davantage telle ou telle communauté, car toutes les communautés sont affectées par cette « politique génocidaire ». Il est difficile de mettre en place des politiques ciblant des catégories de population en particulier, a par ailleurs souligné l’ONG. Les femmes d’ascendance africaine ne sont pas explicitement ciblées, car les politiques publiques concernent toutes les femmes cubaines, a-t-elle expliqué.

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lundi 13 août 2018

RDC: le Conseil de sécurité de l'ONU soutient la tenue des élections du 23 décembre 2018

Les membres du Conseil se sont félicités des mesures prises récemment dans le processus électoral en République démocratique du Congo (RDC), avec l'enregistrement des candidats pour les élections présidentielles et législatives. Ils se sont félicités le président Joseph Kabila de respect pour son engagement à respecter la Constitution congolaise et les dispositions de l'accord politique 31 Décembre 2016 (l'Accord).

Les membres du Conseil de sécurité ont souligné l'importance de l'ensemble de la classe politique congolaise et les institutions chargées d'organiser les élections restantes engagées pour assurer le succès du reste du processus électoral, ce qui conduit à un transfert pacifique du pouvoir, conformément à la constitution congolaise et l'Accord.

Ils ont encouragé toutes les parties prenantes congolaises à créer toutes les conditions nécessaires pour assurer un environnement propice à la conduite pacifique et inclusive des activités politiques, de veiller à ce que les élections aient lieu avec les conditions requises de transparence, la crédibilité et l'inclusivité, y compris la participation pleine et effective des femmes à toutes les étapes, et sont menées conformément aux obligations internationales de la RDC.

Ils ont réaffirmé que la mise en œuvre efficace, rapide et sincère de l'accord, y compris les mesures de renforcement de la confiance de l'accord, ainsi que le respect des droits fondamentaux et le calendrier électoral sont essentiels pour des élections pacifiques et crédibles le 23 Décembre, une transition démocratique du pouvoir, et la paix et la stabilité de la RDC.

Enfin, les membres du Conseil de sécurité ont encouragé le gouvernement congolais et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour faire en sorte que toute demande à la MONUSCO pour le soutien logistique et technique est effectué à temps, afin de permettre à la MONUSCO de fournir ce soutien.

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Conseil des droits de l'homme: Chine, le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale examine son rapport !

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale a examiné, dans l’après-midi de vendredi dernier et ce matin, les rapports présentés par la Chine, y compris les Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao, sur les mesures prises pour donner effet aux dispositions de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

Présentant ce rapport, M. Jianhua Yu, Représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies à Genève, a expliqué que la nouvelle Constitution de 2018 avait entériné, entre autres principes prioritaires, l’égalité et l’harmonie entre les différents groupes ethniques qui composent le pays. Dans ce contexte, la Chine veille à renforcer l’autonomie des différentes régions, alors que l’état de droit a permis de donner davantage de voix aux différents groupes ethniques, a-t-il affirmé.

Des progrès ont été réalisés dans le domaine économique et social, y compris en matière de santé, d’éducation et de protection de l’environnement, entre autres; l’objectif est que l’ensemble des minorités ethniques puissent exercer leurs droits comme tous les autres citoyens, a insisté M. Yu. Les provinces multi-ethniques ont bénéficié de projets spécifiques avec des progrès sensibles, puisque la population en situation de pauvreté est passée de 31 millions en 2012 à 10 millions aujourd’hui, ce qui constitue un immense pas en avant, a souligné le Représentant permanent. Il a assuré que la Chine veillait à respecter les dispositions de la Convention afin de faire en sorte que toutes les personnes issues des communautés ethniques jouissent effectivement de leurs droits.

Présentant le rapport de la Région administrative spéciale de Hong Kong, M. Chan Shui-Fu, Sous-Secrétaire pour les affaires constitutionnelles et continentales au Bureau des affaires constitutionnelles et continentales de la RAS de Hong Kong, a expliqué qu’un comité directeur avait été créé en 2018 pour surveiller et examiner les politiques en faveur des minorités ethniques. S’agissant en particulier de l’éducation, le Gouvernement veille à intégrer les étudiants issus des minorités et à faciliter leur intégration et leur compréhension de la langue chinoise, a-t-il souligné.

Présentant le rapport de la Région administrative spéciale de Macao, M. Liu Dexue, Directeur du Bureau des affaires juridiques de la RAS de Macao, a notamment expliqué que l’incitation à la haine raciale ou ethnique était considérée, au plan pénal, comme une circonstance aggravante, et que le fait d’encourager des crimes d’intolérance, de haine ou encore l’incitation au totalitarisme était lui aussi interdit.

L’imposante délégation chinoise était également composée de nombreux représentants du Comité central et de commissions du Congrès du Peuple chinois; des Ministères des affaires civiles, des affaires étrangères, de l’éducation, de la sécurité publique, de la justice, des ressources humaines et de la sécurité sociale; ainsi que de représentants de la Commission nationale des affaires ethniques, des services d’immigration, du parquet de la Chine et d’autres fonctionnaires des autorités des RAS de Hong-Kong et de Macao.

La délégation a répondu aux questions qui lui étaient adressées par les membres du Comité en ce qui concerne, plus particulièrement, la situation des minorités ethniques, notamment celle des Tibétains et des Ouïghours; la législation antidiscriminatoire; l’éducation bilingue et le droit des minorités d’utiliser leurs langues; l’initiative de la « nouvelle route de la soie »; les lois sur la sécurité nationale, contre l’extrémisme et contre le terrorisme; la situation des réfugiés et requérants d’asile; ou encore les citoyens de la République populaire démocratique de Corée entrés de façon illégale sur le territoire chinois.

M. Nicolás Marugán, rapporteur du Comité pour l’examen du rapport de la Chine, a notamment souligné que la prospérité de la Chine lui avait permis de sortir de la pauvreté des centaines de millions de personnes de la pauvreté. Le rapporteur a toutefois regretté qu’en dépit des précédentes recommandations du Comité, il n’existe toujours pas, dans la loi chinoise, de définition de la discrimination raciale qui corresponde à la définition qu’en donne la Convention. M. Marugán s’est inquiété de la situation des minorités ethniques et raciales, notamment celle des Tibétains et des Ouïghours, qui seraient victimes de déplacements forcés et de multiples discriminations, alors même que le taux de pauvreté des minorités ethniques est passé de 15,8% en 2011 à 19% en 2016.

Au cours du dialogue, la délégation chinoise a insisté sur le fait que l’unité entre les nationalités qui composent le pays était un objectif fondamental des autorités chinoises. Le chef de la délégation a mis en garde contre «certaines forces qui agissent de l’extérieur pour politiser les travaux du Comité» et a espéré que le Comité saurait rester objectif dans son évaluation.

Le Comité adoptera ultérieurement, lors de séances à huis clos, ses observations finales sur les rapports de la Chine (y compris les RAS de Hong Kong et de Macao) et les rendra publiques à l’issue de la session, qui doit clore ses travaux le vendredi 30 août prochain.

Demain matin, à 10 heures, le Comité auditionnera les représentants de la société civile au sujet de l’application de la Convention dans les pays dont les rapports doivent encore être examinés durant cette session: Maurice, Cuba et le Japon (ces trois rapports devant être examinés cette semaine).

Présentation du rapport de la Chine

Le Comité était saisi du document regroupant les quatorzième à dix-septième rapports périodiques de la Chine (CERD/C/CHN/14-17), y compris la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong (CERD/C/CHN-HKG/14-17) et la RAS de Macao (CERD/C/CHN-MAC/14-17).

Présentant le rapport de la Chine, M. JIANHUA YU, Représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies à Genève, a expliqué que le pays est entré dans une nouvelle ère de son développement et a fait part de l’évolution de la situation des minorités ethniques en Chine. La communauté de la nation chinoise est devenue la priorité de la Chine, eu égard au grand nombre de minorités ethniques qui composent le pays, a-t-il souligné. La Chine doit tenir compte de ces minorités, a-t-il ajouté. Au dix-neuvième Congrès du Parti communiste chinois, le Secrétaire général Xi Jinping a explicitement appelé à un sens élevé de la communauté de la nation chinoise, a-t-il rappelé. La nouvelle Constitution de 2018 a amendé le libellé des principes prioritaires, comme la liberté ou l’égalité et l’harmonie entre les différents groupes qui composent le pays, la Chine étant engagée à mettre en œuvre l’égalité et l’unité entre ses différents groupes ethniques, lesquels devront tous travailler de concert pour former une grande famille aux fins d’une prospérité commune et de la réalisation du rêve chinois d’un renouvellement national (« national rejuvenation »).

Le pays ne saurait être protégé sans garanties juridiques, a poursuivi M. Yu. La Chine s’efforce de renforcer l’autonomie des différentes régions et l’état de droit a permis de donner davantage de voix aux différents groupes ethniques, a-t-il affirmé.

Nombre de textes législatifs, notamment ceux relatifs au tourisme, aux cultures traditionnelles ou encore aux affaires religieuses prévoient l’interdiction de la discrimination ethnique et de l’incitation à la haine et s’efforcent de promouvoir l’harmonie entre tous les groupes. Les régions automnes ont adopté une série de législations pour lutter contre les discriminations, a ajouté le chef de la délégation. Les groupes minoritaires jouent un rôle prédominant dans les affaires ethniques, a-t-il insisté.

La Chine a l’intention de promouvoir le développement dans différents domaines et s’appuie actuellement sur le treizième Plan quinquennal pour le développement économique et social mis en place à cette fin, a expliqué le Représentant permanent. Ce Plan vise notamment la promotion de la santé et du développement et l’ouverture des régions frontalières, ainsi que le développement des petits groupes communautaires. Différents progrès ont été réalisés dans le domaine économique et social, y compris en matière de santé, d’éducation et de protection de l’environnement, entre autres; l’objectif est que l’ensemble des minorités ethniques puissent exercer leurs droits comme tous les autres citoyens, a insisté M. Yu, précisant que des provinces multiethniques ont ainsi bénéficié de projets menés dans ce contexte et que dans les zones concernées, les progrès économiques sont sensibles, puisque la population en situation de pauvreté est passée de 31 millions en 2012 à 10 millions aujourd’hui, ce qui constitue un immense pas en avant.

Le pays promeut la préservation de l’environnement et l’écologie ainsi que la diversité culturelle et les écosystèmes des minorités, a poursuivi le Représentant permanent. À cette fin, a-t-il expliqué, le Gouvernement chinois a accordé la priorité à la promotion de la culture des minorités, laquelle fait partie de la culture chinoise. Le pays a tout mis en œuvre pour préserver le patrimoine culturel, a-t-il insisté.

Certaines régions restent un peu à la traîne par rapport à d’autres aux niveaux social et économique, a toutefois reconnu le chef de la délégation chinoise. Le pays se trouve à la croisée des chemins pour améliorer cette situation, a-t-il affirmé. Il faut renforcer le cadre juridique interne et donner effet aux politiques qui prônent la solidarité et l’égalité entre les différents groupes ethniques, a-t-il insisté. La Chine veille à respecter les dispositions de la Convention afin de s’attaquer à tous les volets de la question ethnique et de faire en sorte que toutes les personnes issues des communautés ethniques puissent jouir de leurs droits, a-t-il souligné.

Présentant le rapport de la RAS de Hong Kong, M. SHUI-FU CHAN, Sous-Secrétaire pour les affaires constitutionnelles et continentales au Bureau des affaires constitutionnelles et continentales de la RAS Hong Kong, a expliqué que Honk Kong compte près de 250 000 personnes issues des minorités ethniques. Dans ce contexte, tout est mis en œuvre pour lutter contre la discrimination raciale et veiller à ce que toutes ces minorités puissent jouir des mêmes droits, a-t-il assuré. Afin de renforcer le soutien aux minorités ethniques, un comité directeur a été instauré en 2018 pour surveiller et examiner les politiques en faveur des minorités ethniques dans la RAS de Hong Kong, a-t-il précisé.

S’agissant de l’éducation, a poursuivi le Sous-Secrétaire, le Gouvernement veille à intégrer les étudiants issus des minorités et à faciliter leur intégration et leur compréhension de la langue chinoise. Le Bureau de l’éducation a mis en œuvre un programme d’enseignement de la langue chinoise en tant que deuxième langue aux niveaux primaire et secondaire, a-t-il indiqué, expliquant que ce cadre vise à aider les étudiants à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent pour apprendre la langue chinoise et à leur offrir de plus grandes opportunités d’études et d’emploi. Le financement des écoles a lui été revu à la hausse. Le Bureau pour l’éducation a révisé la mise œuvre du plan d’apprentissage et a développé de nouvelles stratégies d’enseignement. Les autorités accordent une attention particulière aux mesures visant à assurer l’égalité des chances en matière d’accès à l’emploi pour les minorités, a insisté le Sous-Secrétaire. Les travailleurs domestiques étrangers bénéficient des mêmes droits et de la même protection que les autres en termes de salaire, de vacances, de congés payés ou encore de congés de maternité, entre autres; ils sont protégés par un contrat d’emploi normalisé par le Gouvernement. La règle du retour au pays dans les semaines qui font suite à la fin du contrat est nécessaire afin de maintenir un contrôle efficace de l’immigration, a expliqué M. Chan; les travailleurs domestiques peuvent néanmoins obtenir un nouvel emploi dans la RAS de Hong Kong une fois rentrés dans leur pays, a-t-il précisé, rappelant en outre l’obligation pour ces travailleurs domestiques de vivre chez leur employeur.

La RAS de Hong Kong a par ailleurs créé un mécanisme unifié pour vérifier les plaintes concernant le non-respect du principe de non-refoulement, a poursuivi M. Chan. Les personnes qui souhaitent remettre en cause une décision du Département de l’immigration peuvent maintenant faire appel devant un bureau d’appel indépendant, a-t-il fait valoir.

M. Chan a en outre évoqué un ensemble de mesures prises pour promouvoir l’harmonie raciale. Le Gouvernement de la RAS Hong Kong suit de manière active l’examen du texte de loi sur les discriminations qui a été soumis par la Commission pour l’égalité des chances en 2016 afin de faire une proposition au Conseil législatif cette année, a-t-il expliqué. Ce texte vise notamment à étendre la protection contre les discriminations raciales aux proches des victimes, notamment à l’épouse et aux enfants.

Présentant le rapport de la RAS de Macao, M. DEXUE LIU, Directeur du Bureau des affaires juridiques de la RAS de Macao, a expliqué que les droits à l’égalité et à la non-discrimination sont entérinés dans le système juridique de la RAS Macao au travers d’une série de lois. Une discrimination positive n’est admise par la loi que pour palier une inégalité.

Le caractère d’incitation à la haine raciale ou ethnique d’un crime est considéré comme une circonstance aggravante et le fait d’encourager des crimes d’intolérance, de haine, ou encore l’incitation au totalitarisme sont totalement interdits, a précisé le Directeur du Bureau des affaires juridiques.

Diverses communautés se retrouvent sur le territoire de la RAS de Macao; chaque groupe jouit du même droit à la dignité et à jouir de sa propre vie culturelle, et peut pratiquer sa religion et utiliser sa propre langue, a souligné M. Liu.

La protection des droits des travailleurs a été étendue afin de mieux garantir le droit du travail pour les travailleurs non résidents. La RAS de Macao a mis en place une politique non discriminatoire et de protection pour les travailleurs non résidents, a souligné M. Liu. En outre, les lois de lutte contre la traite et contre la violence domestique ont été traduites en anglais et mises en ligne, a-t-il ajouté.

D’autre part, les pouvoirs de surveillance de l’institution nationale des droits de l’homme ont été renforcés; elle peut notamment proposer directement des suggestions concernant des amendements à apporter à la législation.

La protection des droits reconnus ne peut être refusée à personne, sur la base de quelque discrimination que ce soit, a souligné M. Liu. Le cadre juridique prévoit que toute personne résidant dans la RAS de Macao et qui ne dispose pas de ressources financières suffisantes a droit de bénéficier d’une aide juridictionnelle gratuite.

L’égalité entre les sexes est un objectif prioritaire du Gouvernement, a poursuivi M. Liu; ainsi, au mois de juin 2017, les femmes représentaient 68% de la force de travail de la RAS de Macao.

Enfin, M. Liu a signalé qu’il y avait peu de demandes d’asile dans la RAS de Macao. Les requérants ont droit à des services de base, à l’éducation pour les mineurs, ainsi qu’à un interprète et une protection juridique, a-t-il précisé.

Examen du rapport

Questions et observations des membres du Comité

M. NICOLAS MARUGAN, rapporteur du Comité pour l’examen du rapport de la Chine, a encouragé le pays à être plus ponctuel dans la remise de ses rapports. Il a ensuite salué certains développements positifs en Chine, soulignant notamment que la prospérité du pays a permis à des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté et relevant que pour le Gouvernement chinois, la pauvreté est l’un des plus grands obstacles au développement et donc aux droits l’homme. Depuis 2008, a-t-il ajouté, les cinq régions autonomes (NDLR: Mongolie intérieure, Guangxi, Tibet, Ningxia, Xinjiang) ont pu bénéficier d’une amélioration graduelle des conditions de vie de leur population. Les minorités ethniques représentent néanmoins un tiers de la population en situation de pauvreté en Chine, a fait observer M. Marugán, avant de relever que le Plan d’action national sur les droits de l’homme reconnaît la pauvreté des minorités ethniques. Le rapporteur a souhaité savoir si le pays disposait de données ventilées et actualisées concernant la réduction de la pauvreté parmi les minorités ethniques. Il a également voulu savoir si le pays entendait passer à une approche du développement fondée sur les droits de l’homme. Il s’est enquis des indicateurs qui ont été utilisés pour mesurer les progrès dans le domaine de la lutte contre la discrimination raciale. M. Marugán a souhaité en savoir davantage sur les objectifs et les résultats du troisième Plan d’action national sur les droits de l’homme.

M. Marugán a ensuite souhaité savoir si l’institution nationale des droits de l’homme de la RAS de Hong Kong allait être pleinement conforme aux Principes des Paris.

Le rapporteur s’est en outre enquis de la participation des organisations non gouvernementales (ONG) à l’élaboration des rapports soumis au Comité et a souhaité savoir comment les autorités entendaient améliorer les relations avec les organisations de la société civile.

En dépit des précédentes recommandations du Comité, il n’existe toujours pas de définition de la discrimination raciale qui corresponde à la définition qu’en donne la Convention, a poursuivi M. Marugán. Il a souhaité savoir si la Chine envisageait de promulguer une loi complète de lutte contre les discriminations et si elle envisageait d’entreprendre une étude sur les discriminations à l’encontre des minorités ethniques.

Le rapporteur a ensuite demandé à la RAS Hong Kong de fournir des statistiques concernant les plaintes déposées et condamnations prononcées pour actes de discrimination raciale, y compris pour incitation à la haine raciale. Il a souhaité comprendre les raisons pour lesquelles très peu de plaintes avaient donné lieu à des actions en justice et a souhaité savoir si ceux qui portent plainte sont exposés à des risques de représailles. S’agissant de la RAS de Macao, M. Marugán a souligné que les crimes de haine ne sont ni signalés, ni poursuivis dans cette RAS.

La situation des minorités ethniques et raciales est préoccupante, notamment celle des Tibétains et des Ouïghours; ils seraient victimes de déplacements forcés et de multiples discriminations, s’est par ailleurs inquiété le rapporteur. Le taux de pauvreté des minorités ethniques est passé de 15,8% en 2011 à 19% en 2016, a-t-il fait observer, avant de s’enquérir des raisons de cette évolution.

Le rapporteur a demandé quelle instance était chargé de contrôler les cas de discrimination raciale dans le domaine du travail en Chine, y compris dans les RAS de Hong Kong et de Macao; il a souligné que certaines pratiques d’embauche étaient largement discriminatoires dans certaines entreprises qui préfèrent la main-d’œuvre chinoise plutôt que tibétaine ou ouïghoure. Le développement économique au Tibet ne profite qu’aux seuls Chinois, a en outre déploré l’expert. En l’absence d’un bureau d’inspection du travail, il est très difficile de porter plainte en cas de discrimination raciale au travail, a insisté M. Marugán.

Selon certaines informations reçues par le Comité, les minorités ethniques sont également exposées à la discrimination en matière de logement, a ajouté le rapporteur, avant de s’enquérir des mesures prises pour y remédier.

M. Marugán a par ailleurs relevé le recours excessif à la force contre les Tibétains ethniques et d’autres groupes et a souligné que le Comité restait préoccupé par le fait que la Chine ne fasse pas la lumière sur les affaires de de torture et de décès en garde à vue de Tibétains. Il a demandé si les enquêtes concernant ces allégations étaient chapeautées par une instance indépendante et si des enquêtes étaient menées pour savoir si de hauts fonctionnaires de l’État étaient responsables de ces actes.

Le rapporteur a ensuite demandé des statistiques ventilées et actualisées concernant les migrants en Chine, y compris dans les RAS de Macao et de Hong Kong. Il a également souhaité obtenir des données actualisées concernant les effets de la législation de lutte contre la traite, déplorant n’avoir reçu aucune information de la Chine et de la RAS de Hong Kong sur leurs mesures de lutte contre la traite.

Enfin, M. Marugán s’est enquis des efforts entrepris dans la RAS de Hong Kong pour amender l’ordonnance contre la discrimination raciale, qui n’est pas conforme à la Convention.

M. Marugán a par la suite voulu savoir quel budget était affecté au Plan d’action national sur les droits de l’homme. Il a regretté le manque de progrès en Chine continentale, tout comme dans les RAS de Macao et Hong-Kong, s’agissant de la création d’institutions de droits de l’homme conformes aux Principes de Paris et de la participation des organisations non gouvernementales à la rédaction du rapport.

M. Marugán a insisté pour que la Chine se dote d’une loi exhaustive contre la discrimination raciale et s’est interrogé sur le suivi donné aux plaintes dans ce domaine, alors que le nombre de ces plaintes reste très faible. L’expert a fait état de nombreux incidents de racisme contre des personnes originaires du sous-continent indien qui ne sont pas dénoncés à la justice.

Le rapporteur a par ailleurs fait observer que le concept de séparatisme était défini de manière très large dans la loi chinoise, couvrant dans certains cas le simple fait d’exercer des droits humains – au détriment, selon des informations en possession du Comité, des défenseurs des droits des Ouïghours. L’expert a prié la délégation de dire comment les autorités prévenaient les actes de torture et les mauvais traitements contre les Ouïghours et contre les Tibétains.

Une autre experte s’est dite préoccupée qu’il existe des zones de non-droit dans la Région automne du Xinjiang, avec des détentions de masse des Ouïghours ethniques et d’autres minorités ethniques musulmanes. Un grand nombre de ces personnes font l’objet de détention dans des camps de redressement, a-t-elle souligné; leurs droits ont été bafoués et aucune victime n’a pu obtenir justice. Beaucoup de musulmans sont poursuivis au pénal pour des délits pourtant considérés comme mineurs, comme par exemple le fait de porter le voile. L’experte a par ailleurs dénoncé la surveillance de masse des communautés ouïghoures. La Chine impose la collecte de données biométriques concernant les membres des minorités. En outre, une autorisation de voyager peut mettre plusieurs années à parvenir à ces personnes. Les lois sur la sécurité nationale ou contre le terrorisme ont donné des définitions beaucoup trop vagues d’infractions comme l’extrémisme ou le terrorisme, ce qui a pour conséquence des condamnations arbitraires voire extrajudiciaires, a par ailleurs souligné l’experte.

Cette même experte a ensuite souhaité savoir s’il était vrai que l’utilisation de l’ouïghour dans l’enseignement avait été fortement restreinte. Selon certaines informations, a-t-elle ajouté, la langue et la culture tibétaines sont menacées. L’experte a en outre demandé ce qui se passait concrètement pour les personnes qui se trouvent dans les camps de redressement et s’est enquise de la situation des Ouïghours dans la RAS de Hong Kong.

Une autre experte a expliqué être inquiète des discriminations à l’encontre des Ouïghours et d’autres minorités dans les RAS de Hong Kong et de Macao. Elle a souhaité en savoir davantage au sujet de l’enseignement bilingue dans la RAS de Hong Kong et de l’accès à l’éducation pour les enfants issus des minorités - dont elle s’est enquise des causes de la déscolarisation. Dans la RAS de Hong Kong, une majorité d’enfants issus des minorités ethniques semblent être inscrits dans des d’écoles qui ne favorisent pas leur intégration sociale, ni sur le marché du travail, a-t-elle fait observer.

Un expert s’est enquis de ce qui était fait pour que les avocats œuvrant dans le domaine des droits de l’homme puissent travailler librement, sans contrainte et sans faire l’objet menaces.

Un autre expert a demandé davantage d’informations sur les personnes issues de minorités ethniques non reconnues, qui seraient plus de 600 000 aujourd’hui en Chine. Qu’en est-il de leur statut juridique ?

Un autre expert a souligné que les personnes d’ascendance africaine étaient les principales victimes du racisme et de la discrimination raciale, notamment dans la RAS de Hong Kong.

Une experte a dénoncé les lois restrictives en matière religieuse, notamment à l’encontre des musulmans. Un million de Ouïghours ont été emprisonnés, a-t-elle souligné, avant de demander quelle liberté religieuse était désormais accordée aux Ouïghours.

D’après un grand nombre de rapports, les transfuges de la République populaire démocratique de Corée sont exposés à la traite, à l’exploitation et au travail forcé, a-t-il en outre été souligné; certains sont détenus avant d’être renvoyés en République populaire démocratique de Corée où ils sont alors torturés.

Il ne suffit pas de dire que les droits des Ouïghours ne sont pas bafoués, a fait observer une experte du Comité: elle a estimé que la délégation devrait donner des précisions sur le nombre de personnes détenues dans des camps de détention et dans des camps d’endoctrinement ainsi que sur le nombre de personnes condamnées pour des faits de séparatisme. Une autre experte a demandé à la délégation de donner la définition de l’extrémisme en vertu de laquelle des Ouïghours ont été condamnés.

Un expert a mis en relief les risques sur l’environnement que pose l’initiative de la route de la soie. Il s’est en outre ému de l’interdiction des activités à caractère religieux dans les activités extra-scolaires proposées aux enfants.

Une experte a regretté les restrictions apportées par la Chine à la reconnaissance du statut de réfugié.

D’autres questions ont porté sur l’efficacité de l’enseignement du chinois dans les écoles de la RAS de Hong-Kong pour éviter la marginalisation des enfants, ou encore sur la formation qui est dispensée aux fonctionnaires pour les aider à détecter les actes de racisme.

Une experte s’est interrogée sur le caractère démocratique du processus de prise de décision dans certaines régions où vivent des minorités ethniques, compte tenu de la désignation des responsables politiques par les autorités centrales. Cette experte a elle aussi voulu connaître les définitions de l’extrémisme et du séparatisme utilisées par les autorités chinoises.

Un expert s’est dit déçu des réponses apportées par la délégation chinoise qui a choisi de rejeter d’emblée certaines questions au motif qu’elles seraient « infondées »; cet expert aurait aimé un dialogue plus fructueux au profit de la Chine elle-même.

Réponses de la délégation

Le système juridique chinois comporte un certain nombre de lois interdisant la discrimination et encourageant l’égalité entre les différents groupes ethniques, conformément aux dispositions de la Convention, a fait valoir la délégation. S’il n’existe certes pas de définition de la discrimination raciale dans la loi chinoise, l’interprétation que les autorités judiciaires donnent de cette notion est conforme à la Convention, a-t-elle assuré.

La délégation a ensuite souligné que la Chine accordait une grande importance à l’application des dispositions de la Constitution relatives à l’interdiction de la discrimination ethnique. À cet égard, plusieurs projets de contrôle à long terme ont été lancés par divers organes étatiques, a-t-elle fait valoir, précisant qu’en 2015, un groupe de supervision avait procédé à une évaluation de sept municipalités et régions, y compris Beijing, Shanghai et Tianjin. Certaines localités ont ouvert des permanences juridiques et des lignes d’appel destinées aux membres des minorités ethniques. Toute personne victime d’un comportement criminel en Chine peut saisir les organes de sécurité publique, a insisté la délégation.

À côté des 55 minorités ethniques reconnues, il n'y a pas de minorité non reconnue en Chine, a ajouté la délégation. Elle a fait état des progrès accomplis dans le cadre de l’application du Plan d’action national sur les droits de l’homme (2016-2020) pour ce qui est de la réalisation des objectifs fixés par le pays s’agissant des minorités ethniques. En particulier, leur droit de participer aux délibérations et à l’administration des affaires publiques est assuré avec sérieux, a souligné la délégation. Actuellement, tous les 55 groupes ethniques minoritaires de Chine sont représentés au Congrès national du peuple, où les membres des minorités ethniques représentent 14,7% des députés, soit bien davantage que les 8,49% de la population chinoise que représente la part des minorités ethniques. Par ailleurs, a ajouté la délégation, les administrations de 155 localités ethniques autonomes sont dirigées par des personnes appartenant aux minorités.

D’autre part, le droit des minorités d’utiliser leur propre langue est effectivement protégé, le Gouvernement central ayant affecté 200 millions de yuans en 2017 à la formation d’enseignants bilingues, a poursuivi la délégation, ajoutant que l’éducation bilingue était garantie au Xinjiang et au Tibet grâce à des enseignants et à des manuels bilingues. Il est faux de dire que l’enseignement en langue ouïghoure est interdit, a assuré la délégation. Les examens d’entrée aux universités nationales peuvent se faire dans les langues minoritaires, a-t-elle ajouté.

La délégation a, d’autre part, fait état de progrès importants dans le domaine de l’accès à la santé dans les régions où vivent les minorités ethniques, l’objectif des autorités étant de disposer d’un hôpital par comté; l’accent porte en particulier sur la santé de la mère et de l’enfant, a précisé la délégation, faisant valoir que le taux de mortalité infantile est ainsi tombé de 13,8% en 2009 à 6,8% en 2017.

Sur le plan socioéconomique, la population pauvre dans les régions où vivent les minorités a chuté à 10,32 millions de personnes en 2017, contre 14,11 millions en 2016. Pour des raisons historiques, les zones touchées par la pauvreté se concentrent dans les régions centrales et occidentales de la Chine; mais dans ces mêmes régions, la pauvreté ne fait aucune différence entre les différentes minorités ethniques. Ensemble, les 12 provinces, régions et villes de Chine occidentales où se concentrent les minorités ethniques comptent 374 millions d’habitants – soit 27,06% de la population chinoise –, mais la population pauvre y atteint 16,34 millions de personnes – soit 53,64% du total national.

Le Gouvernement a annoncé qu’il veillerait à ce qu’aucune minorité ne soit laissée de côté en affectant des fonds supplémentaires en direction des minorités ethniques; le Tibet (région autonome), le sud du Xinjiang (autre région autonome) et plusieurs districts de quatre autres provinces, habités par des Tibétains, reçoivent 60% de ces fonds. Le déplacement des personnes pauvres hors des régions inhospitalières s’explique par deux raisons: l’industrialisation qui vide les campagnes et la vulnérabilité écologique de la plupart des régions pauvres – en particulier la perte de pâturages du fait de la surexploitation. Les personnes pauvres sont déplacées vers les banlieues des petites villes pour soulager l’environnement et laisser l’écosystème se régénérer, a expliqué la délégation.

La loi interdit explicitement la discrimination dans l’emploi, mais la Chine n’en a pas moins pris des mesures pour favoriser l’emploi des membres des minorités ethniques, a ensuite fait valoir la délégation. L’objectif est d’inciter à la création d’entreprises et de favoriser le transfert des emplois ruraux vers d’autres secteurs d’activité. Parallèlement, les autorités tirent parti des possibilités offertes par Internet pour donner aux travailleurs des régions où vivent les minorités ethniques l’accès à des services d’emploi de qualité. D’autres initiatives, comme dans le district de Burqin dans le Xinjiang, consistent à subventionner les entreprises pour qu’elles embauchent des employés locaux.

La délégation a par ailleurs assuré que la législation chinoise était conforme aux dispositions des conventions de l’Organisation internationale du Travail contre le travail forcé et pour la protection des droits des travailleurs domestiques. La Chine souscrit au but et à la mission de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles et, étant donné que le nombre d’étrangers travaillant en Chine et de Chinois travaillant à l’étranger augmente chaque année, elle envisage sérieusement d’étudier la possibilité de ratifier cet instrument, a indiqué la délégation.

S’agissant de la « nouvelle route de la soie » (Belt and Road Initiative), la délégation a affirmé que cette initiative a grandement ouvert les régions habitées par des minorités et ainsi contribué à leur développement rapide. Chaque région s’est vu attribuer un rôle précis dans cette initiative: la région autonome ouïghoure du Xinjiang est un nœud sur la route de la soie; la région autonome de Mongolie intérieure est une ouverture cruciale vers le nord; et la région autonome du Guangxi fait le lien avec le volet maritime de l’initiative, a-t-il été précisé.

Plutôt que de créer une institution nationale de droits de l’homme, la Chine confie la responsabilité de protéger et promouvoir les droits de l’homme à différents départements compétents. Les départements de supervision surveillent l’action des institutions et agents du Gouvernement; ils reçoivent aussi les rapports concernant les droits de l’homme. La Commission d’État pour les affaires ethniques assume des responsabilités importantes dans la protection des droits des minorités, a précisé la délégation.

La délégation a ensuite expliqué la position de la Chine concernant la question des citoyens de la République populaire démocratique de Corée entrés de façon illégale sur le territoire chinois. Tout d’abord, étant entrées en Chine pour des raisons économiques, ces personnes ne bénéficient pas du statut de réfugié au sens de la Convention relative au statut des réfugiés. Ensuite, ces personnes bénéficient d’une importante aide humanitaire, les mauvais traitements et l’exploitation mentionnés n’existant pas, a assuré la délégation. Elle a rappelé que la Chine, à l’instar de nombreux États, avait fait part de ses réserves lors de la création de la Commission d’enquête sur les droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée et a demandé aux membres du Comité de s’interroger sur l’impartialité et la crédibilité du rapport du Département d’État des États-Unis.

La Chine est en train d’examiner l’opportunité d’élaborer une législation relative à la reconnaissance du statut de réfugié, a poursuivi la délégation. En l’état, la loi autorise déjà la délivrance d’autorisations de séjour temporaire aux personnes qui demandent le statut de réfugié en Chine. Au 30 juin 2018, la Chine comptait 943 réfugiés et requérants d’asile étrangers, selon les chiffres du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Les lois sur la sécurité nationale sont alignées sur le Code pénal chinois et leur interprétation ne donne lieu à aucune ambiguïté, a d’autre part assuré la délégation. Elle a ensuite expliqué que la Chine était confrontée au problème des activités terroristes à but séparatiste qui, au Xinjiang et dans d’autres endroits en Chine, compromettent la sécurité des citoyens de tous les groupes ethniques, la stabilité nationale et l’unité ethnique du pays. La loi contre le terrorisme affirme que l’État s’oppose à toutes les formes d’extrémisme, y compris l’extrémisme religieux, et qu’il doit éliminer la base idéologique du terrorisme; mais cette loi stipule également que la lutte antiterroriste doit se faire dans le respect de la loi et des intérêts et droits des citoyens, a souligné la délégation.

En avril 2017, la Cour suprême et le barreau chinois ont créé une instance chargée de faciliter le dépôt de plaintes par les avocats dont les droits sont bafoués, a ensuite indiqué la délégation. Quatre cent trente-deux demandes de protection ont été reçues depuis mars 2017, a-t-elle précisé. Les avocats qui ne respectent pas les règles d’éthique sont cependant sanctionnés., conformément à la loi, a-t-elle ajouté.

La délégation a assuré que les allégations de recours excessif à la force, aux détentions arbitraires et aux disparitions forcées contre des membres de minorités ethniques étaient infondées. De même, l’allégation selon laquelle M. Tashi Wangchuk aurait été condamné pour ses commentaires sur la protection des langues de minorités ethnique est fausse. Cette personne a été arrêtée parce qu’elle était suspectée d’inciter à la sécession de la région dont elle est originaire; elle a été condamnée, au terme d’un procès qui s’est tenu dans les règles, à cinq ans de prison et cinq ans de privation des droits civiques, a expliqué la délégation.

L’allégation selon laquelle le Xinjiang (région autonome) serait en proie à l’anarchie est également fausse, même s’il est vrai que la région est en proie au terrorisme, a ajouté la délégation. Le Xinjiang ne compte aucun centre de rééducation, a-t-elle assuré, rejetant les accusations selon lesquelles plus d’un million d’Ouïghours y seraient détenus. La délégation a également rejeté toute accusation de suppression d’une religion, de «désislamisation». Les mesures qui sont prises dans le Xinjiang ont uniquement pour but de lutter contre l’idéologie religieuse extrémiste et d’empêcher l’entrée de terroristes étrangers, a assuré la délégation.

La délégation a expliqué qu’il n’existait pas au Xinjiang de « centres de rééducation », pas plus qu’il n’existe de « centres de formation contre l’extrémisme ». Les personnes accusées de délits mineurs peuvent recevoir une assistance et une formation professionnelle dans des centres de formation, en vue de leur réintégration, a-t-il été précisé. Ces personnes ne sont pas soumises à la détention arbitraire et leurs droits sont respectés, a ajouté la délégation.

Le Gouvernement chinois accorde une grande importance, tout en luttant contre le terrorisme, à la protection de la liberté et des droits des citoyens de toutes les ethnies sur un pied d’égalité, a insisté la délégation. Il n’y a aucune contradiction entre la lutte contre le terrorisme et l’interdiction de la discrimination raciale, a-t-elle insisté.

La délégation a, d’une manière générale, fait état de progrès importants – « et parfois spectaculaires » – réalisés au plan social et économique dans les régions (autonomes) du Tibet et du Xinjiang, y compris en matière de respect de la liberté de religion et de droits culturels.

S’agissant de la Région administrative spéciale de Hong-Kong, la délégation a fait savoir que les autorités avaient dégagé de nouveaux financements et pris des mesures juridiques pour mieux protéger les droits des personnes appartenant aux minorités. Le Gouvernement est ouvert à une surveillance externe (telle que celle exercée par le Comité) s’agissant de ses efforts en matière de droits de l’homme; il est également ouvert à une surveillance interne, par le biais des médias et de la Commission des droits de l’homme. Ces dispositifs ont été jugés suffisants pour protéger les droits fondamentaux à Hong-Kong.

L’Ordonnance contre la discrimination interdit au Gouvernement d’exercer quelque discrimination que ce soit contre toute personne à l’embauche. La loi sera amendée d’ici la fin de l’année pour intégrer de nouvelles dispositions contre la discrimination raciale, a-t-il été précisé. Il est possible de porter plainte contre l’autorité publique par le biais de l’Ombudsman, a ajouté la délégation.

S’agissant de la Région administrative spéciale de Macao, la délégation a précisé que l’institution nationale de droits de l’homme était indépendante et dotée de pouvoirs d’enquête, l’Ombudsman étant nommé par le Directeur général conformément à la loi. Pour gérer les affaires publiques, Macao encourage la collaboration avec les organisations de la société civile, une démarche qui favorise la transparence et la bonne gestion, a expliqué la délégation.

La loi relative aux discours de haine interdit la diffusion de matériel incitant à la haine et à la violence contre des membres de minorités, a d’autre part indiqué la délégation. En outre, l’inspection du travail veille au respect de la loi par les employeurs. Aucune plainte pénale n’a été encore enregistrée pour des faits relevant de la discrimination raciale, a par ailleurs fait valoir la délégation; la diversité culturelle traditionnelle de Macao explique cette situation.

La délégation a ensuite fourni des explications sur l’aide juridictionnelle qui est octroyée aux justiciables dans le besoin.

Macao a ratifié plusieurs conventions internationales contre la traite des êtres humains, a ajouté la délégation.

Il a en outre été précisé que les parents pouvaient choisir librement l’école de leurs enfants et que l’enseignement scolaire était assuré également en langue cantonaise.

La loi sur les organisations non gouvernementales (ONG) a pour but de protéger les droits légitimes de toutes les personnes et institutions engagées dans les activités charitables. Les organes publics ont fait de grands efforts pour faciliter les activités des ONG étrangères, toujours dans le respect de la loi, a assuré la délégation.

La délégation a insisté sur le fait que l’unité entre les nationalités était un objectif fondamental des autorités chinoises qui ont à cette fin alloué beaucoup de temps et de ressources, ce qui s’est concrétisé par des progrès socioéconomiques remarquables réalisés depuis cinq ans dans les régions concernées, essentiellement au nord-ouest du pays.

Chaque État étant différent, il n’y a pas de réponse harmonisée à la question de savoir comment donner effet le plus efficacement possible à la Convention, a souligné la délégation chinoise, avant de confirmer que la Chine avait émis des réserves à l’égard de deux articles de la Convention.

La délégation a regretté que des informations données au Comité émanent d’organisations politiques qui cherchent à diviser la Chine et qui entretiennent des liens avec des mouvements terroristes.

La délégation a assuré que la Chine entendait collaborer pleinement avec le Comité, sur la base toutefois des principes de la Charte des Nations Unies et du respect de la souveraineté des États. Elle a espéré que le Comité porterait un jugement équitable sur la Chine.

Remarques de conclusion

M. NOUREDDINE AMIR, Président du Comité, a remercié la société civile pour sa contribution à l’examen du rapport de la Chine. Il a salué la coopération de la délégation chinoise qui, confrontée à des centaines de questions, a mis à la disposition du Comité des réponses écrites. Le Président a rappelé que le Comité avait une orientation strictement juridique et non politique et que c’est uniquement sur cette base qu’il examinait les rapports qui lui sont soumis. Ses experts, élus par les États parties à la Convention, ne sont pas un tribunal, a insisté le Président.

M. MARUGÁN a pour sa part souhaité que la Chine réponde à plusieurs allégations de torture et de décès en détention concernant plusieurs Ouïghours dans la région (autonome) du Xinjiang et fasse part de son intention d’ouvrir des enquêtes indépendantes sur ces faits. Le rapporteur a remercié la délégation pour ses réponses et a applaudi la société civile chinoise, qui a beaucoup aidé le Comité.

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RDC: Épidémie d'Ebola, l’UNICEF mobilise des spécialistes en vaccination!

KINSHASA, 10 août 2018 – Alors que la campagne de vaccination contre la maladie à virus Ebola (MVE) a été lancée par le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) le 8 août 2018, l’UNICEF a mobilisé des spécialistes de la communication pour informer et encourager la participation dans la campagne de vaccination des communautés locales affectées par la maladie.

"Nos spécialistes de la communication sont sur le terrain et informent les communautés concernées par la campagne de vaccination", a déclaré le Dr Gianfranco Rotigliano, Représentant de l'UNICEF en RDC. "La précédente épidémie d'Ebola a démontré que l’engagement des communautés locales est essentielle pour prévenir la propagation de la maladie et assurer sa participation aux efforts de vaccination."

Dans le cadre du Plan d’action conjoint du Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) coordonné avec l’OMS et l’UNICEF, la vaccination est proposée, gratuitement et sur une base volontaire, à tous les membres des communautés locales ayant été en contact avec une personne infectée.

L’UNICEF a déployé douze spécialistes de la communication dans les zones touchées des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri pour travailler avec des agents communautaires. Ils apportent les conseils préalables aux personnes éligibles à la vaccination ainsi que des informations de base aux communautés touchées sur le vaccin.

Ces efforts font partie de la mobilisation sociale globale et de la communication communautaire qu’UNICEF mène avec ses partenaires pour sensibiliser la population au virus Ebola et aux moyens de se protéger contre la maladie afin d’éviter sa propagation.

Avec ses partenaires, l'UNICEF a déjà:

• informé sur les messages et les gestes de prévention 60 responsables communautaires de l’aire de santé de Magina située dans la zone de santé de Mabalako;

• formé 100 travailleurs communautaires de la zone de santé de Beni pour qu'ils organisent à leur tour des activités de sensibilisation au sein des communautés locales;

• travaillé avec 79 journalistes locaux et neuf stations de radio à Beni et Goma pour diffuser des programmes de sensibilisation ;

• distribué des messages de prévention du virus Ebola dans 241 églises de la zone de santé de Beni.

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dimanche 12 août 2018

Diaspora: Martin Sali Bongenge du RCK hausse le ton contre le "Ndakala" Emmanuel Shadary !

Martin Sali Bongenege, Président du RCK

Emmanuel Shadary, le boucher du Kasaï et dauphin d'Alias Joseph Kabila ne gagnera jamais l'élection du 23 décembre prochain. Au niveau de la diaspora congolaise, RCK a toujours son étendard debout. Martin Sali Bongenge, Mama Kongo Blandine Diafitwa, Michel Ndofula Tungasu Biko Nsingi et autres résistants-patriotes du RCK sont droits dans leurs bottes. Ils n'ont pas varié d'un seul iota leurs convictions: Le Congo est sous occupation, il faut dégager la kabilie. Celui qui est arrivé au Congo en mai 1997, avec ses bottes de jardinier et une kalachnikov en bandoulière, Hippolyte Kanambe Kazembere Mtwale Alias Joseph Kabila est cynique et moqueur du peuple congolais. Le marionnettiste en désignant le boucher du Kasaï, Emmanuel Ramazani Shadary comme son dauphin, prend les Congolais pour des idiots. Le Maniema est la plus petite province de la RDC. Le boucher du Kasaï, Emmanuel Ramazani Shadary est impopulaire dans toute la RDC. Ce qui l'aider à occuper la magistrature suprême: les machines à voter de la CENI, la Cour Constitutionnelle inféodée qui risque de le confirmer vainqueur, 10 millions d' électeurs fictifs et l'armée pour mater le peuple. Pour atteindre l'alternative tant souhaitée et attendue par notre peuple: le soulèvement populaire !

Ma Blandine Diafitwa, FreddyMulongo et Marin Sali Bongenge, Président du RCK

Alias Joseph Kabila n'a jamais dit publiquement qu'il ne sera pas candidat, c'est le Vuvuzélateur et Pinocchio de la République, Lambert Mende Omalanga qui a annoncé le nom d'Emmanuel Shadary au cours d'une conférence de presse. Pourquoi en déposant sa candidature à la CENI, Emmanuel Shadary s'est présenté en candidat "indépendant" alors qu'il est candidat du PPRD-Parti-Etat et du FCC, la Fédération des Corrompus Congolais ! N'est-ce pas le même subterfuge qu'avait usé Alias Joseph Kabila lors de l'élection Louis Michel en 2006 et abusé du même procédé en novembre 2011 ? Pourquoi c'est Néhemie Mwilanya Wilondjale, directeur de cabinet d'Alias Joseph Kabila qui a rempli le formulaire de la CENI en lieu et place d'Emmanuel Shadary ? mais s'est choisi tout seul dans coin, sans passer par un congrès, la République démocratique du Congo est mal barrée. Ce leurre n'est pas acceptable déclare JMartin Sali Bongenge , le président du RCK. Dans un pays normal, ce n'est pas le président sortant fut-il un imposteur-usurpateur-dictateur de se choisir ses adversaires politiques et de se choisir tout seul, son dauphin. Il y a anguille sous roche. Au RCK, nous sommes et demeurons très vigilants !

Soulèvement populaire !

Les machines à voter n'ont aucune place dans les élections du 23 décembre prochain. Ces machines à voter ne sont pas inscrites dans la Constitution congolaise. Même les pays les plus développés n’utilisent pas des machines à voter. Donc la République démocratique du Congo ne doit pas aller aux élections avec des machines à voter qui sont sujettes aux hackers. Le soulèvement populaire est le passage obligé pour bloquer des machines à voter. Seul le soulèvement populaire peut changer le Congo. Nous n'avons pas besoin d'alternance mais d'alternative politique.

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vendredi 10 août 2018

Conseil des droits de l'homme: Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale examine le rapport de la Bosnie-Herzégovine

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale a examiné, hier après-midi et ce matin, le rapport présenté par la Bosnie-Herzégovine sur les mesures prises par ce pays pour donner effet aux dispositions de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

Présentant le rapport de son pays, Mme Saliha Duderija, Ministre adjointe des droits de l'homme et des réfugiés de la Bosnie-Herzégovine, a expliqué que conformément à la Constitution nationale, les autorités de la Bosnie-Herzégovine ont poursuivi leurs efforts afin de garantir des droits égaux pour les minorités nationales. Des amendements apportés à la Loi anti-discrimination visent à protéger les citoyens contre la discrimination dans tous les domaines de la vie, qu’il s’agisse d’emploi, d’assistance sociale, de soins de santé, de justice, de logement, d’éducation, de culture ou de tout autre domaine, a indiqué Mme Duderija.

La Bosnie-Herzégovine condamne toute forme de propagande incitant à l’intolérance et à la discrimination raciale, a poursuivi Mme Duderija. Le pays prend des mesures lorsqu’il y a des cas d’intolérance ou de discrimination raciale dans les domaines de l’éducation, de la culture, des médias ou des sports, entre autres. La Bosnie-Herzégovine est favorable à une bonne entente entre les groupes ethniques et c’est dans ce cadre que le pays a érigé en infraction criminelle l’incitation à la haine nationale et religieuse.

La Bosnie-Herzégovine accorde une attention spéciale aux Roms, a d’autre part fait valoir Mme Duderija, rappelant que le pays s’était joint à la Décennie 2005-2015 pour l’intégration des Roms et avait mis en place un plan d’action visant à améliorer la situation des Roms, notamment dans les domaines du logement et de l’éducation.

La délégation de Bosnie-Herzégovine était également composée, entre autres, de représentants de la Mission permanente de la Bosnie-Herzégovine auprès des Nations Unies à Genève, du Ministère des droits de l’homme et des réfugiés, du Ministère de la justice, du Ministère des affaires civiles et du Ministère de la sécurité et de l’Agence des règlementations des communications.

La délégation a répondu aux questions qui lui étaient adressées par les membres du Comité en ce qui concerne, notamment, la législation antidiscriminatoire; les mécanismes de prévention des discriminations; les droits des minorités; la situation des Roms; les questions de citoyenneté; la réinstallation des réfugiés et des personnes déplacées; la poursuite des crimes de guerre; les migrants; la lutte contre les crimes de haine; et la lutte contre la traite de personnes.

Mme Verene Albertha Shepherd, rapporteuse du Comité pour l’examen du rapport de la Bosnie-Herzégovine, a regretté que trente ans après la guerre, la Bosnie soit toujours en proie à certaines difficultés pour aboutir à une paix véritable et à une réconciliation entre les groupes ethniques. Il n’y a aucune stratégie en place pour assurer la cohésion sociale, a-t-elle regretté. La corapporteuse s’est par ailleurs dite préoccupée par les divisions ethniques en matière foncière.

La situation des Roms reste préoccupante; ils restent victimes de marginalisation et de multiples discriminations, s’est d’autre part inquiétée la rapporteuse. La Bosnie-Herzégovine doit développer une stratégie plus ambitieuse et intégrée pour assurer l’intégration des Roms, a-t-elle déclaré.

Le Comité adoptera ultérieurement, lors de séances à huis clos, ses observations finales sur le rapport de la Bosnie-Herzégovine et les rendra publiques à l’issue de la session, qui doit clore ses travaux le vendredi 30 août prochain.

Cet après-midi, à 15 heures, le Comité entamera l’examen du rapport de la Chine, de la Région administrative spéciale de Hong Kong et de la Région administrative spéciale de Macao.

Présentation du rapport de la Bosnie-Herzégovine

Le Comité était saisi du document regroupant les douzième et treizième rapports périodiques de la Bosnie-Herzégovine (CERD/C/BIH/12-13)

Présentant le rapport de son pays, MME SALIHA DUDERIJA, Ministre adjointe des droits de l'homme et des réfugiés de la Bosnie-Herzégovine, a expliqué que la loi relative à l’institution nationale des droits de l’homme – à savoir le Médiateur des droits de l’homme – a été amendée afin de veiller à l’indépendance de cette institution et d’en faire une institution pleinement conforme aux Principes de Paris.

L’institution chargée de l’égalité des sexes en Bosnie-Herzégovine a contribué à la lutte contre toutes les formes de discrimination contre les femmes, en particulier dans le domaine de l’emploi et de la participation à la vie politique et publique et à la prise de décision, a poursuivi Mme Duderija. Par ailleurs, la Commission de des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire a pour mandat la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales inscrites dans la Constitution et dans les lois du pays, a-t-elle ajouté.

Conformément à la Constitution nationale, les autorités de la Bosnie-Herzégovine ont poursuivi leurs efforts afin de garantir des droits égaux pour les minorités nationales – et ce, conformément, en particulier, à l’arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l'homme dans l’affaire Sejdic et Finci v. Bosnie-Herzégovine. Des amendements apportés à la Loi anti-discrimination visent à protéger les citoyens contre la discrimination dans tous les domaines de la vie, qu’il s’agisse d’emploi, d’assistance sociale, de soins de santé, de justice, de logement, d’éducation, de culture ou de tout autre domaine, a indiqué Mme Duderija. Conformément à cette loi, le Médiateur joue un rôle essentiel dans la protection contre les discriminations, a-t-elle ajouté. En 2016, les motifs de discrimination prohibés ont été étendus en intégrant notamment le handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle, a-t-elle précisé.

La Bosnie-Herzégovine condamne toute forme de propagande incitant à l’intolérance et à la discrimination raciale, a poursuivi Mme Duderija. Le pays prend des mesures lorsqu’il y a des cas d’intolérance ou de discrimination raciale dans les domaines de l’éducation, de la culture, des médias ou des sports, entre autres. La Bosnie-Herzégovine est favorable à une bonne entente entre les groupes ethniques et c’est dans ce cadre que le pays a érigé en infraction criminelle l’incitation à la haine nationale et religieuse.

La Bosnie-Herzégovine accorde une attention spéciale aux Roms, a d’autre part fait valoir Mme Duderija, rappelant que le pays s’était joint à la Décennie 2005-2015 pour l’intégration des Roms et avait mis en place un plan d’action visant à améliorer la situation des Roms, notamment dans les domaines du logement et de l’éducation.

Il y a encore beaucoup de défis à relever en ce qui concerne le retour des réfugiés dans le pays, a par ailleurs expliqué la cheffe de la délégation. Il faut leur offrir les conditions nécessaires pour retrouver une vie normale; certaines maisons doivent être réparées ou reconstruites et il en va de mêmes pour les hôpitaux, les écoles ou les routes, entre autres.

La Bosnie-Herzégovine met en œuvre la loi sur la liberté de religion et le statut juridique des églises et des communautés religieuses et veille ainsi à assurer une bonne coopération entre l’État et les églises, offrant dans ce cadre un appui financier au Conseil interconfessionnel, a d’autre part indiqué Mme Duderija.

La Bosnie-Herzégovine s’efforce en outre de garantir la liberté de la presse et la liberté d’expression et de sanctionner toute incitation à la haine ou à la violence, a souligné Mme Duderija. Les autorités œuvrent à maintenir une société multiculturelle grâce au renforcement du dialogue et à la lutte contre l’intolérance, a-t-elle ajouté, attirant l’attention sur la création d’une plateforme pour la paix, adoptée par le Conseil des ministres, qui entend notamment contribuer à la promotion des droits de l’homme.

Le principe de non-discrimination est consacré par la Constitution; le Parlement a promulgué une loi sur la prévention de toutes les formes de discriminations; et la Bosnie-Herzégovine a incorporé toutes les dispositions de la Convention dans sa législation pénale, a fait valoir Mme Duderija. Elle a enfin souligné que le présent rapport était le fruit de la coopération entre le Gouvernement et les organisations non gouvernementales.

Examen du rapport

Questions et observations des membres du Comité

MME VERENE ALBERTHA SHEPHERD, rapporteuse du Comité pour l’examen du rapport de la Bosnie-Herzégovine, a exprimé le souhaité que la Bosnie-Herzégovine actualise son document de base. Elle a en outre regretté qu’aucune organisation non gouvernementale ne participe aux travaux liés à l’examen du présent rapport du pays.

Trente ans après la guerre, la Bosnie est toujours en proie à certaines difficultés pour aboutir à une paix véritable et à une réconciliation entre les groupes ethniques, a relevé Mme Shepherd. Il n’y a aucune stratégie en place pour assurer la cohésion sociale, a-t-elle regretté. La corapporteuse s’est par ailleurs dite préoccupée par les divisions ethniques en matière foncière. Elle s’est enquise des mesures concrètes prises par le pays afin de promouvoir la réconciliation et d’enseigner l’histoire de manière non biaisée.

La rapporteuse a toutefois relevé un certain nombre d’évolutions positives depuis l’examen du précédent rapport de la Bosnie-Herzégovine, citant notamment l’institution du Médiateur, qui fonctionne complètement; la réduction des frais administratifs pour obtenir la naturalisation; ou encore l’adoption d’une loi sur l’asile qui offre un statut de réfugié et une protection temporaire – la rapporteuse se disant à cet égard particulièrement heureuse de constater les dispositions relatives à l’autorité de tutelle pour les mineurs non accompagnés. Mme Shepherd a aussi salué l’instauration d’une base de données sur les cas de discrimination ayant donné lieu à un procès et l’adoption du plan d’action révisé pour les Roms.

La rapporteuse a néanmoins regretté l’absence de données ventilées sur les groupes ethniques; il faut disposer de données fiables et à jour sur la composition ethnique de la population, y compris les Roms, a-t-elle insisté, rappelant que le Comité était preneur de statistiques faisant intervenir des données socioéconomiques afin de pouvoir appréhender la mesure dans laquelle certains groupes jouissent de leurs droits économiques, sociaux et culturels.

Mme Shepherd a ensuite souhaité savoir si des initiatives avaient été prises pour lutter contre les discours de haine. D’après certaines sources, il s’agit d’un défi important pour la Bosnie-Herzégovine, a-t-elle relevé, notant un manque de volonté politique pour lutter contre les discours haineux et ethnocentristes. De plus, la législation interdisant les discriminations est rarement invoquée par les tribunaux, a poursuivi la rapporteuse, avant de s’enquérir des mesures mises en place pour mettre en œuvre la loi de protection des minorités nationales. Elle a relevé le nombre important de cas de discours de haine et de crimes de haine raciste visant des personnes issues des minorités en Bosnie-Herzégovine. Il y a aussi de nombreux exemples de menaces proférées à l’encontre des familles qui retournent au pays, a-t-elle souligné. Les discours de haine sont par ailleurs très présents dans le domaine du sport, notamment à l’encontre des juifs, a-t-elle constaté. Elle s’est dès lors enquise des mesures prises pour lutter contre l’incitation à la haine dans les médias, dans l’éducation et dans les sports. Comment le pays mesure-t-il les succès dans ce domaine, a-t-elle demandé ?

Mme Shepherd a par ailleurs relevé que les motifs de refus de citoyenneté figurant dans la loi sur la citoyenneté sont vagues et pourraient entraîner une mise en œuvre discriminatoire des dispositions de cette loi.

La situation des Roms reste préoccupante; ils restent victimes de marginalisation et de multiples discriminations, s’est d’autre part inquiétée la rapporteuse. La Bosnie-Herzégovine doit développer une stratégie plus ambitieuse et intégrée pour assurer l’intégration des Roms, a-t-elle déclaré. Il faut une matrice permettant d’évaluer les mesures prises dans ce domaine, a-t-elle ajouté.

Mme Shepherd a ensuite demandé davantage d’informations sur la stratégie adoptée pour mettre en œuvre les Accords de Dayton, afin de favoriser l’intégration des personnes qui reviennent dans le pays. Elle a souhaité connaître les défis qui entravent la pleine mise en œuvre de cette stratégie. Il y a très peu d’informations sur les lieux où se retrouvent ces personnes une fois rentrées au pays, a-t-elle souligné.

Les nouvelles lois sur les étrangers et sur l’asile n’apportent pas de changements considérables et dans une certaine mesure, les normes ont même été abaissées, a par ailleurs déclaré la rapporteuse. Il y a des lacunes, s’agissant notamment de la qualité de la procédure d’asile et des centres de rétention, a-t-elle fait observer.

Une autre experte a expliqué qu’il fallait évoquer les crimes de guerre dans le cadre du dialogue avec le Comité, car ces crimes ont été perpétrés suite à une discrimination raciale qui s’est exprimée de la manière la plus extrême. La poursuite des auteurs de ces crimes peut devenir une nouvelle source de discrimination raciale si elle n’est pas menée dans les meilleures conditions, a souligné l’experte. L’an dernier, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a terminé ses travaux, mais il reste dix cas qui ont été transférés vers le système judiciaire national, a rappelé l’experte, avant de demander comment allaient être gérées ces affaires. Qu’en est-il de la stratégie nationale relativement aux crimes de guerre ?

Une autre experte est revenue sur les arrangements politiques intervenus suite aux Accords de Dayton et a souhaité savoir comment ces Accords étaient appliqués concrètement.

Un expert a demandé des informations sur la mise en œuvre des plans d’action qui visent à promouvoir l’égalité des chances des Roms dans les domaines de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’éducation; il a souhaité avoir des statistiques en la matière. Cet expert a en outre demandé des précisions concernant l’application de la législation contre la traite, notamment pour ce qui est des dispositions relatives à l’esclavage.

Un autre expert s’est enquis des efforts déployés pour améliorer les formations dans le domaine de la lutte contre la discrimination.

Un expert a demandé des informations sur la population carcérale en Bosnie-Herzégovine. Il a en outre fait observer que le système judiciaire était saisi de peu de plaintes car la population manque de confiance dans ce système, sans compter que certaines minorités, comme les Roms, ne connaissent même pas leurs droits.

Un expert a souhaité savoir ce qui en est de la prise en charge des frais et du matériel scolaires pour les enfants roms. Il a d’autre part relevé que les Roms avaient des difficultés à accéder aux soins de santé et à l’enregistrement des naissances.

Un autre expert a demandé quelle était la part du travail des ONG dans la réalisation du rapport. Il a aussi souhaité recevoir des informations sur le système « deux écoles, un toit ».

Une experte a fait part de son inquiétude concernant les divisions sociales dans le pays; la séparation au sein de la société est visible, a-t-elle insisté. Il est difficile de trouver un appartement ou d’aller dans un restaurant dans une communauté qui n’est pas la sienne. Aussi, l’experte a-t-elle appelé la Bosnie-Herzégovine à redoubler d’efforts pour que le pays soit plus inclusif. Elle s’est dite encouragée par la jeunesse du pays qui semble s’investir dans le domaine de la cohabitation harmonieuse entre les communautés. Il faut que cette jeunesse soit incitée à rester dans le pays, a insisté l’experte.

Réponses de la délégation

La délégation a expliqué que la Bosnie-Herzégovine était composée de deux Entités (Fédération de Bosnie-Herzégovine et Republika Srpska) et du district de Brcko. La Fédération de Bosnie-Herzégovine se compose de dix cantons. Les membres de la présidence tournante sont des représentants des trois peuples constitutifs (Bosniaques, Croates et Serbes) et toutes ses décisions sont prises par consensus. Le Parlement est quant à lui composé de deux chambres: la Chambre des représentants (42 élus au scrutin proportionnel, deux tiers issus de la Fédération et un tiers de la Republika Srpska) et la Chambre des peuples (15 membres choisis par les parlements des entités).

