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LE CANARD ENCHAINÉ 🦆🦆🦆 : JEFFREY DE REPRÉSENTATION !

« Epstine », »Epstaine » en VO, en VF ou en bien d’autres langues, le nom de Jeffrey Epstein est chaque jour prononcé avec tous les accents. Et de plus en plus souvent. Le milliardaire criminel sexuel a beau s’être suicidé en prison voilà déjà six ans, le dossier de ses frasques avec des jeunes filles, la plupart du temps mineures, et de ses relations rarement désintéressées avec ses très influents amis dans le monde entier n’a pas fini de faire du fracas et grand bruit.

En déversant, en déversant le 30 janvier, comme un tombereau géant, pas de 3 millions de documents du dossier, la justice américaine y a contribué.

Trump, sa famille, ses propriétés sont concernés dans pas loin de 5000 fichiers, dans lequel son seul nom est mentionné à plus de 38 000 reprises.

D’aucuns l’ont promptement vu. Emporté par la masse des documents les mettant en scène ou en cause, il ne devrait pas s’en remettre. Or jusque-là, c’est loin, très loin d’être le cas.

Les documents affluent et débordent, ce n’est pas le premier concerné qui s’y noie.

Plus souvent cité que Dieu dans la Bible, dans un pays où l’ouvrage est dans le tiroir de chaque table de nuit d’hôtel, Super Trump s’en rengorge au lieu de s’en inquiéter.

Le fracas couvre ses propres débordements comme sa diffusion d’une vidéo raciste représentant le couple Obama en singes qui a ulcéré jusqu’à son propre camp. Et ceux qui se retrouvent emportés les premiers par les flots dévastateurs des documents du dossier Epstein ne sont pas à Mar-a-Lago.

Ils sont en Norvège, où la future reine Mette-Marit voit sa couronne compromise. Ils sont au Royaume-Uni, où le Premier ministre, Keir Starmer, en dépit de ses excuses et du sacrifice de son chef de cabinet et du porte-parole du gouvernement, est sur la sellette. Il lui est reproché d’avoir nommé comme ambassadeur aux États-Unis Peter Mandelson, lourdement cité dans le dossier Epstein pour ses relations avec le prédateur sexuel. Le frère de Charles III, le prince Andrew, très impliqué lui aussi, englue la famille royale dans le même temps.

Les emportés collatéraux de la tourmente des « Epstein » sont en France également.
Après avoir tenté d’y résister, Jack Lang, îcone mitterrandienne de la culture, n’a pas tenu longtemps. Dans les 673 occurrences où son nom et celui de sa fille apparaissent, ce n’est pas de sexe et encore moins de pédocriminalité qu’il est question. De financements en cadeaux, de petits arrangements en voyages payés, de services demandés en entremises pour remercier, c’est la façon dont il a profité des générosités d’Epstein, entre liens amicaux et d’affaires avec le criminel sexuel.

C’est ce qui vaut, en France, au flamboyant ministre de la culture qu’il fut, ainsi qu’à sa fille Caroline, des soupçons et une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée.
Il a été contraint à démissionner de la présidence de l’Institut du monde arabe, dont il a à la fois beaucoup contribué au rayonnement et au renom et largement profité, en donnant plus que l’impression de confondre facilement activités professionnelles et dispendieux train de vie personnel.

Ce n’est certes pas le genre de travers que Trump pourrait lui reprocher.
Mais pour l’immédiat, le plus cité de l’affaire « Epstein » n’est sans doute pas trop chagriné qu’un plus modeste concerné, à la fois « de gauche » et français, ait, ainsi, plus à pâtir de feu « Epstein » que lui.

Le Canard Enchaîné 🦆 🦆 🦆

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