En effet, une démocratie au quotidien suppose des citoyens éclairés qui s’informent des affaires de la Cité. Cet intérêt porté aux affaires de la Cité pousse les citoyens à chercher à mieux connaître le mode de gestion utilisé par leurs représentants. Le manque d’information des citoyens et le désintérêt qu’ils manifestent vis-à-vis de la chose publique renforcent le taux d’abstention aux élections. Les citoyens s’abstiennent parce qu’ils ne croient pas que leur voix peut faire la différence. Ainsi, l’information est essentielle pour un vote éclairé.

L’État a une grande responsabilité dans l’information et l’éducation des citoyens. L’existence de canaux d’informations libres et pluriels est un aspect important dans une démocratie. Ces canaux offrent la liberté aux citoyens de procéder à une sélection de l’information et de confronter les sources d’information. Cela suppose la protection et la promotion de la liberté d’expression avec l’existence d’une presse libre et plurielle. Or, dans certains pays, la presse subit une grande pression souvent de la part des gouvernants. Le secteur de l’audiovisuel reste dans plusieurs pays un mono­pole d’État. Ces pays sont réticents à une libéralisation de ce secteur. L’opposition a difficilement accès à la télévision publique, souvent trans­for­mée en instrument de propagande en faveur du parti au pouvoir. Cela constitue une atteinte à l’esprit démocratique. Heureusement, les nouveaux médias servent d’alternative en offrant à la classe politique et à la société civile une occasion d’expression et de mobilisation efficace pour promou­voir les valeurs démocratiques. Malgré les tentatives de censure, Internet est devenu un puissant outil de promotion et de protection de la démo­cratie. Les révolutions tunisiennes et égyptiennes de l’hiver 2011 sont une illustration du « pouvoir politique des médias sociaux » (Shirky, 2011).

Le renforcement des capacités des citoyens par une éducation solide est un moyen essentiel pour garantir la démocratie. En effet, il est très difficile pour les citoyens de s’engager dans les affaires de la Cité s’ils ne sont pas conscients de ce qu’être citoyen veut dire. C’est cette éducation à la citoyenneté qui leur permettra de participer efficacement à la protection et à la promotion de la démocratie. Ainsi, il revient aux pouvoirs publics de favoriser l’éducation des citoyens. Cette éducation doit être débarrassée de tout contenu idéologique. Car, c’est après avoir reçu une éducation ci­toyenne solide que les citoyens peuvent choisir rationnellement d’entrer dans la « société politique » ou plutôt de rester dans la « société civile ».

Il en ressort que, pour la vitalité démocratique, l’information et la for­mation du citoyen sont des éléments indispensables. Les collectivités publiques doivent aider les citoyens à exercer ces droits, ce qui donnera une meilleure crédibilité à l’élection. Car quel sens donner au vote si les ci­toyens ne sont pas conscients de l’enjeu de cet acte ? Des gouvernants modérés protecteurs des valeurs démocratiques

Les dirigeants ne doivent pas se contenter de la campagne électorale pour entrer en contact avec les citoyens. Le lien avec ces derniers doit se faire de manière permanente par des mécanismes institutionnels et informels. La transparence dans la gestion des affaires publiques doit guider l’action des gouvernants. Cette transparence exige une gestion rigoureuse des ressour­ces publiques et une primauté absolue de l’intérêt public au détriment des intérêts particuliers. Par ailleurs, l’obligation de rendre compte à qui de droit est un principe cardinal dans une démocratie vivante guidée par les principes de bonne gouvernance et de protection des droits de l’homme. Cette obligation s’inscrit dans le principe même qui sous-tend la démo­cratie représentative : la délégation de pouvoir. Ainsi, la souveraineté n’ap­partient pas aux gouvernants, mais plutôt au peuple. D’où le principe du gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Ainsi, ce peuple doit avoir les moyens de contrôler les gouvernants. Ce contrôle citoyen peut se faire par l’institution qui est le Parlement. Cependant, avec le phé­nomène majoritaire et la discipline de parti, les parlementaires bénéficient d’une marge de manœuvre limitée dans le contrôle de l’action gouverne­mentale. Dans plusieurs pays, les Parlements sont des chambres d’enregis­trement automatiques des décisions du pouvoir exécutif.

En définitive, des élections – libres et transparentes – sont certes un critère pertinent d’analyse de la démocratie. Cependant, la démocratie transcende les élections. Elle doit être une pratique constante qui doit gui­der l’action des gouvernants. Ainsi, les notions de respect des droits de l’homme, de participation des citoyens et de bonne gouvernance devien­nent des aspects importants qui visent à renforcer la vitalité démocratique d’un pays.