La délégation a expliqué que la gestion des divisions ethniques, la réconciliation et la démocratisation ont été des défis importants ces dernières années pour le pays. Les autorités tentent, cependant, de trouver des solutions au niveau national et en coopérant avec la communauté internationale. Les lois nationales ont pris en compte les normes très strictes des conventions des Nations Unies et de l'Union européenne, a souligné la délégation, avant de rappeler que la Convention européenne des droits de l'homme a la primauté (sur le droit interne) en Bosnie-Herzégovine.

Les amendements apportés à la loi sur le Médiateur ont été adoptés par le Conseil des ministres et doivent maintenant être adoptés par le Parlement, a par ailleurs indiqué la délégation.

La délégation a par ailleurs relevé que l'adoption de la loi sur la prévention de toutes les formes de discrimination en Bosnie-Herzégovine constituait une étape majeure pour le pays. Une des difficultés rencontrées réside dans le fait que le Gouvernement de la Republika Srpska n’est pas d'accord sur la manière de mettre en œuvre cette loi, a-t-elle précisé.

La délégation a ensuite expliqué que la législation contre la discrimination était basée sur les dispositions de la Convention.

La prévention de la discrimination se fait par l’intermédiaire du Médiateur; les plaintes sont ensuite envoyées aux institutions compétentes. Contribue également à la prévention de la discrimination le rapport annuel qui rend compte des différentes affaires de discrimination et qui relève, ici encore, de la compétence du Médiateur.

S’agissant des minorités, la délégation a expliqué que le droit à l’éducation devait pouvoir être exercé par les Roms, ce droit étant en effet essentiel pour l’exercice d’autres droit. La Bosnie-Herzégovine a adopté une série de mesures législatives et de plans d’action visant l’intégration des Roms; le premier plan en la matière a été adopté en 2009 et un second, adopté en 2017, expire en 2020, a précisé la délégation, évoquant un plan d’action centré sur l’éducation pour la période 2018-2020 et insistant sur la sanctuarisation des budgets dans ces contextes.

Quelque 17 600 Roms vivraient en Bosnie-Herzégovine, a indiqué la délégation. Sous l’impulsion du réseau des initiatives roms, le Parlement de Bosnie-Herzégovine a formulé un certain nombre de recommandations visant à améliorer la représentation des Roms dans la fonction publique. Des progrès ont aussi été réalisés en matière d’emploi des Roms, a ajouté la délégation. Les élèves roms ont quant à eux accès à l’enseignement, aux manuels scolaires et aux transports scolaires gratuitement, a-t-elle fait valoir. Différentes enquêtes ont été menées sur les conditions de vie des Roms afin de prendre les mesures appropriées en vue de leur amélioration.

Il n’y a pas de listes d’attente, comme c’était le cas auparavant, pour ce qui est de l’enregistrement des naissances d’enfants roms, d’autre part souligné la délégation, avant d’ajouter qu’il reste aujourd’hui une cinquantaine de cas en suspens. Le taux d’emploi de la communauté rom est encore relativement bas, mais le nombre de personnes roms actives a augmenté, a en outre indiqué la délégation.

Il y a une forte exclusion sociale des familles roms qui n’inscrivent pas leurs enfants à l’école, a par la suite reconnu la délégation; elles invoquent le fait qu’elles n’ont pas suffisamment d’argent pour inscrire leurs enfants à l’école ou que la cohabitation avec les autres enfants à l’école serait difficile. Les autorités travaillent avec les parents roms pour les encourager à inscrire leurs enfants à l’école et luttent contre les personnes qui font subir des abus à ces enfants.

La délégation a ensuite expliqué que beaucoup de Roms n’ont pas de carte d’identité en raison de leur mode de vie nomade; étant donné qu’ils ne souhaitent pas enregistrer de lieu de résidence, ils ne peuvent pas avoir de documents d’identité.

Le pays va mettre en œuvre un plan national d’action contre le racisme, a par ailleurs indiqué la délégation.

La délégation a expliqué que tous les citoyens de la Bosnie-Herzégovine, de la Republika Srpska et du district de Brcko sont aussi des citoyens de la Bosnie-Herzégovine. Tous les ressortissants du pays disposent des mêmes droits et libertés fondamentales tels que garantis par la Constitution sur l’intégralité du territoire.

La délégation a expliqué qu’en 2013, des amendements ont été apportés à la loi sur la citoyenneté afin de la rendre conforme aux conventions et autres normes internationales telles que celles relatives à l’apatridie ou aux personnes déplacées et ce, afin d’éviter tout cas d’apatridie. Il n’y a pas de grands défis liés à la nationalité aujourd’hui en Bosnie-Herzégovine, a assuré la délégation.

S’agissant du renoncement à la citoyenneté de Bosnie-Herzégovine, la délégation a expliqué qu’un ressortissant (de Bosnie-Herzégovine) âgé de plus de 18 ans qui vit à l’étranger et possède la nationalité d’un pays tiers, a le droit de renoncer à sa nationalité de Bosnie-Herzégovine, notamment si le pays d’accueil n’accepte pas la double nationalité. En aucun cas, le renoncement à la nationalité ne peut créer un cas d’apatridie, a assuré la délégation. En outre, il est toujours possible de redemander la nationalité de Bosnie-Herzégovine après y avoir renoncé, dans un certain délai, a souligné la délégation.

La délégation a ensuite assuré que les autorités de Bosnie-Herzégovine créaient les conditions nécessaires à la réinstallation des réfugiés et des personnes déplacées; plus d’1,6 million de personnes ont été réinstallées à ce jour. Les zones de réinstallation ont été déminées et les réseaux d’électricité réparés, a notamment fait valoir la délégation. Le statut de personne déplacée interne est accordé à des dizaines de milliers de personnes, a souligné la délégation, avant de faire état d’un programme de logements visant à fournir un logement à plus de 14 000 personnes déplacées et dont 85% du budget est assuré par la Banque européenne de développement. Différents programmes ont permis la reconstruction ou la réparation d’habitations endommagées, a ajouté la délégation.

La délégation a par ailleurs expliqué que la Bosnie-Herzégovine avait dû faire face à un afflux de migrants en situation irrégulière. Le pays n’a pas pu identifier leur nom ou leur lieu d’origine et ces personnes sont aux mains de réseaux, a-t-elle ajouté.

La loi sur l’asile et la loi sur les étrangers ont constamment été consolidées afin de les aligner sur les directives et conventions européennes ainsi que sur d’autres conventions pertinentes, a indiqué la délégation. Ces lois contiennent des dispositions claires en matière de prévention de la discrimination sous quelque motif que ce soit.

La Bosnie-Herzégovine applique le principe de non-refoulement et il n’y a eu, à ce jour, aucune infraction à ce principe, a assuré la délégation. Les personnes qui ont fait une demande d’asile ont notamment droit à l’aide juridictionnelle gratuite et peuvent travailler tant que leur demande n’a pas été traitée; il n’y a jamais eu de refus d’aide juridictionnelle gratuite, a ajouté la délégation. Les enfants non accompagnés sont pris en charge par l’État, a-t-elle en outre souligné; la loi prévoit que tout enfant non accompagné qui contacte un représentant des autorités doit se voir attribuer une autorité de tutelle qui prendra des décisions en tenant compte du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant. Le système de Bosnie-Herzégovine est efficace et permet de gérer les flux migratoires que le pays connaît aujourd’hui, a affirmé la délégation.

La délégation a rappelé que les tribunaux avaient poursuivi plusieurs individus pour crimes de guerre en coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Le Conseil des Ministres a adopté une stratégie nationale pour mener les poursuites relatives aux crimes de guerre; mais le calendrier était trop ambitieux et n’a pas pu être respecté, a reconnu la délégation, avant de faire état d’une stratégie révisée qui est en cours de conception. Il reste encore un grand nombre d’affaires de crimes de guerre en souffrance; c’est pourquoi la mise en œuvre de cette stratégie est importante, a insisté la délégation. La date butoir pour l’adoption de cette stratégie est 2020, a-t-elle précisé.

Pour accélérer les poursuites relatives aux crimes de guerre, des amendements ont été apportés à la législation afin de transférer les affaires de crimes de guerre les moins complexes aux tribunaux des deux Entités. Entre 2012 et 2016, 730 personnes ont été accusées de crimes de guerre dans 409 affaires; 236 sentences ont été prononcées impliquant 316 personnes, 151 condamnations ayant été prononcées contre 61 personnes et 60 acquittements ayant été prononcés en faveur de 181 personnes.

La définition du viol figurant le Code pénal a été amendée afin d’en retirer les éléments de force et de non-consentement, ce qui devrait faciliter les poursuites concernant ce crime, a ajouté la délégation.

Les crimes de haine sont érigés en infraction pénale, a par ailleurs souligné la délégation, avant de préciser que le caractère haineux d’un crime constitue une circonstance aggravante. Les peines encourues pour incitation à la haine raciale ou ethnique vont de 3 mois à 3 ans de privation de liberté, a indiqué la délégation. Si le crime est commis par une fonctionnaire, la peine peut aller jusqu’à 10 ans de prison, a-t-elle ajouté.

La délégation a expliqué que l’Agence de règlementation des communications n’est compétente que pour gérer les médias audiovisuels, Il existe un Conseil de la presse qui est spécifiquement chargé de la presse et qui, depuis 2011, est également chargé des médias en ligne. L’Agence et le Conseil de la presse organisent des ateliers sur les discours de haine et l’abus de la liberté d’expression. En raison des élections législatives qui auront lieu cette année, l’Agence et le Conseil de la presse cherchent à prévenir de manière active les discours de haine durant la campagne et le jour des élections, a insisté la délégation.

Parmi les dizaines de cas de traite identifiés dans le pays, dans de nombreux cas, il s’agissait d’enfants d’origine rom qui mendiaient, a en outre indiqué la délégation. Le pays s’efforce de faire face à cette situation et les auteurs de traite sont poursuivis devant la justice, a-t-elle affirmé.

Il est vrai qu’il est difficile de parvenir à la paix et le pays est conscient des défis à relever dans ce domaine, a déclaré la délégation. Un certain nombre de personnes persistent à vouloir apporter des changements de qualité, mais d’autres s’y opposent, a-t-elle expliqué. Les autorités espèrent pouvoir surmonter les divisions nationalistes présentes dans le pays, a insisté la délégation.

Remarques de conclusion

MME SHEPHERD a remercié la délégation pour ce dialogue constructif et pour avoir présenté la structure complexe du pays. Elle a rappelé que le Comité n’était pas un tribunal et que les experts travaillaient avec les États parties pour envisager des pistes permettant d’améliorer la situation en matière de lutte contre les discriminations raciales. Le chemin à parcourir, en Bosnie-Herzégovine, reste difficile, a souligné Mme Shepherd. Elle a indiqué avoir apprécié les réponses précises de la délégation aux multiples questions posées par les membres du Comité.

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jeudi 9 août 2018

Conseil des droits de l'homme: Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale examine le rapport de la Lettonie !

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale a examiné, hier après-midi et ce matin, le rapport présenté par la Lettonie sur les mesures prises par ce pays pour donner effet aux dispositions de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

Présentant le rapport de son pays, M. Andrejs Pildegovičs, Secrétaire d’État au Ministère des affaires étrangères de la Lettonie, a expliqué que la Lettonie est un pays pluriculturel. Au vu de l’histoire unique du pays, la protection de la langue et de la culture lettonnes a été inscrite dans la Constitution, a-t-il souligné. Rappelant que le pays avait eu à faire face à une période de russification, il a expliqué que toute tentative de réduire la culture et la langue lettones sur le territoire du pays est une atteinte à son intégrité. La connaissance du letton a augmenté de manière significative, notamment chez les jeunes. La langue lettonne permet à tous les citoyens de s’intégrer dans la société tout en ayant la possibilité de continuer à pratiquer leur langue natale, a ajouté le Secrétaire d’État.

Les personnes qui ont émigré en Lettonie durant la période d’occupation soviétique et qui ont perdu leur citoyenneté après la dissolution de l’Union soviétique ont le statut de résident permanent en Lettonie, a précisé M. Pildegovičs, ajoutant néanmoins que ces personnes n’avaient pas la citoyenneté de la Lettonie et que désormais, elles ont un statut spécial, celui d’«ex-citoyens de l’URSS sans la citoyenneté de la République de Lettonie ou d’autres pays». Ces non-citoyens jouissent des mêmes garanties sociales que les citoyens lettons, ainsi que de la plupart des droits politiques; la seule différence significative entre les citoyens lettons et les non-citoyens a trait au droit de vote et au droit de travailler dans la fonction publique. Il y a cependant des procédures de naturalisation pour que les non-citoyens obtiennent la nationalité lettone, a ajouté M. Pildegovičs.

La délégation lettonne était également composée, entre autres, de M. Janis Karklins, Représentant permanent de la Lettonie auprès des Nations Unies à Genève, ainsi que de représentants du Ministère de l’éducation et des sciences, du Ministère de la justice, du Ministère des affaires étrangères, du Ministère de la culture, du Ministère de la santé et du Ministère de l’intérieur. La délégation a répondu aux questions qui lui étaient adressées par les membres du Comité en ce qui concerne, notamment, les non-citoyens; les questions relatives à la langue lettonne et aux langues des minorités; la législation sur les crimes de haine et contre la discrimination; les Roms; les commémorations d’anciens vétérans nazis; les formations; ou encore le bureau du Médiateur, lecture ayant été donnée par le Secrétariat d’une lettre adressée au Comité par le Médiateur de la Lettonie, M. Juris Jansons.

Mme Yanduan Li, rapporteuse du Comité pour l’examen du rapport de la Lettonie, a regretté que ce rapport ait été présenté avec dix années de retard. Depuis 2004, a-t-elle relevé, il y a eu une série de changements positifs suite aux recommandations adressées par le Comité à la Lettonie à l’issue de l’examen (en août 2003) de son précédent rapport. Il y a encore plus de 250 000 non-citoyens en Lettonie, a-t-elle toutefois souligné, relevant la persistance de différences dans la jouissance de certains droits entre citoyens et non-citoyens.

La rapporteuse s’est en outre inquiétée d’informations laissant entendre que les auteurs d’incitation à la haine sur Internet sont passibles d’une simple amende et d’heures de services communautaires, alors qu’auparavant la sanction pouvait aller jusqu’à une peine d’emprisonnement. Il semblerait également que la circonstance aggravante associée à la motivation raciste d’un crime ou d’un délit ne soit jamais appliquée, a ajouté l’experte. Mme Li a en outre relevé que les chiffres officiels laissent apparaître un nombre limité de crimes de haine et d’actes d’incitation à la haine et que le nombre de procédures pénales ouvertes en la matière reste très bas.

Le Comité adoptera ultérieurement, lors de séances à huis clos, ses observations finales sur le rapport de la Lettonie et les rendra publiques à l’issue de la session, qui doit clore ses travaux le vendredi 30 août prochain.

Cet après-midi, à 15 heures, le Comité entamera l’examen du rapport de la Bosnie-Herzégovine.

Présentation du rapport de la Lettonie

Le Comité était saisi du document regroupant les sixième à douzième rapports périodiques de la Lettonie (CERD/C/LVA/6-12)

Présentant le rapport de son pays, M. ANDREJS PILDEGOVIČS, Secrétaire d’État au Ministère des affaires étrangères de la Lettonie, a expliqué que la Lettonie attachait la plus grande importance à tenir ses engagements internationaux dans le domaine des droits de l’homme. Le pays célèbre cette année son centième anniversaire, a-t-il rappelé.

Le Secrétaire d’État a ensuite attiré l’attention sur trois concepts-clés figurant dans la Constitution lettone: tout d’abord, la république est démocratique et indépendante; ensuite, toute personne est égale devant la loi et les tribunaux et les droits de l’homme doivent être garantis sans aucune discrimination d’aucune sorte; enfin, le troisième concept-clé est énoncé par la disposition qui prévoit de protéger les droits de l’homme pour tous au travers des conventions auxquelles la Lettonie a adhéré.

La Lettonie est un pays pluriculturel, a poursuivi M. Pildegovičs. Au vu de l’histoire unique du pays, la protection de la langue et de la culture lettonnes a été inscrite dans la Constitution, a-t-il souligné. Rappelant que le pays avait eu à faire face à une période de russification, il a expliqué que toute tentative de réduire la culture et la langue lettones sur le territoire du pays est une atteinte à son intégrité. La connaissance du letton a augmenté de manière significative, notamment chez les jeunes. La langue lettonne permet à tous les citoyens de s’intégrer dans la société tout en ayant la possibilité de continuer à pratiquer leur langue natale, a ajouté le Secrétaire d’État.

Après l’indépendance, les autorités ont réintroduit le cadre légal sur la citoyenneté; en lien avec la doctrine de continuité de l’État, la citoyenneté lettonne est accordée aux citoyens, ainsi qu’à leurs descendants, sur la base de la loi de 1919 sur la citoyenneté. Les personnes qui ont émigré en Lettonie durant la période d’occupation soviétique et qui ont perdu leur citoyenneté après la dissolution de l’Union soviétique ont le statut de résident permanent en Lettonie, a précisé M. Pildegovičs, ajoutant néanmoins que ces personnes n’avaient pas la citoyenneté de la Lettonie et que désormais, elles ont un statut spécial, celui d’«ex-citoyens de l’URSS sans la citoyenneté de la République de Lettonie ou d’autres pays». Ces non-citoyens jouissent des mêmes garanties sociales que les citoyens lettons, ainsi que de la plupart des droits politiques; la seule différence significative entre les citoyens lettons et les non-citoyens a trait au droit de vote et au droit de travailler dans la fonction publique. Il y a cependant des procédures de naturalisation pour que les non-citoyens obtiennent la nationalité, a ajouté M. Pildegovičs.

Le Lettonie a été sévèrement touchée par la crise économique de 2008-2009, ce qui a eu pour conséquence une réduction des dépenses de l’État, qui a notamment dû réduire le nombre de fonctionnaires. Depuis que la situation s’est améliorée, les rapports dus aux organes des Nations Unies sont devenus une priorité et le pays est en train de résorber son retard en matière de présentation desdits rapports, a par ailleurs indiqué le Secrétaire d’État.

La Lettonie considère que la situation s’agissant de la discrimination s’est améliorée depuis l’examen de son précédent rapport, a déclaré M. Pildegovičs. Le Gouvernement letton s’est efforcé de réduire le nombre de non-citoyens et la réduction enregistrée dans ce domaine s’explique en particulier par la possibilité offerte à ces personnes d’avoir accès à des cours gratuits de langue lettonne afin qu’elles puissent passer avec succès l’examen de naturalisation, a-t-il expliqué. La loi sur la citoyenneté a en outre été amendée afin de faciliter les procédures de nationalisation. Quelque 99,9% des enfants nés en Lettonie ont été enregistrés comme citoyen letton et les non-citoyens représentent aujourd’hui moins d’1% de la population, a précisé M. Pildegovičs.

Depuis 2014, un programme régional de soutien aux organisations non gouvernementales a été lancé pour accompagner des projets qui visent à protéger les minorités, a ensuite fait valoir le Secrétaire d’État. Selon une enquête, a-t-il ajouté, les représentants des minorités ethniques, principalement les Russes, ressentent de plus en plus une fierté d’appartenir à la Lettonie.

Les autorités ont mené des campagnes nationales de sensibilisation afin d’informer le public sur la manière de présenter des cas de discrimination raciale aux forces de police ou en ligne; les plaintes sont ensuite transmises pour enquête aux autorités compétentes. Des formations en la matière sont par ailleurs offertes aux procureurs, policiers et juges.

En cette période électorale, les autorités lettones font particulièrement attention aux discours de haine sur Internet, a poursuivi M. Pildegovičs.

Le 2 avril 2018, la loi sur l’éducation a été amendée afin d’apporter des changements significatifs dans l’approche éducative du pays, a d’autre part souligné M. Pildegovičs. La réforme vise à consolider la société et à garantir à chacun les mêmes chances d’obtenir un diplôme, tout en faisant en sorte que tous les diplômés aient un accès équivalent au marché du travail. Dans le même temps, les minorités voient préservés les programmes intéressant leur langue et leur identité culturelle et ethnique. Le Gouvernement letton continue d’apporter son soutien pour maintenir l’éducation dans sept langues minoritaires (russe, polonais, biélorusse, ukrainien, estonien, lituanien, et hébreu) au niveau de l’enseignement primaire, a indiqué le Secrétaire d’État. Au niveau du secondaire, l’enseignement en langue minoritaire se fait dans les domaines culturels et pour l’enseignement de l’histoire, a-t-il précisé.

Le bureau du Médiateur a vu ses moyens renforcés, a d’autre part fait valoir M. Pildegovičs; ce bureau a apporté une importante contribution à la discussion sur la lutte contre les crimes de haine et a initié de nombreuses enquêtes en réponse aux plaintes pour discrimination.

Examen du rapport

Questions et observations des membres du Comité

MME YANDUAN LI, rapporteuse du Comité pour l’examen du rapport de la Lettonie, a regretté que ce rapport ait été présenté avec dix années de retard, avant de saluer le nouveau document de base soumis par le pays.

Depuis 2004, il y a eu une série de changements positifs suite aux recommandations adressées par le Comité à la Lettonie à l’issue de l’examen (en août 2003) de son précédent rapport, a expliqué Mme Li, citant notamment la définition de la discrimination raciale figurant dans la législation lettonne. La notion de discrimination raciale a par ailleurs été inscrite dans une série de lois, notamment celles sur la sécurité sociale et sur les associations. De nouvelles lois ou amendements à des textes existants ont en outre été adoptés afin de lutter contre la discrimination raciale, a relevé la rapporteuse.

Mme Li a ensuite fait observer qu’il manquait une référence à la non-discrimination dans la loi sur les baux à usage d’habitation (Residential Tenancy).

La loi sur les accords internationaux souscrits par la Lettonie prévoit que les traités ont une portée juridique supérieure à la législation nationale mais inférieure à la Constitution, a d’autre part relevé Mme Li, avant de demander si les traités internationaux pouvaient être invoqués directement devant les tribunaux lettons.

La rapporteuse a ensuite estimé que les informations concernant les initiatives législatives prises dans le domaine de la lutte contre la discrimination raciale étaient trop vagues. Elle a demandé davantage d’informations sur la mise en œuvre des politiques de lutte contre la discrimination et les moyens mobilisés à cette fin.

Mme Li s’est félicitée que le bureau du Médiateur ait obtenu le statut A de pleine conformité aux Principes de Paris. Elle a cependant souligné que selon certaines informations, les capacités de lutte contre la discrimination de ce bureau ont diminué, son département « Égalité de droits » ayant été fermé. Elle a ajouté que selon certaines informations, des personnes roms n’auraient pas été engagées au sein de cette institution en raison de leur appartenance à cette communauté.

La rapporteuse s’est en outre inquiétée d’informations laissant entendre que les auteurs d’incitation à la haine sur Internet sont passibles d’une simple amende et d’heures de services communautaires, alors qu’auparavant la sanction pouvait aller jusqu’à une peine d’emprisonnement. Il semblerait également que la circonstance aggravante associée à la motivation raciste d’un crime ou d’un délit ne soit jamais appliquée, a ajouté l’experte. Mme Li a en outre relevé que les chiffres officiels laissent apparaître un nombre limité de crimes de haine et d’actes d’incitation à la haine et que le nombre de procédures pénales ouvertes en la matière reste très bas.

Mme Li a par ailleurs demandé des informations sur la tenue d’une marche d’hommage aux vétérans lettons ayant combattu auprès des nazis.

Il y a encore plus de 250 000 non-citoyens en Lettonie, a poursuivi la rapporteuse, relevant la persistance de différences dans la jouissance de certains droits entre citoyens et non-citoyens, ces derniers ne pouvant pas voter ni être engagés dans la fonction publique. Mme Li a souhaité connaître le statut juridique de ces non-citoyens; elle a en outre demandé à la délégation d’indiquer quelles étaient les entraves au processus de naturalisation des non-citoyens, faisant notamment observer que les enfants nés de non-citoyens n’obtiennent pas automatiquement la nationalité lettone.

S’agissant des bénéficiaires de la protection internationale, il existe deux statuts bien distincts: le statut de réfugié et un autre statut, alternatif, a expliqué l’experte. Les droits découlant de chaque statut sont très différents, ce qui a un impact négatif sur l’intégration de ces personnes en Lettonie. Même si la Lettonie a élaboré une politique générale d’intégration et un plan d’action dans ce domaine, nombre des personnes concernées se sont senties contraintes de quitter la Lettonie pour aller vers d’autres pays de l’Union européenne afin d’y bénéficier de meilleures conditions de vie. Certains réfugiés auraient été victimes de xénophobie au cours de leur séjour en Lettonie, ce qui a entravé leur intégration économique et sociale, a ajouté Mme Li, avant de demander si des ressources suffisantes étaient accordées aux activités d’intégration.

Un autre membre du Comité a souhaité en savoir davantage sur le type de discriminations existantes en Lettonie, les populations touchées et le nombre de cas de discrimination raciale identifiés; il a également voulu savoir quelles institutions sont chargées de traiter les cas signalés. À qui incombe la charge de la preuve en matière de discrimination raciale, a-t-il en outre demandé, avant de s’enquérir de la composition de la population carcérale dans le pays ?

Une experte a regretté que le Médiateur ne participe pas à cet examen. Elle a ensuite insisté sur la différence qui existe entre intégration et assimilation et a relevé que la Lettonie semblait glisser vers l’assimilation.

Un expert a rappelé que l’extrémisme était un défi très important dans le monde et plus particulièrement en Europe. Il a demandé comment la Lettonie luttait contre le discours extrémiste de certains partis politiques. L’expert s’est en outre enquis des mesures prises pour protéger la population d’ascendance africaine.

Une experte a demandé si les écoles privées en Lettonie pouvaient dispenser un enseignement dans les langues minoritaires.

Un autre expert a demandé si des mesures pouvaient être prises pour éradiquer une fois pour toute le statut de non-citoyen afin que tous les résidents en Lettonie aient les mêmes droits.

Un expert s’est montré préoccupé par la croissance négative de la population depuis 1991 et s’est enquis des raisons de ce phénomène.

Plusieurs experts se sont inquiétés des amendements à la loi sur l’éducation qui viseraient à poursuivre la « lettonisation » du pays au détriment des langues minoritaires.

Un expert a souligné qu’il y avait bien des différences entre les citoyens lettons et les non-citoyens en termes de droits; pourtant, la plupart de ces non-citoyens sont nés en Lettonie et se sentent proches de la culture lettonne. L’expert a relevé que le taux de naturalisation était très bas et qu’à ce rythme, il faudrait près de 240 ans à la Lettonie pour accorder la nationalité à tous les non-citoyens; si certains veulent devenir Ukrainiens ou Russes, il faut que leur demande puisse être acceptée et il en va de même pour ceux qui veulent devenir Lettons.

Réponses de la délégation

S’agissant des non-citoyens, la délégation a expliqué qu’ils avaient quasiment les mêmes droits que les autres citoyens. Les autorités lettones ne cessent d’encourager ces non-citoyens à s’inscrire dans le processus de naturalisation et l’examen de langue n’est pas nécessaire pour ceux qui ont suivi des cours de letton à l’école, a souligné la délégation.

La délégation a précisé que la discussion se poursuivait au Parlement au sujet de l’octroi de la citoyenneté aux enfants de non-citoyens. Il faut que les non-citoyens conservent la possibilité de choisir d’acquérir ou non la nationalité lettonne, a ajouté la délégation.

Les non-citoyens peuvent adhérer à des partis politiques mais n’ont pas le droit de vote et ne peuvent être élus; ils ne sont pas considérés comme des apatrides au sens de la Convention des Nations unies de 1954 relative au statut des apatrides, a ensuite insisté la délégation.

La question de la langue est très importante pour le pays car durant l’occupation soviétique, la proportion de Lettons (au sens de personnes appartenant à ce groupe ethnique) a sensiblement baissé. Près de 80% des personnes issues des minorités parlent couramment le letton; pour éliminer les discriminations à l’encontre des minorités sur le marché de l’emploi, il est indispensable que tous les étudiants aient les mêmes compétences en langue lettonne, a expliqué la délégation. L’État a pris des mesures proactives, en 2017, afin d’informer les non-citoyens au sujet du processus de naturalisation.

La délégation a expliqué que l’objectif de la loi sur la langue nationale est de préserver et de développer la langue lettone et d’offrir un outil aux membres des minorités pour leur permettre de mieux s’intégrer tout en veillant à ce qu’ils puissent utiliser leur langue maternelle. La communication de l’administration publique se fait de manière générale en letton; il y a cependant des exceptions si les informations visent la sensibilisation dans des lieux publics ou s’il y a une situation d’urgence. Quant aux informations fournies aux demandeurs d’asile, elles ont été traduites dans douze langues. Les entités publiques en général n’acceptent que les documents en letton. Enfin, sur le lieu de travail, la loi prévoit que les travailleurs doivent utiliser le letton s’ils exercent une activité qui les amène à s’adresser à des clients.

S’agissant des commémorations d’anciens vétérans nazis, la délégation lettone a expliqué que le pays a souffert des déportations et des déplacements forcés durant les périodes d’occupation. En tant que pays démocratique, le pays respecte la liberté d’expression et de rassemblement. Les événements mentionnés ne sont en rien une commémoration officielle, a souligné la délégation; il s’agit d’une initiative privée de citoyens et les membres du Gouvernement et autres hauts représentants de l’État n’y participent pas.

La délégation a expliqué que l’interprétation de la Constitution peut être élargie pour ce qui a trait à la lutte contre la discrimination raciale, car elle est évolutive et suit l’évolution de la jurisprudence du droit international.

La délégation a expliqué que la législation sur les crimes de haine et la discrimination raciale a été amendée en 2014 en s’inspirant d’une série de traités internationaux. La réforme du Code pénal a permis d’alourdir les sanctions prévues en qualifiant ces crimes de crimes graves.

Le Gouvernement a créé en 2016 un groupe de travail interministériel intégrant les forces de police afin de rédiger des projets d’amendement à la loi sur les associations. Le Parlement a ensuite adopté ces amendements, qui prévoient notamment qu’une association ne peut s’exprimer contre la cohésion de la population du pays. Un certain nombre d’activités de sensibilisation ont été proposées afin de renforcer la connaissance que peut avoir la population de ce qu’est un crime de haine.

Les personnes qui ont été victime d’un crime sur la base de leur origine religieuse, ethnique ou culturelle doivent, selon le Code de procédure pénale, recevoir une protection particulière; elles bénéficient de divers soutiens, notamment psychologiques, a ajouté la délégation.

Des formations ont été proposées aux procureurs, aux juges et aux policiers dans le domaine des droits de l’homme, notamment en ce qui concerne les caractéristiques du crime de haine.

Les forces de police travaillent dans une société multiethnique; elles peuvent prévenir la radicalisation, identifier les crimes de haine et les prévenir, a expliqué la délégation. Il existe un Centre pour un Internet plus sûr, qui s’occupe tout particulièrement des crimes de haine ou d’incitation à la haine en ligne; ce Centre peut recueillir des plaintes en la matière et a aussi organisé une dizaine de sessions de formation sur les discours de haine à l’intention des jeunes.

Le Centre letton pour les droits de l’homme a lui aussi organisé des formations sur les défis liés aux crimes de haine et de discrimination et des ONG internationales ont participé à ces formations, a ajouté la délégation.

Des lignes directrices ont été rédigées à l’intention des forces de police aux fins de l’identification des crimes de haine, a précisé la délégation.

Rappelant que le pays se trouvait à 58 jours des prochaines élections législatives, la délégation a fait valoir que dans ce contexte, le Gouvernement a soutenu toutes les mesures pouvant permettre au public de développer une pensée critique, notamment par rapport aux discours de haine durant cette période préélectorale.

Pour ce qui est de la charge de la preuve, la délégation a rappelé que le Code de procédure pénale énonce le principe de la présomption d’innocence; si des doutes persistent, ils sont au bénéfice de la défense. Le pays n’en cherche pas moins à améliorer les procédures, a ajouté la délégation.

Les personnes réfugiées sont protégées par le droit d’asile; elles disposent d’une protection étatique, ont droit à l’éducation et ont accès au marché du travail. Elles sont également protégées par le Médiateur.

La délégation a ensuite précisé que les mineurs non accompagnés sont logés dans des centres d’accueil et ne sont pas détenus; ces centres ont du matériel adapté à leur âge.

Toute personne qui a des moyens financiers limités peut bénéficier d’une aide juridictionnelle gratuite ainsi que de services d’interprétation, si nécessaire, a poursuivi la délégation.

La délégation a expliqué que les mesures de prévention de la discrimination sont englobées dans la politique de promotion de la diversité. Plusieurs entités apportent un appui financier à l’organisation de campagnes de sensibilisation visant des groupes cibles, notamment les Roms. Ces activités sont notamment organisées dans le cadre du Conseil de l’Europe. Le Centre culturel rom bénéficie d’un appui financier pour organiser un événement annuel en lien avec l’histoire ou la culture de cette communauté.

Au niveau national, les autorités vont continuer à prendre des mesures ciblées pour lutter contre les discours anti-Roms. Les fonds sociaux européens financent un projet en faveur de la diversité, mis en place par des ONG internationales et des acteurs nationaux; il s’agit d’un projet d’envergure pour la période 2016-2022, a indiqué la délégation. De nombreuses activités sont organisées dans ce cadre, dont la cible est notamment les Roms, a-t-elle précisé.

La délégation a expliqué qu’il existait deux types de programmes scolaires: pour les écoles qui enseignent en letton et pour les écoles qui enseignent dans les langues des minorités. Dans les écoles des minorités, au niveau secondaire, 60% des matières sont enseignées en letton et 40% en langue minoritaire. Près de 50 000 élèves reçoivent un enseignement dans une langue minoritaire, a précisé la délégation. La délégation a affirmé que selon une étude, les enfants issus des minorités ont de meilleurs résultats qu’auparavant.

La délégation a expliqué qu’en novembre 2017, les femmes occupaient 17% des postes gouvernementaux ou encore 28,8% des postes dans les conseils d’administration des principales sociétés. En outre, la Lettonie est au premier rang en termes de représentation des femmes dans les filières scientifiques. On compte 52% de femmes chez les médecins et 76% parmi les fonctionnaires, a précisé la délégation.

La délégation a par ailleurs expliqué que le pays organisait différents événements qui visent à promouvoir la culture des personnes d’ascendance africaine.

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RDC: La France veut un scrutin libre, transparent et inclusif !

Emmanuel Macron, Président de la République

Emmanuel Macron a salué jeudi la décision de Joseph Kabila de ne pas briguer un nouveau mandat à la tête de la République démocratique du Congo et indiqué que la France était prête à aider Kinshasa à organiser un scrutin présidentiel "libre, transparent et inclusif".

Voici le communiqué de l'Elysée parvenu à Réveil FM International: "Le Président de la République salue la décision annoncée hier par le Président Kabila de ne pas se représenter aux prochaines élections présidentielles, conformément à son engagement de respecter les termes de la Constitution congolaise.

La France, qui s’est constamment tenue aux côtés de la République démocratique du Congo, rend hommage à l’action du Président Kabila pour l’unité et l’intégrité de la RDC.

Aux côtés de de ses partenaires et en particulier de l’Union africaine, des organisations régionales et des pays voisins, la France se tient prête à accompagner les efforts des autorités congolaises en vue de la tenue, le 23 décembre prochain, d’un scrutin libre, transparent et inclusif.

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mercredi 8 août 2018

RDC: Emmanuel Shadary Dauphin,Tilapia ou Fretin ?

Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin d'Alias Joseph Kabila

"Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt." Congolais ne tombons pas dans des pièges ourdis par le barbu de kingakati Alias Joseph Kabila contre nous ! Mauvais présage. Nous allons vers des troubles post-électorales en République démocratique du Congo. Hippolyte Kanambe Kazembere Mtwale Alias Joseph Kabila ne veut pas organiser les élections libres, démocratiques et transparentes au Congo, c’est pourquoi il a choisi Emmanuel Ramazani Shadary, le boucher du Kasaï. Dans la Majorité Présidentielle, les Henri Mova Sankany, Aubin Minaku, Matata Ponyo, Bahati Lukwebo et Ya She Okitundu Anaconda...sont plus outillés qu'Emmanuel Ramazani Shadary. Dans l'opposition les Martin Fayulu, Felix Tshisekedi, Jean Pierre Bemba, Freddy Matungulu...chacun pris individuellement va battre allègrement Emmanuel Ramazani Shadary. Pourquoi ce choix d'Alias Joseph Kabila ? Les Congolais et la communauté internationale veulent des élections en voila avec des gros pièges visibles.

Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin d'Alias Joseph Kabila

1. Avec des machines à voter, dans un pays sans infrastructures: routes et ponts, sans électricité...sans tout où l'élection présidentielle se fait à un tour, sans débat démocratique entre les candidats dont on ignore le programme de chacun, nous allons vers la contestation des résultats électoraux. Sans charisme, arriviste, parvenu et distributeur des billets verts aux participants à ses meetings du PPRD-Parti-Etat, Emmanuel Shadary est très impopulaire au Congo, surtout au sein du parti, qu'il dirige. Très clivant dans ses positions outrancières, Emmanuel Ramazani Shadary vient du Manièma, la petite province en termes de nombre d'électeurs. Il n'est pas quelqu'un qui peut gagner ! Mais on sait que l’enrôlement des électeurs pour les scrutins du 23 décembre 2018 a fait la part belle aux provinces de l’Est qui comptent 40% des personnes enrôlées sans que l’on connaisse leur part dans les dix millions d’électeurs fictifs. A 57 ans, le secrétaire permanent du PPRD-Parti-Etat, a été l’éphémère ministre de l’Intérieur pendant les manifestations réprimées. Il est d'ailleurs sous sanctions de l'Union européenne.

2. Les machines à voter de Corneille Naanga vont sortir le nom d'Emmanuel Ramazani Shadary comme vainqueur. Les contestations vont mener aux troubles. L'opposition va se résoudre à déposer ses plaintes à la Cour Constitutionnelle. Or au mois d'avril dernier, la fameuse Cour Constitutionnelle n'avait plus que six juges au lieu de neuf. En effet, un juge était mort dimanche 8 avril de maladie et deux autres avaient démissionné de leurs fonctions sans commentaires, sans explications à seulement huit mois des élections. Et au mois de mai, Alias Joseph Kabila avait nommé par ordonnance présidentielle trois nouveaux juges à cette fameuse de la Cour constitutionnelle aux ordres du régime d'imposture, d'occupation et de prédation, chargée de trancher des litiges de la présidentielle du 23 décembre en République démocratique du Congo. Il s'agit de Me Norbert Nkulu Kilombo, ce juriste nommé juge à la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, est un proche collaborateur d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale qui trône abusivement sur le Congo. Me Norbert Nkulu Kilombo a occupé sans discontinuer des fonctions officielles importantes en République démocratique du Congo depuis 2001: conseiller juridique à la présidence, ministre près le président de la République, ambassadeur de la RDC au poste stratégique du Rwanda voisin. Me Norbert Nkulu Kilombo, qui appartient à l'aile dure de la Majorité Présidentielle et au carré des collaborateurs qui ont élaboré des stratégies pour la dictature joséphiste, a été désigné par Alias Joseph Kabila lui-même. Tandis que François Bokona Wipa, un député du PPRD-Parti-Etat a été mandaté par le Parlement et le magistrat Jean Ubulu Pungu par la magistrature congolaise. Plus haute juridiction du pays, la Cour constitutionnelle est composée de 9 membres et est compétente pour juger le président de la République et le Premier ministre, mais également chargée de trancher les contentieux électoraux. Elle est aux mains des encartés joséphistes. Cette Cour Constitutionnelle pourrait-elle annoncer la victoire d'un candidat de l'opposition ? Mille fois Non ! C'est cette même Cour Constitutionnelle qui a déclaré que le Président actuel devra faire la remise et reprise avec son successeur. Pendant que l'opposition va porter plainte contre l'élection frauduleuse d'Emmanuel Ramazani Shadary, celui sera déjà investit comme Président de la République et aura déjà prêté serment...la Communauté internationale va le reconnaître. Alias Joseph Kabila en tireur des ficelles a trouvé en Emmanuel Ramazani Shadary son Dmitri Medvedev.

3. En cas des troubles post-électoraux, le régime fera appel à l'armée. Le samedi 14 juillet 2018, Alias Joseph Kabila a procédé à de nouvelles mises en place à la tête des FARDC, l’armée congolaise. Les principales nominations a concerné le remplacement du chef d’État-major général des FARDC, le général Didier Etumba, par le lieutenant général Célestin Mbala Musense, promu en même temps au grade de général d’armée. L’autre général d’armée, François Olenga Tete, ancien chef d’état-major particulier de Kabila et chef de sa maison militaire, est également envoyé à la retraire. Il devient chargé de mission de Kabila. La grande nouveauté concerne le retour aux affaires du lieutenant-général John Numbi en qualité d’Inspecteur général de l’Armée. Réhabilité par une ordonnance présidentielle de novembre 2017, le général John Numbi revient en force dans un poste très ambigu d’Inspecteur général de l’armée. Numbi est sous sanction de l’Union européenne, des Etats-Unis et de la Suisse. Il est très influent dans l’armée et dans la police congolaises. Les éléments armés à la solde du général Numbi, dont ses anciennes unités spéciales cobras et simbas, ont continué à agir au profit de Kabila, notamment au Katanga. Il est cité dans le massacre des adeptes de Bundu Dia Kongo, dans l'assassinat de Floribert Chebeya, l'icône des droits de l'homme en RDC et de son beau-frère et chauffeur Fidèle Bazana. En cas des troubles, si les Fardc interviennent il y aura plusieurs morts !

4. Ce n'est pas étonnant sous pressions internationales et nationales qu'Alias Joseph Kabila ait choisi Emmanuel Ramazani Shadary comme son dauphin parce qu'il est parmi des criminels qui connaissent très bien son imposture sur sa nationalité congolaise usurpée, les mensonges autour de Maman Sifa Mahanya, la fameuse mère putative d'Alias Joseph Kabila et l'implication de ce dernier dans l'assassinat de M'zée Laurent-Désiré Kabila. Pour rappel le 25 février 1997 après la prise par l'Afdl de la ville de Kindu. Mzée Laurent-Désiré Kabila qui avait atterri à Kindu accompagné de James Kabarebe et Bizima Karaha pour l'organisation administrative du Maniema. Ils vont faire appel aux professeurs de l'extension de l'Unilu-Kindu où Emmanuel Ramazani Shadary fut un jeune professeur assistant. Et c'est lui qui a été présenté au cour d'un meeting populaire comme Gouverneur du Maniema. Précisons qu'il a des affinités avec Mama Sifa Mahanya, qui est membre de sa famille et l'une des épouses de M'zée Laurent-Désiré Kabila. Donc Emmanuel Ramazani Shadary est un pion au service de la Tutsi Power et ne va pas trahir son maître.

5. Pour barrer la route à Alias Joseph Kabila et à son Dmitri Medvedev, l'opposition congolaise doit se choisir un seul candidat et réfuter avec la dernière énergie les machines à voter. Il faut couper l'herbe sous les pieds de Corneille Naanga. Le décor est bien planté pour la contestation des résultats électoraux. Aux Congolais, fils et filles du pays de se ressaisir. Les egocrates doivent abandonner leur ego et voir l'intérêt général.

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mardi 7 août 2018

RDC: Kin Kiey Mulumba, un MOYIBICRATE candidat Président !

Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE" dépose sa candidature à la CENI

MOYIBICRATE patenté, Baladocrate impénitent, le dernier Ministre de l'information du Maréchal Dictateur Mobutu Sese Seko, Kin Kiey Mulumba est sans doute le plus mauvais des politicailleurs Congolais mais aussi un mercenaire et prostitué politique. Fieffé menteur, fayot et flatteur patenté...Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE" a posé sa candidature à l'élection présidentielle de la République démocratique du Congo. Cet homme ombrageux et fourbe, qui est passé de la dictature de Mobutu à celle du barbu, imposteur et usurpateur: Alias Joseph Kabila, n'a pas froid aux yeux. Est-il en rébellion avec son patron-dictateur ? Bluffe-t-il pour attirer l'attention de la Majorité Présidentielle. Voilà un individu chantre du machin "Kabila Désir", "Kabila Totondi Yo Nanu Té" a déclaré que "La République démocratique du Congo n'a pas un stock d'intellectuels. Que le Congo avait le désir de Kabila...". Politicailleur, ventriote, girouette politique qui tourne au gré de vent, Kin Kiey Mulumba MOYIBICRATE ment, ment et ment. Voici son passeport rwandais que Réveil FM International a mis à la disposition du peuple congolais, il y a quelques années. Son passeport date de l'époque du RCD-Goma, mouvement criminel pro-rwandais soutenu par Paul Kagamé, Hitler africain, qui a commis des crimes sur le sol congolais. Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE" a-t-il renoncé à sa nationalité rwandaise pour prétendre postuler à la magistrature suprême en République démocratique du Congo ?

Le passeport rwandais de Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE" !

Avec son "Kabila Désir-Masimanimba Désir", le flagorneur avait redoublé d'ardeur en flatterie du régime sanguinaire de Kinshasa. Avec l'aplaventriste Kin Kiey Mulumba, c'est toujours du réchauffé. Il suffit de remplacer le nom de Mobutu Sese Seko par celui de Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale pour comprendre que c'est le même logiciel rouillé, enrayé qui est servi à tous les dictateurs qui trônent sur le Congo. Le caméléon politique prend toujours la couleur de son époque, il s'adapte. Membre influent du RCD-Goma, mouvement criminel pro-rwandais, Kin Kiey Mulumba MOYIBICRATE n'a jamais dénoncé des crimes qui'ils ont commis en tuant des congolais, enterrant des femmes vivantes à Mwenga et Makobola ! Avec son passeport rwandais, Kin Kiey Mulumba était au service de la communication de Paul Kagamé, Hitler Africain. Aujourd'hui, il tourne casaque contre son patron ! A quelques heures de la fin du dépôt des candidatures à l'élection présidentielle.

La mafia est comparable au terrorisme dans la mise à terre d'un Etat déjà failli. Picsous de la République, magouilleur et combinard Kin Kiey Mulumba "Debré Mpoko" est l'un des 400 pillards du Congo. Hautain, orgueilleux et parvenu, Kin Kiey Mulumba "Debré Mpoko" est un Moyibicrate hors pair. Mis à part son vol de l'argent de la fibre optique, son nom se retrouve sur toutes les listes de ceux qui pillent la nation congolaise.

La toilette des écoliers de Masimanimba. Photo Réveil FM International

Dans son fief électoral à "Masimanimba Désir" les écoliers n'ont pas des toilettes dignes, il n'a pas d'eau potable et les gens de Masi s'éclairent encore à la lampe tempête. Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE" joue à l’hypnotiseur L'esprit des vampires Mobutistes plane toujours, il est ancré dans le régime d'imposture et d'usurpation qui règne par défi au Congo-Kinshasa. Dominique Sakombi Inongo "Buka Lokuta" avait réussi à faire croire aux Zaïrois que nous étions que Mobutu était un demi-dieu en le faisant apparaître sur les nuages. Cela a durant 32 ans de dictature mobutienne.

Paris, Affaire Fibre Optique de la RDC: Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE" a été mis KO debout par Freddy Mulongo

Pour avoir privé 80 millions de Congolais de la fibre optique Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE" a détourné des millions des dollars et s'est acheté un manoir à Waterloo en Belgique. Le Tout-puissant Ministre d'Alias Joseph Kabila a eu l'outrecuidance de traîner en justice, le journaliste Freddy Mulongo de Réveil FM International. Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE", homme d'argent et ami de Mammon poursuivi par le signe indien avec ses casseroles retentissantes: a été débouté par la justice française dans sa plainte en diffamation contre le journaliste Freddy Mulongo. "Kabila Désir-Masimanimba-Désir" estimait que son honneur démesuré et sa dignité de baron, apparatchik, Dinosaure Mobutiste qui s'est mué en Mammouth et Tyrannosaure du régime d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, ont été bafoués par le journaliste Freddy Mulongo à Paris. Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE", Picsous de la République s'est autorisé de réclamé 20.000 euros ! Le 1 euro symbolique, payable en plusieurs fois consentit au journaliste Freddy Mulongo, avait courroucé le dernier ministre de l'information du dictateur Mobutu Sese Seko. Les juges français de la Cour d'Appel de Paris en vérifiant tous les documents se sont rendus compte que la plainte n'avait même pas droit d'être et ils ont annulé le jugement du tribunal de la Grande Instance de Paris. Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE" a été débouté à Paris.

Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE" doit 450.000 au FPI, sans oublier des millions de la Fibre Optique !

Comment cet inconscient de la République qui a privé le peuple congolais de la fibre optique pour son bonheur personnel peut-il prétendre à la magistrature suprême ?

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RDC: Pourquoi Bemba est-il rentré à Bruxelles ?

Jean-Pierre Bemba, Sénateur

A quoi joue Jean-Pierre Bemba Gombo ? A-t-il bluffé avec le dépôt de sa candidature à la CENI ? C'est incompréhensible voire invraisemblable ! Si les Congolais font confiance à Jean-Pierre Bemba, a-t-il droit de les décevoir pour une seconde fois ? Après 11 ans d'absence au pays dont 10 ans passés au CPI, Jean-Pierre Bemba Gombo ex-Chef de guerre, tout juste acquitté par la Cour pénale internationale, est rentré et a demeuré en République démocratique du Congo pour 72 heures seulement et il est déjà rentré à Bruxelles en Belgique. On croit rêver ! Alors que dans cette période pré-électorale de 4 mois, il y a beaucoup à faire. Chaque jour est à mettre à profit pour atteindre des objectifs. Et la présence sur terrain est cruciale. Si Jean Pierre Bemba veut marquer à la culotte Hippolyte Kanambe Kazembere Mtwale Alias Joseph Kabila, c'est au Congo que cela doit se faire pas en Belgique. Sauf que les Congolais sont les dindons d'une farce. Alias Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba ont conclu des alliances.

Jean-Pierre Bemba sur la RTNC, média étatique pro-Alias Joseph Kabila!

Notre fin limier alerte: "Vieux Freddy Mulongo on dirait que manzaka ya Igwe etikali na CPI". C'est tout dire, le profil de Jean-Pierre Bemba est extrêmement mou. Son bouillant caractère est mis en berne. L'énergie n'y est pas, la rage de gagner non plus. Quel deal a-t-il fait avec Alias Joseph Kabila ? Ce deal finira par livrer tous ses secrets. Et les mains noires sont derrières seront dévoilées. Jean-Pierre Bemba est encensé à la RTNC, pourtant c'est le même média étatique qui ne fait passer aucun "Opposant" et pourfend à longueur des journées des personnalités comme le Cardinal Laurent Monsengwo, ne parlons pas d'Etienne Tshisekedi. Compte-t-il encore accepter l'inacceptable 11 ans après? Est-il déjà un candidat battu d'avance ? Certes, Jean-Pierre Bemba a déposé sa candidature à la CENI, il paraîtrait qu'il a un problème de casier judiciaire dans son dossier et sa nationalité portugaise aurait été soulevée...va-t-on vers l'invalidation de sa candidature ? Aller aux élections avec des machines à voter et des électeurs fictifs...A sa sortie de la CENI, Jean Pierre Bemba tout satisfait ne remet rien en cause !

Jean-Pierre Bemba doit se ressaisir. Pour deux raisons:

1. Le MLC est un parti accompagnateur du régime dictatorial d'Alias Joseph Kabila. Parti des dinosaures Mobutistes, soutenu par l'Ouganda de 1999 à 2003, d'ailleurs tous les cadors de ce parti ont traversé la rue, ils sont allés à la mangeoire. Ils sont devenus des Mammouths Joséphistes. Pas besoin de citer des noms: José Makila qui n'arrive plus à serrer les lacets de ses chaussures...est un ex-MLC ! François Mwamba, Thomas Luhaka, Antoine Ghonda, Lisanga Boganga, Germain Kambinga...sont tous à la mangeoire joséphiste. Le MLC comme le RCD-Goma, des mouvements criminels qui ont muté en partis politiques, n'ont jamais répondu de leurs crimes commis en République démocratique du Congo. Pour la majorité de Congolais, le MLC et le RCD-Goma sont des pépinières du régime dictatorial d'Alias Joseph Kabila qui sévit en toute impunité au Congo. Le Congo est sous occupation, le régime d'Alias Joseph Kabila est une imposture. Les élections ne sont pas une panacée, ceux qui croient aller aux élections avec Alias Joseph Kabila, spécialiste es hold-up électoraux, savent à quoi s'en tenir. A l'heure où nous couchons ces lignes, Alias Joseph Kabila n'a toujours pas de "Dauphin" et un 3è mandat qui serait anticonstitutionnel n'est pas à exclure.

2. A son arrivée à Kinshasa, le gouvernement d'imposture lui a interdit de rejoindre la résidence familiale à la Gombe, il a donc dormi sur une chaise à la belle étoile au GB. Les Congolais s'en sont offusqués, Jean-Pierre Bemba est demeuré muet ! On a assisté aux manœuvres d'Edouard Mokolo Wa Pombo, ancien barbouze et dinosaure Mobutiste, qui est depuis devenu un apparatchik Joséphiste, dans la séquence de Jean-Pierre Bemba au Sénat. Il est allé récupéré sa place au Sénat illégitime depuis février 2012. Il n'y avait jamais siégé avant son emprisonnement et n'en voulait pas. Depuis son retour, Jean-Pierre Bemba a fièrement enfilé ses habits de sénateur. Il a donc accepté et cautionné ce pouvoir illégitime. C’est qui est très grave, le sénat illégitime où siègent des godillots, applaudisseurs et autres politicailleurs dormeurs et ronfleurs, est sous la présidence de Léonbitch Kengo wa Dondo, l'édenté de la gare du Nord. Et l'ancien Premier ministre du dictateur Mobutu, Kengo est aux ordres d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale. Jean-Pierre Bemba a librement accepté d'être assujetti à l'ancien taximan de Dar es Salam, qui est arrivé en 1997 dans la gibecière de l'Afdl, en petit Kadogo, avec des bottes de jardinier et une kalachnikov en bandoulière. Et 4 ans après, Alias Joseph Kabila a été placé sur le trône du Congo, pour mieux piller ses ressources et tenir des Congolais en esclavage !

Jean-Pierre Bemba organise une messe en mémoire de son défunt père, le sénateur Jeannot Bemba Saolona mais il oublie que durant ses dix années de détentions, le peuple congolais qu’il veut diriger a connu des massacres à Beni, Goma, Kasaï, des fosses communes de Maluku, Rossy Tshimanga, Luck Nkulula, etc...pas un mot en leurs mémoires. A Gemena, il visite seulement la tombe de son père, en ignorant les morts de la maladie Ebola. Pas même une minute de silence pour eux.

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lundi 6 août 2018

Conseil des droits de l'homme: Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale ouvre les travaux de sa quatre-vingt-seizième session !

Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale a ouvert ce matin les travaux de sa quatre-vingt-seizième session – qui se tient jusqu'au vendredi 30 août au Palais Wilson, à Genève – en adoptant son programme de travail et son ordre du jour, et en entendant une déclaration de Mme Carla Edelenbos, cheffe de la Section des pétitions et demandes au sein de la Division des traités de droits de l'homme du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

Mme Edelenbos a tout d’abord fait part des évolutions du travail des Nations Unies dans le domaine de la lutte contre la discrimination raciale depuis la dernière session du Comité, en attirant notamment l’attention sur l’adoption du projet final du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières qui sera adopté au Maroc en décembre 2018. Le pacte mondial est un cadre de coopération dans le domaine de la migration basé sur les droits de l’homme et la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, a souligné Mme Edelenbos, précisant que les États s’engagent notamment à veilleur à lutter contre toute forme de discrimination, de racisme et de xénophobie contre les migrants. Les États s’engagent en outre à ériger en infraction les crimes haineux contre les migrants et à mobiliser les dirigeants en vue de recenser et de prévenir les incidents d’intolérance contre les migrants, a-t-elle ajouté. Le pacte envisage par ailleurs la mise en place d’un mécanisme de renforcement de capacités et un mécanisme de suivi et d’examen, a-t-elle indiqué.

En juillet dernier, le Forum politique de haut niveau visant à contrôler la mise en œuvre des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030 a adopté une déclaration ministérielle qui reconnaît l’importance du recueil de données et de statistiques de qualité, accessibles et fiables, eu égard au rôle essentiel qu’elles jouent pour la mise en œuvre des Objectifs.

Los de sa dernière session, le Conseil des droits de l’homme a pour sa part adopté une résolution portant sur l’incompatibilité entre démocratie et racisme, a rappelé Mme Edelenbos. À cette occasion, le Conseil a exprimé ses profondes préoccupations face à la montée des partis politiques extrémistes et des mouvements et groupes qui cherchent à normaliser le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie, plus particulièrement envers les migrants et les réfugiés. Le Conseil a également tenu un dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines de racisme. Elle a souligné que la lutte contre la discrimination raciale nécessite une approche intersectionnelle prenant en compte notamment l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Le 23 juillet 2018, a poursuivi Mme Edelenbos, la Cour internationale de justice a pris des mesures provisoires dans l’affaire qui oppose le Qatar aux Émirats arabes unis; elle a notamment décidé que les Émirats arabes unis doivent assurer la réunification des familles qatariennes et que les étudiants qatariens doivent pouvoir continuer leurs études aux Émirats arabes unis.

Mme Edelenbos a ensuite évoqué la réunion des Présidents des organes conventionnels qui s’est tenue à New-York du 28 mai au 1er juin et qui s’est concentrée sur l’alignement des méthodes de travail desdits organes. La réunion avec les États Membres a eu beaucoup de succès; ont notamment été abordées les questions relatives à l’amélioration des méthodes de travail, à la remise tardive des rapports, aux représailles, ou encore à l’équilibre géographique et entre les sexes dans la composition des organes conventionnels. Mme Edelenbos a incité le Comité à harmoniser ses approches avec les autres organes conventionnels et a indiqué que les Présidents des organes de traités avaient convenu de désigner des points focaux au sein de chaque comité afin d’harmoniser leurs positions en vue de la révision de 2020.

Enfin, Mme Edelenbos a annoncé qu’il s’agissait de sa dernière session avec le Comité en raison de son départ à la retraite à la fin août et a remercié tous les membres du Comité pour leur coopération. Plusieurs experts se sont ensuite exprimés pour remercier Mme Edelenbos pour son travail.

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dimanche 5 août 2018

Venezuela : le président Maduro visé par un attentat au drone !

Nicolas Maduro Président du Vénézuela

Nicolas Maduro a échappé à un attentat alors qu'il prononçait un discours pour le 81e anniversaire de la Garde nationale bolivarienne. Il a accusé l'ultradroite colombienne et son homologue colombien Juan Manuel Santos d'être derrière cette tentative d'assassinat.

Un attentat a été perpétré contre le président vénézuélien Nicolas Maduro alors qu'il prononçait un discours à l'occasion du 81e anniversaire de la Garde nationale bolivarienne dans le centre de Caracas, sur l'avenue Simon-Bolivar. La cérémonie était retransmise en direct à la télévision. Il était entouré de son épouse, Cilia Flores, du ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, du procureur général, Tarek William Saab et de représentants du haut commandement militaire.

Il expliquait son plan pour redresser l'économie du pays quand l'ensemble de la tribune a eu un geste de peur, levant les yeux vers le ciel. On voit ensuite les troupes de la garde nationale qui défilaient sur l'avenue Bolivar devant la tribune présidentielle s'éparpiller en courant vers les côtés de l'avenue. La retransmission a été interrompue.

«Ils ont tenté de m'assassiner aujourd'hui»

Les gardes du corps ont rapidement déployé une valise bouclier pour protéger le président et l'ont ensuite emmené en lieu sûr. Il a fallu attendre une heure pour que le ministre de l'information, Jorge Rodriguez confirme qu'un attentat avait eu lieu à 17h41, samedi 4 août. «Il s'agit d'un attentat contre le président constitutionnel Nicolas Maduro, qui est indemne». Il a précisé que sept membres de la garde nationale bolivarienne avaient été blessés.

Peu après, c'est le président Maduro lui-même qui est intervenu à la télévision: «Il s'agissait d'un attentat pour me tuer, ils ont tenté de m'assassiner aujourd'hui. Je n'ai aucun doute que (les auteurs sont) l'ultradroite vénézuélienne alliée avec l'ultradroite colombienne de Juan Manuel Santos (le président colombien qui quitte le pouvoir le 7 août prochain, NDLR). Les premiers éléments de l'enquête désignent Bogotá, ce qui explique les annonces faites par Santos ces derniers jours de la fin du régime de Maduro. Santos ne peut pas partir sans faire du mal au Venezuela.»

Le président Maduro a demandé l'aide de Donald Trump pour qu'il lui livre les «auteurs intellectuels et financiers» de cette action qui se trouveraient, selon lui, en Floride. Les États-Unis, qui avaient déclaré en mai ne pas reconnaître les résultats de l'élection présidentielle vénézuélienne, «suivent attentivement la situation», a réagi un haut représentant du département d'État américain. Ce dimanche, John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a déclaré qu'«il n'y a eu absolument aucune participation du gouvernement américain là-dedans».

Le procureur général Tarek William Saab, a annoncé que trois juges ont été désignés pour faire toute la lumière sur cet attentat. «Les auteurs matériels» auraient déjà été arrêtés, selon lui. Il a donné des détails sur l'attaque: il s'agirait de deux drones chargés de C4, un puissant explosif, qui se dirigeaient vers la tribune présidentielle. L'un aurait explosé près de cette dernière, l'autre près de la tribune d'honneur où se trouvaient les familles des hauts gradés. Leurs explosions prématurées seraient dues aux tirs de militaires qui les ont abattus avant qu'ils n'atteignent la tribune du président vénézuélien.

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samedi 4 août 2018

RDC: Des godillots accueillent Bemba au Sénat !

Jean-Pierre Bemba sénateur d'Alias Joseph Kabila

En République démocratique du Congo aucune institution n'est légitime: La Présidence, le parlement (sénat et Assemblée nationale), le gouvernement...Après onze ans d'absence dont dix à la prison de la CPI, Jean-Pierre Bemba a été accueilli par des godillots-applaudisseurs du Sénat. C'est-à-dire qu'il a retrouvé au Sénat, les mêmes individus qui avaient corrompus des députés provinciaux pour se faire élire Sénateurs lors de l'élection Louis Michel 2006. D'ailleurs certains doivent encore des groupes électrogènes, vélos, motos promissent à cette époque là.

