10. Réveil FM International: Y a-t- il une espérance pour le peuple congolais avec des massacres, viols, vols, pillages, qui n'en finissent pas. Qu'a-fait le peuple congolais pour subir autant des sorts ? Et pourtant dans chaque rue de Kinshasa, il y a trois à cinq églisettes où l'on prie ?  Armand Mavinga: Il y a une espérance pour le Peuple Congolais, sinon nous ne serons pas là debout pour relever les différents défis. Le développement se fait aussi en répondant aux différents défis humains et naturels. La situation est très grave. Un des engagements de la transition exceptionnelle vise à ce que notre pays développe une tradition élevée des droits de l’homme et de la liberté de la presse.

Nous devons bâtir un véritable Etat de droit qui doit sortir définitivement des barbaries que vous évoquez : massacres, viols, pillages et toutes autres formes d’atteinte aux droits de l’homme. La démocratie du Muntu est fondamentalement la démocratie de la sacralité de la vie humaine, car le Muntu est foncièrement un croyant qui croie en Dieu en tant que garant et distributeur de la justice. Le Peuple Congolais ne mérite pas tous ses mauvais sorts, d’où il doit se mettre totalement debout pour changer son destin. Personne ne le fera à sa place. Dieu nous des énergies afin que nous puissions les utiliser pour se libérer de la tyrannie. Dieu nous donne des armes pour combattre les forces des ténèbres et non pour nous compromettre avec elles.

Dieu nous donne des armes spirituelles pour que nous les utilisions et Dieu ne les utilisera pas à notre place. La transition exceptionnelle est aussi un engagement pour une vraie cohésion nationale dans le cadre d’un vrai Pacte Social National (PSN). L’Etat devra veiller à ce que les religions et les églises y afférentes ne soient pas au cœur de la démobilisation sociale et du désordre social.

Un travail d’harmonisation sera fait dans ce sens. L’Etat veillera à ce que les religions et les églises y afférentes soient toujours des véhicules de messages d’amour, de fraternité, d’espérance, de liberté, de solidarité et de tolérance. Il y a un besoin de trouver de nouvelles façons de concevoir, en raison et en pleine autonomie réciproque, le rôle des institutions religieuses dans l’élaboration démocratique du bien commun. Il faudra lutter contre l’obscurantisme, l’ignorance et le radicalisme pour que nous soyons capables d’anticiper sur le terrorisme qui nous menace tous.