1. Introduction

Il nous a été demandé de choisir dans le cadre du séminaire du Système alternatif de communication un média alternatif que nous allons analysé. Nous avons à cet effet choisi la Radio associative et communautaire « Réveil FM », émettant sur le 105.4 FM. Pour bien étoffer notre travail, nous avons jugé bon de procéder par une analyse autour des concepts « médias alternatifs » et ce, en les définissant, en donnant une petite historique et la théorie y afférent, ce qui va nous permettre de cadrer l’analyse et conclure en fin de compte.

2. Approche historique et définitionnelle

Historiquement, les média alternatifs ont accompagné l'évolution des techniques de communication et vers la fin du XIXe siècle, les mauvaises conditions de travail et la médiocrité des conditions sociales favorisent l'expansion d'une presse ouvrière, qui remet en question la presse politique dominante de l'époque et critique les inégalités sociales, préconisant selon les tendances des réformes progressives ou des solutions radicales, révolutionnaires.

Les penseurs révolutionnaires de l'époque contribuèrent également à des revues alternatives et même clandestines : Karl Marx, après avoir contribué à un journal d'opposition, travaille à la rédaction d'un journal publié en France : les annales franco allemandes. Lénine termine son traité politique « que faire ? » ; par un appel non pas à organiser un parti mais un journal.

Comme Lénine le reconnaît, les journaux non seulement sont utiles pour répandre les idées mais aussi pour créer une conscience politique de classe et pour coordonner les actions.

Des régimes, jusque là despotiques et autocratiques ont cédé le pas à des systèmes politiques humains. Des institutions démocratiques, offrant des garanties suffisantes à l’exercice des libertés individuelles et collectives, ont vu le jour. Au nombre de celles – ci, la liberté d’expression (….) sous l’effet de la libération des ondes, des radios privées, de nature commerciale, associative ou communautaires, ont émergé de toutes parts, lacérant ainsi le monopole détenu par les radios publiques. Avec l’ère démocratique des médias indépendants ont vu le jour ; mais ne sont malheureusement pas libres car de plus en plus on remarque un certain contrôle économique de ces derniers ce qui du coup met en danger la liberté d’expression.

Ces médias sont la plupart des cas au service de quelques groupes financiers qui imposent de manière plus ou moins directe leurs mots d’ordre. Quoique fort appréciée par les opinions publiques, cette arrivée massive de nouveaux médias présente des couacs dus à l’inexpérience, à l’improvisation et au manque de formation. La fin du XX ème siècle aura été marquée en Afrique, et singulièrement en Afrique de l’Ouest, par des mutations profondes sur le plan politique et médiatique

Selon le Forum Social mondial polycentrique de Bamako 2006 , les médias alternatifs jouent un rôle décisif dans la réussite des mouvements citoyens ; parce que depuis fort longtemps les médias traditionnels ont été les instruments de résonance du pouvoir en place. Ils consacrent le quasi totalité de leur temps à l’information gouvernementale (les déplacements des ministres et autres activités gouvernementales). Un rôle notable bien sûr mais qui paraît routinière à la longue.

Les médias alternatifs qui sont des organes de communication travaillant dans un environnement économique et politique difficile oeuvrent pour la restauration et le maintien des acquis démocratiques arrachés de hautes luttes. Les journalistes et les responsables de ces médias font l’objet de menaces de toutes sortes par les autorités : intimidation, emprisonnement, souvent fermeture de l’organe.

Partout où ils sont implantés les médias alternatifs on eu un impact sur les médias traditionnels au point de devenir une source d’information à part entière en produisant des informations que les médias traditionnels ne produisent pas.

La particularité de ces médias alternatifs ce qu’ils font surtout un journalisme public qui traite des préoccupations locales. Aujourd’hui, les médias alternatifs sont devenus des organes de production de l’information plurielle qui permette encore d’ouvrir les esprits et d’alimenter les débats.

Il est un postulat qui dit : « pour être citoyen responsable, il faut pouvoir juger librement et faire ses choix en connaissance de cause ». Suivant ce point de vue, on a assisté à travers le monde à une floraison des médias dits alternatifs.

Ces médias alternatifs qu’ils s’agissent du journal, de la radio, de la télévision, du site Web, etc. ont un point commun, qui est la défense de la démocratie et l’écoute du citoyen.

Ils donnent la parole aux acteurs du changement qui sont dans la société civile, les syndicats, la classe ouvrière, les paysans, et autres. Partout dans le monde, ces médias jouent un rôle important dans la conscientisation des populations. Ils sont au centre de la réussite des mouvements sociaux.