Jean-Pierre Bemba sénateur d'Alias Joseph Kabila

Dans la salle de sommeil et de ronflement, Jean-Pierre Bemba a eu droit à son écharpe de sénateur et il a salué ceux qui étaient là, parmi eux Edouard Mokolo Wa Pombo, barbouze et dinosaure Mobutiste devenu depuis un Mammouth Joséphiste pur sucre ! Que fait donc le fameux Lisanga ya Bonganga, le politicailleur-ventriote le plus versatile, une girouette qui tourne au gré du vent...auprès de Jean-Pierre Bemba ? Est-il revenu au MLC ?

Les Sénateurs sont tous des Apparatchiks et Mammouths Joséphistes. Un sénat qui a cessé d'être légitime depuis février 2012. "Toutous" d'Alias Joseph Kanambe Kazembere Mtwale, l'imposteur-usurpateur qui dirige par défi, les sénateurs repus sont payés aux frais de la République, à dormir et ronfler au Palais du Peuple ne rien faire. Et Jean-Pierre Bemba va siéger dans ce sénat illégitime ?

Les Congolais attendent de Jean-Pierre Bemba qu'il se comporte en légaliste qui respecte la Constitution et les institutions. Or le Sénat où il veut siéger est illégitime. A moins qu'il soit fauché et veille renflouer ses poches ! Siéger au Sénat des Djaleloïstes dormeurs, qui en douze ans n'ont jamais voté une seule loi en faveur de notre peuple, cela confirmerait que le MLC est partenaire de la Majorité Présidentielle dixit Eve Bazaïba, secrétaire générale du MLC.

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vendredi 3 août 2018

Mali: La Radio Renouveau FM fermée par le pouvoir !

L'activiste malien "Ras Bath", animateur de la radio Renouveau FM, Mali, 29 mai 2017

Renouveau FM, radio très écoutée par la jeunesse malienne, a été fermée jeudi sur ordre du gouverneur de Bamako, alors que le Mali attend toujours les résultats du premier tour de la présidentielle du 29 juillet.

"Le gouverneur nous a notifié sa décision cette après-midi et la radio a cessé d'émettre", a déclaré un animateur vedette de Renouveau FM, Ras Kebé, considérant qu'il s'agissait d'une "victoire" prouvant que le pouvoir est "aux abois".

Le gouverneur du district de Bamako, le colonel Débérékoua Soara, estime que Mohamed Youssouf Bathily, dit "Ras Bath", a tenu sur antenne mardi soir des "propos d'incitation à la haine et à la révolte", selon sa décision datée du 1er août.

Renouveau FM "est fermée jusqu'à nouvel ordre (...) en vue de préserver l'ordre public et la tranquillité dans le district de Bamako", indique le gouverneur.

Dans son émission "Cartes sur Table", Ras Bath, pourfendeur de la corruption aux propos souvent virulents, avait dénoncé des "bourrages d'urnes" et l'incapacité de l'Etat à assurer la sécurité sur une partie du territoire, selon Ras Kebé.

Admiré comme un "guide" par une partie de la jeunesse, Ras Bath, juriste de formation et adepte du mouvement rastafari, est l'un des principaux soutiens du chef de file de l'opposition Soumaïla Cissé.

M. Cissé, 68 ans, est considéré comme le favori pour affronter au second tour -prévu le 12 août-, comme en 2013, le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, qui à 73 ans brigue un second mandat de cinq ans.

Alors qu'ils doivent être annoncés au plus tard vendredi, les résultats du premier tour n'étaient toujours pas entièrement "compilés" jeudi à la mi-journée, selon des sources administrative et diplomatique.

Quelque 700 bureaux de vote sur 23.000, principalement dans le Nord et le centre, n'ont pas pu ouvrir dimanche en raison d'incidents violents, mais le scrutin s'est "déroulé dans le calme" sur le reste du territoire, selon la mission d'observation de l'UE.

Fin 2017, Ras Bath avait été acquitté après avoir été condamné en première instance à 12 mois de prison pour "incitation à la désobéissance des troupes". L'annonce de son interpellation fin août 2016 avait entraîné des manifestations de protestation à Bamako, faisant un mort, des dizaines de blessés et d'importants dégâts.

La question que l’on se pose est de savoir à qui le tour après Renouveau FM? Il y a bien une épée de Damoclès au dessus de la presse malienne, une menace sournoise dont l’effet collatéral est l’enquiquinement de journalistes français à l’aéroport de Bamako à la veille du premier tour de la présidentielle.

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mardi 31 juillet 2018

Affaire Benalla : rejet des motions de censure contre Edouard Philippe et son gouvernement !

Edouard Philippe, Premier ministre

Le Premier ministre Edouard Philippe a répondu aux discours de Christian Jacob et André Chassaigne, avant des votes sur les motions de censure de droite, puis de gauche. Avec respectivement 143 et 74 voix, elles n'ont pas été adoptées.

Les députés ont examiné à partir de 15 heures deux motions de censure, l'une de droite, l'autre de gauche, déposées à la suite de l'affaire Benalla.

Christian Jacob, Président du groupe parlementaire Les Républicains

Les deux premiers signataires de chacune d'entre elles, Christian Jacob (LR) et André Chassaigne (PCF) ont pris la parole avant le reste des chefs de groupe. Le Premier ministre Edouard Philippe leur a répondu ensuite.

Avec 143 voix, la première motion de censure, issue de la droite, n'a pas été adoptée. La seconde, avec 74 voix, n'a pas été adoptée non plus. Le gouvernement reste donc en place.

19h42 : la deuxième motion également rejetée. Il y avait encore moins de suspense que pour la première motion, rejetée : la deuxième motion de censure, déposée par les trois groupes de gauche à l'Assemblée nationale, n'a pas été adoptée. Avec 74 voix, la majorité absolue de 289 suffrages n'est une nouvelle fois pas atteinte. La séance est close et le gouvernement reste en place.

18h35 : la première motion rejetée. C'était attendu, c'est confirmé : la motion de censure déposée par LR n'a pas été adoptée. Avec 143 voix, elle n'atteint pas la majorité absolue nécessaire (289 suffrages). Les explications de vote sur la deuxième motion de censure s'enchaînent. Sébastien Jumel (GDR) la défend avec force tandis qu'Isabelle Florennes, pour le MoDem, la rejette, ainsi que Bruno Questel pour LREM.

Appelé à la tribune pour le groupe Nouvelle Gauche, Olivier Faure défend une motion de censure qu'il a cosignée, tout en précisant que "le but n'est pas de faire tomber le gouvernement". Mathilde Panot de la France insoumise, elle, dénonce une "atmosphère irrespirable" dans une Assemblée "monolithique" où tout débat est devenu impossible. Et charge la majorité pour son "obstruction à la vérité" dans l'affaire Benalla.

17h26 : on passe aux explications de vote. L'heure est désormais aux explications de vote. D'abord sur la motion de censure issue de la droite. Guillaume Larrivé, le co-rapporteur de la commission d'enquête qui a suspendu sa participation la semaine dernière, et député LR, la soutient bien évidemment. C'est aussi le cas, et c'est moins attendu, du groupe communiste. Du côté du MoDem, en revanche, on dénonce une alliance contre-nature des oppositions.

Tout en reconnaissant que la motion de censure des LR est "légitime", car l'affaire Benalla est "grave", le groupe Nouvelle Gauche ne veut pas la voter. Car son objectif n'est pas de renverser le gouvernement pour le remplacer. En revanche, la France Insoumise est bien décidée à apporter sa voix aux LR. Sans surprise, les députés LREM dénoncent un dévoiement de l'utilisation de la motion de censure.

17h07 : Richard Ferrand clôt le bal. Le président du groupe LREM, Richard Ferrand, est le dernier à s'exprimer. Il regrette que les "beaux enjeux" ne soient pas à l'ordre du jour. "Ces deux motions de censure qui nous préoccupent ont quelque chose de rance, de marécageux, aux antipodes du débat d'idées. Elles sont le symbole de manœuvres politiciennes qui ne trompent plus grand monde."

Richard Ferrand dénonce le blocage des débats sur la réforme constitutionnelle. "Vous tentez de mettre à jour un complot qui n'existe pas", s'agace-t-il, pointant l'"aigreur de la défaite" et le "désir de revanche" de l'opposition. "Aujourd'hui, c'est la braderie des motions de censure. Deux pour le prix d'une. Elles finiront dans les archives de l'Assemblée nationale, parmi les moins glorieuses de l'Histoire."

17h02 : Sébastien Chenu (RN) parle pour les non-inscrits. Disposant de moins de temps que ses collègues, Sébastien Chenu (RN) monte à la tribune. "L'affaire Benalla-Macron est le petit grain de sable qui met au jour une mécanique", fustige-t-il. "Notre démocratie est profondément malmenée, nous constatons une dérive autoritaire dans notre pays. Une sorte d'autoritarisme soft mal dissimulé derrière une bienveillance de façade." Selon Sébastien Chenu, l'affaire Benalla montre la constitution d'une "garde prétorienne" auprès du président de la République.

16h48 : Mélenchon fustige les "Pieds Nickelés de l'Élysée". Jean-Luc Mélenchon prend la parole pour le groupe de la France Insoumise et pointe du doigt les "Pieds Nickelés de l'Élysée", Alexandre Benalla et Vincent Crase. Il dénonce l'absence de réponse du gouvernement jusqu'ici, la communication de l'Élysée, et la "chaîne ininterrompue de turpitudes au sommet de l'État". Jean-Luc Mélenchon poursuit en appelant à une VIe République et la mise en oeuvre d'une constituante.

: Valérie Rabault prend la parole. La présidente du groupe Nouvelle Gauche (PS), Valérie Rabault, monte à son tour à la tribune. Elle estime qu'avec une vraie sanction effective dès le 1er mai, "il n'y aurait pas eu d'affaire Benalla". "Mais il semble avoir été couvert", regrette-t-elle, avant de fustiger plus largement la "conception du pouvoir" du gouvernement et de la majorité. La députée fustige la gestion des auditions en commission d'enquête et le refus, par les élus LREM, d'élargir la liste des personnes entendues. "Le Sénat sauve heureusement l'honneur du Parlement", selon elle.

16h17 : Franck Riester s'exprime pour le groupe UDI, Agir et indépendants. "Les faits révélés par l'affaire Benalla sont graves", commence Franck Riester, appelé à son tour à la tribune. "Nos compatriotes ont le droit de connaître la vérité." Le député dénonce l'immixtion de "procès politique" dans les procédures d'enquête parlementaire. Il regrette le "lamentable spectacle" donné à l'Assemblée, notamment le blocage des débats sur la réforme constitutionnelle, puis le "temps stupéfiant de la commission d'enquête". Franck Riester en profite pour tacler violemment ces élus qui se sont mués "en procureur politique" avant de "tuer la commission d'enquête". "C'est à croire que la recherche de la vérité intéresse moins certains que la récupération politique."

Néanmoins, le député nuance son propos en appelant le gouvernement à nuancer son projet de réforme constitutionnelle et mieux prendre en compte les corps intermédiaires en général.

16h01 : Marc Fesneau renvoie l'opposition à ses "incompréhensibles alliances". C'est maintenant aux chefs de groupe de s'exprimer, en commençant par Marc Fesneau pour le MoDem. Celui-ci dénonce les "improbables et si incompréhensibles alliances" de la droite et la gauche d'opposition, qui ont selon lui "abandonné leur sens de l'histoire et de leurs propres responsabilités". "Qu'avez-vous en commun ? Rien. Partagez-vous la même vision institutionnelle du pays ? Même pas. Il n'y a qu'un motif à vos attitudes : vous n'avez toujours pas accepté le sort des urnes de 2017."

15h55 : Edouard Philippe défend la politique gouvernementale. Dans sa réponse, le chef de gouvernement s'éloigne quelque peu du sujet pour défendre l'intégralité des réformes entreprises depuis un an. Puis, il esquisse les chantiers à venir, de la retraite au plan pauvreté. "Hors sujet !", hurle l'opposition.

15h36 : Edouard Philippe à la tribune. Le Premier ministre est appelé à répondre à l'opposition. Il a droit à une standing ovation des députés LREM et des huées de l'opposition. Sa ligne de défense est claire : il appuie sur le fait que la "soi-disant grande affaire dite Benalla" ne relève que de mauvais comportements individuels. "C'est l'affaire de dysfonctionnements dans la préparation et le déroulement de cette mission d'observation [celle de Benalla]", explique-t-il. "C'est inacceptable, je l'ai dit devant votre Assemblée et devant le Sénat. Mais ce qui devait être fait l'a été."

Le chef du gouvernement reprend aussi un élément de langage largement développé par la majorité ces derniers jours : "la République exemplaire n'est pas la République infaillible." Il critique également la constitution de commissions d'enquête parlementaire alors qu'une instruction est en cours. "C'est une confusion institutionnelle", estime-t-il. Enfin, Edouard Philippe dénonce une "instrumentalisation politique" et "une volonté d'atteindre" Emmanuel Macron. Selon lui, cette crise politique permet à l'opposition de "ralentir le rythme de transformation du pays". "Vos motions de censure ne sont rien d'autre que des motions de blocage."

15h21 : Au tour d'André Chassaigne. Le chef du groupe GDR monte à son tour à la tribune et n'a pas de mots plus tendres que son collègue LR. Il dénonce un "scandale d'État" qui "ternit l'image de la France à l'international". "Ce scandale révèle les dérives que produit un régime hyper présidentialiste", s'agace-t-il, avant de fustiger la commission d'enquête de l'Assemblée nationale qui "s'achève dans l'indignité après seulement six auditions". Pour André Chassaigne, les députés LREM sont des "digéreurs, intestins silencieux de la bouche élyséenne". Le député communiste élargit quelque peu son propos en critiquant l'intégralité de la politique "néo-libérale" d'Emmanuel Macron, entre "cadeaux aux premiers de cordées" et hausse de CSG pour les retraités.

15h : Christian Jacob dénonce des "zones d'ombres". Premier à prendre la parole pour 15 minutes, le chef du groupe LR à l'Assemblée attaque fort, estimant que l'affaire Benalla "laissera des traces profondes, morales et politiques sur le chef de l'État". Fustigeant le "barbouze" de l'Élysée, Christian Jacob dénonce les "zones d'ombres" et les "mensonges" de la majorité. "Les Français restent sidérés par cette affaire."

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Coupe du Monde 2018: Ils vont payer un pv de 35 euros leurs coups de klaxon !

La police a relevé les plaques d’immatriculation des véhicules effectuant un usage abusif du klaxon et/ou des régimes moteurs.

FAITS DIVERS. Plusieurs automobilistes ont été surpris de recevoir une contravention pour avoir fait trop de bruit dans des rues de la ville après la finale de la coupe du Monde de football. La police de Tergnier, dans l’Aisne, a verbalisé plusieurs personnes qui « ont poussé le bouchon un peu trop loin » le soir de la victoire de l’équipe de France en coupe du Monde…

eux semaines après le sacre de l’équipe de France de football à la Coupe du monde, l’euphorie est retombée. En particulier chez ces supporteurs verbalisés le 15 juillet au soir, une date devenue historique pour le sport français. Eux, ils s’en souviendront aussi.

Une célébration qui ne plaît pas à tout le monde. Une douzaine de personnes ont été verbalisées à Tergnier, dans l'Aisne pour avoir trop klaxonné, le soir de la victoire de l’équipe de France en Coupe du monde, le 15 juillet.

Après la victoire des hommes de Didier Deschamps, « il y a eu une phase avec énormément de monde sur la voie publique » dans cette ville de 13.000 habitants, a expliqué à l’AFP le commandant divisionnaire, Didier Aubin.

Onze verbalisations d’un montant de 35 euros

Mais après 22h et le retour au calme, il y a eu des passages de véhicules klaxonnant de manière quasiment ininterrompue, selon la même source.

Aussi, les policiers ont dressé huit verbalisations d’un montant de 35 euros pour « usage intempestif du klaxon » et trois pour « usage abusif du régime moteur », quand les deux roues font rugir leur moteur, a-t-il expliqué, confirmant une information de L’Aisne nouvelle.

« Elles ont poussé le bouchon un peu trop loin »

Les amendes, qui sont arrivées aux contrevenants cette semaine, ont été établies « en deuxième partie de soirée avec les personnes qui ont poussé le bouchon un peu trop loin », a précisé le policier.

« Beaucoup de gens qui n’en avaient rien à faire du football râlaient, car ça hurlait dans la rue, ça klaxonnait, avec aussi des motos qui faisaient plein de bruit… On a eu aussi beaucoup de réclamations », a expliqué Didier Aubin.

L’équipe de France de football avait remporté la Coupe du monde à Moscou en battant la Croatie 4 à 2.

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Assemblée nationale: "MOTION DE CENSURE" contre le gouvernement déposée par LFI, NG et GDR

André Chassaigne, le chef de file des communistes a été désigné comme premier signataire de la motion, après discussions entre les trois groupes.

Les députés ont rejeté mardi 31 juillet deux motions de censure. La première, de droite, avait été déposée par Les Républicains ; l’autre, de gauche, avait été déposée par une alliance inédite entre socialistes, communistes et insoumis. La première a rassemblé 143 votes, la seconde 74 votes, bien loin des 289 voix nécessaires pour faire chuter le gouvernement.

Voici le texte de la MOTION DE CENSURE présentée par les groupes parlementaires Nouvelle gauche, La France insoumise, Gauche démocrate et républicaine (déposée en application de l'article 49, alinéa 2, de la Constitution)

Notre pays traverse une crise politique qui révèle des dysfonctionnements graves au sommet de l’État et au cœur des institutions républicaines. Les auditions des commissions parlementaires et les révélations de la presse attestent de la dérive autocratique et du sentiment d’impunité qui prévalent au plus haut sommet de l’État.

Des employés de l’Élysée, collaborateurs de la Présidence de la République, ont participé à des opérations de police le 1er mai 2018, indépendamment de la hiérarchie préfectorale et policière, en usurpant insignes et fonctions et en faisant preuve d’une violence intolérable à l’égard de citoyens.

Malgré l’illégalité de ces actes, les responsables informés n’ont pas jugé bon d’en référer au procureur de la République comme le leur impose pourtant l’article 40 du Code de procédure pénale. Il apparaît donc que plusieurs responsables au plus haut niveau de l’État ont tenté de dissimuler volontairement des faits qui auraient dû être signalés à l’autorité judiciaire. Ces faits ne peuvent laisser le Parlement indifférent, au moment où le pouvoir exécutif entend de surcroît diminuer ses capacités d’initiative, d’évaluation et de contrôle.

Ces circonstances exceptionnelles soulignent combien la teneur du projet de réforme constitutionnelle défendu par la majorité n’est pas à la hauteur de la crise des institutions de la Ve République.

Ces faits interrogent les habitudes du président de la République en matière de sécurité, la pratique gouvernementale en matière d’ordre public, et plus généralement une pratique du pouvoir et des institutions. Ils fragilisent l’autorité de l’État. Ils expriment une irresponsabilité assumée du pouvoir alors que le Premier ministre, selon l'article 21 de la Constitution, assure l’exécution des lois et dirige l'action d’un Gouvernement qui comprend le ministre de l'Intérieur.

Pendant une semaine, le Premier ministre a refusé de s’exprimer devant l’Assemblée nationale, alors qu’il est responsable devant elle selon l’article 20 de la Constitution. Il a notamment décliné les sollicitations émanant des groupes parlementaires, en vertu de l’article 50-1 de la Constitution.

Enfin, cette crise au sommet de l’Etat a atteint l’Assemblée nationale au lendemain de l’intervention du Président de la République devant sa majorité. Depuis, les députés de la République en Marche ont fait obstruction au bon fonctionnement de la commission d’enquête parlementaire, mise en place grâce au volontarisme des groupes d’opposition.

Cette commission d’enquête a été verrouillée de telle manière que ses travaux ne permettent pas de faire émerger la vérité.

La confiance que le peuple doit accorder au Gouvernement et dans ses institutions est donc compromise.

L’Assemblée nationale doit pouvoir s’exprimer sur la responsabilité du gouvernement et lui retirer la confiance que son comportement a rompue.

Ils ont menti pour se protéger, nous avons cherché la vérité, ils ont refusé de s’expliquer, il ne nous reste plus qu’un moyen : la motion de censure que nous déposons en vertu de l’article 49-2.

Les signataires :

André Chassaigne, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Rabault, Clémentine Autain, Joël Aviragnet, Ericka Bareigts, Marie-Noëlle Battistel, Huguette Bello, Ugo Bernalicis, Gisèle Biémouret, Christophe Bouillon, Jean-Louis Bricout, Moetai Brotherson, Alain Bruneel, Marie-George Buffet, Luc Carvounas, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Alain David, Pierre Dharréville, Jean-Paul Dufrègne, Laurence Dumont, Elsa Faucillon, Olivier Faure, Caroline Fiat, Guillaume Garot, David Habib, Christian Hutin, Régis Juanico, Sébastien Jumel, Marietta Karamanli, Bastien Lachaud, Jérôme Lambert, Michel Larive, Jean-Paul Lecoq, Serge Letchimy, Josette Manin, Jean-Philippe Nilor, Danièle Obono, Mathilde Panot, George Pau-Langevin, Stéphane Peu, Christine Pires Beaune, Dominique Potier, Loïc Prud'homme, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Adrien Quatennens, Jean-Hugues Ratenon, Muriel Ressiguier, Fabien Roussel, Sabine Rubin, François Ruffin, Hervé Saulignac, Gabriel Serville, Bénédicte Taurine, Sylvie Tolmont, Cécile Untermaier, Hélène VainqueurChristophe, Boris Vallaud, Michèle Victory, Hubert Wulfranc.

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RDC: Des Maliens votent leur Président de la République !

La diaspora malienne qui réside en République démocratique du Congo vote le Président de la République du Mali. Les Maliens expatriés en RDC, dont le nombre n'est pas connu, peuvent être fiers de leur démocratie. La question qui brûle toutes les lèvres, pourquoi la diaspora congolaise n'a pas droit au vote ? Le gouvernement médiocre de Bruno Tshibala et tous les "Collabos" et "Traîtres", qui se comportent en Vichystes, ont privé les Congolais de la diaspora d'un droit que les autres pays africains, membres de l'ONU et de l'Union africaine, octroient à leurs compatriotes expatriés.

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lundi 30 juillet 2018

Affaire Benalla: Le Premier ministre Edouard Philippe affronte deux motions de censure !

Edouard Philippe, Premier ministre

Pour Benalla lui même qui s'exprimé sur TF1, son "Affaire", c'est une Affaire d’été dont l'objectif est d'atteindre Emmanuel Macron, Président de la République. L'Affaire Bennalla du nom de l'ancien collaborateur de l'Élysée surpris en vidéo en train de jouer au policier en marge d'un rassemblement du 1er Mai. Pour les oppositions, c'est une Affaire d'Etat dont le feuilleton n'est pas encore fini. Sans devenir thuriféraire ni flagorneur, il y a lieu de dire que le Premier ministre Edouard Philippe est excellent. Dans l'affaire Benalla, c'est lui qui défend le mieux La République En Marche. C'est lui qui monte au créneau, va au front car il y en a plusieurs fronts (Les Républicains, La France Insoumise, le Rassemblement National ex-Front National ) surtout dans l’hémicycle pour défendre le Président Macron, sans rabaisser les députés qui l'interpellent.

Une joute verbale qui vivifie la démocratie française. Le Premier ministre Edouard Philippe n'use ni n'abuse d'un mot de trop à l'égard des représentants du peuple français. C'est aussi ça le respect des institutions. Le Premier ministre Edouard Philippe n'est pas un fusible, il est chef du gouvernement...mais pas chef de la Majorité au sens strict car il n'a pas de carte de membre de la République En Marche. Il est contraint de répondre aux deux motions de censure pour une faute non commise par son gouvernement. Les oppositions disparates qui n'ont pas vraiment existé durant la première année du quinquennat Macron se coalisent. L'affaire Benalla est du grain à moudre.

Comme l’explicite bien Le Figaro : "Fait rarissime dans l'histoire de la Ve République, Édouard Philippe affrontera mardi dans l'hémicycle deux motions de censure contre son gouvernement. Fait rarissime également, ces deux motions de censure ne portent pas sur la politique conduite par le premier ministre mais sur l'affaire Benalla, qui concerne plutôt l'Élysée. Fait rarissime toujours, ces deux motions de censure, déposées en même temps, émanent de la droite et de la gauche. Fait beaucoup plus courant, en revanche, elles n'ont aucune chance d'aboutir. Si ces deux textes, déposés par Les Républicains pour le premier, par le PS, LFI et les communistes pour le second, se traduiront bien par deux votes, ils ne donneront toutefois lieu qu'à un seul débat. Pour l'opposition, droite et gauche confondue, l'enjeu est de toute façon le même: contraindre le gouvernement à «s'expliquer» sur l'affaire Benalla et dénoncer un «verrouillage» qui empêche «la vérité» d'émerger."

Le Parti socialiste est maintenant un parti d'opposition frontale au gouvernement hésite encore sur l'attitude à adopter à l'égard de la motion de censure déposée par la droite. Le patron du PS Olivier Faure souligne l'embarras de se retrouver à côté de Christian Jacob et de Marine Le Pen pour mener l'offensive contre Emmanuel Macron.

À l'Élysée, on attend d'ailleurs avec gourmandise le vote de mardi. D'abord parce qu'Emmanuel Macron compte sur l'offensive de ses oppositions disparates pour ressouder ses troupes. Ensuite parce que cette alliance hétéroclite vient signer, selon ses proches, l'«instrumentalisation politique» de l'affaire Benalla.

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vendredi 27 juillet 2018

Festival International du Journalisme: Courrier International et presse étrangère !

Organisée par le groupe Le Monde, dont Courrier international fait partie, la troisième édition du Festival international de journalisme a eu lieu dans le village Couthures-sur-Garonne du 13 au 15 juillet. En partenariat avec l’association fondatrice du festival, les Ateliers de Couthures, et avec le soutien de la région Nouvelle-Aquitaine, du département du Lot-et-Garonne, de Val-de-Garonne Agglo et de la ville de Marmande, Sud-Ouest, France 3 Nouvelle-Aquitaine et les quotidiens Le Temps (Suisse) et la Libre Belgique sont également partenaires, de même que Reporters sans frontières et l’association Colibris.

Directeur de la rédaction de Courrier international Eric Chol dirige la rédaction de Courrier international depuis avril 2012

Faire du journalisme en public et en plein air sur des sujets d’actualité, échanger sans filtre avec celles et ceux qui nous lisent, nous regardent et nous écoutent, discuter des enjeux actuels de l’information et du journalisme, refaire le monde à minuit en bord de Garonne, c’est l’esprit de ce festival animé par les rédactions du Groupe Le Monde !

Richard Werly (Le Temps), Louis Keumayou (Gabon 24), Marc Bassets (El Pais) et Sébastien Hervieu (Courrier International)

Le Kiosque International

Animé par Richard Werly (Le Temps-Suisse) et Sébastien Hervieu (Courrier International), chaque jour entre 14 h 30 et 15 h 45, des correspondants étrangers et journalistes de la presse internationale tentaient de comprendre la France et de la raconter. Au village Couthures-sur-Garonne, sur la place de Cale, c'est la Francophonie qui était à l'honneur. Des journalistes étrangers, qui vivent en France, parlent français et écrivent sur la France.

Ignorer la Francophonie aurait fait perdre au Festival International du journalisme, un pan important de l'autre regard sur la France. Les journalistes étrangers ont souvent deux, trois ou plusieurs cultures à la fois, cela est toujours un plus. Un enrichissement pour le pays d'accueil. Les journalistes de la presse étrangère ­ont parler de leurs déboires, leurs erreurs, le poids inévitable des clichés dans la vision qu’ils ont de ce bizarre animal politique, historique et géographique qu’est la France. Un journaliste français qui a été correspondant dans d'autres pays, son retour en France est toujours enrichissant.

Au Festival International du journalisme, il était intéressant et rare de découvrir un autre regard journalistique, et de se frotter aux critiques décapantes des éditorialistes internationaux sur les médias français, leurs comportements, leurs tabous et clichés.

Trois sessions pour entendre parler de la France et des Français autrement et avec distance : «Ces drôles de journalistes français», «Macron année 1, la victoire en chantant ? », «Correspondant en France, rêve ou sinécure ? ».

Plusieurs journalistes étrangers ont témoigné de leur métier en France: Anaïs Ginori (La Repubblica), Marc Bassets (El Pais), Gilles Toussaint (La Libre Belgique), Louis Keumayou (Gabon 24), Stéphane Benoît-Godet (Le Temps), Xenia Fedorova (Russia Today), Romy Strassenburg (journaliste indépendante)...

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Si la RDC payait sa dette à l'ONU ?

Arrivée à Kinshasa en 1997, avec des bottes de jardinier et une kalachnikov en bandoulière comme "Kadogo", Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, sans parler aucune langue nationale ni dialecte congolaise, sans connaitre la culture congolaise profonde avec ses 450 tribus, a été catapulté 4 ans plus tard sur le trône de la République démocratique du Congo, par la mafia internationale pour mieux piller ses ressources. Le dictateur-imposteur a pris la République démocratique du Congo en otage, avec sa bande des mafieux. L'incapacitaire de Kingakati a planqué plus de 50 milliards de dollars américains dans les îles vierges britanniques. Malgré ses ressources et potentialités, à cause de la dictature et mauvaise gouvernance, la RDC est un pays pauvre. Le Congolais vit avec 1 dollar par jour, nonobstant des apparatchiks, barons Joséphistes et mangéristes du régime d'imposture, d'occupation et de prédation d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale.

A Réveil FM International, nous sommes abasourdis d'apprendre que la République démocratique du Congo ne paye pas sa cotisation à l'ONU. En effet, sur la liste qui a été publié hier, jeudi 26 juillet à New-York, seuls, 112 États membres ont payé leur cotisation au budget ordinaire en totalité à l'ONU. La liste complète de ces pays, voir ce lien d'honneur - http://www.un.org/en/ga/contributions/honourroll.shtml .

A la fin de Juin de cette année, le montant des sommes versées par les États membres pour l'évaluation 2018 était de: 1,494.2 milliards $. En même temps, l'année dernière, le montant versé au budget ordinaire était de: 1,701.8 milliards $.

Le montant restant dû pour 2018 pour le budget ordinaire est de: 809,990,043.53 $.

Les 81 États qui doivent encore payer une cotisation au titre du budget sont les suivants : Afghanistan, Albanie, Angola, Argentine, Bangladesh, Bélarus, Belize, Botswana, Brésil, Burkina Faso, Burundi, Cap Vert, Cameroun, Tchad, Colombie, Comores, Congo, Costa Rica, République populaire démocratique de Corée, République démocratique du Congo, Djibouti, Dominique, Équateur, Égypte, El Salvador, Érythrée, Eswatini, Gabon, Gambie, Ghana, Grenade, Guinée-Bissau, Guyana, Haïti, Iran (République islamique d ' ) , Israël, Jordanie, Kenya, Kiribati, Lesotho, Liban, Libye, Madagascar, Malawi, Malaisie, Maldives, Mali, Mozambique, Niger, Oman, Pakistan, Palaos, Panama, Papouasie-Nouvelle - Guinée, Paraguay, Pérou, Saint-Kitts-et - Nevis, Saint - Vincent - et - Grenadines, Sao Tomé - et - Principe, Arabie Saoudite, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Iles Salomon, Somalie, Soudan, Suriname, République arabe syrienne, Tadjikistan, Timor-Leste, Togo, Tonga, Trinité - et - Tobago, États- République de Tanzanie, États-Unis d'Amérique, Uruguay, Venezuela (bolivarienne Republ IC), Yémen, Zambie et Zimbabwe.

Pourquoi la République démocratique du Congo n'arrive-t-elle pas à payer sa cotisation à l'ONU ? Des politicailleurs-ventriotes inconscients de la République s'épouvantent et cachent leurs faiblesses de gouvernance en brandissant l'étendard de la "Souveraineté de la RDC". Un vrai cache misère pour se dédouaner de toutes les responsabilité. Un vrai pays souverain, ne tripatouille pas la Constitution tous les quatre matins, respecte les aspirations profondes de son peuple, a un président de la République élu, ainsi que des parlementaires ( députés sénateurs), organise des élections libres, démocratiques et transparentes et respecte ses engagements à tous les niveaux, surtout au niveau international. Pourquoi ce sont les autres pays qui doivent contribuer à l'ONU pour que la RDC soit bénéficiaire ? L’Organisation des Nations Unies (ONU) en République démocratique du Congo est constituée d’une mission de maintien de la paix et de 21 programmes, fonds et agences spécialisés qui œuvrent ensemble et aux côtés du gouvernement congolais pour la stabilisation et le développement de la RDC tout en assurant une assistance humanitaire aux plus démunis.

Pourquoi ce sont les autres pays qui doivent contribuer à l'ONU pour que la RDC soit bénéficiaire ? Quel est le quote-part de la RDC à l'ONU ? Puisque la contribution de chaque État Membre est calculée selon un système de quote-part. Le principal critère utilisé par les États Membres dans le cadre de l'Assemblée générale est la capacité des pays à payer. Celle-ci est fondée sur une estimation de leur produit national brut (PNB), corrigée pour tenir compte de divers facteurs tels que la dette extérieure et la faiblesse du revenu par habitant. La quote-part de chaque État Membre est décidée par l'Assemblée générale selon cette méthodologie et va d'un minium de 0,001 % à un maximum de 22 %, la quote-part maximale pour les pays les moins avancés étant de 0,01 %.

Pourquoi les dirigeants actuels qui gouvernent par défi, sans légitimité et toute illégalité veulent-ils priver la RDC d'un droit de vote à l'ONU ? Car l'Article 19 de la Charte des Nations Unies stipule ce qui suit : « Un Membre des Nations Unies en retard dans le paiement de sa contribution aux dépenses de l'Organisation ne peut participer au vote à l'Assemblée générale si le montant de ses arriérés est égal ou supérieur à la contribution due par lui pour les deux années complètes écoulées. L'Assemblée générale peut néanmoins autoriser ce Membre participer au vote si elle constate que le manquement est dû à des circonstances indépendantes de sa volonté. »

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jeudi 26 juillet 2018

Festival International du Journalisme: Chemins de l'exil pour les migrants !

Mohamed Koné et Siriki Traoré, auteurs et comédiens malien et ivoirien, racontent l'exil dans la pièce « Mieux vaut en rire »

C’est la persécution ou la faim qui les ont forcés à partir de chez eux. Ou alors le choix d’une autre vie. Certains sont partis pour quelques mois, d’autres demeureront ailleurs jusqu’à leur dernier souffle. Il y a ceux qui sont sans cesse rejetés et ceux qui sont accueillis à bras ouverts. Il y en a qui se promettent de revenir un jour au pays, d’autres non. Les chemins de migration de ces femmes et de ces hommes sont sinueux et divers. Migrants, militants et journalistes témoigneront de ces exils souvent douloureux, parfois heureux.

Ils sont encore mineurs quand ils se rencontrent à Paris en 2014. Siriki Traoré vient de Côte d’Ivoire ; Mohamed Koné, du Mali. Tous deux ont pris la difficile décision de quitter l’Afrique pour l’Europe, via la frontière grillagée de Melilla ou les flots funestes de la Méditerranée. Grâce au conteur Kamel Zouaoui, ils racontent leur odyssée dans une pièce de théâtre intitulée 50, d’après le numéro d’un récépissé de demande d’asile. La pièce est jouée à Couthures-sur-Garonne au Festival International du journalisme, entre deux représentations données dans le cadre du off du Festival d’Avignon.

Deux jeunes migrants sans papiers sont convoqués à la préfecture de police pour récupérer leur récépissé de demande de régularisation. Deux jeunes hommes, migrants africains, volontaires ; « Mo » et Siriki, un metteur en scène plein de générosité et d’humanité, le conteur Kamel Zouaoui, 400 heures de travail et surtout beaucoup de solidarité, celle de la tradition d’accueil en France qui, ici, n’a pas fait défaut comme c’est parfois le cas dans notre société.

Nous assistons au récit du « passage entre les mailles du filet », du parcours par les « chemins de traverse », de deux de ceux qui ont eu « la chance » de trouver le bout du tunnel. L’expérience de deux jeunes mus par la volonté de réussir leur « choix » de l’exil. Ils se soutiennent, grâce à la solidité de leur rencontre et de leur amitié, malgré la faim, le froid, les dangers multiples, un chemin chaotique, englués qu’ils sont dans les méandres et les freins de l’administration, devant affronter les réactions divergentes concernant le sujet de l’immigration. Heureusement, ils rencontrent une grande solidarité d’associations, de personnes ouvertes et par le canal du théâtre, ils nous expliquent avec la plus grande clarté qu’un migrant ne part pas de chez lui pour le plaisir de voyager (comme le font tant de touristes) mais pour sortir la tête hors de l’eau et se construire une vie digne de ce nom et un avenir.

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Festival International du Journalisme: Connivence journalistes et politiques ?

Au Festival International du journalisme, c'est l'un des ateliers qui attirent du monde: l'atelier politique ! Avec des thèmes aussi variés: les journalistes sont-ils vraiment indépendants du monde politique ? Quand journalistes et politiques échangent leurs places, connivence: comment ça commence, être journaliste politique à l'ère Macron, sous Macron, la communication l'emporte-t-elle sur l'information ? Peut-on exiger la transparence totale du pouvoir ? Les Français sont politiques, ils aiment et s'informent sur la politique. Ils sont nombreux, certains n'ont pas hésité à s'asseoir sur de la paille. L’appétit de lire, de comprendre et d’interpeller les professionnels de l’information est une caractéristique que les festivaliers de Couthures-sur-Garonne partagent bien volontiers. Durant trois jours à partir de 10 heures du matin et jusque tard dans la nuit, le village de Couthures s'était transformer en forum à ciel ouvert où l’on a parlé journalisme et actualité, Lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes, journalistes, étudiants, chercheurs, vacanciers, familles et passionnés d’actualité se côtoieront pendant ces trois jours dans une ambiance bon enfant et conviviale qui est la marque de ce festival depuis sa création en 2016.

Les deux modérateurs de l'atelier politique, journalistes d'investigation au Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme sont connus par leur livre: Un président ne devrait pas dire ça..., sous-titré Les secrets d'un quinquennat, consacré aux cinq années d'entretiens privés des deux hommes avec le président de la République française François Hollande. L'ouvrage est à l'origine d'une importante polémique notamment au sein de la gauche républicaine, et est considéré comme l'un des facteurs conduisant au renoncement de François Hollande à se présenter à l'élection présidentielle française de 2017.

Le Basque, avec son accent reconnaissable et voix familière, Jean-Michel Apathie, en trente ans de journalisme politique, a écumé les titres de la presse écrite, les radios et les chaînes de télévision. A la rentrée, il sera sur Europe 1. Témoin privilégié, il interviewe le monde politique français. Mieux que quiconque, il a vu "l’ancien monde" muter. A Couthures-sur-Garonne, Jean-Michel Aphatie était l'un des animateur de l'atelier politique au Festival International du Journalisme. Objectif pour être en contact direct avec ses téléspectateurs, auditeurs et lecteurs. Mais aussi écouter les critiques que les citoyens font de journalistes politiques. Nous apprenons de Jean-Michel Apathie qu'il vote toujours blanc depuis 1988, qu'il vouvoie ses amis politiques à l'antenne, qu'il déjeune mais ne dîne jamais avec les hommes politiques..." !

Le présentateur de télévision David Pujadas sur LCI, qui a été présentateur vedette de France Télévision, qui a présenté le journal de 20h de France 2 durant 16 ans, raconte la remontée du journal de 20 heures sur la chaîne publique grâce à l’investissement délibéré de sa rédaction sur les sujets présumés compliqués comme la politique, l’économie ou l’actualité internationale. Il y a quarante ans, la télévision en France était aux ordres, elle est plus indépendante aujourd'hui. Vient le moment, pour le public, d’interroger les panélistes. Première question sur la connivence et sur le «formatage» de médias trop souvent semblables. Seconde question sur le besoin de s’extirper de l’engrenage des «news» instantanées.

Sonia Devillers de France Inter au Festival International du Journalisme

Présentatrice iconoclaste de 41 ans, Sonia Devillers est à l’antenne de France Inter, chaque matin à 6 h 53 puis 9 h 40 pour L’Instant télé puis L’Instant M. “Enthousiaste ou mordant, L’Instant M n’est jamais dans le règlement de comptes ni le copinage. Les gens que je reçois ne sont ni mes amis, ni mes ennemis”. C'est elle qui rassure parmi les panélistes que malgré le fait que Nicolas Sarkozy, élu président de la République, s'était permis de nommer les présidents de chaines de télévisions et stations de radios publiques, y compris les membres du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Cela n'a pas empêché d'être battu par François Hollande en 2012.

Toujours le contact et toujours la distance" ce sont encore les règles du journalisme! Le journaliste dit pratiquer sa profession comme un « sport de combat rapproché ». Il reprend la formule « le contact et la distance » d’Hubert Beuve-Méry (fondateur du Monde – NDLR) mais revendique la volonté d’être d’abord au contact pour, ensuite, prendre de la distance. Beuve-Méry disait, lui, qu’il faut être l’un et l’autre. Il expliquait à ses journalistes qu’ils avaient le droit d’être invités par le pouvoir politique « à condition de cracher dans les plats ».

Lors d’une conférence de presse de janvier 2008, Laurent Joffrin pose une question à Nicolas Sarkozy sur la « monarchie élective ». Les autres journalistes ont ri. Ce qui a choqué les Anglo-Saxons, car, chez eux, quand un homme politique ne répond pas à une question, le prochain la repose, et ainsi de suite, jusqu’à obtenir une réponse.

En France, à Sciences-Po se côtoient les futures élites politiques et médiatiques. Journalistes et personnalités politiques appartiennent souvent au même milieu sociologique. Une presse plus indépendante du pouvoir, qui ressemble à la population, est impérative pour une revitalisation démocratique.

Les grands patrons rachètent la presse, non pour faire de l’argent, mais pour obtenir un outil d’influence.

Entre le pouvoir politique, médiatique et économique, les médias sont le parent pauvre, à la merci des deux autres. Et cette interdépendance croissante entre pouvoir économique et politique se fait au détriment de l’indépendance de la presse.

Le journalisme est un métier de grande précarité économique, ce qui rend les journalistes plus faibles lorsqu’ils proposent des articles. La prise de conscience des journalistes se heurte à cette réalité économique, car l’ubérisation du métier fragilise les tentatives de contestation de ces deux pouvoirs.

Le problème plus général, c’est celui de ce contact, de cette relation entre journalistes et personnalités politiques, contact qui est nécessaire puisqu’on n’a pas l’information si on n’a pas un minimum de contact avec les personnalités politiques, alors qu’on a un besoin de distance pour préserver l’indépendance sans laquelle il n’y a pas d’objectivité.

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mercredi 25 juillet 2018

Festival International du Journalisme: Xenia Federova, patronne de Russia Today !

Xenia Fedorova, patronne de Russia Today en France

Russia Today était présente à Couthures-sur-Garonne, au Festival International du journalisme. Une équipe avec plusieurs caméras, mais surtout pour elle: Xenia Federova, la patronne de Russia Today France. Elle parle français mais s'exprime mieux en anglais. A peine, que Xenia Federova terminait son intervention, à la place du cale sous un soleil d'aplomb, elle s'est laissée photographier. Pour elle, Russia Today (RT France) est du même gabarit que France 24, elle travaille en toute indépendance de Moscou. La guerre froide, de triste mémoire, est toujours dans la tête de certaines personnes. Êtes-vous espionne ? C’est une question qu’on lui pose souvent en France. Xenia Fedorova dérange et elle est imperturbable. La patronne de RT France, la chaîne d’information en continu et version française du réseau mondial russe, financée par Moscou, est intelligente et stoïque. Avec un budget de 20 millions d’euros, 150 salariés dont un tiers de journalistes et des locaux flambant neufs, coincés entre les studios parisiens de TF1 et Canal Plus, Xenia Fedorova affiche son objectif sans détour. « Sur une scène médiatique qui est depuis longtemps occupée par la chambre d’écho mainstream de la pensée unique, RT France est clairement une voix alternative », explique-t-elle. « Nous sommes beaucoup plus ouverts d’esprit, nous donnons la parole à diverses opinions et ouvrons des perspectives sur des sujets non traités par nos confrères, aux regards souvent très biaisés et partiaux », notamment sur les questions internationales concernant la Russie, la Syrie ou les États-Unis.

Xenia Fedorova, patronne de Russia Today en France

Née à Kazan, capitale du Tatarstan, d’un père ingénieur spatial et d’une mère journaliste dans la presse soviétique puis au quotidien gouvernemental Rossiyskaya Gazeta, la présidente de RT France se destinait à une brillante carrière de diplomate. « Ma mère m’a aidée à choisir ma voie. Je l’imitais en écrivant des articles à l’âge de 13 ou 15 ans, raconte-t-elle. J’ai vite compris que le journalisme m’offrirait plus de liberté d’action et d’expression. » Vers 20 ans, Xenia Fedorova découvre pour la première fois Paris, où elle apprend la langue durant huit mois, séjourne dans le Quartier latin et profite de la vie étudiante. « J’ai toujours été fascinée par la France, son histoire et sa culture, dit-elle. Les liens avec la Russie sont très forts. » Mais aujourd’hui, la journaliste, formée à l’Institut d’études américaines et canadiennes de l’Académie des sciences de Russie et à la faculté de journalisme à l’université de Moscou, ne reconnaît plus son pays d’accueil. « J’avais toujours eu le sentiment que la France était très tolérante, mais je constate à présent une tendance au repli, les médias contrôlent les opinions, c’est triste. Heureusement, il y a encore des rebelles qui n’ont pas peur de poser des questions », insiste Xenia Fedorova, qui a intégré la chaîne Russia Today dès sa création en 2005 avant de diriger Ruptly, l’agence de presse vidéo internationale de RT établie à Berlin, puis RT France à la demande de son mentor, Margarita Simonian, influente directrice éditoriale du réseau russe.

Xenia Fedorova, patronne de Russia Today en France

Interrogée sur les nombreuses accusations visant Russia Today, dont celle d'être une chaîne de propagande pro-Poutine financée par le Kremlin, Xenia Federova s'est inscrite en faux. "C'est très cynique de dire ce genre de choses. Que la chaîne ait été financée par l'Etat (russe, ndlr) ne veut pas dire qu'elle est une chaîne de propagande. On pourrait dire à ce prix-là que les chaînes publiques françaises sont de propagande (...) Moi ça fait 12 ans que je travaille chez RT. Je n'ai jamais reçu un coup de fil en 12 ans. Jamais on ne m'a dit de laisser tel ou tel sujet de côté. Les décisions éditoriales sont prises par les journalistes en interne (...)", a-t-elle martelé, précisant que sa chaîne traiterait de la Russie si l'actualité le nécessite.

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Festival International du Journalisme: Christophe Nigean raconte Liberia !

Christophe Nigean au Festival International du Journalisme

Nous sommes attablés pendant plus de deux heures avec Christophe Nigean au ptit roquet à Couthures-sur-Garonne et nous parlions "Liberia", la saga des anciens esclaves devenus oppresseurs mais aussi de George Weah, le président Libérien, qui a reçu le livre. Le deuxième tome est en préparation. Le nom « Liberia » a pour racine le mot « Liberté ». La devise de la République proclame fièrement : « L’amour de la liberté nous a amenés ici ». Le pays est né d’un très beau rêve, celui de Paul Cuffe, un nom on ne peut plus akan : faire revenir sur les terres de leurs ancêtres, les Noirs mis en esclavage aux Etats-Unis ! Un rêve qui arrangeait aussi les Blancs racistes, de plus en plus nombreux. Las ! La République indépendante, proclamée en 1847, sera à son tour raciste, car les colons « américano-libériens » refusent aux « indigènes » les droits de la citoyenneté, sur leurs propres terres !

Christophe Nigean et Pierre Haski, président de Reporters sans frontières

Liberia est un roman de Christophe Nigean qui comporte toutes les qualités d’un livre d’histoire avec, en plus, une belle dose d’inventions crédibles. Fondé sur ce genre d’enquêtes dont les policiers ont le secret, c’est l’histoire en trois temps d’un drame inattendu mais prévisible : d’abord, le rêve de « la Terre promise » ; puis, l’indépendance, Negroland devient Liberia ; enfin, l’invention de privilèges réservés aux seuls Américano-Libériens. Tout ce qu’il faut pour comprendre la tragédie libérienne. Depuis longtemps spécialiste de l’Afrique, Christophe Naigeon s’est appuyé sur une documentation rigoureuse, sur des livres de mémoires, des échanges de lettres oubliés dans des bibliothèques, et sur un encadrement académique dans le cadre de la prestigieuse Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris, pour nous raconter sur cinq cent pages cette histoire.

Julius Washington, le premier reporter noir de Nouvelle-Angleterre s'embarque en 1811 pour l'Afrique sur un navire du capitaine Paul Cuffee, riche armateur, métis d'ancien esclave et d'Indienne, qui rêve du Grand Retour des affranchis vers l'Afrique, "continent de leurs ancêtres". Il doivent y établir une colonie pour vivre en liberté et mettre fin au trafic d'humains. Julius sera toute sa vie le témoin de la réalisation de ce rêve dont les colons venus d'Amérique feront un cauchemar pour les indigènes, leurs "frères de couleur". Une parabole sur la "race" et la culture.

Le héros: Julius Washington

Journaliste débutant À New Bedford, un grand port baleinier du Massachusetts, Julius Washington, fils d'une Noire émancipée férue de lecture et d'un marin africain parti sans laisser d'adresse, rêve de naviguer et d’écrire. Un jour de 1807 il couvre le départ pour Londres d'un navire chargé de coton "ambassadeur des esclaves du Sud". Son capitaine, Paul Cuffee, noir riche et influent, veut convaincre les Anglais d'accueillir dans leur comptoir de Sierra Leone les "frères de couleur" qui voudraient "retourner sur le continent de leurs ancêtres" et y produire de quoi remplacer le fret humain de la Traite par des cargaisons morales. Julius va consacrer sa vie à témoigner de ce qu'il adviendra de l'idée du "Retour".

Il participe aux expéditions de Paul Cuffee et, après sa mort, a celles organisées par l'American Colonization Society créée par les planteurs du Sud pour se débarrasser de leur trop-plein de Nègres turbulents. Ils cherchent un lieu pour les débarquer. Julius participe aux recherches, aux marchandages avec les "Rois nègres" plus rusés que ne le pensent les "civilisés", aux tentatives lamentables où la plupart des colons meurent. Il traverse des tempêtes sur la mer, découvre la violence, la veulerie, la générosité et le courage des protagonistes, blancs et noirs, américains et africains. Parmi eux, un capitaine négrier, cynique au grand cœur, un planteur sudiste qui ne voit pas d’avenir à l'esclavage, un aventurier africain qui veut que la Traite se poursuive jusqu’à ce que les Noirs chassent les Blancs d'Amérique... et des femmes de caractère, cultivées et militantes, ou trafiquantes d'armes et d'ivoire.

Quand enfin les colons, au prix d'une hécatombe, bâtissent ce qui ressemble à un pays qu’ils appellent "Liberté", Julius s’y installe. Il regarde cette graine d'Amérique germer en terre africaine. Elle pousse de travers. Introduit dans la caste dirigeante des Mulâtres comme parmi petits Blancs - les indigènes les nomment ainsi - il décrit dans ses livres publiés en Amérique la naissance d'une dictature de ceux qui, puisqu'ils ne sont plus esclaves, doivent être les maîtres. Absolus. Sous prétexte que leurs "frères d'Afrique" sont sans Dieu et continuent de vendre des esclaves, ils les soumettent et en font leurs serfs.

Julius, a la fin de sa vie, va explorer l'intérieur des terres à la recherche de plus de vérité et de son père. Il y découvre des colons perdus, rendus à moitié fous par la vie dans la forêt, des hommes-léopards, redoutables et mystérieux gardiens de l'Afrique irréductible. Julius meurt peu après la guerre de Sécession. L'esclavage est aboli en Amérique. Le Liberia n'a plus d'utilité. Oublié, il est livré à ses démons. Ruth, sa fille, repart en Amérique où commence la lutte pour les droits civiques. Ceci une autre histoire.

Les noirs : Afro-Américains ou Americo-Libériens ?

Qui est blanc, qui est noir ? Qui est américain, qui est africain ? Qui est maître, qui est esclave ? LIBERIA, au-delà de l’histoire du “retour” en Afrique de Noirs affranchis, est une parabole sur l’identité, la couleur de la peau, les origines, la culture et la manière que nous avons de regarder le monde avec les lunettes déformantes de la “race”.

Ce roman raconte les premières décennies du Libéria, connu pour les macabres scènes d’une guerre commencée en 1980 quand les “indigènes” afro-libériens fusillèrent tout le gouvernement des descendants des colons américo-libériens sur la plage où ils avaient débarqué en 1822. Les autochtones les avaient aussitôt appelés Blancs. Ils voyaient en eux des Américains, semblables à ces négriers à qui ils vendaient d’autres Africains. La notion de “race” n’était une évidence qu’en Amérique où la couleur désignait le serf, elle n’existait pas sur cette côte d’Afrique où maîtres et esclaves étaient noirs.

L’histoire du Libéria est celle d’une cruelle escroquerie raciale, d’un travestissement identitaire de la part des planteurs blancs du Sud qui revêtirent leurs esclaves noirs en surnombre des oripeaux du colon civilisateur et prosélyte de la foi qu’ils avaient été eux-mêmes pour les renvoyer en Afrique. Ainsi, en faisant dans l’autre sens le voyage transatlantique, ceux qui n’étaient qu’une marchandise puisqu’ils avaient été achetés, les plus mal traités des habitants de l’Amérique, coupés de toute racine africaine depuis plusieurs générations, anglophones et chrétiens par contrainte, interdits d’éducation, devenaient ambassadeurs de Dieu et de la Civilisation. Alors qu’il n’avaient en Amérique aucun autre avenir que l’esclavage pour leurs enfants et pour eux-mêmes l’espoir de devenir le garde-chiourme qui tient le fouet ou la servante qui accouchera des bâtards du maître, ces sous-hommes entraient dans l’American legend, semblable aux proscrits, putains et puritains d’Europe qui avaient fait l’Amérique, s’imposant aux Indiens par la foi et le fusil. On leur offrait la liberté, l’Afrique, le retour vers leurs racines. Roots, déjà un mythe.

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mardi 24 juillet 2018

Festival International du Journalisme: Danielle Maillefer était présente !

Danielle Maillefer au Festival International du journalisme

Couthure-sur-Garonne, dans le Lot-et-Garonne, ce village de 380 habitants s'investissent tous pour la réussite du troisième édition du Festival International de journalisme. Il y a du monde pour les ateliers journalisme et politique. Intérêt pour l’actualité ou simple proximité géographique, promesse de rencontres originales, besoin de comprendre le travail des journalistes, engagement écologique ou féministe… autant de raisons qui a mobilisé de milliers de personnes à s'y rendre.

Suissesse, Danielle Maillefer y a été par sa passion du journalisme et de la communication. Elle a été responsable de l'Unicef en République démocratique du Congo, à l'époque de la dictature mobutienne finissante. Danielle Maillefer connait la majorité des personnalités congolaises de la société civile, dont certains ornent la politicaillerie congolaise actuelle. Le virement à 800% de ceux qui défendaient le respect des droits de l'homme sous la dictature de Mobutu, sont à la mangeoire du régime d'Alias Joseph Kabila, crachant sur leurs convictions antérieures. Elle écrit ses mémoires sur la RDC et garde des contacts au Congo. Après un bref mandat au CICR, elle a travaillé pendant 12 ans, dans le cadre des Nations Unies, avec l'OMS puis l’UNICEF, au niveau managérial, sur les terrains de conflits (ex-Yougoslavie, Afrique, Moyen-Orient). Elle a travaillé sur plusieurs des fronts qui ont marqués la décennie 90 - décennie de bouleversements suite à la chute du mur de Berlin et le rééquilibrage des forces politiques.

Ses responsabilités l’ont amenée à voyager sur les cinq continents et à gérer bon nombre de crises. Avec Danielle Maillefer et "Françoise", nous avons passé trois jours de rencontres, de débats et de rendez-vous festifs, d’échanges entre festivaliers et journalistes, dans une ambiance conviviale et le cadre exceptionnel du village de Couthures-sur-Garonne.

Faire du journalisme en public et en plein air sur des sujets d’actualité, échanger sans filtre avec celles et ceux qui nous lisent, nous regardent et nous écoutent, discuter des enjeux actuels de l’information et du journalisme, refaire le monde à minuit en bord de Garonne, c’est l’esprit du festival international du journalisme.

En Suisse, Danielle Maillefer fut la communication faite femme avec une voix très radiophonique, en parfait adéquation avec sa vocation pour la communication et l’information, même si sa vie commence d’abord comme photographe-reporter aux Etats-Unis, en Europe, Asie et Océanie.

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dimanche 22 juillet 2018

RDC: L'embargo de six mois l'UNPC contre Alexis Tambwe Mwamba n'est-il pas complaisant ?

Alexis Tambwe Mwamba ministre criminel du régime de Kinshasa

Le mercredi 21 mars dernier, la Convention des Congolais de L'Etranger (CCE), ancêtre de la Fédération des Congolais de l'Etranger (FCE) de triste mémoire avec son nid des collabos, organisait une Conférence-débat à l'hôtel Intercontinental de Genève, de 12h-14h, sur la situation des droits de l’Homme en République démocratique du Congo, avec Marie-Ange Mushobekwa, ministre aux droits humains d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale.

C'est Alexis Tambwe Mwamba, ministre de la justice du régime de Kinshasa, qui a donné des injonctions à Marie-Ange Mushobekwa d'aller à cette conférence, puisque sa belle sœur Séverine Tshibuyi préside la CCE, dont le loup blanc, est Bafwa Mubengay Lwakale, sournois, conflictuel, tireur des ficelles, ethno-tribaliste, zizaniste patenté et divisionniste de la diaspora congolaise en Suisse. La conférence-débat des Conventionnistes du Lac Léman n'aura jamais lieu à cause des patriotes-résistants-combattants. Les droits de l'homme sont bafoués, foulés aux pieds par les imposteurs qui règnent par défi en RDC, Marie-Ange Mushobekwa est invitée comme si de rien n'était, pour raconter des balivernes, alors même que la salle du Conseil des droits de l'homme bouillonne sur le cas du Congo. Les accointances des Conventionnistes du Lac Léman et le régime d'imposture, d'occupation et de prédation ne date pas de cette épisode, nous y reviendrons une autre fois.

L’Union Nationale de la Presse du Congo, UNPC a décrété un embargo de six mois contre le ministre Congolais de la Justice, Alexis Tambwe Mwamba après ses propos polémiques contre les journalistes de la RDC. Dans son intervention à la tripartite CNSA-CENI-Gouvernement ce lundi 16 juillet 2018, Tambwe n’a pas ménagé les journalistes qu’il a qualifiés de “minables, misérables, des personnes qui écrivent n’importe quoi pour peu d’argent, 1.000 ou 1.500 dollars us de Moïse Katumbi et continuent à lui accorder la parole.” Des propos “combien méprisants, irresponsables et irrespectueux” condamnés tout de suite par l’UNPC.

L'arrogant Alexis Tambwe Mwamba est un apparatchik du régime d'Alias Joseph Kabila, après avoir été un dinosaure de la dictature mobutienne, et membre actif du RCD-Goma, mouvement criminel soutenu par le Rwanda. Les journalistes sont des citoyens. Pour des injures qui ne collent pas à la peau, l'UNPC monte au créneau, mais pour ce qui est grave pour la Nation, silence radio ? N'est-ce pas de la complaisance ?

Alexis Tambwe traîne plusieurs casseroles retentissantes depuis plus de cinq décennies, aucun journaliste thuriféraire du régime n'a levé son petit doigt. Alexis Tambwe Mwamba fait l'objet des poursuites judiciaires au Royaume de Belgique pour crimes contre l’humanité suite à la destruction, par des tirs de missiles, d’un avion civil du CAL aux abords de Kindu par la rébellion du RCD dont il était l’un des responsables en 1998. Pour quoi l'UNPC n'a pas décrété l'embargo en ce moment-là, afin d'aider le ministre criminel de quitter le gouvernement pour mieux se défendre devant la justice ?

Alexis Tambwe Mwamba a refusé aux experts de l'ONU, l'autorisation pour une enquête indépendante internationale sur les crimes au Kasaï ? Il a fallu des pressions pour que la RDC revienne sur sa décision. Et le rapport des experts de l'ONU parle des crimes contre l'humanité au Kasaï par les "Bana Mura", la garde prétorienne d'Alias Joseph Kabila. L'UNPC regardait ailleurs !

John Numbi, sous sanctions internationales, a été nommé à la tête des Fardc. Il est notamment accusé d’avoir autorisé la répression de plusieurs marches de l’opposition du temps où il était le chef de la police, entre 2007 et 2010. Il a par ailleurs été soupçonné de l’assassinat de Floribert Chebeya, icône des droits de l'homme en RDC et de son chauffeur, Fidèle Bazana, en 2010. Ce qui lui a coûté non seulement son poste de chef de la police, mais également des sanctions américaines, européennes et suisses. En 2017, toutefois, John Numbi est revenu sur le devant de la scène lorsque qu'Alias Joseph Kabila l’a élevé au rang de “Grand officier” de l’ordre des héros nationaux Kabila-Lumumba reconnaissant ses “mérites et services loyaux rendus à la nation” au sein de la Police nationale congolaise. De tout ça, silence radio de l'UNPC !

Depuis 2001 qu'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale a été placé sur le trône du Congo pour mieux piller ses ressources, seize journalistes congolais sont assassinés: Franck Ngyke, Serge Maheshe, Bampuwa wa Mulamba, Didace Namujimbo, Robert Chamwami Shalubuto... sans que leurs meurtriers ne soient traduits en justice. Voila un combat noble que l'UNPC devait porter pour que la vérité éclate.

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vendredi 20 juillet 2018

RDC: Elikia M'Bokolo et son histoire...racontez !

FCC: Elikia M'Bokolo s'est tiré une balle sur le pied !

De Gaulle avait-il raison : la vieillesse est un naufrage ? Front Commun pour le Congo, (FCC) que les Congolais ont débaptisé en Fédération des Congolais Corrompus (FCC) fait toujours parler ! Les historiens sont des raconteurs du passé dit-on, Elikia M'Bokolo a décidé de ne plus raconter des histoires mais d'apposer sa signature, au bas de la charte de FCC, dont la majorité sont ventriotes, politicailleurs, imposteurs et profito-situationnistes. En décidant de plonger dans la mangeoire du régime d'imposture d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, qui règne depuis 17 ans sur le trône du Congo...Voudrait-il récupérer le retard ? Elikia M'Bokolo est un mangériste comme d'autres. La notoriété de l'éminent professeur en prend des coups. Sur les réseaux sociaux, Elikia M'Bokolo est dézingué, cabossé !

