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dimanche 21 septembre 2014

Le Conseil des droits de l’homme se penche sur les questions relatives aux droits des peuples autochtones

GENÈVE, 17 septembre 2014 — Le Conseil des droits de l'homme a examiné, cet après-midi, les questions relatives aux droits des peuples autochtones. Il a d'abord entendu Mme Victoria Tauli-Corpuz, nouvelle Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones, et M. Albert Deterville, Président du Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones, qui ont présenté leurs rapports. Le Conseil a ensuite tenu son débat annuel sur les droits des peuples autochtones, consacré plus particulièrement à la promotion et de la protection de ces droits dans le cadre des initiatives de réduction des risques de catastrophe. Le Vice-Ministre de la justice du Paraguay a donné une allocution en cours de séance.

La nouvelle Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones a souligné que son mandat sera placé sous le signe de la défense des intérêts et des droits des peuples autochtones. Mme Tauli-Corpuz a relevé en particulier qu'il faut donner aux États les moyens de donner véritablement effet aux droits des peuples autochtones, dans contexte où certains États estiment encore qu'il n'est pas nécessaire de les consulter. Le Canada, le Panama et le Pérou ont fait des déclarations à titre de pays concernés par des missions dans ces pays effectuées par M. James Anaya, prédécesseur de Mme Tauli-Corpuz. Au cours de l'année écoulée, le Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones s'est pour sa part penché sur l'accès à la justice et sur la promotion et la protection des droits des peuples autochtones dans la réduction des risques de catastrophes naturelles. Le Mécanisme d'expert appelle, notamment, à la participation des peuples autochtones aux initiatives en faveur de la réduction des risques de catastrophe, et propose des mesures que ces populations pourraient prendre elles-mêmes en matière de prévention de ce type de risques, a déclaré M. Deterville.

Dans le débat avec les deux experts, les délégations* ont recommandé, en particulier, que les peuples autochtones soient associés très tôt à l'élaboration des cadres de protection nationaux les concernant et qu'ils soient sensibilisés aux systèmes d'alerte précoce concernant les changements climatiques. Plusieurs délégations ont souligné que les peuples autochtones sont des partenaires clés pour gérer les ressources naturelles et culturelles des États. Il a été relevé encore que les États doivent aussi protéger les peuples autochtones des abus de certaines entreprises privées.

Le débat annuel sur les droits des peuples autochtones a été présenté par Mme Flavia Pansieri, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme. Elle a observé que les peuples autochtones souffrent de manière disproportionnée des conséquences des catastrophes naturelles, en fonction des capacités de résilience des communautés. La Haut-Commissaire adjointe a recommandé que les mesures prises pour réduire les risques de catastrophe tiennent dûment compte des besoins des peuples autochtones.

Animé par Mme Victoria Tauli-Corpuz, Rapporteuse spéciale sur les droit des peuples autochtones, le débat a compté avec la participation des experts suivants: Mme Margareta Wahlström, Représentante spéciale du Secrétaire-général pour la réduction des risques de catastrophe; M. Albert Deterville, Président-Rapporteur du Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones; Mme Aissatou Oumarou Ibrahim, de l'Association des femmes autochtones du Tchad; M. Giovanni Reyes, de la Coalition nationale des peuples autochtones des Philippines; et M. Alejandro Maldonado, Secrétaire exécutif du Bureau de la Coordination nationale de la réduction des catastrophes du Guatemala.

Les délégations** participant au débat annuel ont souligné que les peuples autochtones disposent, de par leur proximité avec le milieu naturel, de connaissances très importantes en matière de gestion saine de l'environnement et ont recommandé que les États tirent parti de ces connaissances pour renforcer la résilience des communautés face aux catastrophes. Des intervenants ont également insisté sur l'importance d'assurer la participation des peuples autochtones à la prise des décisions qui les concernent; ce faisant, on favorisera tant la résilience face aux catastrophes que la qualité des initiatives de réduction du risque de catastrophe. Il a également été relevé qu'il serait possible de réduire de manière très importante l'incidence négative de l'industrie minière sur les droits fondamentaux des peuples autochtones en tenant compte, très tôt dans la préparation des projet industriels, des besoins et connaissances de ces peuples.

M. Ever Martínez, Vice-Ministre de la justice du Paraguay, a pour sa part fait le point sur la mise en œuvre, à mi-parcours, des 124 recommandations acceptées par son pays dans le cadre du premier cycle de l'Examen périodique universel, en 2011. La grande priorité du Paraguay concerne la réduction de la pauvreté, qui fait l'objet un programme national orienté en faveur des secteurs les plus fragiles de la population dans le but d'améliorer les revenus des familles pauvres et leur accès aux services sociaux. M. Martínez a présenté plusieurs mécanismes nationaux destinés à garantir le respect des droits de l'homme au Paraguay.

En fin de séance, la Fédération de Russie a exercé le droit de réponse concernant une déclaration faite précédemment par l'Ukraine.

Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones; Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones

Présentation des rapports

MME VICTORIA TAULI-CORPUZ, Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones, qui présente son premier rapport en tant que titulaire de ce mandat, a déclaré que 2015 était une année historique pour les peuples autochtones. Cette année marque en effet le début des négociations pour le programme de développement pour l'après-2015 et pour le cadre des Nations Unies sur la Convention sur les changements climatiques. Par ailleurs, la première Conférence mondiale sur les peuples autochtones se tient les 22 et 23 septembre prochain à l'Assemblée générale, a-t-elle aussi indiqué. C'est dans ce contexte qu'elle a assuré que son mandat sera placé sous le signe de la défense des intérêts et droits des peuples autochtones. Pour elle, le programme de développement pour l'après-2015 devra se pencher sur les moyens d'accroître la participation des peuples autochtones dans les mécanismes concernés, comme il est explicité à l'article 3 de la Déclaration des Nations Unies sur les peuples autochtones.

Pour la Rapporteuse spéciale, il y a un double niveau de mise en œuvre de ces droits. D'abord au niveau national et ensuite au niveau international; la difficulté réside dans la définition même du concept de peuples autochtones. Pour résoudre cette difficulté, il faut une approche souple qui prenne en compte les attributs historiques et les circonstances présentes qui distinguent ces peuples des autres groupes ethniques. Le second défi est la capacité des États d'opérationnaliser les droits des peuples autochtones. Pour certains, les peuples autochtones représentent une entrave au développement et, de ce fait, ne jugent pas nécessaire de les consulter. Le troisième défi est l'absence de mécanisme de réconciliation et de réparation pour les préjudices subis par le passé par les peuples autochtones. Cela est d'autant plus difficile que, très souvent, les disparités socio-économiques dont ils sont victimes sont confondues avec celles du reste de la population, en dépit de leurs spécificités.

La nouvelle Rapporteuse spéciale a ensuite présenté des rapports sur les missions effectuées par son prédécesseur, M. James Anaya, au Panama, au Canada et au Pérou. Elle a indiqué que le cadre législatif de Panama fournit une bonne base pour renforcer les droits des peuples autochtones. Cependant, M. Anaya avait remarqué que ces fondations sont fragiles et précaires, d'autant que le pays connaît des problèmes pour la mise en œuvre de ces lois, en particulier au regard de la terre, du droit à la santé, ou à l'autonomie et à la participation. Le Canada a également pris de nombreuses initiatives, sans pour autant réduire le fossé entre les aborigènes et les autres membres de la population. Cette situation a entrainé une perte de confiance entre le gouvernement et les représentants des peuples autochtones, a-t-il observé. Le Pérou, qui prend des mesures pour répondre aux conséquences négatives liées à l'industrie extractive doit cependant s'assurer que cette activité peut se poursuivre tout en respectant les droits des peuples autochtones, conclu le rapport.

Le Conseil est saisi du rapport annuel sur les droits des peuples autochtones (A/HRC/27/52) ainsi que de rapports sur les missions effectuées par le Rapporteur spécial au Panama (Add.1) au Canada (Add.2) et au Pérou (Add.3). Un autre rapport de M. Anaya porte sur des cas spécifiques d'allégations examinées par le Rapporteur spécial (Add.4 en anglais).

M. ALBERT DETERVILLE, Président du Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones, a déclaré que son instance avait entrepris de se pencher sur trois dossiers lors de l'année écoulée: l'accès à la justice dans le cadre d'une étude de suivi, puis sur la promotion et la protection des droits des peuples autochtones dans la réduction des risques de catastrophes naturelles et enfin sur l'élaboration d'une version actualisée des réponses reçues au questionnaire envoyé aux États. Ces documents ont été finalisés lors de la septième session du Mécanisme qui s'est tenue en juillet dernier à Genève et qui sont présentés aujourd'hui au Conseil dans leur version définitive.

S'agissant du premier point, l'étude relève que bien que les systèmes juridiques autochtones pouvaient jouer un rôle essentiel en facilitant l'accès à la justice des peuples autochtones, leur degré de reconnaissance varie grandement d'une région ou d'un pays à l'autre. L'étude formule des recommandations en faveur de la reconnaissance du droit des autochtones à maintenir et développer leurs propres systèmes juridiques.

En ce qui concerne la réduction des risques de catastrophe, le Mécanisme a réfléchi aux effets accrus de celles-ci sur les autochtones. Il appelle à la participation pleine et effective des peuples autochtones, recommandant aux États de s'assurer de leur contribution dans le développement et la mise en œuvre d'initiatives en faveur de la réduction des risques. Il propose aussi des mesures que ces populations pourraient prendre elles-mêmes pour que leurs communautés agissent en faveur de la prévention des risques.

S'agissant enfin du questionnaire, le Mécanisme entendait avoir l'avis des États et des peuples autochtones sur des questions telles que l'autodétermination et l'autonomie, la participation à la prise de décision, la culture et la langue, la non-discrimination et l'égalité, la terre, les territoires et les ressources et enfin les traités et autres arrangements avec les États. M. Deterville a indiqué que 53 pays membres de l'ONU, ainsi que quelque 150 organisations autochtones et de la société civile, avaient participé à la septième session du Mécanisme.

Par ailleurs, le Mécanisme a veillé à renforcer sa coopération avec la Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones. En outre, en tant que l'un des trois organes de l'ONU en charge des questions autochtones, il a participé activement à la préparation de la Conférence mondiale de la semaine prochaine à New York. En conclusion, le Président du Mécanisme s'est félicité du fait que le Conseil se montre soucieux des droits des peuples autochtones. Il l'a appelé à lui fournir les ressources financières nécessaires pour faciliter ses activités intersessions.

Le Conseil est saisi du rapport du Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones sur les travaux de sa session de juillet 2014 (A/HRC/27/64). Le Mécanisme présente en outre une étude sur l'accès à la justice dans la promotion et la protection des droits des peuples autochtones: justice réparatrice, systèmes judiciaires autochtones et accès à la justice des femmes, des enfants et des jeunes ainsi que des personnes handicapées autochtones (A/HRC/27/65). Le Mécanisme d'experts présente également une synthèse des réponses aux questions envoyés aux États et aux organisations non gouvernementales (A/HRC/27/67).

Une autre étude du Mécanisme d'experts est consacrée aux droits des peuples autochtones dans le cadre de la prévention et de l'atténuation des risques de catastrophes (A/HRC/27/66).

Débat thématique sur la promotion et la protection des droits des peuples autochtones dans le cadre des initiatives de réduction des risques de catastrophe.

Déclarations liminaires

MME FLAVIA PANSIERI, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme a déclaré que ces dernières années, on a vu à quel point les catastrophes naturelles peuvent affecter les peuples autochtones, citant les inondations survenues dans l'État d'Odisha en Inde, dans le bassin de l'Amazone et au Manibota au Canada ou encore dans les régions des Philippines frappées par le typhon Haiyan. C'est dans ce contexte que la récente étude du Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones est appréciable, car il met l'accent sur les capacités de ces peuples autochtones et la valeur ajoutée de leur contribution.

La Haut-Commissaire adjointe a ensuite observé que les conséquences des catastrophes naturelles sont très souvent disproportionnées pour les peuples autochtones, en particulier pour les femmes et les enfants, et varient en fonction des capacités de résilience des communautés. Par conséquent, les mesures prises pour réduire les risques de catastrophe doivent prendre en compte les peuples autochtones eux-mêmes et donc des femmes et enfants autochtones. La Conférence mondiale sur les peuples autochtones qui se tient la semaine prochaine à l'Assemblée générale offre une opportunité unique pour la mise en œuvre concrète de la Déclaration des Nations Unies sur les peuples autochtones. De son côté, le Conseil doit continuer à se saisir des questions qui concernent ces populations, a conclu Mme Pansieri. En tant qu'animatrice de ce débat, la Rapporteuse spéciale, Mme TAULI-CORPUZ, a déclaré que les objectifs sont au nombre de trois: relever les risques auxquels sont confrontés les peuples autochtones, identifier les défis et examiner les mesures juridiques et stratégique visant à renforcer la participation des peuples autochtones dans le cadre des mesures de réductions des risques de catastrophe naturelle. Alors que ces peuples sont les plus vulnérables aux catastrophes naturelles, le débat de ce jour permettra de partager des vues constructives.

Exposés des panélistes

MME MARGARETA WAHLSTRÖM, Représentante spéciale du Secrétaire-général pour la réduction des risques de catastrophe, a présenté le Cadre d'action de Hyogo pour la réduction des risques de catastrophe, adopté voici bientôt dix ans, et la manière dont il concerne les peuples autochtones. Le Cadre d'action de Hyogo, qui a pour objet de renforcer la résilience des populations face aux catastrophes, est d'une importance particulière pour les peuples autochtones étant donné leur vulnérabilité face aux catastrophes naturelles. La dégradation de l'environnement du fait de l'intensification de l'exploitation des ressources naturelles impose l'adoption de mesures plus déterminées encore en faveur du développement durable.

C'est dans cette optique que le Cadre d'action de Hyogo sera actualisé et optimisé lors d'une conférence qui se tiendra en 2015, qui sera l'occasion de réfléchir aussi à la manière dont les peuples autochtones qui vivent dans les régions les plus exposées peuvent contribuer à leur protection face aux dangers environnementaux. La démarche portera notamment sur la prévention et sur l'adoption de modèles efficaces de gestion des risques, ainsi que sur une triple approche de sensibilisation, d'éducation et de participation. Il importe que les gouvernements, le secteur privé et les experts dans la gestion des risques s'engagent concrètement en faveur de cette approche tout en tenant compte des contributions potentielles et effectives des peuples autochtones, a insisté Mme Wahlström.

