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RFI : CHRISTOPHE BOISBOUVIER, UN ICÔNE, GRAND INTERVIEWER DU GRAND INVITÉ DE L’AFRIQUE !

Pour ceux qui connaissent Christophe Boisbouvier « BOIBOU » est le journaliste radio qui travaille ses fiches pour les interviews.

Ses questions vont droit au but, précises et ne laissent pas le loisir à son interlocuteur de se morfondre en langue de bois.

Il a l’air timide, mais derrière le micro de RFI, Christophe Boisbouvier se transfigure. Le Français est l’un des meilleurs interviewers sur l’Afrique.

Octobre 2005, Christophe Boisbouvier était à Kinshasa à l’initiative de la Haute Autorité des Médias et de l’Ambassade de France, sur la technique de l’interview. Pendant deux semaines, il a eu à travailler avec 17 stagiaires des radios publiques, privées et associatives.

Nous avions effectué un voyage en commun pour Mbuji-Mayi où les journalistes des radios associatives venant de Kamako, Mbuji-Mayi, Kabinda… ont été formés. Nous avions réalisé un reportage ensemble à la Polygone de Miba, face aux creuseurs artisanaux. Et nous sommes allés en voiture jusqu’à Muene-Ditu pour visiter les radios associatives.

En 2017, avec Christophe Boisbouvier, nous avons effectué un voyage officiel du Premier ministre Manuel Valls pour sa visite officielle à Bamako et Ouagadougou.

Le Maréchal Mobutu craignait ses interviews. C’est Christophe Boisbouvier qui a fait cracher le morceau à l’abbé Malu Malu , président de la CEI, qu’il n’y aurait pas les élections à la date prévue. Il y a eu des émeutes à Kinshasa avec des morts. Lors de son interview sur RFI, le jeudi 6 janvier 2005, l’abbé Malu Malu a annoncé le report de l’organisation des élections vers octobre 2005.

Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), l’abbé Apollinaire Malu Malu n’était pas un habitué des interviews de Christophe Boisbouvier sur RFI, il en sera une victime.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Bonjour Monsieur l’abbé Apollinaire Malu-Malu, président de la Commission électorale indépendante !

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU: Bonjour !

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Comment allez-vous faire pour recenser plusieurs dizaines de millions d’électeurs dans un pays sans route comme le Congo Kinshasa?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : Nous allons créer plusieurs centres d’inscription, nous en prévoyons 9.000. Nous allons investir tous les lieux les plus accessibles à la population : les marchés locaux, les écoles, les postes ou centres de santé.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Oui, mais il y a des gens qui habitent très loin de ces marchés et de ces localités…

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : Non, là nous parlons de marchés locaux. Donc. dans chaque village ou groupement de villages, il y a toujours un lieu où ils se retrouvent chaque semaine, où ils ont l’habitude de se rendre. Souvent au même endroit, on trouve un poste de santé, un marché, une école ou une église.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Est-ce que tout le monde pourra venir à pied jusqu’à ces centres de recensement ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : Oui, la majorité. Mais, nous allons examiner le cas des malades. Nous avons normalement prévu des stations mobiles, toute une équipe d’inscription mobile. Donc, on peut encore se rapprocher davantage on peut aller aussi vers les malades, mais ce sont des choses à construire.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Mais de façon générale, ce n’est pas vous qui irez vers les gens mais le contraire….