3. Approche théorique

Les média alternatifs se présentent comme des médias différents de grands groupes de presse de communication de masse. Ils prétendent offrir des informations plus indépendantes, souvent désintéressées financièrement et qui iraient à contre-courant des tendances dominantes et des idées reçues. Ils véhiculent des idées et informations habituellement peu diffusées dans les grands médias commerciaux. Toutefois, ces médias alternatifs remplissent les trois fonctions comme les médias traditionnels qui sont :

- surveiller l’environnement ;

- mettre en relation les parties de la société en répondant à cet environnement et

- transmettre l’héritage social collectif d’une génération à l’autre .

Notons que les médias dits dominants revêtent un double titre et ce, par la place qu’ils occupent et par la fonction qu’ils remplissent. Ils ont pour mission, pour ainsi dire, d’entretenir le conformisme (en dépit des formes convenus de l’irrévérence) et l’uniformité (en dépit de la prolifération des titres, des chaînes et des stations) .

Suivant la typologie acceptée jusque là, les médias alternatifs sont de deux ordres ; verticaux et horizontaux. Selon qu’ils sont verticaux, ces médias sont conçus pour des groupes spéciaux ou d’autres groupes ayant des besoins spécifiques. Et, leur mode de production repose fondamentalement sur le style des idées préconçues. Alors que les horizontaux font participés à partir de la conception et de la réalisation des programmes les usagers de ces mêmes médias.

Aussi, les objectifs poursuivis dans les deux cas sont pratiquement opposés.

Dans l’approche communicationnelle alternative verticale, le concept de communication est défini comme un simple transfert d’information qui doit persuader la masse (communication persuasive). Tandis que dans l’approche communicationnelle horizontale, le concept est défini comme un système constructif (modèle systémique et constructiviste).

3. Présentation de la Radio Réveil FM

3.1. Situation Après avoir été sur le boulevard du 30 juin à côté de Rwabank. La Radio Réveil FM est située au croisement des avenues du Commerce et Luambo Makiadi, au 1er Etage de l’Immeuble 3Z dans la Commune de la Gombe, la Radio « Réveil FM » émet sur le 105.4 Mhz. Son équipe dirigeante est composée de MM. Freddy Mulongo Mukena comme Président Directeur Général, Ricky Mapama K., Directeur des Programmes, Kalonji Kamulele, Directeur Administratif et Financier, Jean Paul Ilopi Bokanga, Directeur d’Antenne. Et cette équipe est secondée par un noyau d’animateurs et animatrices ainsi que des reporters et techniciens.

3.2. Cadre d’analyse

Comme on ne peut pas envisager la communication comme une organisation structurée et systématique sans avoir au préalable une certaine idée de l’organisation sociétale elle – même où toute analyse ou étude de la communauté débute par une inévitable contextuelle et ; partant de l’idée selon laquelle un média est au service de la population en lui rendant compte de son environnement, en mettant en relation les parties de la société, en répondant à cet environnement et en transmettant l’héritage social collectif d’une génération à l’autre, la Radio Réveil FM s’est fixé comme objet d’assurer une mission socio – économique et culturelle d’intérêt général et promouvoir toutes formes de communications notamment en favorisant la création d’ateliers audiovisuels, en promouvant les activités des différents partenaires de la vie sociale, culturelle, économique et sportives, en assurant la formation technique et professionnelle et en créant, si possibles des radios et télévisions.

Ses ressources proviennent, selon l’esprit de ses statuts, de cotisation de ses membres actifs, passifs, de bienfaiteurs, des dons des particuliers, des entreprises, des subventions versées par l’Etat, de produits des fêtes, activités et manifestations organisées par la radio ou de toute autre ressource qui ne serait pas interdite par la législation en vigueur ou contraire à l’objectif statutaire de Réveil FM .

Au regard de cette donne la Radio Réveil FM se range sur la ligne des médias alternatifs verticaux, c’est-à-dire ceux qui sont conçus pour des groupes (les populations de la ville de Kinshasa et de ses périphéries) ayant des besoins spécifiques et conçoivent pour eux des programmes susceptibles de répondre à leurs besoins. p> Toutefois, la Radio Réveil FM en tant que média alternatif qui se veut un outil de proximité fonde également sa politique communicationnelle sur les idées et perceptions des auditeurs. C’est ainsi qu’elle a été la première, si pas la seule, à mettre en place un club des auditeurs lesquels se réunissaient pour chaque fois critiquer l’évolution de la Radio. Facilement les auditeurs participaient à la conception et à la réalisation des émissions éducatives et autres. Sauf que cette initiative ayant sombrée faute d’encadrement. Mais vue sous cet angle, la Radio Réveil FM s’essayait également d’évoluer comme un média avec des programmes alternatifs horizontaux.

