Ludo Martens, né le 12 mars 1946 à Thourout et mort le 5 juin 2011 fut un homme politique communiste belge. Il a été le premier président du Parti du travail de Belgique jusqu’en 2008. La gauche avec ses valeurs, pas la gauche caviar mais celle qui est proche des aspirations du peuple. Le 19 août 2024, nous publions sur notre site :
LUDO MARTENS FUT UN HOMME DES CITÉS POPULAIRES À KINSHASA !
Cette photo chez Ludo Martens, sur rue Mpozo, au quartier Matonge, dans la commune de Kalamu, réveille de bons et vieux souvenirs.
À Kinshasa, Ludo Martens ne se promenait jamais avec des gardes corps. L’ancien président du PCB , le Che européen, est décédé le 5 juin 2011 à 1 heure, heure de Bruxelles. Comme tout homme qui aura passé l’essentiel de son temps sur cette terre des hommes à rendre service, il n’a pas eu une mort agitée.
Son exemple, selon lequel on peut vivre pour les autres, demeure vivant.
Pour son engagement au Kongo, il a eu à supporter des coups qu’il a encaissés en lieu et place de nous Kongo parfois distraits par l’événementiel et le bassement matériel.
Dans ce monde dominé par des intérêts égoïstes, très peu comprenaient pourquoi ce blanc au cœur noir avait quitté son pays, la Belgique, pour vivre dans les quartiers populaires de Kinshasa.
En effet, Ludo a vécu à Matonge et avait son champ d’action à Masina, à Kimbanseke, au Camp Luka, bref dans la périphérie périphérique de Kinshasa.
Pour certains, il venait chercher fortune. « Pauvres fous qui croient que rien n’est grand parce que eux-mêmes sont petits ».
Ces critiques, ces insinuations, venaient essentiellement des milieux de la presse belge dont le but inavoué était de démobiliser autour de Ludo Martens en le diabolisant.
Combatif, il a eu à remettre les auteurs de ces insinuations à leur place : « Il ne me serait jamais venu à l’esprit de demander le moindre centime à un pays qui a été pillé, ruiné et anéanti par l’Occident et son bichon Mobutu. Le responsable des finances du Parti du Travail de Belgique sait que mon travail au Congo coûte plus de 300.000 francs par an, payés par les cotisations des travailleurs, infirmières, employés, professeurs et médecins belges… ».
C’était un homme dont le témoignage d’amour pour les autres n’a pas besoin d’une longue enquête pour reconnaître ses mérites à ciel ouvert.
En effet, il s’installait toujours un centre d’attraction, partout où s’installait Ludo Martens.
Car, il savait créer une vie publique pour une bonne éducation politique. Ludo Martens apprenait, en effet, aux Kongo à se fabriquer une armure contre toute forme d’exploitation.
Il les aidait à aller de l’assistance à la libération. Cette lutte ne pouvait pas plaire à ceux qui voulaient créer au Kongo les conditions d’assistance permanente et éternelle, donnant ainsi aux Kongo l’image dramatique d’un mendiant qui se sert d’un bol en or massif pour demander de l’aumône.
Pour ce faire, Ludo Martens a travaillé dur sous le soleil caniculaire de Kinshasa ou d’autres provinces du Kongo.
Il fait ici son propre témoignage : « J’ai donné des dizaines de conférences dans les quartiers populaires de Kinshasa, de Kikwit et de Lubumbashi. En trois ans, j’ai donné quelque 20 heures d’interviews aux deux télévisions nationales et à celles de Lubumbashi et Kikwit ».
Ludo Martens n’a jamais eu des gardes même pendant des périodes troubles où il n’était pas facile d’être blanc dans les rues de Kinshasa.
Son discours accroche au point de devenir subversif pour les partisans du néocolonial, parmi lesquels Huismans à qui Ludo Martens faisait cette remarque : « Monsieur Huismans peut aller demander, à peu près partout au Congo, ce que les gens des « cités » pensent de mes exposés. Si cela le tente, il pourrait organiser une confrontation entre son informateur « congolais » Mayele et moi-même, dans n’importe quel quartier populaire de Kinshasa. Il verra ce qui inquiète le plus « les Congolais » : mon analyse de la guerre au Congo ou le rôle que le sieur Mayele a joué en faveur des agresseurs rwandais… ».
Et Ludo de poursuivre : « Huismans s’est également entretenu avec un « coopérant » qui prétend qu’à Kinshasa et Lubumbashi, Ludo Martens « excite contre les Belges, et surtout contre les Américains, les jeunes chômeurs qui suivent des formations dans les Comités du Pouvoir populaire ». Suite à ces « excitations » de ma part, des « jeunes en colère » auraient « agressé des journalistes belges qui accompagnaient Louis Michel » aux funérailles de Kabila ».
Comme on le voit Ludo Martens, prophète de la lutte anti-impérialiste, a été plus d’une fois, le bouc-émissaire des valets du néocolonialisme dont l’arme, on s’en souvient, c’est la diabolisation en touchant la corde sensible de l’opinion impérialiste. C’est ainsi que, dans un pays où les dirigeants affichaient les attitudes anti-impérialistes, il fallait un bouc-émissaire, quelqu’un pour payer à la place de tous.
Ludo Martens n’a jamais eu besoin de s’offrir en martyr, mais en combattant contre toute injustice, même celles qui le frappaient lui. Il s’inscrit en faux contre certaines critiques : « J’ai écrit des centaines de pages et tenu des dizaines de conférences autour d’un seul thème central. Le Congo se trouve aujourd’hui dans une situation de destruction presque complète et de misère criarde parce que, depuis son indépendance, il a toujours été dominé et exploité par les multinationales et banques occidentales. Parce qu’il a été dirigé par des politiciens congolais qui n’ont donné qu’une façade noire à la continuation du contrôle par l’impérialisme. Le Congo ne sortira de l’enfer inhumain dans lequel il est plongé aujourd’hui que lorsqu’il aura mis en place un pouvoir politique nationaliste fort. Ce n’est qu’en organisant et en mobilisant toute la population que l’on assurera l’indépendance et la souveraineté du Congo et que l’on pourra entamer un développement économique qui résoudra vraiment les problèmes économiques et culturels des masses populaires ».
Cet écrivain belge et journaliste prolixe était également un grand ami de Réveil FM, à travers ses fréquentes et assidues fréquentations du « Forum de la littérature, » où il venait souvent conférer avec le tandem de choc qui animait cette émission littéraire et culturelle : les poètes révolutionnaires François Médard Mayengo et Jean-Paul Brigode ILopi Bokanga, ceux-là mêmes qui ont eu à organiser son deuil à Kinshasa, sous bien entendu la férule de l’un de plus grands épigones politiques congolais du défunt : le bien nommé Albert Mukulubundu.
Freddy Mulongo Mukena
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