En voilà un gai luron. Toujours rigolard, ce Gianni Infantino, avec ses yeux qui pétillent et son crâne luisant, sur lequel tout glisse.
Pas le genre à se faire des nœuds au cerveau. Faut dire qu’il a gentiment mené sa barque en devenant l’indéboulonnable président de la FIFA, réélu depuis dix ans.
Personne ne s’est jamais présenté contre lui
Gianni le gros malin a compris, comme Sepp Blatter, son prédécesseur, ce qui mène le monde : les gros sous.
Lui, les gros sous, il n’a rien contre. Il a multiplié son salaire par 4 en 10 ans.
Le numéro un de ce qui est très officiellement – on ne rit pas-une association à but non lucratif émarge à 6 millions de dollars annuels (primes et avantages confondus), ce qui explique peut-être son sourire permanent. Et INFANTINO, déjà candidat à sa propre succession, ne va sans doute pas s’arrêter là.
Il va faire entrer, avec cette Coupe du monde XXL, 13 milliards de dollars dans les caisses. Ça vaut bien une petite gratte pour 2027. Il est presque certain d’être réélu : il a donné beaucoup d’argent aux fédés nationales. C’est elles qui élisent le président Finaud, le Gianni.
Comme tant d’autres avant lui, le patron n’est pas un adepte de la prise de risques. Les dictateurs sont des gens comme les autres, point barre.
En 2018, il est rudement content d’organiser la coupe du monde en Russie. Arrêtez vos conneries, avec les droits de l’homme ; et vous, les Européens, mettez-la en sourdine.
Poutine est un ami qui l’a décoré de la médaille de l’Ordre de l’amitié.
En 2022, il est ravi d’organiser la compétition au Qatar – les dirigeants sont des potes. Des migrants ont été traités comme des esclaves lors de la construction des stades ? Mettez vos phrases au conditionnel, s’il vous plaît, gens de la presse, rien n’est prouvé.
Et puis, les discriminations, il connaît, GIANNI : » Enfant, j’étais discriminé parce que j’étais roux. »
Avec Trump, ce n’est plus de l’amitié, c’est de la passion.
En 2018, année de la désignation du pays organisateur de la Coupe du monde en 2026, le président américain menace de sanctions ceux qui voteraient contre les États-Unis.
Pour rendre cette menace plus crédible, INFANTINO met fin au secret de vote. Les USA l’emportent dès le premier tour.
Le ridicule ne tue pas, GIANNI le sait bien. C’est pourquoi en décembre 2025, il n’a aucun scrupule à remettre à son ami à la vanité blessée le PRIX DE LA PAIX DE LA FIFA, pour le consoler de n’avoir point obtenu le NOBEL.
On ne se lasse pas des images : un grand moment de burlesque télévisuel diffusé en mondovision.
Ses liens avec Trump ne datent pas d’hier. Tous les bons connaisseurs des arcanes du football n’ignorent rien du pôle joué par les Américains dans l’ascension d’INFANTINO, qui a d’abord connu un parcours fulgurant grâce à Platini, royalement roulé dans la farine. INFANTINO, c’était ce gars jovial, qu’on voyait à la télé les soirs de tirage au sort des matchs pour la ligue des Champions.
Gentil, INFANTINO, dévoué en diable, tellement content d’être dans l’ombre de Platoche…Un beau jour, la justice américaine déboule et fait tomber Blatter pour corruption.
Logiquement, c’est l’heure de Platini. Mais le voilà emporté par des accusations de même nature. Et qui va se dévouer pour devenir le patron de la FIFA ? GIANNI, pardi !
Il joue les modestes, les vertueux, assure que si Platini est blanchi, il se retirera.
Platini sera blanchi …10 ans plus tard en 2025. Une histoire simple ? Oh que non. Les réunions secrètes entre INFANTINO et le proc américain chargé des enquêtes à la FIFA fuitent dans la presse…Et quand INFANTINO se présente, en 2016, le président de la Fédération de foot américaine, Sunil Gulati, fait ouvertement campagne pour lui.
Aujourd’hui, Platini sort le vieux fusil et porte plainte contre lui au pénal et au civil pour dénonciation calomnieuse et trafic d’influence. De l’avis général, ses chances d’obtenir réparation sont minces.
Une fois dans le fauteuil GIANNI INFANTINO le cool fait le ménage d’enfer. Dehors, les indépendants, les réformateurs. Il compose un comité exécutif à sa main. Allez, en avant, et on met la pédale douce sur ces histoires de bilan carbone des grands événements sportifs, tout le monde s’en bat les steaks, foi de GIANNI.
En 2034, c’est l’Arabie Saoudite qui organisera le Mondial du foot. Mohammed ben Salmane est un grand copain.
INFANTINO compte bien être encore là, aux premières loges. S’il le faut, il fera modifier les statuts. Hardi, GIANNI !
Le Canard Enchaîné 🦆 🦆 🦆





