À Paris, Albert MUKULUBUNDU MUKE, le président du Front démocratique africain ( FDA) et coordonnateur-adjoint de Sauvons la RDC était présent à la réunion qui a lancé TSHISEKEDI DÉGAGE ARTICLE 64 par le Bataillon Front Populaire et le collectif des Résistants Patriotes Kongo.
Depuis sa rupture avec Adolphe Muzito, comme le porte-parole et le chargé des relations extérieures de Nouvel Élan, c’est la bouillabaisse de ce parti et Muzito apparaît de plus en plus comme un individu limité et léger dans ses arguments sur le changement de la Constitution.
C’est à Dakar au Sénégal, en octobre 2024, lors d’une conférence panafricaine, qu’Albert MUKULUBUNDU MUKE a officialisé son départ du parti Nouvel Élan.
Son désaccord avec Adolphe Muzito ? Albert MUKULUBUNDU MUKE a contesté la ligne politique d’Adolphe Muzito qu’il jugeait trop conciliante vis-à-vis du régime en place à Kinshasa concernant l’éventuel changement de la loi fondamentale.
Il est le fils du grand Félix Mukulubundu, qui a été le compagnon de Pierre Mulele au maquis de Kwilu Kwango. La mémoire collective doit retenir de ce dernier qu’il avait été le principal interface de Ludo Martens dans la rédaction de son sacré bouquin titré » Pierre Mulele, ou la seconde vie de Patrice Emery Lumumba ».
En effet, c’est par lui, ou grâce à lui, que le feu écrivain belge et président du PTB a pu rencontrer à Brazzaville les Lumumbistes exilés au Pays de Marien Ngouabi, en vue de récolter des informations idoines sur Pierre Mulele, et sur son maquis.
En fait, Albert Mukulubundu doit son engagement politique progressiste aux enseignements idéologiques reçus de son défunt père, un ancien militaire de l’Armée Nationale Congolaise, qui fut nommé Attaché militaire de l’ambassade du Congo en Chine par le gouvernement lumumbiste basé à l’époque à Stanley ville, l’actuelle Ville de Kisangani, après le coup d’état perpétré contre le tout premier « Premier Premier ministre congolais », Patrice Emery Lumumba, et dirigé par Antoine Gizenga.
Félix Mukulubundu a été de ce fait le premier congolais à fouler le sol chinois pour y recevoir une formation technique ayant trait à la guérilla, avant d’être rappelé au pays.
Lorsqu’en 1963, Pierre Mulele va décider de déclencher la lutte armée, à partir des provinces du Kwilu-Kwango, pour combattre le régime dictatorial concocté par le groupe de Binza, Félix Mukulubundu était bel et bien à ses côtes, en qualité de chef militaire de ce mouvement insurrectionnel qui va très rapidement s’étendre dans les trois quarts du pays.
C’est à ce moment que M’zée Laurent Désiré Kabila va être mandaté par les insurgés pour aller ouvrir le front de l’est de ce mouvement populaire. Dans le lot des chefs révolutionnaires ayant participé à cette protestation des masses laborieuses et paysannes à l’est de la RDC, on peut également citer Gaston Soumialot, Bocheley Davidson, Christophe Gbenye et autres.
Cette insurrection n’avait été défaite que grâce à l’intervention des armées occidentales, ainsi que celle des mercenaires engagés par Mobutu, avec l’appui de l’Occident.
Brillant dans ses connaissances sur des enjeux politiques nationaux et internationaux, disponible pour parler du KONGO, Albert MUKULUBUNDU MUKE, Président du FDA et coordonnateur adjoint de Sauvons la RDC a répondu à nos questions.
- RÉVEIL FM INTERNATIONAL : Le régime tyrannique dictatorial de Kinshasa annonce un dialogue, le Président du FDA croit-il à ce dialogue déjà boutiqué ?
ALBERT MUKULUBUNDU MUKE : Le FDA n’a jamais accordé sa confiance à Félix Tshisekedi. Pourquoi croirait-il aujourd’hui à un dialogue dont les conclusions semblent déjà arrêtées d’avance ?
- RÉVEIL FM INTERNATIONAL : Quelles sont les raisons politiques de réfuter ce pseudo-dialogue ?