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : Oui, sauf les cas des malades et peut-être aussi des prisonniers.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Comment l’inscription des gens pour voter va-t-elle se passer concrètement ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU: Concrètement, nous avons prévu des équipes informatiques, des ordinateurs portables. Pour cela, nous allons bien préparer l’opération. notamment par la formation des agents recenseurs. Nous en prévoyons 40.000.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : 40.000 agents recenseurs ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU: Oui, 40.000 agents recenseurs et l’opération va durer deux mois.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Est-ce qu’on peut espérer un recensement en avril ou en mai prochain ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU: Oui, nous pouvons confirmer que c’est autour du mois d’avril ou de mai que l’opération pourra, elle-même, commencer, si l’on compte le temps qu’il faut pour la formation.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER -RFI : On estime la population congolaise a au moins cinquante millions de personnes, ce qui veut dire que vous allez devoir recenser plusieurs dizaines de millions d’électeurs. Est-ce que, franchement, vous pensez qu’en deux mois, vous réussirez à recenser vingt on trente millions de personnes dans un pays de 2.350.000 km2 ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : Nous avons prévu vingt-huit millions d’électeurs à peu près. Et nous avons prévu que chaque centre d’inscription pourrait enregistrer environ 3.000. C’est ainsi que nous avons fait un plan de 9.000 centres d’inscription. Nous sommes convaincus qu’en deux mois, il y a moyen d’inscrire 3.000 électeurs pour chaque centre.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : 3.000 électeurs dans chacun de 9.000 centres ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : Oui, dans 9.000 centres d’inscription. C’est une opération, je crois, qu’on peut maîtriser. Là où nous devons bien réfléchir, et c’est le rôle du gouvernement, c’est la sécurité. Parce qu’on a beaucoup de zones grises, de zones d’insécurité. C’est peut-être en ces lieux-là qu’on pourrait avoir des problèmes d’accessibilité. Nous devons maintenant mettre la pression sur le gouvernement pour qu’on améliore le niveau sécuritaire par le cantonnement des troupes congolaises et la résolution des problèmes liés aux groupes armés étrangers.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Vous êtes vous-même un prêtre catholique du diocèse de Butembo au Nord-Kivu, est-ce que vous ne craignez pas que dans les deux provinces du Kivu ou de l’Ituri, il soit plus difficile de recenser les électeurs ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : Oui, nous savons que c’est très difficile, toute la province Orientale jusqu’au Nord Katanga. Mais c’est là aussi que nous allons mettre le plus de moyens et puis rendre les centres plus encore accessibles. On va y déployer le maximum de centres possibles.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER -RFI : Mais, à vous écouter, on a du mal à croire qu’on puisse faire les élections générales au mois de juin, ça paraît beaucoup trop tôt.

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU: Les élections sont incontournables en Rdc pour mettre fin à la crise de légitimité et nous n’avons pas droit à l’erreur. Et les six mois à venir,ce sera des mois d’accélération du processus électoral.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Et quelles sont les urgences aujourd’hui ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : Les urgences. C’est la formation et la finalisation des lois qui restent, c’est-à-dire le projet de Constitution, la loi référendaire et la loi électorale.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI :Oui, parce que jusqu’aujourd’hui, on ne sait toujours pas si la Rdc sera dotée d’un régime présidentiel ou parlementaire ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU: Non. On ne sait pas encore le régime.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Et à l’heure qu’il est, on ne sait toujours pas si l’élection présidentielle sera à un on deux tours ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU: Je compte sur le parlement pour que ces questions soient vidées durant le mois de janvier et que nous puissions annoncer tout le calendrier électoral.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Franchement, M. Malu Malu, une élection présidentielle cette année est-ce possible? Ou plutôt à la fin de l’année ou plutôt au milieu de l’année ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : C’est possible. Ça dépend du nombre de scrutins. Si on fait une élection, l’une après l’autre. c’est sûrement à la fin de l’année. Si on combine les scrutins, il y a moyen de rattraper le temps perdu.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Donc, à votre avis, il vaut mieux combiner tous les scrutins ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : il vaut mieux combiner tous les scrutins, par exemple majoritaire à deux tours, faire le même jour le local, le législatif et faire le premier tour de la présidentielle. Nous voudrions terminer avant octobre. Il ne faut pas attendre la période des pluies.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER-RFI : Qui commence à quel moment de l’année ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : Octobre, novembre.

CHRISTOPHE BOISBOUVIER -RFI : Donc, il faut voter avant novembre ?

ABBÉ APOLLINAIRE MALU MALU : Il faut avoir tout terminé avant octobre.

Fin de l’interview Christophe Boisbouvier-Abbé APOLLINAIRE MALU MALU.

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 003/RDC/VSV/CD/2005

UNE MANIFESTATION PACIFIQUE CONTRE UN ÉVENTUEL REPORT DES ELECTIONS VIOLEMMENT RÉPRIMÉE À KINSHASA !

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) est choquée de constater la répression violente et sanglante de la manifestation pacifique perpétrée contre la population non armée par les forces de l’ordre et les militaires des Forces Armées de la RDCongo (FARDC) ce lundi 10 janvier 2005.

Dans plusieurs communes de la ville de Kinshasa des foules se sont formées pour protester contre les propos de Monsieur L’Abbé Apollinaire Malu Malu, Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI) lors de son interview sur la Radio France Internationale (RFI) le jeudi 06 janvier 2005 au cours de laquelle il a annoncé l’organisation des élections vers octobre 2005.

