Les limites de la planète nous imposent de réduire par deux notre prédation sur les ressources.

Saisissons la chance de ne pas subir le dérèglement climatique ni les mutations de la société et de l’industrie, mais d’en tirer le meilleur parti, d’en faire une formidable opportunité pour construire une société innovante économiquement et juste socialement.

Notre projet rompt avec cette vision qui gaspille l’argent public, détruit l’emploi, abîme notre santé et dégrade l’environnement.

Je veux proposer aux Françaises et aux Français un nouveau dessein pour notre économie :

une économie tournée vers la durabilité, l’innovation et le numérique, faisant de l’environnement et de la protection sociale les clés du succès.

Nous mobiliserons nos immenses talents, notre recherche, nos savoir-faire, pour relancer l’économie autour de ce grand projet, partagé car bénéfique à tous, qui servira d’exemple dans le reste du monde.

L’innovation sera au cœur de la transition écologique.

Elle est technologique lorsqu’elle améliore sans cesse l’efficacité des renouvelables. Elle est technique lorsqu’elle réinvente l’agriculture, en écoutant les rythmes de la terre pour développer une abondance durable et saine.

Elle est sociale lorsqu’elle permet à des salariés de redonner à leur entreprise un projet commun.

Une loi-cadre en début de quinquennat fixera une feuille de route en ce sens aux grandes entreprises de services public, ouvrira leur gouvernance aux citoyens…

La Poste, EDF, SNCF… pourront être autant moteurs de la transition écologique en faisant par exemple d'EDF le premier acteur de l'investissement dans les énergies renouvelables, en développant le fret, et en augmentant les investissements dans les transports en commun.

La France ne doit plus être le musée des projets industriels dépassés : nucléaire, diesel, grands projets d’infrastructures, agriculture intensive, incinération…

Et oui, j’assume, parce que c’est le rôle du président d’une grande République écologique, qu’à l'horizon d'une génération, soit 25 ans, je fermerai les réacteurs en fin de vie.

J’assume que plus un seul véhicule neuf diesel ne sera mis en circulation d'ici 2025.

J’assume que la santé de mes compatriotes, la lutte déterminée contre le fléau des perturbateurs endocriniens, passera toujours avant les intérêts des grands lobbys.

C’est cela ma vision de la République.

Chers amis,

J’ai exposé ici ma vision et ce qui la fonde. Le compromis historique qui fondait la gauche, le rapport entre le travail et le capital, est bouleversé.

Le dialogue social est, disons-le, dans un état désespérant pour quiconque, comme moi, est attaché à la démocratie sociale.

La destruction de l’environnement est devenue une destruction de l’homme par lui-même. Alors je veux nommer mon projet : c’est une nouvelle démocratie sociale et écologique. C’est un futur désirable, comme le Conseil national de la Résistance s’était donné pour programme « les Jours heureux ».

j’ai rappelé aujourd’hui que nous avons un cap, dont rien ni personne ne nous détournera : une République bienveillante, la première République sociale-écologique, puissante, dont le message sera à nouveau entendu, parce que comme disait François Mitterrand, “quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde”.

Je n’ignore rien des obstacles qui nous attendent mais vous n’ignorez rien de ma détermination.

Vous savez d’où je viens, des terres de granit de cette Bretagne que l’extrême-droite n’a jamais pu conquérir, de Brest cette ville de métal et de feu, de ce bout de terre qu’est le Finistère, à la fois fin et commencement, ouvert sur l’immensité du monde.

Au fil des ans, je l’ai dit, ma vision du monde a changé. Pas les valeurs que m’ont données les miens. Pas les principes acquis auprès de ceux qui furent les maîtres de mon école politique :

Michel Rocard, Lionel Jospin, Martine Aubry, Henri Emmanuelli, des femmes et hommes qui vous apprennent qu’il faut tenir même face à l’air du temps, surtout face à l’air du temps, qu’il faut toujours se battre pour ses idées, et qu’il ne faut jamais oublier pour qui l’on se bat.

J’ai, pour vous faire une ultime confidence, plus le goût de l’histoire de France que de la grammaire des affaires.

Et je sais que cette Histoire est faite de ces batailles remportées quand tous les disaient perdues.

Imaginez, si un bel esprit était allé voir les révolutionnaires de l’an II, qui à Valmy faisaient trembler le sol aux cris de “vive la Nation” contre toutes les monarchies d’Europe en leur disant “faites un peu moins de bruit, les sondages donnent le Duc de Brunswick gagnant”...

Alors nous allons faire du bruit dans cette élection, le bruit de la multitude qui veut être entendue, le bruit immense de l’espérance qui vient. J’aime cette belle phrase de Simone de Beauvoir:

“La fatalité triomphe dès que l’on croit en elle.” Parce que nous sommes la gauche, nous ne croyons pas en la fatalité d’un monde condamné à l’injustice sociale avant sa destruction environnementale.

Nous ne croyons pas en la fatalité d’une élection par défaut, par dépit, par déprime.

Que nous disent les Français : nous sommes las de voter “contre”, nous voulons pouvoir, à nouveau, voter “pour”.

Voilà ce que je veux être, voilà ce que je suis, candidat “pour”...

POUR plus de justice,

POUR plus d’écologie,

POUR plus de fraternité,

POUR un futur désirable,

POUR une nouvelle espérance,

Nous croyons en cette espérance lucide, conquise, hors de toute naïveté dont parlait Cé- saire.

C’est vous mes amis, qui portez cette espérance entre vos mains :

Assumez l’acte, révolutionnaire dans cette élection, de parler à l’intelligence et au coeur des Français, Allez voir les Français, ceux qui sont en colère, déçus, perdus,

Allez dans les cages d’escaliers comme sur la place du village,

Allez au-delà des appareils, des prédictions, des sondages,

Allez convaincre ceux que plus rien ne convainc,

Allez parler à ceux à qui plus personne ne parle,

Allez chercher les femmes et les hommes dont nous avons besoin mais qui ont surtout tellement besoin de nous, Allez, dans ce moment historique, réconcilier les Français non seulement avec la gauche mais avec la République !

Et le 23 avril et le 7 mai au soir, quand nous aurons battu la droite et l’extrême-droite par la force de nos convictions, nous aurons fait battre le coeur de la France, vous serez fier d’avoir mené cette grande bataille !

Vive la gauche, vive le grand peuple de France, Vive la République et vive la France !