Élisabeth II, reine d'Angleterre : 60 ans de règne !
Par Freddy Mulongo, samedi 4 février 2012 à 14:24 :: radio :: #2158 :: rss

Elisabeth II, une reine à la longévité extraordinaire et qui compte pour ses sujets. Son jubilé sera célébré pendant cinq mois.
Lundi 6 février, cela fera exactement soixante ans qu'Élisabeth II est reine d'Angleterre. Un règne exceptionnellement long. Le jubilé sera célébré pendant cinq mois, jusqu'en juin. Mais, c'est promis, en temps de crise, la facture restera raisonnable.
Jamais elle n'aurait dû être reine. Et puis son oncle Édouard VIII a préféré l'amour au trône… Ainsi, c'est son père, Georges VI, qui est devenu roi. Voilà comment, à sa mort, Élisabeth Windsor est devenue le 6 février 1952 reine d'Angleterre à 26 ans. Son couronnement s'est déroulé un an plus tard, le 2 juin 1953, à l'abbaye de Westminster. Depuis soixante ans donc, elle s'acquitte de ce rôle extraordinaire avec sérieux et application, avec dévouement mais pas forcément avec enthousiasme. En tout cas, ses sujets l'adorent et adorent la monarchie.
Cette année, le Royaume Uni va donc lui rendre hommage. Lundi 6 février, ce sera un jour comme les autres, mais dans le courant de la semaine, la reine commencera une semaine de représentation notamment dans la bourgade médiévale de King's Lynn, puis dans une maternelle du comté de Norfolk. Le programme des réjouissances se poursuivra, mais le Premier ministre David Cameron l'a assuré, le marathon de la reine coûtera 9 000 fois moins cher que les Jeux Olympiques.
Cérémonies, expositions, cavalcades sont au menu. Le 20 mars, la reine prononcera un discours solennel au Parlement. Et à la mi-mai un spectacle équestre se déroulera au château de Windsor : Élisabeth a toujours adoré les chevaux. La reconstitution historique mettra en scène quelque 500 chevaux - marwaris de Jaipur, pur-sang d'Oman, mustangs américains et 900 figurants, dont des maoris, inuits, guerriers zoulous et autres cavaliers cosaques.
Nous sommes en Angleterre dont on connaît le climat si pittoresque, aussi, les principales festivités ont été repoussées au week-end à rallonge des 2-5 juin, décrété férié. Et l'on prie pour que le soleil soit au rendez-vous. Après le mythique derby d'Epsom, « Big lunch » le dimanche rassemblant des millions de sujets dans les parcs, pubs et rues du royaume, et remontée de la Tamise par un millier d'embarcations : bateaux-mouches, chaloupes, cotres, navires à aubes, rames ou vapeur, dans le sillage de la barge royale, offrant un spectacle inédit depuis Charles II, contemporain du roi soleil. Lundi, 2 012 fanaux seront allumés à travers le monde.
Mardi 7 février, une messe d'action de grâces en la cathédrale Saint-Paul, parcours en carrosse et apparition de la reine au balcon de Buckingham boucleront la fête. Quelques semaines après, commenceront les JO. 9 000 fois plus chers ? Oh my God !
La reine aux 130 millions de sujets
Savez-vous qui est la reine des Tuvalu ? Et celle d'Antigua et Barbuda ? Et qui est chef suprême des Îles Fidji ? N'allez pas imaginer une créature exotique et vêtue d'un simple collier de fleurs : la souveraine de ces jolies contrées, c'est Élisabeth II d'Angleterre, reine de seize États indépendants dont le Royaume Uni, le Canada, l'Australie ou la Nouvelle Zélande, et chef du Commonwealth.
Élisabeth est devenue reine le 6 février 1952, à la mort du roi George VI. Elle est donc en quatrième position pour la longévité de son règne, juste derrière Louis XIV (72 ans), François-Joseph 1er d'Autriche (68 ans), et l'incontournable Victoria, son aïeule (64 ans). Elle fut couronnée un an plus tard, le 2 juin 1953.
Du reste, le collier de fleurs, ce n'est pas trop le style d'Élisabeth Alexandra Mary Windsor. Née dans le sérail d'une des plus vieilles monarchies du monde, dans un univers parfaitement ordonnancé et balisé, « Queen Elizabeth » (avec un z en anglais), assume parfaitement son « conformisme ». Elle vit en dehors du monde, selon des règles qui se sont élaborées, complexifiées, emberlificotées au fil du temps. On appelle cela l'étiquette, et si Michelle Obama prend la liberté de passer le bras sur la royale épaule, la presse people a ses vapeurs, les vieilles ladies s'étranglent. « Shocking ! »
Sa vie est rythmée par des entrevues, des inaugurations, des visites. Tous ses faits et gestes sont codifiés par un rituel empesé. Son entourage ressemble à celui d'une souveraine du XIXe siècle : des dames de compagnie issues de l'aristocratie. Une armée de valets obséquieux. Un petit peuple de cousettes et de femmes de ménages. Rien que des hommes aux postes clés. Et qui ne reflètent pas vraiment le métissage ethnique et culturel de feu l'Empire…
La vie politique ? Elle reçoit une fois par semaine le Premier ministre. Elle en a vu défiler douze, sous les ors de son bureau de Buckingham Palace. Cela a commencé avec Winston Churchill, qu'elle avait pris en affection, surtout après la mort de son père. Elle s'entendait fort bien avec le travailliste Harold Wilson. En revanche, ses rapports avec Margaret Thatcher, la « Dame de Fer », n'ont pas été toujours nickel. Madame le Premier ministre prenait un malin plaisir à faire comprendre à sa majesté que c'était elle, la patronne !


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