Elikia Mbokolo a visiblement du mal à tirer les leçons du passé pour prévenir l’avenir. Comment peut-il signer une charte avec des gens avec qui il s’était déjà engagé à faire un certain nombre de choses lors des Concertations et Conclave de la cité de l’UA qui n’ont jamais été réalisées ! Comment a-t-il pu signer sans connaître le dauphin d'Alias Joseph Kabila ?

Elikia M'Bokolo serait-il dans le sens de la droiture morale d'adhérer au FCC= dont les initiateurs et porteurs continuent, depuis plusieurs années, à affamer, chosifier, clochardiser les populations congolaises, au profit de leur enrichissement illicite...Le naufragé Elikia M'Bokolo prévient si Joseph Kabila dépose sa candidature je quitte le Front ! Reste à savoir si le régime acceptera sa réédition et le laissera sortir du Congo.

FCC: Elikia M'Bokolo s'est enterré tout seul

Sous la défunte deuxième République, une dictature atroce, le Maréchal Mobutu n'a jamais nommé ministre Elikia M'Bokolo. Et pourtant de la même Province de l'Equateur que Mobutu. Elikia M'Bokolo comptait parmi la rare élite de l'Equateur comme les Vunduawe, Koli Elombe Mutukoa, Lokwa Ilwaloma, Honoré Ngbanda , Alain Atundu , Edouard Mokolo Wa Pombo...Elikia M'Bokolo croit-il que la République démocratique du Congo est devenue démocratique avec l'imposteur Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale ? Les intellectuels congolais auraient renoncé à la réflexion pour leur ventre et la culture du bien matériel. La régression intellectuelle de la RDC est significative de la mise à mort de la science dans l’ensemble de la société. Les intellectuels imposteurs démasqués. Passé à la télévision pour dire qu'il a acheté son billet Paris-Kinshasa, il habite dans sa maison de Kinsuka, qu'il est véhiculé par lui-même...la faute morale est grave, Elikia M'Bokolo est inaudible. Par un acte dont il ne mesurait pas la portée, Elikia M'Bokolo a sombré, il s'est tiré une balle aux pieds et s'est enterré tout seul. Ci joint sa réponse:

Elikya Mbokolo : FCC MA RÉPONSE – 16 juillet 2018

Que de brouhaha, que de vacarme, que de cris d’orfraie, autour de la signature que je viens d’apposer sur l’acte fondateur du Front Commun pour le Congo (F.C.C., en sigle) ! Dans l’ordre des signatures, je suis le numéro 100, sur une longue liste de quelques centaines de personnes, de « partis », associations et divers « mouvements ». Les comptes rendus de la presse kinoise me mettent systématiquement en n°1, devant les ténors et détenteurs du pouvoir actuel ! Vive la soi disant « objectivité de la presse congolaise ! Si j’étais vaniteux – Que les dieux m’en préservent !- j’y trouverais une sorte de consécration, certes négative, de ma notoriété. Du côté des « réseaux sociaux », dont je ne suis pas un client assidu, il n’y a qu’insultes, accusations grossières et sans aucun fondement, insinuations vénéneuses...

De quoi s’agit-il exactement ?

Il se produit en R.D.C, depuis une dizaine d’années, des rencontres ouvertes au cours desquelles les partis, associations et rassemblements en tous genres se rencontrent pour, proclament-ils en chœur, discuter en profondeur, des affaires du pays, des problèmes auxquels il se trouve confronté, des perspectives et des issues auxquelles on peut espérer poser durablement pour en sortir. Je n’ai pas été partie de plusieurs de ces rencontres, dont les « Accords de Lusaka » (199) et l’Accord de Sun City (2002), qui ont eu, de toute évidence, des effets positifs dans le sens de la cessation des hostilités armées entre Congolais, dans le sens de la « décrispation » politique et de la relance du vivre ensemble, le tout chargé certes de lenteurs, de retours en arrière. Mais, finalement, tout cela n’a abouti qu’à de nouveaux conflits armés entre Congolais, au soulagement et à la joie de tous les prédateurs en opération sur le sol congolais ou à l’affût un peu partout dans le monde.

J’ai, en revanche, été appelé, sans l’avoir sollicité, à participer, en tant que « personnalité indépendante » aux « Concertations Nationales » de 2011 ainsi qu’au débats et échanges de la Cité de l’Union Africaine en septembre-octobre 2016. La clarté de mon positionnement (« personnalité indépendante ») m’a permis, sans être accusé ou même simplement soupçonné de jouer un rôle de « sous-marin », de soulever des questions et de proposer des solutions de principe, en même temps que pratiques, sur une série de problèmes et de pièges qui empoisonnent la vie des Congolais : le statut, les droits et le rôle des « Congolais de l’Etranger » par rapport à la RDC ; la place et le rôle des « non-originaires » dans les provinces congolaises où ils sont appelés pour diverses raisons à résider, parfois durablement. En outre, dans ce pays où les gens sont obsédés par « la politique », je veux dire la « politicaillerie », les « personnalités indépendantes » dont j’étais et que je reste, ont été les seuls participants à poser la « question sociale », c.-à-d. la question de la misère rampante dans laquelle croupit l’écrasante majorité des citoyens congolais et à souligner la nécessité d’inscrire dans le réel et dans le concret les principes de « la solidarité » dont s’enorgueillit notre hymne national. Inutile de préciser que tous les « politiques » participant à ce « dialogue » -qu’ils fussent de la « majorité présidentielle » ou des diverses branches de l’« opposition » ou, plus exactement, de la soi-disant « opposition », tous sans exception ont balayé d’un revers de la main notre proposition au prétexte que ces exigences n’entraient pas dans les « urgences », bien sûr les urgences « politiques » du partage du gâteau. On sait combien d’entre eux se sont précipités vers les très confortables fauteuils de l’exercice du pouvoir.

C’est dans le même esprit que, informé des discussions qui ont abouti à la création du « Front Commun pour le Congo », j’ai décidé de participer à la cérémonie de son lancement auquel ont pris part plusieurs centaines de « personnalités » et associations parmi lesquelles, la spectaculaire « Ligue des petites sœurs de Kimpa Vita », un comble de bonheur pour l’historien que je suis ! C’est dire que cette pulsion de « rassemblement » ne s’enferme pas dans les rebondissements stériles et à courte vue de « la politique » congolaise. C’est une très longue dynamique, expression d’une volonté de ne pas se laisser mourir, qui porte l’ensemble de la société congolaise. Qui ose croire que ne jouent un rôle dans la société congolaise que les barons, ci-devant clochards ou presque, de la politique congolaise ?

Joseph Kabila dans tout cela ? Il n’a jamais cessé d’y être présent tout en étant absent, en s’obligeant de regarder de loin les inévitables combats de coqs. De même, il n’a jamais été le conducteur de ces locomotives incontrôlables, ni le deus ex machina partout présent et sans cesse bénéficiaire. Peut-être même s’est-il révélé assez habile pour, sans y participer, en recueillir les fruits comme on l’a vue à la suite des « Concertations Nationales » où, à la sortie, des ténors de l’opposition, y compris ceux de l’opposition armée, se sont massivement précipités pour se rallier à lui ! L’« opposition » congolaise, y compris l’« opposition » actuelle ? Laissez-moi éclater de rire !

Je ne suis pas de l’avis de la plupart des analystes de la scène politique congolaise. Beaucoup attendent que sorte d’un chapeau magique ou tombe de quelque miraculeux nuage « le sauveur de la R.D.C. » Presque aucun des membres de la soi-disant « opposition » dont on parle aujourd’hui n’est un « homme nouveau ». Tous sortent de quelque part : qui, de la Deuxième République mobutiste chargée comme on sait des crimes de sang et des vénéneux bénéfices de la prédation internationale du Congo ; qui de l’AFDL première manière, celle de Laurent Désiré Kabila ; qui des innombrables et ténébreuses « oppositions » civiles dont chacun connaît la vénalité et la boulimie sans vergogne ; qui, enfin, des divers mouvements armés dont plusieurs ont commis sur le sol congolais des crimes de guerre et des pillages fructueux. A propos de tout cela, ils ne se sont jamais expliqués publiquement ni fait la moindre amende honorable. A voir la vacuité actuelle de leurs « programmes », il y a tout lieu de craindre que demain soit comme hier, sinon pire. Si, celui qui n’est pas de cette soi-disant « opposition » venait demain à gagner cette élection qui fait bouillir le sang de tout le monde, on les verrait courir en grand nombre, tels des affamés, vers la table du prince.

Dès lors, si un espace de vrais débats et d’échanges sans condition s’ouvre, pourquoi se refuser à y prendre place ? Des hommes et femmes, celles-ci en grand nombre, que j’ai rencontrés samedi dernier au lancement du FCC, jeunes, vieux et très vieux, personnalités encartées ou, comme moi, indépendantes, des premiers échanges que j’ai eus avec les uns et les autres, je crois que quelque chose est en train de prendre forme dans cette dynamique.

On dit qu’Elikia est un savant. Oui, certes, c’est un travail que je fais avec passion et plaisir depuis un demi- siècle et qui, exclusivement, me fait vivre dans les meilleures conditions de l’aisance d’aujourd’hui. J’entends des gens insinuer ou clamer que je suis venu « chercher à manger », « chercher de l’argent » à Kinshasa. C’est simplement imbécile ! S’ils prétendre me connaître, comment se fait-il qu’ils ne sachent pas que je travaille dans l’enseignement supérieur français depuis 1971 et que j’y ai terminé ma carrière comme « professeur d’université de classe exceptionnelle » ? Quel besoin aurait-une telle personne de venir ramasser à Kinshasa les miettes de cette prédation généralisée qu’elle a toujours combattue ?

Un « savant », oui je le suis. Mais, comme d’autres savants avant moi, en Afrique et en dehors de l’Afrique, je pense qu’il est des moments où le savant doit savoir sortir de sa « tour d’ivoire » pour contribuer à l’assainissement des bourbiers et au défrichement de la forêt. Rien ne dit que de ce forum (F.C.C.) sortira nécessairement du beau, du sublime et de l’éternel. Mais, se croiser les bras en vouant aux gémonies et en jetant au feu tous ceux qui, loin de se « salir les mains », entreprennent de défricher la forêt et d’y éclairer les voies de sortie, ce n’est pas mon genre.

La République Démocratique du Congo ploie dans une telle « merde » (désolé, je ne vois pas d’autre mot), qu’il est presque criminel de rester assis chez soi, de se répandre en injures, de squatter les bistrots ou de parader dans les rues en criant des slogans sonores mais vides. A mes yeux, il y a urgence. L’heure est venue de multiplier, au Congo comme en dehors du Congo, ces laboratoires d’où se formeront les germes de ce futur et les fondations de ce « pays plus beau qu’avant » dont nous rêvons, sans aucun effet concret, depuis plus d’un demi-siècle.

Elikia M’BOKOLO Kinshasa, 16-07-2018

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mercredi 18 juillet 2018

Le collectif des Congolais de Suisse manifeste contre Glencore à Zoug !

Lundi 23 juillet à 13h à Zoug, méga-marche contre Glencore à son siège de Baar

Alors qu'à Kinshasa, les yeux sont tournés vers le palais du peuple, où face aux députés et sénateurs réunis en congrès, Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, espère annoncer son troisième mandat illégal, pour se maintenir au pouvoir, malgré ses 17 ans d'imposture sur le trône du Congo...En Suisse, les combattants de libertés enclenchent la lutte politico-économique. Le lundi 23 juillet à 13 heures, les Congolais organisent une méga marche contre l'entreprise Glencore, le géant suisse négociant des matières premières, basée à Baar dans le canton de Zoug, le canton le plus riche de Suisse grâce à la concurrence fiscale entre les cantons pour les revenus très élevés.

Glencore, Le numéro un mondial est assigné par le Département américain de la justice (DoJ) dans le cadre d’une vaste enquête pour corruption au Nigeria, au Venezuela et en République démocratique du Congo-RDC !

Des investisseurs redoutent que le groupe dirigé par le milliardaire d’origine sud-africaine Ivan Glasenberg soit exposé à de lourdes amendes, voire à des poursuites pénales. Pour le Nigeria et le Venezuela, il s’agit de négoce du pétrole ; pour la République démocratique du Congo, d’extraction de minerais (cuivre, cobalt).

Tous à Zoug, le lundi 23 juillet à 13h pour le méga-marche contre Glencore, pilleur des ressources de la RDC

Ce n’est pas la première fois que Glencore est mis en cause dans ce pays. Ses méthodes ont été pointées du doigt dans les « Paradise Papers », l’enquête menée par le consortium international des journalistes d’investigation.

La justice helvétique a été saisie d’autres affaires en République démocratique du Congo par une ONG congolaise, Public Eye. La société est désormais dans la ligne de mire des Etats-Unis. D’autant que les Américains, par le biais du Département du Trésor cette fois, reprochent à M. Glasenberg de poursuivre ses activités avec un partenaire, Dan Gertler. Ce milliardaire israélien, ami de Joseph Kabila, l'imposteur de kingakati l’avait aidé à acheter à vil prix des gisements de cuivre en République démocratique du Congo.

Dan Gertler, qui dispose dispose en effet de deux passeports israéliens, selon le site du gouvernement américain annonçant les sanctions, ainsi que du passeport congolais DB0009084, émis le 28 mai 2015 et expirant le 27 mai 2020, bien que l’article 10 de la Constitution congolaise interdise de posséder une autre nationalité que la congolaise: celle-ci est « une et exclusive », rejette ces accusations, mais Washington l’a inscrit, en décembre 2017, sur la liste des personnes susceptibles de sanctions pour les accords opaques et entachés de corruption.

Achille Ibula, Bruno, Jean-Claude Kalala Muayika et Bienvenu Silulundi: Collectif des Congolais de Suisse

Dan Gertler a été cité par une enquête de l’ONU en 2001, qui a déclaré qu’il avait donné 20 millions de dollars à Kabila pour acheter des armes pour équiper son armée contre les groupes rebelles en échange d’un monopole sur les diamants du pays. Un rapport 2013 du Groupe de l’avancement de l’Afrique a indiqué qu’une série de transactions minières conclues par des sociétés liées à lui avaient privé le pays de plus de 1,3 milliard de dollars de revenus potentiels. L’année dernière, il a été impliqué dans un programme visant à soudoyer des fonctionnaires congolais pour le compte du gestionnaire de fonds de couverture américain Och-Ziff Capital Management, selon Bloomberg.

Selon le Guardian, les documents publiées confirment qu’à plusieurs reprises en 2008 et 2009, Gertler a été appelé à négocier avec les autorités de la RDC au sujet de la mine de cuivre Katanga en difficulté dans le sud-est du pays. Accord de coentreprise avec le gérant d’État de la RDC, Gecamines.

Bienvenu Silulundi, Achille Ibula et Jean-Claude Kalala Muayika : Collectif des Congolais de Suisse

En 2009, Glencore, par le biais d’une offre de prêt, a pris le contrôle effectif des mines au Katanga, mais a également gardé l’intérêt de Gertler dans l’entreprise en prêtant secrètement à sa société Lora Enterprises 45 millions de dollars d’actions gagées pour participer au prêt. Le prêt a été accordé avec la réserve qu’il serait remboursable dans le cas où un accord n’aurait pas été conclu avec les autorités de la RDC pour obtenir un contrat pour une entreprise liée à l’entreprise.

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mardi 17 juillet 2018

RDC: Hugo Clément et son reportage sur la famine au Kasaï!

Festival International du journalisme, Hugo Clément à l'atelier aux peupliers

Avec Hugo Clément, nous avions effectué plusieurs voyages officiels (VO), notre amitié est respectueuse et professionnelle. Le samedi 14 juillet, au Festival International du Journalisme, à Couthures-sur-Garonne, Hugo Clément est intervenu à 15h sur le thème: Les nouveaux médias réinventent-ils l'info ? A Kinshasa, en République démocratique du Congo, c'est Réveil FM qui a introduit et mis en exergue les infos de proximité. Je me souviens que les "Coupagistes" et "Thuriféraires", habitués à ne donner des paroles qu'aux ministres, étaient étonnés que nous ne donnions la parole qu'à ceux qui vivaient l'événement: habitants dans des quartiers sans électricité et eau courante; mamans vendeuses au marché, mamans maraîchères et mamans bipupula...Aujourd'hui, c'est la majorité des médias de Kinshasa qui font des infos de proximité.

En France, il est rare de voir des reportages sur la République démocratique du Congo. Et portant la RDC est le plus grand pays francophone au monde ! Hugo Clément, journaliste au Kombini est-il entrain de révolutionner le journalisme en France ? A Réveil FM International, nous y croyons. L'essence du journalisme n'est-il pas la proximité avec ses lecteurs, auditeurs, téléspectateurs et internautes ? Le monde étant devenu un grand village avec l'internet et les réseaux sociaux...le monde. Après un passage au Petit Journal et à Quotidien, Hugo Clément est depuis janvier à Konbini où il réalise des reportages aux quatre coins du monde.

Hugo Clément de Kombini a été au Kasaï

Avec le découpage administrative actuelle, la République démocratique du Congo est passée de 11 provinces à 26 provincettes. Le Kasaï a été touchée en 2016 par une guerre civile entre les Fardc, les "Bana Mura"-la garde prétorienne d'Alias Joseph kabila et les partisans du chef coutumier assassiné Kamwina Nsapu. Des affrontements ont eu lieu dans les villages qui se sont vidés de leur population. Ayant fui, la population s'est réfugiée dans la brousse, sans être secouru par les autorités provinciales.

Conséquence, les Kasïens qui vivent plusieurs années dans la brousse souffrent quasiment tous de la malnutrition. Les chiffres sont éloquents : environ 1,7 million de personnes sont touchées par la faim en République démocratique du Congo et parmi elles, 450.000 enfants sont en situation de malnutrition aiguë sévère.

Journaliste engagé, Hugo Clément a fait un appel de fonds: Déjà 24 700 ont fait un don. Au total 540 000€ pour qu'@ACF_France puisse aider les populations touchées par la famine au Kasaï.

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jeudi 12 juillet 2018

Gérard Larcher, Président du Sénat, son allocution à la Conférence nationale des territoires !

Gérard Larcher, Président du Sénat

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mes chers collègues députés et sénateurs,

Mesdames et Messieurs les présidents et membres des associations représentant les collectivités territoriales,

Monsieur le Président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale,

Mesdames et Messieurs,

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour la troisième réunion plénière de la Conférence nationale des territoires.

Lors de la première Conférence qui s’est tenue au Sénat il y a un an, je soulignais, devant le Président de la République et vous-même, Monsieur le Premier ministre, que l’enjeu de cette démarche était de reconstruire « la confiance entre le gouvernement, les collectivités territoriales et le Parlement ». C’est l’intérêt du pays et c’est la raison pour laquelle le Sénat, qui représente les collectivités territoriales de la République en application de la Constitution, s’y est engagé sans a priori et en souhaitant qu’elle réussisse et c’est aussi le sens de ma présence aux côtés des sénatrices et des sénateurs.

Le Sénat est encore présent aujourd’hui, en force de propositions, car tel est bien notre rôle d’Institution de la République. Et quand on parle de cohésion, on est au cœur de nos préoccupations !

Quand je regarde ceux qui sont présents ce matin, je me dis qu’il est important de se retrouver. Je tiens à saluer les associations spécialisées représentant notamment les strates et catégories du bloc communal. Je mesure leur engagement dans la voie du dialogue avec l’Etat et je le sais avec le Sénat.

Mais quand je fais le compte des absents, je ne peux pas me résoudre à entendre qu’on travaillerait simplement « avec ceux qui le veulent ». Je crois qu’il faut s’interroger collectivement sur les raisons qui ont conduit l’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et Régions de France à se retirer de la Conférence nationale des territoires de ce jour.

Je crois qu’il faut se poser collectivement la question de la méthode de travail et s’interroger sur les conditions d’un dialogue sincère. Malgré plusieurs réunions de « l’instance de dialogue resserrée » de la Conférence nationale des territoires et de très nombreux sujets inscrits à l’ordre du jour, les conditions de l’exercice n’ont toujours pas permis aux collectivités de se sentir réellement entendues, ce qui est pourtant le propre d’un dialogue.

Il y a un an, j’indiquais qu’à mes yeux, l’une des clés de la réussite était le respect et la considération envers les élus locaux. Ils sont absolument indispensables pour retisser le lien entre l’Etat et les collectivités, un lien qui s’était « abîmé », après des années de défiance liée à des décisions brutales. En particulier sur le plan budgétaire mais pas que ! Je pense à la frénésie de réformes de 2009 à 2014.

Le retrait des trois associations généralistes de la Conférence nationale des territoires ne peut pas être pris à la légère. Il intervient alors qu’une partie croissante des élus, et en particulier des maires, se sent abandonnée, reléguée.

Quand je me rends sur le terrain, lorsqu’on dépasse les propos de courtoisie républicaine, j’entends trop souvent des maires usés, des maires qui voient pour près de la moitié d’entre eux leurs dotations baisser, qui s’interrogent sur les modalités de remplacement de la taxe d’habitation dont l’effet de la suppression n’avait pas été correctement évalué, qui font toujours face à de nombreuses normes, même si vous vous efforcez d’en endiguer le flux réglementaire. Mais endiguer ne suffit plus !

Je vois des maires qui assurent une mission essentielle sur le terrain mais qui se sentent écrasés. Par exemple, l’enjeu des compétences eau et assainissement a été sous-évalué… écoutons le terrain et notamment les ruraux !

J’ai pu aussi, une fois encore, à Allonnes, il y a deux semaines, mesurer les attentes des élus qui ont en charge des quartiers en grande difficulté.

Trop souvent, ils n’y croient plus, alors qu’ils assurent une mission fondamentale de cohésion sociale et républicaine, c’est notre sujet de ce matin cher Jacques Mézard. On ne peut pas les laisser au bord du chemin en les laissant penser qu’ils seraient voués à s’effacer au profit de métropoles ou d’intercommunalités XXL, et on a aussi besoin de ces structures. Loin de moi d’opposer les uns aux autres.

La mise en œuvre de la contractualisation financière – le Sénat était favorable sur le principe – se fait de manière heurtée et trop verticale. Face à l’inflexibilité manifestée localement par certains préfets, on peut comprendre les interrogations d’élus locaux concernant le sens de la libre administration et de l’autonomie financière, alors qu’ils voient leurs mains liées tant sur les recettes que sur les dépenses. Quant au taux de signatures de 71 %, je ne suis pas sûr qu’il corresponde demain au taux de satisfaction des signataires… J’ai quelques témoignages de signataires qui ont un peu senti qu’on leur mettait « l’épée dans les reins »…

Les modalités de mise en œuvre de la contractualisation, de même que les conditions du « dialogue » sur la prise en charge des allocations individuelles de solidarité et des mineurs non accompagnés, expliquent l’absence des départements. Alors qu’ils sont des acteurs essentiels des politiques de solidarité, de lutte contre la pauvreté et d’insertion sur lesquelles le Président de la République a particulièrement mis l’accent devant le Congrès !

On ne pourra pas parler dans les mois qui viennent d’État Providence du XXIème siècle sans un acteur majeur des politiques de dépendance, du handicap ou de lutte contre la pauvreté. Et derrière notre jargon, nos sigles, nos associations, nos institutions, n’oublions pas qu’il y a les citoyens et que tout cela, c’est d’abord eux que cela concerne !

La Conférence nationale des territoires va aujourd’hui évoquer les enjeux de la politique européenne de cohésion et de développement des territoires, sans les régions. Elles gèrent pourtant ces fonds européens et leurs compétences sont majeures pour le développement économique de notre pays.

Ce découragement, cette lassitude, ces critiques contre la méthode retenue jusqu’à présent, ces critiques contre ce qui est perçu comme un mouvement de recentralisation, nous devons les entendre et en tenir compte.

Traiter leur absence par l’indifférence, en attendant que ces associations reviennent tels les « Bourgeois de Calais », constituerait à nos yeux une profonde erreur ; il faut retrouver les voies d’un vrai dialogue, du respect et de la confiance.

Comme vous, Monsieur le Premier ministre, je veux que la France aille mieux, mais on ne redressera pas notre pays sans les élus et les territoires.

Dominique Bussereau vous a tendu la main hier… saisissez-la !

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mercredi 11 juillet 2018

RSF s’inquiète de la candidature rwandaise à la tête de l’OIF!

Louise Mushikiwabo, la très Kagamiste ministre du régime de Kigali

Après avoir reçu d’importants soutiens et en l’absence d’autres concurrents déclarés, Louise Mushikiwabo, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, a toutes les chances de devenir la prochaine secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de cette candidature issue de l’un des pires régimes en matière de liberté de la presse.

Le Rwanda est en noire pour la liberté de la presse

Louise Mushikiwabo est à ce jour la seule candidate en lice pour contester un deuxième mandat à Michaëlle Jean à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie. L’actuelle ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement rwandais a déjà reçu le soutien public du président français Emmanuel Macron et de l’Union africaine. Le prochain secrétaire général de l'organisation sera désigné lors d’un sommet à Erevan en Arménie prévu les 11 et 12 octobre prochains.

Au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018, le Rwanda est 156e. Parmi les 58 Etats membres de l’OIF, seuls cinq pays ont un bilan pire que le Rwanda en matière de liberté d’information. Censure, menaces, arrestations, violences, assassinats… Le régime dirigé d’une main de fer par Paul Kagamé depuis 2000, et dont Louise Mushikiwabo est ministre depuis près de 10 ans, dispose de l’un des pires systèmes de répression à l’égard des médias et des journalistes. Son président occupe une place de choix dans la galerie des prédateurs de la presse constituée par RSF.

“Comment l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) va-t-elle pouvoir favoriser le pluralisme des médias et la liberté de la presse conformément à ses objectifs en matière de droits de l’Homme, si elle est dirigée par l’une des principales dirigeantes d’un Etat qui piétine le droit à l’information et réprime les journalistes depuis 18 ans, s’inquiète Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. C’est la capacité de l’OIF à défendre les médias et les journalistes libres comme acteurs incontournables du développement dans l’espace francophone qui est en jeu.”

Depuis 1996, huit journalistes ont été tués ou sont portés disparus et 35 ont été contraints à l’exil. Ces dernières années, le nombre d’exactions enregistrées par notre organisation a baissé mais la censure reste omniprésente et l’autocensure la règle pour éviter de faire partie du tableau de chasse du régime. Les programmes très écoutés de la BBC en Kinyarwanda sont suspendus depuis 2015, après que la chaîne a diffusé un documentaire évoquant des massacres provoqués par le Front patriotique rwandais (FPR) au moment du génocide des Tutsis de 1994.

Lors du XVIe sommet de la Francophonie à Antananarivo en novembre 2016, les chefs d’Etat et de gouvernement avaient rappelé leur engagement à “garantir la protection effective des journalistes et la liberté de la presse”.

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mardi 10 juillet 2018

RDC: Loi d'impunité "Momo" Modeste Mutinga rend l'ascenseur à Alias Joseph Kabila !

"Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi corrompu, fourbe et roublard

A quoi pense "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi lorsqu'il se rase le matin devant un miroir ? L'ancien gendarme de Mobutu, Tshisekediste pur sucre, qui a fini en Mammouth Joséphiste, lorsqu'il est chez le coiffeur pour sa boule à zéro à quoi pense-t-il ? Corrompu jusqu'à la moelle épinière, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi est fourbe, roublard et Grand requin. Il doit tout à Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale. C'est l'imposteur de Kingakati qui l'a nommé Président de la fameuse Haute Autorité des Médias (HAM) de 2002-2006. Institution d'appui à la démocratie, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi la transformera en étouffoir des libertés. Il musela des journalistes, bâillonna des médias et opposants. "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi ira jusqu'à annuler le débat démocratique inscrit dans la Constitution qui devait opposer Jean-Pierre Bemba à Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, les deux candidats arrivés en lice pour le second tour de l'élection présidentielle Louis Michel 2006.

Voilà un pauvre type devenu millionnaire du dimanche, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi quitta la parcelle familiale à Ngaba, commune populeuse de Kinshasa, il commença à rouler carrosse, à s'acheter des appartements, se construire des villas...il a même un station service sur la route de Maluku !

"Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi fut nommé Rapporteur au Sénat pour le compte d'Alias Joseph Kabila. Le sénat godillot qui n'a jamais été renouvelé depuis 2006 est illégitime. Le Rapporteur du Sénat, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi a démissionné le vendredi 18 septembre 2015 de son poste, suite à un scandale. En effet, surnommer en Afrique du Sud "Momo" par la communauté gay locale, Modeste Mutinga Mutuishayi a fait l’objet d’une enquête, qui devrait aboutir à son arrestation et a sa condamnation par la justice sud-africaine, au regard des différents éléments déjà en possession des enquêteurs sud-africains : témoignages, relèves de comptes bancaires, écoutes téléphoniques etc…La gravité de l’accusation : « proxénétisme homosexuel aggravé » ! "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi a été accusé d’entretenir un vaste réseau homosexuel en République sud-africaine. Il faut savoir que si l’homosexualité n’est pas un crime en RSA, le proxénétisme est en revanche un délit qui peut couter très cher a ceux qui le pratiquent au pays de Nelson Mandela.

La République démocratique du Congo a jamais livré -t-elle livrer son sénateur Modeste Mutuishayi dit "Momo" à la justice sud-africaine. La raison ? C'est Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, l'imposteur de Kingakati qui est intervenu auprès du président affairiste, Jacob Zuma pour sauver la tête de "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi ! Pour faire profil bas, "Momo" a été dégagé du poste de Rapporteur, Modeste Mutinga Mutuishayi est toujours sénateur !

Alors que le Congolais vit avec 1 dollar par jour, pour un pays aux immenses ressources...Alias Joseph Kabila qui est arrivé en 1997 au Congo-Kinshasa, avec des bottes de jardinier et une kalachnikov en bandoulière, sans un un caillou dans ses poches...4 ans après, il a placé sur le trône du Congo par la mafia internationale pour mieux piller ses ressources ! Alias Joseph Kabila est un clandestin, un sans-papiers, homme débarque dans un pays sans pièce d'identité, qui ne parle aucune langue de ce pays, mais devient subitement président en République démocratique du Congo. Il a fait du Congo plus que le Nicaragua. Ce criminel politico-militaro-économique a planqué plus de 50 milliards de dollars dans les îles vierges britanniques. Un imposteur qui n'a jamais élu ! En 2006, c'est dans un char de la Monuc, flanqué d'un gilet pare-balles que Malu Malu, abbé tricheur de triste mémoire, est allé à la RTNC pour proclamer les résultats du second tour de l'élection présidentielle Louis Michel 2006. Il y a eu morts d'homme dans la capitale Kinshasa. En 2011, il y a eu également un hold-up électoral orchestré par Daniel Ngoy Mulunda, pasteur fraudeur...C'est au Camp militaire Colonel Tshatshi qu'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale a prêté son second serment frauduleux.

Pour lui rendre l'ascenseur, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi lui concocte une loi sur mesure soi disant portant statut "des anciens présidents de la République élus" ! Le comble est que des journalistes mendiants, "Coupagistes" et thuriféraires affuble "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi de titre de "Sénateur de l'opposition" alors le ventriote est au chaudron de la mangeoire Joséphiste depuis qu'il a été Président de la Haute Autorité des Médias (HAM) ! Mieux "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi est un Mammouth du régime, qui aura contribué dans la descente à l'enfer de la République démocratique du Congo pour son ventre. Avec un pillage systématique de ses ressources, une paupérisation aggravée de sa population, des atteintes massives aux droits humains, 12 millions de morts congolais, des enfants qui meurent de famine au Kasaï, à l'Est de la République des Congolais sont devenus des réfugiés dans leur propre pays...voici les 15 avantages matériels dont Alias Joseph Kabila doit bénéficier après son imposture à la tête du pays:

1. L’ancien président de la République élu bénéficie mensuellement d’une pension spéciale exempte de tout impôt. Celle-ci prend effet à l’installation effective du nouveau président élu ;

2. D’une allocation annuelle pour services rendus à la nation ;

3. D’une habitation décente fournie par l’État ou une indemnité de logement ;

4. D’un passeport diplomatique pour lui-même, son conjoint et ses enfants mineurs ;

5. De deux véhicules dont un de fonction et un autre à usage domestique ;

6. D’un service de sécurité doté de moyen logistique conséquent comprenant :

– au moins 2 gardes du corps,

– 3 éléments de sa suite et

– une section chargée de la garde de sa résidence ;

7. D’un personnel domestique dont le nombre ne peut dépasser 10 personnes ;

8. Des locaux faisant office de bureaux pour lui-même et pour son secrétariat dont le nombre ne peut dépasser 6 personnes ;

9. D’une dotation mensuelle en carburant ;

10. D’une dotation mensuelle pour les frais de consommation d’eau, d’électricité et de téléphone ;

11. Des soins de santé au pays où à l’étranger à charge de la République, pour lui même, son conjoint et ses enfants mineurs ;

12. D’une rente de survie (mensuelle) pour son conjoint survivant non remarié, en cas de son décès ;

13. D’une rente d’orphelin (mensuelle) pour ses enfants mineurs, en cas de son décès ;

14. D’une allocation forfaitaire pour le conjoint survivant non remarié, en cas de son décès ;

15. D’une allocation forfaitaire pour les orphelins.

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lundi 9 juillet 2018

Congrès de Versailles: Le discours du Président Macron!

Emmanuel Macron à Versailles

Pour la deuxième fois de son quinquennat, Emmanuel Macron a réalisé ce lundi un discours de 90 minutes devant les députés et les sénateurs réunis en Congrès à Versailles pour rappeler le cap de son quinquennat: voici son discours.

Monsieur le Président du Congrès,

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Je n’ai rien oublié et vous non plus du choix que la France a fait il y a une année : d’un côté, toutes les tentations de la fermeture et du repli, de l’autre, la promesse républicaine ; d’un côté, tous les mirages du retour en arrière, de l’autre, les yeux ouverts, le réalisme et l’espérance assumée. Et je n’ai rien oublié des peurs, des colères accumulées pendant des années, qui ont conduit notre pays à ce choix. Elles ne disparaissent pas en un jour, elles n’ont pas disparu en une année.

Je n’ai pas oublié la peur du déclassement pour soi-même et pour ses enfants, la rage devant l’impuissance publique, le pays qui se sent coupé en deux, non pas seulement entre partis opposés, mais plus grave encore, entre sa base et son prétendu sommet. A la base, les femmes et les hommes au travail ou qui cherchent du travail sans en trouver, tous ceux qui ont du mal à boucler les fins de mois. Et au sommet, ceux qui sont au pouvoir, leurs discours de soi-disant puissants qui ne changent jamais rien et auxquels en plus on ne comprend plus rien, l’impression du citoyen d’être ignoré, méprisé, surtout de ne pas voir, de ne plus voir, où nous devons et pouvons aller ensemble.

La colère enfin, née de la fin des ambitions collectives et de la fin des ambitions familiales et personnelles. Je n’ai rien oublié de ces colères, de ces peurs, rien. Peur aussi de l’autre, des grands changements, du fracas du monde : les tensions avec l’Iran, la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis, les divisions de l’Europe. Je n’ai pas oublié, je n’oublie pas et je n’oublierai pas. C’est pourquoi je suis devant vous, dans ce rendez-vous que j’ai voulu annuel, humble mais résolu, porteur d’une mission dont je n’oublie à aucun moment qu’elle engage le destin de chaque Française, de chaque Français et donc le destin national.

J’ai dit humble mais résolu, et je veux vous faire une confidence : il y a une chose que tout président de la République sait, il sait qu’il ne peut pas tout, il sait qu’il ne réussira pas tout. Et je vous le confirme, je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout. Mais mon devoir est de ne jamais m’y résoudre et de mener inlassablement ce combat. Tout président de la République connaît le doute, bien sûr, et je ne fais pas exception à la règle mais j’ai le devoir de ne pas laisser le doute détourner ma pensée et ma volonté. C’est une fonction qui, si l’on est réaliste, porte à l’humilité ô combien, mais à l’humilité pour soi, pas à l’humilité pour la France. Pour la France et pour sa mission, le président de la République a le devoir de viser haut et je n’ai pas l’intention de manquer à ce devoir.

De ce destin national, nous sommes, vous comme parlementaires, le Gouvernement sous l’autorité du Premier ministre, moi comme président, conjointement chargés. Vous êtes la représentation nationale. C’est une grande tâche que de représenter le peuple souverain, pas seulement un peuple de producteurs et de consommateurs animés d’attentes économiques et sociales, non, un peuple de citoyens, des femmes et des hommes qui veulent, les yeux ouverts, façonner leur destin collectif. Durant cette année, le Parlement a beaucoup travaillé. La mission que les Français nous ont assignée il y a un an, vous ne l’avez jamais perdue de vue : renforcer notre économie, définir un modèle social juste et équitable, conforme aux aspirations de notre siècle, restaurer l’autorité de l’Etat et lui donner réactivité et efficacité, relancer l’Europe.

Et vous avez jour après jour œuvré en ce sens. Vous avez œuvré dans l’urgence pour tourner la page des politiques et des blocages qui handicapaient lourdement notre pays. Votre action a permis que l’investissement reparte, que le scandale du tirage au sort à l’université prenne fin, que l’école retrouve sa place et la transmission sa dignité, que la lutte contre le terrorisme soit inscrite dans notre droit sans avoir plus recours à l’état d’urgence, que le travail paie davantage, que la France se dote d’un budget sincère, efficace et ambitieux et repasse sous les 3 % de déficit. Vous avez rendu à la France ses capacités militaires à travers une loi de programmation d’une ambition nouvelle et inédite. Vous avez levé les blocages du marché du travail créés par un Code devenu obsolète et inadapté. Vous avez sauvé d’une faillite certaine notre service public du transport, la SNCF, par une réforme sans précédent.

Par là, vous avez démontré qu’il n’existe pas de fatalité de l’enlisement et de l’échec lorsque prévaut une volonté politique sans faille guidée par l’intérêt général. Vous avez engagé des chantiers d’une ampleur jamais vue, notamment le chantier de la formation professionnelle, de l’apprentissage, du logement. Qui peut, sur tous ces sujets, oublier la situation dans laquelle était le pays il y a un an ? Qui peut oublier que sur chacun de ces sujets, il était dit que ces réformes étaient impossibles il y a un an ? Et le chantier institutionnel, bien sûr. Ce dernier, à certains, peut tarder et nous assumons ce retard car il n’est dû qu’au choix délibéré de donner la priorité au quotidien des Français. Le Premier ministre en présentera demain le contenu devant l’Assemblée nationale. Je sais d’ores et déjà tout le travail qui a été fait en cette enceinte.

Au cœur de cette réforme institutionnelle, se trouve la volonté d’une liberté plus grande. Liberté des collectivités territoriales appelées à mieux exploiter leurs atouts, leurs spécificités, en permettant une véritable différenciation. Liberté des citoyens grâce à une Justice indépendante. Liberté du Parlement que je veux plus représentatif des Français, renouvelé, doté de droits supplémentaires, animé par des débats plus efficaces.

Je crois au bicamérisme qui garantit une démocratie mieux équilibrée et je salue ici le travail accompli cette année par le Sénat pour permettre que les transformations engagées soient adoptées rapidement.

C’est donc une réforme de confiance, de renforcement de la représentation nationale. Le Parlement ainsi rénové aura le pouvoir de mener, avec le Gouvernement, des échanges plus constructifs car l’esprit de dialogue et d’écoute nous est essentiel. Et c’est d’ailleurs cet esprit qui a présidé à tous vos débats et à tous vos travaux dans l’année qui vient de s’achever. Je remercie ici très vivement le Premier ministre, Edouard PHILIPPE, et son Gouvernement d’avoir inlassablement consulté, discuté, échangé pour mener les transformations nécessaires au pays.

J’entends bien sûr que l’engagement que j’avais pris devant les Français peut contrarier certains. L’idée de venir chaque année rendre compte devant la représentation nationale du mandat que les Français m’ont donné. Ce reproche est étrange qui consiste tout à la fois à respecter ses engagements et les termes de la Constitution. La révision de 2008 a permis ce Congrès sous la forme aujourd’hui décidée et j’entends qu’on fait les pires reproches, souvent par facilité, à cette procédure.

C’est pourquoi j’ai demandé au Gouvernement de déposer dès cette semaine un amendement au projet de loi constitutionnelle qui permettra que, lors du prochain Congrès, je puisse rester non seulement pour vous écouter, mais pour pouvoir vous répondre.

L’année écoulée, oui, aura été celle des engagements tenus. Ce que nous avons dit, nous l’avons fait, dans le dialogue en acceptant les désaccords, mais souvent aussi dans l’unité nationale. Qui l’aurait parié là aussi il y a un an ? Cette volonté d’action était au cœur de notre promesse, les Français en voient les premiers fruits à l’école, sur leur feuille de paie, sur le marché du travail, mais ce sont seulement les premiers fruits. Je suis parfaitement conscient du décalage entre l’ampleur des réformes engagées et le résultat ressenti. Il faut du temps et parfois un long temps pour que la transformation initiée s’imprime dans la réalité du pays et je suis conscient, pleinement conscient qu’il me revient, chaque fois que nécessaire, de rappeler le cap, de le rendre plus clair pour tous afin que se rejoignent et travaillent ensemble autant que possible et dans la clarté toutes les forces disponibles du pays.

C’est un effort jamais achevé, nécessaire, en particulier pour le président de la République, que de reprendre sans cesse, de reformuler sans cesse, tant le tohu-bohu de l’actualité toujours en mouvement, toujours en ébullition, fait courir le risque d’en troubler et d’en perdre le sens car notre action est un bloc ! Elle est une cohérence !

Il n’y a pas d’un côté une action intérieure et de l’autre une action extérieure, c’est la même action s’adressant aux Français ou s’adressant au monde, c’est le même message : nous protéger et porter nos valeurs. Il n’y a pas d’un côté une action économique et de l’autre une action sociale, c’est le même trait, la même finalité : être plus forts pour pouvoir être plus justes.

C’est au fond l’affirmation et la proposition du projet français pour le XXIe siècle. Après tant de doutes, tant d’incertitudes, il s’agit que s’exprime le projet de la France. Le projet de la France pour les Français, femmes et hommes dans leur vie comme elle est, souvent difficile, dans le monde comme il est, que nous voulons changer chaque fois qu’il le faut. Le projet de la France pour notre Europe en danger et pour le monde dans lequel l’Histoire a donné à notre pays des responsabilités éminentes et désormais uniques puisque le Royaume-Uni qui siège avec nous au Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de quitter l’Union européenne. Ce projet nous impose d’être forts.

C’est pourquoi nous savons qu’il nous faut redresser notre économie, libérer et soutenir nos forces de création.

Il nous faut la meilleure école, la meilleure université, la meilleure recherche.

C’est pourquoi il nous faut la meilleure armée, les meilleurs systèmes de défense possibles. Dans un monde dangereux, la sécurité et les valeurs de civilisation doivent pouvoir se défendre lorsqu’elles sont menacées.

Ce projet nous impose d’être solidaires. Un peuple qui se défait, qui se disloque se condamne lui-même à échouer. Ce projet nous impose d’être justes, justes au sein des nations, n’ayant pour nous ni pour notre Union européenne aucun projet de domination, mais un projet d’équilibre où seront promus nos valeurs et le respect des droits, des droits humains et du droit des nations. Cette voix française du progrès, c’est celle que nous voulons apporter. Face aux peurs du déclassement économique, à la peur culturelle, civilisationnelle, nous devons répondre par un projet fort, économique, social, national et européen.

Mettons les choses dans l’ordre, ce projet ne peut être porté que si nous sommes forts et dotés d’une économie solide. C’est la réponse que nous devons apporter à la peur du déclassement économique et social. Or, la clé d’une économie forte, c’est l’investissement. C’est pourquoi dès les premières semaines, nous avons revu la taxation des produits de l’épargne et réformé l’impôt sur la fortune, non pas, comme je l’entends parfois, pour favoriser les riches, mais pour favoriser les entreprises.

Une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches, c’est une politique pour toute la nation, une politique pour l’emploi, une politique pour les services publics, une politique pour ceux qui restent en marge, faute de travail et faute de revenus. Et comment, d’un côté, dénoncer les faiblesses de notre modèle économique, le capital qui quitterait les frontières nationales, et de l’autre, créer les conditions de l’impossibilité d’investir en France ?

L’investissement est celui de la nation, celui de l’Etat avec un grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros, mais doit aussi être celui de chaque citoyen. C’est pourquoi l’épargne des Français doit se mobiliser au service de l’économie. C’est ce cadre que vous avez construit lors des dernières lois budgétaires. Les Français doivent reconquérir leurs parts dans le capital des sociétés françaises. L’utilisation de leur épargne, mais aussi leur association plus étroite au capital des entreprises dont ils sont salariés sont la clé d’un capitalisme populaire retrouvé.

Cela passe ainsi par l’implication directe des salariés dans la réussite de l’entreprise à travers un nouvel élan de la participation et de l’intéressement préparé par le Gouvernement et qui vous sera soumis pour entrer en vigueur en 2019. Je n’aime ni les castes ni les rentes ni les privilèges et je crois qu’il existe des réussites qui ne se traduisent pas par l’enrichissement pécuniaire, mais la création de richesse, la prospérité d’une nation sont le socle de tout projet de justice et d’équité.

Si l’on veut partager le gâteau, la première condition est qu’il y ait un gâteau. Et ce sont les entreprises, rassemblant actionnaires, dirigeants et travailleurs, ce sont les producteurs qui font ce gâteau et personne d’autre. Il est mensonger de défendre les salariés si on ne défend pas les entreprises.

Il est impossible de distribuer quand on ne produit pas assez. L’argent qui s’investit, qui circule, qui crée de l’emploi n’est pas celui qu’on thésaurise jalousement. C’est pourquoi ceux qui risquent, qui osent, qui entreprennent doivent nous trouver à leurs côtés. La taxe à 75 % n’a pas créé d’emplois ni amélioré la condition de qui que ce soit en France sauf peut-être parmi les gestionnaires de fortune au Luxembourg, en Suisse ou aux Caïmans.

Libérer l’investissement en France par une fiscalité adaptée, compétitive, c’est ainsi faire revenir dans notre pays les investisseurs étrangers qui l’avaient quitté. L’Etat doit assumer ce choix.

L’Etat doit être pour les citoyens et les entreprises un interlocuteur de confiance qui garantit un ordre mais doit faciliter l’initiative. C’est pourquoi nous avons défini des règles nouvelles qui, en cas d’erreur, offrent des chances de rattrapage et simplifient le quotidien. Pour accompagner ces transformations économiques, libérer l’investissement, réduire la pression fiscale qui pèse sur notre économie, l’Etat doit lui aussi faire des choix car, soyons clairs, il ne saurait y avoir de baisse de la fiscalité ou de développement de l’investissement public sans un ralentissement de la hausse continue de nos dépenses et il ne saurait y avoir une meilleure maîtrise de celles-ci sans des choix forts et courageux.

C’est dans cet esprit que le Premier ministre présentera dans quelques semaines les nouvelles décisions permettant de tenir les engagements de baisse de nos dépenses publiques prises devant les Français. Cela s’accompagnera en particulier d’une réorganisation de l’Etat à travers plus de présence sur les territoires, plus de souplesse de gestion. D’ici la fin de l’année, le Premier ministre présentera l’ensemble de ses décisions pour la transformation indispensable de l’action publique.

Il s’agit là aussi sur ce point de nous confronter collectivement à nos propres contradictions : tout le monde souhaite la baisse des impôts ; parfois, d’aucuns les proposaient plus que celles qu’applique à l’heure actuelle le Gouvernement, mais nul ne veut jamais les assumer lorsqu’elles sont décidées. Mais surtout il faut enrayer un mode d’action publique qui a toujours procédé aux économies en réduisant sa présence sur les territoires. Ce que le Premier ministre présentera et qui sera mis en œuvre à partir de 2019 par son Gouvernement, c’est précisément de repenser sur tous les territoires la présence de l’Etat et de ses services, de réouvrir de l’emprise et de contrarier ce faisant plusieurs décennies que toutes majorités ont mises en œuvre pour la réduction des déficits publics.

En cette première année, beaucoup d’instruments ont été mis en place pour soutenir l’investissement et l’innovation à travers toute l’économie. Je pense, bien sûr, aux réformes fiscales que je viens d’évoquer, aux réformes du marché du travail qui encouragent la prise de risque en permettant de s’adapter quand un marché disparaît ou se transforme. Nous devons à présent libérer les freins de la croissance des entreprises. La loi Pacte doit faciliter la création d’entreprises, encourager l’entrepreneuriat et autoriser l’échec pour mieux réussir. Elle doit aussi permettre de faire grandir les entreprises en rendant notre réglementation moins contraignante et nos financements plus abondants. Il importe de poursuivre ce travail de simplification, d’ouverture de notre économe, favorisant l’initiative économique et la création d’emploi.

La France doit aussi renouer avec une politique de filières ambitieuse et choisir des secteurs clés où elle concentrera les efforts publics et privés et ainsi créer les conditions qui feront de notre pays la terre privilégiée de l’économie de demain. C’est ce cap que nous avons commencé à fixer pour le numérique et l’intelligence artificielle, l’agriculture et l’agroalimentaire et l’industrie. Contre ceux qui pensaient qu’il fallait choisir entre emploi et innovation, nous avons décidé de ne pas manquer les prochaines révolutions technologiques. C’est pour cela que j’ai présenté en février une stratégie nationale, européenne pour le déploiement de l’intelligence artificielle. Cette stratégie s’articule autour de la croissance, des créations d’emplois, de l’identification de nouveaux métiers, mais aussi autour des principes éthiques auxquels nous sommes attachés et que ces développements pourraient fragiliser.

Contre ceux qui pensaient que certaines filières sont condamnées au déclin, nous avons réarmé notre industrie. Grâce aux réformes de cette première année, pour la première fois depuis longtemps en France, des grands groupes étrangers ont décidé de développer dans notre pays des capacités de production, notamment dans l’énergie et l’aéronautique. Il nous faut poursuivre ce travail microéconomique de terrain et poursuivre aussi le travail afin que ce développement industriel puisse se déployer dans un cadre européen loyal. C’est pourquoi la France, avec nombre de ses partenaires, soutiendra la proposition de la Commission européenne d’apporter une taxe sur le chiffre d’affaires sur les géants du numérique qui, aujourd’hui, ne paient pas d’impôts dans nos pays.

Contre ceux qui condamnaient l’agriculture française à la fuite en avant mortifère d’une concurrence dévorante avec les grands pays de production intensive, nous avons engagé un vaste mouvement vers les savoir-faire français, l’excellence, les productions dans leur grande variété, en particulier les plus respectueuses de l’environnement. Vous allez ainsi rebâtir une souveraineté alimentaire de qualité pour la santé et le bien-être de nos concitoyens, mais aussi pour permettre à nos paysans de vivre dignement de leur travail.

Cette politique de filières, que nous allons structurer et amplifier dans l’année qui vient, doit permettre de retisser les réseaux économiques, les solidarités entre entreprises, qui dessinent la géographie de notre pays et que nous avons trop longtemps abandonnés au hasard et au fatalisme. Je crois à ce volontarisme qui n’est pas un dirigisme mais qui consiste à rappeler aussi à nos entreprises qu’elles viennent de quelque part, qu’elles sont parties de quelque part et que nos territoires sont aussi leur avenir.

Contre ceux enfin qui pensaient qu’il fallait choisir entre croissance et transition environnementale et climatique, nous avons décidé d’équiper nos entreprises, notre économie pour ce grand défi du siècle. C’est pour cela que vous avez voté la loi mettant fin à la recherche et à l’exploitation d’hydrocarbures en France, qui a fait de notre pays un exemple pour le monde. C’est pour cela que nous avons pris acte des préoccupations en matière de santé de nos concitoyens pour adapter notre modèle productif et le rendre exemplaire en Europe et en France. Je pense, en particulier à l’arrêt progressif de l’utilisation du glyphosate.

C’est pour cette même raison que dans les semaines qui viennent, le Gouvernement aura à présenter une stratégie ambitieuse pour réduire la pollution de l’air, adapter nos mobilités comme la production d’énergie à nos exigences contemporaines. Ce sont là non seulement des engagements, mais également des opportunités économiques, des filières qui se développeront, des industries qui se structurent – je pense en particulier à celle de l’économie circulaire ou de l’hydrogène – et donc des choix que notre économie et notre société doivent dès à présent prendre et que nous devons accompagner.

Je l’affirme devant vous, représentants de la nation, la force de notre économie, quand nous l’aurons pleinement retrouvée, c’est le socle même de notre projet de société, du projet de justice qui est au cœur du projet que je veux porter au nom de la France.

Ce n’est pas un projet pour la réussite matérielle de quelques-uns auquel je crois, c’est un projet pour l’amélioration de la vie de tous car ce n’est pas le petit nombre qui m’importe, mais la communauté de nos concitoyens, de la base au sommet de l’échelle sociale.

Toutes les sociétés qui ont propagé l’idée que la prospérité devait nécessairement se traduire par des inégalités croissantes le paieront, je le crois, au prix fort. Certaines ont déjà commencé à le payer lorsque les classes populaires et les classes moyennes se sont réveillées pour rappeler à leurs dirigeants que le compte n’y était pas.

Mais ne nous y trompons pas, nous aussi, nous avons des inégalités croissantes. Il y a une voie française vers l’inégalité. Elle progresse depuis plus de 30 ans. Il ne s’agit pas, comme chez nombre de nos voisins, d’une inégalité de revenus, même si elle existe. Non, ce qui s’est installé avant tout en France, ce sont les inégalités de destin : selon l’endroit où vous êtes né, la famille dans laquelle vous avez grandi, l’école que vous avez fréquentée, votre sort est le plus souvent scellé. Et ces inégalités de destin durant les 30 dernières années ont progressé dans notre pays, qu’on veuille le voir ou non.

Et pour moi, c’est cela qui m’obsède, le modèle français de notre siècle. Le réel modèle social de notre pays doit choisir de s’attaquer aux racines profondes des inégalités de destin, celles qui sont décidées avant même notre naissance, qui favorisent insidieusement les uns et défavorisent inexorablement les autres sans que cela se voie, sans que cela s’avoue. Le modèle français que je veux défendre exige que ce ne soient plus la naissance, la chance ou les réseaux qui commandent la situation sociale, mais les talents, l’effort, le mérite.

Oui, à mes yeux, le cœur même d’une politique sociale, celle que nous devons porter n’est pas d’aider les gens à vivre mieux la condition dans laquelle ils sont nés et destinés à rester, mais d’en sortir.

Le pilier premier de la politique sociale à laquelle je crois est une politique de l’émancipation de chacun qui libère du déterminisme social, qui s’affranchit des statuts.

C’est pourquoi depuis un an, nous avons tant fait pour l’éducation. C’est le combat de notre siècle parce qu’il est au cœur de nos transformations économiques, de la société postindustrielle dans laquelle nous vivons. Elle est faite de changements, de ruptures, de mutations qui nous obligent à mieux former au début de la vie, mais aussi tout au long de la vie. Depuis la naissance de la République, depuis CONDORCET, l’école est la condition même d’une vie de citoyen libre et autonome. Mais alors que nous avions besoin d’elle peut-être plus que jamais, nous avons ces dernières décennies brisé la dignité de la transmission, abîmé le prestige des professeurs, discrédité l’utilité du diplôme, aggravant en cela la pire des inégalités, celle dont nul n’est responsable, l’inégalité de naissance, l’inégalité de condition sociale.

C’est des décisions radicales en la matière ont été prises : l’école maternelle obligatoire à 3 ans fait partie de ces mesures dont nous devons être fiers.

Car les enfants déscolarisés à cet âge ne rattrapent plus leur retard de socialisation et d’apprentissage. Or, ce sont les enfants des milieux modestes qui étaient le moins scolarisés ou qui ne l’étaient pas. Cela entrera en vigueur dès la rentrée 2019. Le dédoublement des classes de CP et CE1 en zone d’éducation prioritaire dites REP et REP+ est une mesure de justice sociale plus efficace que tous les dispositifs de redistribution, parce qu’on y distribue de manière différenciée le savoir fondamental, celui de lire, d’écrire, de compter, de se comporter.

La réforme de l’orientation assure des choix plus judicieux et des trajectoires plus adéquates au talent de chacune et chacun. Cependant que la réforme du baccalauréat sur trois ans recentre les compétences sur l’essentiel, si souvent perdu de vue dans les brumes d’ambition pédagogique peu substantielle, la mise en place de Parcoursup donne aux jeunes gens la faculté de décider plus lucidement de leur formation initiale.

En faisant, à travers ces décisions fortes, une transformation radicale de notre système éducatif, vous avez permis de former des femmes et des hommes plus sûrs de leurs compétences, mieux éduqués et ainsi de former des citoyens plus assurés de leur place dans la société et dans la nation française. C’est ainsi que nous renouerons avec cet idéal français des Lumières qui place cette citoyenneté émancipée au-dessus des conditions sociales, des origines, comme du genre.

L’émancipation passe aussi par le mérite et par le travail. Il y a un an, les entreprises n’avaient pas les moyens d’embaucher ; désormais, elles les ont mais elles peinent à recruter. Il serait absurde que nous passions d’une situation où un chômeur pouvait occuper un emploi mais où l’entreprise ne pouvait lui offrir à une situation où une entreprise le pourrait mais il ne pourrait plus l’occuper. Toutes nos politiques d’insertion dans l’emploi doivent être revues à cette lumière. C’est pourquoi vous serez appelés à voter bientôt définitivement une réforme profonde de la formation professionnelle et de l’apprentissage et il appartiendra aux partenaires sociaux et aux entreprises de se saisir des outils nouveaux que nous leur confions. L’apprentissage et l’alternance seront cet accélérateur de mobilité sociale dont nous avons besoin.

Nous mettons ainsi au cœur du système le jeune et son maître d’apprentissage et nous reconstruisons tout autour d’eux avec un seul objectif, en finir avec les ravages du chômage de la jeunesse. Nous baissons le coût de l’apprenti pour l’employeur, rendons ces filières plus attractives pour les jeunes, simplifions les règles pour les rendre plus adaptées à la réalité du travail. D’autres pays ont emprunté cette voie et ont réussi. Aussi je demanderai à tous un effort collectif : aux entreprises pour prendre des apprentis, aux enseignants pour en faire la promotion, aux familles pour soutenir leurs enfants dans cette voie professionnelle épanouissante. Tous, nous devons faire de cette réforme un formidable défi collectif de la nation dans les années qui viennent. Dès cette année, les filières professionnelles et technologiques sont d’ailleurs nettement plus prisées par nos jeunes bacheliers. C’est aussi pour cela que nous avons lancé à destination notamment des chômeurs de longue durée et des jeunes décrocheurs un plan d’investissement dans les compétences d’une ampleur inédite : 15 milliards d’euros sur cinq ans pour former 1 million de jeunes et 1 million de demandeurs d’emploi de longue durée.

L’émancipation par le travail suppose en effet cet investissement dans les compétences. Encore faut-il savoir de quel emploi nous parlons. Là aussi, les inégalités sont profondes. A côté de ceux qui bénéficient de contrats stables, une part croissante de nos concitoyens, souvent moins qualifiés, plus fragiles, est de plus en plus condamnée à enchaîner des emplois toujours plus précaires, de toujours plus courte durée. Comment peut-on se loger, élever une famille quand on enchaîne perpétuellement des contrats de quelques jours ? Les règles de l’Assurance Chômage ont pu involontairement encourager le développement de ce qu’on appelle la permittence et de la précarité.

Or, je crois qu’il y a là aussi une voie française, celle qui permet de conjuguer en même temps le progrès économique et le progrès social. C’est pourquoi je souhaite que les partenaires sociaux révisent les règles de l’Assurance Chômage afin que, dans cette période de reprise économique, nous puissions non seulement nous assurer qu’elles récompensent bien davantage la reprise d’activité, mais aussi qu’elles incitent à la création d’emplois de qualité.

Le projet de loi avenir professionnel sera modifié en ce sens dans les prochains jours et ces règles seront négociées dans les prochains mois par les partenaires sociaux afin qu’une telle réforme puisse entrer en vigueur au printemps 2019.

Ce sont ces transformations et, plus largement, l’agenda des réformes attendues que je souhaite pouvoir partager avec les partenaires sociaux que je recevrai le 17 juillet prochain.

Le Premier ministre structurera ces discussions dès la rentrée mais je veux, dans cette deuxième année qui s’ouvre, redonner corps à une République contractuelle à laquelle je crois, celle qui permettra de jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre, par une discussion avec l’ensemble des partenaires sociaux, mais aussi des élus. C’est à son élaboration comme aux détails de sa mise en œuvre que je veux les inviter dès le 17 juillet prochain pour discuter des transformations de l’Assurance Chômage, comme je viens de le dire, mais également de la santé au travail et de tous les sujets indispensables à ces transformations, de le faire dans l’esprit constructif avec lequel nous avons su mener ces derniers mois le dialogue sur l’égalité femmes-hommes entre le Gouvernement et l’ensemble des partenaires sociaux.

Nous voulons renouer avec une croissance durable, mais aussi promouvoir une croissance partagée. C’est pourquoi je recevrai les 100 premières entreprises françaises durant ce mois afin de solliciter leur engagement dans les défis qui nous attendent. J’attends d’elles qu’elles s’engagent en termes d’apprentissage, d’emploi dans les quartiers difficiles ou les zones économiques en souffrance car il n’y aura pas de dynamisme économique sans mobilisation sociale de toutes les parties prenantes.

Je ne leur demanderai pas de les engager par la loi mais par un engagement actif, immédiat des engagements de création d’emplois, d’embauche d’apprentis, visibles, par des engagements sur nos territoires. Et je souhaite ainsi dans les prochains mois poursuivre cette nouvelle phase, celle d’une mobilisation pour nos territoires avec l’ensemble des élus concernés, les principales entreprises et les investisseurs. Car nous avons besoin d’un nouvel aménagement économique et d’un aménagement de projet et vous le savez bien, vous qui êtes ici présents.

Je ne reviens pas ce jour sur les réformes territoriales, le Premier ministre y reviendra dès demain et la conférence des territoires aura à se réunir dans les prochains jours mais la politique territoriale à laquelle je crois, n’est pas celle d’intérêts particuliers ou de catégories où il faudrait jouer telle collectivité contre l’Etat, non !

La politique territoriale à laquelle je crois, c'est celle qui est au service de nos concitoyens, celle qui vous évitera de perdre des mois comme nous l'avons constamment fait ces dernières décennies à délibérer des compétences qu'il faudrait transférer à l'un ou plutôt à l'autre pour le changer le mandat suivant, non ! La réforme constitutionnelle qui vous est soumise, ce sera celle d'une décentralisation de projets par la différenciation et l'aménagement auquel je crois, c'est celui de l'installation de nouveaux projets, d'un rééquilibrage des territoires, par l'installation d'activités économiques, accompagnées, aménagées avec l'ensemble des élus locaux par le gouvernement et celle d'un accompagnement des services de l'Etat dans le cadre de ce projet.

