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NE PAS CONFONDRE CHÉRI CHÉRIN ET CHÉRI SAMBA, LE SEUL À AVOIR EXPOSÉ À LA FONDATION LOUIS VUITTON EN 2017 !

Ils sont nombreux à penser dans la diaspora que Chéri Samba est décédé, c’est plutôt Chéri Chérin qui a quitté la terre des hommes en 2025.

Je suis allé à la Fondation Louis Vuitton pour l’honneur que Chéri Samba avait fait à notre peinture.

Une soixantaine de tableaux du turbulent artiste congolais retracent quarante années d’une création qui se nourrit du quotidien et de l’actualité, destinée à faire découvrir l’œuvre colorée, engagée, et humoristique d’un artiste qui n’a cessé de revendiquer la défense d’une « peinture populaire ».

Peintre autodidacte, Chéri Samba est originaire de Kinto M’Vuila. Son père est forgeron. En 1972, il a 16 ans, quitte son village pour travailler dans les ateliers des peintres d’enseignes et de publicité de l’avenue Kasa Vubu à Kinshasa, où existe également une importante culture de la bande dessinée dont Jeunes Pour Jeunes avec Apolosa, Kikwata, l’inspecteur Mungala… les codes picturaux vont influencer par la suite son travail d’artiste.

En 1975, il ouvre son propre atelier ; c’est l’époque où il devient illustrateur à Bilenge Info, un journal de divertissement, et s’essaie à la bande dessinée dans les revues zaïroises. il transpose ses codes publicitaires sur toile, inventant la « peinture à bulles » qui le propulsera au rang d’icône mondiale de l’art contemporain.

Arrivé dans la vibrante capitale de Kinshasa, le jeune Samba apprend les rudiments du métier de peintre d’enseignes, un secteur très dynamique sur l’avenue Kasa-Vubu.

De cette période, il retient l’art d’utiliser des couleurs primaires éclatantes et des traits incisifs pour capter immédiatement le regard des passants. Parallèlement aux devantures de boutiques, il illustre la presse locale, aiguisant son sens de la narration visuelle et de la satire.L’Invention de la « Peinture à Bulles ». Transposition sur toile : Dès 1975, il s’établit à son compte et décide d’intégrer des bulles de texte (en français et en lingala) au cœur de ses compositions picturales.

Le stratagème du texte, l’artiste comprend que le texte force le spectateur à s’arrêter, à lire, et à s’engager intellectuellement au lieu de simplement consommer l’image.

Le « Peintre-Journaliste » : Il se met lui-même en scène dans ses tableaux en tant que témoin, chroniqueur ou critique, abordant l’actualité sociale, la politique, la corruption et les mœurs.

La Reconnaissance International et l’électrochoc de 1989. Sa participation à l’exposition historique Magiciens de la Terre au Centre Pompidou à Paris le révèle brutalement au monde de l’art occidental.

Consécration globale : Porté très tôt par des institutions et des collectionneurs (comme la Fondation Cartier pour l’art contemporain ou la collection Jean Pigozzi), ses œuvres intègrent les plus grands musées internationaux.

Ambassadeur de la peinture populaire : Chéri Samba s’impose comme la figure de proue de l’école de Kinshasa, ouvrant la voie à la reconnaissance mondiale de la scène artistique contemporaine africaine.Si vous le souhaitez, je peux vous détailler : pLes principaux thèmes récurrents de ses œuvres (corrosion politique, place des femmes, autoportrait). L’influence de ses pairs de l’école de Kinshasa comme Moke ou Chéri Chérin n’est pas négligeable. Chéri Samba commence une carrière de créateur d’enseigne publicitaire. Et c’est en 1979, il commence à signer des peintures de son nom.

Il est alors surtout connu comme illustrateur. Une première exposition sur les murs de son atelier lui vaut une certaine notoriété locale. Entre 1975 et 1978, il travaille pour une clientèle locale. Il voyage et expose d’abord sur le continent, avant d’être invité en Europe.