M. ALBERT DETERVILLE, Président-Rapporteur du Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones, a observé que la réduction du risque de catastrophe doit être considérée comme un droit de l'homme dans la mesure où les catastrophes compromettent la jouissance de tout un ensemble de droits fondamentaux: droit au logement, à l'eau potable, à la vie, par exemple. Si Plusieurs dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les peuples autochtones mentionnent indirectement la réduction du risque de catastrophe, sous l'angle en particulier du droit à l'autodétermination et de la préparation aux situations de catastrophe. De même, les organes conventionnels des Nations Unies reconnaissent le lien intrinsèque entre l'environnement et la réalisation de nombreux droits fondamentaux. La réduction du risque de catastrophe peut ainsi contribuer de manière importante à la promotion et la protection des droits de l'homme.

M. Deterville a également résumé les nombreux facteurs qui expliquent la vulnérabilité des peuples autochtones aux catastrophes. Le premier d'entre eux est la relation étroite que ces peuples entretiennent avec leur environnement naturel, qui les rend très sensibles à toute dégradation ou pollution naturelle. Les autres facteurs importants sont le changement climatique, la fragilité économique et les risque sanitaire.

MME AISSATOU OUMAROU IBRAHIM, Association de femmes autochtones du Tchad, a déclaré que l'écosystème tchadien est impacté par les changements climatiques, entraînant pour les populations une adaptation à ces changements. Ainsi, les quelques 250 000 Mbororos, un peuple de pasteurs nomades ou semi-nomades vivant notamment au Tchad, ont des défis majeurs à relever, notamment en termes de déplacement et d'accès à l'eau. Leur mode de vie est également impacté par les changements climatiques, les obligeant à aller beaucoup plus loin que leurs lieux de résidence habituelle ou à se sédentariser. Cette situation entraîne des conflits avec les autres communautés locales. La question est donc de savoir comment aider ces populations.

M. GIOVANNI REYES, Coalition nationale des peuples autochtones des Philippines, a indiqué que les Philippines subissent environ 19 ouragans par an, sont le dernier, Haiyan, a fait des milliers de morts et causé des destructions massives de maisons et autres bâtiments. M. Reyes a également souligné que l'extraction minière et la déforestation que connaissent les Philippines sont à l'origine d'une destruction majeure de l'écosystème, mais aussi des systèmes de gouvernance traditionnelle. Elles détruisent les territoires ancestraux et donc les capacités de résilience des peuples autochtones. C'est pour cela que les politiques d'atténuation des risques de catastrophes naturelles doit tenir compte des préoccupations des peuples autochtones.

M. ALEJANDRO MALDONADO, Secrétaire exécutif du Bureau de la Coordination nationale de la réduction des catastrophes du Guatemala, a déclaré que, vu le déséquilibre dans la nature induit par l'action des êtres humains, la communauté internationale doit prendre les mesures nécessaires pour garantir les droits fondamentaux des peuples autochtones et assurer leur résilience face aux risques de catastrophe. Cette attitude préventive est très nouvelle pour le Guatemala. Elle implique une forte participation des peuples autochtones concernés, en particulier des femmes autochtones. La planification des programmes de développement doit tenir compte des impératifs de la gestion des risques. Les États doivent adopter des mesures spéciales pour assurer le développement économique et social des peuples autochtones, avec leur participation et dans l'objectif général de réduire la pauvreté.

Débat

De nombreux pays ont expliqué les actions qu'ils mènent pour mieux protéger les populations autochtones des catastrophes naturelles. Au nom de la Communauté des États de l'Amérique latine et des Caraïbes, le Costa Rica a plaidé pour la participation des peuples autochtones dans les démarches d'estimation et de réduction des risques ainsi que dans la création de communautés résilientes. Pour le Mexique, les stratégies de réduction du risque de catastrophe doivent engager la coopération technique de nombreux experts et intervenants, tout en tenant compte des besoins et points de vue des peuples autochtones. Le Mexique a ainsi créé, en 2012, des ateliers de sensibilisation destinés aux peuples autochtones. La construction d'un réseau d'abris s'est accompagnée d'un volet complet de formation aux principes de la protection civile.

La Bolivie s'est dotée d'un arsenal juridique pour la prévention des risques de catastrophe et la gestion des effets du changement climatique, en tenant pleinement compte des besoins et expériences de peuples autochtones. Elle considère que la réduction des catastrophes doit être un objectif commun à toutes les institutions d'État. Les Philippines adoptent une approche volontariste de la réduction des risques de catastrophe. Elles appliquent des mesures de prévention avant les catastrophes ainsi que des dispositifs de rétablissement après les désastres. L'action publique est coordonnée par un mécanisme interservices efficace, tirant parti des expériences des communautés concernées. Le Congo a observé que ses peuples autochtones sont très exposés aux risques de catastrophe naturelle, étant donné leur mode de vie. C'est pourquoi le Gouvernement congolais s'efforce de régir de manière rigoureuse le développement économique national, basé notamment sur l'exploitation forestière, et la protection des droits des peuples autochtones: les lois et règlements prévoient, notamment, des mécanismes destinés à recueillir l'avis des peuples autochtones concernés.

Le Canada a dit collaborer, avec les peuples autochtones, à l'élaboration de mesures de prévention et d'accès aux moyens d'urgence. La plateforme de réduction des risques de catastrophe rassemble les parties concernées par l'élaboration de stratégies de résilience. Le Canada plaide pour une approche concertée et participative. Les États-Unis estiment que la réduction des risques est essentielle pour la protection des droits des peuples autochtones. Les États-Unis collaborent dans ce domaine avec les 566 tribus reconnues au niveau fédéral. Ainsi, le «comité d'opérations tribales de la région de San Francisco» se réunit périodiquement pour évaluer l'état de préparation des peuples autochtones concernés. Des fonds fédéraux sont attribués directement aux tribus confrontées à des catastrophes naturelles.

Le Gouvernement de la Fédération de Russie a approuvé un plan de protection en situation d'urgence et a introduit un «passeport pour la sécurité» élaboré à différents niveaux territoriaux. La Russie a tenu compte des caractéristiques ethnoculturelles des peuples autochtones et a créé, sur cette base, des réserves économiques destinées à mieux protéger les peuples autochtones. L'Australie a conçu et appliqué une «stratégie nationale de gestion d'urgence pour les peuples autochtones» exploitant les connaissances des Aborigènes et des indigènes du détroit de Torres. La stratégie promeut un partenariat entre les peuples autochtones, les organisations locales et les institutions gouvernementales. Le Brésil a indiqué avoir lancé, il y a deux ans, une initiative de réduction des risques de catastrophe à laquelle des représentants de 126 peuples autochtones de tout le pays ont participé. Plus de 40 comités régionaux surveillent l'application de ces plans d'action. Le Brésil est prêt à partager son expérience avec d'autres pays.

En ce qui concerne spécifiquement le prochain Cadre d'action de Hyogo, l'Union européenne estime qu'il devra cibler l'autonomisation des peuples les plus vulnérables, en particulier par le biais du renforcement des mécanismes de protection sociale et de l'action des femmes. L'Union européenne participe à l'élaboration de mécanismes d'alerte précoce.

Le Danemark a jugé important que le document final qui sera adopté au terme de la Conférence mondiale des Nations Unies sur les peuples autochtones, qui se tient les 22 et 23 septembre 2014 à New York, fasse l'objet d'un suivi rigoureux. Le Danemark plaide pour l'identification des défis liés l'application effective des droits des peuples autochtones. El Salvador a souligné que le changement climatique avait de graves incidences sur le développement: il exige une réaction internationale coordonnée, efficace et tenant compte des capacités réelles des États concernés. L'action doit porter en particulier sur la prévention des catastrophes. L'Estonie a observé qu'il serait possible de réduire de manière très importante l'incidence négative de l'industrie minière sur les droits fondamentaux des peuples autochtones en tenant compte, très tôt dans la préparation des projet industriels, des besoins et connaissances de ces peuples. L'Allemagne oriente sa coopération pour le développement sur la collaboration avec les peuples autochtones, compte tenu de leurs connaissances très importantes en matière de gestion saine de l'environnement et donc de renforcement de la résilience face aux catastrophes.

La Finlande a relevé un élément clé en matière de prévention: la participation des peuples autochtones à la prise des décisions qui les touchent et notamment la participation des femmes autochtones, qui disposent de savoirs particuliers favorisant leur résilience aux catastrophes. Le Maroc a souligné l'importance qui doit être accordée à la promotion des savoirs des peuples autochtones dans la réduction des risques de catastrophes et estimé que les initiatives dans ce domaine ne peuvent avoir une incidence sur eux que s'ils y participent de manière effective. L'Irlande a souligné que les peuples autochtones entretiennent un rapport très étroit avec leur environnement, ce qui est à la fois «une bénédiction et un fardeau» Les peuples autochtones ne participent pas pleinement aux initiatives de réduction de risques: l'Irlande convient que les stratégies dans ce domaine doivent être élaborées avec leur participation active.

Parmi les organisations non gouvernementales, le Conseil indien d'Amérique du Sud (CISA) a souligné que les peuples autochtones devraient pouvoir contrôler leur droit au développement, y compris sous l'angle du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de la maîtrise économique de leurs ressources. De Tchernobyl à Fukushima, les catastrophes nucléaires ont eu, et ont toujours, des répercussions très négatives sur les peuples autochtones. Le CISA regrette que rien ne soit vraiment fait pour aider ces peuples à échapper à ces effets. L'Association internationale des écoles de service social a regretté que les mécanismes des Nations Unies consacrés aux peoples autochtones fonctionnent sur la base de préjugés colonialistes. L'organisation estime que les objectifs affichés de la prochaine Conférence mondiale des Nations Unies sur les peuples autochtones reflètent les intérêts des États et non les préoccupations des populations concernées. Il faut espérer que les droits des peuples autochtones seront vraiment défendus pendant la conférence.

Lawyers' Rights Watch Canada a jugé essentielle la participation des peuples autochtones à l'élaboration des plans destinés à limiter leur vulnérabilité aux catastrophes, comme cela se pratique au Brésil, au Canada, en Colombie et en Thaïlande. L'organisation demande au Conseil d'accorder une attention particulière aux défenseurs des droits des peuples autochtones. Le Mouvement international contre toutes les formes de discrimination, au nom également de National Coalition Against Racial Discrimination, a indiqué que les inondations et les glissements de terrain ont fait de nombreuses victimes au Népal, en particulier parmi les peuples autochtones, même si aucune donnée officielle n'en atteste. L'organisation a donc regretté que le plan népalais de gestion des risques de catastrophe ne fasse aucune référence aux peuples autochtones. Le gouvernement du Népal a été prié de prendre les dispositions nécessaires pour protéger les peuples autochtones des effets des catastrophes naturelles. L'Asia Indigenous Peoples Pact a dénoncé les violations des droits de l'homme que subit le peuple Naga, en Inde, depuis sept décennies, et ce malgré la signature d'accords politiques.

Réponses et conclusions des panélistes

M. REYES a demandé aux États de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que les communautés autochtones soient mises à l'abri des conséquences des catastrophes. Le représentant de la Coalition nationale des peuples autochtones des Philippines a décrit des modalités de participation des peuples autochtones à la réduction des risques de catastrophe. M. Reyes a souligné que la participation était essentielle dans une perspective de droits de l'homme car elle est ancrée en tant que droit fondamental dans les instruments internationaux. C'est aussi une condition préalable à une vie autodéterminée dans la dignité. Dans les sites où intervient son organisation, aux Philippines, celle-ci œuvre à la cartographie communautaire.

M. Reyes a déclaré qu'une politique qui exclut les valeurs les peuples autochtones ne peut être efficace. Il faut au contraire intégrer cette perspective, notamment au niveau mondial.

MME WAHLSTRÖM a insisté sur le fait qu'il faut s'abstenir de prendre des décisions au nom des peuples autochtones sans s'assurer, au préalable, de leur participation. Elle a regretté le manque de données sur le sort à court terme des rescapés des catastrophes naturelles. Ce serait là un sujet d'étude utile. Elle a mis en garde contre la confiance excessive dans la technologie, qui ne constitue pas la solution à tous les problèmes.

En conclusion, la Représentante spéciale du Secrétaire-général pour la réduction des risques de catastrophe a déclaré que le programme de développement pour l'après-2015 doit aussi se pencher sur les moyens d'accroître la participation des peuples autochtones dans les processus qui les concernent.

M. DETERVILLE a noté qu'il est nécessaire de prendre en compte les facteurs historiques qui expliquent la vulnérabilité des peuples autochtones aux risques environnementaux. Il a rappelé à cet égard que, 520 ans après avoir été dépossédés de leurs terres, les peuples autochtones des Amériques vivent toujours dans une situation difficile. Les États doivent prendre conscience du fait que leurs lois et chartes fondamentales peuvent entraîner des violations des droits fondamentaux des peuples autochtones. Le Président-Rapporteur du Mécanisme d'experts a par la suite souligné qu'une participation effective des populations autochtones était nécessaire au développement de stratégies de diminution des risques. Le droit à l'autodétermination des peuples autochtones doit être respecté s'agissant de l'exploitation de leurs ressources naturelles, pour laquelle le consentement éclairé des communautés concernées doit être obtenu. Le Mécanisme d'experts doit accorder une attention particulière aux savoirs des peuples autochtones et favorisera leur partage avec les États et les institutions concernées. Les organisations internationales peuvent jouer un rôle dans la concertation entre les peuples autochtones et les États.

Il faut continuer d'inclure des perspectives relatives aux peuples autochtones dans le programme de développement pour l'après-2015, a également conclu M. Deterville. Il faudra dans ce cadre insister sur les politiques de réduction des risques de catastrophes naturelles.

M. MALDONADO a souligné que l'intégration des droits des peuples autochtones au thème de la réduction des risques de catastrophes doit se faire aux niveaux local, national et international. Il a par ailleurs présenté les mesures prises par le Guatemala pour harmoniser les connaissances des peuples autochtones en matière de réduction des risques de catastrophe. Il a dressé la liste de toutes les institutions locales œuvrant à cette tâche. Des enseignements peuvent être tirés en ce qui concerne les objectifs à atteindre et les défis à relever. M. Maldonado a souligné l'extrême importance de travailler directement avec les peuples autochtones.

En conclusion, le Secrétaire exécutif du Bureau de la Coordination nationale de la réduction des catastrophes du Guatemala a insisté sur la nécessité de faire participer les femmes autochtones autant que les hommes dans les processus de décisions.

MME IBRAHIM a souligné l'importance des connaissances des peuples autochtones pour prévoir et réduire les catastrophes: leur capacité de prévision est parfois meilleure que celle des météorologues, a-t-elle constaté. Elle a par la suite attiré l'attention sur un essai de «cartographie participative» en trois dimensions dans la localité de Baibokoum (Tchad). Ce type de technique cartographique, basée sur les savoirs tant modernes que traditionnels, permet de répertorier les connaissances et savoirs autochtones, d'inventorier la faune et la flore, de gérer les ressources naturelles, de prévenir les conflits et les risques de catastrophe.

