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TANZANIE : JULIUS NYERERE « MUALIMU », PANAFRICANISTE CONVAINCU ET SON UJAMAA !

En juillet 2005, nous sommes une quinzaine de journalistes qui ont quitté Kinshasa pour Bangamoyo en Tanzanie, pour la conférence internationale sur les Grands lacs.

Bagamoyo est une ville de Tanzanie située au bord de l’océan Indien, à 350 km à l’est de la capitale Dodoma, face à l’île principale de l’archipel de Zanzibar. Chargée d’histoire, ancien haut lieu de la traite négrière, ancienne capitale de l’Afrique orientale allemande.

En effet, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) en collaboration avec l’Institut Panos Paris et la Coordination nationale de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans les Grands Lacs, a organisé la Conférence internationale sur les Grands Lacs. Les journalistes Rwandais ont regretté leurs participations. Ils étaient acculés.

Le processus de Bangamoyo pour les journalistes n’a jamais abouti, malgré la restitution le lundi 29 août 2005, à la Paroisse Notre- Dame de Fatima de la Gombe.

Julius Nyerere, ancien président de la Tanzanie et artisan du mouvement d’indépendance tanzanien, est l’un des rares dirigeants africains à être salué par l’histoire. De son accession à la présidence en 1962 jusqu’à sa retraite en 1985 – une première pour un dirigeant africain –, Nyerere œuvra à libérer le continent africain du joug de la minorité blanche et à renforcer les liens entre les États africains. Il insuffla aux Tanzaniens et aux Africains en général un sentiment d’espoir et prit des mesures judicieuses pour atténuer l’influence de l’appartenance ethnique dans la société tanzanienne. Son plaidoyer en faveur de l’autonomie introduisit un nouveau modèle de développement en Afrique.

Julius Nyerere est le père de l’expérience Ujamaa, une expérience unique en Afrique basée sur le familialisme, la dignité et l’égalité. Cette expérience Ujamaa s’est déroulée de 1967 à 1984. Julius Nyerere était appelé Mwalimu (maître ou enseignant en swahili) parce qu’il avait consacré une bonne partie de sa vie à l’enseignement. Il enseigna dans une école catholique, d’abord à Tabora, ensuite à côté de Dar-es-Salam (la maison de la paix en arabe).

Nyerere a gouverné en adoptant le swahili comme langue nationale dans l’administration et dans les écoles, en assurant l’alphabétisation de masse et l’école gratuite pour tous, en s’inspirant de la prise de décision traditionnelle qui consiste à organiser plusieurs réunions au cours desquelles chacun a la possibilité de s’exprimer avant que le groupe ne parvienne à un consensus, en soutenant les mouvements qui combattaient le colonialisme (l’ANC, la ZANU, le FRELIMO, le MPLA, la SWAPO), en accueillant les Lumumbistes du Kongo, des Ghanéens proches de Nkrumah après la chute de ce dernier, en créant avec les présidents ougandais et Kenyan la communauté d’Afrique de l’Est.

Julius Nyerere n’était pas replié sur son pays. Il souffrait quand un autre pays africain était confronté à des difficultés. Pourquoi ? Parce que, chez lui, nationalisme et panafricanisme allaient de pair mais aussi parce qu’il croyait que “sans unité, les peuples d’Afrique n’ont pas de futur, sauf comme perpétuelles et faibles victimes de l’impérialisme et de l’exploitation”.

Il savait remettre à sa place quiconque osait le défier. Ainsi, en 1979, il contribua au renversement d’Idi Amin Dada qui, une année plus tôt, avait occupé une partie du territoire tanzanien. Dans la nuit du 10 au 11 avril 1979, l’Uganda National Liberation Army (UNLA) capture la capitale de l’Ouganda, Kampala, avec une force constituée de 5000 troupes tanzaniennes et de 3000 soldats ougandais. Le président de l’Ouganda, Idi Amin Dada, doit s’exiler en Libye.

Depuis le coup d’État qui l’a porté au pouvoir en 1971, le général Amin Dada, devenu depuis maréchal, s’est proclamé président de la république ougandaise. Son règne est marqué par de nombreux excès comme la saisie des biens des Asians (communauté indo-pakistanaise), ainsi que la pratique courante de l’élimination physique de ses opposants politiques, allant jusqu’aux exécutions organisées. Sous lui, le pays connaît un déclin politique et économique catastrophique.

