En 2009, j’avais rencontré Gérard de Villiers m’avait reçu chez lui, avenue Foch, non loin de l’appartement de Mobutu, dans le 16è arrondissement de Paris. Sur le mur de son salon, des Kalachnikovs affichés. De l’interview avec Gérard de Villiers, j’appris qu’il avait accompagné des Légionnaires qui avaient sauté sur Kolwezi. Pour écrire Panique au Zaïre publié en 1978, Adieu Zaïre publié en 1997, Gérard de Villiers avait fait en incognito des descentes sur terrain. À Kinshasa, il a vécu à l’hôtel Memlig plutôt que l’intercontinental. C’est comme ça, lorsqu’il décrit l’avenue Kasa-Vubu, où la description est insaisissable. À l’arrivée de l’AFDL, des Kadogos voulaient en finir avec Étienne Tshisekedi wa Mulumba, et M’zée Laurent-Désiré Kabila voyant le piège gros comme le nez va prendre un décret de relégation à Kabeya Kamuanga avec des machines agricoles et graines à planter. Pour Gérard de Villiers, M’zée Laurent-Désiré sauva la vie à l’homme de MUPOMPA. Il décrit cela dans SAS Adieu Zaïre.
Si l’on veut un peu comprendre le monde, on peut lire SAS, qui est une série de romans d’espionnage, deux cents ouvrages publiés entre 1965 et octobre 2013, écrite par Gérard de Villiers, parfois qualifiés de « romans de gare » à cause de leur style léger et de leur lecture rapide.
La série est intitulée ainsi en référence au prédicat honorifique Son Altesse Sérénissime du héros de la collection, Malko Linge. SAS remporte sans doute la palme de la longévité des séries de fiction écrites par un seul et même auteur.
D’après un article paru dans l’édition du 3 janvier 2007 du journal Libération, chaque volume SAS serait tiré à plus de 200 000 exemplaires à sa sortie. Gérard de Villiers publiait cinq ouvrages par an, et tous les stocks étaient rapidement épuisés au bout de quelques mois chez les revendeurs agréés, Gérard de Villiers vendait ainsi plus d’un million d’exemplaires par an uniquement en France.
Le héros de la collection SAS, Malko Linge, est un agent de la CIA et un prince autrichien, propriétaire du château de Liezen et fiancé à Alexandra Vogel, une blonde sulfureuse. La référence au « Special Air Service », SAS n’est pas loin car Malko est un soldat souvent envoyé en territoire ennemi.
Ces romans ont la particularité de mêler voyages exotiques, sexe et intrigue violente. Les propos sont parfois considérés comme racistes envers certaines populations ou certaines cultures, mais l’auteur conteste être lui-même raciste. La cible privilégiée de Gérard de Villiers est le communisme, mais on a vu Malko combattre avec une égale conviction des nazis expatriés, des néonazis, des escadrons de la mort, des narco-trafiquants, des islamistes radicaux, et toutes sortes d’autres antagonistes.
Certaines dérives de la CIA ou de la politique extérieure des États-Unis sont abordées. Chaque roman tente de coller au plus près de l’actualité immédiate.
Chaque ouvrage donne l’impression que l’auteur fait preuve d’une grande précision documentaire et d’une connaissance privilégiée de la géopolitique. Le lecteur peut avoir l’impression d’une découverte, d’une plongée dans la réalité, que lui dissimuleraient les médias.
Le 30 janvier 2013, Gérard de Villiers, qui est largement ignoré sinon méprisé par la critique littéraire en France, se voit consacrer un long article à la une du New York Times.
Dans cet article, l’auteur, journaliste confirmé spécialiste des relations internationales, explique la valeur et la fiabilité étonnantes des informations contenues dans les romans de Gérard de Villiers, au point que de nombreux diplomates lisent ses livres.
Selon un agent de la CIA, les romans contiennent « beaucoup d’informations. Il est en contact avec tous les services de sécurité et il en connaît tous les acteurs ».
Par l’entremise d’Alexandre de Marenches, il devient au début des années 1970 honorable correspondant du SDECE puis de la DST grâce à son ami le général Philippe Rondot, ce qui lui permet d’être bien informé dans ce domaine.
Né le 8 décembre 1929 à Paris, Gérard de Villiers est mort le 31 octobre 2013 dans la même ville. La tombe de Gérard de Villiers est au cimetière de Passy à Paris.
Freddy Mulongo Mukena
Freddy Mulongo Mukena
Freddy Mulongo-Article 19 Liberté d’expression !
Freddy Mulongo-Le Pamphlétaire !
Réveil-FM (Freddy Mulongo) Ingeta
Mulongo Mukena Mulunda Mulongo
Réveil FM International