La représentante de l'Association de femmes autochtones du Tchad a souligné en conclusion l'importance pour les peuples autochtones que leur existence et leurs droits soient reconnus par les gouvernements.

Pour Mme TAULI-CORPUZ, la discussion montre clairement que les peuples autochtones sont vulnérables aux catastrophes, qu'elles soient d'origine humaine ou naturelle. Les peuples autochtones doivent donc apprendre à tirer parti de leurs savoirs traditionnels et renforcer leur gouvernance pour se préparer aux catastrophes, comme ils l'ont fait dans son pays, les Philippines. Malheureusement, les peuples autochtones sont souvent exclus de l'élaboration des plans de prévention et de réduction de catastrophes. La prochaine Conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophe devrait établir formellement le lien entre les droits de l'homme et la réduction des risques de catastrophe, a espéré Mme Tauli-Corpuz. La Rapporteuse spéciale a souligné que la communauté internationale devra adopter de nouvelles approches pour surmonter les difficultés liées au changement climatique.

Allocution du Vice-Ministre de la justice du Paraguay

M. EVER MARTÍNEZ, Vice-Ministre de la justice du Paraguay, a fait le point sur la mise en œuvre à mi-parcours des recommandations reçues par son pays dans le cadre du premier cycle de l'Examen périodique universel. M. Martínez a rappelé que son pays avait accepté les 124 recommandations qui lui avaient été adressées en 2011. Ce rapport intérimaire s'inscrit dans les engagements volontaires assumés par le Paraguay en vue de sa candidature au Conseil des droits de l'homme, une première dans son histoire. Sa grande priorité nationale concerne la réduction de la pauvreté, qui fait l'objet d'un programme national baptisé «Sembrando Oportunidades» (semer les opportunités). Orienté sur les secteurs les plus fragiles de la population, le programme vise à accroître les revenus des familles pauvres et à améliorer leur accès aux services sociaux.

L'État garantit d'autre part le respect des droits fondamentaux, tels que le droit à la vie, à l'intégrité et à la liberté. Une attention particulière est portée sur l'accès à la justice, la sécurité citoyenne et la réforme pénitentiaire. M. Martínez a mentionné la création du Mécanisme national de prévention de la torture et l'adoption d'un Plan stratégique en faveur de la réforme du système pénitentiaire, entre autres mesures importantes adoptées pour garantir le respect des droits de l'homme. Le Vice-Ministre a aussi souligné les progrès accomplis dans la lutte contre la traite des personnes avec l'entrée en vigueur d'une loi spécifique en 2012 et l'adoption d'une politique nationale de prévention (2010-2019).

L'enfance et l'adolescence font l'objet de toute l'attention des autorités, comme en témoigne en particulier le renforcement du système national de protection des droits de l'enfant, qui vise à mieux coordonner l'action des instances concernées. S'agissant de l'égalité entre les sexes, le vice-ministre a annoncé que le Secrétariat d'État aux questions féminines avait été élevé au rang de ministère en 2012. Le troisième «Plan national de l'égalité des chances entre les hommes et les femmes» couvre la période 2008-2017. Les droits des personnes handicapées ont été renforcés avec la création d'un Secrétariat d'État spécifique. Le Paraguay a, enfin, créé un site Web consacré au suivi des recommandations qui lui sont faites au niveau international.

Examen de rapports sur les droits des peuples autochtones

Les présentations des rapports de la Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones et du Mécanisme d'experts figurent au début du présent communiqué.

Pays concernés par le rapport du Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones.

En tant que pays concerné par le rapport du Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones, le Canada, qui reconnaît les difficultés auxquelles font face les autochtones, a assuré que son pays œuvrait à améliorer la vie des autochtones et avait pris des mesures pour garantir la confiance. Le Canada a ainsi été le premier pays à inclure dans sa Constitution les droits des peuples autochtones et a engagé un processus de réconciliation au travers d'une commission vérité et réconciliation dont le mandat a été étendu jusqu'au 30 juin 2015 pour lui permettre de poursuivre son travail. Le Gouvernement canadien a en outre investi près de 100 millions de dollars canadiens dans le logement convenable en faveur des populations du Nunavut, et 214 millions supplémentaires pour les jeunes, entre autres initiatives.

La Commission des droits de l'homme du Canada a reconnu que des mesures positives avaient en effet été prises par le Gouvernement canadien en faveur des autochtones, mais que de nombreuses difficultés persistaient. Il faut par exemple que le Gouvernement fasse davantage pour garantir l'accès à la justice et pour lutter contre les discriminations, notamment la violence subie majoritairement par les femmes autochtones.

Le Panama a également assuré le Conseil des efforts entrepris par ses autorités pour protéger les droits des peuples autochtones, dont le système des comarcas, qui octroie une protection particulière en ce qui concerne la terre et la participation. Ainsi 28,6% du territoire du Panama est concerné par ce système. Le Gouvernement a également adopté une loi sur le développement global des peuples autochtones, qui représentent 12,3% de la population totale du pays. Enfin, ces peuples ont bénéficié d'une extension des droits civils, politiques, économiques et sociaux.

Le Pérou a déclaré que la question des peuples autochtones est une préoccupation majeure pour les autorités du pays. C'est pour cela qu'elles ont mis en place un bureau chargé de la question et un fonds social orienté vers le développement des peuples autochtones. Par ailleurs, les peuples autochtones du Pérou n'ont pas rejeté par principe les activités minières, mais ils ont demandé que leur avis soit pris en compte, ce qui a été fait notamment par les entreprises elles-mêmes. Ces dernières ont adopté des mesures pertinentes en faveur des peuples autochtones, dont des indemnisations pour les torts causés. Elles ont également soutenu des programmes sociaux, à travers des associations locales. Jusqu'en avril 2013, ces associations avaient reçu 116 millions de dollars pour leurs projets.

Débat interactif

Plusieurs délégations ont souligné l'importance de la participation des peuples autochtones aux décisions qui les concernent. Le Costa Rica, au nom de la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) a précisé que l'Amérique latine est une région pluriethnique. Selon la Déclaration des Nations Unies sur les peuples autochtones, ces peuples ont des droits pour leur développement en tant que peuple. La CELAC reconnaît que les peuples autochtones jouent un rôle important dans le développement économique, social et environnemental des sociétés. Elle se félicite du rapport sur l'accès à la justice par les peuples autochtones et manifeste son désir de coopération avec la Rapporteuse spéciale et le Mécanisme d'experts. Pour la Sierra Leone, chaque pays doit élaborer son propre cadre de protection des peuples autochtones, qui doivent être associés dès le début à l'élaboration des plans stratégiques, recevoir une éducation appropriée et être sensibilisés aux systèmes d'alerte rapide aux changements climatiques. Les États doivent aussi protéger les peuples autochtones des abus de certaines entreprises privées.

Plusieurs pays ont manifesté leur intérêt pour la première Conférence mondiale sur les peuples autochtones, qui aura lieu la semaine prochaine à New York. Le Danemark, au nom des pays nordiques, a d'abord salué Mme Tauli-Corpuz, première Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones. Les pays nordiques attendent la prochaine Conférence mondiale sur les peuples autochtones de New York et demandent aux experts comment les peuples autochtones pourraient optimiser leur participation aux activités des Nations Unies. L'Union européenne encourage tous les efforts destinés à atteindre les objectifs de la Déclaration des Nations Unies sur les peuples autochtones de façon à garantir les droits de tous ces peuples. Le Mexique pense qu'il est utile que le Conseil accorde une grande importance à la situation des femmes et des enfants autochtones. Concernant la prochaine Conférence mondiale, le Mexique est d'avis qu'elle sera l'occasion pour les Nations Unies de s'engager davantage dans cette voie importante le Mécanisme d'experts devrait, quant à lui, proposer des mesures de soutien à l'action des États en matière de protection des droits des peuples autochtones.

Les États-Unis soulignent que leur loi permet de poursuivre les crimes contre les peuples autochtones et ainsi que les auteurs de violence contre les femmes autochtones. Les États-Unis consultent les chefs tribaux sur les mesures de gestion des risques de catastrophe. Ils demandent quelles mesures concrètes adopter pour réaliser les objectifs de la Déclaration des Nations Unies sur les peuples autochtones. La Fédération de Russie, faisant une évaluation positive du rapport de Mme Tauli-Corpuz, souligne que les peuples autochtones doivent pouvoir accéder à la justice. Les peuples autochtones en Russie disposent de droits et d'un statut particuliers, leur permettant de conserver leurs coutumes, y compris au plan judiciaire.

La nouvelle Constitution de l'État plurinational de Bolivie protège les droits des peuples autochtones. La Bolivie est préoccupée par le fait que certains pays rechignent à reconnaître les droits des peuples autochtones ou leurs spécificités. La Bolivie encourage les États qui ne l'ont pas fait à ratifier la convention n°169 de l'Organisation internationale du travail, relative aux peuples indigènes et tribaux. La République bolivarienne du Venezuela juge indispensable de garantir sans discrimination les droits des peuples autochtones et de surmonter les obstacles qui affectent la réalisation de ces droits. La Constitution vénézuélienne consacre les droits de l'homme des peuples autochtones. Le Venezuela réitère son engagement à participer à l'élaboration d'un instrument universel dans ce domaine.

Pour la Nouvelle-Zélande, la première conférence mondiale sur les peuples autochtones de New York constituera un pas important dans la protection des droits de ces peuples, même si le chemin est encore bien long. En Nouvelle-Zélande, le traité de Waitangi représente un partenariat unique entre le peuple maori et le Gouvernement, reconnaissant les droits du peuple autochtone et soldant un contentieux historique. L'Australie a dit avoir contribué à l'étude du Rapporteur spécial consacrée à l'accès à la justice par les Aborigènes. L'Australie a adopté un plan stratégique pour les peuples aborigènes, qui sont des partenaires clés pour gérer les ressources naturelles et culturelles du pays.

L'Ukraine a abordé la situation des Tatars de Crimée et des autres Ukrainiens qui souffrent de l'agression russe et de l'annexion de la Crimée. Les droits des Tatars ne sont plus respectés leurs chefs démocratiquement élus sont interdits de séjour dans la péninsule. Il semblerait que l'objectif de ce harcèlement est de forcer les autochtones à quitter leur région d'origine. L'Ukraine demande que le Rapporteur spécial et le Mécanisme d'experts portent une attention particulière à cette question et empêchent d'autres déportations forcées.

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a dit avoir mis au point un nouveau plan stratégique (2014-2017) pour les enfants les plus désavantagés, concernant également les enfants des peuples autochtones. L'UNICEF travaillera avec la Rapporteuse spéciale et d'autres mécanismes des Nations Unies pour améliorer l'application de la Convention relative aux droits de l'enfant.

Le Comité international de coordination des institutions nationales des droits de l'homme a jugé pertinentes les recommandations du comité d'experts et appelé les États à les adopter. Pour le représentant, la prochaine Conférence mondiale est l'occasion idoine pour que les États réaffirment leurs engagements.

S'agissant des organisations non gouvernementales, le Minorities Rights Group International a souligné que, très souvent, les États rechignent à appliquer les droits des peuples autochtones, comme c'est le cas au Belize et au Kenya; le problème n'est pas l'absence de lois, mais leur mise en œuvre.

Franciscain international a observé que, partout dans le monde, c'est le modèle prédateur minier qui empêche la jouissance des droits de l'homme par les peuples autochtones. Il faut donc que la Rapporteuse spéciale se penche tout au long de son mandat sur un instrument uniquement contraignant pour que les entreprises respectent les droits de l'homme. Ainsi, au Pakistan, le gouvernement ne fait rien pour protéger les populations des conséquences des extractions minières, notamment dans le Jammu-et-Cachemire, a dit le Conseil mondial de l'environnement et des ressources. Le Pakistan n'admet pas que tant que les peuples autochtones restent propriétaires de leurs terres et des ressources dont elles regorgent, elles ont le droit de décider de leur extraction, a ajouté l'Institut international de la paix. L'exploitation des ressources minière ne profite de toute façon qu'aux intérêts étrangers et non aux peuples autochtones, a pour sa part déclaré VIVAT international, au nom également de Franciscain international, accusant le gouvernement de la Malaisie de piétiner les droits des Papous autochtones.

Pour le droit à se nourrir – FIAN a alerté le Conseil sur la situation des minorités au Brésil s'est demandé comment faire en sorte et s'assurer que ce pays applique les recommandations du Rapporteur spécial. Le Mouvement international contre toutes les formes de discrimination, au nom également de National Coalition Against Racial Discrimination, a déclaré qu'au Népal, les peuples autochtones restent surreprésentés dans les prisons, notamment en raison de la criminalisation de leurs pratiques culturelles. Ainsi, tuer une vache entraîne une peine de de douze ans de prison.

Lawyers Righst Watch Canada, au nom également de Indigenous World Association, s'est dit en accord avec les observations du Rapporteur spécial concernant le Canada, un des pays les plus riches du monde. Ce pays n'a même pas consulté les peuples autochtones, ni tenu compte de leur avis dans le cadre de la Conférence mondiale sur les peuples autochtones qui se tient la semaine prochaine à New York. Le Conseil indien d'Amérique du Sud ne participera pas en tout cas à cette conférence, qui n'est autre qu'une réunion de haut niveau de l'Assemblée générale. On parle des droits des peuples autochtones tout en les bafouant, a constaté l'organisation, pour laquelle il faut mettre en place un instrument juridiquement contraignant pour la défense des droits des peuples autochtones.

Conclusions des titulaires de mandats sur les droits des populations autochtones

MME VICTORIA TAULI-CORPUZ, Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones, a constaté qu'il sera difficile de favoriser l'autonomisation des peuples autochtones et leur contribution au développement de leurs pays si un grand nombre d'entre eux restent exclus. Il est important que ces populations puissent aussi faire leur part dans les plans de développement nationaux. La question d'une meilleure participation des peuples autochtones sera posée à la Conférence mondiale. Quant aux accords juridiquement contraignants pour les sociétés transnationales que demandent certains gouvernements, Mme Tauli-Corpuz a indiqué qu'elle examinerait la question au cours de son mandat.

M. ALBERT DETERVILLE, Président du Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones, a émis l'espoir que les études menées par le Mécanisme d'experts contribueraient à alimenter la réflexion et à prendre des mesures concrètes par les États. Le Mécanisme espère que la prochaine Conférence mondiale permettra de progresser dans la réalisation des droits des peuples autochtones. M. Deterville a noté que le projet de déclaration finale confirme le rôle du Mécanisme. En conclusion, il a salué l'appel du Chili en faveur d'une plus grande présence des peuples autochtones au Forum des Nations Unies et au sein du Mécanisme. En réponse à un commentaire de l'Estonie, il a indiqué qu'il allait représenter le Mécanisme d'experts, en qualité de Président-Rapporteur, à la Conférence mondiale sur les peuples autochtones, ajoutant que plusieurs de ses membres pourront également y participer. La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones offre une feuille de route et il est essentiel que les peuples autochtones soient perçus comme partenaires sur un pied d'égalité. Le Président a par ailleurs confirmé qu'il envisageait un séminaire sur les questions commerciales pour le Mécanisme.

