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10 QUESTIONS À FRANCK DIONGO !

On ne muselle ni ne bâillonne pas Franck Diongo l’opposant du KONGO. Figure emblématique, fin stratège, intrépide et téméraire, Franck Diongo le président du parti politique Mouvement lumumbiste progressif (MLP) est un fleuron de l’opposition.

Candidat lors de l’élection présidentielle de 2023, mais qui s’était finalement retiré pour soutenir Moïse Katumbi. Interpellé par les renseignements militaires, Franck Diongo a été remis en liberté le 15 juillet 2023.

Il est arrivé en Belgique en décembre 2023 pour y déposer sa demande d’asile qui a donc été acceptée. Franck Diongo est l’exemple même de l’eau qui se fraye toujours un chemin devant les obstacles. Dans la vie politique du pays, mieux vaut le laisser tranquille que de s’en prendre à lui. Francis Diongo a tout connu : intimidations, brimades , bastonnades, emprisonnements…le Lumumbiste est toujours debout.

Depuis son arrivée en Belgique comme opposant politique exilé, Franck Diongo fourmille des idées. Le régime tyrannique dictatorial de Kinshasa doit le voir en collimateur. Déjà deux conclaves : à Bruxelles et Genève, une marche patriotique à Paris. L’idée géniale est de mettre sur pied un Conseil Mondial de la diaspora. Vaste projet qui permettra à quiconque de savoir qui est qui et mettre fin aux infiltrations et autoproclamations.

Dans la marche à Paris organisée par le Bataillon Front Populaire , Franck Diongo s’était drapé du drapeau de la RDC, de la tête au pied, question de bien marquer son passage.

Tous ceux qui récusent la tyrannie dictatoriale de Kinshasa : résistants , patriotes, combattants, opposants doivent s’unir pour faire bloc. Nous remercions Franck Diongo d’avoir répondu à nos questions.

1.⁠ ⁠Réveil FM International : Vous avez été victime d’agressions attribuées à la Force du Progrès. Après la répression de la marche de l’opposition du 15 septembre et la manifestation de l’UDPS, quels sont vos sentiments ?
FRANCK DIONGO PRÉSIDENT DU MLP :
Je vais vous répondre avec beaucoup de sincérité. Cette situation me touche profondément parce que je sais personnellement ce que signifie subir la violence politique.

J’ai connu l’arrestation, la prison, les intimidations, les persécutions et les violences en raison de mon engagement.

Ce qui me préoccupe aujourd’hui dépasse donc ma propre personne. C’est une question de principe : nous ne pouvons pas accepter une démocratie à deux vitesses.

Si les militants du pouvoir ont le droit de manifester pacifiquement, les opposants doivent bénéficier exactement du même droit.

La Constitution ne change pas selon la couleur politique de celui qui manifeste.
Je ne réclame aucun privilège pour l’opposition. Je demande simplement que chaque Congolais bénéficie des mêmes libertés, des mêmes droits et de la même protection de l’État.

Concernant les événements du 15 septembre, toute la lumière doit être faite sur les violences, les blessés, les arrestations et les allégations de décès. Les responsabilités doivent être établies sur la base des faits.

Parce qu’au fond, la qualité d’une démocratie se mesure aussi à la manière dont un pouvoir accepte et protège ceux qui ne pensent pas comme lui.

2.⁠ ⁠Réveil FM International : Vous avez rencontré récemment Joseph Kabila. Qu’avez-vous trouvé en lui que vous ne voyez pas chez d’autres dirigeants congolais ?

FRANCK DIONGO PRÉSIDENT DU MLP :
Je préfère rester mesuré lorsqu’il s’agit de porter un jugement personnel sur un responsable politique.

Ce que j’ai constaté chez Joseph Kabila, c’est d’abord l’expérience de l’État, une connaissance des réalités du pays et une certaine lecture des rapports de force politiques, sécuritaires et régionaux.
On peut être d’accord ou ne pas être d’accord avec son parcours.

On peut avoir eu des divergences profondes — et j’en ai eues. Mais lorsqu’un pays traverse une crise aussi sérieuse que la nôtre, on ne peut pas construire une solution en faisant comme si certains acteurs de notre histoire politique n’existaient pas.

Reconnaître cette réalité ne signifie pas renoncer à ses convictions ni effacer le passé.

Ma démarche s’inscrit dans une réflexion plus large : comment préserver notre souveraineté, notre unité nationale, notre sécurité et comment sortir durablement de la crise ?