Là aussi, là aussi, nous avons le droit de proposer à nos concitoyens, mieux que le bégaiement des querelles que nous ne connaissons que trop, que trop !

Mais le progrès social, s'il passe par cette émancipation, cette capacité que chacun doit avoir dans la société par l'école, le mérite et le travail de se hisser, le progrès social passe aussi par un élan collectif pour assurer la dignité de chacun, c'est cela la solidarité nationale.

C'était l'intuition fondamentale qui a présidé au sortir de la Seconde Guerre mondiale à la création de notre Sécurité sociale ; 70 ans plus tard, nous pouvons en être fiers, mais nous devons aussi lucidement regarder en face nos échecs, nos insuffisances ou ce qu'il faut améliorer.

Elle devait être universelle et nous voyons partout des pans entiers de notre population trop peu ou trop mal couverts qui renoncent aux soins ou qui n'y ont pas accès.

Elle devait répondre aux angoisses les plus profondes de l'existence et nous sommes aujourd'hui laissés seuls ou presque face à des risques majeurs comme celui de la perte d'autonomie, des retraites incertaines.

Elle devait susciter la confiance et nous voyons au contraire complaisamment agitée par ceux qui n'ont que le mot « assistanat » à la bouche, la défiance la ronger.

La priorité de l'année qui vient est simple : nous devons construire l'État Providence du XXe siècle. Un État providence émancipateur, universel, efficace responsabilisant, c'est-à-dire couvrant davantage, protégeant mieux, s’appuyant aussi sur les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous.

Universel d'abord. L’Etat Providence du XXe siècle était conçu pour une société de plein emploi. La détention d'un travail et d'un travail continu, permanent, pérenne était ainsi devenue le sésame de l'accès à la solidarité nationale. Dans une société frappée par le chômage de masse, par l'intermittence des parcours professionnels, ce sésame a perdu de sa valeur et est devenu une redoutable barrière. C'est pourquoi notre solidarité est devenue dans son fonctionnement statutaire, elle s'est attachée aux carrières, aux secteurs d'activité et ne correspond plus aux règles d'une économie de l'innovation et de la compétence.

Nous devons donc protéger nos concitoyens non selon leur statut ou leur secteur d'activité, mais de manière plus juste, plus universelle. Dès cette année, nous avons étendu l'Assurance Chômage aux travailleurs indépendants et aux démissionnaires selon les règles préalablement négociées par les partenaires sociaux. Dès 2019, nous refondons notre régime de retraite pour protéger mieux ceux dont les carrières précisément sont hachées, instables, atypiques, bien souvent les carrières des femmes d'ailleurs.

Faire croire à cet égard que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine visant à faire peur.

Je le dis clairement, rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui, rien et pour une raison simple c'est là que pour la première fois, rien …[huées et applaudissements] c’est que pour la première fois, ce qui a été choisi n'a pas été de faire une économie sur les retraités d'aujourd'hui ou ceux qui s'apprêtent à partir à la retraite mais de refonder un système de retraite juste, unique, transparent, un système qui viendra progressivement remplacer la quarantaine de régimes existants !

Car aujourd'hui qui ne croit plus au système de retraite ? Les jeunes parce qu’ils ne pensent pas que ce système permettra de financer la leur et parce que quand j'entends les voix qui s'élèvent tout le monde semble oublier que notre système de retraite auquel je tiens profondément et qui sera au cœur de cette réforme est un système par redistribution, c'est-à-dire un système reposant sur la solidarité entre générations. La retraite n'est pas un droit pour lequel on a cotisé toute sa vie ; la retraite est que les actifs payent pour les retraités.

La refonte de ce système unique, transparent, juste, c'est celle que vous aurez à discuter, à travailler et voter au cours de l'année prochaine.

Efficace ensuite, c'est tout particulièrement le cas en matière de santé où les premières réformes engagées sur le reste à charge 0 ou la prévention seront complétées par la présentation à l'automne d'une transformation en profondeur de notre organisation de soins sur le territoire national afin de répondre aux nouveaux risques, aux nouvelles pathologies, aux transformations de notre santé dans une société qui vieillit et où les maladies chroniques sont beaucoup plus nombreuses.

Plus civique et responsabilisant enfin. La solidarité nationale est de plus en plus financée par l'impôt, ce que vous avez voté en matière d'Assurance Chômage a ainsi supprimé toute cotisation salariale remplacée par la CSG mais il faut bien expliquer l'ensemble de cette réforme, ne pas voir que la CSG qui augmente d'un côté, en oubliant que ce sont toutes les cotisations sociales salariales qui ont baissé de l'autre.

Cette réforme a permis d'améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs tout en préservant la compétitivité et en garantissant le maintien des droits mais ceci conduit aussi à transformer la philosophie même de notre solidarité nationale et en quelque sorte d’en retrouver le sel. Cette solidarité est de moins en moins une assurance individuelle, assortie d'un droit de tirage, financée par l'ensemble des contribuables ; elle implique des droits et des devoirs, car chacun est alors comptable de tous et tous de chacun. Par la réforme que vous avez votée, l'Assurance Chômage aujourd'hui n'est plus du tout financée par les cotisations des salariés. Elle est financée par les cotisations des employeurs et par la CSG. Cette transformation, il faut en tirer toutes les conséquences, il n'y a plus un droit au chômage, au sens où l'entendait classiquement, il y a l'accès à un droit qu'offre la société mais sur lequel on ne s’est pas garanti à titre individuel, puisque tous les contribuables l’ont payé.

Et c'est là que se joue la véritable transformation mais aussi la véritable dignité, tout le monde doit être protégé, mais chacun a sa part de responsabilité dans la société.

C'est en contribuant à sa mesure, selon ses possibilités que l'on devient citoyen ; c'est pourquoi nous allons transformer notre système de solidarité pour le rendre tout à la fois plus universel et plus responsabilisant, c'est-à-dire n’accompagner toute personne qui le peut vers une activité professionnelle, même à temps partiel et exiger de chacun qu'il prenne sa part dans la société à sa mesure. C'est ce système de droits et de devoirs qui est au cœur du pacte républicain et non la stigmatisation odieuse qui voudrait voir de l'assistanat chez certains.

C’est cette philosophie qui sera mise en œuvre dans la réforme de l'Assurance Chômage, comme dans celle des minima sociaux.

La solidarité nationale se traduit enfin dans l'aide que nous devons de manière inconditionnelle aux plus fragiles. Ce sont d'abord les enfants. Quelle gloire peut-on tirer de politiques sociales qui ont condamné à la pauvreté un enfant sur cinq dans notre pays ?

Nous investirons pour sortir les enfants de la pauvreté et de ses conséquences dramatiques. Nous déploierons en particulier une action à l'endroit des enfants en danger ou maltraités si nombreux dans notre pays. Ces initiatives interviendront dès l'automne.

Ce sont aussi nos concitoyens vivant en situation de handicap. Pour ces derniers, vous avez décidé de l'augmentation de l'allocation adulte handicapé de 100 euros. La politique commencée de réinsertion dans l'école, dans le travail sera poursuivi avec des choix budgétaires clairs et un accompagnement renforcé mais c'est aussi une politique de retour vers la citoyenneté pleine et entière que nous assumerons et celle également pour ces personnes, y compris celles sous tutelle d'un retour au droit de vote.

Ce sont, ensuite, nos concitoyens qui vivent en situation de pauvreté. La stratégie de lutte contre la pauvreté sera présentée en septembre et mise en œuvre en 2019, construite avec l'ensemble des acteurs, elle ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique mais une politique d'investissement et d'accompagnement social, non pas de nouvelles aides en solde de tout compte mais un accompagnement réel vers l'activité, le travail, l'effectivité des droits fondamentaux, la santé, le logement, l'éducation. Je veux que cette action engage toutes les forces vives de la société et au premier chef, celles et ceux qui vivent dans la pauvreté. Je ne veux pas d'une stratégie qui s'imposerait d’en haut dans la torpeur de l'été pour régler un sujet ou cocher une case mais enfin sortir de l'état de minorité civique. Nos concitoyens qui vivent en situation de pauvreté et veulent être les acteurs de leur propre vie et de ce changement.

Je veux d'une stratégie de lutte contre la pauvreté qui ne permette pas à nos concitoyens pauvres de vivre mieux, mais bien de sortir de la pauvreté, une bonne fois pour toutes !

Ce sont enfin les plus âgés vivant en situation de dépendance ; là, se niche l'angoisse des personnes âgées et celle de leur famille, nous l'avons laissée s'installer et nous avons permis que les familles trouvent par elles-mêmes les réponses en dehors de tout cadre officiel faisant de la dépendance une détresse inouïe, détresse de celles qui vivent cette situation durant les derniers mois de leur vie, détresse de leurs familles qui vivent dans l'angoisse, souvent celle de ne pas leur offrir la vie qu'elles leur devaient, détresse des personnels soignants qui sont face là aussi à une transformation de ce qu’est la dépendance. On rentre de plus en plus tard et dans des situations de plus en plus difficiles et nous laissons des personnels remarquables mais avec des équipements, un taux d'encadrement qui ne permet pas de faire face à une dépendance de plus en plus médicalisée et à une transformation de ce grand âge.

Ce que nous avons vu ces dernières années émerger, c'est un nouveau risque social auquel nous serons toutes et tous confronter et une part de l'angoisse que j'entends de nos concitoyens les plus âgés n'est pas simplement l'angoisse pour eux-mêmes et leur retraite, c'est l'angoisse pour ce qu'ils vont devenir ou ceux dont ils ont souvent la charge. Il nous faut donc construire pleinement le financement et l'organisation de ce nouveau risque social, nous ne pouvons plus longtemps l'ignorer, faire semblant.

Nous devons donc venir au secours des familles, organiser les choses différemment, répondre aussi aux besoins des personnels des EHPAD qui font ce travail admirable que je décrivais, c'est pourquoi l'année 2019 sera consacrée à ce travail et je souhaite qu'une loi soit votée durant cette année qui permette d'y répondre.

Il est cependant certain que répondre aux peurs contemporaines n'impose pas seulement une action économique et une action sociale. Nous vivons dans un pays qui ressent sourdement la peur d'un effacement culturel, d'un déclin lent de ses propres repères, des repères historiques qui ont forgé notre nation. Le terrorisme, le fracas du monde, l'immigration, nos échecs en matière d'intégration, les tensions de notre société depuis plusieurs décennies s'entrechoquent bien souvent dans la confusion et font germer une peur culturelle, civilisationnelle, le sentiment sourd que ce monde qui advient imposerait de renoncer à celui d'où nous venons avec ses fondamentaux et ses valeurs. C'est pourquoi il nous faut restaurer l'ordre et le respect républicain, c'est-à-dire restaurer cette idée que la démocratie n'est pas un espace neutre, ouvert à tous les relativismes mais d'abord la reconnaissance partagée des droits et des devoirs qui fondent la République même.

De cet ordre républicain, la sécurité est le premier pilier, car l'insécurité frappe avant tout les plus modestes, les quartiers les plus populaires, les classes populaires et moyennes qui n'ont pas forcément choisi là où elles habitent et en subissent toutes les conséquences. La police de sécurité du quotidien reconstitue cette proximité de la population et de la police qui donne un visage à l'autorité et qui conjure le sentiment d'abandon ou d'oubli de populations livrées à des lois qui ne sont plus celles de la République. Ainsi avez-vous commencé à donner de nouveaux moyens à nos forces de l'ordre et je vous en remercie.

La réforme de la procédure pénale permettra d'aller plus loin et d'alléger les charges inutiles pour nos policiers et nos gendarmes comme pour nos magistrats. Vous aurez ce texte important à discuter et à voter afin qu'il puisse entrer en vigueur au premier trimestre 2019. Nous redéfinirons ainsi aussi le sens de la peine, car ce que nous voulons, c'est une autorité de la République qui fasse respecter les règles avec discernement et équité afin que la prison en particulier retrouve toute sa signification en termes de punition mais aussi en termes de réinsertion.

Pendant ces derniers mois, nous avons aussi mis fin aux occupations illégales du domaine public auquel nous nous étions trop habitués depuis des années à Notre-Dame-des-Landes comme à Bure qui laissaient les habitants dans le désarroi.

La sécurité recouvre également la lutte contre le terrorisme. Sur ce point, nous avons poursuivi les transformations indispensables, réarmé notre organisation à tous les niveaux en particulier grâce à la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme qui a permis de sortir de l'état d'urgence et d'instituer dans notre droit les instruments indispensables pour lutter contre le terrorisme contemporain.

Nous avons eu à Marseille, à Trèbes, à Paris à subir de nouvelles attaques d'un terrorisme islamiste dont les formes ont changé, qui ne s'appuie plus sur des organisations internationales fortement structurées mais se love dans nos sociétés elles-mêmes, utilise tous les moyens contemporains. De nouvelles décisions seront prises et le travail doit se poursuivre sans fébrilité mais sans relâche, c’est celui d'une génération. Sur ces sujets, le temps est à l'action déterminée et je veux ici rendre hommage à l'ensemble de nos soldats qui combattent au Levant et en Afrique, l'ennemi djihadiste, rendre hommage comme à nos forces de sécurité intérieure qui avec courage et calme assurent la protection de nos concitoyens.

Au-delà de la sécurité, l'ordre républicain est fondé sur un système de droits et de devoirs dont chaque citoyen est le dépositaire et que nous devons réactiver.

Les droits et les devoirs, c'est bien entendu à l'école que nous les enseignons de façon plus systématique. C'est pour cela que nous poursuivrons la formation et l'accompagnement des maîtres, en particulier sur la laïcité mais nous le ferons aussi par le service national universel qui sera précisé d'ici la fin de l'année, à l'issue d'une nécessaire consultation. Depuis quand n'avait-on pas ainsi sondé la jeunesse sur ses aspirations ? Je crois profondément dans ce service universel car c'est en connaissant mieux son compatriote que jamais peut-être on aurait croisé autrement qu'on se met en mesure de le comprendre mieux, de le respecter et de sentir ce lien invisible qui fait la communauté de destin d'une nation. C'est aussi le moyen de comprendre ce qu'est l'engagement, le cœur de notre République et je sais que notre jeunesse saura s’en saisir.

La société républicaine que nous voulons est une société du respect et une société de la considération. Nous l'avons constaté pendant la campagne présidentielle : une forme d'irrespect, voire de violence, s’était banalisé à l'égard d'une catégorie de Français, les femmes. Qui aurait cru qu’en ce début de XXIe siècle, l'Etat devrait encore se battre pour que cesse le harcèlement du quotidien, l'inégalité des salaires, la violence physique et morale dont les femmes sont victimes ?

Ce combat, souvenez-vous, a d'abord surpris ; à certains, il avait même peut paraître dérisoire, lorsque dès avant mon élection, je m'étais engagé en faire la grande cause du quinquennat, une loi importante en ce domaine sera ainsi votée prochainement et la mobilisation en matière de droits comme d'égalité salariale se poursuivra dans les mois et les années qui viennent.

Nous avons, ce faisant, précédé un mouvement mondial. La France lorsque ce mouvement a surgi chez nous était prête et consciente. De cela, nous devons être fiers, nous n'avons pas suivi le mouvement. Nous l'avons anticipé parce que le respect et la considération ne se négocient pas dans une société républicaine et lorsqu'ils reculent, c'est toute la société qui recule.

C’est du reste ce qui s'est aussi produit sur des territoires entiers, enfermés dans le mépris et la condescendance. Notre politique pour les quartiers s’est ainsi fondée sur le retour de la considération et cette conviction que naître et vivre dans un quartier ne saurait être un stigmate. Les emplois francs, la généralisation des stages en entreprise, le retour des services publics, des programmes de rénovation urbaine accélérée, des réponses pragmatiques bâties avec les citoyens, une école adaptée permettront de sceller dans des territoires oubliés le retour d'une considération nationale qui trop souvent s'est confondue avec l'indifférenciation de plans dispendieux.

L’ordre républicain, c'est aussi cette nécessité de ramener dans le giron de la République des pans de la société qui s'en sont éloignés, la République n'a aucune raison d'être en difficulté avec l'islam, pas davantage qu'avec aucune autre religion. La laïcité du reste commande qu'elle n'ait pas à en connaître et veut simplement que soit garantie à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire.

Mais il y a une lecture radicale, agressive de l'islam qui se fixe pour but de mettre en cause nos règles et nos lois de pays libres, de sociétés libres dont les principes n'obéissent pas à des mots d'ordre religieux. Il faut que tout le monde sache qu'en France, la liberté individuelle, la liberté de pensée, la liberté de critiquer, l'égalité des femmes et des hommes, le respect des choix individuels, tant qu'ils n'attentent pas aux droits des citoyens sont des principes intangibles.

Il que tout le monde sache que nulle mise en cause de ces principes ne peut être acceptée sur le fondement d’un dogme religieux.

La laïcité, c’est le respect réciproque, respect de la société et de l’Etat à l’égard des croyants, respect des croyants à l’égard de la société et des principes d’un Etat qui appartient à tous.

Et je sais que l’immense majorité de nos concitoyens musulmans le savent, le partagent, l’approuvent et sont prêts à participer à cette affirmation de notre République. C’est pourquoi dès l’automne, nous clarifierons cette situation en donnant à l’islam un cadre et des règles garantissant qui s’exerceront partout de manière conforme aux lois de la République.

Nous le ferons avec les Français dont c’est la confession et avec leurs représentants, l’ordre public, la civilité ordinaire. L’indépendance des esprits et des individus à l’égard de la religion ne sont pas de vaines paroles en France et cela impose un cadre rénové, une concorde retrouvée.

Cette démarche avait été différée au nom de cette idée que tout se vaut et qu’au fond, notre pays n’est qu’un assemblage chaotique de traditions et de cultures. Sur ce terrain, n’ont grandi que l’insécurité morale et l’extrémisme politique. Il est temps pour la République de se ressaisir de la question culturelle et considérer de nouveau comme de son devoir de faire émerger non une culture officielle, mais une culture partagée. Si l’école est le creuset de cette culture commune, la société en est la caisse de résonance et nous devons œuvrer ensemble à rendre la France cette voix, ce timbre, ce regard qui toujours a fait sa singularité, qui sont la confluence de mille rivières mais qu’on reconnaît au premier coup d’œil.

C’est pourquoi nous faisons tant d’efforts pour le patrimoine. C’est pourquoi nous nous battons pour la langue française partout à travers le monde. C’est pourquoi nous voulons une politique culturelle qui ose dire qu’il est des expressions plus belles, plus profondes, plus riches que d’autres et que notre devoir est de donner le meilleur à tous nos compatriotes. C’est cette politique de l’accès à la culture par l’école et tout au long de la vie et sur l’ensemble de nos territoires. C’est pourquoi enfin nous devons prendre soin de nos auteurs, faire qu’ils soient rémunérés de manière adaptée et défendre leur situation en Europe où des victoires ont été emportées mais où le combat continue. Nous ne voulons pas une culture officielle mais une culture française plurielle et vivante qui puisse continuer à s’épanouir et à rayonner. Nous voulons continuer à produire un imaginaire français.

Cet ordre républicain enfin se construit dans la cohésion nationale et donc dans le rapport à l’autre, l’étranger. La peur que nous devons entendre, c’est bien celle-là et je sais combien ces débats vous ont vous-mêmes préoccupés et je pense que ce sujet ne peut être réglé ni dans l’émotion qui crée la confusion ni dans la fermeture et le repli nationaliste qui ne permettent de régler durablement aucun problème. Nous devons, sur ce sujet encore, nous montrer fidèles à notre Constitution qui protège de manière inconditionnelle ceux qui demandent l’asile, mais impose des règles précises à ceux qui, pour des raisons économiques, quittent leur pays pour rejoindre le nôtre.

L’ordre républicain exige le respect des frontières, des règles pour rejoindre ce qu’est la nation. C’est le principe même de la souveraineté et un devoir d’humanité que notre Constitution prévoit. C’est en respectant cette grammaire que nous devons faire face à nos défis contemporains. Il n’y a aucune solution de court terme, facile, ni celle de l’émotion ni celle de la colère.

Il n’y a qu’une voie exigeante, celle de la République et de la coopération en Europe. Elle passe par une politique que nous devons repenser à laquelle nous devons redonner de l’ambition, un partenariat refonder avec l’Afrique.

Cette jeunesse, aujourd’hui, qui quitte l’Afrique pour prendre tous les risques et qui n’a pas droit dans une large majorité à l’asile, c’est la jeunesse du désespoir, c’est la jeunesse à qui on n’a plus donné de projet, qui vient du golfe de Guinée ou d’une bonne partie du Sahel. La France et, avec elle, l’Europe doivent rebâtir les termes d’un partenariat car cette Histoire contemporaine ne nous rappelle qu’une chose : nous ne sommes pas une île et nous avons destin lié.

La deuxième de nos réponses passera par un renforcement de nos frontières communes en Europe, un investissement assumé que la France porte, voulu, cohérent et par une politique de responsabilité et de solidarité au sein de l’Europe. Toute politique nationaliste de court terme ne réglera en rien la situation migratoire, elle la créera chez l’autre, elle sèmera la division.

Toute politique qui voudrait mélanger toutes les situations et ne pas voir qu’il existe aujourd’hui des situations différentes selon qu’on vient d’un pays en guerre ou selon qu’on n’en vient pas oublie aussi cette cohésion nationale indispensable que nous devons préserver. Mais jamais la France n’acceptera les solutions de facilité que d’aucuns aujourd’hui proposent et qui consisteraient à organiser des déportations à travers l’Europe pour aller mettre dans je ne sais quel camp à ses frontières, en son sein ou ailleurs les étrangers qu’on ne voudrait pas.

Cet ordre républicain auquel nous croyons est le fondement d’une nation d’hommes et de femmes libres. Il repose sur cette tension éthique permanente, celle même de la République qui impose de ne céder à aucune facilité contemporaine. C’est cela aussi une puissance du XXIe siècle et c’est la vocation de la France d’enraciner sa force dans cette liberté civique quand trop d’observateurs voudraient nous faire croire qu’il n’est de puissance que par la sujétion des individus, par le recul des libertés, par l’affaiblissement des droits.

Pour faire face à la peur de l’effacement, à cette insécurité culturelle et civilisationnelle que j’évoquais, nous avons aussi besoin de porter le projet français pour l’Europe. Ce projet, c’est de retrouver le sens et la substance de notre coopération face à tous les défis que nous pouvons relever uniquement ensemble en tant qu’Européens. Cet engagement, ce projet français a d’ores et déjà permis des avancées réelles que d’aucuns pensaient impossibles jusqu’alors. Nous avons progressé vers une Europe qui protège davantage par une politique de défense dont l’idée même avait été abandonnée depuis 70 ans, par une meilleure régulation du travail détaché assurant la protection des salariés européens, par la défense de no intérêts communs sur le plan commercial, par la conclusion voici quelques semaines d’un accord franco-allemand de moyen terme qui n’avait pas été fait depuis plus de 20 ans et qui a permis de jeter les bases d’un budget de la zone euro.

Depuis quand n’avions-nous pas attendu les crises pour avancer concrètement ? Cette Europe-là n’est pas incantatoire ni éloignée, elle prend en charge le quotidien des Européens et leurs intérêts vitaux. Toutefois, ces avancées réelles pour lesquelles la France s’est battue ne doivent pas faire oublier les doutes, les divisions. L’Europe est encore trop lente, trop bureaucratique, trop divisée pour affronter la brutalité des changements politiques, sécuritaires migratoires et technologiques. Notre plus grande erreur serait cependant de brandir les spectres du passé et de redouter la répétition de l’Histoire ou je ne sais quelle fatalité européenne du conflit. Ce n’est pas cela qui nous menace.

La vérité est que nos combats d’aujourd’hui requièrent l’Europe car nous ne pourrons être à la hauteur des enjeux contemporains qu’en unissant nos forces avec les nations dont l’Histoire a fait nos partenaires naturels.

Ni les défis commerciaux ni les défis du climat ni les défis de la défense ni les défis économiques et monétaires ne peuvent se relever dans l’isolement et encore moins le défi migratoire que j’évoquais à l’instant. En ces matières, la solution véritable ne peut être que dans la coopération européenne.

Et c’est au cœur de ces interrogations que se joue l’Europe de demain. Elle sera nécessairement une Europe des peuples. Peut-être les 28 peuples qui composent l’Union n’avanceront-ils tous pas au même rang, au même pas, mais ils se montreront capables d’agir ensemble dans des circonstances exceptionnelles, face à des défis qui nous confrontent au plus vif de ce que nous sommes. Au sein de cette Europe, la France fait entendre sa voix avec un projet clair, celui que j’ai présenté en octobre dernier à la Sorbonne, celui d’une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique, celui d’une Europe qui sera portée par une coalition de volonté et d’ambition et plus paralysée par l’unanimisme capturé par quelques-uns.

Mais il faut aussi le dire clairement, la frontière véritable qui traverse l’Europe est celle, aujourd’hui, qui sépare les progressistes des nationalistes.

Et nous en avons pour au moins une décennie. Ce sera difficile mais le combat est clairement posé. Il sera au cœur des enjeux de l’élection européenne de 2019 qui appartient à ces scrutins qui sont aussi des tournants. Et comme au cœur de toutes menaces naît une grande opportunité, c’est sur cette crise que nous fonderons les clés de la puissance européenne, de l’indépendance européenne, de la conscience européenne de demain après 70 ans de paix qui nous ont trop souvent conduits à perdre de vue le sens même de l’Europe.

La crise que nous traversons, nous dit une chose : l’Europe des assis, l’Europe des assoupis est terminée, un combat est en train de se livrer qui finira le projet de l’Europe à avenir, celui d’un repli nationaliste ou celui d’un progressisme contemporain.

La France porte sa voix, elle est écoutée parce que c’est une voix forte de c'est la voix de la raison mais aussi la voix de parfois ceux qui n’en ont pas ou n’en ont plus et qui parlent pour la défense des biens communs et je m'attacherai à ce combat.

C’est à ce titre que nous sommes aussi engagés dans d’autres luttes et que la France a fait entendre sa voix lorsque les Etats-Unis se sont retirés de l'Accord de Paris. C'est pour cela que nous sommes intervenus sur le nucléaire iranien ou dans la crise syrienne, c'est pour cela que la France aujourd'hui est à l'initiative pour réinventer un multilatéralisme fort dont le monde contemporain a besoin. La France de nouveau est cette médiatrice, ce tiers de confiance qui tente de tenir ensemble les équilibres du monde et de trouver les voies d'avenir. C’est ce rôle nécessaire tout à la fois pour notre sécurité, la défense de nos valeurs qu'aujourd'hui nous menons. Je crois dans la possibilité de défendre une démocratie forte et respectée, je crois dans la possibilité de défendre une Europe forte et souveraine, je crois dans la possibilité de défendre les valeurs universelles qui nous ont faites à travers ce multilatéralisme fort contemporain.

Tel est, Mesdames et Messieurs, le cap que je fixe à la France, vous l'aurez compris, je souhaite renouer avec ce projet français que nous avons perdu de vue trop longtemps par frilosité ou par confort intellectuel. Il suppose, je l’accorde, de vouloir s'affranchir des querelles où nous nous sommes en quelque sorte confondus ou auxquelles nous nous sommes longtemps habitués.

Ce projet ne peut se déployer que si nous en finissons avec ce renoncement où nous nous sommes enfermés depuis 40 ans qui voudrait que la France ne soit qu'une puissance moyenne. Cette idée nous a étouffés et meurtris, je crois moi que la France a les moyens de devenir de nouveau une puissance du XXIème siècle.

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Sindika Dokolo "Les Congolais debout"et Martin Sali de "RCK" ont marqué le 30 juin 2018 !

Le 29 juin 1960, à la veille de la proclamation d'indépendance du Congo belge, Joseph Kasa-Vubu, le futur président de la nouvelle République du Congo, Patrice Émery Lumumba, le nouveau Premier ministre, et Baudouin Ier, le roi des Belges, se rencontrent à Léopoldville

Cela n'a pas échappé aux fins limiers de Réveil FM International. Le président Emmanuel Macron peut-il annuler le défilé du 14 juillet parce qu'il a mal au dent ou parce qu'il est fâché contre Jean-Luc Mélenchon, de la France Insoumise ? Le 14 juillet, c'est la fête de la France et de tous les Français. Le 30 juin est un jour sacré pour tous les Congolais. Aujourd'hui, nous avons notre drapeau qui flotte, l'hymne national le debout congolais, notre monnaie le Franc Congolais, nous sommes comme d'autres membres des Nations Unies et de l'Union africaine...Tout cela n'est pas rien. Le 30 juin est le fruit des luttes de nos aïeux face aux colonisateurs. Ce jour mérite commémoration !

Le régime d'imposture d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale n'avait pas hésité en 2010 d'inviter Paul Kagamé, le dictateur de Kigali pour humilier le peuple congolais. Voilà que le fameux "Raïs" et imposteur de Kingakati a eu peur d'un assassinat à la manière d'Anouar el-Sadate, assassiné par des soldats islamistes, le 6 octobre 1981, tandis qu'il assiste dans un stade du Caire à un défilé militaire à l'occasion de la fête nationale. Il faut préciser le "Raïs" Égyptien est mort en plein triomphe. A 63 ans, la mort de Sadate avait causé une immense émotion dans le monde entier. Elle fait craindre pour le processus de paix qu'il a engagé trois ans plus tôt avec Israël. A Kingakati, Alias Joseph Kabila a même peur de son propre ombre. Face aux imposteurs illégitimes qui règnent par défi qui réfutent les festivités du 30 juin aux Congolais qui ont le culot de demander aux Congolais de fêter dans la méditation et recueillement pour masquer leurs échecs à tous points de vue et aux sceptiques qui clament que nous n'avons pas d'indépendance, nous sommes du côté de ceux qui croient au 30 juin.

Dans la diaspora congolaise, Sindika Dokolo du mouvement "Les Congolais debout" et Martin Sali de RCK-Résistants Combattants du Kongo) ont marqué par leurs actions le 30 juin 2018.

Sindika Dokolo est entrain de monter en puissance dans l'estime de plusieurs congolais ! Les grincheux patentés ne sont pas restés inactifs. Un leader se lève et montre le cap surtout pendant des périodes difficiles. Que n'a-t-on entendu à propos de la marche de Sindika Dokolo à Bruxelles ? Ceux qui se lèvent tôt finissent toujours par gagner. Contrairement à certains politicailleurs qui organisent des dîners de gala à 1000 dollars pour financer leur candidature à l'hypothétique élection présidentielle avec des machines à voler, Sindika Dokolo commence à comprendre qu'aucune révolution, aucune lutte pour le changement dans un pays, ne se fait sans moyens. Mettre des bus, à la disposition des congolais de la diaspora pour se rendre le samedi 30 juin à Bruxelles, fut une idée lumineuse. Le samedi 30 Juin, la France jouait contre l'Argentine, l'Espagne contre l'Uruguay en 8è de finale de la coupe du monde. Les 3000 Congolais présents à la marche de Souveraineté de Bruxelles sont des convaincus et croient à la victoire de la lutte. Dans le langage de Sindika Dokolo, c'est le "Nous" qui prime, bravo. Il apparaît de plus en plus comme un fédérateur, ce qui est positif. Même son discours a été rassembleur. Pas des clivages, il n'a jamais monter les Congolais contre les autres.

Reste que que Sindika Dokolo devra se donner une discipline, en toute sagesse, faire attention de ne pas être otage des Conventionnistes du Lac Léman. La Convention des Congolais de l'Etranger est un nid des collabos et traîtres connu de tous. C'est la Convention des Congolais de l'Etranger qui a organisé une conférence de presse à Marie-Ange Mushobekwa, la putative ministre des droits humains à l'hôtel International de Genève. Conférence de presse annulée en dernière minute à cause des Résistants-Patriotes-Combattants. Que peut dire Marie-Ange Mushobekwa aux Congolais avec des atteintes massives des droits humains qui se commettent en toute impunité en République démocratique du Congo ? Le régime de Kinshasa, qui est illégitime et illégal est-il fréquentable ? Les Conventionnistes du Lac Léman, au fait, ils ne sont que 4 membres, sont mangeurs à tous les râteliers. La Convention des Congolais de l'Etranger n'est rien d'autre que la métamorphose de la fameuse Fédération des Congolais de l'Etranger (FCE), que les plus futés ironisent et baptisent en Fédération des Congolais Corrompus (FCC) ! En Suisse, Sindika Dokolo doit surtout s'appuyer aux Congolais debout, le père Joseph Lukelu de l'ASC-Aide Secours au Congo, en un !

Martin Sali de RCK est sorti du lot. Son allocution du 30 juin 2018 est profonde et mobilisatrice. Courageux, Martin Sali a mis en exergue trois aspects dans son allocution aux Congolais.

1. La résistance du peuple Kongolais seul apportera le changement par la désobéissance civile, art 64: "LE SOULÈVEMENT POPULAIRE "!

2. Une nouvelle alternative politique, économique, spirituelle et sociale.

3. Une transition sans la Kabilie "Occupation" pour préparer de vraies élections crédibles, libre, Transparente et Démocratique.

Voici son allocution: Chers compatriotes Kongolais et Kongolaises !

Chers Africains et Amis du Kongo !

Chers Compagnons de lutte !

Nous voulons nous souvenir du 30 juin 1960, comme la date historique qui marque une étape décisive dans la conquête de la libération totale du Kongo ! Cinquante-Huit ans après l'indépendance de la République démocratique du Congo, la date du 4 janvier 1959 a été la poudrière nécessaire à l'explosion du peuple Kongolais pour sortir du jourg colonial, de prendre conscience que la liberté est une aspiration profonde et un droit universel ! La résistance est née !

Cette date du 30 juin 1960 à Kinshasa, accompagnée du discours immortel de Patrice Emery Lumumba Premier ministre du Président Joseph Kasa-Vubu, de Joseph Okito, de Maurice Mpolo, d'Antoine Kingotolo, de Gaston Diomi, de Mobutu Sese Seko, de Laurent-Désiré Kabila, de Pierre Mulele...les compagnons de lutte ainsi que toute la Nation Kongolaise face au Roi Baudoin 1er de la Belgique !

Son message était d'autant plus vrai en 1960 qu'en ce jour du 30 juin 2018, car la résistance de la diaspora menée par le RCK, "Résistants Combattants du Kongo", est enflammée par le flambeau qui nous a été légué pour combattre cette gangrène d'occupation néocolonialisme laissé par les colons en quittant l'Afrique !

Le RCK rend un hommage éternel ce 30 juin 2018, ce jour restera gravé à jamais dans nos mémoires, à tous les martyrs qui sont morts avant, pendant et après notre indépendance, et rappel, toute la résistance à ne pas oublier que c'est par la lutte qu'elle a été conquise !

Cette même lutte que nous menons tous les jours, une lutte ardente qui doit être idéaliste, car le pouvoir sanguinaire d'occupation a réussi à mettre sous terre plus de 12 millions de Kongolais !

Le régime illégitime et illégal de la Kabilie gouverne avec poigne par l'imposteur-criminel Joseph Kabila voudrait que les Kongolais une fois de plus tombent danc ce piège d'élection présidentielle où lui seul ou un de ses frères en sortira vainqueur !

Cette lutte ne nous épargnera pas, elle prendra nos forces, nos espérances mais nous devons rester constant et déterminés avec notre idéologie et nous battre jusqu'au bout, en employant tous les moyens constitutionnels, voire même par la révolution populaire ! Tant de guerres, de souffrances, de massacres, de viols, un génocide sans nom, d'injustices, de dictatures, de famines, d'expropriation de nos richesses, d'inhumanité ont mis beaucoup de colère, de frustration, de douleurs dans les cœurs des hommes et des femmes qui se battent pour reconquérir la souveraineté nationale du Kongo !

Le pouvoir a toujours appartenu au peuple, car c'est cette puissance spirituelle et ancestrale qui nous permettra d'atteindre nos objectifs !

Les batailles de la vie ne sont pas gagnées par les plus forts, ni par les plus rapides, mais par ceux qui n'abandonnent jamais !

Les institutions et la classe politique Kongolaise corrompues et complices sont inefficaces et ne pourrons pas chasser l'occupation !

Seul la Résistance du peuple peut apporter le changement par la désobéissance civile en appliquant l'article 64 de la Constitution qui est le soulèvement populaire ! Pour que toutes ces atrocités gravées dans nos esprits ne se reproduisent plus jamais, nous devons tous nous lever comme un seul homme, afin de reconquérir notre souveraineté et notre indépendance ! Le RCK propose :

-Une nouvelle alternative politique, sociale et économique avec un Etat qui respecte les droits humains et ses engagements de développement vis-à-vis de son peuple !

-Une transition sans la Kabilie qui organisera de vraies élections crédibles, libres, transparentes et démocratiques !

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dimanche 8 juillet 2018

CPI: Lettre ouverte d'une Congolaise à Madame Fatou Bensouda la Procureure !

Huguette Walo Olela à Helvetiaplatz à Zurich lors d'une marche Anti-Kabila

C'est une femme congolaise qui prend la peine d'écrire une lettre ouverte à Madame Fatou Bensouda, la Procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI) sur la situation chaotique en République démocratique du Congo. Huguette Walo Olela est l'une des combattantes de la liberté pour le Congo. En Suisse, Zurich est connu pour être le bastion des Congolais Anti-Kabila. Le Collectif des Congolais de Suisse avec : Jean Claude kalala Muayika, Bienvenu Silulundi, Achille Ibula, Andreas, Guillaume Kasongo... est très actif !

Les actions menées par Kabila et sa bande depuis bientôt quatre ans relèvent bien du génocide dans le sens qu’il y a eu intention délibérée d’élimination d’une catégorie de la population. Ce dernier devait partir fin décembre 2016 mais il n'a qu'un seul but conserver le pouvoir par tous les moyens.

Objet : La CPI doit émettre rapidement un mandat d’arrêt contre le Président sanguinaire, hors mandant, Joseph Kabila.

Madame la Procureure,

Je vous écris aujourd’hui pour exprimer, une fois encore, ma profonde préoccupation devant la détérioration alarmante de la situation des droits de l'Homme en République Démocratique du Congo. Si je vous écris, c’est à la suite de vos paroles que j’ai écoutées il y a deux ans à la radio Okapi, Je cite :" Mon Bureau enquête en République Démocratique du Congo depuis 2004 et notre travail continue. Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité".

On en est où avec toutes ces belles promesses ?

Vous le savez très bien que depuis l’expiration du second mandat de l'imposteur Joseph Kabila, en décembre 2016, le président hors mandat et son régime multiplient les stratégies machiavéliques, y compris criminels, pour tenter de conserver le pouvoir. Les massacres perpétués ces derniers mois placent le curseur encore plus haut dans l’échelle des violences auxquelles ce pays est accoutumé. On évalue à plus de huit millions le nombre de victimes et de morts en RD du Congo en vingt-ans. Ce chiffre est le plus important depuis la seconde guerre mondiale, mais qui le connaît et en parle dans les médiaux mondiaux ?

Un horrible génocide passe sous un silence médiatique le plus scandaleux. Des tueries de masse, Des hommes émasculés, d’exécutions sommaires de civils, des femmes violées, des fœtus extraits et découpés à la machette…

Un voyou certes, mais aussi un tueur en série, Hyppolyte Kanambe alias "Joseph Kabila", usurpateur d'identité, imposteur et cheval de Troie Rwandais au Congo. Il s’est armé jusqu’aux dents et ne compte pas quitter le pouvoir et applique une politique de terreur pour exterminer tout un peuple.

Du 19 au 22 janvier 2015, Le gouvernement de la République démocratique du Congo a eu recours à une force illégale et excessive pour réprimer les manifestations qui ont eu lieu dans le pays. Les manifestants protestaient contre le projet visant à modifier la loi électorale, dont de nombreux Congolais estimaient qu’il permettrait au président l'imposteur Hyppolyte Kanambe de rester en fonction au-delà de la limite de deux mandats consécutifs que lui impose la constitution.

Les corps découverts dans cette charnière sont des victimes d’exécutions sommaires ou de disparitions forcées aux mains des forces de sécurité congolaises lors de manifestations de janvier 2015, ainsi que lors de l’« Opération Likofi », lancée par la police contre soi- disant les gangs appelés Kuluna.

En effet, lors de ces deux opérations, les forces de sécurité avaient emporté des corps de certaines personnes tuées, sans jamais les rendre à leurs familles pour être enterrés.

Le 19 janvier 2015, des manifestations contre la révision de la loi électorale avaient été suivies de répressions. Plusieurs dizaines de personnes avaient été tuées.

Le 31 décembre 2017, Les forces de sécurité congolaises ont tiré à balles réelles et employé des gaz lacrymogènes contre des manifestants pacifiques dans des églises catholiques de Kinshasa et d’autres villes du pays , tuant au moins huit personnes et blessant des dizaines d’autres.

Le 21 janvier 2018, Les marches de protestation ont connu une autre tournure. A l’appel du comité laïc de coordination, ils étaient des millions à battre les pavés dans de grandes villes du pays. Les marches ont été réprimées dans le sang. Quinze personnes ont été tuées à Kinshasa à la sortie des églises par les forces de sécurité.

Le 25 février 2018, à la sortie des messes, à l'appel du Comité laïc de coordination, les marches ont été violemment dispersées par les forces de l'ordre à Kinshasa et dans plusieurs grandes villes du pays par des tirs de gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles. Le bilan est lourd, l'arithmétique se poursuit dans une impunité totale. Depuis le mois de décembre dernier, les forces de sécurité ont battu un triste record en tirant dans l'enceinte des églises pour interrompre les services religieux et empêcher des manifestations pacifiques après la messe dominicale.

Si les Congolais et les partenaires de la RDC sont inquiets, ce n’est pas le cas du régime de Kinshasa, qui s’obstine à conserver le pouvoir par tous les moyens.

Le plan du régime de Kinshasa est de multiplier des zones d’insécurité pour que l’organisation des élections soit rendue impossible. En tout cas, tout est fait pour retarder davantage la tenue d’élections.

Ce plan est parti récemment de la vague d’évasions dans les prisons de plus de dix provinces. Comme si ces évasions étaient programmées, elles se sont déroulées simultanément à Kinshasa, au Kongo central, dans le Tanganyika, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu, au Haut-Katanga, à l’Équateur, etc

Les massacres planifiés au grand Kasaï pourraient constituer des crimes contre l’humanité et ont été perpétrés principalement par les agents de l’Etat et la milice Bana Mura appuyée par des policiers et soldats congolais.

Il établit, en effet, un lien direct entre le désir de se maintenir au pouvoir de la majorité présidentielle et la multiplication des poches d’instabilité sécuritaire dans le pays : Le chaos plutôt que l’alternance.

A jamais, Kabila coule le bain de sang.

Madame la Procureure,

C’est avec beaucoup de chagrin, indignation et révolte que j'ai appris la mort cruelle, dans la nuit du 09 au 10 juin 2018, du camarade Luc Nkulula du Mouvement de la Lutte pour le Changement (LUCHA), brûlé vif dans son domicile à GOMA à l’âge de 33 ans.

Face à la détermination de Luc Nkulula et de ses camarades de voir, au péril de leur vie, Kabila quitter le pouvoir, il ne restait plus donc d’autres options pour ces fous du pouvoir que de passer à l’élimination physique. Avec ce crime odieux, le régime du dictateur Kabila a encore fait une victime de plus dans les rangs de ceux qui se battent.

Face à cette cruauté et ce mépris pour les droits humains et le droit à la vie qui est chaque jour grandissant en RDC contre sa dictature, sa gouvernance chaotique et son projet de Balkanisation de la République Démocratique du Congo. Kabila est un tyran sanguinaire qui ne se soucie pas de la valeur de la vie tant qu’il peut atteindre ses motivations égoïstes de domination, de puissance et d’immortalité. Les éventuels opposants sont avertis. L'imposteur règne en despote et n'hésitera devant rien pour se maintenir au pouvoir.

Quelle sauvagerie ? Quelle lâcheté que d’assassiner un jeune homme de 33 ans qui était plein d’avenir et plein de promesses pour le Congo et le continent africain ! Le tyran sanguinaire est prêt à tout brûler pour rester éternellement au pouvoir.

Je cite : Mon Bureau enquête en République Démocratique du Congo depuis 2004 et notre travail continue. Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité.

Le plan du régime de Kinshasa est de multiplier des zones d’insécurité pour que l’organisation des élections soit rendue impossible. En tout cas, tout est fait pour retarder davantage la tenue d’élections.

Ce plan est parti récemment de la vague d’évasions dans les prisons de plus de dix provinces. Comme si ces évasions étaient programmées, elles se sont déroulées simultanément à Kinshasa, au Kongo central, dans le Tanganyika, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu, au Haut-Katanga, à l’Équateur, etc.

Massacres planifiés qui pourraient constituer des crimes contre l’humanité et qui ont été perpétrés principalement par les agents de l’Etat et la milice Bana Mura appuyée par des policiers et soldats congolais.

Il établit, en effet, un lien direct entre le désir de se maintenir au pouvoir de la majorité présidentielle et la multiplication des poches d’instabilité sécuritaire dans le pays.

Les actions menées par le pouvoir d'occupation ont engendré un climat de chaos de nature non seulement à compromettre le processus électoral mais aussi à menacer durablement la sécurité dans plusieurs provinces.

Il s’appesantit principalement sur les crimes commis dans les provinces du Grand Kasaï depuis la mi-2016, l’une des pires crises des droits humains dans le monde.

L’article 6 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale stipule que le génocide désigne l’un des actes suivants commis dans l’intention de détruire, totalement ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux :

(a) Tuer les membres du groupe ;

(b) Causer des dommages physiques ou mentaux graves aux membres du groupe ;

(c) Infliger délibérément au groupe des conditions de vie calculées pour provoquer sa destruction physique, totale ou partielle.

Kabila ignore le droit international, la Charte des Nations unies et le Statut de Rome, il est nécessaire qu’une enquête soit menée par votre bureau pour examiner les preuves et intenter des poursuites en son encontre tant qu’il y a des preuves.

Madame la Procureure,

La CPI est une cour permanente ayant pour mandat de juger des individus présumés responsables des crimes les plus graves : le crime de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Selon l’article 27 du Statut de la CPI, la qualité officielle de chef d’Etat ou de gouvernement ainsi que les immunités qui peuvent s’attacher à une telle qualité n’exonèrent pas, de poursuites pénales.

Kabila est à la tête d’un système d’impunité bien enraciné dans lequel ceux qui sont les plus responsables de violations sont régulièrement récompensés par des postes, des richesses et des pouvoirs. Les forces de sécurité congolaises ont engagé ou orchestré une grande partie des violences, dans certains cas en formant ou en soutenant des groupes armés locaux. Les efforts pour semer la violence et l’instabilité sont une « stratégie du chaos » apparemment délibérée ayant pour but de justifier des retards supplémentaires pour les élections.

Madame la Procureure,

Après beaucoup d'effusion de sang et des années de répression brutale – avant et après l’échéance du 19 décembre 2016, qui a marqué la fin du deuxième et dernier mandat autorisé par la constitution de l'imposteur et l'usurpateur alias " Joseph Kabila".

Dites-nous, Mme la Procureure, ce qui manque pour que cette tragédie figure dans les actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de votre Cour ?

Notre responsabilité humaine nous demande précisément de restaurer l’humanité lorsque le mal a marqué d’un sceau ineffaçable parfois un peuple entier. Quelle justice pour un peuple meurtri par des crimes contre l’humanité ?

Après l’Holocauste, le Rwanda et Srebrenica, nous avions déclaré « plus jamais ». Nous avons davantage que des mots : nous devons aller de l’avant. Ceci est mon appel pour agir. Je tiens à rappeler que la CPI est une institution judiciaire indépendante, dotée d’un mandat judiciaire et créée pour mettre fin à l’impunité, afin d’éviter que les crimes internationaux les plus graves ne restent impunis, et pour contribuer à prévenir la commission de ces crimes à l’avenir.

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Le grand "Bluff" d'Isidore Ndaywel, le "Dégageator" du CLC !

Isidore Ndaywel, le "Dégageator" du CLC

De la poudre aux yeux, de la poudre de perlimpinpin! Pour du bluff, c'en est vraiment un. Pourquoi le communiqué rendu public à Kinshasa, du samedi 7 juillet, du Comité Laïc de Coordination Catholique (CLC) ne porte pas les signatures de Maman Léonnie Kandolo et du professeur Thierry NLandu Mayamba ?

Où sont les signatures de Maman Léonnie Kandolo et du professeur Thierry NLandu Mayamba ?

Isidore Ndaywel qui joue au tyran peut-il l'expliquer à l'opinion publique nationale et internationale ? Comment les membres du Comité comité laïc de coordination catholique (CLC) qui sont en "clandestinité", alors qu'ils sont logés, mangent à la même table et dînent au même resto...mais ne se parlent jamais ! Isidore Ndaywel qui apprend à être dictateur a réussi à diviser le Comité Laïc de Coordination Catholique en deux groupes: celui de ses affidés et Maman Léonnie Kandolo-Professeur Thierry NLandu Mayamba. Isidore Ndaywel qui est catholique ignore-t-il cette parole biblique: "si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister".

Maman Léonnie Kandolo du CLC

Professeur Thierry NLandu Mayamba du CLC

Pour gagner, il faut rassembler et fédérer ! On ne peut pas gagner uniquement avec des affidés et courtisans ! La société civile n'a pas besoin d'un dictateur ! Si Isidore Ndaywel veut être un vrai leader du CLC, il doit écouter et dialoguer !

Isidore Ndaywel est un homme du sérail qui a accompagné le régime d'imposture, d'occupation et de prédation qu'il prétend combattre aujourd'hui. Il a une mémoire courte ! Maman Léonnie Kandolo et le professeur Thierry NLandu Mayamba sont dans la société civile depuis des lustres. Lors qu'Isidore Ndywel était à la mangeoire du régime, eux luttaient auprès de notre peuple. Comment une équipe divisée peut-elle terroriser un dictateur-imposteur ? N'est-ce pas du grand bluff ? Pour qui roule réellement Isidore Ndaywel ? Les annonces d'Isidore Ndaywel sont soporifiques, il veut endormir notre peuple réveillé.

Comment peut-il annoncer des actions de grande envergure au mois d'août si Alias Joseph Kabila tentait de se présenter à la présidentielle de décembre 2018: Marches pacifiques, sit-in, villes mortes, grèves généralisées et actions de désobéissance civile sont annoncées au mois d'août, alors même qu'Isidore Ndaywel divise son propre camps ! Isidore Ndaywel sera-t-il planqué comme à l'accoutumée ou sera-t-il devant tout le monde pour ouvrir des marches pacifiques le régime ne va hésiter à réprimer ? La nation congolaise est certes en danger, mais cela vaut-il des aventures ? La vie de nos compatriotes est en danger. Les marches pacifiques organisées en début de l'année ont été réprimées dans le sang et il y a eu mort d'hommes. On ne badine pas avec la vie d'autrui.

Le CLC est-il devenu l'appendice de G7? Les accointancesd'Isidore Ndawyel avec Pierre Numbi devient trop suspectes ! Le CLC reçoit-il ses mots ordres du G7 de Pierre Numbi ? Pour noyer ceux du CLC qui réfutent le remorquage par le G7, Isidore Ndaywel ne s'est pas empêché de trouver des journalistes mendiants "coupagistes" qui ont écrits des saletés pour salir la réputation de Maman Annie Kandolo et le professeur Thierry Nlandu Mayamba.

Isidore Ndaywel joue avec le feu

Les Congolais réclament la libération des prisonniers politiques. N'est-ce pas Pierre Numbi alors Conseiller Spécial d'Alias Joseph Kabila qui a fait odieusement emprisonner Eugène Diomi Ndongala, président de la Démocratie Chrétienne ? Le G7 n'est-il pas un conglomérat des politicailleurs, ventriotes, Mabumucrates, opportunistes et profito-situationnistes qui ont contribué à l'instauration du régime dictatorial en République démocratique du Congo ? Repus, corrompus et tortionnaires veulent se "virginiser" dans la blanchisserie G7 ? "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi n'est-il pas le fourbe, roublard, grand requin qui a muselé des journalistes, bâillonné des médias et opposants lors de l'élection Louis Michel 2006 ? N'est-ce pas le même "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi qui a privé 60 millions de Congolais d'un débat démocratique inscrit dans la Constitution de la Transition qui devait opposer Jean Pierre Bemba à Alias Joseph Kabila ? N'a-t-il pas été nommé Rapporteur au Sénat par le même Alias Joseph Kabila que le fameux G7 "tente" de pourfendre ? N'est-ce pas le même Alias Joseph Kabila qui est intervenu auprès de Jacob Zuma, ex président Sudafricain pour que le procès pour proxénétisme de "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi n'ait pas lieu en Afrique du Sud ? Enfin, n'est-ce pas le même "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi du G7 qui remue ciel et terre au Sénat, pour que la loi qui protège les anciens Chefs d'Etat soit votée, afin d'accorder l'immunité à Alias Joseph Kabila ? Et Isidore Ndaywel fait du CLC le porte-parole du G7 ! Il faut arrêter de prendre les Congolais pour des idiots.

La République démocratique du Congo a besoin des hommes et femmes constants dans leurs convictions dans la marche de libération de notre pays. Isidore Ndaywel parait de plus en plus comme un mangeur à tous les râteliers !

Souvenirs, souvenirs

En 2010, Isidore Ndaywel qui est un bon enseignant universitaire avait participé aux préparatifs des festivités des 50 ans de l’indépendance de la République démocratique du Congo. Il était demeuré silencieux et n'avait même pas protesté que les Chefs d'Etat y compris Albert II, le roi des Belges aient attendu deux heures durant, sous un soleil de plomb, l'arrivée de Paul Kagamé, l'ogre de Kigali. Le Rwanda est un pays agresseur, pillard et receleur des ressources de la République démocratique du Congo !

Nous sommes le lundi 25 avril 2012 à Paris. A une semaine de la fin de campagne électorale, entre les deux tours de l'élection présidentielle. Une première en France, le candidat François Hollande organise une conférence de presse avec 300 journalistes accrédités ! La question de Freddy Mulongo pour Réveil FM International: "Monsieur Hollande, une fois élu, irez-vous XIVè sommet de Francophonie qui doit se tenir du 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa en République démocratique du Congo ? Alors qu'il y a eu hold-up électoral reconnu par les observateurs de l'Union européenne, du Centre Carter, de l'Église catholique et des Nations Unies...? Et quelle sera votre gestion du dossier 'Françafrique' ? Puisque les archives existent ma question est posée à 1h15 sur cette vidéo de la chaîne parlementaire Public Sénat !

Une fois élu, le sommet de la Francophonie à Kinshasa devient un casse-tête pour l'Elysée. Le président François Hollande devait-il y aller ou non ? Pendant ce temps, les Congolais de la diaspora s'étaient organisés pour réfuter que le sommet de la Francophonie se tienne au Congo-Kinshasa, abattoir d'êtres humains où les hold-up électoraux sont coutumiers. Maître Norbert Tricaud, avocat de notre compatriote Jean-Louis Tshimbalanga a porté plainte contre Abdou Diouf, ancien Secrétaire Général de l'OIF, qui a violé ses propres statuts. Car l'OIF défend les valeurs de la démocratie et libertés. A Paris, Isidore Ndaywel avait traité ses compatriotes Congolais de la diaspora des naïfs et rêveurs. Car, il faut le savoir, c'est le même Isidore Ndaywel, nommé par Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, qui avait pris la tête du comité national d’organisation du 14e sommet de la Francophonie, et Alias Jaynet Kabila, chapeautait alors la "commission parlementaire de supervision" du sommet de la Francophonie.

Le 14e sommet de la Francophonie avait eu lieu la semaine dernière à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Déjà dénoncé par François Hollande depuis Paris, Alias Joseph Kabila était tancé par les ONG et associations de défense des droits de l’Homme !

Lors qu'on est un converti de la 26è heure, dans la lutte de libération d'un pays, comme l'est Isidore Ndaywel, on ne joue pas au Matador. Isidore Ndaywel doit se résaisir et vite récréer la cohésion dans son équipe. Il doit recourir à l'aide des prêtres et évêques pour mieux mener sa mission. Ce n'est pas à lui de diviser son équipe pour mieux régner, il doit toujours rassembler et fédérer: forces et énergies.

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samedi 7 juillet 2018

RDC: Marie-Ange Mushobekwa sonné au Conseil des droits de l'homme !

Marie-Ange Mushobekwa, la putative ministre des droits humains.

Marie-Ange Mushobekwa a eu chaud dans la salle du Conseil des droits de l'homme, le 3 juillet dernier. Il ne fait bon d'être ministre fantoche aux droits de l'homme du régime d'imposture, d'occupation et de prédation en République démocratique du Congo. "Menteuse" professionnelle, Marie-Ange Mushobekwa va jusqu'à déclarer que les "Bana Mura" n'ont aucun lien avec le gouvernement congolais. Pire que les libertés individuelles sont garanties en RDC ! La liberté de manifester et la liberté d’opinion étaient garanties par la Constitution de la République démocratique du Congo et que les interdictions prononcées avaient été depuis levées ! On croit rêver ! Marie-Ange Mushobekwa, la putative ministre des droits de l'homme, dont les multiples déclarations ne sont jamais suivies d'effet, l'accompagnatrice de la dictature, a eu son ième douche froide au Conseil des droits de l'homme. Pas facile de défendre la RDC, un "abattoir d'êtres humains" dont tous les voyants sont au rouge, qui vient de contribuer du départ des Etats-Unis du Conseil. Que peut Marie-Ange Mushobekwa, à part faire des bruits avec sa bouche ? La blablateuse justifie des odieux crimes afin de protéger son bifteck dans un régime illégitime, illégal qui dirige par défi ! Celle qui a pris la mauvaise habitude d'enfariner le Conseil des droits de l'homme, pour montrer bonne figure, Marie-Ange Mushobekwa déclare: «Le meurtre de Michael Sharp et Zaïda Catalan, les deux experts des Nations Unies et de leurs accompagnateurs congolais ne restera pas impuni. Certains suspects ont déjà été mis aux arrêts et sont détenus à la prison centrale de Kananga ainsi que celle de Kinshasa. D’autres suspects demeurent en cavale. Nous espérons qu’avec le soutien de la Monusco, nous arriverons à mettre la main sur ces criminels». Cela fait deux ans que les experts des Nations-Unies ont été assassinés. Sur les réseaux sociaux, la vidéo de leur assassinat a même été diffusée...Les autorités de Kinshasa n'ont toujours pas mis la main sur des assassins. Même la confirmation de l'élection présidentielle au 23 décembre, n'a pas emballé la salle du Conseil: Alias Joseph Kabila est-il candidat ? Comment vont fonctionner les machines à voler ? Tous les candidats vont-ils concourir librement ?

La France a réclamé que les trois experts Ndiaye (Sénégal), Luc Côté (Canada) et Fatimata M’Baye (Mauritanie) qui ont mené l’enquête aux Kasaï puissent continuer leurs enquêtes. Malgré la solidarité de quelques pays africains dictatoriaux, la majorité des pays ont réclamé la fin de l'impunité en République démocratique du Congo. Pour aider nos lecteurs à mieux saisir ce qui s'est passé, nous mettons à votre disposition la réaction de chaque pays et des Ong sur la situation de la République démocratique du Congo.

Le Conseil des droits de l’homme a tenu, le 3 juillet dernier, à la mi-journée, un dialogue renforcé sur la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo, à l’occasion duquel il a entendu des mises à jour orales du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. Zeid Ra’ad Al Hussein; du chef de l’Équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï, M. Bacre Waly Ndiaye; et du chef par intérim du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme en République démocratique du Congo, M. Abdoul Aziz Thioye, qui s’exprimait au nom de la cheffe de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo, Mme Leila Zerrougui. Mme Marie-Ange Mushobekwa, Ministre des droits humains de la République démocratique du Congo, a également fait une déclaration.

La situation des droits de l’homme demeure un motif de grande préoccupation sur l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo, a affirmé d’emblée M. Zeid. Le Haut-Commissaire a évoqué, pour s’en alarmer, le degré de violence dans le Sud et le Nord Kivu et dans les régions des Kasaï. De même, la violence interethnique et intercommunautaire s’est poursuivie dans la province de l’Ituri entre les membres des communautés hema et lendu, avec des morts, des incendies de villages et des déplacements massifs. De leur côté, les forces armées récemment déployées auraient également commis des violations des droits de l’homme, ciblant en particulier la communauté lendu, a précisé M. Zeid. Selon le Bureau de coordination de l’aide humanitaire des Nations Unies, a ajouté le Haut-Commissaire, le conflit a entraîné le déplacement de 4,4 millions de personnes.

M. Zeid a indiqué ensuite que le Haut-Commissariat avait fourni des conseils techniques à la commission nationale d’enquête mise sur pied par le Gouvernement en réponse aux attaques brutales survenues lors des manifestations de décembre 2017 et de janvier 2018, commission dont les recommandations sont pratiquement restées lettre morte. Le Haut-Commissaire a enfin déploré le rétrécissement de l’espace public en République démocratique du Congo.

M. Waly Bacre Ndiaye a ensuite fait savoir qu’après huit mois d’enquête fondée, notamment, sur plus de 500 entretiens avec des victimes et témoins de violence dans la région du Kasaï, l’Équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï avait des motifs raisonnables de croire que, pendant la vague de violence qui touche le Kasaï depuis 2016, les forces de sécurité congolaises ainsi que les milices Kamunia Nsapu et Bana Mura ont commis de nombreuses atrocités, y compris des meurtres, mutilations, viols et d’autres formes de violences sexuelles. Les experts sont d’avis que certaines de ces exactions constituent des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre, tels que définis par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

M. Abdoul Aziz Thioye a déclaré pour sa part que l’Accord politique du 31 décembre 2016 restait la « seule voie viable » pour sortir de la crise politique et sécuritaire actuelle. Il a salué les avancées dans les préparatifs des élections du 23 décembre 2018, qui démontrent la volonté des parties prenantes à ce qu’elles se matérialisent par un transfert pacifique de pouvoir. Jugeant essentiel qu’une solution durable soit trouvée, M. Thioye a encouragé les autorités à lutter contre l’impunité de même qu’à œuvrer à la réconciliation et à la restauration de l’autorité de l’État.

Mme Marie-Ange Mushobekwa, Ministre des droits humains de la République démocratique du Congo, a regretté que le travail de terrain de l’Équipe d’experts se soit fait dans la précipitation, ce qui sème un doute sur l’authenticité de certaines éléments relevés dans ses enquêtes. Elle a néanmoins admis que des éléments des forces armées se sont rendu coupables d’atrocités dans le Kasaï. Elle a également reconnu que la milice Kamuina Nsapu avait semé la terreur pendant plusieurs mois, avait recruté de gré ou de force des enfants, les poussant à tuer tous les agents de l’État qu’ils rencontraient sur leur chemin.