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samedi 20 septembre 2014

Sarko II "Nicolas Bismuth", le retour !

Le Sarko Circus s'est remis en branle, à la reconquête de la France. Pour autant, l'ancien président n'a pas changé. Qu'importe, ses partisans sont déjà en ordre de marche pour repartir au combat en vue de la présidentielle de 2017. Avec pour seule stratégie : l'antihollandisme. Marianne !

« J’ai pris le temps de la réflexion. J’aime trop la France et mes compatriotes pour les voir condamnés à choisir entre le spectacle désespérant d’aujourd’hui et la perspective d’un isolement sans issue. »

Sans surprise, Nicolas Sarkozy briguera la présidence de l’UMP, pour se lancer vers la présidentielle de 2017. Mais ce come-back le remet au centre du jeu face à la gauche, au FN et aux rivaux de son camp.

Le nom UMP n’apparaît jamais dans sa déclaration de 708 mots : « Je suis candidat à la présidence de ma famille politique », écrit Nicolas Sarkozy – qui n’emploie pas non plus le mot « droite ». Le retour dans l’arène de l’ex-président, à trois mois de ses 60 ans, commence pourtant par la reconquête de ce parti qu’il a déjà dirigé (2004-2008). En attendant celle de l’Élysée : s’il est élu fin novembre, il changera le nom, mais aussi l’équipe, et sans doute la base politique de ce qu’il présente comme « un nouveau et vaste rassemblement, sans aucun esprit partisan dépassant les clivages traditionnels ».

Un retour attendu

Cette candidature dévoilée hier sur Facebook et Twitter, les agoras de ce siècle, est dénuée de tout effet de surprise. Nicolas Sarkozy, qui utilise 19 fois la première personne du singulier et s’adresse « à la France et aux Français », justifie de façon très classique ce retour à la vie politique quittée « sans amertume et sans regret », assure-t-il : « J’ai vu monter comme une marée inexorable le désarroi, le rejet, la colère à l’endroit du pouvoir, de la majorité et plus largement de la politique… ». Il évoque aussi le « délitement de l’opposition », « la voix secondaire et l’abaissement de la France », « le spectacle désespérant d’aujourd’hui et la perspective d’un isolement sans issue ».

En substance : Hollande échoue, la droite n’est pas audible, le pays décline et sans moi le FN peut gagner.

Une nouvelle équipe

Autour de la table, hier, dans ses bureaux où le texte a été réécrit, une équipe rajeunie : Laurent Wauquiez, Gérald Darmanin, Nathalie Kosciusko-Morizet, deux grognards – Christian Estrosi et Brice Hortefeux (François Baroin était excusé) – et le « technicien », l’ex-policier Frédéric Péchenard. Mais Nicolas Sarkozy a « retourné » d’autres figures de l’UMP (Raffarin, Woerth). Il a vu Jean-Louis Borloo, des cadres de l’UDI, des interlocuteurs hors partis… et il n’a pas renoncé à l’ouverture, chez quelques déçus de gauche les moins à gauche : « Les clivages traditionnels ne correspondent plus à la moindre réalité », écrit-il.

Compétition à droite

Sa popularité auprès des militants et le manque de notoriété de ses deux rivaux l’installent en grand favori de l’élection interne à l’UMP. Mais l’adversité au parti est réelle, avec François Fillon, mais surtout Alain Juppé, qui le met en garde sur la primaire : « Je veillerai à ce que la primaire ouverte figure dans les engagements ».

Car l’ancien président de la République n’est pas le leader de droite le plus populaire ni dans l’opinion, ni dans l’électorat de droite et du centre – qui préfère Alain Juppé (à 65 % selon le baromètre CSA). Le maire de Bordeaux est soutenu par une majorité des centristes, à commencer par François Bayrou. La personnalité de Nicolas Sarkozy reste clivante. Et le terrain du renouveau est labouré par Bruno Le Maire.

« Pour deux Français sur trois, Nicolas Sarkozy n’a pas changé », constate Gaël Slimane, directeur de l’institut Odoxa sur la foi d’un sondage réalisé cette semaine. Nicolas Sarkozy mouillera donc la chemise sur le terrain dès la semaine prochaine avec un premier meeting dans le Nord.

La gauche et le FN ont leur cible

Son retour tombe à pic pour le gouvernement : « Lui seul peut ressouder la gauche », raille un proche de… Fillon. Manuel Valls l’avait érigé en opposant n° 1 mardi, François Hollande l’a rabaissé au rang de chef de parti jeudi… Et hier, pour le secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, il est « comptable du passé et du passif, de l’état pitoyable dans lequel il a laissé les comptes et la situation économique du pays ».

« Nous le confronterons à ses promesses non tenues et à son bilan.il incarne la trahison et la désespérance » cingle le n° 2 du FN, Florian Philippot. Revoilà donc Nicolas Sarkozy au centre du jeu… en tant que punching-ball idéal.

Les juges dans la course

Les principaux obstacles à sa reconquête sont néanmoins judiciaires, la liste des enquêtes dans lesquelles son nom apparaît étant longue : accusation de financement libyen de la campagne de 2007, affaire Bygmalion sur les comptes de 2012, corruption présumée de magistrat dans l’arbitrage Tapie, sondages de l’Élysée… Les juges auront aussi leur mot à dire.

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vendredi 19 septembre 2014

Photos. Benigno Aquino, le président philippin a été reçu par Manuel Valls à Matignon !

Benigno Aquino, le président philippin à son arrivée à l'aéroport d'Orly

Le président philippin, Benigno Aquino, était arrivé à Paris le 17 septembre. "A voir comment Aquino a été reçu, il n'est pas un invité ordinaire”, se félicite le quotidien de Manille. Le président philippin a été accueilli à la fois par le président François Hollande et par le premier ministre Manuel Valls, explique le journal, qui relève même la longueur imposante du tapis rouge – 80 mètres – déroulé pour Aquino à l'aéroport d'Orly. La déclaration de François Hollande devant son homologe philipin montre, pour le journal, un "ferme soutien de la part de la France" dans les efforts entrepris par les Philippines pour arriver à une résolution pacifique sur la dispute territoriale avec la Chine". (Manille et Pékin se disputent la souveraineté autour de quelques atolls situés aux larges des côtes philippines en mer de Chine méridionale.)

Manuel Valls, le Premier ministre à Matignon. Photo Réveil FM international

"Alors que François Hollande attache une importance particulière à la visite d'Aquino", la déclaration commune prononcée par les deux chefs d'Etat "adopte pratiquement" le plan en trois parties proposé par les Philippines pour résoudre le conflit, se réjouit le journal.

Le Philippine Daily Inquirer rappelle enfin que cette visite marque le 25e anniversaire de la mère de Benigno, l'ancienne présidente, Cory Aquino, qui avait été reçue à Paris à l'occasion des célébrations du bicentenaire de la Révolution française, en juillet 1989. Trois ans après son accession à la présidence du pays, Cory Aquino faisait figure d'icône de la démocratie, rappelle le quotidien. Elle avait été nommée à la suite d'un soulèvement populaire qui avait renversé le président Ferdinand Marcos au terme de deux décennies de pouvoir.

Photos. Benigno Aquino, le président philippin a été reçu par Manuel Valls à Matignon !

Benigno Aquino : « Les Philippines ont de réels besoins d’infrastructures »

En venant à Paris, qu’attendez-vous des autorités françaises ?

J’ai un sentiment particulier envers la France. Lorsque ma mère, Cory Aquino, est arrivée au pouvoir en 1986, la France a rapidement reconnu ce gouvernement et a fait en sorte qu’on aboutisse à une situation normalisée. Aujourd’hui, nous sommes très heureux de pouvoir échanger à Paris des informations sur la situation internationale, notamment dans les zones de conflit et, bien sûr, en mer de Chine méridionale, où nous sommes concernés au premier chef. Nous sommes très attachés à ce dialogue pacifique pour résoudre les crises dans le respect des règles internationales. J’ai évoqué avec le président Hollande la situation au Mali et en Centrafrique. Je crois à une coopération politique internationale approfondie.

Votre visite comporte un important volet économique. Quels points mettez-vous en avant avec les hommes d’affaires français ?

Je vais vous raconter une anecdote. Lors de mon entretien avec le Premier ministre, nous avons eu des stylos qui étaient exactement les mêmes que ceux que j’utilisais lorsque j’étais étudiant. Nous étions donc en présence d’un produit basique, qui n’a pas changé en plusieurs décennies. Mais en même temps, nous avons parlé de haute technologie, d’Airbus. Notre commerce avec la France doit reposer sur des stylos aussi bien que sur des produits à fort contenu technologique. Cela dit, nous avons de réels besoins d’infrastructures, et les entreprises françaises peuvent parfaitement nous aider. La population est fortement concentrée dans la capitale. Nous perdons chaque jour en production l’équivalent de 2,4 milliards de pesos [42 millions d’euros, NDLR] à cause des embouteillages, des conséquences de la pollution, etc. Notre réseau ferré est trop lent. Mais nous avons aussi besoin d’expertise dans l’eau. A un moment où nous accueillons trois millions de touristes, puis 10 millions d’ici 2016, nous ne pouvons admettre les pénuries d’eau. De la même manière, nous devons mieux interconnecter les îles de l’archipel entre elles et nous avons besoin dans ce cas de compétences dans l’aérien et la couverture radar. Nous avons en projet 8 aéroports à moderniser ou à construire. Selon la loi, les investissements étrangers ne peuvent dépasser 40 % du capital. Lorsque nous avons privatisé le secteur de l’énergie, c’est le chinois State Grid qui a pris 40 % de l’ensemble.

Les agences de notation ont récemment relevé la note des Philippines. Comment faire pour maintenir à moyen terme le taux de croissance actuel ?

Comme nous devons moderniser les transports, nous devons, de la même manière, améliorer notre système scolaire et éducatif. Aujourd’hui trop d’enfants ne sont pas scolarisés par manque de moyens de transport. Les marges de progression sont importantes, car, dans certains secteurs, les demandes d’emploi sont supérieures au nombre de candidats disponibles.

Le président chinois vient de parler d’une « Route de la soie maritime chinoise ». Est-ce un concept que vous partagez ?

Nous privilégions la liberté de navigation. Malgré cela, il y a de quoi se poser des questions. La Chine a déjà mis en place de façon unilatérale un espace aérien qu’elle contrôle et qui s’étend au-dessus des îles qu’elle dispute au Japon. Les dirigeants chinois veulent reproduire le même schéma avec cette zone maritime par où transitent 40 % du commerce mondial. C’est une estimation. Mais comment serait-il possible qu’une entité décide pour tout le monde ? Quant au différend territorial qui nous oppose, il est frappant de voir, lorsqu’on regarde une carte, à quel point la zone que nous nous disputons est proche de nos côtes et éloignée des leurs. Le récif de Scarborough , par exemple, se situe à une centaine de kilomètres de notre territoire et à 300, peut-être 400 du leur. Pour quelle raison devrions- nous demander la permission pour croiser dans ces eaux ? Le dossier est entre les mains d’une juridiction de l’ONU.

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jeudi 18 septembre 2014

Verbatim: François Hollande face à la presse

A l'international, concernant le continent africain, le Chef de l’État, François Hollande s'est exprimé contre le terrorisme des Djihadistes, sur l’épidémie ravageur "Ebola". On aurait souhaité qu'il s'exprime aussi sur l'Afrique des tripatouilleurs constitutionnels, l'Afrique des atteintes des droits de l'homme...Pas un mot sur la Francophonie, alors que le 15è Sommet se tiendra en novembre prochain à Dakar et il faudra élire le successeur d'Abdou Diouf !

• François Hollande tenait le jeudi 18 septembre 2014 à l’Elysée la quatrième conférence de presse depuis le début de son quinquennat.

• Le président de la République, dont la cote de popularité est au plus bas, a balayé le terrain économique comme celui du quotidien des Français.

INTRODUCTION

«Le monde affronte une crise particulièrement grave, ou plutôt des crises qui se conjugent, se renforcent les unes les autres. L'Europe est une nouvelle fois devant des choix cruciaux. La France s'interroge dans un climat de défiance lourd sur son avenir. C'est à ces questions que je veux répondre aujourd'hui (...) en livrant la conception que j'ai de mon devoir.»

La conférence de presse de Hollande en 4 minutes.

1. QUESTIONS INTERNATIONALES ET SÉCURITÉ INTÉRIEURE

Etat islamique, risque terroriste en France et situation en Syrie et en Irak

«Mon premier devoir c'est d'assurer la sécurité de la France. Or le monde est menacé gravement par un terrorisme qui a changé de dimension. Un terrorisme qui n'a jamais disposé d'autant de moyens financiers, militaires, humains. Un terrorisme qui ne prétend plus contester les Etats mais prendre leur place. Qui s'en prend à la population la plus fragile, quelle que soit sa religion. Ce sont ces groupes que nous avons combattus victorieusement au Mali. C'est en Irak et en Syrie que le danger est le plus grand. Le groupe Daesh a prospéré dans le chaos syrien, disons-le aussi, parce que la communauté internationale est restée inerte. Le terrorisme occupe de larges parties du territoire et maintenant en Irak, massacre toutes celles et ceux qui lui résistent, chasse les minorités notamment chrétienne, décapite des journalistes, crucifie ses opposants, enlève des femmes. (...) Les réfugiés se comptent par millions, je n'oublie pas qu'il y a 200 000 victimes du conflit syrien, et beaucoup d'autres qui cherchent à fuir comme ils peuvent et qui essaient de traverser la mer Méditerranée au péril de leur vie.

Ce groupe Daesh attire des combattants du monde entier. Près de 1 000 Français ont rejoint ce groupe en Syrie ou en Irak, des jeunes endoctrinés, embrigadés, souvent mineurs, qui risquent leur vie – 36 sont morts – et qui peuvent revenir avec les pires projets dans la tête (...) Chacun a en tête ce qui s'est passé au Musée juif de Bruxelles.

La France a donc pris ses responsabilités en août (...) Ce matin, j'ai réuni le Conseil de Défense et j'ai décidé de répondre à la demande des autorités irakiennes pour accorder le soutien aérien. Notre but est de contribuer à la paix et à la sécurité en Irak en affaiblissant les terroristes. (...) Je le dis aussi nettement que j'affirme la nécessité de ce soutien : nous n'irons pas au-delà, il n'y aura pas de troupes au sol et nous n'interviendrons qu'en Irak.