L’initiative de la Radio Réveil FM, cette Radio qui se voulait, par la conception de ses fondateurs, une radio communautaire calquée sur le modèle français basé sur l’organisation systémique et constructif. Qu’est-ce à dire ? Réveil FM voulait que la population kinoise participe au développement de sa ville en sonnant chaque fois la trompette de manière à sensibiliser l’opinion au moyen d’un langage compréhensible étant donné qu’elle est soi-même cette population, cette société, en dénonçant tous les maux et en apportant des remèdes appropriés.

Fort de cette donne, la Radio Réveil FM a eu à organiser au mois de mars 2001 une activité qui a réuni les « radioteurs » africains et d’outre-mer à Kinshasa. Celles

– ci ont voulu réfléchir à haut voix sur le fonctionnement, l’organisation et la vision d’une radio communautaire ou associative en donnant des exemples palpables et échangeant des expériences entre elles.

C’est ainsi à l’issue de trois jours de travaux, ces professionnels de la radio ont pondu une organisation et ont formulé des recommandations (une charte) auprès des gouvernements africains dans le but de faciliter l’exercice de leur métier. Festival Fréquences Libres, tel était le nom donné à ce forum qui a réuni les radios de la sous région d’Afrique centrale.

4. Conclusion Nous inspirant de la Charte des radios associatives et communautaires de la Sous région d’Afrique centrale, nous disons que la radio associative ou communautaire est l’émanation de la population locale qui l’a donné naissance. Elle doit être libre et indépendante vis à vis des pouvoirs politiques, des puissances financières et autres. Elle doit être pluraliste et plurielle. Elle respectent les convictions religieuse et philosophique de chacun quelle que soit son origine sociale, ethnique, régionale ou nationale. A cet effet, elle prône la paix, quelle que soit la situation de conflits ouverts ou latents.

communication sociale et de l’éducation populaire ses priorités. Et en tout et pour tout, une radio alternative respecte la déontologie journalistique et en assure tant soit peu la formation de ses personnels pour qu’ils puissent accomplir correctement les missions de la radio. C’est ici le lieu de citer un certain Claude – Jean Bertrand qui a proposé un code synthétique dans le cadre de la déontologie journalistique .

Selon lui, une déontologie, bien comprise, est un levier de liberté et une arme de défense pour un métier plus ouvert que jamais aux initiés comme aux non-initiés, aux professionnels de l’information comme au public qui, étant un prétendant de droit à cette information, est de plus en plus exigeant et averti à l’endroit du monde des journalistes et des médias.

C’est ainsi qu’il soutient qu’un vrai journaliste devrait être soumis au respect des valeurs fondamentales (respecter la vie et promouvoir la solidarité entre les humains), des prohibitions fondamentales (ne pas mentir, ne pas s’approprier le bien d’autrui, ne pas faire souffrir inutilement) et des principes journalistiques (être compétent, être indépendant, vis-à-vis des forces économiques, politiques et intellectuelles, ne rien faire qui diminue la confiance du public envers les médias, avoir une définition large et profonde de l’information, fournir un rapport exact, complet et compréhensible sur l’activité, servir tous les groupes, défendre et promouvoir les droits de l’homme et la démocratie, travailler à l’amélioration de la société environnante).

Et la Radio alternative, à l’occurrence la Radio « Réveil FM » doit à tout prix s’efforcer à avoir la confiance totale de la population pour laquelle elle défende les intérêts pour que celle – ci arrive à la prendre en charge. Pour avoir choisi d’être les yeux et les oreilles de la communauté kinoise et ses environs, cette radio a tout intérêt de maximiser la surveillance de l’environnement de cette société, de resserrer les liens entre les parties de cette même société en permettant des réponses propices par rapport à son environnement et en fin transmettre l’héritage social collectif pendant toute la durée de sa vie.

C’est ainsi qu’elle s’identifiera comme, elle aspire, un instrument de participation de la population au développement de la vie locale qui respecte les auditeurs, les différences dans les opinions. Elle informe, distrait, aide ses auditeurs et fait la promotion de la paix, la compréhension entre communautés et combat avec force le tribalisme, le racisme, l’incitation à la violence, à la guerre et autres maux.