À un certain moment, il faut savoir dépasser les personnes. Parce qu’en définitive, nous passerons tous, mais le Congo restera.

3.⁠ ⁠Réveil FM International : Vous êtes lumumbiste et vous avez pourtant soutenu Félix Tshisekedi. Pourquoi êtes-vous aujourd’hui l’un de ses opposants ?

FRANCK DIONGO PRÉSIDENT DU MLP :
Je n’ai aucune difficulté à assumer mon histoire.

Oui, j’ai soutenu Félix Tshisekedi à une étape de notre parcours politique. Je l’assume pleinement.

Mais soutenir quelqu’un ne signifie pas lui remettre sa conscience pour toujours.

Ma fidélité première n’est pas envers un homme. Elle est envers le Congo et les convictions que je défends depuis des décennies.

Je suis lumumbiste. Pour moi, cela signifie défendre la souveraineté nationale, la dignité du peuple congolais, l’indépendance politique et économique, la justice sociale et l’intérêt supérieur de la Nation.

Lorsque je considère qu’un pouvoir s’éloigne de ces principes, je dois avoir le courage de le dire.

Mon parcours le démontre : j’ai connu l’opposition, la prison, la détention et les persécutions sous différents régimes.

Je ne change donc pas mes convictions en fonction de celui qui occupe le pouvoir.

On peut soutenir un homme hier et le combattre politiquement aujourd’hui lorsque ses actes ne correspondent plus aux principes pour lesquels on s’est engagé.

Ma fidélité va d’abord au Congo.

4.⁠ ⁠Réveil FM International : Le Conseil mondial de la diaspora patriotique congolaise est une idée ambitieuse. Pourquoi cette initiative et quel rôle doit jouer la diaspora ?

FRANCK DIONGO PRÉSIDENT DU MLP :
Je veux d’abord reconnaître une chose : nous ne sommes pas les premiers Congolais à réfléchir à l’organisation de la diaspora.

D’autres initiatives ont existé et je respecte le travail accompli avant nous.
Mais avec le Conclave international du MRC, nous avons voulu aller plus loin.

Les résolutions 40, 41, 42 et 43 traduisent une conviction profonde : la diaspora congolaise est une composante à part entière de notre Nation.

Regardez autour de nous. Des millions de Congolais vivent à travers le monde. Nous avons des médecins, des ingénieurs, des professeurs, des chercheurs, des entrepreneurs, des juristes, des artistes, des jeunes extrêmement compétents.

Nous avons des réseaux, de l’expérience, une capacité d’investissement et une liberté d’action importante. Mais toutes ces forces restent trop souvent dispersées.

C’est cela que nous voulons changer.

La diaspora doit jouer un rôle majeur dans la défense de la Constitution et des libertés démocratiques, la mobilisation citoyenne en faveur du changement, la refondation nationale et la reconstruction du pays.

Dans notre vision, elle doit devenir un véritable levier d’action politique, citoyenne, diplomatique, intellectuelle et économique au service du Congo.

Le Conseil mondial doit permettre de rassembler cette énergie : mettre les compétences en réseau, favoriser les investissements, organiser le transfert des connaissances, développer le plaidoyer international et préparer dès maintenant la reconstruction du pays.

Et je veux être très clair :
ce Conseil n’appartiendra pas à Franck Diongo. Il n’appartiendra pas au MRC. Il ne doit appartenir à aucun parti politique.

Il doit appartenir aux Congolais.

Notre ambition est de faire d’une diaspora aujourd’hui dispersée une force organisée, solidaire et consciente de sa responsabilité historique envers la Nation.

5.⁠ ⁠Réveil FM International : Soixante-six ans après l’indépendance, peut-on encore parler d’une véritable indépendance ?

FRANCK DIONGO PRÉSIDENT DU MLP :
Le 30 juin 1960, nos pères ont obtenu l’indépendance politique du Congo. C’est une date fondamentale de notre histoire et nous devons respecter le sacrifice de cette génération.

Mais soixante-six ans plus tard, nous avons aussi le devoir de nous poser une question difficile : sommes-nous réellement souverains ?

Nous avons un pays extraordinairement riche. Nous avons de l’eau, des terres agricoles, des ressources naturelles considérables et surtout une jeunesse immense.

Pourtant, trop de Congolais vivent encore dans la précarité et beaucoup sont obligés de chercher ailleurs les possibilités qu’ils devraient pouvoir trouver chez eux.
Il faut donc regarder cette réalité avec lucidité.