Le Parlement sera informé dès les premiers avions engagés. Le Premier ministre réunira les assemblées dès la semaine prochaine. Voilà la décision que j'ai prise. Elle est fondée sur l'enjeu de notre propre sécurité. Elle suppose que nous puissions lutter ici en France contre le terrorisme. Tout au long de ces dernières heures, le Premier ministre a fait adopter le projet de loi pour lutter contre les filières terroristes et faire en sorte que les jeunes ne puissent pas être enbrigadés sur des lieux de combat.»

Les otages français

«La France ne paye pas de rançon. La France ne pratique pas non plus d’échanges de prisonniers. (...) Ca ne veut pas dire que des pays ne le fassent pas. C’est arrivé que des pays, pour nous aider, le fassent, je le concède»

Le virus Ebola

«Le monde fait face à un autre fléau, qui peut se révéler désastreux. Là aussi la France doit prendre ses responsabilités. Par solidarité (...) mais aussi pour notre propre sécurité sanitaire. La solidarité c'est souvent la meilleure façon d'assurer sa propre sécurité. L'OMS fait bien son travail, MSF remplit une tâche remarquable. Une soignante française vient d'être touchée par la maladie, elle est en voie de rapatriement, elle sera hospitalisée dans les meilleurs conditions à Paris. Je veux saluer ceux qui prennent ces risques.

Là encore il faut une mobilisation internationale. L'Europe a dégagé 140 millions d'euros. (...) La France va également agir. Non seulement par une aide financière à la Guinée, l'un des pays les plus concernés (...) et je viens donc de décider d'installer dans les jours qui viennent un hôpital militaire (...) là où se situe le foyer de l'épidémie.»

Ukraine, Russie et Mistral

«Pour les Mistral, qui devaient être livrés à la fin du mois d’octobre, j’ai dit que dans les circonstances actuelles, ce n’était pas possible, mais si le cessez-le-feu est respecté, si le processus de règlement est achevé, alors ils pourront être livrés et le contrat exécuté, mais nous n’en sommes pas là»

2. L'EUROPE ET L'ÉCONOMIE

L'Ecosse et l'idée européenne

«Si le projet européen se dilue, la voie est ouverte, et on la voit empruntée, aux égoïsmes, aux populismes, aux séparatismes (...) Qui peut dire ce que sera le résultat du référendum en Ecosse ? [Un référendum] qui peut décider de l’avenir du Royaume-Uni, mais aussi de celui de l’Europe. (...) Une conjugaison de forces centrifuges (...) ont fini par perdre ce qu’était l’enjeu européen pour d’abord se replier dans le cadre national, puis ensuite dans le cadre régional. Se faire plus petit, pour soi-disant être plus fort, le contraire même de ce qu’a été l’idée européenne (...) Après un demi-siècle de construction de l’Europe, nous rentrons, en tout cas c’est un danger, dans un processus de déconstruction, pas simplement de l’Union mais des États eux-mêmes»

Zone euro et faible croissance

«Je place depuis deux ans l'enjeu de la réorientation de l'Europe pour que le retour nécessaire aux équilibres budgétaires s'adosse à une politique de croissance et d'emploi. Nous commencons à être entendus (...) La BCE a déjà pris des intiatives : baisse de l'euro qui est revenu à une parité plus convenable, qui a permis de gagner de la compétitivité, et puis un financement supplémentaire donné à l'économie. Le nouveau président de la Commission européenne a présenté un plan d'investissement de 300 milliards d'euros, ça peut être un point possitif pour la demande.

Le sommet de la zone euro, en octobre, permettra à la France de faire entendre sa position : l'Europe ne peut vivre durablement une croissance ralentie quand il a tant de chômage. (...) Il ne s'agit de pas revenir sur les règles qui ont été fixées, et que nous avons acceptées, pour réduire les déficits (...) La France ne dit pas "parce que nous sommes un grand pays nous devons nous exonérer de notre discipline". (...) La France, elle va faire 50 milliards d’économie et ce n’est pas si facile. La France elle ne fera pas davantage car ce serait mettre en cause la croissance. La France ne va pas lever d’impôt supplémentaire pour ne pas désespérer les Français.

Le danger, c’est l’enlisement des économies européennes dans la stagnation, c’est-à-dire un scénario de fin de croissance, l’austérité budgétaire se conjuguant avec un niveau élevé de l’euro et la faible inflation s’ajoutant à la faible croissance.»

Le couple franco-allemand

«Nos amis allemands ont raison de nous rappeler de faire des réformes, nous en avons faites. Qu’on ne nous demande pas de faire en 5 ans ce que nos amis allemands ont réalisé en plus de 10 ans dans un environnement plus favorable et sans contrainte de déficit. (...) donc nous devons être plus compétitifs (...) savoir engager un véritable dialogue social, changer un certain nombre de règles. L’Europe elle a besoin de la France parce que nous sommes la deuxième économie de l’Europe. Nous avons un haut niveau de productivité, une démographie dynamique. Alors la France elle compte.

(...) La France est prête à de nouvelles initiatives (...) pour aller plus loin avec l’Allemagne dans des politiques intégrées, comme la transition énergétique, le numérique et les infrastructures. Nous sommes prêts à dire que nous sommes favorables à une Europe à plusieurs vitesses où le couple franco-allemand doit être le moteur de cette intégration»

Industrie et écologie

«Nous allons changer la façon de faire de l’industrie, du bâtiment. Dans un an, nous accueillons la conférence sur le climat et c’est l’occasion pour la France de réussir ce que d’autres n’ont pas réussi, un accord.»

Moody’s

«Je ne sais pas ce que fera l’agence Moody’s. (...) Jamais, jamais l’Etat n’a emprunté à des taux aussi bas. (...) Ce n’est pas l’agence de notation qui m’inquiète.»

Le déficit

«Est-ce que nous allons pouvoir faire prévaloir notre point de vue ? Cela va être la négociation [pour défendre au niveau européen un nouveau délais pour la France du retour au seuil de 3% du PIB du déficit public, ndlr]. Je ne pense pas qu’une économie comme la France, mais c’est vrai pour d’autres, puisse faire à la fois le rétablissement de sa compétitivité et le rétablissement de ses comptes publics. [Cet argument est] ce à quoi l’Allemagne est le plus sensible»

3. LA FISCALITÉ

Les impôts

«C'est extrêmement rare d'avoir des manifestations de contribuables qui viennent féliciter le gouvernement pour des baisses d'impôts. Mais on l'a fait en 2014. (...) Pour les personnes retraitées qui jusque là n'avaient pas à déclarer les suppléments familiaux, ils ont eu à la faire. Tous ceux qui étaient en heures supplémentaires ont eu à le faire. (...) Il va y avoir la suppression de la première tranche qui sera au bénéfice de 9 millions de contribuables. Mais il n'y aura pas d'augmentation de l'impôt sur le revenu sur les autres catégories. Il y a déjà eu des mesures qui ont été prises, une tranche à 45%, pour ceux qui gagnent plus de 100 000 euros par an. Mais il ne s'agit pas de prendre aux uns, car je crois que ceux-là ont déjà contribué, pour rendre aux autres.»

La TVA

«Est-ce qu'il va y avoir une augmentation de la TVA ? Non (...) Là nous avons fait le choix de ne pas augmenter la TVA.»

4. LA JEUNESSE

Numérique et éducation

«Le numérique va être généralisé. Le plan numérique va être mis en oeuvre en 2016 dès le collège. C'est une chance pour avoir un contenu éducatif, une chance pour l'économie pour avoir ses emplois qui soient préparés dès l'école. Mais (...) il y a aussi ce que nous devons faire pour les dérocheurs. (...) Il y a aussi ce que nous devons faire pour l'apprentissage, pour apprendre un métier, pas d'hier, mais des métiers de demain.»

Service civique

«Le service militaire a été supprimé, il ne sera pas rétabli [rires]. Mais le service civique doit être élargi. Faire en sorte qu'il y ait plus de missions, plus de jeunes qui puissent y trouver leur accomplissement. Que ça donne des droits par exemple pour passer son permis de conduire.»

5. LA CONFIANCE

Le temps des réformes... et des résultats

«J’avais prévenu : deux ans et demi de redressement, deux ans et demi pour redistribuer. Reportez-vous à un très bon discours, celui du Bourget. (...) J’ai conscience que notre société est devenue défiante à l’égard de tous les pouvoirs, à l’égard même de l’avenir. (...) Minée par le chômage, l’incertitude, le doute, les inégalités, le sentiment d’abandon, de relégation des territoires. C’est l’avenir de la République qui est en cause quand il y a ce sentiment où l’appartenance n’est plus commune, on se réfugie dans l’isolement (...) ou dans le communautarisme.

C’est pourquoi je veux que notre politique mette l’égalité, la justice, l’exemplarité au cœur de son action. C’est ce que j’appelle le courage dans les réformes. (...) Les résultats, ils tardent à venir, je le sais, je le vois. Ils viendront, ils viendront si nous nous mobilisons tous. Le gouvernement doit faire tout ce qu’il peut, et je fais à ma place tout ce que je dois. J’ai conscience que cette ligne que j’ai tracée, que le cap que j’ai montré, nous permettra d’avoir des résultats, j’espère avant 2017. (...) Je demande que l’on fasse ce jugement à la fin du mien».

Thomas Thévenoud et la transparence

«[Thomas Thévenoud] n’est pas digne de rester député (...) Il n’y a pas davantage d’élus indélicats que par le passé, il y en a toujours eu, hélas ! Mais il y a aujourd’hui davantage de procédures qui permettent de les découvrir et donc de les sanctionner (...) Quand un député ne paye pas ses impôts, quand un ministre a un compte à l'étranger, quand d'autres parlementaires ont des ennuis avec la justice, pour des faits personnels, ce sont des blessures qui sont faites à la démocratie. [Ce que j'ai décidé] après l'affaire Cahuzac, c'est de créer une Haute autorité pour la transparence, qui a parfaitement fonctionné pour [le cas] Thévenoud. (...) Moi je comprends la colère, la défiance (...) Nous ne pouvons tolérer ça et parce que c'est inacceptable, nous ne pouvons tolérer le moindre soupçon».

Les frondeurs

«Rien n’empêche de poursuivre le débat, de l’enrichir, d’améliorer ce qui est proposé, mais dans le cadre qui est fixé, dans la ligne qui est tracée (...) Je ne vais pas considérer que ceux qui n’ont pas voté la confiance, qui se sont abstenus, sont pour toujours mis en dehors de notre champ de dialogue, à condition je l’ai dit qu’ils participent».

Une dissolution ?

«La majorité de l’Assemblée nationale a donné sa confiance au gouvernement. Il n’y était pas contraint. S’il n’y avait pas eu la confiance, alors le peuple aurait été appelé à renouveler l’Assemblée nationale».

Les mauvais sondages

«Il n'est écrit nulle part dans la Constitution que ce sont les sondages qui décident du droit d'exercer ou pas. Ce qui fait ma légitimité c'est le mandat que j'ai reçu du peuple, 5 ans, et la majorité. Les institutions sont faites pour ça : non pas pour protéger une personne mais permettre de prendre des décisions. Aussi longtemps que j'aurai cette responsabilité qui m'a été confiée, je m'attacherai à servir le pays.»

Une candidature en 2017 ?

«Je suis président, pas candidat, je serai président jusqu’au bout, je n’ai pas d’autre objectif, d’autre priorité, d’autre devoir que de faire tout, tout pour mon pays. Donc, l’idée de ma candidature n’est pas présente. (...) Je ferai ce mandat pleinement, complètement sans me préoccuper même de ma popularité qui est dans l’état que vous connaissez, parce que ce n’est pas mon objectif (...) J’agis, mon sort personnel n’est pas mon objectif. Mon seul objectif, c’est le mandat que j’ai reçu, c’est la France (...) L’idée, ce n’est pas de me prolonger, ce n’est pas de m’abriter [en faisant allusion à la pluie, ndlr]».

6. LA VIE POLITIQUE FRANÇAISE

Le retour de Nicolas Sarkozy

«Il ne m’appartient pas comme président de la République de commenter les éventuelles déclarations de candidature à la direction d’un parti, et notamment du premier parti d’opposition. Si je veux ajouter, et dois je le faire, une phrase, je dirais simplement que ceux qui ont gouverné le pays hier et avant hier ont parfaitement le droit de prétendre le diriger demain et après demain. C’est la démocratie.»

La montée de l'extrême-droite

«Oui, nous avons une responsabilité [dans la montée de l'extrême-droite] parce que nous ne répondons pas suffisamment aux angoisses, aux inquiétudes de ceux qui vivent dans des quartiers populaires, au vivre-ensemble menacé.

«Oui, nous sommes responsables de cette perte de sens, de repères, [des Français qui se sentent dépossédés de] leur destin, qui craignent l’immigration, qui ne supportent plus ceux qui pensent différemment. [A ces électeurs du Front national qui] ne se considèrent pas d’extrême droite, [il] faut dire la vérité : c’est quoi la solution ? Sortir de la zone euro ? Mettre des barbelés aux frontières ? Chasser ceux [étrangers, ndlr] qui travaillent ? (...) Je préfère une colère à un silence parce qu’une colère c’est encore un contact qui se fait, un silence c’est quand il n’y a plus d’espoir.

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Conférence de presse semestrielle: A la recherche des derniers soutiens de Hollande !

François Hollande s'y prépare depuis des jours. Cet après-midi, le président donnera sa quatrième conférence de presse depuis son accession à l'Elysée. Majorité affaiblie, résultats économiques très mauvais, affaire Thévenoud et scandale du livre de Valérie Trierweiler... jamais le climat n'a été aussi lourd pour Hollande. Le chef de l'Etat est au pied du mur. Selon le dernier baromètre Ipsos, Hollande ne compte plus que 13 % d'opinions favorables. Qui sont ses derniers soutiens chez les Français ? Nos confrères du Le Parisien sont allés à leur rencontre, à Noisy-le-Sec, symbole de ces villes de Seine-Saint-Denis qui, en mai 2012, ont massivement choisi Hollande (38 % au premier tour et 66,5 % au second), et où les déçus se ramassent désormais à la pelle.