En octobre 1978, l’Ouganda d’Idi Amin Dada envahit une partie du territoire tanzanien, dans la région de la Kagera. Le président de la Tanzanie, Julius Nyerere, qui entretenait déjà de mauvaises relations avec Amin Dada, décide de punir son voisin envahissant. Avec l’aide de nombreux mouvements de résistance à la dictature militaire, Nyerere crée le Front national de libération de l’Ouganda (UNLF) et l’UNLA. En avril 1979, l’UNLA investit Kampala.

Malgré un ultime appui de la part de la Libye et du Soudan, Idi Amin Dada doit quand même s’exiler en Libye. Aussitôt, des Ougandais en exil annoncent la formation d’un gouvernement provisoire avec à sa tête Yusufu Lule. Lule dirige un Cabinet de 14 membres. Le 27 mai 1980, Apolo Milton Obote, évincé du pouvoir par Idi Amin Dada en 1971, quitte la Tanzanie et revient au pays. Il redevient président le 15 décembre 1980.

En 1985, il quitte le pouvoir, de son propre chef, parce qu’il a compris que nul n’est indispensable et qu’il faut partir quand on atteint ses limites pour permettre à d’autres de servir le pays avec leurs idées et méthodes. Avec l’Ujamaa, vocable swahili qui peut se traduire par “famille” ou “communauté”, Nyerere voulait instaurer une société solidaire, égalitaire, autonome (self-reliant) et comptant sur ses propres moyens ou forces pour se développer. L’Ujamaa était l’élément central de la Déclaration d’Arusha adoptée en février 1967.

En Swahili « UJAMAA » signifie travailler et vivre ensemble. Il est devenu la base du socialisme tanzanien dont les objectifs et les moyens ont été expliqués dans la déclaration d’Arusha, du 5 février 1967. D’après cette déclaration, la Tanzanie voulait construire un État socialiste où les ouvriers et les paysans détiennent le pouvoir, où les moyens de production appartiennent à ceux qui travaillent.

De l’UJAMAA traditionnel au socialisme tanzanien : le socialisme que la Tanzanie voulait construire se fonde sur la famille « UJAMAA » de la société traditionnelle tanzanienne dont les principes étaient :

  1. Le respect mutuel entre tous les membres de la société et de la famille quels que soient l’âge et le rang social de chacun.
  2. Les biens matériels de production et de consommation étaient détenus en commun et répartis entre tous les membres de la communauté y compris les enfants, les vieillards et les infirmes qui ne pouvaient pas travailler.
  3. Tous les membres valides de la communauté contribuaient à la production et au bien-être collectif de la société.

Mais la société UJAMAA avait deux défauts. D’une part, elle était pauvre. Sa production était basse à cause de l’ignorance et des méthodes archaïques. D’autre part, certains membres, les femmes par exemple, occupaient une position subalterne et travaillaient plus que les hommes.

Ces deux défauts auxquels il faut ajouter le féodalisme, ont été aggravés sous le colonialisme, les plantations européennes ayant demandé une main d’œuvre masculine importante.

Le président Julius Nyerere estimait que la colonisation européenne est venue bouleverser l’ensemble du système traditionnel africain en y introduisant au besoin par la force, la monnaie, la propriété privée, l’individualisme effréné, en somme l’exploitation capitaliste.

L’UJAMAA, c’est l’absence de l’exploitation de l’homme par l’homme, l’élimination progressive mais radicale de la féodalité et du capitalisme et le contrôle des moyens de production et de distribution par les travailleurs, les paysans.

La société africaine traditionnelle assure la sécurité, la protection matérielle et morale de tous. Elle est donc communautaire et sociale.

La société traditionnelle africaine est égalitaire. La distribution est faite de manière équitable pour tous. La richesse n’est pas pour dominer les autres. L’exploitation de l’homme par l’homme à des fins d’enrichissement ostentatoire est inacceptable.

La terre n’appartient à personne. C’est un cadeau de Dieu.

Sous MUALIMU, la santé est gratuite, le système de santé développé, l’espérance de vie s’améliore. La mortalité infantile régresse, l’éducation est gratuite, l’alphabétisation bondit à 80%. Comptant sur la grande sagesse des populations rurales, Julius Nyerere cherche à regrouper les villageois dispersés dans de grands villages organisés, où ils profitent des services de l’État et reçoivent une formation améliorée en agriculture.

Freddy Mulongo Mukena
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