En 1989, l’exposition « Magiciens de la terre », au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou et à la Grande halle de la Villette, à Paris, qui présente alors des œuvres d’art africain contemporain, lui apporte le succès, ses premières commandes de l’étranger, et une renommée qui devient ensuite internationale. Il est résident de la Cité internationale des arts à Paris en 1990.

En 2007, Chéri Samba est invité à participer à la 52e exposition d’art internationale à la Biennale de Venise, intitulée « Think with the Senses, Feel with the Mind. Art in the Present Tense ».

De peintre d’affiches publicitaires à icône mondiale de l’art, c’est du chéri Samba.

Chéri Chérin, Joseph Kinkonda, 1955–2025 et Chéri Samba né en 1956 sont deux des figures de proue de la peinture populaire de notre pays.

Bien qu’ils partagent le préfixe honorifique « Chéri », une esthétique colorée et une amitié de longue date (collaborant parfois sur des toiles communes), il s’agit de deux artistes distincts.

Voici un aperçu de ces deux artistes majeurs de l’art contemporain africain :
Chéri Chérin, de son vrai nom Joseph Kinkonda, fut le pédagogue et le mentor de nombreux jeunes talents de Kinshasa.

Ses œuvres, souvent monumentales et foisonnantes, se caractérisent par des scènes urbaines denses, teintées d’humour, de satire politique et de critique sociale. Il met en scène la vie quotidienne de Kinshasa, la mouvance de la Sape, mais aussi l’histoire mondiale et africaine.Chéri Chérin – Galerie Angalia.

Il a commencé, comme la plupart des peintres au Congo, à peindre des publicités et à faire des toiles à des fins commerciales . Chéri Chérin a créé des peintures murales sur les murs des bars, des salons de coiffure et des petites boutiques. Des images impressionnantes de la vie quotidienne mais aussi avec des contenus très sérieux.

Ses toiles colorées peintes à l’huile débordent de vie et ne sont pas dépourvues d’une certaine ironie, qui peut parfois être grinçante. Elles représentent la société au Congo ainsi que des sujets plus internationaux, comme la fin de l’apartheid en Afrique du Sud ou bien encore les problématiques actuelles autour de l’environnement.

Aujourd’hui, Chéri Chérin est considéré comme l’un des peintres les plus connus de Kinshasa et le professeur de nombreux jeunes artistes talentueux.

Longtemps dans l’ombre de Moké et Chéri Samba, Chéri Chérin est reconnu pour sa participation à l’exposition Africa Remix en 2005 au Centre Pompidou. En 2015, ses pièces les plus emblématiques ont été présentées à l’exposition « Beauté Congo-Congo Kitoko » de la Fondation Cartier, à Paris. Chéri Chérin a étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa auprès du céramiste autrichien Peter Weihs. C’est durant cette période que Chéri Chérin a commencé à peindre des affiches dans son quartier résidentiel de Ndjili.

Chéri Cherin, son œuvre aux lignes claires et aux couleurs vives s’attache aux scènes de la vie quotidienne et se distingue par son usage du texte, qui, sous la forme de sous-titres et de phylactères, aborde des sujets politiques, économiques et culturels locaux et internationaux. Ses toiles traduisent sa vision lucide et résolument contemporaine d’un Kongo turbulent.

Bien que majoritairement inspiré par sa ville, Chéri Samba vise l’universel. Se positionnant souvent au centre de ses œuvres, l’artiste y incarne un observateur mi-candide, mi-militant, afin de faire passer les messages qu’il juge essentiels. Il aborde les problèmes écologiques (Problème d’eau, 2004), les évènements tragiques (Après le 11 septembre 2001), la corruption (Le Commun des politiciens, 2003), les ravages du sida, le renouveau des équilibres mondiaux (Le Monde avant les continents, 2011) ou encore la reconnaissance par les musées occidentaux de l’art africain (Hommage aux anciens créateurs, 1999 et Enfin !… Après tant d’années, 2002).