ALBERT MUKULUBUNDU MUKE : Félix Tshisekedi fait partie du problème. C’est sa gouvernance qui a engendré la crise que traverse actuellement le pays. Le FDA estime donc qu’il ne possède ni la crédibilité ni la légitimité requises pour convoquer un tel dialogue.
- RÉVEIL FM INTERNATIONAL : Le C64 a annoncé le dialogue pour annuler la manifestation du mercredi 22 juillet 2026 qui devait demander la démission de l’imposteur Tshisekedi au palais de la Nation…
ALBERT MUKULUBUNDU MUKE : Malgré les réserves que nous nourrissons à l’égard de certains acteurs composant la C64, en raison de leur proximité avec Félix Tshisekedi, nous avons soutenu leurs actions visant à défendre la Constitution et à s’opposer à toute tentative de troisième mandat.
Ces objectifs n’ayant pas été atteints, la C64 est entrée dans une nouvelle phase, celle du dialogue. Il semblerait qu’elle attende désormais l’ordonnance présidentielle convoquant ledit dialogue, qui devrait être signée dans les prochains jours par Félix Tshisekedi. C’est, semble-t-il, ce qui expliquerait le report de la marche initialement prévue le 22 juillet.
- RÉVEIL FM INTERNATIONAL : Le samedi 11 juillet 2026, vous étiez à la manifestation TSHISEKEDI dégage Article 64 à Paris, malgré la canicule étouffante…
ALBERT MUKULUBUNDU MUKE : Le 11 juillet 2026, nous étions effectivement dans les rues de Paris pour protester contre le projet de modification de la Constitution et contre la perspective d’un troisième mandat pourFélix Tshisekedi, en dépit de la canicule atteignant parfois 42 °C.
Cette mobilisation visait à alerter l’opinion internationale sur ce que nous considérons comme une dérive institutionnelle, tout en exprimant notre solidarité envers tous ceux qui, en République démocratique du Congo, luttent contre ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire du régime.
- RÉVEIL FM INTERNATIONAL : La polémique enfle entre les opposants de l’intérieur qui prennent des risques et les opposants en exil qui se pavanent, vous reconnaissez-vous de ceux en vadrouille en Europe au lieu de lutter pour le pays ?
ALBERT MUKULUBUNDU MUKE : J’ai suivi les déclarations de certains membres du présidium de la C64 en réaction aux critiques formulées par plusieurs cadres de Sauvons la RDC. Ces derniers n’ont fait qu’exprimer publiquement les inquiétudes d’une grande partie de l’opinion congolaise, ainsi que celles de nombreux observateurs.
Au lieu de répondre sur le fond des préoccupations soulevées, certains responsables de la C64 se sont livrés à des attaques personnelles et à des critiques peu constructives.
Plusieurs cadres de Sauvons la RDC sont aujourd’hui détenus dans des lieux de détention non officiels, tandis que d’autres vivent en exil et que leurs organisations politiques sont empêchées d’exercer librement leurs activités. C’est précisément pour cette raison qu’ils ne peuvent, pour l’instant, être actifs à l’intérieur du pays. Feindre d’ignorer cette réalité relève de la mauvaise foi.
Il existe une différence fondamentale entre l’opposition du régime et l’opposition au régime. En d’autres termes une opposition de rivalités est différente de l’opposition de rupture.
Nous ne sommes pas engagés dans une compétition entre les opposants de l’intérieur et ceux de la diaspora, au risque de perdre de vue notre objectif commun.
L’histoire démontre d’ailleurs que de nombreux changements politiques majeurs ont été portés par des opposants en exil. Les exemples souvent cités incluent le retour de l’ayatollah Khomeini en Iran en 1979, le rôle de Lénine avant la révolution russe de 1917 ou encore celui du général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale sans oublier celui de Fidel, Raul Castro et Ernesto Che Guevara exilés au Mexique.
La diaspora congolaise contribue largement au soutien des familles restées au pays, notamment en prenant en charge des dépenses funéraires, scolaires, médicales et d’autres besoins essentiels. Il est donc légitime qu’elle exprime son point de vue sur la conduite de la lutte politique dans notre pays.
- RÉVEIL FM INTERNATIONAL : Félix Tshisekedi TSHILOMBO KANIKI est le problème de MAMA KONGO, n’est-ce pas le culot en organisant un dialogue dont il est l’ arbitre avec son ballon et le juge de touche avec son drapelet ?
