Le Premier ministre israélien remet son mandat en jeu le 27 octobre, trois ans après avoir lancé son pays dans une fuite en avant meurtrière. Face à lui, l’ancien chef d’état-major des armées Gadi Eisenkot espère s’imposer, malgré son manque d’expérience politique. Un vote capital où pourrait bien se jouer la survie de la démocratie.
L’heure du Bibilan
Trois ans après le massacre du 7-Octobre, perpétré par le Hamas, Benyamin Netanyahou va-t-il réussir à garder le fauteuil de Premier ministre dans lequel il est assis depuis bientôt deux décennies ?
Le 27 octobre, les électeurs israéliens sont appelés à juger son bilan. Sa guerre à Gaza a fait plus de 70 000 morts, isolé Israël sur le plan international, poussé la Cour pénale internationale à engager des poursuites à son encontre pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, ravivé l’antisémitisme sur toute la planète. Et les attaques des colons en Cisjordanie contre les Palestiniens ont explosé dans une totale impunité, au point de pousser la diplomatie américaine à s’en émouvoir, c’est dire.
Netanyahou juge avoir « écrasé l’Iran », alors que les États-Unis ne sont toujours pas parvenus à faire rouvrir le détroit d’Ormuz et que la crise énergétique pèse sur toutes les démocraties.
Trump, pas rancunier, lui a apporté, le 18 octobre 2026, son « soutien plein et entier ».
« C’est la survie d’Israël, la garantie de l’éternité d’Israël : voilà ce qui se joue dans cette élection », lui a répondu Netanyahou, fier d’appartenir à la grande famille de l’extrême droite mondiale, au point d’apporter son soutien à Marine Le Pen après les émeutes du week-end des 17 et 18 octobre 2026 en France.
C’est surtout la survie de la démocratie qui va se jouer le 27 octobre 2026, dans un pays où les libertés sont partout rabotées au prétexte de la guerre. Les médias sont interdits à Gaza, pourchassés en Cisjordanie. A rebours de toute l’histoire de l’État sioniste, aucune commission d’enquête n’a été mise en place pour tirer les leçons du pogrom du 17 octobre.
À en croire » Haaretz « , dernier journal critique, Netanyahou aurait été averti des dessins criminels du Hamas dix jours avant le 7 octobre par les Emirats arabes unis et n’aurait rien fait de cette information. Cela ne mérite pas une enquête ?
À 66 ans, en dépit de son manque d’ expérience politique, Gadi Eisenkot peut-il faire tomber le sortant ? Son principal atout est le capital sympathie dont jouit cet ancien d’état-major séfarade, dont le fils est mort au combat à Gaza.
Netanyahou pousse à la guerre pour se maintenir au pouvoir. Eisenkot a la paix pour le remplacer. C’est dire si la voie du 27 est capital, et pas seulement pour l’avenir des Israéliens.
Le Canard Enchaîné 🦆 🦆 🦆