L’artiste Chéri Samba, mêle peinture et texte pour dénoncer les injustices sociales et politiques. Son œuvre, un reflet de la société congolaise, fait rayonner l’art africain à l’international.

Chéri Samba, né en 1956 à Kinto M’Vuila, au cœur de la République Démocratique du Congo. Il est l’un des artistes contemporains africains les plus emblématiques. Fils d’un forgeron et d’un cultivateur, il se lance dans la peinture après avoir quitté son village natal à l’âge de 16 ans pour Kinshasa. Là, il se forme comme peintre d’enseignes et devient rapidement un acteur central de la scène artistique congolaise. Ce n’est que plus tard qu’il se distingue en créant son propre style, la ou peinture figurative se mêle à des messages critiques et sociaux.

“L’art doit être engagé, il doit interpeller”, confie-t-il. C’est ainsi qu’il commence à intégrer des textes dans ses œuvres, une particularité qui le distingue. En ajoutant des phrases dans ses tableaux, Samba cherche à susciter une interaction directe avec le spectateur. A provoquer une réflexion. Les messages sont souvent directs. Parfois ironiques, toujours percutants.

L’un des aspects essentiels de l’art de Chéri Samba réside dans son enracinement dans la culture congolaise et dans les réalités sociales de son époque. L’artiste s’inspire de l’urbanisation rapide de Kinshasa, de la politique du pays et des bouleversements sociaux. La musique, les danses et les affiches populaires qui peuplent la ville sont des éléments clés dans son travail. “Le Kongo est une source d’inspiration sans fin. Le bruit, la couleur, les sons de la rue… tout cela nourrit ma peinture.” Des œuvres comme “Le mensonge des riches” mettent en lumière ces influences. Elles abordent des thèmes politiques, sociaux, mais aussi économiques, avec une clarté saisissante. Les personnages de ses toiles, souvent issus de la rue, sont présentés dans des scènes de la vie quotidienne, mais leur existence est marquée par les luttes de pouvoir et les injustices sociales.

Ses œuvres sont un moyen de communiquer des messages puissants à la population : “Quand les gens regardent mes peintures, ils s’arrêtent souvent pour lire les textes. C’est ma façon de les faire réfléchir, de les pousser à remettre en question le monde qui les entoure.”

La balkanisation des pays d’Afrique par Chéri Simba. Un homme discute avec d’autres une arme cachée derrière le dos.
La balkanisation des pays d’Afrique
Elles sont un miroir de la société congolaise. Il s’intéresse particulièrement à la vie quotidienne, en abordant des thèmes comme les relations de pouvoir, les inégalités sociales, la corruption ou encore la condition des femmes. Ses peintures sont une forme de journal visuel, où il raconte des histoires de son pays et du monde à travers des scènes de la vie de tous les jours.

Ses toiles, souvent éclatantes de couleur, sont l’occasion de dénoncer tout en célébrant l’Afrique dans toute sa diversité. “Les couleurs sont essentielles. Elles apportent de la vie à l’œuvre, elles donnent de l’énergie. Elles racontent aussi une histoire”.

La méthode belge pour connaître l’âge par Chéri Samba. Un homme blanc comptant les poiles de femmes noires nues sur un lit.
La méthode belge pour connaître l’âge

Le processus de création de Chéri Samba est ancré dans une pratique profondément personnelle mais aussi sociale. “Je commence toujours par observer,” dit-il. L’artiste passe beaucoup de temps à arpenter les rues de Kinshasa, s’imprégnant de la réalité urbaine, des conversations et des slogans politiques. Ces éléments nourrissent ses toiles, dans un processus d’accumulation d’idées qu’il transforme ensuite en peintures.

Chéri Samba utilise principalement des peintures acryliques et des collages pour ses œuvres. Les couleurs vives et les superpositions de textes créent une dimension presque tactile de ses créations, à la fois visuelle et narrative. Il considère ses œuvres comme des journaux visuels. Chaque tableau raconte une histoire. Chaque couleur est une émotion. Chaque texte a un message.

Freddy Mulongo Mukena
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