Notre génération doit désormais conquérir une autre forme d’indépendance : la souveraineté politique, sécuritaire, économique, alimentaire, énergétique et intellectuelle.

Nos pères nous ont légué un pays indépendant.

À nous maintenant de construire un Congo réellement souverain, organisé, prospère et respecté.

6.⁠ ⁠Réveil FM International : L’exil vous a-t-il changé ? Si vous revenez demain au Congo, serez-vous toujours le Franck Diongo que les Congolais ont connu ?

FRANCK DIONGO PRÉSIDENT DU MLP :
Oui, je reste le même dans mes convictions.
Mais je serais malhonnête de dire que toutes ces épreuves ne m’ont pas changé.

La prison change un homme. La persécution change un homme. L’exil aussi.

Avec l’âge et l’expérience, on regarde également certaines choses autrement.
J’ai compris notamment qu’il ne suffit pas d’avoir le courage de combattre. Il faut aussi savoir construire.

Nous pouvons passer notre vie à dénoncer ce qui ne fonctionne pas. Mais un jour, il faut répondre à une autre question : qu’allons-nous mettre à la place ?

Comment reconstruire l’État ? Comment réconcilier les Congolais ? Comment créer des emplois ? Comment restaurer la justice ? Comment donner à notre jeunesse l’envie de rester au pays ? Comment remettre nos institutions au service de la population ?

Je reste Franck Diongo : lumumbiste, patriote, souverainiste et engagé.

Mais aujourd’hui, je pense beaucoup plus à l’après.

Parce que la véritable victoire n’est pas seulement de changer un système. La véritable victoire, c’est de réussir à mieux construire.

7.⁠ ⁠Réveil FM International : Vous qualifiez le dialogue proposé par Félix Tshisekedi de monologue. Participerez-vous malgré tout à ce processus ?

FRANCK DIONGO PRÉSIDENT DU MLP :
Je ne suis pas contre le dialogue. Je ne l’ai jamais été.

Lorsque le pays traverse une grave crise, les Congolais doivent pouvoir se parler.

Mais il faut appeler les choses par leur nom : tout ce qu’on appelle dialogue n’est pas nécessairement un véritable dialogue.

Si l’on connaît déjà les conclusions avant même de commencer, ce n’est plus un dialogue.

Un dialogue sérieux doit être réellement inclusif. Chacun doit pouvoir parler librement. Les grandes questions nationales doivent pouvoir être mises sur la table. Il faut des garanties crédibles et surtout savoir clairement ce que nous voulons résoudre.

Je ne pose donc pas la question en termes personnels : « Est-ce que Franck Diongo sera invité ? »
Ce n’est pas cela qui m’intéresse.
Je demande plutôt : quel dialogue ? Avec qui ? Sur quoi ? Avec quelles garanties ? Et pour aboutir à quoi ? Voilà les vraies questions.

8.⁠ ⁠Réveil FM International : « SOKI BALOBI YAKA… YAKA ! » L’appel du Bataillon Front Populaire a-t-il été entendu ?

FRANCK DIONGO PRÉSIDENT DU MLP :
Pour moi, un appel ne se mesure pas seulement au nombre de personnes qui applaudissent.
Il se mesure à ce qu’il réveille dans les consciences.

« SOKI TOLOBI YAKA…YAKA ! », c’est d’abord un appel à chacun de nous : arrêtons d’attendre éternellement que quelqu’un d’autre vienne régler les problèmes du Congo à notre place.

Nous devons prendre notre part de responsabilité.

Et l’engagement ne signifie pas une seule chose. On peut servir son pays en participant pacifiquement à la vie publique, en proposant des idées, en informant, en entreprenant, en transmettant son expertise ou en contribuant à la reconstruction.

Le message est simple :si tu veux voir le Congo changer, ne reste pas seulement spectateur. Fais ta part.

9.⁠ ⁠Le Conclave international du MRC à Bruxelles a été présenté comme un moment important. Qu’en est-il aujourd’hui ?

FRANCK DIONGO PRÉSIDENT DU MLP :
Le Conclave international du MRC des 26 et 27 juin 2026 n’était pas organisé pour simplement réunir des gens dans une salle et prendre des photos.

Nous voulions réfléchir sérieusement à l’avenir.

Le thème lui-même disait notre ambition : « Refondation nationale et engagement patriotique ».