À l’occasion du dialogue renforcé qui a suivi ces présentations, de nombreuses délégations* se sont exprimées. Elles ont mis l’accent sur l’ampleur de la crise en République démocratique du Congo et exhorté les autorités nationales à créer un climat propice à la tenue des élections prévues le 23 décembre prochain, avec comme condition préalable l’élargissement de l’espace dévolu à la société civile, la transparence et l’inclusion. Il a été en outre demandé au Gouvernement de respecter les engagements pris dans l’Accord politique du 31 décembre 2016 et de lutter contre l’impunité pour les crimes passés et présents. Certains orateurs ont demandé le renouvellement du mandat de l’Équipe d’experts internationaux.

Le Conseil poursuivait ses travaux en fin d’après-midi pour entendre la mise à jour orale du Haut-Commissariat concernant la coopération avec l’Ukraine et l’assistance dans le domaine des droits de l’homme – mise à jour qui sera suivie d’un dialogue interactif.

Dialogue interactif renforcé sur la République démocratique du Congo

Dans sa résolution 35/33, le Conseil a prié le Haut-Commissaire de dépêcher une équipe d’experts internationaux, notamment des experts de la région, afin de réunir et de conserver des informations, d’établir les faits et les circonstances concernant des violations présumées des droits de l’homme ou d’atteintes à ces droits et des violations du droit international humanitaire dans les régions du Kasaï. Dans la même résolution, le Conseil a prié le Haut-Commissaire de lui présenter un rapport d’ensemble avec les conclusions de l’équipe, et d’inviter cette dernière à participer à un dialogue à sa trente-huitième session. Dans sa résolution 36/30, le Conseil a par ailleurs prié le Haut-Commissariat de lui présenter un compte rendu oral sur la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo à sa trente-huitième session, dans le cadre d’un dialogue interactif renforcé.

Le rapport de l’Équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï est publié sous la cote A/HRC/38/31 (version préliminaire).

Présentations

M. ZEID RA’AD AL HUSSEIN, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a déclaré que le dialogue international est à la fois important et arrive à point nommé, la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo demeurant un motif de grande préoccupation sur l’ensemble du territoire. En effet, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) a répertorié un nombre croissant de violations, soit 2858 entre janvier et mai derniers, par rapport à 2332 pour la même période en 2017; et l’ampleur réelle de ces violations est certainement encore plus grande, a indiqué le Haut-Commissaire. Ainsi, la situation en matière de sécurité va en se détériorant dans plusieurs régions, avec un impact dramatique sur les civils, a-t-il souligné.

M. Zeid a plus particulièrement exprimé sa préoccupation face au degré de violence dans le Sud-Kivu et le Nord-Kivu et dans les régions des Kasaï, notant une activité accrue des Nyatura et d’autres groupes armés Mayi-Mayi dans le Nord-Kivu, ainsi que de la coalition Mayi-Mayi dirigée par William Yakutumba, particulièrement active dans le Sud-Kivu et, plus récemment, dans la province de Maniema.

La violence interethnique et intercommunautaire s’est également poursuivie dans la province de l’Ituri entre les membres des communautés Hema et Lendu, avec des morts, des incendies de villages et des déplacements massifs, a poursuivi le Haut-Commissaire. Les forces armées récemment déployées auraient également commis des violations des droits de l’homme, ciblant en particulier la communauté Lendu, a-t-il ajouté.

La situation dans les régions des Kasaï est tout aussi inquiétante, avec de graves abus à l’encontre des civils de la part des groupes armés et de multiples violations commises par les forces de sécurité et de défense congolaises en réponse aux activités de ces milices, a en outre fait observer M. Zeid. Il a noté, à cet égard, que conformément à la résolution 35/33 du Conseil, le Haut-Commissariat avait aussi assisté l’enquête des autorités militaires dans les régions des Kasaï avec deux missions d’experts en médecine légale, en protection des témoins et autres experts judiciaires.

Du fait de ces conflits, et d’autres encore, un très grand nombre de personnes ont dû fuir leurs foyers et abandonner leurs moyens de subsistance, ce qui aggrave leur vulnérabilité aux violations mentionnées, en particulier pour ce qui est des femmes et des enfants. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires (BCAH) fait actuellement état de 4,4 millions de personnes déplacées dans la République démocratique du Congo, a précisé M. Zeid.

Le Haut-Commissaire a fortement exhorté les autorités à respecter leurs obligations au regard du droit international et du droit international humanitaire dans toutes les zones de conflit: Bas-Uélé, Haut-Uélé, Sud et Nord-Kivu, Maniema, Tanganyika et les régions des Kasaï. Il a en outre exhorté à davantage d’efforts pour la reddition de comptes des responsables de violations, y compris les auteurs de violence sexuelle liée au conflit, surtout lorsqu’il s’agit d’agents étatiques. M. Zeid a indiqué que des membres des forces armées congolaises (FARDC) semblent être responsables d’un gros tiers des violations et abus, y compris de violence sexuelle, que le Bureau conjoint aux droits de l’homme a documentés dans toutes les zones de conflit depuis le début de cette année. Ces crimes ne sont pas uniquement préjudiciables aux victimes; ils affectent aussi la crédibilité des autorités chargées de la protection, ce qui pousse les gens à créer des groupes d’auto-défense illégaux ou à s’affilier à de tels groupes, a fait observer le Haut-Commissaire. Il a en conséquence exhorté le Gouvernement à prendre les mesures nécessaires à la poursuite des auteurs de ces violations.

Le Haut-Commissaire a par ailleurs noté qu’au cours des derniers mois, peu de progrès ont été accomplis dans la reddition de comptes pour les crimes passés. En avril dernier, un lieutenant-colonel a été condamné à 20 ans de prison par le tribunal militaire du Sud-Kivu pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, y compris esclavage sexuel, pillage et attaques contre des civils commis entre 2005 et 2007.

M. Zeid a ajouté rester aussi troublé par les nombreuses violations des normes du droit international et des principes associés au droit des gens de participer à l’espace démocratique, ce qui fait planer des doutes sérieux sur la crédibilité des élections, longtemps reportées et prévues maintenant pour le 23 décembre 2018. Aucun progrès non plus n’est à noter dans l’application de mesures de confiance telles que stipulées dans l’accord politique du 31 décembre 2016, notamment pour ce qui est du respect des droits à la liberté d’opinion, d’expression et de réunion pacifique, de la remise en liberté de tous les prisonniers politiques et de la reddition de comptes pour les violations des droits de l'homme. L’impunité est monnaie courante, ce qui sape la confiance de l’opinion publique dans les engagements du Gouvernement, a fait observer le Haut-Commissaire.

M. Zeid a ensuite indiqué que le Haut-Commissariat avait fourni des conseils techniques à la commission nationale d’enquête mise sur pied par le Gouvernement en réponse aux attaques brutales survenues lors des manifestations de décembre 2017 et de janvier 2018. Publié en mars, le rapport de la commission a conclu que les membres de la police et de l’armée avaient effectivement commis des violations des droits de l’homme, notamment par l’usage excessif de la force. Ce rapport formule un éventail de recommandations pertinentes, en particulier pour ce qui vise à lever l’interdiction des manifestations publiques et à restreindre le recours à l’armée durant les manifestations. M. Zeid a toutefois regretté que, jusqu’à présent, la plupart de ces recommandations n’aient pas été appliquées et que le rapport consolidé n’ait été transmis au Ministère de la justice que la semaine dernière. Au contraire, les autorités ont continué à interdire, ou réprimer, les activités organisées par la société civile et les partis d’opposition, a déploré M. Zeid. Le Haut-Commissariat a relevé 61 violations du droit à la liberté d’assemblée entre mars et mai derniers, a-t-il indiqué. D’autre part, l’intimidation à l’endroit des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes s’est intensifiée, certains recevant régulièrement des menaces contre leur vie et leur famille. M. Zeid a aussi fait état de multiples cas d’arrestations et de détentions arbitraires de la part des forces de sécurité. Le maintien en détention incommunicado durant de longues périodes aux mains des services de renseignement et sans aucun examen judiciaire est un autre sujet de grave préoccupation et doit être interdit, a ajouté le Haut-Commissaire.

M. Zeid a signalé que la législation en cours de préparation semble viser une restriction encore plus forte des libertés publiques et du rôle de la société civile, en particulier pour ce qui est des projets de loi sur le terrorisme, sur la protection et les responsabilités des défenseurs des droits de l’homme (actuellement devant le Parlement) et sur la réglementation du travail des organisations à but non lucratif. Le Haut-Commissaire a vivement encouragé les parlementaires à s’abstenir d’adopter ces textes, qui ne respectent pas les droits de l’homme de la population.

Le Haut-Commissaire a conclu que dans la perspective des élections, le Gouvernement gagnerait à pleinement respecter ses engagements au titre de l’accord politique du 31 décembre 2016, y compris pour ce qui est de libérer tous les prisonniers politiques. Des mesures visant à assurer le respect des droits de l'homme permettraient en outre de traiter nombre des causes profondes du conflit qui ravage désormais la République démocratique du Congo, a souligné M. Zeid. La sécurité, tant au niveau national qu’au niveau international, ne peut être obtenue que lorsque les droits et la sécurité des individus sont garantis, a-t-il rappelé. Il a conclu en soulignant qu’à travers la coopération technique et la supervision, le travail du Haut-Commissariat apporte une assistance vitale aux autorités, y compris dans le contexte du processus électoral.

M. ABDOUL AZIZ THIOYE, chef par intérim du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme en République démocratique du Congo (BCNUDH), s’est exprimé au nom de la cheffe de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), Mme Leila Zerrougui, en précisant que cette dernière n’était pas en mesure de se présenter devant le Conseil. Il a fait observer que des progrès ont été accomplis en République démocratique du Congo et a plus particulièrement mentionné la mise en place par la Ministre des droits de l'homme d’une commission chargée d’enquêter sur la répression violente de manifestations pacifiques des 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018; il a toutefois regretté que la plupart des recommandations de cette commission restent encore à mettre en œuvre plus de trois mois après la publication de son rapport.

L’accord du 31 décembre 2016 reste la seule voie viable pour sortir de la crise politique et sécuritaire actuelle, a poursuivi M. Thioye. Il a salué les avancées dans la préparation des élections du 23 décembre prochain, qui démontrent la volonté des parties prenantes à ce que ces élections donnent lieu à un transfert pacifique de pouvoir. Les engagements répétés du Gouvernement à garantir les libertés publiques et les droits civils et politiques doivent se concrétiser pleinement afin d’ouvrir l’espace démocratique et de créer les conditions nécessaires pour un processus électoral apaisé, inclusif, indépendant et crédible, a insisté M. Thioye. Il a en outre exhorté les autorités de la République démocratique du Congo à adopter une approche constante en matière de gestion des manifestations et réunions publiques, dans le strict respect de la Constitution et sans aucune considération liée à l’appartenance politique des organisateurs.

Les privations de liberté de longue durée et au secret (incommunicado) aux mains des services de renseignement doivent aussi cesser, a déclaré M. Thioye. Les représentants de la société civile, les défenseurs des droits de l'homme et les journalistes contribuent à consolider l’expression démocratique et doivent pouvoir exercer librement leurs activités légitimes sans entrave ni intimidation, a-t-il insisté.

Par ailleurs, la situation humanitaire continue à être préoccupante, a poursuivi M. Thioye. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a souligné que 3,8 millions de personnes, dont 2,3 millions d’enfants, avaient besoin d’aide dans la région du Kasaï. En outre, des milliers d’enfants qui avaient été enrôlés dans les milices manquent aujourd’hui du soutien nécessaire pour réintégrer leurs familles et leurs communautés. Dans cette région, les conclusions de l’Équipe d’experts indépendants mandatée par le Conseil sont très importantes pour aider les autorités congolaises à assurer la reddition de comptes face aux violations massives des droits de l'homme, prévenir leur récurrence et fournir des réparations aux victimes. Il est essentiel qu’une solution durable soit trouvée, en luttant contre l’impunité, pour la réconciliation et pour restaurer l’autorité de l’État, a insisté M. Thioye. En conclusion, il s’est fait la voix de l’engagement plein et entier de la MONUSCO pour aider les autorités de la République démocratique du Congo à faire face aux défis en matière de droits de l'homme.

M. BACRE WALY NDIAYE, chef de l’Équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï, a déclaré qu’après huit mois d’enquête fondée sur plus de 500 entretiens avec des victimes et témoins de violence dans la région du Kasaï, ainsi que sur des informations provenant d’autres sources, sur la base des informations collectées, vérifiées et corroborées, l’Équipe a des motifs raisonnables de croire que pendant la vague de violence qui touche le Kasaï depuis 2016, les forces de défense et de sécurité congolaise (FARDC), la milice Kamunia Nsapu et les milices Bana Mura ont commis de nombreuses atrocités, y compris des meurtres, mutilations, viols et autres formes de violences sexuelles. Les experts sont d’avis que certaines des exactions commises par les FARDC et ces milices constituent des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre tels que définis par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) ainsi que de graves violations et atteintes aux droits de l'homme.

Le chef de l’Équipe a expliqué que la situation dans cette région est complexe et les acteurs de violence sont multiples. La milice Kamunia Nsapu, majoritairement composée de personnes issues de la communauté Luba, est née d’un conflit coutumier et d’un mouvement politico-coutumier qui s’opposait aux autorités étatiques. Grace à un système de recrutement bien organisé et à la mise en place de tshiota (ou foyers initiatiques), la milice s’est vite propagée, a su organiser et planifier des attaques contre les signes de l’État congolais. La réaction des FARDC face à cette expansion a été brutale. Par ailleurs, les milices Bana Mura, composées en grande majorité de jeunes hommes de l’ethnie Chokwe, ont été créées localement en réaction à l’arrivée de milices Kamunia Nsapu dans leurs zones.

Il existe des liens plus ou moins étroits entre les FARDC et ces milices Bana Mura, tant elles ont conduit ensemble des opérations contre les Kamunia Nsapu. Mais à ce jour, l’Équipe n’a pas pu établir l’existence d’une chaîne de commandement commune entre ces deux entités, a précisé M. Ndiaye.

Il a souligné que les membres de son Équipe ont été choqués par l’ampleur et la brutalité des crimes commis par tous les acteurs de la crise au Kasaï. Alors que les violences ont touché toutes les populations, les enfants ont particulièrement été affectés, a-t-il ajouté. La milice Kamunia Nsapu a recruté massivement des enfants, souvent sous la contrainte, et les a utilisés en première ligne, souvent non armés sinon de simples bâtons. De nombreux enfants sont morts lors des combats contre les FARDC qui étaient, elles, équipées d’armes automatiques et tiraient sans sommation, faisant un usage disproportionné de la force, a indiqué le chef de l’Équipe d’experts. Les femmes ont également représenté un grand nombre des victimes, notamment des victimes de viols et d’autres formes de violence sexuelle.

Les attaques menées dans les villages par les FARDC, les Bana Mura et les Kamunia Nsapu ont forcé des milliers de personnes à fuir dans la brousse. Les femmes ont été confrontées à des miliciens qui leur laissaient le choix entre le viol par un ou plusieurs hommes et la mort; d’autres ont été réduites en esclavage, a précisé M. Ndiaye.

Selon l’Équipe d’experts, le problème de l’impunité reste très sérieux en République démocratique du Congo, compte tenu de l’ampleur des crimes commis, a souligné M. Ndiaye. Aussi, l’Équipe présente-t-elle une série de recommandations, essentiellement dans le domaine judiciaire, afin que les auteurs des crimes odieux soient jugés et les victimes rétablies dans leurs droits, a conclu son chef.

MME MARIE-ANGE MUSHOBEKWA, Ministre des droits humains de la République démocratique du Congo, a rappelé que, dans les provinces du Kasaï, le « phénomène Kamuina Nsapu » n’était au départ qu’un mouvement créé sur la base de revendications coutumières, mais qui s’est transformé en groupe terroriste. Elle a déploré que certains acteurs politiques, tant sur le plan national qu’international, aient voulu instrumentaliser le drame de la région à des fins politiques. C’est pourquoi le Gouvernement de la République démocratique du Congo a soutenu la résolution 35/33 du Conseil des droits de l'homme, votée le 23 juin 2017, pour permettre la manifestation de la vérité sur cette situation, et a accueilli favorablement la désignation de l’Équipe d’experts internationaux en lui apportant sa totale coopération, conscient qu’aucune paix, aucune réconciliation ne serait possible sans justice.

Indiquant revenir du Kasaï, la Ministre a regretté que le travail de terrain de l’Équipe d’experts se soit fait dans la précipitation, ce qui sème un doute quant à l’authenticité de certaines éléments relevés dans ses enquêtes. Mme Mushobekwa a indiqué qu’elle n’entendait pas pour autant rejeter en bloc le travail de l’Équipe d’experts et a reconnu que certains éléments des forces armées se sont rendu coupables d’atrocités dans le Kasaï. Elle a également reconnu que la milice Kamuina Nsapu avait semé la terreur pendant plusieurs mois et avait recruté de gré ou de force des enfants, les poussant à tuer tous les agents de l’État qu’ils rencontraient sur leur chemin.

Les principes des droits de l'homme sont universels et il n’y a donc pas de bons et de mauvais crimes, a poursuivi la Ministre des droits humains. « Tous les crimes sont condamnables et doivent être condamnés », a-t-elle insisté, précisant que son Gouvernement avait déjà mis aux arrêts les trois quarts des policiers et militaires coupables de crimes, alors que d’autres sont recherchés. Pour certains, les procès ont déjà commencé, a précisé Mme Mushobekwa.

Concernant les manifestations du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, les conclusions des enquêtes initiées par le Gouvernement à travers le Ministère des droits humains ont répertorié 14 morts et 32 blessés par balles et ont été transmises à la justice pour engager des poursuites contre tous les auteurs de ces crimes, a ajouté la Ministre.

S’agissant enfin du processus électoral, Mme Mushobekwa a confirmé une fois de plus que les élections présidentielles et législatives nationales et provinciales auront bien lieu le 23 décembre 2018.

Dialogue interactif renforcé

L’Autriche, au nom de l’Union européenne, s’est dite très préoccupée par la situation de crise profonde que traverse actuellement la République démocratique du Congo sur le plan humanitaire et sur celui des droits de l’homme. L’Autriche s’est alarmée de l’ampleur des violences sexuelles dans les provinces de l’Ituri, des Kivu, du Tanganyika et des Kasaï. Elle a condamné avec la plus grande fermeté l’usage d’enfants soldats et les violences commises par les milices Kamuina Nsapu contre la population et les représentants de l’autorité publique. L’Autriche a en outre insisté sur l’importance de poursuivre, d’une manière crédible, légitime, consensuelle et inclusive, le processus électoral qui devrait conduire aux élections présidentielles et législatives prévues pour le 23 décembre prochain.

Le Togo, au nom du Groupe africain, a félicité le Gouvernement de la République démocratique du Congo pour sa bonne coopération avec l’Équipe d’experts internationaux, à laquelle il a facilité l’accès au pays, aux sites et aux personnes que les experts ont souhaité rencontrer. Le Togo a en outre regretté la publication tardive du rapport d’experts.

La République tchèque a appelé le Gouvernement de la République démocratique du Congo à la mise en œuvre des recommandations qui lui sont faites, soulignant que les violations systématiques perpétrées par les forces étatiques et des milices armées peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. La République tchèque a souligné l’importance de lutter contre l’impunité, y compris pour ce qui est des responsables d’assassinats du personnel humanitaire et de l’ONU.

L’Allemagne a lancé un appel en vue de la prorogation du mandat de l’Équipe d’experts internationaux, avant de se dire alarmée par les violences et par le recours permanent à l’enrôlement forcé d’enfants, qu’elle a condamnés. L’Allemagne a en outre espéré que les élections se tiendront conformément aux résolutions pertinentes. L’Estonie a encouragé le Gouvernement de la République démocratique du Congo à poursuivre sa coopération. Elle s’est inquiétée des conséquences humanitaires du déplacement de plus d’un million de personnes dans les pays voisins. L’Estonie a exhorté à la libération des enfants soldats et à leur réinsertion. Elle a aussi plaidé pour que s’ouvre la voie vers la justice pour toutes les victimes du conflit – un conflit dont il convient aussi d’analyser les causes profondes, a souligné l’Estonie.

La Belgique a relevé que le rapport mentionne certaines exactions commises par les forces de sécurité et les milices Bana Mura et Kamuina Nsapu contre la population – y compris des meurtres à grande échelle, des viols et autres formes de violence sexuelle, des exécutions extrajudiciaires, l’usage excessif de la force et les destructions intentionnelles de villages, d’hôpitaux et d’écoles – qui constituent des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. La Belgique a souligné l’importance de la lutte contre l’impunité et de la réconciliation, deux aspects essentiels pour garantir la non-répétition des violences.

La France a dit prendre note avec la plus grande préoccupation des conclusions des experts. Elle a estimé qu’il était indispensable que toute la lumière soit faite sur les crimes décrits et que leurs auteurs soient traduits en justice. La France considère aussi que le mandat des experts doit être renouvelé. Elle a fait observer par ailleurs que le retour à la stabilité en République démocratique du Congo dépendait de la tenue, à la date prévue, soit le 23 décembre 2018, d’élections libres, crédibles et transparentes, conduisant à une alternance démocratique du pouvoir.

Vu la gravité des crimes relevés par les experts, la Suisse a recommandé que le mandat de ces derniers soit renouvelé pour un an supplémentaire; et que leurs recommandations soient suivies d’effets, de même que celles de la commission nationale d’enquête. La Suisse a demandé comment la communauté internationale pouvait aider la République démocratique du Congo à appliquer ces recommandations. L’Australie a voulu savoir quelles mesures le Gouvernement congolais envisageait de prendre pour traduire en justice les auteurs des crimes recensés par les experts.

Le Soudan a, pour sa part, remarqué que le Gouvernement de la République démocratique du Congo avait coopéré avec le Conseil et pris des mesures pour résoudre les problèmes qui se posent. Le Soudan estime que la République démocratique du Congo doit continuer de bénéficier de l’assistance technique et de mesures de renforcement de ses capacités. L’Espagne a elle aussi reconnu l’effort de coopération de la République démocratique du Congo. Elle a appelé de ses vœux une politique de réconciliation nationale afin d’éviter que les violences intercommunautaires ne se poursuivent.

Le Botswana a jugé déplorable que la situation dans le Kasaï ait conduit à une crise humanitaire qui a entraîné 1,4 million de personnes déplacées et 35 000 réfugiés. Il a appelé toutes les parties prenantes à ne pas entreprendre d’action susceptible de saper la stabilité politique et la sécurité. Le Botswana a considéré important que la communauté internationale fournisse l’aide nécessaire aux victimes. La Chine a espéré que les parties au conflit donneraient la priorité à la stabilité. Elle a recommandé aux pays de la région d’appliquer l’accord-cadre d’Addis-Abeba. La communauté internationale doit aussi fournir une assistance constructive et répondre aux problèmes humanitaires, a demandé la Chine.

Le Royaume-Uni s’est dit troublé par les violations des droits de l'homme commises par la milice Kamuina Nsapu et par les forces de sécurité, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre ou contre l’humanité. Pour résoudre les causes profondes de la violence, le Royaume-Uni a demandé au Gouvernement congolais d’appliquer l’Accord du 31 décembre et d’organiser des élections crédibles et inclusives en décembre prochain. Le Royaume-Uni a demandé à l’Équipe d’experts de quelle coopération elle avait bénéficié de la part du Gouvernement s’agissant de l’enquête sur le meurtre de deux experts de l’ONU, en mars 2017.

Les Pays-Bas se sont dit choqués et horrifiés par l’échelle des atrocités commises dans les Kasaï par les forces de sécurité et les milices Kamuina Nsapu et Bana Mura. Ils ont exprimé leur profonde préoccupation à propos du manque total de protection des enfants dans ce cycle de violence. Les Pays-Bas ont souligné l’importance de l’existence d’un espace politique dans le pays, en particulier en cette année électorale. L’Irlande a appelé tous les groupes armés à cesser immédiatement le recrutement d’enfants soldats et à renvoyer dans leur famille ceux qui sont encore dans leurs rangs. Elle a souligné la nécessité d’une solution politique durable pour mettre fin à la violence.

L’Érythrée a salué les efforts fournis par le Gouvernement congolais pour assurer la sûreté et la sécurité de ses citoyens dans toutes les régions du pays. L’Érythrée a estimé que la République démocratique du Congo avait besoin d’un renforcement de ses capacités et de ses ressources, sur la base de ses propres priorités, pour parvenir à une solution durable. L’Érythrée a appelé le Conseil à abandonner la procédure existante et, en lieu et place, à renforcer son partenariat constructif avec la République démocratique du Congo. L’Égypte a félicité le Gouvernement congolais pour ses efforts et l’a prié de les renforcer pour améliorer la situation des droits de l'homme. Le représentant égyptien a plaidé pour une approche globale de l’assistance technique et du renforcement des capacités.

Le Mozambique a noté avec préoccupation l’implication des forces de défense aussi bien que des milices Kamuina Nsapu et Bana Mura dans la commission de nombreuses atrocités: il a demandé à l’Équipe d’experts d’aider la République démocratique du Congo à en identifier les causes structurelles. L’Algérie a exhorté le pays à poursuivre ses efforts en matière de promotion et de protection des droits de l'homme et a appelé la communauté internationale à lui fournir le soutien requis.

L’Angola a lancé un appel aux acteurs du processus de régularisation pour qu’ils surmontent leurs divergences et construisent des espaces de convergence pour la paix, la sécurité, la stabilité et la réconciliation nationales.

La Nouvelle-Zélande s’est dite préoccupée par les violences systématiques et généralisées contre les civils appartenant à certains groupes ethniques. La Nouvelle-Zélande est également troublée par l’usage excessif de la force par les forces de sécurité et de défense contre des manifestants; elle a exhorté le Gouvernement à autoriser l’exercice des droits de réunion pacifique et d’expression. La Nouvelle-Zélande a aussi plaidé pour des enquêtes judiciaires transparentes et indépendantes sur toutes les violations des droits de l'homme.

Plusieurs organisations non gouvernementales ont participé au débat interactif renforcé. La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) a salué les conclusions des experts, rappelant que des organisations membres de la Fédération avaient déjà documenté de tels crimes. Alors que l’impunité continue de régner en République démocratique du Congo, la Ligue est préoccupée par le fait que, dans le contexte des élections prévues pour décembre, si rien n’est fait pour mettre un terme à ce climat, la situation se détériorera davantage.

Human Rights Watch a également exprimé des préoccupations quant au climat d’impunité qui prévaut dans le pays, avec seulement « quelques suspects et criminels de bas niveau » arrêtés, alors que la violence ne cesse de croître dans les provinces de l’Ituri et que des civils sont toujours ciblés au Kivu et dans la province du Tanganyika. Toute cette violence est exacerbée par le climat politique qui règne en République démocratique du Congo, et en particulier par le fait que le Président Kabila est resté au pouvoir bien au-delà de son mandat constitutionnel en reportant à chaque fois la tenue des élections, a expliqué la délégation.

Mais, selon l’Association Dunenyo, les élections prévues en décembre 2018 pourraient bien ne pas se tenir, tant les signes qui remontent du terrain sont inquiétants. Partout dans les rues de Kinshasa, la capitale, des affiches appellent « le Président hors-mandat » à se présenter à nouveau, en violation de la Constitution et de l’Accord de la Saint-Sylvestre. De telles méthodes sont de nature à créer un climat qui justifiera un report des élections, permettant au Président de continuer de rester au pouvoir, au risque d’un soulèvement populaire qui pourrait avoir de graves conséquences dans le pays, mais aussi dans la sous-région, a prévenu la délégation.

L’Action internationale pour la paix et le développement dans la région des Grands Lacs a également exprimé des inquiétudes quant à tenue des élections, à leur régularité et à leur transparence. Le Gouvernement veut ainsi imposer des « machines à tricher » non prévues par le code électoral; et, dans un rapport, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a comptabilisé plus de 20 millions de faux électeurs dans les listes électorales. Quant au « Président hors-mandat », il ne fait plus mystère de son intention de se présenter aux élections, a regretté l’ONG.

La Fédération internationale de l'ACAT Action des chrétiens pour l'abolition de la torture - FIACAT s’est pour sa part inquiétée des restrictions de l’espace démocratique, avec notamment la détention de militants de l’organisation Filimbi, de défenseurs des droits de l'homme ou d’opposants. La préparation d’une nouvelle loi sur la réglementation des organisations non gouvernementales imposera des conditions drastiques à leur création, a mis en garde la représentante. Franciscain international a exprimé les mêmes inquiétudes, déplorant par exemple que l’interdiction de manifestation publique soit toujours en vigueur. Dans le contexte des élections à venir, l’ONG a recommandé la prise de mesures de « décrispation politique » dans le pays, comme la libération des prisonniers politiques.

World Evangelical Alliance a demandé si les experts avaient noté un quelconque rôle des entreprises multinationales dans les violences au Kasaï, région connue pour son sous-sol très riche en minerais.

Amnesty International s’est alarmée de l’incapacité des autorités congolaises de poursuivre les auteurs des violations graves des droits de l’homme sur leur territoire, seuls deux cas ayant fait l’objet d’une enquête. Amnesty s’est aussi inquiétée de la suppression de la liberté d’expression et du manque d’obligation redditionnelle en République démocratique du Congo. L’ONG a appelé les autorités à remédier à cette situation et le Conseil à renouveler le mandat des experts internationaux.

Les défenseurs des droits de l’homme sont menacés dans l’exercice de leur travail en République démocratique du Congo, a fait remarquer Le Service international pour les droits de l'homme, qui a aussi encouragé les autorités de ce pays à mener des enquêtes impartiales pour établir les faits et juger les auteurs des violations des droits de l’homme commises par toutes les parties. L’ONG a également fait état de lois sur les associations et la société civile qui viendront encore limiter l’espace dévolu aux défenseurs des droits de l’homme en République démocratique du Congo.

Réponses et conclusions

M. ZEID a fait part de sa surprise après les propos de la Ministre des droits humains de la République démocratique du Congo, qui a assuré que les trois quarts des policiers et soldats coupables de crimes avaient été arrêtés. Le Haut-Commissaire a prié la Ministre de donner des éléments concrets, car ses affirmations sont en contradiction avec les informations reçues par le Haut-Commissariat. Par ailleurs, le Haut-Commissaire a critiqué le projet de loi sur les défenseurs des droits de l'homme car il se concentre plus sur la définition et les activités des défenseurs que sur la nécessité de les protéger. M. Zeid a estimé que cette loi aurait des effets négatifs sur la liberté d’association.

M. THIOYE a souligné que le Haut-Commissariat restait prêt à aider la République démocratique du Congo à renforcer ses capacités.

M. NDIAYE a fait observer que l’Équipe d’experts avait pu travailler grâce à la coopération franche avec le Gouvernement. S’agissant de la capacité de la justice congolaise, le chef de l’Équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï a reconnu que l’assistance technique n’avait pas été suffisante pour l’amener à la hauteur des crimes commis. M. Ndiaye a souligné la nécessité d’un processus de transition en République démocratique du Congo, pour comprendre les raisons de la crise et pour permettre à la population de prendre part à son avenir.

MME MUSHOBEKWA a remercié le Haut-Commissaire pour son soutien et son accompagnement dans l’amélioration de la situation des droits de l'homme en République démocratique du Congo. La Ministre a aussi remercié l’Équipe d’experts internationaux, estimant qu’il faudrait renouveler son mandat car plus d’éléments sont nécessaires et il faut que justice soit rendue. Pour répondre aux interrogations des délégations, Mme Mushobekwa a indiqué que des enquêtes crédibles avaient été menées après les violences commises par les forces de sécurité lors des manifestations du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, et a assuré que justice serait rendue. Au sujet de l’organisation des élections de décembre 2018, la Ministre a assuré que son Gouvernement veillait à en assurer la crédibilité afin que tous se plient au verdict des urnes.

En ce qui concerne l’organisation de manifestations publiques, Mme Mushobekwa a rappelé que la liberté de manifester et la liberté d’opinion étaient garanties par la Constitution de la République démocratique du Congo et que les interdictions prononcées avaient été depuis levées. Quant à la question sur les militants détenus, elle a reconnu qu’ils avaient été détenus pendant cinq mois, que les services de renseignement n’avaient pas l’obligation d’en informer son Ministère des droits humains et qu’elle ne pouvait pas se substituer aux juges et tribunaux. Mme Mushobekwa a admis également la nécessité de renforcer les capacités des policiers en matière de droits de l'homme, certains commettant parfois des bavures par manque de connaissance, a-t-elle expliqué. Un plan de formation des policiers et militaires a été mis en place, a-t-elle annoncé, espérant que les mêmes erreurs ne seraient pas commises de nouveau.

Quant à la milice Bana Mura, elle n’est en aucun cas liée au Gouvernement congolais, a assuré la Ministre. Au sujet des allégations de femmes esclaves sexuelles dans la province du Kasaï, Mme Mushobekwa en a informé les Ministères de l’intérieur et de la défense pour qu’ils les recherchent et les libèrent et a demandé des précisions à la MONUSCO. Mais, a-t-elle annoncé, seulement trois femmes ont été retrouvées.

Concernant la loi sur les défenseurs des droits de l'homme, la Ministre a précisé que le Gouvernement congolais avait soutenu le projet de loi voté par les sénateurs, mais ensuite amendé dans un autre sens par les députés.

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mercredi 27 juin 2018

Conseil des droits de l'homme: Débat sur les situations aux droits de l'homme

Le Conseil des droits de l’homme a tenu cet après-midi son débat général sur les situations relatives aux droits de l'homme qui requièrent son attention. Il a donné la parole à plus d’une trentaine d’États* et près d’une centaine d’organisations non gouvernementales** (ONG). En fin de séance, dix-huit pays ont en outre exercé leur droit de réponse.

Durant ce débat, les intervenants ont évoqué les situations des droits de l'homme qui les préoccupent, appelant le Conseil à l’action, notamment face à la restriction de l’espace démocratique et plus particulièrement face aux restrictions à la liberté d’expression et à la liberté de la presse dans différentes régions le monde. Un certain nombre de délégations se sont inquiétées des persécutions à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et des avocats.

De nombreuses délégations ont aussi dénoncé les discriminations à l’encontre de minorités, particulièrement en Asie. Plusieurs intervenants ont en outre dénoncé le recours à la peine de mort dans différents États.

Certains pays ont pour leur part dénoncé la politisation et la sélectivité dont sont selon eux empreints les travaux du Conseil au titre de ce point de l’ordre du jour, s’opposant ainsi à la pratique qui consiste à jeter l’opprobre sur certains pays pour les déstabiliser en sapant ainsi leur souveraineté.

Avant de clore ce débat général, le Conseil a entendu les délégations des pays suivants exercer leur droit de réponse: Grèce, Cambodge, Venezuela, Inde, Égypte, Iran, Chine, Turquie, Soudan, Brésil, Philippines, République de Corée, République démocratique populaire lao, Japon, Cuba, Iraq, Pakistan, République populaire démocratique de Corée.

Le Conseil poursuivait ses travaux en fin de journée en entendant la présentation du rapport du Forum sur les entreprises et les droits de l’homme et en entamant son débat général sur les organismes et mécanismes de protection des droits de l’homme.

Situations relatives aux droits de l’homme qui requièrent l’attention du Conseil

Débat général

Le Pakistan, au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a porté à l’attention du Conseil des situations graves, notamment l’intolérance contre les minorités musulmanes qui se traduit par l’assassinats de représentants religieux ou les agressions contre des femmes voilées. Chaque pays a le droit souverain d’édicter ses lois, mais l’on observe une « mosaïque de la haine », ce qui ne peut être qu’intolérable, a déclaré le Pakistan. Il a prié le Conseil d’inscrire cette question dans ses débats thématiques et dans les travaux du Haut-Commissaire. Les violations à l’encontre des Rohingya, des Cachemiris et ou des Azerbaïdjanais déplacés internes ne sont que la partie émergée de l’iceberg, a souligné la délégation pakistanaise.

La République bolivarienne du Venezuela, au nom du Mouvement des pays non alignés, a condamné sans équivoque la sélectivité qui prévaut dans l’examen des questions relatives aux droits de l’homme, ce qui sape l’esprit de coopération et de dialogue constructif.

La Bulgarie, au nom de l’Union européenne, a renvoyé à ses déclarations lors des débats sur la situation des droits de l’homme au Bélarus, au Myanmar, en Érythrée, en Syrie et au Burundi. Elle a ensuite appelé la République populaire démocratique de Corée à mettre immédiatement fin aux violations de droits de l'homme et a espéré que la dynamique actuelle dans la péninsule de Corée favorisera les conditions d’un progrès dans le domaine des droits de l’homme. Elle a par ailleurs exhorté la Chine à remettre en liberté Gui Minhai et tous les défenseurs des droits de l’homme détenus, ainsi qu’à diligenter des enquêtes sur les cas allégués de mauvais traitements et de torture en détention. Elle s’est aussi inquiétée de l’expansion des camps de rééducation dans le Xinjiang. L’Union européenne a aussi attiré l’attention sur la situation des droits de l’homme aux Philippines, notamment la destitution du Procureur Sereno. Au Cambodge, elle a appelé à la libération du chef de l’opposition Kem Sokha. Elle a en outre réitéré sa profonde inquiétude face à l’usage excessif de la force au cours des manifestations à Gaza. Elle a aussi évoqué les situations en Égypte, en Fédération de Russie, en Turquie, au Venezuela et au Pakistan.

Le Venezuela, au nom d’un groupe de pays, a condamné les violations des droits de l’homme de la part de tous les États. Il a aussi fait part de sa préoccupation face au recours à des résolutions visant des pays en particulier au sein du Conseil. Le Venezuela a dénoncé la politisation et la sélectivité des travaux du Conseil, notamment la pratique consistant à jeter l’opprobre sur certains pays, souvent en vue de saper leur souveraineté. L’examen périodique universel (EPU) est l’outil adéquat pour examiner la situation des droits de l’homme dans tous les pays, sur la base de la coopération et du dialogue, a insisté le Venezuela.

La Belgique a déploré les exécutions extrajudiciaires de suspects, dont des mineurs, dans le cadre de la lutte contre la drogue aux Philippines. Elle a également condamné la répression brutale, avec de nombreux morts, blessés et disparus, au Nicaragua. La Belgique s’est aussi dite inquiète au sujet de la situation des droits de l’homme dans le contexte préélectoral au Cambodge et aux Maldives. La Belgique est en outre préoccupée par l’érosion de la démocratie et de l’état de droit au Venezuela. Elle a par ailleurs dit partager les inquiétudes du Haut-Commissaire concernant la situation dans les territoires palestiniens occupés.

Le Pakistan a dénoncé la montée du nationalisme chauvin en Europe, qui entraîne des attaques ciblées contre les musulmans et d’autres migrants. L’Union européenne et ses États membres devraient remédier à ce problème et adopter une approche équilibrée des droits de l’homme au niveau mondial. Le Pakistan s’est aussi dit inquiet du glissement de l’Inde vers l’extrémisme et le communautarisme, ajoutant que la répression dans le Jammu-et-Cachemire occupé était la manifestation la plus répréhensible de violence de la part d’un État (l’Inde) toujours plus communautariste.

L’Allemagne est profondément préoccupée par le grand nombre d’exécutions dans le monde - notamment en Arabie saoudite, au Pakistan, en Irak, en Iran, en Égypte et en Chine - qui font souvent suite à des procès inéquitables, sans compter des allégations de tortures. L’Allemagne reste en outre préoccupée par la détention de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme et de membres de l’opposition en Turquie. L’Allemagne est aussi préoccupée par l’augmentation de la répression en Égypte, avec notamment des détentions arbitraires, des interdictions de voyager ou encore des actes d’intimidation. L’Allemagne a ensuite dénoncé les pressions importantes exercée sur la société civile au sein de la Fédération de Russie. L’Allemagne reste par ailleurs préoccupée par la détérioration des droits de l’homme en Chine. L’Allemagne regrette enfin la tendance à l’autoritarisme au Venezuela.

L’Égypte a rappelé avoir une position claire s’agissant des discussions au titre du point 4 de l’ordre du jour du Conseil (consacré à l’examen des situations de droits de l'homme qui requièrent l’attention du Conseil): elle regrette dans ce contexte la politisation du Conseil sans aucun rapport avec les droits de l’homme. Ce point de l’ordre du jour a in fine pour finalité de créer des mécanismes sans l’accord des pays concernés. Les phénomènes de racisme, d’islamophobie et les mauvais traitements infligés aux migrants ont un impact sur les droits de l’homme de nombreuses personnes et le Conseil doit traiter cette question en priorité, a déclaré la délégation égyptienne.

Le Royaume-Uni reste préoccupé par la décision du Gouvernent russe de considérer les Témoins de Jehova comme des terroristes. La Fédération de Russie doit libérer tous les prisonniers politique d’Ukraine, a en outre déclaré la délégation britannique. La Chine doit, quant à elle, libérer toutes les personnes emprisonnées pour avoir exercé leurs droits constitutionnels et respecter les droits des minorités. Le Royaume-Uni reste en outre préoccupé par la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée. La situation des droits de l’homme au Soudan du Sud reste déplorable, a d’autre part dénoncé le Royaume Uni. Le Royaume-Uni s’est également dit préoccupé par la situation en Iran, s’agissant notamment des nombreuses exécutions dans ce pays. Le Royaume-Uni s’inquiète de la restriction de l’espace accordé à la société civile en Égypte et estime que la situation des droits de l’homme au Soudan reste préoccupante.

La Suisse s’est dite préoccupée par les discriminations à l’encontre des peuples autochtones et des personnes d’ascendance africaine au Guatemala, en particulier pour ce qui concerne les femmes et les filles autochtones. Elle a appelé le Gouvernement guatémaltèque à protéger ces groupes, ainsi que les défenseurs des droits de l’homme, contre toute forme de discrimination. En Fédération de Russie et en Crimée annexée par la Fédération de Russie depuis 2014, la Suisse est inquiète des discriminations exercées contre les minorités religieuses, ethniques et linguistiques, et rappelle aux autorités russes la nécessité de respecter pleinement le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. La Suisse a appelé par ailleurs la Chine à garantir une procédure équitable aux personnes internées dans les camps dans la province du Xinjiang où se trouvent en détention extrajudiciaire des membres de la communauté ouïghoure.

Le Japon a jugé très significatif que la question des enlèvements ait été soulevée lors du sommet entre les États-Unis et la République populaire démocratique de Corée. Le Japon a fait part de sa préoccupation du fait que dans la région Asie-Pacifique, on continue d’observer une répression des libertés fondamentales, en particulier à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme et des minorités. Le Japon a encouragé la communauté internationale à poursuivre ses efforts inlassables en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme. Il a espéré qu’en dépit du retrait des États-Unis du Conseil, ce pays continuerait de se faire le chantre des droits de l’homme, comme il l’a affirmé.

L’Espagne s’est inquiétée de la situation sécuritaire au Soudan du Sud, qui entrave l’accès humanitaire à 7 millions de personnes. Notant par ailleurs que la situation s’était détériorée au Yémen à mesure de l’intensification des opérations militaires de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite à Hodeidah, l’Espagne a exhorté à la cessation immédiate des hostilités et à la garantie, par toutes les parties au conflit, du respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire. L’Espagne a appuyé les efforts de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, M. Martin Griffith, et a estimé que la communauté internationale devrait faciliter une transition politique pacifique et un processus de paix inclusif avec la participation des femmes, des jeunes et de l’ensemble de la société civile. L’Espagne a d’autre part appelé à mettre fin au recours à la détention administrative dans les territoires palestiniens occupés et à la politique d’expansion des colonies de peuplement, de confiscation et de démolition dans la zone C. L’Espagne a en outre encouragé à une solution démocratique, pacifique et négociée entre les Vénézuéliens dans le cadre de l’état de droit. Enfin, l’Espagne a exhorté à la cessation totale des hostilités au Nicaragua et à la recherche d’une sortie de crise par le dialogue, se disant disposée à collaborer à cette fin.

La République de Corée a espéré que l’intensification des échanges et de la coopération avec la République populaire démocratique de Corée, sur la base des progrès réalisés dans la relation intercoréenne, aurait des effets positifs sur une amélioration substantielle des droits du peuple de la République populaire démocratique de Corée. La République de Corée a encouragé la République populaire démocratique de Corée à intensifier ses efforts pour améliorer la situation des droits de l’homme de son peuple et à collaborer davantage avec les Nations Unies. La République de Corée s’est félicitée de l’accord obtenu, la semaine dernière, en vue de la reprise, par les deux Corées, des mesures de réunion des familles séparées. La République de Corée s’est par ailleurs dite préoccupée par les violations des droits de l’homme au Soudan du Sud et a appelé le Burundi à restaurer l’espace d’exercice des droits civils et politiques.

La Slovénie a dit soutenir le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Bélarus. Elle a en outre souligné être fermement opposée à la peine de mort et a demandé au Gouvernement bélarussien d’imposer un moratoire sur l’application de la peine capitale en vue de son abolition définitive, saluant à cet égard les mesures prises par le Bélarus pour initier un débat public sur cette question. La Slovénie a aussi fait part de sa préoccupation face aux violations des droits de l’homme au Burundi et en République démocratique du Congo, en particulier les violences intercommunautaires dans plusieurs régions de ce pays. Elle s’est enfin dite inquiète de la crise économique et politique que traverse actuellement le Venezuela, qui a des effets immédiats sur les droits de l’homme.

Le Venezuela a condamné la campagne de désinformation lancée par certaines puissances et leurs alliés en vue de diaboliser le Gouvernement légitime du Président Maduro et de justifier une intervention militaire étrangère sous l’impulsion de « l’Empire nord-américain ». Grâce à la révolution bolivarienne, a ajouté la délégation vénézuélienne, le Venezuela est une société dans laquelle les droits humains et les libertés fondamentales de toutes et de tous sont garantis. La meilleure preuve en est la tenue d’élections libres et démocratiques au Venezuela, avec la participation de millions d’électeurs exerçant leur droit au suffrage universel direct et secret, a ajouté la délégation. Le Président Maduro continuera d’encourager le dialogue entre tous les secteurs démocratiques vénézuéliens, a-t-elle conclu.

Cuba a rejeté toute manipulation et toute approche de « deux poids, deux mesures » dans le domaine des droits de l’homme, soulignant qu’un tel rejet doit être une priorité pour tous. Cuba a fait observer que des pays puissants critiquent les pays du Sud en faisant fi de leurs propres violations des droits de l’homme liées notamment à la montée de la xénophobie. Ces pays refusent en outre de reconnaître le droit au développement, a ajouté Cuba. Rejetant toute invocation des droits de l’homme pour prendre des mesures punitives visant à promouvoir des changements de régime, Cuba a déclaré qu’il faut arrêter toute ingérence dans les affaires du Venezuela.

La Géorgie a fermement condamné les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire perpétrées contre la population syrienne et a demandé au Gouvernement syrien de mettre immédiatement en œuvre la résolution 2401 du Conseil de sécurité. La Géorgie reste par ailleurs préoccupée par la situation récente des droits de l’homme au Burundi. Elle est en outre alarmée par la situation à l’est de l’Ukraine et dans la Crimée occupée temporairement. Les organisations internationales de droits de l’homme doivent pouvoir se rendre dans l’ensemble du territoire ukrainien, a souligné la Géorgie. Enfin, la Géorgie a condamné les violations des droits de l’homme dans les régions de Géorgie occupées d’Abkhazie et Tskhinvali, évoquant notamment dans ce contexte des enlèvements et des actes de torture, ainsi que les restrictions à la liberté de mouvement et des discriminations sur une base ethnique; la Géorgie a dénoncé la détention arbitraire des citoyens dans les régions occupées par le régime d’occupation russe. La Fédération de Russie doit prendre toutes les mesures pour mettre fin aux graves violations des droits de l’homme dans les régions occupées sur lesquelles elle exerce un contrôle effectif, a insisté la délégation géorgienne.

L’Ukraine a déclaré que depuis le début de la « guerre non déclarée » dans le pays, les forces russes et les groupes armés illégaux dirigés par la Fédération de Russie ont tué plus de dix mille personnes et ont forcé près de deux millions de personnes à se déplacer à l’intérieur du pays, perpétrant des actes horribles de terrorisme contre les civils et les privant de leurs droits fondamentaux, y compris du droit à la vie. Dans la Crimée occupée illégalement, la Fédération de Russie maintient une politique de discrimination raciale et vise à éradiquer la culture des communautés ethniques qui s’opposent à l’occupation illégale de la péninsule, a ajouté la délégation ukrainienne.

L’Australie a fait part de sa profonde inquiétude au sujet des violations et abus de droits de l'homme, de l’utilisation d’armes chimiques et du refus d’accorder l’accès humanitaires dans les zones qui ont besoin d’assistance en Syrie. Soulignant par ailleurs la gravité de la situation en République populaire démocratique de Corée, elle a exhorté le Gouvernement de ce pays à accorder la priorité au bien-être de sa population en appliquant les recommandations de la Commission d’enquête formulées en 2014. L’escalade de la crise au Venezuela et l’effondrement des institutions démocratiques dans ce pays sont tout aussi préoccupants et l’Australie ne reconnaît pas les résultats des « élections illégales » du mois de mai au Venezuela, a indiqué la délégation australienne. Elle a en outre demandé au Gouvernement de la République démocratique du Congo de respecter les droits civils et politiques de sa population. Elle a par ailleurs regretté le ciblage des civils et les horribles abus sexuels commis par les groupes armés et les forces gouvernementales au Soudan du Sud. Enfin, l’Australie a encouragé à trouver une solution politique au conflit au Yémen.

La République populaire de Chine s’est dite favorable à un examen des droits de l’homme dans le cadre du respect mutuel et d’un dialogue équilibré. Elle a jugé « incroyable » que plusieurs pays, en particulier de l’Union européenne, aient pris la liberté de faire des commentaires et d’émettre des jugements sur la situation dans d’autres pays, notamment la Chine. La délégation chinoise a ajouté que certains responsables politiques européens appellent au racisme et à la xénophobie, tandis que les militaires et les agents de sécurité pratiquent la torture. En Suisse, la population rom vit dans une situation choquante, a ajouté la délégation chinoise.

Les Maldives ont déclaré qu’au vu des souffrances des civils dans le monde, en particulier des migrants, des femmes et des enfants, les membres du Conseil devraient avoir honte. La délégation maldivienne a invité à des actions plus robustes, surtout en ce qui concerne des pays en proie à un conflit horrible, comme la Syrie et le Yémen.

La France a estimé que seule une solution politique en Syrie, fondée sur une transition crédible et telle que prévue par la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies, peut ramener une paix durable dans ce pays. Il faut aussi lutter contre l’impunité, notamment face à l’emploi d’armes chimiques, a ajouté la France. La France appelle par ailleurs toutes les parties au Yémen à respecter l’impératif de protection des civils et à assurer un accès complet de l’aide humanitaire à l’ensemble des populations dans le besoin. La France a aussi appelé la République populaire démocratique de Corée et l’Érythrée à préserver la dignité de la personne humaine. Elle a également appelé les autorités de la Chine à faire toute la lumière sur les camps du Xinjiang. La France a en outre souligné que « nous devons tous respecter nos engagements en faveur de la liberté d’expression, d’association et de manifestation pacifique ».

La République tchèque a demandé à la Fédération de Russie de libérer tous les prisonniers politiques, y compris ceux détenus après l’annexion illégale de la Crimée, comme Oleg Sentsov, Olesandr Kolchenko et d’autres. La République tchèque s’est ensuite dite alarmée par la flambée de violence au Nicaragua et par les informations faisant état de cent morts durant les manifestations contre le Gouvernement de ce pays. La République tchèque a également fait part de sa préoccupation face aux violences commises au Burundi avant le référendum constitutionnel. La République tchèque a évoqué d’autres situations préoccupantes pour elle aux Philippines, en République populaire démocratique de Corée, au Yémen et en Libye.

Le Canada a fait observer que la Fédération de Russie appliquait de nombreuses lois restreignant l’espace de liberté sur Internet, bloquant ainsi l’accès aux ressources en ligne des organisations non gouvernementales jugées indésirables. Le Canada a aussi évoqué le blocage de la messagerie Telegram, au titre de la loi contre l’extrémisme. Le Canada a ensuite observé que pendant les manifestations en Iran, en décembre et janvier derniers, les autorités iraniennes avaient bloqué l’accès à Internet sur les réseaux de téléphonie, voire l’accès total à Internet dans certaines régions.

L’Islande s’est dite préoccupée par les assassinats injustifiés au Venezuela. Le Venezuela doit respecter l’appel du Haut-Commissaire et accepter la visite des titulaires de mandats, a poursuivi la délégation islandaise. Elle a par ailleurs souligné que beaucoup de mesures doivent être prises en Arabie saoudite pour accroître les droits des femmes et arriver ainsi à l’égalité entre les sexes. L’Arabie saoudite doit en outre user de toute son influence pour faire cesser la guerre au Yémen. Quant à la Syrie, elle doit mettre fin aux violations des droits de l'homme, a ajouté l’Islande.

La Finlande a fait part de ses préoccupations face aux situations des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée, en Chine, au Cambodge, aux Philippines, dans les territoires palestiniens occupés, en Égypte, en Fédération de Russie, en Crimée annexée illégalement, en Turquie, au Venezuela et au Pakistan. Cette année marque le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et le 20e anniversaire de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme, a rappelé la Finlande; beaucoup a été fait pour promouvoir les droits de l’homme, mais il faut aller plus loin, a-t-elle souligné. Les défenseurs des droits de l’homme continuent d’être victimes de répression dans beaucoup de pays du monde, a rappelé la Finlande, ajoutant qu’elle allait continuer à souligner l’importance qu’il y a à garantir les droits des représentants de la société civile.

La Norvège a souligné que les membres du Conseil doivent s’assurer que les droits sont garantis pour tous. Tous les membres du Conseil doivent être des exemples en la matière, a-t-elle estimé. Or, pendant les mandats du Venezuela et du Burundi en tant que membres du Conseil, il y a eu malheureusement une détérioration des droits de l’homme dans ces deux pays, a-t-elle fait observer. En Arabie saoudite et en Égypte, la situation des droits de l’homme est également préoccupante, a poursuivi la Norvège. Ces pays doivent créer des environnements sûrs pour les défenseurs des droits de l’homme et les médias, a-t-elle souligné.

Le Danemark s’est dit préoccupé par le rétrécissement de l’espace de la société civile en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. La délégation danoise a en outre dénoncé le régime syrien qui continue à cibler les civils, ce qui pourrait constituer des crimes de guerre. Elle a en outre dénoncé la torture à Bahreïn et les violations des droits de l'homme en Iran, avant d’appeler l’Égypte à respecter les droits fondamentaux et la République populaire démocratique de Corée à mettre fin aux graves violations des droits de l'homme. L’impunité doit cesser au Myanmar, tout comme doit cesser la catastrophe humanitaire au Soudan du Sud, a par ailleurs déclaré le Danemark, avant de se dire préoccupé par la situation en Ukraine orientale et dans la Crimée annexée illégalement.

La République islamique d’Iran s’est dite convaincue que le multilatéralisme est menacé par certains pays, alors qu’il est nécessaire au Conseil des droits de l'homme. La délégation iranienne a réitéré la nécessité de traiter les droits de l'homme de façon équitable. Elle a fait part de sa préoccupation face à la pratique visant à nommer et culpabiliser certains pays, estimant qu’il s’agit là d’une politisation des questions intéressant les droits de l'homme.

La République populaire démocratique de Corée a dénoncé la séparation des enfants migrants de leurs parents aux États-Unis et la crise sans fin des réfugiés en Europe. Concernant la situation sur la péninsule coréenne, la délégation de la République populaire démocratique de Corée a rappelé le cas des femmes enlevées et a appelé à la réunification des familles. Elle a en outre rejeté les allégations portées à son encontre par certains pays, notamment par le Royaume-Uni et l’Allemagne.

La Fédération de Russie a regretté le déséquilibre géographique persistant au sein du Conseil, les mêmes États faisant toujours l’objet de résolutions par d’autres États qui sont, eux-mêmes, loin d’être exemplaires. En effet, des violations des droits de l’homme graves sont ignorées dans beaucoup de ces États. La Fédération de Russie a regretté notamment que l’enquête sur le réseau pédophile de Rotherham, au Royaume-Uni, n’ait donné aucun résultat, et que les politiciens britanniques responsables de l’expulsion de migrants jamaïcains bénéficient de l’impunité. La Fédération de Russie a, de même, dénoncé des lois qui donnent des pouvoirs exorbitants aux forces de l’ordre en France, et le manque de progrès dans l’enquête sur l’exploitation sexuelle d’enfants par les soldats français de la mission Sangaris. La Fédération de Russie a enfin déploré que l’Union européenne ferme les yeux sur les politiques discriminatoires appliquées par les États baltes, la Pologne et l’Ukraine.

L’Irlande a fait part de sa préoccupation devant les restrictions imposées aux activités de la société civile et les représailles contre les défenseurs des droits de l’homme au Cambodge et dans la Fédération de Russie. L’Irlande a dit soutenir le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, et être très préoccupée par la pression croissante qui s’exerce sur les sociétés civiles palestinienne et israélienne. L’Irlande, aussi très préoccupée par la situation des droits de l’homme au Yémen, attend avec intérêt la présentation prochaine du rapport du Groupe d'éminents experts sur le Yémen, à la session de septembre du Conseil, pour connaître les faits nécessaires à établir les responsabilités de toutes les violations commises.

La Bolivie a recommandé que l’examen des situations relatives aux droits de l’homme soit basé sur la coopération et le respect de l’universalité des droits de l’homme. Elle a jugé indispensable que le Conseil prenne des décisions à même de renforcer le système des droits de l’homme. La Bolivie, État pacifiste, promeut la paix et au développement équitable, dans le respect de la souveraineté des États.

L’Arménie a déclaré lutter contre la corruption et pour l’égalité des droits et avoir pris des mesures efficaces dans le domaine de la promotion des droits de l’homme. L’Arménie rencontre toujours des difficultés dans la région du Haut-Karabagh. Seul un règlement sous les auspices de la communauté internationale peut mettre fin au conflit au Haut-Karabagh. L’Arménie est disposée à s’engager plus avant avec les Nations Unies pour transformer la région en une région prospère et pacifiste.

Les Pays-Bas sont préoccupés par la situation des droits de l’homme au Burundi, un pays membre du ce Conseil. Les Pays-Bas sont épouvantés par les graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises au Soudan du Sud. Enfin, les Pays-Bas se sont dits préoccupés par la situation des droits de l’homme au Cameroun.

La Commission des droits de l'homme du Nicaragua a condamné l’escalade de la violence, les troubles sociaux et les crimes de haine dont souffre le peuple nicaraguayen depuis neuf semaines. En effet, depuis le 18 avril, la Commission a répertorié 194 morts et a constaté que des groupes armés délinquants ont profité de la situation pour semer la terreur dans la population, renforcée par des informations fallacieuses.

La Commission a recommandé le dialogue, la recherche du consensus et une enquête exhaustive sur les délits commis, comme seuls moyens de trouver une solution à cette crise. La Commission a donc salué la décision du Gouvernement nicaraguayen de maintenir le dialogue; de créer des mécanismes d’enquête; et d’autoriser l’instauration du groupe interdisciplinaire d’experts indépendants, qui aidera à faire toute la lumière sur ces violences, à en identifier les responsables et à rétablir l’ordre. Le Gouvernement a aussi accepté d’inviter le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, la Commission interaméricaine des droits de l'homme et l’Union européenne, a relevé la Commission.

La Communauté internationale bahá'íe a évoqué la situation des Bahaï en Iran et au Yémen. En Iran, les ordres de discrimination viennent du plus haut niveau du gouvernement, comme le démontre la récente fatwa de l’ayatollah Ali Khamenei demandant d’éviter tout contact avec cette « secte perverse ». De même, au Yémen, le chef des Houthistes a dénoncé de façon véhémente la foi bahaïe. La communauté internationale doit exhorter les autorités de ces pays à respecter les droits de l'homme de leurs citoyens, a demandé l’ONG.

International Lesbian and Gay Association s’est inquiétée de la discrimination et de la violence contre les personnes transsexuelles en Indonésie, dont les autorités envisagent de criminaliser les relations homosexuelles de même que la sexualité hors mariage.

East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project a prié les membres du Conseil de demander au Gouvernement de la Tanzanie d’amender les lois sur les médias et sur la criminalité sur Internet, pour les rendre conformes aux normes internationales et au droit tanzanien lui-même. L’organisation a salué l’invitation des autorités tanzaniennes au Rapporteur spécial sur le droit de réunion pacifique et d'association, lancée hier, et leur a demandé de fixer rapidement la date de cette visite. L’ONG a regretté d’autre part que la situation au Soudan soit examinée seulement au titre du point de l’ordre du jour du Conseil consacré à l’assistance technique.

La Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH) a recommandé la création d’une commission d’enquête au sujet des exécutions extrajudiciaires commises aux Philippines dans le cadre de la lutte contre la drogue. La FIDH a aussi déploré que les prochaines élections au Cambodge ne s’annoncent ni libres, ni équitables, vu la répression de toutes les libertés exercée par les autorités de ce pays.

L’Association lesbienne et gay internationale - Europe a déclaré que, dans quatorze pays d’Europe, les personnes transsexuelles qui veulent bénéficier d’une reconnaissance juridique de leur genre sont obligées de se faire stériliser. L’ONG a regretté que l’Irlande du Nord interdise toujours le mariage entre personnes du même sexe, à l’instar de plusieurs autres États membres de l’Union européenne.

Le Conseil international pour le soutien à des procès équitables et aux droits de l’homme est profondément préoccupé par les crises humanitaires au Yémen, en Arabie saoudite, à Bahreïn et au Koweït. Les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les avocats sont arrêtés dans ces pays pour la seule raison d’avoir exprimé leurs idées pacifistes. Les violations des droits de l’homme continuent au Yémen notamment à l’encontre des bidounes (personnes sans papiers ou apatrides).

African Development Association a dit prendre la parole au nom des victimes passées du Front Polisario. L’organisation s’oppose à la présence d’un ancien leader du Polisario au sein du Conseil, où il jouit d’une impunité totale. L’organisation s’est dite attristée que cette personne ait été écoutée dans cette enceinte.

Ensemble contre la peine de mort a attiré l’attention du Conseil sur les douze États dont la législation fait des relations sexuelles entre personnes de même sexe un crime passible de la peine de mort. La situation des LGBTI est particulièrement préoccupante en Iran, a dit l’ONG, où des exécutions au motif d’homosexualité ont lieu, camouflées sous d’autres chefs d’inculpation.

Human Rights Now est très préoccupé par les attaques du Gouvernement du Cambodge contre les médias et les journalistes, les défenseurs des droits de l'homme et les opposants politiques. Les prochaines élections ne pourront pas être justes et équitables dans ces conditions, a fait observer l’ONG.