ALBERT MUKULUBUNDU MUKE : Presque tous les ténors de la C64 avaient dénoncé les irrégularités ayant marqué les élections de décembre 2023, celles ayant conduit Félix Tshisekedi ainsi que sa majorité parlementaire au pouvoir.
Selon eux, sa gouvernance a conduit à la crise politique et sécuritaire que connaît aujourd’hui la République démocratique du Congo. Dès lors, pourquoi serait-ce à lui de fixer les règles du dialogue ?
Je l’entends poser des conditions aux autres composantes pour leurs participations au dialogue, notamment l’absence de leurs implications dans des crimes de sang ou encore qu’elles doivent d’abord condamner le Rwanda comme pays agresseur.
S’agissant des critères évoqués, différentes organisations nationales et internationales ont fait état de graves violations des droits humains par le régime Tshisekedi notamment lors des massacres des Wazelendo du 30 août 2023 à Goma sans oublier un autre massacre survenu à la prison centrale de Makala dans la nuit du 1er au 2 septembre 2024.
Concernant le Rwanda, je ne soutiens nullement l’occupation d’une partie du territoire congolais. Toutefois, je relève que le gouvernement de Félix Tshisekedi s’était engagé à livrer les FDLR qu’il utilise dans son armée, une raison régulièrement invoquée par Kigali parmi les justifications de son intervention dans l’est de la RDC.
Je constate également que le gouvernement Tshisekedi a signé, le 25 juin 2025 à Washington, un accord portant notamment sur la coopération dans le secteur minier avec le Rwanda agresseur. Si l’on souhaite adopter une position de fermeté, il conviendrait de dénoncer également cet accord qui confère au Rwanda le droit de raffiner les minerais de la RDC.
En clair Tshisekedi se fait lui-même exclure par les critères qu’il tente d’imposer pour exclure ses adversaires politiques du dialogue.
- RÉVEIL FM INTERNATIONAL : Notre peuple est précaire, affamé, la répression contre lui devient monstrueuse, faut-il encore croire à la libération ?
ALBERT MUKULUBUNDU MUKE : Félix Tshisekedi ne peut disposer de ce qui ne lui appartient pas.
Il a tenté de préserver son maintien au pouvoir au-delà des limites fixées par la Constitution, sans y parvenir.
Le dialogue ne pourra être considéré comme une réussite que s’il contribue réellement à mettre fin aux dérives autoritaires du régime Tshisekedi, à restaurer la paix sur l’ensemble du territoire national, à garantir le respect de la Constitution et à préserver l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo sans que cela n’ouvre la voie à un glissement.
À la même occasion le cas de BOMENGO YA SE YA MABELE pourrait être aussi évoqué.
En définitive, c’est au peuple congolais qu’il reviendra de juger du bien-fondé ou non des conclusions de ce dialogue.
- RÉVEIL FM INTERNATIONAL : BOMENGO YA SE YA MABELE, peut-on aller au dialogue alors que MAMA KONGO est vendue à Donald Trump et aux Américains ?
ALBERT MUKULUBUNDU MUKE : Une large partie de notre peuple place encore ses espoirs dans la diaspora. Celle-ci ne doit pas devenir le relais de responsables politiques qu’elle estime discrédités, qu’ils soient au pouvoir ou qu’ils bénéficient de soutiens discrets au sein de l’opposition.
- RÉVEIL FM INTERNATIONAL : La diaspora Patriotique doit-elle se faire face à l’inquisition de Kinshasa ?
ALBERT MUKULUBUNDU MUKE : Restons unis dans notre combat pour atteindre nos objectifs, à savoir l’avènement d’une République démocratique du Congo véritablement démocratique, fondée sur l’État de droit, la paix, la justice et le respect de la Constitution.
Le passé doit nous éclairer, le présent nous impose nos responsabilités, et l’avenir demeure notre espérance.
Propos recueillis par
Freddy Mulongo Mukena
Freddy Mulongo Mukena
Freddy Mulongo-Le Pamphlétaire !
Freddy Mulongo-Article 19 Liberté d’expression !
Réveil-FM (Freddy Mulongo) Ingeta
Mulongo Mukena Mulunda Mulongo
Réveil FM International