Comme il fallait s’y attendre, dans un état où toutes les libertés fondamentales sont foulées aux pieds, les autorités congolaises, emboîtant le pas au Ministre de l’Intérieur, M.Théophile MBEMBA MFUNDU qui la veille au cours du journal télévisé de la chaîne nationale (RTNC) a qualifié la manifestation de ce lundi 10 janvier 2005 d’illégale, n’ont pas lésiné sur les moyens de répression en déployant un impressionnant dispositif militaire et policier sur toute l’étendue de la capitale.

Ci-après, le bilan provisoire des morts et blessés :

– Sur l’avenue de l’Université au niveau de Yolo/Nord, la police s’est violemment attaquée aux manifestants qui avaient barricadé la route avec des épaves des véhicules et brûlaient des pneus avant de former plusieurs groupes.

A Yolo/Nord, un groupe de policiers a pillé un dépôt de boissons, qu’ils ont immédiatement commencé à consommer, appartenant à Madame Philo habitant sur l’avenue Ngavula. Ensuite, ils se sont rués sur les manifestants et ont procédé aux arrestations de plusieurs personnes dont M. Chris VEMAMBU, âgé de 19 ans qui prenait son thé chez sa sur avenue Mpangu n° 18 où les policiers ont tiré 2 coups de feu terrorisant les occupants dont un enfant de 5 ans Israël MALONGA qui a fait des déjections dans sa culotte, et qui ne sait plus manger ni jouer suite au traumatisme subi ;

– Mme Nelly MAYEKO est morte des suites de 3 balles tirées à bout portant au cou, laissant un enfant de 8 mois sur l’avenue Irumu n° 1 quartier Yolo/Nord commune de Kalamu ;

– Mme Fifi BIKULU, blessée par balle au bras droit, habitant Irumu n° 1 quartier Yolo/Nord ;

– Mlle Malu NTAMBWE habitant avenue Ndolo n° 42, quartier 2 Ndjili est atteinte d’une balle perdue au bras gauche ;

– M. François KAPUTU, blessé par balle à la main gauche, habitant avenue Abattoir n° 7, quartier Sans Fil commune de Masina ;

– M. MOBA NGANTSIE blessé par 2 balles qui l’ont pénétré de l’omoplate à l’épaule gauche. Il est interné au Centre Médical Espérodi au quartier Sans Fil, commune de Masina ;

– Mme Marthe SOPO blessée par balle à la cuisse droite au niveau de l’arrêt Tribunal sur le boulevard LUMUMBA n° 44 où elle vendait ses pains ;

– Mlle Mamie KABANGU blessée par balle à la cuisse et au genou à la jambe droite domiciliée sur le boulevard LUMUMBA n° 44 à Masina ;

– M. Fiston KASONGO, 20 ans, est mort touché par plusieurs balles tirées à la tête dont le crâne a été fracassé, vers l’entrée arrêt Tribunal quartier Sans Fil Masina ; la dépouille mortelle est exposée en famille sur avenue de la paroisse n° 7 quartier Sans Fil, commune Masina ;

– Quatre autres blessés non autrement identifiés acheminés au Centre Médical Froralba, sis avenue Bobozo quartier Sans Fil Masina ont été récupérés par le commandant Elvis, du district Tshangu de la police ;

– Mme LUWENGU Germaine, 56 ans, six enfants, morte par balle en plein cœur devant le portail de la parcelle sise avenue Irebu n° 1 commune de Kasa-Vubu ; sa dépouille a été déposée à la morgue de la clinique Bondeko ;

– Un autre corps non autrement identifié a été acheminé à la morgue de la Clinique Bondeko ;

– M. Dieudonné EWANGO, 17 ans, habitant sur Ngemena n° 4 commune de Kasa-Vubu, blessé par balle à l’oeil gauche.

Fait à Kinshasa, le 10 janvier 2005.

Ce rappel historique prouve à dessein que l’on ne blague pas avec les élections au KONGO.

Freddy Mulongo Mukena
Freddy Mulongo Mukena
Freddy Mulongo-Le Pamphlétaire !
Freddy Mulongo-Article 19 Liberté d’expression !
Réveil-FM (Freddy Mulongo) Ingeta
Mulongo Mukena Mulunda Mulongo
Réveil FM International

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