Octobre 2015, Delphin Kahimbi en tenue burundaise à Bujumbura

Voici comment Human Right Watch décrit Delphin Kahimbi !

Le Général Delphin Kahimbi est impliqué dans de graves violations des droits humains en RD Congo, telles que des arrestations arbitraires, des tortures et des mauvais traitements infligés à des détenus, en particulier de l’ethnie tutsie.

Kahimbi est supposé avoir arrêté arbitrairement et détenu des personnes dans sa résidence privée de Goma en 2006, alors qu'il était commandant adjoint de la 8ème Région militaire. Un homme arrêté à Goma en décembre 2006 a affirmé qu’il avait été battu avec une ceinture et torturé avec des chocs électriques, y compris par Kahimbi en personne.

En 2008, en tant que commandant en second de l’armée congolaise dans le Nord-Kivu et à la tête du commandement opérationnel des zones de Kiwanja and Rutshuru, pendant les opérations contre le groupe rebelle Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), Kahimbi a fait preuve d’une hostilité considérable à l’égard des troupes de maintien de la paix de l’ONU. Il a sciemment exposé les Casques bleus et les civils rassemblés près de leurs camps au risque d’être piégés dans des tirs croisés. Entre autres actions entravant la coopération avec les Casques bleus, Kahimbi semble avoir joué un rôle dans l’incitation de manifestations anti-Casques bleus. Celles-ci ont entraîné des restrictions des patrouilles de l’ONU, ce qui fait que les Casques bleus étaient souvent absents lorsque des habitants étaient attaqués.

En 2014, dans ses fonctions de coordinateur du processus de pré-désarmement, démobilisation et réintégration des ex-combattants, Kahimbi, aux côtés d’autres officiers, a failli à son devoir de fournir soins et nourriture correcte aux combattants démobilisés, à leurs femmes et à leurs enfants dans un camp militaire congolais isolé. Au moins une centaine de personnes y sont mortes de faim et de maladie.

Plus récemment, en tant que chef des renseignements militaires, Kahimbi a été impliqué dans des arrestations arbitraires, des détentions et des mauvais traitements à Kinshasa, entre autres dans le contexte de la répression des partis d’opposition. Ainsi Norbert Luyeye, président du parti d’opposition Union des Républicains (UR), a été arrêté chez lui, avec six autres personnes, le 7 août 2016. Le 4 août, au siège de son parti, Luyeye avait déclaré qu’il se produirait un vide juridique si la Commission électorale nationale indépendante (CENI) échouait à convoquer des élections en septembre. Il avait appelé à se rassembler le 4 septembre, dans le quartier Ndjili de Kinshasa, pour préparer les manifestations du 19 septembre. Toutes ces personnes sont détenues par les services militaires de renseignements, sans avoir été légalement inculpées ni autorisées à voir leur famille ou un avocat.

Cubain Tshimbalanga, un membre du parti d’opposition Solidarité congolaise pour la démocratie (SCODE), a été arrêté à Kinshasa le 26 septembre. Détenu au quartier général des renseignements militaires de Kinshasa, il a été passé à tabac avant d’être libéré début octobre. Pendant sa détention, il n’a été ni inculpé, ni autorisé à rencontrer ses proches ou ses avocats. Martin Fayulu, leader d’opposition et président du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDE), a également été détenu pendant plusieurs heures au Q.G. des renseignements militaires de Kinshasa le 14 février 2016, et un certain nombre de ses biens ont été saisis.

L’Union européenne a imposé des sanctions contre Kahimbi le 12 décembre.