Sur le marché : « Les dégâts ont été faits avant son arrivée »

« Il faut arrêter de tout lui mettre sur le dos, François Hollande n'est pas un surhomme ! » A l'entrée du marché de Noisy-le-Sec, Gorica, la petite quarantaine, attend l'ouverture de la boutique où elle travaille. Cette vendeuse fait partie des rares qui ne jettent pas la pierre au chef de l'Etat. Entre les parfums made in France et les bracelets à 1 €, les allées sont bondées en ce mercredi matin. « Il faut être honnête et reconnaître que beaucoup de dégâts ont été faits avant son arrivée, insiste Gorica, qui a voté Hollande et qui n'exclut pas de le refaire. Sur le chômage, Chirac et Sarkozy n'ont pas fait mieux. »

Mais, pour un soutien, combien de critiques... Cette retraitée ne prend même pas la peine de s'arrêter : « Hollande, dégage ! 700 € de plus sur ma feuille d'impôts, merci ! » Plus loin, Danielle tire son chariot en soupirant : « J'ai voté pour lui, mais j'ai calculé, leur annonce sur les petites retraites, ça va me faire 26 centimes de plus par jour, ce n'est pas pensable », râle-t-elle. Encore un geste que les Français ne voient pas ? « C'est le problème avec Hollande », reconnaît Mounir, 37 ans, qui a voté pour lui en 2012 pour « se débarrasser » de Sarkozy. « Il fait des choses, mais ça ne se voit pas. Il y met du sien. Oui, je suis prêt à revoter, mais qu'il nous redonne de la fierté ! »

Dans le quartier de la mairie : « Sa méthode est juste »

Joseph, 60 ans, qui sort pourtant du centre des impôts en bas des barres HLM, a le sourire. « Hollande met tout le monde à contribution, sa méthode est juste », approuve ce licencié économique, qui accepte même de payer plus d'impôt sur ses indemnités. Au nom, dit-il, de « l'effort collectif ». Revoter Hollande s'il se représente ? Pas d'emballement, mais une porte ouverte. « Il faut d'abord que la courbe du chômage s'inverse », pointe-t-il.

Valérie sort elle aussi des impôts. Déconfite. « Vous avez vu à l'intérieur ? C'est triste de voir des personnes âgées demander des étalements et qui n'arrivent même plus à se nourrir », se désespère cette chômeuse de 43 ans. « Hollande, on s'attendait à ce qu'il soit plus social et moins à l'écoute du patronat... Là, on ne comprend pas », souffle-t-elle. Quelques rues plus loin, dans son pavillon où il a garé sa BMW, Tonino, petit chef d'entreprise, n'a pas l'impression d'être entendu par le président. « Hollande, c'est mauvais pour l'économie. Avant, j'avais quelques chantiers, plus maintenant », grogne-t-il.

A la sortie de l'école : « Il y a eu des embauches »

L'Education nationale est la priorité affichée par Hollande depuis le début de son quinquennat. Soilihi s'en félicite. Main dans la main avec son jeune fils, cette agente hospitalière le ramène de l'école. « Le président a tenu sa promesse d'embauches et cela se ressent », assure-t-elle. « Les rythmes scolaires, c'est mieux pour nous organiser dans notre famille », poursuit-elle avant d'avouer être. .. une militante PS. « Tout le monde se plaît à être négatif, il y en a marre ! Il faut quand même lui laisser les trois ans qui restent avant de juger », plaide Soilihi, convaincue que les résultats de la politique de Hollande « vont bientôt arriver ».

Du temps et de la patience, c'est ce que réclament invariablement les soutiens du chef de l'Etat. Dans le petit parc de jeux en face, Jacqueline ne veut pas non plus participer au concert des critiques. « Il y a quand même des choses intéressantes qui ont été faites, lâche-t-elle. Des promesses tenues, comme le mariage pour tous. » Cette maman reconnaît qu'autour d'elle les déçus sont nombreux et qu'elle et son mari ont bien du mal à convaincre. Mais pas de chance pour Hollande : si son conjoint vote, elle ne peut pas, car elle est... belge.

Devant Pôle emploi : « Le déballage de Trierweiler fait pitié »

« Hollande terminé », « plus jamais »... Sur la route du Pôle emploi de Noisy, difficile de trouver ne serait-ce que de la retenue. « Tout augmente ! » s'insurge Jean-Louis, à la retraite depuis deux mois et qui prie le ciel pour que sa voiture ne tombe pas en panne. Mais entre les doutes pointe un peu d'espoir. Electricien de formation, Luis, 22 ans, vient de faire des photocopies avant d'aller déposer des CV. « Avec Hollande, tout peut encore arriver », croit-il. Même le meilleur. « Les emplois d'avenir, ça évite que certains jeunes restent à ne rien faire », juge-t-il.

Jean, retraité, ne veut, lui, pas plus entendre parler de Hollande que de la droite. « Tous les mêmes », balance celui qui se dit prêt à tenter Marine Le Pen. « Aller faire la guerre contre l'Etat islamique, c'est peut-être bien, soupire-t-il. Mais est-ce que la France en a les moyens quand, dans le même temps, elle me réduit ma retraite ? » S'occuper davantage des plus fragiles, Maria, électrice de gauche depuis ses 18 ans, le conseille aussi. « J'ai les boules d'aller acheter ma viande au rayon soldes de la boucherie », confie cet agent administratif. « Mais c'est trop facile de le critiquer », peste-t-elle en se bouchant le nez sur « les affaires personnelles ».

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Paul Sampu Mukulu: "Paul Mwilambwe, témoin clé de l'assassinat de Floribert Chebeya, ne sera pas extradé du Sénégal"

Paris, 27 mars 2014, au Press Club, Paul Sampu Mukulu, le Secrétaire Général de la Fidh lors du Forum sur la liberté de la presse, pour les droits de l'homme et contre l'impunité. Photo Réveil FM International

A chaque fois que Réveil FM International évoque avec Paul Sampu Mukulu, le Secrétaire Général de la Fidh, l'odieux assassinat en 2010 de Floribert Chebeya, l'îcone des droits de l'homme en RDC, c'est toujours avec une voix enrouée qu'il nous répond:"Nous avons vraiment perdu avec l'assassinat de Floribert" et de se ressaisir immédiatement pour clamer: "Nous irons jusqu'au bout pour que les assassins de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana répondent devant la justice de leurs actes". Et Paul Sampu Mukulu ne lâche rien ! Infatigable voyageur, au sommet Afrique-Etats-Unis du mois d'août dernier, il y était. Si la société civile congolaise a perdu avec l'assassinat de Floribert Chebeya, elle peut se consoler d'avoir Paul Sampu Mukulu qui est éminemment politique. N'est-pas Secrétaire d'une Ong internationale, qui veut !

Le verdict du vendredi 29 août au soir dernier, l'a sorti de ses gongs. En effet, la Cour suprême de justice, inféodée au régime d'alias Joseph Kabila, s'est déclarée "incompétente pour statuer sur le recours en inconstitutionnalité déposé par les parties civiles dans le procès Chebeya". Nourrie aux mamelles du régime des mammouths joséphistes, la non indépendante Cour suprême de justice de Kinshasa, se déclarant incompétente, évite de sanctionner les irrégularités de procédure dans ce procès qui s’éternise depuis le 2 juin 2010.

Politisée à outrance, la Cour suprême de justice dont tous les magistrats ont été nommés par alias Joseph Kabila et sont encartés Majorité Présidentielle-PPRD-Parti-Etat, estime qu’elle n’est pas compétente pour statuer sur les irrégularités listées par les parties civiles. Il n’y a pas eu violation de la Constitution. Des irrégularités pourtant nombreuses, selon les avocats de l’accusation, comme la non notification de décisions de justice pour les trois condamnés qui sont en fuite.

Si à Kinshasa, la reprise du procès Chebeya est programmée en janvier 2015, d'ici là le temps pour le régime des fraudeurs-tricheurs de tripatouiller la Constitution pour maintenir par la force alias Joseph Kabila à la tête du Congo pour un troisième mandat inconstitutionnel, il est de bon ton de rappeler que le procès Floribert Chebeya et Fidèle Bazana traîne en longueur. Démarré en 2011, il a été suspendu par le régime durant plus d’un an, les Congolais attendent toujours de connaitre le verdict en appel.

Manœuvrier, le régime de Kinshasa au lieu d'extrader John Numbi pour être entendu par la justice sénégalaise qui le réclame à corps et à cri, afin que la vérité puisse éclater au grand jour, Kinshasa voudrait plutôt que le Sénégal extrade le policier Paul Mwilambwé qui a témoigné contre John Numbi, ce dernier qui avait reçu l'ordre de la haute hiérarchie pour assassiner Floribert Chebeya.

La justice sénégalaise qui a refusé l'extradition au Tchad de l'ancien président Tchadien Hissein Habré, va-t-elle céder aux pressions de Kinshasa pour extrader Paul Mwilambwé, témoin clé de l'assassinat de Floribert Chebeya ?

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mercredi 17 septembre 2014

Sarkozy: Le fantôme de Kadhafi le poursuit, nouvelle accusation pour le financement de sa campagne présidentielle de 2007

Le fantôme de Kadhafi hante le retour politique de Nicolas Sarkozy. Mouammar El Kadhafi, le président Libyen assassiné a-t-il financé la campagne présidentielle de 2007 de Sarkozy ? C'est ce qu'affirme Ahmed Kadhaf al-Dam. Pas n'importe qui le cousin du défunt guide de la Jamahiriya.

Ahmed Kadhaf al-Damm, le cousin de Mouammar Kadhafi, en mars 2013.

C'est une nouvelle dont Nicolas Sarkozy se serait bien passé à quelques jours de son grand retour en politique. Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire L'Express, Ahmed Kadhaf al-Dam, ancien dignitaire du régime Libyen et cousin de Mouammar Kadhafi, affirme que la Libye a bien financé la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

«Le colonel Kadhafi m'a dit : «Nous devons aider Nicolas Sarkozy à devenir président.» Il était prêt à engager tous les moyens pour qu'il soit élu en 2007», affirme Ahmed Kadhaf al-Dam qui parle de «dizaines de millions d'euros» versés. L'ancien dignitaire libyen n'apporte toutefois aucune preuve formelle de ce soutien financier. Ses déclarations viennent en revanche s'ajouter aux nombreux témoignages, plus ou moins précis, évoquant un financement de la campagne électorale de l'ancien président de la République française par la Libye.

«Un témoignage fantaisiste» pour l'entourage de Nicolas Sarkozy

Toujours selon L'Express, l'entourage de Nicolas Sarkozy, sollicité en juillet dernier, n'accorde «aucune crédibilité» aux accusations de financement par la Libye de la campagne de 2007. «Il s'agit, une fois de plus, d'un témoignage fantaisiste» expliquent les proches de l'ancien chef de l'Etat qui a toujours contesté avoir bénéficié de cette entrée d'argent.

«L'affaire Libyenne» est née de la publication par Mediapart au printemps 2012 de deux documents laissant supposer un versement de 50 millions d'euros du régime de Mouammar Kadhafi pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Un an plus tôt, le fils du colonel libyen, Saïf al-Islam Kadhafi, avait déjà accusé le président de la République d'avoir accepté de l'argent Libyen pour sa campagne. «C'est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve», avait-il expliqué sur la chaîne Euronews.

En 2012, Ziad Takieddine affirmait détenir «des preuves»

Le président de la République a déposé plainte contre Mediapart en avril 2012 pour «faux» et «usage de faux», «recel de faux» et «publication de fausses nouvelles.» La plainte vise le directeur de la publication de Mediapart Edwy Plenel ainsi que les deux journalistes qui ont signé l'article Fabrice Arfi et Karl Laske.

En décembre 2012, c'est l'homme d'affaires Ziad Takieddine qui affirmait au juge Renaud Van Ruymbeke détenir des «preuves» du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime de Mouammar Kadhafi entre décembre 2006 et janvier 2007. Selon lui, c'est le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui aurait transmis au directeur des services de renseignement libyens «les indications nécessaires au virement».

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Manuel Valls face aux députés à l'Assemblée nationale

Mardi 16 septembre 2014, Manuel Valls, le Premier ministre s'est adressé à l' Assemblée nationale aux députés pour présenter les grandes lignes de sa politique et demander leur confiance. Voici les points forts de son discours.

Manuel Valls à l'occasion de son discours de politique générale, mardi 16 septembre 2014, à l'Assemblée, à Paris.

Pour la deuxième fois en cinq mois, le Premier ministre a présenté, mardi 16 septembre, les grandes lignes de sa politique devant l’Assemblée nationale, "un choix exigeant" qui n’avait rien d’obligatoire. En difficulté après une rentrée cauchemardesque et contesté au sein même de sa majorité, Manuel Valls a prononcé un discours bien différent du précédent (celui d'avril) devant un hémicycle plein à craquer.

Voici ce qu’il faut retenir de ce deuxième grand oral.

Le style

Il y a cinq mois, le Premier ministre avait convoqué les mânes de son lointain prédécesseur Pierre Mendès-France (chef du gouvernement en 1954 et 1955) pour justifier sa politique. Il avait aussi adressé un hommage appuyé à celui à qui il succédait, Jean-Marc Ayrault. Rien de tel cette fois-ci : le Premier ministre n'a cité aucune référence personnelle, se contentant de quelques mentions du président de la République. Tendu, Manuel Valls a commis quelques fautes de langage inhabituelles. Les "prévisions" du gouvernement sont devenues "provisions", "votre confiance" s'est transformée en "votre action". Il a également buté sur des mots, comme "délocalisable".

Le Premier ministre a également affiché sa volonté de ne rien lâcher. Face au climat politique et économique, "quelle attitude faut-il adopter ? La fébrilité ? Le virage ? Le zigzag ? Le renoncement ?", a-t-il feint de s'interroger. "Non ! Gouverner, c’est résister. Gouverner, c’est tenir. Gouverner, c’est réformer. Gouverner, c’est dire la vérité. Gouverner, c’est aller chercher la confiance surtout quand c’est difficile", a-t-il martelé.

Le ton

Dès le début de son discours, le Premier ministre a versé dans le catastrophisme, peignant un tableau très sombre du monde. "Le contexte international est rempli de menaces. Les tensions avec la Russie ramènent l'Europe aux heures de la guerre froide", a déclaré Manuel Valls, avant de mentionner pêle-mêle "la guerre à Gaza", "les ravages d'Ebola" et la Méditerranée, "un cimetière pour des milliers de migrants".

Il s'est ensuite offert un long développement sur la "menace terroriste", "dont l'ampleur et l'évolution sont inédites". "Au moment où je vous parle, 930 Français ou résidants sur notre territoire, sont impliqués dans le terrorisme en Syrie et en Irak", a-t-il rappelé. "La France est pleinement mobilisée pour répondre à ce défi de sécurité, certainement le plus grand de ce début de XXIe siècle", a-t-il assuré.

A la fin de son discours, Manuel Valls a évoqué la situation de la France, là encore en termes graves. "La société est dure, souvent violente (...), le racisme, l'antisémitisme, l'intolérance, les actes anti-musulmans, anti-chrétiens, l'homophobie gagnent du terrain", a-t-il énuméré. Un constat déjà dressé il y a quelques jours devant les militants socialistes rassemblés à La Rochelle (Charente-Maritime).