Iraqi Development Organization a attiré l’attention sur la souffrance des citoyens de Bahreïn soumis à des violations des droits de l'homme. L’Organisation a cité des cas de disparition et de torture, ainsi que des procès inéquitables. Bahreïn continue à se dissimuler derrière lois antiterroristes pour violer les droits de ses citoyens, a assuré l’ONG.

Americans for Democracy and Human Rights in Bahrain Inc a constaté une détérioration de la situation des droits de l'homme en Arabie saoudite, notamment les exécutions, la torture et les arrestations arbitraires. Le Gouvernement saoudien ignore les appels répétés des Rapporteurs spéciaux et des instances onusiennes, alors que le pays est membre du Conseil, a déploré l’ONG. L’espace de la société civile et des médias se rétrécit, ce qui donne une vision tronquée de la situation réelle en Arabie saoudite.

La Fondation Alsalam a dénoncé les conditions de détention dans la prison de Jau, à Bahreïn, et les mauvais traitements infligés à des prisonniers politiques dans ce pays. En particulier, la prison de Jau vise explicitement les prisonniers connus ou politiques en leur refusant les soins de santé. Plusieurs chefs politiques se sont ainsi vu refuser des soins pendant qu’ils étaient détenus dans cette prison. La Fondation a demandé au Conseil de se saisir de ces violations des droits de l’homme et de demander à Bahreïn de respecter les droits des détenus.

Presse Embleme Campagne a demandé au Conseil de créer un mécanisme international qui permettrait d’aider les autorités judiciaires des pays en conflit ou connaissant des violences internes à identifier et poursuivre les responsables de crimes contre les travailleurs des médias.

Conectas Direitos Humanos a dénoncé la militarisation des forces de police au Brésil, un phénomène qui a occasionné, la semaine dernière, la mort de sept jeunes dans la favela de Maré (140 000 habitants), à Rio de Janeiro. Des forces de police et militaires, munies de blindés et d’hélicoptères, ont exécuté à cette occasion six de ces enfants, défenestrant trois corps.

L’Institut du Caire pour les études sur les droits de l’homme a expliqué qu’après « une mascarade d’élections présidentielles », l’Égypte avait connu une vague d’arrestations arbitraires de défenseurs des droits de l’homme, de journalistes et d’avocats. L’organisation a cité plusieurs exemples de personnes emprisonnées: journalistes, étudiants et défenseurs des droits de l’homme. Elle a demandé au Conseil de se saisir de cette question.

La représentante de World Evangelical Alliance a expliqué que les autorités iraniennes avaient fait intrusion dans sa maison en 2014 pour arrêter son père, condamné depuis à 10 ans de prison, de même que son frère et sa mère, eux aussi détenus, tous accusés d’organiser des réunions illégales contre les intérêts de l’Iran – sa famille étant chrétienne. Beaucoup de chrétiens sont emprisonnés en Iran pour des motifs fallacieux liés au terrorisme, a déploré la représentante.

Christian Solidarity Worldwide s’est dit préoccupé par le fait que l’Office des affaires religieuses de Cuba restreigne la liberté religieuse, notamment en saisissant les biens de l’église. Cuba devrait libérer les personnes emprisonnées pour des motifs religieux et respecter la liberté de croyance. L’organisation s’est aussi montrée préoccupée par les violations du droit à la liberté religieuse au Soudan, où vingt-cinq églises ont été détruites.

Le Service international pour les droits de l'homme a dénoncé des violations des droits de l'homme à Bahreïn – pays candidat au Conseil –, en Chine, en Arabie saoudite, en Égypte et au Venezuela, des pays membres. Les défenseurs des droits de l'homme y sont particulièrement visés par le biais d’arrestations arbitraires, de harcèlement judiciaire, de disparitions forcées, de torture, d’interdiction de voyage et de restrictions à la liberté d’expression, de rassemblement et d’association. L’inaction du Conseil a encouragé ces pays à poursuivre leurs violations et il est nécessaire de leur envoyer un signal fort, a dit l’ONG: il en va de la crédibilité et de la légitimité du Conseil, a-t-elle ajouté.

Human Rights Law Centre a dénoncé la détention illimitée de 134 enfants sur l’île de Nauru par les autorités australiennes. Douze personnes sont décédées dans ces camps. Si le Gouvernement australien poursuit ces actes de cruauté, le Conseil doit demander des comptes.

La Commission internationale de juristes a dénoncé la situation au Cambodge, dont le gouvernement réprime la société civile, les médias indépendants, l’opposition politique et les citoyens ordinaires. Le Conseil doit répondre de façon plus efficace à cette crise, à quelques semaines des élections.

Amnesty International a demandé au Conseil de créer une commission pour enquêter sur les exécutions extrajudiciaires et autres violations des droits de l’homme commises aux Philippines dans le cadre de la lutte contre la drogue, afin de prévenir de nouveaux meurtres, de rendre justice aux victimes et de leur octroyer des réparations. L’ONG a aussi prié le Conseil de prendre des mesures face à la crise des droits de l’homme au Venezuela, telle que décrite dans le rapport du Haut-Commissariat. Amnesty a fait observer, d’autre part, que les femmes saoudiennes qui ont milité depuis des décennies pour que les femmes aient le droit de prendre le volant sont actuellement en prison, encourant des peines allant jusqu’à vingt ans.

Le Forum asiatique pour les droits de l'homme et le développement a fait part de sa préoccupation face à l’impunité qui entoure l’assassinat de plusieurs milliers de personnes aux Philippines, dans le cadre de la « guerre contre les drogues ». Le Forum est aussi préoccupé par les attaques contre les institutions démocratiques des Philippines, et a appelé le Conseil à créer une commission d’enquête internationale indépendante.

VIVAT International au nom également de Franciscain international a dénoncé des violations graves des droits de l’homme commises par la police indonésienne, notamment l’affaire « Bloody Wasior », ayant fait quatre victimes parmi des autochtones qui défendaient leurs droits face à une société d’exploitation forestière. Le Gouvernement de l’Indonésie a été prié de réhabiliter ces victimes.

International-Lawyers.org a souligné que des fraudes avaient été constatées lors des dernières élections parlementaires en Iraq, des suffrages ayant été annulés, notamment. Les autorités iraquiennes doivent garantir que le processus électoral sera dorénavant juste et équitable. Il faut aussi assurer le retour sûr des personnes déplacées à l’intérieur de l’Iraq.

Human Rights Watch regrette la décision contre-productive des États-Unis de quitter le Conseil, « tournant le dos » aux situations préoccupantes des droits de l’homme dans certains pays. En Égypte, les autorités utilisent des arrestations arbitraires pour faire taire l’opposition politique. D’autres États membres du Conseil commettent des violations des droits de l’homme contre leur population, a dénoncé l’organisation.

Center for Inquiry est préoccupé par les droits des personnes athées. Un éditeur athée au Bangladesh a été assassiné par des extrémistes religieux. L’État mauritanien cible délibérément les personnes athées, la loi prévoyant même la peine de mort pour des faits de blasphème. Les individus doivent avoir droit de refuser la religion au nom de la science et de la liberté de croyance, a dit l’ONG.

Le Centre d’action pour le développement rural a dit lutter pour dénoncer le mutisme sur les atrocités dans les camps de réfugiés sahraouis près de Tindouf en Algérie. Les familles de victimes et de disparus cherchent encore les nouvelles de leurs enfants dans l’indifférence totale de la « junte du Polisario ». La plupart des tortionnaires occupent aujourd’hui de hautes fonctions dans l’administration du Front Polisario, a regretté l’ONG.

China Society for Human Rights Studies (CSHRS) a insisté sur l’importance de protéger la coexistence pacifique entre les religions, le lien entre les religions et le lien entre les croyants et l’État. La Chine, qui protège les libertés religieuses depuis de nombreuses années, peut proposer des « bonnes pratiques » dans ce domaine aux autres pays, a dit l’organisation.

Pasumai Thaayagam Foundation a dénoncé la situation des réfugiés Rohingya du Myanmar au Bangladesh. L’ONG a exhorté les États membres à faire en sorte que ces atrocités cessent et que les responsables soient jugés, y compris devant la Cour pénale internationale.

L’Agence des cités unies pour la coopération Nord-Sud a évoqué la vie quotidienne des réfugiés syriens en Jordanie, notant que plus de 5 millions d’enfants ont besoin d’assistance humanitaires. Une génération d’innocents risque de ne pas bénéficier d’éducation, a mis en garde l’ONG.

Nouveaux droits de l’homme (NDH) a dit sa préoccupation face à la détérioration de la situation au Baloutchistan (au Pakistan), estimant que l’action des services de sécurité et de l’armée était au cœur du problème. Ainsi, depuis 1948, les forces de sécurité de l’État ont-elles tué plus de 45 000 personnes qui défendaient leur terre. Plus de 5000 d’entre elles ont été tuées en détention, et l’on compte 18 000 enfants orphelins.

Le Centre Europe - Tiers monde a dénoncé les violations quotidiennes des droits des travailleurs par la multinationale d’exploitation de matières premières Glencore, qui a accru le nombre de ses travailleurs dotés de contrats de sous-traitants. La plupart du temps, ce système est utilisé dans le monde entier avec une impunité totale. Le Centre a appelé à la réglementation des activités de la société Glencore.

L’Association d’entraide médicale Guinée a dénoncé le sort réservé, durant le conflit à Sri Lanka, à de nombreux enfants embrigadés par les Tigres de libération de l’Élam tamil. Ces enfants ont été détenus au secret pour les préparer à servir de boucliers humains. Un grand nombre de ces enfants ont été tués. L’organisation estime que les corps des enfants tués ont été cachés pour que la communauté internationale ne puisse pas avoir de preuve de l’enrôlement d’enfants soldats. Les auteurs de ces crimes doivent être poursuivis, a demandé l’ONG.

Helsinki Foundation for Human Rights a souligné le problème de l’accès au Tibet et d’autres régions placées sous l’autorité de la Chine. L’organisation s’est félicitée de l’appel lancé par le Haut-Commissaire pour que la Chine coopère avec les mécanismes des droits de l’homme. Ces mécanismes doivent pouvoir accéder sans entrave au Tibet, a insisté la Fondation.

Article 19 - Centre international contre la censure au nom également du Committee to Protect Journalists, Inc.; Freedom House et Fédération internationale des Pen clubs est préoccupé par les politiques de la Fédération de Russie visant à restreindre les libertés fondamentales de la population, notamment la liberté d’expression. Plusieurs organisations des droits de l’homme ont déjà condamné les interventions de la Fédération de Russie sur Internet, et notamment le blocage d’adresses IP et de la messagerie Telegram, a relevé Article 19.

International Educational Development et l’Association des juristes humanitaires sont très préoccupés par la persécution du peuple Hmong en République démocratique populaire lao. Les actes des autorités laotiennes contre cette communauté constituent un crime d’extermination, de l’avis des deux organisations non gouvernementales.

Organization for Defending Victims of Violence a dénoncé la persécution contre les défenseurs des droits de l'homme, qui est devenue une politique officielle à Bahreïn, et contre la minorité chiite. L’Organisation a appelé le Conseil à créer une commission d’enquête indépendante sur ce problème.

Khiam Rehabilitation Center for Victims of Torture a fait part de sa préoccupation s’agissant d’une loi israélienne interdisant désormais de photographier un militaire, même par un journaliste, ce qui va à l’encontre de nombre d’instruments internationaux et empêchera de documenter les violations des droits de l’homme.

Africa Culture Internationale a constaté qu’une catastrophe se déroulait depuis plusieurs années au Burundi, un pays dont les forces vives sont obligées de fuir. L’organisation a exhorté le Gouvernement burundais à réserver un meilleur traitement à sa population.

La Fondation Maarij pour la paix et le développement a noté que, d’après un rapport publié par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), quelque 535 millions d’enfants, soit le quart de la population infantile mondiale, vivent dans des pays affectés par des conflits ou des catastrophes. Environ 50 millions d’enfants ont dû fuir leur foyer en raison des conflits, ce qui les rend encore plus vulnérables. Ils sont pour la plupart sous-alimentés, souffrent de maladies évitables et courent le péril d’enrôlement forcé. La Fondation a exhorté la communauté internationale à améliorer les conditions de vie des enfants les plus vulnérables et de leurs communautés dans les situations de conflit.

CIVICUS: Alliance mondiale pour la participation des citoyens s’est alarmé de la situation en Égypte. Tout en se félicitant de la libération de certains blogueurs et défenseurs des droits de l’homme à l’occasion de l’Eid el Fitr, CIVICUS a appelé à la remise en liberté de tous les autres prisonniers. Il a aussi dénoncé le traitement des défenseurs des droits de l’homme au Viet Nam.

International Muslim Women’s Union a dénoncé les violations des droits de l’homme par les forces indiennes au Cachemire, qui posent de nombreuses questions sur l’administration de la justice dans ce territoire. Certaines armes anti-émeute utilisées dans ce cadre ont fait la une des journaux du Royaume-Uni, notamment de par les victimes qu’elles ont entraîné parmi les enfants, a relevé l’ONG.

Verein Südwind Entwicklungspolitik a attiré l’attention du Conseil sur la limitation du droit de réunion, du droit à la liberté d’expression et du droit à l’indépendance des juges et avocats en Iran. L’ONG a souligné que l’Iran ne respectait pas les Règles Nelson Mandela (Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus), les détenus étant torturés.

L’Association internationale Ius Primi Viri a condamné le nettoyage ethnique et les pratiques de déplacement forcé du Gouvernement du Myanmar contre les musulmans rohingya. L’organisation a également attiré l'attention sur l'impunité, les arrestations arbitraires, la violence sexiste et le manque d'accès à la justice au Cachemire, notant qu'une enquête internationale devrait enquêter sur ces allégations.

Le Conseil indien d'Amérique du Sud a condamné les États qui tentent de récrire la Charte des Nations Unies pour donner un autre sens au droit à l’autodétermination. Ces États essaient de voler aux peuples autochtones leurs terres et leurs ressources. Le CISA a cité en particulier le déni des droits des peuples autochtones de l’Alaska. Tous les peuples ont droit à l’autodétermination, a souligné l’ONG.

France Libertés: Fondation Danielle Mitterrand a dit que l’« Instance équité et réconciliation » du Royaume du Maroc n’avait aucune valeur juridique dans le Territoire non autonome du Sahara occidental, car il n’appartient pas à la puissance occupante de mener un processus de justice transitionnelle. France Libertés a demandé au Conseil de créer le mandat de Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme dans le Territoire occupé du Sahara occidental.

World Barua Organization (WBO) a déclaré que les peuples autochtones de l'Inde étaient victimes de politiques malavisées. Les exécutions extrajudiciaires constituent un risque très présent pour les populations autochtones, dont l’existence est aussi menacée par l'afflux d'immigrants illégaux. Le Conseil a été prié de demander à l'Inde d'assurer la protection des peuples autochtones en Inde.

Si le combat contre le terrorisme revêt actuellement une haute importance, a dit l’Organisation internationale pour l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, l’ONG a encouragé à ne pas se servir de ce prétexte pour empiéter sur les droits de l’homme. En Iraq, les autorités justifient les violations graves et systématiques contre les droits des civils dans le cadre des activités antiterroristes.

L’Action internationale pour la paix et le développement dans la région des Grands Lacs a dit venir devant le Conseil pour demander au Pakistan de cesser ses abus de pouvoir et de s’abstenir de forcer des changements démographiques, d’assassiner et d’arrêter des manifestants en les taxant de terroristes dans les territoires du Cachemire et du Gigli-Baltistan qu’il administre.

Alliance Creative Community Project a indiqué qu’après l’Iraq, Sri Lanka comptait le nombre le plus élevé de disparitions forcées. La découverte récente de 87 squelettes humains dans une zone de haute sécurité montre l’urgence qu’il y a à faire la lumière sur des faits survenus dans les années 1990.

Le Congrès du monde islamique s’est dit préoccupé par la situation des droits de l’homme au Cachemire et a demandé à « la démocratie la plus peuplée du monde » (l’Inde) d’accueillir une commission d’enquête. Les défenseurs des droits de l’homme qui communiquent avec le Haut-Commissaire sont menacés et les auteurs des violations des droits de l’homme jouissent de l’impunité en Inde, a déploré le Congrès.

La Commission africaine des promoteurs de la santé et des droits de l’homme a expliqué que l’Inde avait renforcé ses opérations militaires au Cachemire. En réponse à la suggestion de la création d’une commission d’enquête, l’accès à la région a été interdit. Si l’Inde n’a rien à cacher, pourquoi empêche-t-elle la communauté internationale de se rendre sur place, s’est demandé l’organisation.

Le représentant de l’Association culturelle des Tamouls de France a déclaré qu’il avait été emprisonné pour avoir essayé de commémorer le génocide des Tamouls avec une bougie, à Sri Lanka. La loi contre le terrorisme est utilisée pour réduire au silence la société civile et beaucoup d’innocents ont été emprisonnés en vertu de cette loi, a déploré le représentant.

L’Association américaine de juristes a condamné l’inhumaine politique des États-Unis concernant l’immigration, qui a séparé les enfants migrants de leurs parents, en violation flagrante de leurs droits humains. Ces migrants viennent en majorité du Honduras, d’El Salvador et du Guatemala, quelques-uns du Mexique et du Brésil, a souligné l’ONG, rappelant les interventions qu’ont pratiquées les États-Unis, par le biais de coups d’état, de guerres et de déstabilisation, dans nombre de pays latino-américains. Malgré la vague de protestation qui a poussé le Président Trump à revenir sur la décision de séparer les enfants migrants de leurs parents, la criminalisation des familles migrantes demeure, a ajouté l’ONG.

Human Security Initiative Organization a salué les efforts déployés pour instaurer la paix au Soudan du Sud. Plusieurs pays d’Afrique ont accueilli des réfugiés et des migrants et les citoyens des pays concernés ont été touchés par ces flux, la situation dans ces pays s’étant alors détériorée en raison du manque de ressources, a fait observer l’ONG.

La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme a regretté que l’examen de la question du genre dans les politiques migratoires soit absent alors que les femmes en recherche d’asile sont particulièrement vulnérables à la violence. L’ONG a déploré la réponse inadéquate de l’Europe face aux migrations africaines et a dénoncé l’essor de la haine propagée par les autorités italiennes. L’ONG a en outre appelé le Pakistan à lancer une campagne contre les mariages forcés et contre l’exploitation des mineurs.

Villages unis a attiré l’attention du Conseil sur la situation au Jammu-et-Cachemire, qui a fait l’objet d’un rapport du Haut-Commissaire. En tant que garant des droits de l’homme, le Conseil se doit de veiller à la mise en œuvre de ses résolutions et de celles du Conseil de sécurité qui le concernent.

La représentante de l’ONG Association of World Citizens a donné lecture d’une lettre d’Amjad Hosseinpanahi, dont le frère, Ramin, prisonnier politique, a été condamné à mort (en Iran) alors qu’il aurait besoin de soins médicaux d’urgence suite aux actes de torture qu’il a subis. En raison de l’engagement politique de Ramin, sa famille a fait l’objet de toutes sortes de pression, d’arrestations arbitraires, d’exil et d’autres formes de pressions physiques et psychologiques. Trois Rapporteurs spéciaux ont publié une déclaration appelant à la levée de cette sentence de mort.

United Nations Watch a rejeté le recours aux Nations Unies pour corrompre la cause des droits de l’homme et toute tentative d’influencer le Conseil par un truquage des réalités sur le terrain.

International Human Rights Association of American Minorities (IHRAAM) a expliqué que les autorités de l’Inde ont utilisé des armes de dispersion contre la population, alors que ces armes causent aux personnes ciblées des lésions graves voire la mort pour nombre d’entre elles.

Le Mouvement international de la réconciliation a déclaré que la Maroc met à sac les ressources naturelles du Sahara occidental. Les pêches intensives ont épuisé les ressources en poisson dans cette région, a précisé l’ONG. L’exploitation illégale des ressources a poussé la Sahraouis à manifester pour reprendre le contrôle des exploitations; ils ont alors fait face à une violente répression de la part des autorités marocaines, a-t-elle déclaré.

Victorious Youths Movement a expliqué que le Front Polisario prétend défendre les principes humanitaires mais défend, dans les faits, une forme d’obscurantisme dans le camp de Tindouf pour des raisons politiques détournées. Des rapports font apparaître de véritables violations des droits de l’homme qui ont lieu dans le camp de Tindouf, a insisté l’ONG.

Le Mouvement international de la jeunesse et des étudiants pour les Nations Unies a rappelé que le droit à l’autodétermination est fondamental et s’est dit préoccupé par la situation au Sahara occidental. Pour appuyer les pourparlers entre le Maroc et le Front Polisario, un référendum est nécessaire, a affirmé l’ONG.

Le Centre européen pour la justice et les droits de l'homme a dit que les meurtres massifs et les abus sexuels systématiques commis par Daech ont forcé des milliers de chrétiens à fuir l’Iraq, ce qui a entraîné une épuration religieuse sur les territoires contrôlés par le groupe terroriste. L’ONU doit défendre les droits de toutes les minorités religieuses et déclarer ces atrocités comme étant des actes de génocide, tout en facilitant le retour des exilés.

L’Association pour l’intégration et le développement durable au Burundi s’est inquiétée de la disparition de terres agricoles en raison de l’érosion et de l’accaparement des terres de peuples autochtones par des immigrants illégaux dans certaines régions de l’Inde.

Association for the Protection of Women and Children’s Rights (APWCR) s’est dit préoccupé suite au rapport soumis au Conseil concernant le Cachemire et a dénoncé le parti fanatique au pouvoir en Inde qui régit la politique sur ce territoire; l’heure est venue pour le Conseil de mettre en place une commission d’enquête sur les crimes qui y sont commis, a affirmé l’ONG.

Solidarité Suisse-Guinée a souligné que dans la province orientale de Sri Lanka, des crimes horribles ont été commis, dont on découvre les charniers.

Jssor Youth Organization a attiré l’attention sur la résolution 2250 du Conseil de sécurité qui insiste sur la nécessité d’une démarche participative avec les jeunes. L’ONG a en outre proposé un partenariat avec les dirigeants religieux à travers des conférences et des rencontres officielles.

Le Conseil mondial de l'environnement et des ressources a dénoncé les violations des droits de l’homme perpétrées contre la population sindhi par les forces pakistanaises, ce qui pousse encore davantage les Sindhis vers la pauvreté. Le Pakistan opère des grands projets sans tenir compte de la population sindhi concernée par ces projets et ce peuple est par ailleurs victime de disparitions forcées.

L’Association des étudiants tamouls de France a expliqué que cette année, treize civils ont été tués par des forces de l’ordre en Inde alors qu’ils manifestaient contre la pollution d’une usine. L’entreprise a été accusée de ne pas avoir respecté les normes environnementales, ce qui a causé de nombreux cancers au sein de la population locale; cette entreprise n’a pas rendu de comptes et a été rouverte depuis, a déploré l’ONG.

L’Institut international pour les droits et le développement a attiré l’attention du Conseil sur la situation dans la bande de Gaza où sévit une pénurie de nourriture et de médicaments. Il s’agit d’une punition collective, a rappelé l’ONG. Rappelant en outre que des manifestations de protestation avaient eu lieu à la frontière avec Israël et que les forces israéliennes avaient tiré contre ces manifestants en causant de nombreux morts parmi eux, l’ONG a appelé la communauté internationale à enquêter sur ces événements.

L’Association Bharathi Centre culturel franco-tamoul a dénoncé l’occupation militaire des régions tamoules à Sri Lanka et a insisté sur la nécessité d’appeler le Gouvernement sri-lankais à libérer les territoires occupés et à permettre aux populations de déterminer librement leur statut politique.

Le Pont a dénoncé des projets de développement dans les districts du Tamil Nadu, soulignant que ces projets impliquent la destruction de forêts et de montagnes et le déplacement de populations.

L’Observatoire mauritanien des droits de l'homme et de la démocratie a affirmé que Sri Lanka poursuit le génocide et la violation des droits de l'homme des Tamouls.

Society for Development and Community Empowerment a déploré que déclaré que Sri Lanka n’ait pas mis en oeuvre la résolution concernant ce pays, une résolution que Sri Lanka a pourtant appuyée. Une loi sur les personnes disparues a été adoptée par le Parlement sri-lankais sans consultation avec les familles des victimes, a fait observer l’ONG, avant d’ajouter que les tortures et mauvais traitements sont monnaie courante à Sri Lanka. Des menaces contre les militants des droits de l’homme sont également signalées, a insisté l’ONG, exhortant le Conseil à envisager une saisine de la Cour pénale internationale (CPI).

Le Gouvernement australien héberge un grand nombre de réfugiés tamouls, alors que 9300 sont arrivés par bateau, a fait savoir ABC Tamil Oli, avant de dénoncer le fait que dans ce contexte, plus de 1100 demandeurs d’asile aient été renvoyés et d’autres placés en détention. Depuis 2012, environ 200 Tamouls se trouvent dans les camps australiens installés en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a ajouté l’ONG.

Tamil Uzhagam a dénoncé les violations des droits des Tamouls par le « Gouvernement raciste » depuis les années 1950. Des centaines de milliers de personnes ayant trouvé refuge dans certaines zones ont été débusquées et tuées lors des massacres de 2009, comme le prouvent plusieurs films choquants diffusés le 2 décembre 2010 par des chaînes de télévision, a ajouté l’ONG, avant d’exhorter les membres du Conseil à adopter une résolution en vue d’une enquête judiciaire internationale indépendante sur les abominables violations commises par le Gouvernement de Sri Lanka.

L’Association Thendral a exigé des réponses concernant les personnes disparues à Sri Lanka. Après la fin de la guerre en 2009, tous ceux qui s’étaient rendus à l’armée avaient cru aux promesses de Sri Lanka; mais les prisonniers n’ont pas été libérés et les autorités n’ont pas respecté leur parole, a déploré l’ONG.

Agir ensemble pour les droits de l’homme a dénoncé les arrestations massives et le recours à la force à l’occasion des manifestations qui ont eu lieu au Viet Nam il y a quelques jours. Depuis le 9 juin, des manifestations ont lieu dans le pays pour s’opposer à l’abusive loi sur la cybersécurité; des centaines de manifestants ont alors été arrêtés et certains ont été victimes de violences. Le Viet Nam doit libérer tous les manifestants arrêtés et poursuivre les policiers responsables des violences, a insisté l’ONG.

"Coup de Pousse" Chaîne de l’Espoir Nord-Sud ( C.D.P-C.E.N.S) a expliqué que la communauté internationale devait s’intéresser à la situation des droits de l’homme en Azad Cachemire et au Gilgit-Baltistan, dénonçant les graves violations des droits de l'homme commises en toute impunité par les forces de l’ordre pakistanaises. Le Pakistan est un voisin qui finance le terrorisme au Jammu-et-Cachemire, a insisté l’ONG.

L’Association Dunenyo a attiré l’attention sur la situation alarmante dans les camps de Tindouf et l’impuissance du Haut-Commissariat pour les réfugiés à obtenir l’autorisation de l’Algérie de mener une opération concrète de recensement des populations sahraouies de ces camps. Cet enregistrement permettrait pourtant d’arrêter le détournement des aides humanitaires et offrirait aux populations concernées la possibilité d’obtenir une carte de réfugié et de bénéficier ainsi d’un certain nombre de droits et de la protection internationale, a souligné l’ONG.

Libération a attiré l’attention sur la situation en Inde, s’agissant plus particulièrement de la violence de caste, des discours de haine religieuse, ou encore des cas de lynchage pour des motifs religieux qui se multiplient. Les défenseurs des droits de l'homme en Inde sont considérés comme des terroristes ou des antinationaux, a ajouté l’ONG, affirmant que la démocratie est menacée en Inde et priant le Conseil d’intervenir pour empêcher le pays de devenir un État fondamentaliste.

Mbororo Social and Cultural Devlopment Association a attiré l’attention sur la situation en Inde, qui empire chaque jour, comme en témoigne par exemple la nouvelle loi sur les étrangers. L’ONG a prié le Conseil de prendre langue avec l’Inde pour protéger les droits des peuples autochtones.

Indigenous People of Africa Coordinating Committee a mis en garde contre les conditions d'octroi discriminatoires et illégales de la citoyenneté indienne dans la province de l'Assam et dans d'autres provinces. Les habitants de l'Assam risquent de se retrouver minoritaires et leurs droits en tant que peuple autochtone sont en jeu. L'organisation a exhorté le Conseil à envoyer une mission d'enquête en AssaM.

Center for Organisation Research and Education a expliqué que l'Assam était confronté à des vagues d'immigration clandestine, principalement en provenance des pays voisins, ce qui a provoqué des changements démographiques qui remettent en question l'existence même de l'identité et de la langue assamiennes.

Centre for Human Rights and Peace Advocacy a attiré l'attention du Conseil sur des violations des droits de l'homme au Pakistan, notamment le recours à la force brutale de l'État contre des civils; les élections générales, annoncées mais qui ne sont pas libres; la liberté des médias inexistante; enfin le fait que des milliers de personnes ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires.

International Career Support Association a demandé la mise en place d’une commission d’enquête sur les enlèvements commis par la République populaire démocratique de Corée. De nombreux proches attendent encore des nouvelles des personnes disparues, a expliqué l’organisation.

Le Conseil de jeunesse pluriculturelle (COJEP) a expliqué que certains étudiants, en France, ont décidé d’ouvrir des squats illégaux pour accueillir des migrants. Ces étudiants se font expulser de manière très violente par la police. Ces jeunes sont pourtant des « soldats de la paix »: ils risquent leur avenir pour s’assurer que d’autres aient droit à leur dignité.

B’nai B’rith International a dénoncé les propos antisémites du chef de l’Autorité palestinienne, il y a quelques jours. Alors que ces propos ont été condamnés par un certain nombre de dirigeants dans le monde, le silence de l’ONU, notamment celui du Haut-Commissaire, est assourdissant, a déclaré l’organisation.

Le Réseau international des droits de l’homme (RIDH), au nom de la Commission des droits de l'homme du Nicaragua et du réseau international des droits de l'homme, a demandé que cesse immédiatement la répression au Nicaragua; et que les autorités de ce pays reçoivent une assistance technique pour faire respecter les droits des victimes.

Global Institute for Water, Environment and Health a attiré l’attention sur la situation catastrophique des réfugiés palestiniens victimes de l’attaque destructrice du camp de Yarmouk par les forces armées syriennes, en avril dernier. Des milliers de civils palestiniens ont perdu la vie ou ont été blessés pendant les hostilités entre le Gouvernement syrien et Daech, a dit l’ONG.

Le Congrès juif mondial s’est dit de plus en plus préoccupé par la situation imposée par l’Iran, qui est un havre pour les groupes terroristes. L’Iran menace l’existence d’Israël, qui le signale à chaque session du Conseil. L’ONG a demandé une fois de plus que le Conseil concentre son attention où il devrait.

Dans une déclaration conjointe au nom de dix organisations, l’Union internationale humaniste et laïque au nom également d’Ensemble contre la Peine de Mort et Freedom Now. a relevé que le Parlement mauritanien avait amendé le Code pénal pour rendre la peine de mort obligatoire à toute personne reconnue coupable de paroles blasphématoires et d'actes sacrilèges. La nouvelle loi prévoit également une amende pour atteinte à la décence publique et aux valeurs islamiques. La Mauritanie a été appelée à mettre fin à la détention arbitraire de l'écrivain et journaliste Mohamed Cheikh Ould, qui avait été condamné à mort pour apostasie avant de voir sa peine commuée.

Minority Rights Group International a indiqué que des milliers de personnes déplacées à l’intérieur de l’Iraq ne peuvent plus voter librement. Certes, l’Iraq se remet d’un conflit: mais le pays n’en doit pas moins respecter les droits de l’homme, a dit l’ONG. Elle a aussi fait part de sa préoccupation devant la situation actuelle dans Sinaï, en Égypte.

Droit de réponse

La Grèce a regretté que le Président du Conseil ait laissé une ONG s’exprimer alors que sa déclaration n’avait rien avoir avec le point de l’ordre du jour à l’examen cet après-midi. Cette déclaration était non fondée, a affirmé la délégation grecque, avant de faire valoir que la Grèce garantit la protection des droits de l’homme. La déclaration de cette ONG n’a aucun lien avec les violations des droits de l’homme dans le monde et intervient alors qu’un accord historique est sur le point d’être signé entre l’ex-République de Yougoslave de Macédoine et la Grèce et l’objectif de la déclaration de cette ONG est de créer des impressions négatives s’agissant de cette question, a ajouté la Grèce.

Le Cambodge a déclaré que les déclarations de l’Union européenne et d’autres pays ignorent les règles du Conseil. Ces déclarations relèvent de la politisation et de l’ingérence dans les affaires du Cambodge et dans l’organisation des prochaines élections; elles sont motivées par des intentions cachées visant à marginaliser le parti en place. La dissolution du CNRP est une décision judiciaire sur laquelle le Gouvernement n’a pas à s’exprimer et n’a rien à voir avec les élections à venir, a déclaré le Cambodge.

Le Venezuela s’est insurgé contre certains pays qui se sont assignés la tâche de saper les fondements démocratiques du Venezuela par des déclarations mensongères. Le pays a dénoncé la violence terroriste, les coups d’état et la déstabilisation par des forces externes au Venezuela appuyées par « l’empire des États-Unis » avec la complicité d’autres États. Le Venezuela affiche pourtant un record mondial de consultations populaires et possède l’un des systèmes les plus transparents au monde, a assuré la délégation vénézuélienne. Le Venezuela peut se vanter d’un bilan brillant et d’une liberté souveraine et démocratique que personne ne peut contester, a-t-elle insisté.

L’Inde a rejeté le rapport du Haut-Commissariat concernant le Cachemire, ajoutant que les déclarations du Pakistan à ce sujet n’ont pour seul but que de promouvoir la désinformation et relèvent d’une volonté de détourner l’attention de la situation catastrophique des droits de l'homme au Pakistan, alors que le Conseil ne peut ignorer qu’il s’agit d’une tentative de légitimer le terrorisme. Les minorités musulmanes au Pakistan et dans le territoire occupé du Cachemire sont victimes de privations du fait de politiques autoritaires des autorités pakistanaises, a insisté l’Inde, avant d’ajouter que le Cachemire fait partie intégrante de l’Inde, contrairement à ce que prétend l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui n’a par ailleurs pas autorité pour s’exprimer sur les affaires intérieures de l’Inde.

L’Égypte a réagi aux déclarations de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la Norvège, de l’Union européenne et du Danemark, en soulignant qu’il ne faut pas saisir l’occasion du débat général pour stigmatiser certains pays, dont l’Égypte en ignorant totalement les difficultés qu’elle traverse. Au sujet de la société civile, l’Égypte a fait valoir l’existence de milliers d’organisations et d’associations enregistrées et actives dans le pays. L’Égypte a en outre réaffirmé sa volonté de coopérer avec le Comité des disparitions forcées pour faire toute la lumière sur les allégations la concernant. Quant à la peine capitale, elle n’est appliquée que dans le cas des crimes les plus graves, a ajouté la délégation égyptienne, avant de démentir par ailleurs les allégations d’exactions à l’encontre de journalistes et autres personnels des médias.

La République islamique d’Iran a également rejeté les allégations proférées à son encontre par le Canada et le Royaume-Uni, qui sont selon elle caractérisées par une démarche biaisée dans l’examen des problèmes afférents aux droits de l’homme. Les différentes formes de violence et de harcèlement contre les femmes et les filles constituent des problèmes très répandus au Royaume-Uni, a ajouté l’Iran, constatant par ailleurs que la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique n’avait pas encore été ratifiée par le Royaume-Uni.

La Chine a affirmé que certaines déclarations prononcées cet après-midi avaient pour but de s’ingérer dans ses affaires internes, alors même que le pays a atteint un très haut niveau de protection des droits de l’homme de sa population. Ainsi, par exemple, les droits des suspects sont-ils dûment protégés et la Chine encourage les ONG à travailler en faveur des droits de l’homme. Il relève de la souveraineté pleine et entière de la Chine de traiter certaines affaires pénales sans interférences étrangères, a poursuivi la délégation chinoise. Certaines régions chinoises, peuplées par des minorités ethniques, connaissent des progrès exceptionnels en termes de développement et de droits de l’homme; mais les séparatistes violents sont, eux, réprimés afin de garantir le droit à la vie des gens et leur sécurité. Il faut revenir rapidement (au sein du Conseil) à un dialogue constructif avec toutes les parties, a plaidé la Chine.

La Turquie a indiqué avoir réussi à faire face à un coup d’état terroriste contre sa démocratie, grâce à son engagement envers l’état de droit. Les mesures prises dans ce contexte le sont en toute transparence et le principe de proportionnalité est respecté, a ajouté la délégation turque. Elle a en outre démenti les allégations de restriction à la liberté d’expression, rappelant que la liberté de la presse est protégée par la Constitution turque et affirmant que certaines personnes exploitent la profession de journaliste à des fins indues.

Le Soudan a répondu à la déclaration faite cet après-midi par le Royaume-Uni, en regrettant que le Conseil soit instrumentalisé par certains pays pour poursuivre leurs propres intérêts. Il a demandé au Royaume-Uni de se préoccuper de ses problèmes intérieurs avant de s’ingérer dans les affaires des autres. La délégation soudanaise a réaffirmé le droit à la liberté d’expression et les droits des femmes, assurant qu’ils sont tout à fait respectés au Soudan.

Le Brésil s’est dit attristé par la mort par arme à feu d’un jeune de 14 ans alors qu’il se rendait à l’école, la semaine dernière, dans un quartier de Rio. La lutte contre la criminalité est une priorité pour le Gouvernement brésilien et l’intervention fédérale à Rio dans le domaine de la sécurité est une exception, a indiqué la délégation brésilienne. Elle a réaffirmé que les causes sous-jacentes de la violence et de la criminalité doivent être traitées de manière globale.

Les Philippines ont rejeté les déclarations de la Bulgarie, au nom de l’Union européenne, de la Belgique, de la République tchèque et de la Finlande, et ont regretté que ces délégations n’aient pas une compréhension suffisante du système judiciaire philippin et continuent de se fonder sur des sources d’information qui sont biaisées voire ont des motivations politiques pour appréhender la réalité de la situation des droits de l’homme aux Philippines. La délégation philippine a ajouté avoir d’ores et déjà répondu à de telles allégations lors du débat sur le point 2 de l’ordre du jour. Aux Philippines, la campagne contre les drogues illégales est menée dans le plein respect des droits de l’homme et de l’état de droit, a-t-elle assuré. Tous les décès résultant des opérations des forces de maintien de l’ordre fait l’objet d’enquêtes et les responsables sont sanctionnés, a insisté la délégation.

La République de Corée a indiqué que les douze travailleurs Nord-Coréens entrés sur son territoire y sont entrés de leur plein gré pour trouver un emploi et jouir de la liberté au même titre que les Sud-Coréens. La République de Corée a regretté la situation spéciale qui prévaut dans la péninsule de Corée s’agissant du droit à la liberté de mouvement. Elle a assuré qu’elle ne ménagerait aucun effort pour s’attaquer au problème humanitaire engendré par la division Nord-Sud (de la péninsule) par une mise en œuvre de la Déclaration de Panmunjom.

La République démocratique populaire lao a expliqué qu’une ONG avait tenté d’influencer le Conseil avec de fausses informations. Il n’y a pas de génocide dans le pays, a assuré la délégation lao. La République démocratique populaire lao continue de progresser dans le domaine des droits de l’homme, en s’appuyant sur ses dizaines de communautés et tous les groupes ethniques ont les mêmes droits devant la loi, a affirmé la délégation. Le Gouvernement lao prend toutes les mesures qui s’imposent pour réduire la pauvreté au sein de tous les groupes ethniques, lesquels bénéficient tous des mêmes droits, a-t-elle insisté. Il existe un grand nombre de hauts fonctionnaires d’origine Hmong, a-t-elle notamment indiqué, rappelant que la Présidente de l’Assemblée nationale est précisément issue de cette communauté.

Le Japon a répondu à la déclaration de la République populaire démocratique de Corée en soulignant qu’il accepte avec humilité les faits de l’histoire. Sur ces 70 dernières années, le Japon a toujours milité en faveur des droits de l’homme et l’allégation de discrimination à l’encontre des personnes originaires de République populaire démocratique de Corée portée à son encontre est fausse, a ajouté la délégation japonaise.

Cuba a jugé sans fondement les accusations portées par une ONG laissant entendre que certains responsables religieux sont poursuivis sur l’île. Le Gouvernement cubain a toujours respecté la liberté religieuse, a assuré la délégation cubaine, avant d’ajouter que Cuba refuse toute tentative sélective de discriminer son pays pour des raisons politiques.

L’Iraq a rejeté les accusations de l’Allemagne concernant la peine de mort en Iraq. L’Iraq a assuré ne pas appliquer la peine capitale à des mineurs de moins de 18 ans et a ajouté que l’Allemagne devrait être consciente des atrocités auxquelles le peuple iraquien a été soumis et du fait que tous les moyens sont mis à la disposition des victimes. L’Iraq a demandé à l’Allemagne de ne pas s’ingérer dans les affaires internes d’autres pays, notamment lorsqu’il s’agit de terrorisme. Pour répondre à une ONG au sujet des élections, la délégation iraquienne a indiqué que les plaintes proviennent de ceux qui souhaitent détourner le processus électoral.

Le Pakistan a déploré que l’Inde tente d’induire le Conseil en erreur en prétendant que le Cachemire est un territoire de l’Inde. L’Inde ne saurait ignorer la préoccupation de la communauté internationale à ce sujet et doit reconnaître qu’elle a converti ce territoire en ghetto, a ajouté le Pakistan. L’Inde exporte le terrorisme dans les pays voisins et son refus d’établissement d’une commission d’enquête prouve bien qu’elle a des choses à se reprocher.

La République populaire démocratique de Corée a souligné que les crimes du passé non résolus continuent de hanter l’avenir. Le Japon ferait donc mieux de réexaminer son passé, plutôt que de critiquer les efforts de la République populaire démocratique de Corée. La République de Corée, quant à elle, insiste sur la question des enlèvements, alors qu’on attend encore d’elle qu’elle restitue les 12 femmes enlevées, a ajouté la République populaire démocratique de Corée.

L’Inde a accusé le Pakistan de terrorisme transfrontière et de détournement de millions de dollars pour alimenter des groupes terroristes sur le territoire indien. Le Pakistan ferait mieux de cesser de cibler des hommes et femmes politiques au Baloutchistan, et de cesser de commanditer des viols et d’inciter à la violence, a insisté l’Inde.

Le Japon a répondu à la République démocratique populaire de Corée que la revendication dont elle fait état se fonde sur des faits erronés. La délégation japonaise a appelé les parties prenantes à rechercher une solution ensemble.

Le Pakistan a déploré que la délégation de l’Inde ait suivi un modèle attendu de réponse. Le rapport du Haut-Commissariat (concernant le Cachemire) nécessite un suivi, indépendamment des déclarations de l’Inde, a souligné la délégation pakistanaise. Elle a accusé l’Inde, lorsque ce pays affirme que le Conseil de sécurité a appelé à la démilitarisation du Cachemire sous juridiction pakistanaise, d’amnésie sélective dont l’objectif est d’induire le Conseil en erreur.

La République démocratique populaire de Corée a rejeté l’affirmation erronée du Japon. Le Japon a bien commis des crimes contre l’humanité; c’est un fait historique, a insisté le pays, avant d’ajouter que la communauté coréenne au Japon a déploré la réticence du Japon à traiter cette grave question.

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Conseil des droits de l'homme: Table ronde sur les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays !

Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme

Le Conseil des droits de l'homme a tenu, cet après-midi, une table ronde sur les droits de l’homme des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, en commémoration du vingtième anniversaire de l’adoption des Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays.

Ouvrant cette discussion, M. Adam Abdemoula, Directeur de la Division des mécanismes de traités et du Conseil des droits de l'homme au Haut-Commissariat aux droits de l'homme, a souligné que si l’impact des déplacements est aveugle, ceux qui se trouvent déjà dans des situations vulnérables courent plus de risque d’être déplacés et d’en souffrir davantage. Les déplacements internes devraient faire partie de la question plus large des migrations, avec lesquelles ils partagent souvent les mêmes éléments moteurs, pour aborder tous les facteurs qui poussent les personnes à quitter leur foyer et garantir leur dignité, a fait observer M. Abdelmoula.

M. Volker Türk, Haut-Commissaire assistant chargé de la protection au Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a rappelé que le rapport annuel sur les tendances globales concernant les personnes déplacées a été diffusé par le HCR la semaine dernière et qu’il constate que malheureusement, il y a 68 millions de personnes déplacées dans le monde, dont 40 millions de personnes déplacées internes. En 2017, il y a eu plus de 18 millions de personnes déplacées internes en raison de catastrophes naturelles, a-t-il précisé. Les pays qui subissent ces déplacements internes doivent être soutenus par la communauté internationale, a souligné le Haut-Commissaire assistant, ajoutant que les Principes directeurs doivent être une source d’inspiration pour tous.

Animatrice de la table ronde, la Rapporteuse spéciale sur les droits de l’homme des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, Mme Cecilia Jimenez-Damary, a averti que si l’on ne prête pas davantage attention aux facteurs de risque, que ce soit par temps de conflit ou en situation de catastrophe naturelle, ou encore face au changement climatique, des individus continueront à être déplacés.

Trois panélistes ont fait des exposés: Mme Maya Sahli Fadel, membre de la Commission africaine des droits de l’hommes et des peuples et Rapporteuse spéciale (de ladite Commission) sur les réfugiés, les demandeurs d’asile, les migrants et les personnes déplacées internes en Afrique, qui a notamment rappelé que la Convention de Kampala est venue combler l’absence de cadre particulier concernant les personnes déplacées en Afrique; Mme Alba Marcela Castañeda, Sous-Secrétaire d’État aux droits de l'homme du Honduras, qui a souligné que la hausse de la criminalité organisée dans son pays et l’influence des bandes ont forcé un grand nombre de personnes à abandonner leur foyer et qui a fait valoir que le Gouvernement du Honduras avait créé la Commission interinstitutionnelle pour la protection des personnes déplacées par la violence; et Mme Nazhat Shameen Khan, Représentante permanente des Fidji auprès des Nations Unies à Genève, qui a notamment attiré l’attention sur la relation entre les catastrophes naturelles lentes et la mobilité humaine.

De nombreuses délégations* sont intervenues dans le cadre du débat qui a suivi ces interventions. Bon nombre ont insisté sur l’importance que revêtent les Principes directeurs dont on célèbre cette année le vingtième anniversaire de l’adoption. Pour beaucoup de délégations, la thématique des personnes déplacées internes doit devenir une priorité pour les États, alors que – comme certains l’ont fait observer avec regret – la situation des personnes déplacées internes n’est pas inscrite dans les discussions actuelles autour de l’élaboration des deux pactes mondiaux (sur les migrations et sur les réfugiés). Certaines délégations ont souligné qu’il fallait s’attaquer aux principales causes du déplacement interne, notamment les conflits, en faisant respecter le droit international humanitaire.

Le Conseil poursuivra ses travaux demain matin, à partir de 9 heures, en se penchant sur la mise à jour que lui fera la Commission d’enquête sur le Burundi.

Table ronde sur les droits humains des personnes déplacées internes

Déclarations liminaires

M. ADAM ABDELMOULA, Directeur de la Division des mécanismes de traités et du Conseil des droits de l'homme au Haut-Commissariat aux droits de l'homme, a souligné que si l’impact des déplacements est aveugle, ceux qui se trouvent déjà dans des situations vulnérables courent plus de risque d’être déplacés et d’en souffrir davantage. Les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays (adoptés il y a vingt ans) sont conformes au droit international des droits de l'homme, a-t-il rappelé, avant de souligner qu’en tant que citoyens, les personnes déplacées ont le droit de jouir de tous les droits humains, sans exception.

Les déplacements internes devraient faire partie de la question plus large des migrations, avec lesquelles ils partagent souvent les mêmes éléments moteurs, pour aborder tous les facteurs qui poussent les personnes à quitter leur foyer et garantir leur dignité, a fait observer M. Abdelmoula. Les personnes déplacées internes sont souvent les plus pauvres, et les femmes et les enfants sont particulièrement touchés, a-t-il souligné. Ces personnes sont souvent privées de leurs droits sociaux, économiques, culturels et civils, et les solutions leur échappent, comme cela a pu être constaté. Ne laisser personne de côté exige d’étudier ces modèles d’exclusion et nécessite des mesures politiques, juridiques et institutionnelles pour parvenir à des solutions durables, a par ailleurs indiqué M. Abdelmoula.

Le travail du Haut-Commissariat concernant les migrations a montré les lacunes importantes qui existent en matière de disponibilité de données sur les déplacements interne, a souligné M. Abdelmoula. Les personnes déplacées internes devraient être incluses dans les efforts d’amélioration de collecte des données afin de parvenir à des progrès en faveur des populations concernées. C’est également important pour réaliser les Objectifs de développement durable, a conclu M. Abdelmoula.

M. VOLKER TÜRK, Haut-Commissaire assistant chargé de la protection au Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a rappelé que le rapport annuel sur les tendances globales concernant les personnes déplacées a été diffusé par le HCR la semaine dernière et qu’il constate que malheureusement, il y a 68 millions de personnes déplacées dans le monde, dont 40 millions de personnes déplacées internes. La plupart des personnes déplacées sont donc des déplacées internes, a insisté M. Türk. En 2017, il y a eu plus de 18 millions de personnes déplacées internes en raison de catastrophes naturelles, a-t-il précisé. Les pays qui subissent ces déplacements internes doivent être soutenus par la communauté internationale, a souligné le Haut-Commissaire assistant, rappelant que les Principes directeurs (relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays) sont des normes de base dans ce domaine pour servir les droits des personnes déplacées. Il faut pouvoir enregistrer les personnes déplacées et établir les documents les concernant, a par ailleurs souligné M. Türk, avant de faire observer que 24 pays utilisent les Principes directeurs dans leurs lois nationales comme point de référence. L’Union africaine a adopté la Convention de Kampala, le premier traité juridiquement contraignant dans ce domaine, a également fait valoir le Haut-Commissaire assistant. Les Principes directeurs doivent être une source d’inspiration pour tous, a-t-il insisté.

Le HCR s’occupe de la protection au niveau mondial et dans le contexte humanitaire, la protection signifie « les droits de l’homme dans l’action »; le centre de l’attention du HCR se sont les gens, les gens eux-mêmes, a insisté M. Türk. La protection dans le domaine humanitaire se fait selon plusieurs principes : le premier est de placer les besoins des gens au centre de l’attention, ce qui signifie notamment de réaliser un travail de plaidoyer en faveur des droits de ces personnes et de les inclure dans les décisions qui les touchent; le deuxième est de fournir des systèmes de protection concrets, comme la délivrance de document d’identité, et il faut aussi dans ce contexte réunifier les enfants avec leurs parents, par exemple; et le troisième principe est d’informer sur tout ce qui est fourni, notamment dans les camps, aux personnes. Le camp s’il n’est pas installé correctement peut augmenter le risque de violences sexuelles, par exemple, a précisé M. Türk. Il faut également informer au sujet de la fourniture de l’aide humanitaire.

Le HCR a pu constater le développement d’institutions très fortes qui traitent du déplacement de personnes, par exemple en Colombie ou en Géorgie, s’est félicité M. Türk. Il est bon d’avoir des lois et des politiques dans le domaine de la protection des personnes déplacées internes, mais le plus important est de les mettre en œuvre, a-t-il conclu.

Animatrice de cette table ronde, la Rapporteuse spéciale sur les droits de l’homme des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, MME CECILIA JIMENEZ-DAMARY, a retracé la chronologie du processus ayant conduit à l’adoption des Principes directeurs en 1998, estimant que la présente table ronde fournit l’occasion de dresser un bilan de leur mise en œuvre et de jauger les forces et les faiblesses en la matière, vingt ans après leur adoption. Si l’on ne prête pas davantage attention aux facteurs de risque, que ce soit par temps de conflit ou en situation de catastrophe naturelle, ou encore face au changement climatique, des individus continueront à être déplacés, a-t-elle averti.

Exposés des panélistes

MME MAYA SAHLI FADEL, membre de la Commission africaine des droits de l’hommes et des peuples et Rapporteuse spéciale (de ladite Commission) sur les réfugiés, les demandeurs d’asile, les migrants et les personnes déplacées internes en Afrique, a mis l’accent sur le fait que 35 des 55 États membres de l’Union africaine sont touchés par des déplacements, avec 13 millions de personnes déplacées. En 2016, 70% de ces personnes ont été déplacées en raison de conflits. Elle a constaté une appropriation de la problématique par les pays africains dans le souci de prêter assistance à des millions de personnes dans le besoin.

L’Union africaine a ainsi adopté un document juridique sur ce problème, alors même que certains pays, comme les signataires du pacte de 2006 sur la stabilité dans la région des Grands lacs, ont intégré les Principes directeurs, a poursuivi la Rapporteuse spéciale. Par ailleurs, l’adoption de la Convention de Kampala est venue combler l’absence de cadre particulier concernant les personnes déplacées en Afrique. Entré en vigueur le 6 décembre 2012, ce document, par lequel les peuples africains se sont dotés d’un instrument contraignant et historique, oblige les gouvernements à s’attaquer au phénomène et à prendre des mesures pour parvenir à des solutions durables. Le déplacement interne y est défini et cette Convention est assortie de la Déclaration de Kampala, a précisé la Rapporteuse spéciale. En avril 2017, a eu lieu la première réunion des États parties à la Convention de Kampala, cet instrument ayant à ce jour été ratifié par 27 États et signé par 17 autres – onze pays africains n’ayant encore rien fait à son égard. L’Union africaine a aussi adopté la position africaine commune sur l’assistance humanitaire, qui repose sur dix piliers, a ajouté la Rapporteuse spéciale. La Commission africaine est en train de rédiger une observation générale sur la liberté de circulation des personnes déplacées, a-t-elle ajouté, avant d’exprimer l’espoir que soit proclamée, dès l’année prochaine, une journée africaine des personnes déplacées internes.

Invitée à partager son expérience sur l’importance des données et des preuves pour élaborer des réponses intégrales basées sur les droits de l'homme face aux déplacements internes, MME ALBA MARCELA CASTAÑEDA, Sous-Secrétaire d’État aux droits de l'homme du Honduras, a souligné que la hausse de la criminalité organisée dans son pays et l’influence des bandes ont forcé un grand nombre de personnes à abandonner leur foyer pour protéger leur vie, leur liberté, leur bien-être et leur sécurité, en raison d’un manque de mécanismes de protection adéquats.

En 2013, le Gouvernement du Honduras a créé la Commission interinstitutionnelle pour la protection des personnes déplacées par la violence et a ainsi reconnu l’importance d’aborder le phénomène des déplacements forcés sous l’angle institutionnel afin d’apporter des réponses coordonnées. La Commission est composée de dix institutions de l’État, quatre organisations de la société civile et une association de municipalités. L’une de ses principales attributions est de mener des enquêtes, des études et des diagnostics sur les tendances, les causes et les facteurs qui causent les déplacements forcés par la violence, ainsi que sur les zones et les communautés les plus touchées et l’impact du phénomène au niveau national. La Commission est guidée par les Principes directeurs et bénéficie de l’appui du mandat de la Rapporteuse spéciale sur les droits de l'homme des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, qui a visité le pays en 2015. La Sous-Secrétaire d’État a souligné que les actions lancées par le Honduras dans ce contexte visent la prévention, l’aide humanitaire, la protection (des personnes concernées) et la recherche de solutions durables.

Le fait de pouvoir compter sur des données concernant le profil et l’ampleur des déplacements a permis de déterminer des politiques et des outils de réponse, a fait valoir Mme Castañeda. Elle a toutefois expliqué que ce cadre normatif a manqué d’informations et que le Secrétariat aux droits de l'homme mène donc une seconde étude afin de renforcer le cadre et les réponses durables face aux déplacements. Au-delà de ces études statistiques, le Secrétariat aux droits de l'homme a également mené des processus de consultation des populations les plus touchées, comme les femmes, les enfants, la communauté LGBTI, les éducateurs, les transporteurs et les commerçants, a ajouté la Sous-Secrétaire d’État aux droits de l'homme du Honduras. Toutes ces informations sont essentielles pour définir des priorités stratégiques et débloquer les fonds nécessaires aux mesures adéquates, a-t-elle insisté, ajoutant que l’objectif final est de restaurer les droits des personnes déplacées et de leur apporter des solutions durables. Le Gouvernement du Honduras souhaite aussi inscrire cette ambition dans l’objectif plus large du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de la promesse de ne « laisser personne de côté ».

MME NAZHAT SHAMEEM KHAN, Représentante permanente des Fidji auprès des Nations Unies à Genève, a attiré l’attention sur la relation entre les catastrophes naturelles lentes et la mobilité humaine, soulignant que ce thème domine l’ensemble des discussions sur les Objectifs de développement durable et la mobilité humaine. Elle a expliqué qu’il était difficile d’obtenir des chiffres ou des études concernant les personnes déplacées en raison des changements climatiques lents ou d’une catastrophe naturelle lente. Les raisons du déplacement dans ce contexte sont de différents ordres, notamment socioéconomiques, et dépendent aussi de vulnérabilités spécifiques, comme le handicap ou le genre. Cette problématique complexe rend compliqué la mise en œuvre de plans d’action nationaux dans ce domaine, a souligné la Représentante permanente des Fidji.

Quelque 18,8 millions de personnes sont déplacées en raison de catastrophe naturelles brutales, a poursuivi Mme Khan. Il est par contre compliqué de recenser les personnes qui se sont déplacées en raison de phénomènes lents, notamment dans le Pacifique, a-t-elle ajouté. Il est impossible de planifier des stratégies de développement dans les pays de la région Pacifique sans prendre en compte la question des déplacements dus au changement climatique dans toutes ses dimensions.

Le déplacement doit être appréhendé comme un processus intéressant l’autonomisation de sociétés entières et les Principes directeurs jouent un rôle-clé dans ce domaine, car ils doivent permettre à la population de s’adapter, a en outre souligné la Représentante permanente des Fidji. Les plans stratégiques concernant le déplacement doivent être inclusifs et participatifs et doivent pouvoir accompagner des communautés qui vont devoir se déplacer en raison du changement climatique, a-t-elle insisté. Il est également important de transformer les mécanismes sociaux pour qu’ils puissent s’adapter au déplacement. Il ne faut pas attendre que le déplacement se produise avant d’agir mais il faut, au contraire, le planifier pour qu’il réponde aux attentes de la population. Aux Fidji, la population est intégrée dans l’approche et les stratégies intéressant le déplacement des populations. Nul ne sera déplacé sans son consentement, a assuré la Représentante permanente. L’archipel développe une approche inclusive dans ce domaine; les enfants sont par exemple consultés dans le cas où il faut déplacer leur école, a précisé Mme Khan.

Débat interactif

L’Union européenne a estimé que tous les efforts de protection des personnes déplacées doivent reposer sur la durabilité, la dignité et la réponse aux besoins. L’Union européenne a réaffirmé le droit des personnes déplacées dans leur propre pays de participer à l’élaboration des solutions aux problèmes qui les affectent. De même, les Émirats arabes unis, au nom de la Ligue des États arabes, ont encouragé à envisager des approches plus positives et globales, avec la participation de toutes les parties concernées, y compris les communautés hôtes. Les Émirats arabes unis ont estimé, comme le Togo qui s’exprimait au nom du Groupe africain, qu’il fallait aussi déterminer la responsabilité partagée des États envers les personnes déplacées et examiner les causes profondes des déplacements. Pour le Groupe africain, le problème ne pourra pas être résolu en restreignant la liberté de circulation, en violant le droit de chacun à l’asile et en renforçant les contrôles aux frontières.

La Chine a conseillé d’analyser les situations au cas par cas, rappelant que tous les pays doivent respecter leurs obligations internationales aux fins de la prévention de ce problème. L’assistance humanitaire doit correspondre aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale. La communauté internationale est aussi appelée à fournir l’aide technique et financière pour résoudre les situations de déplacement interne, a demandé la Chine. Le Danemark a recommandé la récolte de données ventilées par âge et par genre sexe dans le contexte des déplacements internes de populations.

Pour la Fédération de Russie, il est indispensable de rechercher des solutions à long terme par le biais de négociations politiques. À titre d’exemple, le nombre important de personnes déplacées en Ukraine s’explique par les politiques du Gouvernement en place dans ce pays, a dit la délégation russe. À l’inverse, elle a relevé une diminution du nombre des personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie.

L’Azerbaïdjan a dit avoir dépensé plus de 6 milliards de dollars pour remédier aux problèmes que rencontrent ses citoyens déplacés de force à cause des agissements de l’Arménie. Seule une solution politique réglera cette question et garantira le retour de ces personnes en toute sécurité, a dit l’Azerbaïdjan.

La Colombie a insisté sur la nécessité de compter les personnes déplacées, en l’occurrence pour ce qui la concerne grâce à un registre établi en 2005. Il faut aussi promouvoir la participation des personnes concernées afin que les pouvoirs publics puissent comprendre leur situation et leurs désirs. En outre, il convient de créer des filières d’information et de consultation à l’intention des personnes déplacées internes. Enfin, il faut que les communautés d’accueil puissent prendre part au processus de décision. L’Équateur a pour sa part indiqué avoir une approche intégrale vis-à-vis des personnes déplacées, notamment dans les provinces du nord. Le cadre de mobilité humaine dans ce pays est devenu transversal, englobant toutes les institutions nationales.

L’Iraq a dit avoir connu plusieurs vagues de déplacements internes de populations dans les zones contrôlées par les groupes terroristes. Des mesures ont été prises dans ce contexte en vue d’assurer la fourniture de services de base et de l’assistance humanitaire, ainsi que pour favoriser les conditions d’un retour sûr et volontaire. Les personnes déplacées peuvent voter dans les districts électoraux où elles résident, a ajouté la délégation irakienne. Les étudiants déplacés sont, eux, inscrits dans les établissements scolaires régionaux. La délégation irakienne a en outre demandé une assistance pour les opérations de déminage en Iraq.

Le Venezuela a souligné que les mesures coercitives unilatérales risquaient d’entraîner de nouvelles violations des droits des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays.

La Serbie a rappelé que, vingt ans après le bombardement du pays par l’OTAN, elle comptait encore un nombre important de personnes déplacées : 201 047 Serbes déplacés viennent du Kosovo et Metohija et de l’Albanie. Dans ce contexte, la Serbie s’est basée sur les Principes directeurs : c’est pourquoi ses stratégies nationales respectent les droits des personnes déplacées, a assuré la délégation serbe, ajoutant que les principaux objectifs du pays dans ce contexte sont de garantir les droits à l’emploi, à la santé et à l’éducation, ainsi qu’à la protection sociale et au logement. Il est regrettable que, jusqu’à présent, seulement 12 145 personnes soient retournées, a ajouté la délégation serbe.

