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LE CANARD ENCHAINÉ 🦆 🦆 🦆 : LE « CHÂTEAU MACRON », À VILLERS-COTTERÊTS, MENACE RUINE !

La très coûteuse Cité internationale de la langue française créée par Emmanuel Macron dans l’ancien château de François Ier peine à attirer des visiteurs. Pour faire illusion, la direction du site en est réduite à gonfler grossièrement le nombre d’entrées. Mais elle n’a toujours pas trouvé comment remplir les caisses.

Ce devait être la trace laissée dans l’Histoire par Emmanuel Macron : un symbole fort au sein d’une commune, ­Villers-Cotterêts (Aisne), dirigée depuis plus d’une décennie par le Rassemblement national. Faire renaître le château de François Ier dans la ville natale d’Alexandre Dumas, quel panache ! Las, les débuts de la Cité internationale de la langue française, inaugurée il y a un peu plus de deux ans, frôlent la catastrophe.

Selon les chiffres grappillés par « Le Canard », le lieu n’a accueilli que 110 000 visiteurs en 2025 – très loin de l’objectif de 200 000 entrées par an affiché à l’ouverture. Et en nette baisse par rapport à 2024, qui n’avait déjà rien d’exceptionnel en dépit du battage orchestré par ­l’Elysée – 151 600 personnes étaient alors venues découvrir le « grand projet présidentiel ». Chapeau, les artistes !

FLOP ET REFLOP !

De là à évoquer officiellement une contre-performance…le Centre des monuments nationaux (CMN), qui supervise le lieu, communique, lui autour d’un tout autre chiffre : « 51 1 000 visiteurs en deux ans « . Son mode de comptage est pour le moins fantaisiste : il recence toute personne pénétrant dans l’enceinte du château, même lorsqu’elle ne fait qu’empirer un très pratique raccourci ouvert à tous reliant le centre ville, la forêt et les autres quartiers de la commune. Si l’astuce permet à la direction de fanfaronner dans la presse locale, les caisses, elles restent vides.

Car, bien que l’État ait pris à charge les 240 millions d’euros nécessaires pour sauver ce moment historique en ruine après des années d’abandon, il s’agit désormais en assumer les frais de fonctionnement, qui s’élèvent à environ 8 millions par an, avec ses 60 employés (dont 34 agents publics).

En 2024, on était loin du compte : la billetterie, la librairie, le café plus les locations n’avaient rapporté que 1,3 million d’euros.

Or, en 2026, le budget d’entretien (hors masse salariale et programmation culturelle) va encore augmenter, pour passer de 3,1 à 5,5 millions, et aucune source de revenus alternative ne se profile. L’institution peine à trouver des mécènes. Quant au projet hôtel de luxe, qui était censé occuper une large partie du Château, l’opération a tourné au fiasco. Le groupe hôtelier parisien retenu pour la convention d’occupation des espaces communs a dû jeter l’éponge à la fin 2024 : lui-même en difficulté financière, il était incapable de trouver 45 millions d’euros d’investissement nécessaires. Le programme est désormais suspendu, et ces milliers de mètres carrés vides coûtent cher.

FAUT PAS SE MONUMENTIR…

La mésentente à la tête de la Cité entre le directeur, Paul Rondin, ex-directeur délégué du Festival d’Avignon, très axé sur la programmation culturelle, et Xavier Bailly, le numéro deux, au profil plus patrimonial, n’a rien arrangé. L’été dernier, le CMN a tranché et a exfiltré le second en catimini, mais le problème reste entier.

Le CMN va donc devoir jouer de sa fameuse péréquation -ses sites les plus rentables ( Mont-Saint-Michel, Arc de Triomphe..
) payant pour les autres -afin de maintenir à flot la cité Internationale de la langue française. A ce jour, il lui garantit encore une jolie somme pour sa programmation culturelle, la plus importante des 110 monuments qu’il gère…au moins jusqu’en 2027.

Mais l’après-Macron s’annonce d’ores et déjà infiniment plus douloureux.

Le Canard Enchaîné 🦆 🦆 🦆

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