La phrase

François Hollande s'était distingué avec l'anaphore "moi, président de la République". Son Premier ministre s'est offert une épiphore sur le thème de "nous ne faisons pas de l'austérité", un couplet déjà joué à La Rochelle devant la grogne des militants socialistes.

"Quand nous créons 60 000 postes dans l'Education nationale, près de 5 000 dans la justice, la police et la gendarmerie, nous ne faisons pas de l'austérité", a-t-il déclaré, avant d'égrener la préservation du budget de la culture, l'augmentation du RSA de 10%, les emplois d'avenir, la garantie jeune, l'augmentation de l'allocation de rentrée scolaire et autres mesures marquées à gauche.

Auparavant, Manuel Valls avait également déclaré : "Oui, nous réformons, et nous allons continuer à le faire. Mais (...) réformer, ce n'est pas casser notre modèle social. Réformer, c'est affirmer des priorités en refusant l'austérité", a-t-il expliqué.

Les annonces

Cette deuxième déclaration de politique générale est aussi pauvre en annonces que la première était riche en nouvelles mesures. Voici les trois mesures à retenir de ce discours : Le minimum vieillesse est porté à 800 euros. Comme attendu, le Premier ministre a fait un geste en direction des petites retraites : le minimum vieillesse est porté de 792 euros par mois à 800 euros. Cette annonce n'en est pas tout fait une : dès le mois de mars, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, avait annoncé cette revalorisation.

Une "prime exceptionnelle" pour les retraites inférieures à 1 200 euros mensuels. Aucun montant n'a été précisé, mais le Premier ministre a annoncé un coup de pouce pour les petites retraites.

Les élections cantonales en mars 2015, les régionales à la fin de l'année. Manuel Valls a confirmé le calendrier électoral qui avait déjà fuité ces derniers jours. "Les élections départementales sont maintenues en mars 2015 (...), les élections régionales, avec la nouvelle carte, auront bien lieu fin 2015", a-t-il déclaré.

En fait, le Premier ministre a surtout énuméré ce que son gouvernement ne ferait pas : pas question de toucher aux 35 heures, de baisser le smic, les salaires dans la fonction publique ou de supprimer le CDI.

Les gestes aux frondeurs

Confronté à l'érosion de sa majorité, minée par les frondeurs qui dénoncent sa politique économique, le Premier ministre a fait une série de gestes pour apaiser leur colère. "Je veux dire à la majorité que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous distingue", a-t-il promis.

"Réorienter l'Europe est vital." Lorsqu'il a évoqué l'Union européenne, Manuel Valls a tenu des propos pas si éloignés du discours de Frangy-en-Bresse, qui avait valu à Arnaud Montebourg d'être congédié du gouvernement. "Le rythme de réduction du déficit doit être aussi adapté en Europe", a estimé le Premier ministre, réclamant, entre les lignes, du temps pour atteindre les 3% fixés par les traités européens.

"La France décide elle seule de ce qu'elle doit faire", a ensuite lancé le Premier ministre en direction de Bruxelles et de l'Allemagne, qui réclament de concert davantage d'efforts budgétaires de la part de la France. Puis, il s'est directement adressé à la chancelière Angela Merkel : "Notre message [euro trop fort, relance de l'investissement dans l'UE] doit être entendu. L'Allemagne doit assumer ses responsabilités", a-t-il martelé.

L'avertissement au Medef. Après avoir rappelé l'importance de soutenir les entreprises, le Premier ministre s'en est pris à la principale organisation patronale, auteure de propositions polémiques sur l'économie française. "Le pacte de responsabilité, ce n'est pas un moyen d'augmenter les dividendes", a-t-il déclaré. "Personne – et je le dis clairement au patronat – ne doit prendre le risque d’affaiblir, par je ne sais quelle provocation, par je ne sais quelle surenchère, l’indispensable dialogue social qui est la marque de ce quinquennat", a-t-il lancé.

L'ode au modèle social. Enfin, le Premier ministre s'est livré à une véritable déclaration d'amour au modèle français. "Ce modèle auquel je suis attaché, auquel les Français sont attachés, et qui est même une part de notre identité, l’héritage de deux siècles de conquêtes sociales. Ce modèle, il faut l’adapter, le réinventer, mais il n’a pas vécu, il n’est pas dépassé. Il est au cœur de notre pacte républicain", a-t-il assuré.

L'avertissement à la droite

A la fin de son discours, Manuel Valls a donné le coup d'envoi de la campagne présidentielle 2017. Il a d'abord fustigé le débat sur la démission de François Hollande ou la dissolution de l'Assemblée : "Appeler à la démission du chef de l'Etat, c'est mettre en cause nos institutions, c'est vouloir affaiblir la France", a-t-il accusé.

Il s'en est ensuite pris à la proposition de réaliser 150 milliards d'économies formulée par l'ancien Premier ministre François Fillon, candidat à la primaire à droite de 2016. "Tout est possible… Mais il faut dire la vérité aux Français et leur expliquer à quel prix et pour quels sacrifices ! Combien de suppressions de postes dans l'Education nationale ? Dans les hôpitaux ?" a-t-il lancé.

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mardi 16 septembre 2014

Le gouvernement d'alias Joseph kabila, le même publié sur le site rwandais Impamo.org en janvier 2014?

C'est depuis janvier 2014 qu'alias Joseph Kabila, l'incapacitaire de Kingakati rase les murs, il est incapable de mettre en place un gouvernement tant promis. Or le 6 janvier 2014, Impamo.org, le site rwandais extrémiste pro-tutsi avait publié la liste du nouveau gouvernement de la République démocratique du Congo avant la publication officielle par l'Etat congolais, avant de se rétracter, se mettre hors service pendant plusieurs jours et revenir en ligne après. Vraie ou fausse liste? Mais une question demeure, peut-on encore parler de la souveraineté de la République démocratique du Congo ? Pourquoi ce sont les rwandais qui doivent connaitre la composition de notre gouvernement avant les congolais eux-même ? N'est-ce pas la haute trahison de plus d'alias Joseph Kabila !

Alias Joseph Kabila et son mentor Paul Kagame, l'Hitler africain

Le PPRD-Parti-Etat signifie-t-il "Petit à Petit le Rwanda Dirige le Congo" ? Voici la liste du gouvernement congolais publié le 6 janvier 2014 par le site rwandais pro-tutsi " impamo.org" avant de tout effacer. Aux Congolais d'être vigilants, si les personnes sur cette fameuse apparaissent d'une manière ou d'une autre dans le nouveau gouvernement, on saura qui dirige réellement le Congo.

1. Vice-Premier Ministre Charges des Questions Economiques, Financières et Lutte contre la Corruption : MUKOKO SAMBA

2. Vice-Premier Ministre et Ministre de la Défense Nationale : AZARIAS RUBERWA

3. Vice-Premier Ministre et Ministre des Postes, téléphones et NTIC : Lambert MENDE OMALANGA

4. Affaires Etrangères : Leonard SHE OKITUNDU

5. Intérieur, Décentralisation et Affaires Costumières : BEYA François

6. Sécurité Nationale : MUYEJ MANGEZ MANS Richard

7. Coopération Internationale : KAMANDA WA KAMANDA Gérard

8. Justice et Garde des Sceaux : Evariste BOSHAB MABUDJ

9. Droits Humains : Marie Madeleine KALALA

10. Plan : Célestin MVUNABADI

11. Finances : Jean Claude MASANGU MULONGO

12. Economie Nationale : KIAKWAMA KIA KIZIKI Gilbert

13. Medias, Communication et Porte-Parole du Gouv : KIKAYA BIN KARUBI

14. Budget : Laure Marie KAWANDA KAYENA

15. Commerce Extérieur : LISANGA BONGANGA

16. Hydrocarbures : Modeste BAHATI LUKWEBO

17. Transports et Voies des Communications : Fridolin KASWESHI

18. Energie : Georges BUSE FALAY

19. Mines : TSHIBANDA TUNGA MULONGO

20. Travail et Prévoyance Sociale : KABWELULU Martin

21. Petites et Moyennes Entreprises : MWANGU FWAMBA Maker

22. Environnement et Conservation de la Nature : KAMITATU Olivier

23. Gestion Forestière et Eaux : PEMBE BOKANGA DIDACE

24. Industrie: VAMWITI Jean Chrysostome

25. Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel : ENDUNDO BONONGE Jose

26. Relations avec le Parlement : MULUMBA KINKIEY Triphon

27. Travaux Publics et Infrastructures : Jose MAKILA

28. Genre, Famille et Enfant : Geneviève INAGOSI

29. Sante Publique : MASHAKO MAMBA

30. Portefeuille : Mme PENGE SANGANYOYI Jacqueline

31. Enseignement Supérieur et Universitaire : Prof BONGONGO Michel

32. Initiation à la Nouvelle Citoyenneté : BOMANZA Jean Baptiste

33. Urbanisme et Habitat : Mme KALANGA CATHY

34. Industrie : MENA Gaspard

35. Agriculture, Pêche et Elevage : Robert MBUINGA

36. Tourisme : KABWELULU Martin

37. Affaires Sociales : MUMBA MATIPA Wivine

38. Égalité des Chances et Protection des Droits des Handicapées : PINDU-di-LUSANGA Patrick

39. Congolais de l’étranger et Diaspora : Serge WELO

40. Francophonie : ATUNDU LIONGO ANDRE ALAIN

41. Sports, Jeunesse et Loisirs : NEMOYATO Jean Paul

42. Culture et Arts : BANZA MUKALAY

43. Développent Rural : Denis TABIANA

VICES MINISTRES

1. Affaires Etrangères : KAMBINGA Germain

2. Coopération Internationale : TUNDA YA KASENDE Célestin

3. Justice et Garde des Sceaux : Me PATHY LENDO FUMU WA MALENDA

4. Finances : Prof. KABUYA KALALA

5. Budget : Mme KIALA MAGUY

6. Défense Nationale : LUHULU LUNGE Raphael

7. Plan : Jonas TSHOMBELA

8. Hydrocarbures: MAKIASHI WILLY

9. Communication et Medias : KISOMBE Yves

10. Enseignement Supérieur et Universitaire : Maguy RWAKABUBA

11. Transports : FUMUNZANZA GIMWANGA

12. Enseignement Professionnel et Technique : Mme SOKI FUANI EYENGA

13. Affaires coutumière et décentralisation : DIFIMA

14. Genre, Famille et Enfant : Gertrude KITEMBO

15. Agriculture ,Pêche et Elevage : SHULUNGU RUNIKA Roger

16. Solidarité Nationale et Action Humanitaire : MOLEKA WIVINE

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lundi 15 septembre 2014

Kingakati Buzz: Fernando Kutino sabler du champagne avec Francis Kalombo, apparatchik du régime tortionnaire !

C'est la photo qui tue: le pasteur Fernando Kutino et Francis Kalombo sablant le champagne à la prison de Makala !Dans quel état, le régime d'alias Joseph Kabila a-t-il rendu le pasteur Fernando Kutino à la liberté ? La grâce présidentielle qui intervient huit ans après une arrestation et un emprisonnement inopportun. Le pasteur Fernando Kutino est paralysé du bras gauche, qui ne fonctionne plus. Malade, alias Joseph l'incapacitaire de Kingakati avait volontairement refusé que l'homme de Dieu aille se faire soigner. L'initiateur du mouvement "Sauvons le Congo" sort Makala, en homme brisé ?

A la prison de Makala, le pasteur Fernando Kutino contraint de sabrer du champagne avec Francis Kalombo, le garçon de course d'alias Joseph Kabila. Nous espèrons qu'il ne s'agit du syndrome de Stockholm désigne un phénomène psychologique où des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers développent une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. Dans le cas présent Fernando Kutino risque de considérer ses bourreaux tortionnaires comme ses sauveurs.

Si le pasteur Fernando Kutino est réellement libre que le régime des joséphistes le laisse prendre l'avion, quitter Kinshasa pour un "check-up", un vrai bilan sanitaire dans un pays de son choix. Comment un régime assassin peut se réveiller un matin et gracier une personne qu'il avait préalablement condamné pour 20 ans ? Il y a anguille sous roche !

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dimanche 14 septembre 2014

Sadio Bee, créateur du "Mix-tissage-couleurs vives" et styliste sans frontières à Paris

La journaliste Amina et Sadio Bee. Photo Réveil FM International

Né de père Guinéen et de mère Sénégalaise. Sadio Bee, créateur et styliste pionnier de la fusion afro-occidentale. C'est à Dakar que Sadio passe son enfance et que son identité africaine se construit. Très attaché à ses racines, Sadio se faufile dans un créneau stylistique qui lui permet à la fois de célébrer son amour pour ses origines mais aussi de s'adapter à des modèles plus modernes à travers ses créations. C'est ce qu'il appelle le mixtissages. Mixtissages, ce sont des matières africaines traditionnelles (wax, basin, bogolan) mariées à des coupes occidentales modernes et adaptées à une vie urbaine. Ainsi Sadio réussit à actualiser le tissu africain à chaque saison. C'est un style qui convient bien à tous ceux et celles qui souhaitent s'habiller avec originalité.

L’atelier de Sadio Beer se trouve Place Sainte Marthe, Paris 10ème. Métro Belleville ou Colonel Fabien Ligne 2, Métro Goncourt Ligne 11.

Sadio Bee est l'un des stylistes africains incontournables à Paris. Ils ne sont pas nombreux, à compter sur le bout des doigts. D'ailleurs il est quelqu'un qu' on ne le présente plus. Le très talentueux Sadio Bee, d'origine sénégalaise et immergé dans la mode par son père, s'est fait une place dans la mode à force de travail et de persévérance. Les superbes créations de l'inventeur du mix-tissage -couleurs vives/tissus utilisés en Afrique, coupes modernes et accessoires ethniques- en enchanteront plus d'une. Sadio Bee tient une boutique de mode à Paris mais travaille la majorité de son temps dans son atelier de création.

Photos. Hommage à Sadio Beer, des journalistes et agents de communication, mannequins durant trois heures

Petit à petit, Sadio Bee fait son nid. Un créateur de mode africains qui désigne des collections d'inspiration africaine pour les femmes modernes du monde entier. Entre travail en atelier, défilés et magasins, le styliste Sadio Bee fait la mode et la fierté du continent.

L’aventure créative de Sadio Bee ne connait pas de frontières. Il tient à garder un lien fort avec son pays d’origine et à son échelle, et aspire à contribuer au développement du continent africain.

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samedi 13 septembre 2014

Le col Saint-Gothard relie le canton du Tessin au canton d’Uri

A Réveil FM International, le journalisme rime avec le reportage sur terrain. Palper d'autres réalités, découvrir les coins et recoins des endroits que nous nous ignorions pour les mettre à la disposition de nos lecteurs, internautes et auditeurs, tel est notre leitmotiv. La descente sur le versant sud du col du Gothard par la route pavée de la Tremola, qui plonge en lacets serrés vers Airolo, est vertigineuse et impressionnante. C'est le plus long monument routier de la Suisse.