Nous avons travaillé et adopté 57 résolutions concernant notamment la Constitution, la souveraineté, la sécurité, la justice, les institutions et la diaspora.

Maintenant commence la partie la plus difficile : passer des paroles aux actes.
Une résolution qui reste dans un tiroir ne change rien à la vie d’un peuple.

Nous devons donc organiser, mobiliser et traduire progressivement cette vision en actions concrètes.

Le conclave n’était pas la fin d’un processus.
C’était le commencement.

10.⁠ Réveil FM International : ⁠Que vous inspire le titre « Face à face de vérité » ?

FRANCK DIONGO PRÉSIDENT DU MLP :
Ce titre me parle beaucoup.
Parce que notre pays a justement besoin de vérité.

La vérité sur ce qui fonctionne. La vérité sur ce qui ne fonctionne pas. Et parfois aussi la vérité sur nos propres erreurs.

On ne reconstruit pas un pays uniquement avec des slogans.

On le reconstruit en ayant le courage de regarder la réalité en face.

Notre peuple a entendu suffisamment de promesses. Il veut maintenant de la vérité, du travail, de la justice, de la rigueur, de la responsabilité et une vision.

Pour moi, « Face à face de vérité », c’est donc regarder le Congo tel qu’il est aujourd’hui, sans fermer les yeux, pour pouvoir construire le Congo que nous voulons demain.

Je ne prétends pas avoir toujours eu raison. Mais je veux pouvoir assumer mon parcours, défendre mes convictions et continuer à placer l’avenir du Congo au-dessus de mes intérêts personnels.

CONCLUSION — MON APPEL À LA DIASPORA CONGOLAISE
Avant de terminer cette interview, permettez-moi de m’adresser directement à mes frères et sœurs de la diaspora congolaise.

Que vous soyez en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie ou ailleurs, le Congo reste notre maison commune.

Nous pouvons vivre à des milliers de kilomètres de Kinshasa, de Lubumbashi, de Goma, de Kisangani, de Mbandaka, de Kananga ou de Bukavu, mais notre responsabilité envers notre pays ne disparaît pas avec la distance.

C’est pourquoi je lance aujourd’hui un appel à toutes les Congolaises et à tous les Congolais de la diaspora :
venez participer à la construction du Conseil mondial de la diaspora patriotique congolaise.

Nous ne voulons pas construire un Conseil pour Franck Diongo.

Nous ne voulons pas construire un Conseil pour le MRC.

Nous voulons contribuer à bâtir un instrument qui rassemble les Congolais autour de leur pays.

Nous avons besoin de nos médecins, de nos ingénieurs, de nos professeurs, de nos entrepreneurs, de nos chercheurs, de nos juristes, de nos artistes, de nos étudiants, de nos femmes, de nos jeunes et de tous ceux qui portent le Congo dans leur cœur.
Nous avons besoin de vos idées.

Nous avons besoin de votre expérience.
Nous avons besoin de vos compétences.
Nous avons besoin de votre engagement.

La diaspora doit faire entendre sa voix pour la défense de la Constitution, des libertés fondamentales et de la souveraineté nationale, tout en mettant son intelligence, ses réseaux et ses moyens au service de la refondation et de la reconstruction du pays.
Alors, à mes compatriotes de la diaspora, je dis simplement :
ne restons plus dispersés.
Organisons-nous.
Rassemblons-nous.
Travaillons ensemble.

Prenons notre part dans l’histoire de notre pays.

Ensemble, faisons de la diaspora congolaise une force organisée au service du Congo.
Ensemble, défendons notre Constitution, notre souveraineté et les libertés de notre peuple.

Ensemble, engageons-nous pour la libération, la refondation et la reconstruction de notre cher et beau pays, la République démocratique du Congo.

Nous n’avons qu’un seul Congo.
Nous en avons hérité de nos aînés.
Nous avons le devoir de le préserver et de transmettre aux générations qui viennent un pays plus libre, plus juste, plus souverain et plus digne.

Le Congo est notre héritage. Le Congo est notre responsabilité. Et le Congo est notre avenir commun.

Camarade Franck Diongo
Coordonnateur général du MRC
Président national du MLP

Propos recueillis par

Freddy Mulongo Mukena
Freddy Mulongo Mukena
Freddy Mulongo-Article 19 Liberté d’expression !
Mulongo Mukena Mulunda Mulongo
Réveil FM International

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