Pas facile de se frayer un chemin vers la retraite ! Encore moins quand il s’agit d’en suspendre la réforme.
Le nouveau ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, en sait quelque chose, qui s’est un peu emmêlé les pinceaux deux jours après sa nomination en évoquant sur France 2 (14/10/2025) « une loi, en novembre ou décembre ».
Le ci-devant pédégé de la SNCF n’avait pas encore trouvé le bon aiguillage, il voulait probablement parler du PLFSS, le projet de loi de financement de la sécurité sociale, auquel le gouvernement pourrait adjoindre un amendement portant suspension de la réforme des retraites. Telle était l’intention première de Sébastien Lecornu.
Mais les Socialistes, qui ont obtenu ce scalp en échange d’une non-censure de leur part, sont des gens méfiants. Sous surveillance étroite de leurs ex- (et futurs ?) alliés Insoumis. Ils redoutent d’être les dindons de la farce. Par exemple lors d’une commission mixte paritaire (CMP) qui se réunira à la fin de la discussion budgétaire.
Cette instance, composée de sept députés et sept sénateurs, comporte à priori une majorité hostile à la dissolution.
Partant du principe, popularisé par Martine Aubry et sa grand-mère, selon lequel « quand c’est flou, il y a un loup », les socialistes ont donc suggéré un autre « véhicule législatif » qui leur éviterait de se faire tondre comme des moutons. À savoir une lettre rectificative au PLFSS qui intégrerait la suspension de la réforme.
Mais, à l’heure où « Le Canard » mettait sous presse, telle n’était pas l’intention du chef du gouvernement, qui en tient pour le simple amendement au PLFSS.
« Lecornu les a b…, s’amusait mardi 21 octobre au matin un familier du Premier ministre. Les Socialistes ont obtenu la suspension de la réforme mais ils n’ont rien demandé, avant les votes de censure, sur le véhicule législatif ». Résultat : « Soit les Socialistes seront obligés de voter l’ensemble du PLFSS, y compris les autres mesures drastiques qu’il contient. Soit le gouvernement devra finalement recourir aux ordonnances (faute d’avoir fait voter le budget dans les délais), et il appliquera le texte initial. Donc sans la suspension de la réforme.
À moins que, pour accélérer les débats et faire voter un PLFSS conforme à leurs vœux, Sébastien Lecornu n’ait recours à un autre moyen ? « Il attend que les Socialistes lui demandent d’utiliser le 49.3 », s’amuse ce proche du Premier ministre. Qui cite Virgile, à propos de la guerre de Troyes : « Il faut se méfier des Grecs, même quand ils font des cadeaux. »
Ah bon ? Lecornu est grec ?
Le Canard Enchaîné 🦆🦆🦆