Freddy Mulongo, col Saint-Gothard dans le Tessin. Photo Réveil FM International

Même les Romains évitaient l'imposant massif du Gothard. L'essor du col n'a commencé que vers 1200 avec l'ouverture d'un passage dans les gorges de Schöllenen entre Göschenen et Andermatt. Aujourd'hui, le Gothard est la plus importante liaison nord-sud.

Le célèbre tunnel ferroviaire du Gothard a été inauguré en 1882, et avec lui la ligne de la Compagnie de chemin de fer du Saint-Gothard. Le tunnel routier a été réalisé près de 100 ans plus tard. Pourtant, en traversant le tunnel, on manque l'essentiel: la sensation d'avoir vraiment franchi ce passage mythique. On devrait emprunter au moins une fois la route qui traverse les gorges de Schöllenen et la vallée aride d'Urseren pour arriver au col. Le trajet peut être effectué à pied, dans un car postal nostalgique ou une diligence à cinq chevaux, comme au 19e siècle, à l'époque de la célèbre diligence postale du Gothard.

La descente sur le versant sud du col du Gothard par la route pavée de la Tremola, qui plonge en lacets serrés vers Airolo, est vertigineuse et impressionnante. C'est le plus long monument routier de Suisse.

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ONU: La couche d'ozone en bonne voie de se rétablir !

Geir Braathen, scientifique spécialiste de la météorologique à l'Organisation Mondiale Métérologique à l'ONU-Genève. Photo Réveil FM International

Conférence de presse de Geir Braathen à l'ONU-Genève. Photo Réveil FM International

L'action internationale engagée contre les émissions de substances nocives a été prouvée efficace. La reconstitution de la couche d'ozone d'ici à quelques décennies est en bonne voie, grâce à l’action internationale engagée contre les substances appauvrissant l'ozone, selon un rapport de l'ONU publié mercredi. Mais certains substituts utilisés sont de puissants gaz à effet de serre. Selon l'évaluation réalisée par près de 300 scientifiques, la couche d'ozone, relativement stable depuis 2000, devrait revenir à son niveau de 1980 avant le milieu du siècle aux latitudes moyennes et dans l'Arctique.

Interdiction des substances nocives efficace

Dans l'Antarctique, le trou d'ozone continue de se former chaque année au printemps. Il est prévu qu'il continue d'en être ainsi pendant la majeure partie du siècle, étant donné que les substances appauvrissant l'ozone perdurent dans l'atmosphère, même si les émissions ont cessé. "Ce sont de bonnes nouvelles", a réagi Stefan Reimann, du Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche, l'un des principaux auteurs de l'étude. "Cela montre que l'interdiction de substances nocives pour la couche d'ozone est efficace", a-t-il déclaré. En 1987, à Montréal, les États alarmés par la destruction de la couche d’ozone par les molécules de chlore et de brome émises principalement par les systèmes de froid, décidaient de l’interdiction des chlorofluorocarbures (CFC).

"Ces efforts sont payants"

Équipant les réfrigérateurs depuis les années 1930, ces CFC ont été compliqués à éliminer totalement et il a fallu de nombreuses étapes pour en interdire la fabrication, puis l’utilisation, d’abord dans les pays développés puis dans les pays en voie de développement. "Ces efforts sont payants" affirme donc aujourd’hui la communauté scientifique qui mesure les teneurs en chlore dans la haute atmosphère et évalue tous les ans l’importance du trou de la couche d’ozone au-dessus des pôles.

"DÉCIDEURS". Leur rapport remis "aux décideurs" (c’est-à-dire aux dirigeants des 195 États membres de l’ONU), assure que "les actions menées dans le cadre du protocole de Montréal ont permis de diminuer l’abondance des substances qui appauvrissent l’ozone dans la stratosphère, rendant possible un retour de la couche d’ozone vers ses niveaux de référence de 1980".

L’élimination des CFC a eu un effet bénéfique dans la lutte contre le réchauffement climatique. En 2012, les niveaux de chlore et de brome ont baissé d’environ 10 à 15% par rapport au maximum atteint à la fin du siècle dernier. Ce résultat est dû à part égale à la diminution des émissions des CFC et de deux autres substances, le bromure de méthyle (un puissant insecticide) et le méthylchloroforme (un solvant industriel).

DIOXYDE DE CARBONE. Après avoir diminué de 2,5% par an en moyenne jusque dans les années 1990, l’épaisseur de la couche d’ozone s’est stabilisée depuis 2000 et une légère tendance à l’accroissement a été enregistrée ces quatre dernières années. Cette augmentation du contenu d’ozone stratosphérique est attribuée à part égale à l’interdiction des substances et à l’augmentation de la concentration du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère.

Car couche d’ozone et réchauffement climatique sont deux sujets différents qui ont cependant des liens communs en chimie atmosphérique. La hausse des concentrations en CO2, en oxyde nitreux (N2O) et en méthane (CH4) qui produisent le réchauffement climatique, a des effets contradictoires sur l’ozone. OPTIMISME. Plus de CO2 et de CH4 tend à augmenter les teneurs en ozone tandis que le N2O l’appauvrit. Par ailleurs, l’élimination des CFC, qui sont aussi des gaz à effet de serre, a eu des conséquences heureuses dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cette action a permis d’éliminer l’équivalent de 10 milliards de tonnes de CO2 par an. Et ce bien que les HFC, substituts des CFC, soient eux aussi des gaz à effet de serre. Les chercheurs se veulent donc optimistes.

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vendredi 12 septembre 2014

Contre l'Etat Islamique: François Hollande promet plus d'aide militaire à l'Irak

Le président français a rencontré son homologue irakien Fouad Massoum pour annoncer le soutien de la France dans la lutte contre les djihadistes.

Le président français est le premier politicien à faire une visite d'Etat en Irak depuis l'offensive de l'Etat Islamique le 9 juin 2014.

Le président français François Hollande a promis vendredi 12 septembre à Bagdad d'aider «encore davantage militairement» l'Irak, en plein efforts internationaux pour tenter de défaire les djihadistes de l’État islamique (EI) responsables d'atrocités dans ce pays et en Syrie.

Dans le même temps, le secrétaire d'Etat John Kerry poursuivait sa mission à Ankara après avoir obtenu de dix pays arabes leur engagement, y compris éventuellement militaire, à lutter contre ce groupe extrémiste sunnite, dans le cadre d'une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. Samedi, il sera au Caire.

Première visite de l'internationale

M. Hollande, qui a rencontré le président Fouad Massoum et le Premier ministre Haïdar al-Abadi, est le premier chef d'Etat étranger à se rendre à Bagdad depuis le début le 9 juin de l'offensive de l'EI qui a pris de larges pans de territoires en Irak après avoir fait de même en Syrie voisine depuis 2013.

«Je suis venu ici à Bagdad pour dire la disponibilité de la France pour aider encore davantage militairement l'Irak», a dit M. Hollande, après avoir exprimé le «soutien» de la France au gouvernement irakien qui «a pu rassembler l'ensemble des composantes du peuple irakien».

Alors que M. Abadi a insisté sur l'importance du soutien aérien pour l'aider face aux djihadistes , le président français a dit avoir «entendu (sa) demande» et travailler «avec nos alliés sur un certain nombre d'hypothèses».

Le «menace globale» de l'EI

La France fournit depuis août des armes aux forces kurdes qui luttent contre l'EI dans le nord de l'Irak. Elle s'était dite prête à utiliser ses bombardiers en Irak «si nécessaire» dans le cadre de la stratégie définie mercredi par le président américain Barack Obama pour «détruire» ce groupe.

La «menace globale (représentée par l'EI) appelle une réponse globale», a souligné M. Hollande, en précisant que la conférence internationale sur l'Irak prévue lundi à Paris avait pour objectif de coordonner les «actions» «contre ce groupe terroriste».

Selon l'agence américaine du renseignement (CIA), l'EI compte «entre 20'000 et 31'500» combattants en Syrie et en Irak, dont une partie sont recrutés à l'étranger.

M. Hollande devait ensuite se rendre à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan (nord), pour livrer de l'aide humanitaire et visiter un camp de déplacés.

La France revient sur le devant de la scène

Des centaines de milliers d'Irakiens, en grande majorité des minorités chrétienne et yazidie, avaient pris la fuite devant la progression des djihadistes accusés de crimes contre l'Humanité par l'ONU.

Onze ans après avoir refusé de suivre Washington et Londres dans l'invasion de l'Irak, la France tente de revenir sur le devant de la scène dans ce pays avec lequel elle a entretenu des liens historiques forts mais ambigus sous le régime de Saddam Hussein renversé en 2003.

Dans le cadre de sa stratégie, M. Obama a précisé mercredi qu'il étendrait la campagne aérienne contre l'EI en Irak qui s'est avérée déterminante dans la reprise par l'armée de positions djihadistes , et qu'il était prêt à lancer des frappes en Syrie.

Il a aussi annoncé son intention de renforcer l'armée irakienne et d'accroître l'aide militaire aux rebelles syriens qui combattent tant le régime de Bachar al-Assad que l'EI.

Un tournant pour Barack Obama

Les Etats-Unis entendent également renforcer leurs bases dans le Golfe et accroître «les vols de surveillance», selon un responsable. Le Pentagone va commencer à baser une partie de ses avions à Erbil.

Au total, 1600 militaires américains seront déployés en Irak pour apporter un appui aux forces irakiennes en termes d'équipements, de formation et de renseignements. L'objectif est «d'affaiblir, et, à terme, détruire l'EI», a dit le président américain.

L'engagement militaire américain contre l'EI est un tournant pour M. Obama, élu sur sa volonté de tourner la page d'une décennie de guerres en Irak et en Afghanistan. Mais il a été acculé à agir face aux atrocités commises par l'EI qui a décapité deux journalistes américains enlevés en Syrie, outre ses multiples exactions dans les régions sous son contrôle -exécutions, viols, persécutions.

La Turquie refuse de participer

En Europe, l'Allemagne a annoncé l'interdiction des activités de soutien ou de promotion de l'EI sur son territoire, après avoir exclu de participer à des frappes en Syrie, alors que le Premier ministre britannique David Cameron a dit ne «rien» exclure.

La Turquie a, elle, refusé de participer aux opérations armées, se concentrant sur l'humanitaire.

En Syrie, le régime, appuyé par la Russie, a mis en garde contre le lancement de frappes sur son territoire sans son accord, estimant qu'il aurait dû être associé aux efforts internationaux contre l'EI.

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A toute vapeur sur le chemin de fer de la Furka !

Un machiniste bénévole de l'Association Ligne sommitale de la Furka.

Un chef de gare bénévole de l'Association Ligne sommitale de la Furka.

La ligne de la Furka a failli être démolie. En effet, avec la construction du tunnel de base de la Furka en 1982, elle n'avait plus d'utilité. C'est grâce à une initiative privée qu'elle a pu être conservée. Elle est considérée comme la plus belle ligne ferroviaire de Suisse. Construite en 1925, la ligne sommitale de la Furka longe l'impressionnant glacier du Rhône. De juin à octobre, d'anciennes locomotives à vapeur tirant des wagons originaux partent de Realp, dans le canton d'Uri. Elles empruntent des tronçons à crémaillère, traversent de longs tunnels et des ponts amovibles pour atteindre la gare de Furka, située à 2160 mètres d'altitude. Le train redescend ensuite du côté valaisan en longeant le glacier du Rhône, qui a donné le nom de Glacier Express à la ligne ferroviaire d'origine.

L'entretien et l'exploitation du train a vapeur sont assurés par une association de soutien dont les quelque 7000 membres travaillent à titre bénévole.

De vrais amateurs de trains à vapeur rénovent du vieux matériel ferroviaire pour rétablir une liaison en direction du col de la Furka. Cet ancien parcours avait été abandonné lors de l'ouverture du tunnel de base entre Oberwald dans le canton du Valais et Réalp dans le canton d'Uri. Du charbon, de l'eau et de la fumée, voilà de retour à l'âge d'or du chemin de fer avec la vitesse et le confort (ou l'inconfort!) d'autrefois.

La compagnie du chemin de fer Brigue-Furka-Oberalp jusqu'à Disentis (BFD) dans les Grisons fut fondée en 1910. Les travaux débutèrent en 1911 et le tronçon Brigue-Gletsch fut ouvert en 1915. Mais faute d'argent, les travaux furent arrêtés en 1916 et la société mise en faillite en 1923. Une nouvelle compagnie (FO) fut créée à Brigue et en 1925, elle rachètera les infrastructures et le matériel roulant. Dès 1926 des trains vapeurs Brigue – Disentis purent circuler. En 1930, la nouvelle ligne entre Brigue et Viège a permis de lancer le Glacier Express. L'électrification date de 1939-1942. De 1973 à 1982, la compagnie construisit le tunnel de base de 15,4 km au départ d'Oberwald, ce qui permit l'exploitation de la ligne en toute l'année. L'ancien tracé d'altitude, désaffecté, fut repris en 1987 par une société la DFB (Dampfbahn Furka-Berstrecke).

Freddy Mulongo dans le train à vapeur de la Furka.

Le col de la Furka, situé à côté du glacier du Rhône où ce dernier prend sa source, établit la liaison entre le Haut-Valais et le canton d’Uri, plus précisément Andermatt. Ce col est parcouru par une ligne de chemin de fer à voie étroite et à crémaillère. En 1982, après bien des difficultés techniques et politiques, un tunnel ferroviaire "de base" long de 17 km est mis en exploitation, permettant de relier le Valais à Uri et aux Grisons pendant toute l’année - ce qui n'avait été possible, durant presque 56 ans, que pendant la saison estivale, vu les conditions climatiques. La ligne sommitale, qui franchit le col par un tunnel "de faîte" à 2165m, est en effet recouverte jusqu’à 10 mètres de neige en hiver. Avec la création du tunnel de base, l’ancienne ligne du col a été abandonnée. Dès ce moment un groupe de passionnés décidèrent de réhabiliter ce parcours pour l’exploiter comme chemin de fer touristique. En 1992, un premier tronçon est ouvert et, en 2000, un train à vapeur franchit à nouveau le col depuis Realp et redescend jusqu’à Gletsch. En été 2010 enfin, après quatre années de travaux, la dernière section est réouverte : ainsi les 18 km de la ligne sont à nouveau exploités.

L'ALSF (Association Ligne sommitale de la Furka) a pour but de maintenir cette ligne en exploitation. Chaque année des centaines de bénévoles donnent de leur temps, non seulement pour l’entretien de la ligne, des installations et de tout le matériel roulant, mais également pour son exploitation. L'ALSF est subdivisée en sections. La section Romandie est l'une d'entre elles.

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