Pour le Botswana, c’est aux autorités nationales qu’il incombe d’assurer la protection des déplacés internes. Le Botswana, expliquant qu’il y avait quarante millions de personnes déplacées internes en raison de conflits, a dit appuyer l’idée de promouvoir une bonne gouvernance pour lutter contre le déplacement interne. Le Lesotho a, de même, souligné que les États, principaux responsables de la protection des personnes déplacées, devaient bien connaître les droits de ces personnes. Le Lesotho a ratifié la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique (Convention de Kampala), a par ailleurs dit la délégation.

Le Programme des Nations Unies pour le développement a déclaré que son nouveau plan stratégique accordait la priorité à la recherche de solutions pour les personnes déplacées internes. Le PNUD soutient les politiques des États dans ce domaine. Il faut une planification pour s’attaquer aux causes profondes, qui rassemble l’ensemble des acteurs dans ce domaine. Des efforts internationaux sont essentiels pour promouvoir les droits des personnes déplacées dans leur propre pays. Le Koweït a expliqué avoir apporté une assistance financière à des victimes de catastrophe naturelles à hauteur de 50 milliards de dollars. Le Koweït a aussi participé à la conférence des donateurs afin d’apporter assistance aux déplacés internes en Syrie.

L’Irlande a expliqué que la majorité des personnes déplacées dans leur pays étaient des femmes et des enfants; et que cette population était très vulnérable aux violations de ses droits. Le travail sur les deux pactes mondiaux est dans ce cadre très important, mais il faut dès maintenant accorder toute l’attention nécessaire aux personnes déplacées dans leur propre pays. L’Autriche a fait observer que le déplacement interne entraînait un prix très élevé à long terme pour les sociétés. Le Royaume Uni a recommandé de lutter contre les violations du droit international humanitaire qui déplacent des millions de personnes dans leur pays, comme en Syrie, en République démocratique du Congo et en Irak. La République arabe syrienne a expliqué que les Principes directeurs n’étaient pas contraignants car ils ne résultent pas d’un processus de négociation inter-gouvernementale mais de conclusions d’experts. Le terrorisme et les attentats terroristes sont les principales causes du déplacement interne, notamment en Syrie. Or, ces causes ne sont pas mentionnées dans les Principes directeurs, a regretté la délégation syrienne.

La Suisse a souligné que répondre aux déplacement internes demeure un défi considérable. Les migrants et les déplacés internes sont souvent exposés aux mêmes dangers. Il faut que les États protègent tous les individus quel que soit leur statut migratoire. Compte tenu du changement climatique, les chiffres du déplacement interne risquent d’augmenter. Les deux pactes mondiaux qu’il est prévu d’adopter au sujet des migrants et des réfugiés devraient prendre en compte ce phénomène, a recommandé la Suisse. L’Arménie a expliqué que son Gouvernement avait mis en place une politique d’intégration des populations déplacées en leur donnant accès aux logements sociaux et en favorisant leur accès à l’emploi. L’approche « droits de l’homme » doit être pleinement intégrée dans les plans de résolution des conflits. Dans le cas du Haut-Karabagh, seul le Groupe de Minsk est mandaté formellement sur la question des personnes déplacées, a rappelé la délégation. Elle a condamné le fait que les 30 000 Arméniens vivant dans cette région avaient été privés de protection.

La Tunisie a expliqué que les Principes directeurs sont plus indispensables que jamais en raison du nombre de déplacés internes. Les conséquences sont toujours les mêmes pour les personnes déplacées internes notamment une vulnérabilité accrue aux violations des droits des enfants, des femmes et des personnes âgées. La responsabilité de protéger incombe certes aux gouvernements, mais il faut aussi une meilleure coordination dans ce domaine entre les parties au niveau local, régional et international.

La Norvège a déclaré qu’il fallait reconnaître à quel point les efforts internationaux sont faibles par rapport à l’ampleur des problèmes rencontrés par les personnes déplacées dans leur pays. Le changement climatique va encore aggraver le problème. La situation des personnes déplacées internes, qui sont souvent issues des populations plus vulnérables, doit être une priorité.

L’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l'homme a mis l’accent sur le rôle que jouent et peuvent jouer les institutions nationales de droits de l'homme (INDH) pour venir en aide aux personnes déplacées et défendre leurs droits. Elle a cité des initiatives lancées en Afghanistan, au Nigéria, en Ukraine et en Colombie. En avril, le réseau européen des INDH a fait une déclaration concernant le rôle de ces institutions en matière de protection des droits de l'homme des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays pendant et après un conflit.

Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) sont également intervenues. Christian Aid s’est exprimée par la voix d’une personne déplacée dans l’État de Borno, dans le nord du Nigéria, lequel compte deux millions de personnes déplacées. L’ONG a demandé comment le Conseil entendait renforcer la participation des personnes déplacées à ses débats. Franciscain international a fait observer que beaucoup de peuples autochtones déplacés ne connaissaient pas les Principes directeurs; tel est notamment le cas des peuples Warao et E’nepa en Amazonie transfrontalière, qui vivent dans des abris précaires au Brésil à la frontière avec le Venezuela. L’ONG a souligné qu’il est important que les gouvernements, et en particulier le Gouvernement brésilien, ne militarisent pas les zones d’accueil et s’abstiennent d’user de la manière forte sous prétexte de sécurité nationale. Elle a demandé aux panélistes de faire part de leurs idées quant à la manière d’appliquer les Principes directeurs pour garantir que les droits des peuples autochtones soient respectés, dans le respect de la réalité, de la cosmogonie et des traditions de ces peuples.

Al-Haq, Law in the Service of Man a rappelé que le déplacement des Palestiniens a été une constante depuis 1948 et le moteur de l’occupation prolongée du territoire palestinien par Israël depuis 1967. Vingt ans après l’adoption des Principes directeurs, Israël continue ses politiques d’apartheid et de nettoyage ethnique, a dénoncé l’ONG. Les déplacements des palestiniens des territoires occupés sont en fait des transferts forcés, pour lesquels s’applique une responsabilité pénale individuelle, a mis en garde Al Haq. Sept décennies d’impunité suffisent, a dit la représentante, appelant à saisir la Cour pénale internationale afin qu’elle entame une enquête sur la situation en Palestine et veille à la reddition de comptes des responsables.

Verein Südwind Entwicklungspolitik a constaté que l’asséchement à 90% du lac d’Urmia, en Iran, risquait de forcer des populations au déplacement. En effet, les populations vivant autour de ce lac courent le risque imminent de devoir partir en raison de menaces contre leur santé. Dans une autre province iranienne, le Qazvin, au nord-ouest du pays, 10 millions d’habitants sont exposés aux tempêtes de sable et risquent eux aussi d’avoir à se déplacer.

Istituto Internationale Maria Ausiliatrice delle Salesiane di Don Bosco a rappelé aux États leur obligation d’aider les enfants et les jeunes à accéder à l’éducation, et de respecter leurs droits. Elle a exhorté les gouvernements à aider les personnes déplacées vivant dans les camps à devenir autonomes.

Réponses et conclusions des panélistes

Pour répondre aux questions concernant les peuples autochtones déplacés, MME KHAN a fait remarquer que, dans des pays comme les Fidji, la terre et la mer ont un lien spirituel et qu’il est important que les gouvernements en tiennent compte pour ne pas traumatiser les communautés concernées.

MME CASTANEDA a souligné pour sa part la pertinence des Principes directeurs dans la recherche de solutions durables. Le déplacement interne est une violation des droits humains, qui doivent donc être restaurés, a-t-elle souligné. Quant à l’importance d’utiliser l’information sur la base de preuves, la Sous-Secrétaire d’État aux droits de l'homme a dit que c’est ce qui avait permis au Honduras de mieux voir l’ampleur et l’impact des déplacements forcés.

MME FADEL a estimé que les causes profondes des déplacements étaient les mêmes sur tous les continents. Elle a ajouté que les pays africains ont largement avancé dans la mesure où la Convention de Kampala définit trois étapes essentielles que sont la prévention, la protection et la recherche de solutions durables, ces dernières étant difficiles à mettre en œuvre. L’experte a plaidé pour l’adoption, au niveau international, d’une approche globale du problème des déplacements internes.

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mardi 26 juin 2018

RDC: Crimes contre l'humanité au Kasaï, les Fardc "Bana Mura" accusés par l'ONU !

Les déplacés du Kasaï

La République démocratique du Congo est-elle un "abattoir d'êtres humains" ? L'étau se resserre toujours un peu plus sur le régime d'imposture, d'occupation et de prédation qui sévit en RDC en toute impunité. Des experts de l’ONU ayant enquêté sur les atrocités commises depuis 2016 contre des populations civiles dans la région du Kasaï au Grand Congo ont accusé mardi les forces de sécurité et les milices locales de crimes contre l’humanité et crimes de guerre. « Certaines des exactions commises par les forces de défense et de sécurité, les milices Bana Mura (soutenues par l’armée, ndlr) et la milice Kamuina Nsapu (rébellion, ndlr) constituent des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre, ainsi que des violations et des atteintes aux droits de l’homme », a indiqué le groupe d’enquêteurs de l’ONU dans les conclusions de leur rapport que Réveil FM International met à la disposition de tous.

La situation au Kasaï

Note du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a l’honneur de transmettre au Conseil des droits de l’homme le rapport de l’Equipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï, conformément à la résolution 35/33 du Conseil des droits de l’homme.

Rapport de l’Equipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï

Résumé

L’Equipe d’experts internationaux est choquée par l’ampleur des violences qui ont fait des milliers de morts ainsi que la situation désastreuse des droits de l’homme qui perdure dans la région du Kasaï depuis 2016. Le présent rapport ne reflète qu’une petite partie des actes et des crimes commis. L’Equipe d’experts internationaux est préoccupée du faible niveau d’attention accordé à cette tragédie et de l’insuffisance des moyens pour y mettre fin.

L’Equipe d’experts internationaux confirme que les forces de défense et de sécurité, la milice Kamuina Nsapu et les milices Bana Mura ont commis de multiples atrocités, y compris de nombreux cas de violences sexuelles et des exactions contre les enfants, pouvant être qualifiées de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre.

L’Equipe d’experts internationaux est alarmée par la situation humanitaire, caractérisée par le déplacement d’environ 1,4 millions de personnes qui demeurent dans une situation très précaire.

Un très sérieux problème d’impunité subsiste au regard de l’ampleur et de la gravité des crimes commis. Un travail rigoureux d’enquête reste à accomplir au plan judiciaire pour que les auteurs des crimes soient poursuivis et jugés et que les victimes soient effectivement rétablies dans leurs droits.

Table des matières

Page

I. Introduction 4

II. Mandat 4

III. Méthodologie et standard de preuve 4

IV. Droit applicable 5

V. Contexte 5

VI. Acteurs de la crise 6

A. Les forces de défense et de sécurité 6

B. La milice Kamuina Nsapu 7

C. Les milices Bana Mura 8

VII. Etablissement des faits et circonstances 8

A. Avril-août 2016 8

B. Septembre-décembre 2016 9

C. Janvier-juillet 2017 10

VIII. Conséquences de la crise au Kasaï et situation actuelle 15

IX. Qualification juridique 16

A. Crimes contre l’humanité 16

B. Crimes de guerre 17

C. Violations des droits de l’homme 17

X. Conclusions et recommandations 17

A. Conclusions 17

B. Recommandations 18

Annexe

Carte du Kasaï 20

I. Introduction

1. Suite à la vague de violences qui a déferlé au Kasaï depuis 2016, le Conseil des droits de l’homme a décidé à l’unanimité, le 23 juin 2017, de créer, par la résolution 35/33, l’Equipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï (EEI) pour une période d’un an. 2. Le 26 juillet 2017, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a nommé Bacre Waly Ndiaye (Sénégal) (président), Fatimata M’Baye (Mauritanie) et Luc Côté (Canada) comme Experts internationaux. Ils ont été assistés par un secrétariat, basé à Kananga, province du Kasaï Central, et établi par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

3. L’EEI a délivré une présentation orale au Conseil des droits de l’homme en mars 2018.

4. L’EEI remercie la République démocratique du Congo (RDC) pour sa coopération et pour lui avoir facilité l’accès au pays. Elle étend ses remerciements à la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) pour son soutien ainsi que les organisations onusiennes, notamment le HCDH et ONU Femmes, ainsi que les organisations gouvernementales et non-gouvernementales qui lui ont apporté leur coopération. Elle remercie surtout les victimes et témoins qui ont accepté de communiquer leur expérience.

II. Mandat

5. Aux termes du paragraphe 10 de la résolution 35/33, l’EEI a mandat « de réunir et de conserver des informations, d’établir les faits et les circonstances […] concernant des violations présumées des droits de l’homme et des violations du droit international humanitaire dans les régions du Kasaï, de communiquer aux autorités judiciaires de la [RDC] les conclusions de cette enquête afin d’établir la vérité et de faire en sorte que les auteurs des crimes odieux soient tous traduits devant les autorités judiciaires de la [RDC]».

6. L’EEI est d’avis que son mandat consiste à établir les faits et circonstances des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises depuis 2016 et jusqu’à ce jour dans les provinces du Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental, Lomami, et Sankuru1 qui sont susceptibles de constituer des crimes en droit international pénal. Eu égard au large mandat qui lui a été confié et au temps imparti, l’EEI a enquêté en priorité sur les actes de violences les plus graves – tels que les atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique, notamment les violences sexuelles et basées sur le genre, ou encore les violences faites aux enfants.

7. L’EEI considère également que son mandat est d’examiner le rôle de toutes les parties impliquées dans la vague de violences qui touche le Kasaï depuis 2016, notamment les forces de défense et de sécurité, la milice Kamuina Nsapu et les milices Bana Mura.

III. Méthodologie et standard de preuve

8. L’EEI a récolté des informations auprès de nombreuses sources sur la vague de violences. L’EEI a établi une méthodologie de sélection se concentrant sur les incidents les plus graves et emblématiques. L’EEI a conduit des entretiens avec 524 victimes, témoins, auteurs présumés et d’autres sources. Des documents, photographies et vidéos appuyant les témoignages ont été collectés.

9. L’EEI a rencontré certains obstacles à la conduite efficace de ses enquêtes. La grande superficie du territoire à couvrir, couplée avec les difficultés d’accès aux témoins en raison de l’état des routes et des questions de sécurité, ont été des défis quotidiens. Les retards rencontrés dans le déploiement de l’EEI sur le terrain ont également posé des défis.

10. L’EEI a adopté le même niveau de preuve que la majorité des commissions d’enquête internationales et autres missions d’établissement des faits, à savoir des « motifs raisonnables de croire », impliquant l’obtention d’informations concordantes auprès d’au moins deux sources. 11. L’EEI a intégré une perspective genre dans l’ensemble de son travail et a porté une attention particulière aux allégations de violences sexuelles et basées sur le genre. Par ailleurs, l’EEI a mis en place une méthodologie d’enquête adaptée aux besoins spécifiques des mineurs.

12. Malgré la mise en place de procédures conformes aux meilleures pratiques en matière de protection des témoins et de respect de la confidentialité, un certain nombre de témoins ont exprimé des craintes en cas de partage de leurs témoignages lorsqu’ils contiennent des actes de violence commis par les forces de défense et de sécurité ou leurs propres communautés.

IV. Droit applicable

13. En matière de droits de l’homme, la RDC est notamment partie à : la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale ; au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Premier protocole facultatif s’y rapportant ; au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ; à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes ; à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et le Protocole facultatif s’y rapportant ; et à la Convention relative aux droits de l’enfant et ses deux premiers Protocoles facultatifs. Elle est également partie à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et à son Protocole relatif aux droits des femmes, ainsi qu’au Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs et ses divers Protocoles.

14. La RDC est partie aux quatre Conventions de Genève de 1949 et à ses deux Protocoles additionnels de 1977, ainsi qu’au Statut de Rome de la Cour pénale internationale dont elle a récemment incorporé les définitions des crimes internationaux dans son code pénal.

15. L’EEI a aussi examiné le droit national congolais, en particulier les garanties en matière de droits de l’homme comprises dans la Constitution.

V. Contexte

16. Le Kasaï est constitué depuis juillet 2015 de cinq provinces : Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental, Lomami, et Sankuru2. Le Kasaï est l’une des régions les moins développées de la RDC. Malgré l’existence de riches ressources naturelles, l’économie s’est effondrée depuis plusieurs décennies. Une situation d'extrême pauvreté et de sous-développement chronique perdure en raison du très faible investissement de l’Etat dans les services de base de la région.

17. Le Kasaï, majoritairement peuplé de Luba, est traditionnellement un fief du principal parti d’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), expliquant en partie la marginalisation de la région au plan national. La vague de violences au Kasaï depuis 2016 s’inscrit dans un contexte national de tensions autour des élections présidentielles. En décembre 2016, la majorité présidentielle et l’opposition politique ont signé un accord prévoyant la tenue d’élections présidentielles avant fin 2017 et interdisant au Président Kabila de se présenter pour un troisième mandat. Pourtant, au cours de l’année 2017, il est devenu clair que les élections n’auraient pas lieu à la fin de l’année comme le prévoyait l’accord. Des manifestations relatives au respect de l’accord ont été interdites ou réprimées dans plusieurs villes. Le Kasaï n’a pas été particulièrement touché par ces manifestations. Bien qu’il soit difficile d’exclure que le contexte politique national ait pu influencer la réaction des autorités dans la gestion de la crise au Kasaï, peu d’éléments de preuve permettent de conclure qu’il existe une connexion directe entre la vague de violences au Kasaï et le processus électoral.

18. A l’approche de l’indépendance, des violences ont éclaté au sein de la population Luba. Aujourd’hui, cette population, qui partage une langue commune, le Tshiluba, est relativement unie. Par contre, les tensions entre les populations Luba et les populations Tshokwe et Pende, présentes dans la partie sud et est de la province du Kasaï, ont repris de l’importance avec la division de l’ancienne province du Kasaï Occidental en deux nouvelles provinces en 2015. Si le Kasaï Central reste dominé par la population Luba, celle-ci a perdu de l’influence au profit des populations Tshokwe et Pende dans la province du Kasaï. De plus, la crise au Kasaï ne peut être isolée de conflits locaux préexistants de chefferies coutumières et de partage des ressources foncières et minières.

19. Le pouvoir coutumier, lié étroitement à l’identité ethnique, est une partie importante du système du pouvoir local. Les chefs coutumiers jouent un rôle important dans l’administration publique, la gestion des villages, l’accès à la terre, et la justice locale ; ils exercent aussi des fonctions spirituelles importantes. Les chefs coutumiers sont nommés selon la tradition de la chefferie, puis reconnus par les autorités publiques, dont ils reçoivent un salaire. Bien que le rôle du chef coutumier soit en principe apolitique, les autorités étatiques exercent régulièrement des pressions à leur égard pour les inciter à s’aligner politiquement sur les autorités provinciales et nationales allant jusqu’à refuser de reconnaitre le statut de chef coutumier à des chefs pourtant nommés selon la tradition.

20. La croyance en la sorcellerie et les pouvoirs surnaturels reste largement répandue dans la société, y compris au sein des forces de défense et de sécurité. Les fétiches ont une place prépondérante. Un grand nombre de règles coutumières vient régir la vie de la communauté et leur transgression peut entrainer de graves conséquences.

VI. Acteurs de la crise

A. Les forces de défense et de sécurité

21. La RDC n’a toujours pas réussi à former une armée professionnelle et bien organisée. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) continuent de commettre fréquemment de graves violations des droits de l’homme contre la population civile et de vivre à ses dépens.

22. Lorsque la crise a débuté au Kasaï, les militaires du 2101ème régiment étaient stationnés à Kananga. Ils dépendaient de la 21ème Région militaire basée à Mbuji Mayi au Kasaï Oriental. Ce régiment issu de la 5ème brigade intégrée était composé d’un mélange d’anciens miliciens réintégrés et de militaires de l’armée nationale. La présence au sein de ce régiment de militaires originaires de l’est du pays et parlant kinyarwanda était vivement contestée par le chef Kamuina Nsapu, qui les accusait d’être des étrangers. Certains commandants auraient été impliqués dans de graves violations des droits de l’homme ailleurs en RDC.

23. La réaction initiale des FARDC face à la milice Kamuina Nsapu a été brutale. Avec l’arrivée des renforts fin 2016, il y avait 7000 militaires au Kasaï qui n’ont pas réussi à stopper l’expansion rapide de la milice. Le 9 mars 2017, le gouvernement a créé le Secteur opérationnel du Grand Kasaï, avec un commandement basé à Kananga, dans le but d’affronter les miliciens Kamuina Nsapu que le gouvernement qualifiait de terroristes. Sur le territoire de Kamonia, province du Kasaï, les FARDC ont conduit des opérations avec le soutien des milices Bana Mura. Vers la fin de l’année 2017, les autorités ont commencé à réduire le nombre de troupes au Kasaï.

24. La Police nationale congolaise (PNC) était très largement sous équipée et sous entraînée pour répondre aux violences au Kasaï, malgré des renforts d’une unité spécialisée dans le maintien de l’ordre.

B. La milice Kamuina Nsapu

25. La milice Kamuina Nsapu, majoritairement Luba, est née d’un conflit de pouvoir coutumier. Après la mort de l’ancien chef Kamuina Nsapu, Ntuma Mupala, chef de la chefferie Bajila Kasanga, sur le territoire de Dibaya, province du Kasaï Central, Jean-Prince Mpandi est nommé comme successeur. La chefferie Bajila Kasanga appartient au royaume fédéral des Bashilange dont les chefferies se sont étendues depuis l’époque coloniale jusqu’en Angola voisin. Le chef Kamuina Nsapu est le chef militaire du royaume Bashilange.

26. La demande de reconnaissance de Jean-Prince Mpandi comme chef coutumier Kamuina Nsapu a été rejetée par le Ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, pour des raisons politiques. Les autorités ont essayé d’appuyer Ntenda Tshiambi, chef coutumier du village Ntenda, rival de Jean-Prince Mpandi et politiquement proche du Gouverneur du Kasaï Central de l’époque, Alex Kande.

27. Le 3 avril 2016, une perquisition pour rechercher des armes a été conduite au domicile de Jean-Prince Mpandi pendant son absence. Cet incident aurait accentué son sentiment d’animosité vis-à-vis des autorités et de son rival le chef Ntenda Tshiambi, suspecté d’être à l’origine de cette perquisition.

28. De retour d’Afrique du Sud, Jean-Prince Mpandi a accusé les autorités d’avoir profané ses fétiches et tenté d’agresser sexuellement sa femme. Dès lors, il a annoncé la création d’un mouvement « politico-coutumier » reposant sur les pratiques et la légitimité du pouvoir coutumier et le système des croyances ancestrales. Son mouvement s’opposait aux autorités étatiques et aux « étrangers » responsables, selon lui, du harcèlement de la population et du manque d’opportunités économiques.

29. Le chef coutumier Kamuina Nsapu a recruté dans son village et dans le territoire de Dibaya des miliciens, en majorité des enfants, et érigé des barrières à partir de juin 2016 pour contrôler la circulation des agents de l’Etat. La première attaque de la milice Kamuina Nsapu a été dirigée contre le village du chef rival Ntenda Tshiambi. Par la suite, elle a attaqué les symboles de l’Etat sur le territoire de Dibaya. Les efforts des autorités politiques pour trouver une solution négociée avec le chef coutumier Kamuina Nsapu ayant été inefficaces, celles-ci ont rapidement choisi le recours à la force.

30. Le 12 août 2016, le chef Kamuina Nsapu est tué dans l’attaque de son village par les forces de défense et de sécurité et son cadavre transporté à Kananga, provoquant l’indignation des Bashilange. L’appartenance de la famille Kamuina Nsapu au royaume des Bashilange a favorisé l’expansion rapide de la milice qui s’est propagée grâce à un système de recrutement bien organisé et la mise en place de tshiotas (feux sacrés). Des envoyés du défunt chef Kamuina Nsapu, parfois appelés « apôtres », sont passés de village en village sur une zone géographique de plus en plus étendue pour y installer leurs tshiotas, décapitant les chefs de village qui sopposaient au mouvement. Les tshiotas ont ainsi été installés dans les cinq provinces du Kasaï. Les villageois ont été appelés à se rallier volontairement au mouvement ; ceux qui refusaient ont été souvent décapités.

31. Au tshiota, en présence d’un « apôtre » ou d’un chef de haut rang, souvent appelé « président », les recrues, y compris de jeunes enfants, ont dû suivre le rite du baptême, qui impliquait de boire une mixture alcoolisée et de suivre d’autres pratiques rituelles. Les recrues faisaient alors partie de la milice où les croyances ancestrales et les rites jouaient un rôle extrêmement important. Pour maintenir leur invincibilité face aux armes à feu, ces croyances exigeaient l’adhésion à des règles de vie strictes. Le tshiota était aussi le lieu privilégié des décapitations souvent pratiquées par des enfants, et d’actes de cannibalisme. On y ramenait des têtes et d’autres parties du corps des victimes d’attaques ainsi que leur sang.

32. L’organisation des unités et la planification des opérations offensives se décidaient aussi au tshiota. Avant les affrontements, les miliciens participaient à des rituels impliquant notamment l’ingurgitation d’une mixture alcoolisée. Typiquement, lors des combats, les miliciens Kamuina Nsapu s’organisaient avec, en première ligne, une ou plusieurs jeunes filles appelées « ya mama ». Elles avaient, selon leurs croyances, le pouvoir d’intercepter les projectiles d’armes à feu dans leurs jupes. Juste derrière suivaient des garçons munis d’armes blanches et de bâtons. Ces derniers avaient, selon la croyance, le pouvoir magique de se transformer en armes mortelles. Des miliciens plus âgés et mieux équipés avec des fusils traditionnels ou de chasse et parfois des armes automatiques étaient en dernière ligne.

33. Le nombre de miliciens constituant un groupe opérationnel variait mais se situait généralement entre 15 et 30, dont une majorité d’enfants. A la tête de chaque groupe se trouvait un « général » ou un « capita ». Pendant les opérations, les miliciens Kamuina Nsapu portaient presque toujours les mêmes signes distinctifs : des bandeaux rouges autour de la tête avec des petits couteaux et des fétiches autour du cou. La milice Kamuina Nsapu a été capable en un temps très court de recruter des miliciens, de mener des attaques dans les cinq provinces du Kasaï et de prendre le contrôle de villages et de cités pendant plusieurs semaines, voire des mois.

34. A partir de 2017, la milice est devenue de plus en plus violente et ses attaques ont pris un caractère ethnique en dehors des zones lubaphones.

C. Les milices Bana Mura

35. Les milices Bana Mura sont composées en grande majorité d’hommes Tshokwe, mais aussi de quelques hommes Pende et Tetéla. Elles ont été créées en février/mars 2017 dans certaines parties du territoire de Kamonia et de la ville de Tshikapa, dans la province du Kasaï, en réaction aux attaques de la milice Kamuina Nsapu, d’ethnie Luba, contre les Tshokwe et Pende.

36. Il existait des liens entre certains acteurs étatiques et les miliciens Bana Mura. Dans la cité de Kamonia, des réunions ont eu lieu entre des autorités politiques et sécuritaires et des chefs locaux, dans le but de constituer des groupes de miliciens. Certains chefs locaux, notamment le chef du village de Muyeji, ont joué des rôles importants au sein de l’organisation des milices Bana Mura. Même s’il est difficile d’établir l’existence d’une chaîne de commandement commune, des liens existaient entre les différentes milices Bana Mura. Par exemple, des distributions d’armes organisées par des autorités locales ont eu lieu à plusieurs endroits du territoire de Kamonia.

37. Les miliciens Bana Mura étaient majoritairement des jeunes hommes entre 18 et 22 ans recrutés localement. Les miliciens avaient des armes souvent neuves : des machettes et des fusils de chasse.

38. Les opérations menées par les milices Bana Mura ont été particulièrement violentes, souvent conduites avec les forces de défense et de sécurité et parfois sous leur commandement. Dans d’autres cas les milices Bana Mura ont opéré seules sans que les forces de défense et de sécurité n’interviennent pour stopper les violences et venir en aide aux victimes. Récemment, les forces de défense et de sécurité se sont parfois affrontées aux milices Bana Mura.

VII. Etablissement des faits et circonstances

A. Avril-août 2016 – le début des violences sur le territoire de Dibaya – Kasaï Central

39. La perquisition du domicile du chef coutumier Kamuina Nsapu le 3 avril 2016, la création subséquente de son mouvement « politico-coutumier » suivi du recrutement des miliciens ont annoncé le début des violences sur le territoire de Dibaya, Kasaï Central. Entre mai et août 2016, plusieurs centaines de miliciens, majoritairement des filles et des garçons, ont ainsi été recrutés dans son village et sur le territoire de Dibaya.

40. A partir de juin 2016, la milice Kamuina Nsapu a érigé des barrières autour du village Kamuina Nsapu pour contrôler la circulation des policiers, militaires ou d’autres agents de l’Etat. Le 22 juillet 2016, une première attaque a été lancée contre les symboles de l’Etat menant à la destruction du sous-commissariat de police du village de Mfuamba. Le lendemain, le village du chef coutumier Ntenda en conflit avec le chef coutumier Kamuina Nsapu a été attaqué. C’est la première attaque meurtrière perpétrée par la milice et le bilan fait état d’au moins six morts, quatre blessés par balle, et plus d’une centaine de maisons incendiées.

41. Le chef coutumier Kamuina Nsapu a ensuite mené une série d’attaques sur le territoire de Dibaya en particulier contre les villages et cités de Mfuamba, Bukonde, Tshikula, Dibaya et Tshimbulu. Ces attaques ont conduit à la destruction et au pillage de bâtiments publics ou assimilés et à l’attaque des personnes représentant ou assimilées à l’autorité publique. Les agents de la PNC ont été les premières victimes de ces attaques. L’attaque la plus meurtrière a été celle de la cité de Tshimbulu, ordonnée par le chef Kamuina Nsapu, dont le bilan fait état d’au moins cinq agents de la PNC et cinq miliciens tués.

42. Suite à l’échec des tentatives de médiation des autorités, une opération militaire d’envergure est lancée pour stopper la progression de la milice. Avec l’arrivée à Kananga de renforts militaires, l’opération visait à prendre le territoire de Dibaya en étau avec plusieurs fronts sur les axes routiers avec pour destination finale le village du chef Kamuina Nsapu. Entre les 10 et 12 août 2016, des affrontements violents entre les FARDC et la milice Kamuina Nsapu ont eu lieu notamment dans les localités de Tshimbulu, Dibaya, Tshikula, Sampi, Bitanda et Kabunji. Les FARDC ont tiré, y compris avec des lance-roquettes, sur des miliciens, dont de nombreux enfants non armés. Il y a aussi eu des blessés et des morts parmi les militaires.

43. Le 12 août 2016, les forces de défense et de sécurité ont conduit une opération pour tuer le chef coutumier Kamuina Nsapu dans son village natal. Après des affrontements qui ont fait plusieurs morts, le chef coutumier Kamuina Nsapu est tué par balle par les FARDC et son corps transporté vers Kananga.

44. Les combats entre la milice Kamuina Nsapu et les forces de défense et de sécurité se sont poursuivis sur le territoire de Dibaya. Par exemple, à la mi-août 2016, devant la mission catholique de Tshikula, des FARDC ont tiré de manière indiscriminée sur des civils et des miliciens Kamuina Nsapu, en grande partie des enfants. Cette attaque a fait plusieurs dizaines de victimes ; certains corps ont été entassés dans des camions pour être transportés à l’Ecole de Formation des officiers (EFO) à Kananga afin d’y être enterrés.

B. Septembre-décembre 2016 – le mouvement Kamuina Nsapu s’étend dans les provinces du Kasaï Central, Kasaï Oriental et Kasaï

45. La mort du chef coutumier Kamuina Nsapu n’a pas mis fin à la violence au Kasaï. Au contraire, l’expansion de la milice Kamuina Nsapu est devenue fulgurante à partir de septembre 2016. Si la milice est restée active sur le territoire de Dibaya, elle a étendu son action dans les autres territoires du Kasaï Central et au Kasaï Oriental à partir de septembre/octobre 2016. Fin novembre 2016, la milice a atteint le territoire de Kamonia, province du Kasaï, sur l’axe Kananga-Tshikapa.

1. Province du Kasaï Central

46. Les 22 et 23 septembre 2016, des miliciens Kamuina Nsapu ont attaqué l’aéroport de la ville de Kananga. Une employée de Congo Airways, plusieurs militaires et de nombreux miliciens ont été tués lors d’affrontements avec les FARDC. Les miliciens Kamuina Nsapu ont incendié des bâtiments à proximité de l’aéroport. Par la suite, les FARDC ont tiré des roquettes sur les quartiers situés à proximité de l’aéroport entrainant la mort de civils dont les corps ont été transportés à l’EFO.

47. Fin septembre 2016, lors d’opérations de traque de miliciens, les FARDC ont blessé, violé et tué des membres de la population civile à Kananga et dans des villages avoisinants, tels que Muamba Mbuyi et Tshimpidinga.

48. Sur le territoire de Dibaya, entre septembre et décembre 2016, les violences ont continué. Par exemple, le 8 décembre 2016, dans le village de Bukonde, la milice Kamuina Nsapu a incendié l’Etat-major de la PNC et tué un agent de l’ANR à coups de machettes. Des villageois ont également été battus et blessés par des machettes. Le lendemain, les FARDC sont arrivés et ont affronté la milice Kamuina Nsapu. Lors de ces affrontements, de nombreux miliciens, y compris des enfants ont été tués. Les FARDC restés dans le village de Bukonde après les affrontements ont pillé des maisons et tué au moins un civil.

2. Province du Kasaï Oriental

49. En octobre 2016, le mouvement Kamuina Nsapu s’est propagé au Kasaï Oriental. Des actes de violences ont été commis dans plusieurs villages du territoire de Kabeya-Kamwanga jusqu’en avril 2017. Par exemple, le 13 octobre 2016, suite à l’exécution de deux miliciens par des membres des forces de défense et de sécurité à Kena Nkuna, une centaine de miliciens Kamuina Nsapu, dont une majorité d’enfants, sont entrés dans la cité et ont brûlés des bâtiments publics ou assimilés. Par la suite, les FARDC sont arrivés et des affrontements ont eu lieu toute la journée faisant de nombreux morts dans les rangs des miliciens et parmi les civils. Le 15 octobre 2016, les FARDC ont lancé une opération « porte–à–porte » pour rechercher des miliciens au cours de laquelle plusieurs civils ont été exécutés. Au cours des semaines suivantes, les FARDC ont violé et exécuté des civils et pillé et détruit systématiquement les maisons.

50. Des actes de violences ont été commis dans plusieurs villages du territoire de Miabi, Kasaï Oriental. Par exemple, le 18 décembre 2016, des FARDC ont affronté des miliciens Kamuina Nsapu dans le village de Mwanza Lomba. Ils ont ouvert le feu sur des miliciens munis de bâtons et couteaux ; plusieurs personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées. Les militaires ont achevé les blessés au sol. Suite à la médiatisation de cet incident, huit des neuf militaires jugés pour ces crimes ont été condamnés en juillet 2017.

3. Province du Kasaï

51. Fin novembre/début décembre 2016, la vague de violences liée au mouvement Kamuina Nsapu a atteint l’axe routier Kananga-Tshikapa sur le territoire de Kamonia, province du Kasaï. A la suite d’un conflit de pouvoir coutumier, un chef non reconnu par les autorités s’est rendu dans la province du Kasaï Central afin de rapporter des fétiches Kamuina Nsapu. Suivant le même schéma, des enfants ont été recrutés au sein de la milice et certains des chefs de villages qui refusaient de prêter allégeance ont été décapités.

52. Le premier incident sur le territoire de Kamonia s’est déroulé le 28 novembre 2016 lorsque deux policiers ont été tués par les miliciens Kamuina Nsapu dans le groupement de Mbawu. Les 4 et 5 décembre 2016, de nombreux miliciens, dont des garçons et des filles, sont entrés dans la ville de Tshikapa. Des affrontements ont eu lieu au niveau du pont Kasaï, dans le quartier de Kele et au niveau de l’aéroport dans le centre-ville.

53. Suite à cette attaque, les FARDC ont conduit des opérations de représailles dans les villages du groupement de Mbawu et sur l’axe Tshikapa-Kananga au cours desquelles de nombreux civils ont perdu la vie sous les balles des FARDC, notamment dans les villages de Mfuamba, Mbawu, et Kabeya Lumbu. Par exemple, le 6 décembre 2016, des FARDC sont arrivés en grand nombre dans le village de Tshitadi où aucun milicien ne se trouvait. Ils ont brûlé de nombreuses maisons et ouvert le feu sur la population ; tuant des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants.

C. Janvier-juillet 2017 – explosion des violences dans tout le Kasaï et dimension ethnique du conflit

54. De janvier à juillet 2017, le mouvement Kamuina Nsapu et sa milice ont continué d’avancer pour toucher toutes les provinces du Kasaï. Des renforts militaires ont été envoyés et un secteur opérationnel militaire a été créé début mars 2017. Le niveau de violences des affrontements et les exactions commises par la milice Kamuina Nsapu et les forces de défense et de sécurité contre les civils ont été exponentiels et ont atteint leur paroxysme entre janvier et mai 2017. Par ailleurs, le conflit prend une nature ethnique prononcée sur le territoire de Kamonia dans la province du Kasaï à partir de mars 2017 avec l’arrivée de la milice Kamuina Nsapu dans les zones non-lubaphones et l’apparition des milices Bana Mura.

1. Province du Kasaï Central

a. Territoire de Dibaya

55. Sur le territoire de Dibaya, foyer du mouvement Kamuina Nsapu, les actes de violences se sont amplifiés. Par exemple, le 5 janvier 2017, après des incursions des miliciens Kamuina Nsapu à Tshimbulu ayant conduit à la destruction du poste de police et la mort d’un policier, des FARDC sont arrivés pour affronter les miliciens. Plus d’une vingtaine de miliciens, en majorité des enfants armés de bâtons ont ainsi été tués par des tirs d’armes à feu et de lance-roquettes ; certains miliciens ont été achevés alors qu’ils étaient au sol blessés. Des habitants ont été blessés ou tués par des projectiles. Au moins trois autres affrontements ont eu lieu à Tshimbulu y compris le 10 février 2017, où au moins 100 personnes ont été tuées. Des FARDC ont violé des femmes et des filles et aussi pillé des biens et brûlé des maisons.

56. Des incidents similaires ont eu lieu dans un nombre important de villages de ce territoire notamment à Bukonde, Dibaya, Kabeya-Madi, Bena Kalegna, Muan Mukaya, Kazadi, Kawulu, Lumbudi, Lubondayi et Lubi. Des viols, souvent collectifs, des pillages et des destructions de biens et d’habitations ainsi que des exécutions sommaires commis par les FARDC y ont été documentés. Pour la première fois sur ce territoire, la milice Kamuina Nsapu s’est attaquée à la population civile.

57. Près du village de Bukonde, deux membres du Groupe d’experts sur la République démocratique du Congo créé en application de la résolution 1533 (2004) du Conseil de sécurité, la suédo-chilienne Zaida Catalán et l’américain Michael Sharp, ont été tués le 12 mars 2017. Le corps de Zaida Catalán a été décapité. A ce jour, leurs quatre accompagnateurs congolais sont toujours portés disparus. Une procédure judiciaire est en cours.

b. Ville de Kananga

58. Dans la ville de Kananga, plusieurs tshiotas ont été installés par la milice Kamuina Nsapu, dont au moins trois dans la commune de Nganza. De nombreux garçons et filles ont été recrutés dans les premiers mois de l’année 2017. De multiples affrontements ont eu lieu dans la ville de Kananga entre la milice et les forces de défense et de sécurité entre janvier et avril 2017 faisant plusieurs centaines de victimes.

59. La nuit du 14 mars 2017, les FARDC ont lancé une attaque planifiée sur trois tshiotas de la commune de Nganza où dormaient des centaines de miliciens Kamuina Nsapu, en majorité des enfants à partir de 8 ans. Ils ont ouvert le feu et utilisé des lance-roquettes ; faisant de nombreuses victimes parmi les miliciens. Les FARDC ont aussi achevé, parfois à l’arme blanche, des enfants blessés. Les cadavres ont été entassés dans des camions et emportés par les militaires.

60. Entre le 28-30 mars 2017, les FARDC ont lancé des opérations « porte–à–porte » dans la commune de Nganza au cours desquelles de nombreux civils, hommes, femmes et enfants, ont été blessés ou tués de manière indiscriminée. Des enfants en bas âge ont été abattus dans leur sommeil. Certains corps ont été emportés par les FARDC, d’autres enterrés par les militaires ou les habitants dans plusieurs fosses communes.

c. Territoire de Kazumba

61. Quelques incidents isolés ont été documentés sur le territoire de Kazumba : les 10 et 11 mars 2017, les miliciens Kamuina Nsapu ont attaqué Notre Dame du Kasaï sur la colline de Malandji, déshabillé et battu plusieurs religieux et coupé la main droite du menuisier de la paroisse ; le 30 avril 2017, les miliciens ont exécuté six personnes d’une délégation d’inspecteurs de l’éducation nationale vers Kafumba ; le 7 mai 2017, les FARDC ont exécuté au moins 79 personnes, dont 19 enfants, et violé quatre femmes au marché du village de Tshikulu.

d. Territoire de Luiza

62. Tous les secteurs du territoire de Luiza ont été le théâtre de violences entre fin janvier et juillet 2017. La milice Kamuina Nsapu y est arrivée fin janvier 2017 en provenance du territoire de Dibaya. La milice était sous l’autorité d’un chef Kamuina Nsapu et d’un adjoint originaires de Dibaya. Ce chef a installé plusieurs tshiotas, dont deux importants dans les villages de Kitoko et de Yangala et a parcouru les villages du territoire pour convaincre ou contraindre les chefs de villages d’adhérer au mouvement. Ceux qui refusaient ont été décapités. Dans les villages qui leur étaient hostiles, les miliciens s’en sont pris aux habitants en pillant et brûlant leurs maisons. Plusieurs centaines de garçons et filles ont été recrutés dans la milice, notamment dans les villages de Kikoto, Moma, Kadongo, Masuika, Mubinza et Tulumé. Ces enfants se sont vus promettre une scolarité gratuite pour quiconque tuerait des militaires.

63. Outre les attaques contre les biens et personnes symbolisant l’autorité étatique ou assimilées, la milice s’est aussi livrée à des exactions contre la population civile. Les habitants qui ne respectaient pas les règles imposées étaient « jugés » au tshiota avant d’être battus ou décapités. Des viols, parfois devant les enfants des victimes, ont été commis dans plusieurs villages, notamment à Muzodi, Masuika et Kamayi. L’église catholique, auparavant généralement épargnée, a été une cible privilégiée de la milice sur le territoire de Luiza et ses biens et bâtiments ont été en grande partie détruits. De multiples écoles ont été détruites par la milice, notamment à Kamushilu, Kadongo et Malambo.

64. Entre les 3 et 5 février 2017, plusieurs affrontements violents entre les miliciens Kamuina Nsapu, en majorité des enfants, et les FARDC ont eu lieu dans le village de Nguema, causant la mort de plusieurs dizaines de miliciens. Par la suite et jusqu’à mi-juillet 2017, de nombreux combats se sont déroulés en particulier dans les villages de Musefu, Kadongo, Masuika, Mubinza, Lumpungu, Kalamba-Mbuji, Tulumé et Yangala. Des centaines de miliciens Kamuina Nsapu, dont des enfants, ont été tués au cours de ces affrontements et de nombreux civils ont perdu la vie en raison de l’usage indiscriminé de la force par les FARDC. Par exemple, dans le village de Muzodi, le 7 avril 2017, les FARDC ont ouvert le feu de manière indiscriminée contre les villageois en tuant une vingtaine. Des viols, notamment collectifs, ont été commis par des éléments FARDC, en particulier dans les villages de Kadongo, Masuika et Yangala. Les FARDC ont systématiquement incendié les villages dans lesquels ils étaient venus déloger les miliciens, notamment à Kadongo, Moma, Masuika, Yangala et Massala. Le nombre de village détruits par les FARDC s’élève à plusieurs dizaines et celui d’habitations brulées à plusieurs milliers.

2. Province de Lomami

65. Dans cette province, le recrutement par la milice Kamuina Nsapu se faisant systématiquement par l’usage de la force. Les personnes, même les enfants, qui refusaient d’adhérer au mouvement étaient décapitées. Des miliciens ont violé des femmes, transgressant ainsi les règles interdisant pareil comportement.

3. Province du Kasaï

66. Si au Kasaï Central la milice Kamuina Nsapu s’en était principalement prise aux symboles de l’Etat, dans la province du Kasaï, c’est la population non-lubaphone qui a été visée surtout dans les territoires de Luebo et de Kamonia.

a. Territoire de Luebo

67. Le mouvement Kamuina Nsapu est apparu sur le territoire de Luebo en décembre 2016, en particulier dans le village de Konyi. Un chef Kamuina Nsapu a recruté des miliciens, en particulier des enfants, et a favorisé la création de plusieurs tshiotas sur ce territoire.

68. La milice Kamuina Nsapu a fait une première tentative d’incursion dans la cité de Luebo début mars 2017 mais est tombée dans des embuscades des FARDC. Après les affrontements à l’entrée de la cité, au moins 20 cadavres de civils, dont des femmes et des enfants, ont été découverts.

69. Le matin du 31 mars 2017 après le départ des FARDC de la cité, plusieurs centaines de miliciens Kamuina Nsapu y sont entrés sans résistance et en ont pris le contrôle. Les miliciens étaient armés de bâtons, couteaux, machettes, de quelques fusils de chasse et parfois d’armes de guerre. La plupart des bâtiments publics et ceux de l’église catholique, ainsi que plusieurs écoles, ont été détruits et brûlés. Au moins quatre civils ont été tués.

70. La milice Kamuina Nsapu a installé un tshiota dans le centre de Luebo. Plusieurs chefs de groupement du territoire de Luebo se relayaient pour contrôler la cité. Des règles de vie ont été édictées pour les habitants. Le 9 avril 2017, des miliciens Kamuina Nsapu ont obligé une femme restauratrice et le fils de son mari à avoir des relations sexuelles en public avant de les tuer et de les décapiter. Ce même jour, un agent de la PNC et deux autres personnes ont aussi été décapités. Des viols ont été commis par des miliciens au début avril 2017.

71. Vers le 16 avril 2017, les FARDC ont repris le contrôle de la cité après plusieurs affrontements violents au cours desquels de très nombreux enfants miliciens Kamuina Nsapu ainsi que des civils ont perdu la vie. Les FARDC ont ensuite détruit et brûlé des villages dans les alentours de la cité de Luebo où se trouvaient des foyers de miliciens, causant des victimes dans la population civile. Plusieurs fosses communes ont été identifiées. Il est rapporté que le bilan total des violences sur le territoire de Luebo serait d’au moins 770 morts, 350 femmes et 420 hommes dans des affrontements, et de 208 personnes blessées.

b. Territoire de Kamonia : axe Tshikapa-Kananga

72. Entre janvier et juin 2017, la milice Kamuina Nsapu a continué à être particulièrement active sur l’axe routier Tshikapa-Kananga. Par exemple, autour du 24 mars 2017, 37 agents de la PNC et deux éléments des FARDC ont été tués et certains décapités par la milice dans le village de Malenga. Une quantité importante d’armes et de munitions a été saisie par les miliciens.

73. Les moyens utilisés par les FARDC pour stopper la milice Kamuina Nsapu ont été excessifs, tuant nombre de civils, notamment dans le groupement de Mbawu et dans les villages de Kabeya Lumbu et de Kamuesha.

c. Ville de Tshikapa

74. Entre février et juin 2017, des actes de violences ont eu lieu dans la ville de Tshikapa où les habitants vivent dans des quartiers divisés par ethnies.

75. Les miliciens Kamuina Nsapu ont notamment décapité plusieurs agents de la PNC dont un commandant en mars 2017. Le niveau de violence des miliciens contre les civils s’est ensuite accentué et des décapitations, mutilations, et viols, fréquemment collectifs et si violents que certaines femmes sont décédées des suites de leur agression, ont été commis dans la ville de Tshikapa et dans les villages alentours. 76. Plusieurs affrontements entre les FARDC et les miliciens Kamuina Nsapu ont eu lieu à Tshikapa en mars-avril 2017 dans le quartier de l’hôpital général et dans les communes de Kele et Kanzala. Les FARDC n’ont pas fait de distinction entre les miliciens et les habitants. Par conséquent, des civils lubaphones ont été blessés ou tués. De plus, des militaires se sont introduits de nuit dans les maisons de citadins et ont commis des exactions graves à leur égard. Ils ont ainsi décapité des hommes, violé plusieurs filles et femmes, enlevés des filles mineures et même éventré une femme enceinte.

77. A partir d’avril 2017, des civils des ethnies Tshokwe et Pende de la ville, assimilant les habitants de l’ethnie Luba aux miliciens Kamuina Nsapu, ont conduit des opérations de représailles de nuit dans les habitations des quartiers à majorité lubaphone ; commettant des meurtres et incendiant des maisons.

d. Sud du territoire de Kamonia

78. La milice Kamuina Nsapu est entrée dans la partie sud du territoire de Kamonia progressant vers des zones majoritairement Tshokwe. Elle y est devenue très active à partir de mars 2017, en particulier sur l’axe entre Mutena et Kamako et dans la partie frontalière avec l’Angola.

79. Entre mars et mai 2017, les miliciens Kamuina Nsapu ont été actifs dans la cité de Kamako. Le 6 mars 2017, les miliciens y ont fait une première incursion et se sont attaqués aux locaux de la PNC ; tuant deux ou trois agents de la PNC. En réaction la PNC a arrêté et détenu illégalement des civils, leur a fait subir des traitements inhumains, et a exécuté sommairement au moins trois d’entre eux. Le 13 avril 2017, un grand nombre de miliciens Kamuina Nsapu ont pris le contrôle de la cité où ils ont recruté de nombreux garçons et filles. Ils ont décapité au moins 40 personnes au tshiota, dont un colonel de la PNC, des agents de l’Etat ainsi que des personnes accusées de vol ou de sorcellerie. 80. Le 1er mai 2017, les FARDC sont entrés dans Kamako et en ont repris le contrôle après des affrontements violents qui ont fait au moins une cinquantaine de morts dont de nombreux enfants non armés. Les FARDC ont ramassé des cadavres dans deux camions. D’autres corps ont été enterrés par des habitants et la Croix-Rouge.

81. Tout au long de l’axe Mutena-Kamako et dans la partie frontalière avec l’Angola, des exactions similaires ont été commises par les miliciens Kamuina Nsapu et les FARDC, notamment dans les villages de Diboko, Lubami-Monga, Tshiniota et Sumbula, Mutshima, Lupemba, Mudjadja, Lumpedi, Kungu, Kilolo, Bakua Mukuna et Bwalu Kai. De plus, des viols de femmes, dont certains collectifs, et d’un homme commis par des miliciens Kamuina Nsapu ont été documentés dans ces villages ou lors de la fuite des habitants de cette partie du territoire de Kamonia. Par exemple, en mai 2017, des hommes et des garçons du village de Mudjadja ont été enlevés à leur domicile par des miliciens Kamuina Nsapu et amenés au tshiota de Diboko sous prétexte d’y être baptisés. Sur place, au moins 186 hommes et garçons ont été décapités puis les cadavres enterrés par la Croix-Rouge dans deux fosses communes.

82. Les incursions des miliciens Kamuina Nsapu dans la cité de Kamonia ont commencé vers le 10 avril 2017 ; au moins 35 miliciens, majoritairement des enfants, y ont été tués par les forces de défense de sécurité et des miliciens Bana Mura. Lors de leurs incursions, les Kamuina Nsapu ont tué des habitants, violé des femmes, pillé des habitations et décapité des personnes associées à l’autorité étatique. Quant aux miliciens Bana Mura, ils répondaient aux ordres d’au moins deux chefs civils et d’un colonel de la PNC et agissaient de concert avec les membres des forces de défense et de sécurité. A la même période, des miliciens Bana Mura ont commis des exactions contre la population lubaphone et Bindi, qu’ils soupçonnaient de sympathie avec la milice Kamuina Nsapu. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours de ces opérations de répression ; les corps ont été enterrés dans une douzaine de fosses communes. Des maisons ont été pillées, d’autres brulées, parfois avec leurs habitants à l’intérieur. Dans le village voisin de Tshimunde, des dizaines de personnes ont été tuées par des miliciens Bana Mura. En avril et mai 2017, les FARDC ont également commis des exécutions sommaires, enlevé des filles et commis des viols.

83. Suite aux attaques et meurtres ciblés par les miliciens Bana Mura, la population lubaphone de la cité de Kamonia a fui en masse vers la ville de Tshikapa. Sur cette route, les miliciens Bana Mura ont violé, exécuté sommairement et maltraités les personnes en fuite. Les FARDC ont aussi extorqué et battu des civils et violé des femmes et des filles fuyant les violences. Par exemple, une femme enceinte de sept mois a été violée par un élément FARDC puis par un milicien Bana Mura. Des barrières ont été érigées le long de cet axe, soit par des miliciens Bana Mura, soit par les forces de défense et de sécurité, soit conjointement, et nombre d’exactions y ont été commises contre les lubaphones. Des témoins ont décrit avoir traversé des villages désertés, d’autres brûlés et vu de nombreux cadavres, notamment de femmes et d’enfants.

84. Au mois de mars 2017, la milice Kamuina Nsapu est arrivée dans le secteur de Lovua-Luthsima et a décapité de nombreuses personnes en particulier dans les villages de Senge (ou Cinq) et de Mvula Milenge. En réaction, les milices Bana Mura ont augmenté leurs activités. Entre les 24 et 26 avril 2017, de très nombreux hommes, femmes et enfants lubaphones ont été blessés et tués lors d’attaques planifiées par les miliciens Bana Mura dans les villages de Senge, Camp Kwilu, Kakondo et Mvula Milenge. Les miliciens Bana Mura, étaient composés de Tshowke, armés de fusils et de machettes, dont certains fournis par le chef du village de Muyeji. Les miliciens Bana Mura ont clairement ciblé les habitants lubaphones.

85. Au bord de la rivière Tshikapa au niveau de Kakondo, une barrière avait été mise en place par les miliciens Bana Mura dans l’objectif d’empêcher la fuite des lubaphones. Ceux parlant la langue Tshokwe pouvaient passer. A cet endroit, de nombreux habitants lubaphones, dont des enfants, ont été exécutés au moment de leur traversée de la rivière. D’autres, lors de leur fuite, ont été maltraités ou exécutés. Des femmes et filles ont été violées. Des FARDC, dans certains cas, ont appuyé et encadré les miliciens Bana Mura lors d’attaques ; dans d’autres cas, ils ont escorté des groupes de déplacés. Par contre, les FARDC ne sont pas intervenus pour empêcher les nombreuses exactions commises par les miliciens Bana Mura contre les lubaphones.

86. Au passage de la rivière Tshikapa, des miliciens Bana Mura ont séparé de la population lubaphone les hommes et les femmes non en âge de procréer qui ont été décapités et jetés dans la rivière. En revanche, les autres femmes et filles ont été amenées dans des fermes appartenant à des individus de l’ethnie Tshokwe, notamment à Sha-Findji, Tshikola et Kisasa. Les femmes et les filles retenues dans ces fermes étaient sous surveillance permanente et certaines devaient travailler toute la journée. Elles ont été violées de manière répétées pendant leur captivité, parfois plusieurs fois par jour, souvent pendant des mois. Selon plusieurs victimes, l’intention des auteurs était qu’elles mettent au monde des Tshokwe puisque l’ethnie est transmise par le père. Des enfants lubaphones de tous âges ont également été amenés dans ces fermes où ils ont été maltraités et malnutris. Dans certains cas, les noms d’enfants lubaphones auraient été changés pour des noms Tshokwe. A ce jour, des femmes et des enfants sont toujours retenus dans ces fermes.

e. Nord du territoire de Kamonia

87. Dans des villages du nord de Tshikapa, des individus de l’ethnie Pende se faisant appeler Ecurie Mbe Mbe ont attaqués les lubaphones et ont blessé et tué des civils, enlevé des enfants qui seraient retenus en esclavage, ainsi que pillé et incendié des habitations.

VIII. Conséquences de la crise au Kasaï et situation actuelle

88. A partir d’août 2017, le niveau de violence a diminué dans toutes les provinces du Kasaï. Toutefois des actes de violences liés à la crise continuent d’être rapportés indiquant que les causes du conflit n’ont pas été adressées. Les FARDC ont continué à faire un usage excessif de la force dans le cadre d’opérations contre la milice Kamuina Nsapu. Des personnes suspectées sans fondement d’appartenir à la milice continuent d’être détenues, battues ou tuées. Des villages où la présence des miliciens est suspectée ont été pillés ou incendiés. Par exemple, le 30 novembre 2017, dans le territoire de Kamonia, province du Kasaï, les FARDC ont fait irruption dans le village de Kabeya-Lumbu, qu’ils associaient à la milice Kamuina Nsapu. Ils ont ouvert le feu sur la population près du marché après une distribution de vivres d’une organisation humanitaire ; faisant plusieurs morts et blessés. De manière générale, la forte présence militaire dans le Kasaï a engendré le harcèlement de la population et de nombreux cas d’extorsion sont relevés, notamment aux barrières tenues par les FARDC sur les axes routiers.

89. La milice Kamuina Nsapu est restée active, surtout au Kasaï Central et continue de recruter, y compris des enfants, et à mener des attaques dont l’ampleur a diminué. Par exemple, dans la nuit du 30 avril 2018, des miliciens ont attaqué et tué le chef coutumier par intérim du village de Kamuina Nsapu, qui était proche des autorités provinciales, ainsi que trois membres de sa famille.

90. Dans la partie sud du territoire de Kamonia, de vives tensions entre les membres des ethnies Tshokwe et Luba se sont également manifestées par des attaques de villages par les milices Bana Mura et par des affrontements entre les miliciens Bana Mura et des individus de l’ethnie Luba concernant l’accès aux sites miniers. Des femmes Luba, parfois avec leurs enfants, continuent d’être réduites en esclavage par des miliciens Bana Mura. Malgré des efforts de plaidoyer de certaines organisations internationales, la réaction des forces de sécurité congolaises face à ces crimes reste insuffisante. Par ailleurs, la présence des miliciens Bana Mura empêche des personnes déplacées de l’ethnie Luba de retourner dans leurs villages d’origine.

91. Les violences au Kasaï ont provoqué une crise humanitaire aiguë et sans précédent, occasionnant le déplacement d’environ 1,4 millions de personnes, dont 35000 réfugiées en Angola. Selon les chiffres du PAM et de la FAO, environ 3,2 millions de personnes continuent de souffrir d’insécurité alimentaire sévère et les taux de malnutrition sont élevés, surtout parmi les enfants.

92. L’EEI a été choquée par la situation humanitaire, en particulier la précarité dans laquelle se trouvent les populations déplacées en raison des violences. De nombreuses personnes interviewées ont passé des semaines voire des mois dans des conditions extrêmement difficiles, avant de pouvoir atteindre des villes comme Tshikapa ou Kikwit. Elles ont fui les violences sans ou avec un minimum d’assistance et de secours. Certaines, dont des enfants, sont mortes de malnutrition ou de maladies. La multiplication de barrières tenues par des acteurs armés empêche l’accès aux champs et l’économie locale en est affectée. La perception de taxes illégales fait augmenter le prix des produits de première nécessité.

93. Les violences ont particulièrement affecté les enfants du Kasaï. Ces derniers ont en effet été à la fois les principales victimes et acteurs des violences. L’UNICEF a dénombré 1220 garçons et 658 filles recrutés et utilisés par la milice Kamuina Nsapu au 30 août 2017. L’EEI estime que leur nombre est beaucoup plus élevé et que le recrutement continue. Beaucoup d’enfants ont été enlevés, blessés, mutilés, détenus ou exécutés. Certains ont vu leurs parents battus, décapités ou leurs mères violées. Beaucoup d’entre eux ont été forcés de combattre, placés en première ligne sans armes ou avec des armes factices, des couteaux et parfois des fusils traditionnels. Ils ont été forcés à tuer et décapiter. Les traumatismes physiques et psychologiques et leur stigmatisation demandent une prise en charge à long terme. Cette utilisation massive d’enfants appartenant à la même ethnie a de multiples conséquences sur leur communauté et créé un climat de suspicion à leur égard, engendrant des réactions extrêmes.

94. L’UNICEF estime que depuis le début de la crise au Kasaï 416 écoles et 224 centres de santé ont été pillés ou détruits. Les écoles et autres lieux d’enseignements constituaient des cibles privilégiées de la milice Kamuina Nsapu.

95. Un nombre important de victimes de violences sexuelles et principalement de viols ont témoigné des difficultés auxquelles elles doivent faire face. Outre les difficultés médicales et psychologiques endurées, les survivantes subissent également l’ostracisme de leur famille et de leur communauté en raison du poids des traditions et des difficultés économiques et sociales qui en découlent. Nombre de femmes ont été violées devant leur mari, leurs enfants ou d’autres membres de leur famille.  C’est donc tout le tissu social kasaïen qui subit les conséquences de ces violences sexuelles. La plupart des victimes de viols hésitent à porter plainte de peur d’être stigmatisées et à cause du sentiment général de méfiance envers la justice et l’absence de réparation effective.

IX. Qualification juridique

96. Les actes de violence commis à l’égard des populations civiles constituent des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire constitutives de crimes internationaux.

A. Crimes contre l’humanité

97. L’article 7(1) du Statut de Rome définit les crimes contre l’humanité comme des actes commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque. L’attaque lancée contre une population civile consiste en la commission multiple d’actes constitutifs de crimes en application ou dans la poursuite de la politique d’un Etat ou d’une organisation ayant pour but une telle attaque. « [G]énéralisée » renvoie au fait que l’attaque ait été menée à grande échelle et qu’il y ait un certain nombre de victimes, alors que l’adjectif « systématique » se réfère au caractère organisé des actes de violence et l’improbabilité que leur caractère soit fortuit. La présence au sein de la population civile de combattants ne prive pas cette population de sa qualité de civile. 98. Les attaques décrites dans les sections précédentes par les forces de défense et de sécurité, la milice Kamuina Nsapu et les milices Bana Mura ont été menées contre les populations civiles avec un caractère généralisé ou systématique, et dans la poursuite de la politique d’un Etat ou d’une organisation ayant pour but une telle attaque ; constituant ainsi des crimes contre l’humanité, y compris : meurtre, viol ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, réduction en esclavage, notamment sexuel, persécutions et autres actes inhumains.

B. Crimes de guerre

99. L’article 8(c) et (e) du Statut de Rome définit les crimes de guerre en cas de conflit armé non-international comme les violations graves de l’article 3 commun aux quatre Conventions de Genève de 1949 à l’encontre de personnes ne participant pas directement aux hostilités ainsi que les autres violations graves des lois e